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Accueil du site > Actualités > Politique > Et si la France devenait une démocratie ?

Et si la France devenait une démocratie ?

Il y a quelques semaines, les Français ont voté pour élire leurs députés européens. A l’annonce des résultats, les journalistes et la classe politique se sont ému de la percée du Front national. Puis ce fut au tour des Français eux-mêmes, sur les réseaux sociaux notamment, de s’insurger contre ceux qui avaient voté pour les candidats frontistes (c’est-à-dire environ 25 % des votants), craignant revivre – à tort – une situation proche de celle de l’Allemagne des années 30. Cela fait longtemps que le résultats des élections ne nous satisfait plus. Parce que nous ne sommes pas en démocratie...

Des personnes, des partis, des idées

carte europ

 

Le problème avec les élections, quel que soit le pays (mais c’est particulièrement vrai en France), c’est que l’on vote pour des personnes, ou bien des partis, et non pour des idées. Certes, chaque parti a son programme politique, qu’il annonce en amont des élections, et qu’il applique ou non ensuite. En France deux grands partis se sont imposés au fil des dernières décennies : l’UMP (héritier du RPR et de l’UDF) et le PS. Le FN dispose lui aussi d’un certain ancrage historique. Les électeurs ont pris l’habitude de voter pour telle ou telle personne, tel ou tel parti. Ce qui saute au yeux quand on regarde la carte des résultats des dernières élections, ce sont deux tâches qui sortent du lot. La première, bien distincte, correspond quasiment au département de la Mayenne. Bleu clair, couleur de l’UDI, dont le candidat tête de liste pour la circonscription ouest est Jean Arthuis, un mayennais bien connu dans cette région. Et pour cause : il fut plusieurs fois ministre, est l’actuel président du conseil général de la Mayenne. Centriste convaincu, il est tout à fait favorable à l’Union européenne, fidèle à son maitre de pensée, Valéry Giscard d’Estaing. Et pourtant, les Mayennais ne sont pas plus européistes que les autres Français. On constate la même chose en Corrèze avec François Hollande, bien implanté dans cette région. C’est bien la preuve que les Français votent sans lire les programmes, mais en fonction de l’idée qu’ils se font d’un homme politique et de sa popularité. A partir de là, il devient évident notre système électif est une aberration.

Les gens votent pour « le moins pire »

Si l’on revient en arrière, jusqu’aux précédentes élections présidentielles, en 2012, on se trouve devant une autre anomalie dans le fonctionnement de la démocratie dans notre pays. Douze candidats se présentaient à la présidence de la République. Pourtant, dès le début, tout le monde savait qui allait finir au second tour : François Hollande et Nicolas Sarkozy, tous les deux représentants des deux partis historiques pré-cités. Pourtant, on ne peut pas dire que l’un ou l’autre fut très populaire en 2012. Sarkozy finissait son mandat en laissant une image de président hyperactif – mais en apparence seulement, et peu respectueux de l’expression de la souveraineté populaire (traité de Lisbonne qui reprend la constitution de 2005 auxquels les Français avaient dit non). Et au contraire, Hollande était surnommé du nom d’une marque de flan au caramel, allégorie d’un futur président mou. Pourquoi ont-ils donc fini au deuxième tour tous les deux ? Pour les raisons invoquées précédemment : ils sont issus de partis implantés durablement dans le paysage politique français. Ils se sont appuyés sur le paradoxe du « vote utile » qui consiste à voter pour ceux qui selon la coutume auront un important nombre de voix, et barrer ainsi l’accès du candidat frontiste au second tour (et par la même occasion l’accès de tous les autres candidats).

Mais ce sont bien eux qui se sont affronté au 2è tour. Lorsque les Français ont voté pour élire l’un des deux, ils n’ont pas réellement voté pour François Hollande, ils ont choisi celui qui leur semblait « le moins pire ». Parmi les votants, 48 % ont voté pour François Hollande, 46 % pour Sarkozy et 6% ont voté blanc ou nul. Notre actuel président a donc été élu par une minorité des électeurs, il n’a pas eu la majorité absolue, même pas au 2è tour. (Mais le système actuel ne prend pas en compte les votes blancs et nuls, donc Hollande a été élu officiellement avec 52 % des voix.)

On se retrouve dans un système où les mêmes personnes se retrouvent toujours au pouvoir, avec des idées similaires.

Ce système est ordinairement appelé « démocratie représentative ». Pourtant, lorsqu’au Vè siècle avant J.-C., Clisthène réforme la politique athénienne pour donner plus tard naissance à la démocratie, l’organigramme n’avait rien à voir avec ce que nous connaissons actuellement.

La vraie démocratie

Étymologiquement, le terme démocratie signifie un régime dans lequel le pouvoir est exercé par le peuple. Si l’on considère les régimes politiques d’Europe de l’Ouest par exemple, ils se définissent tous comme étant des démocraties. En effet, ce sont les citoyens qui, en votant, ont élu leurs représentants aux différents échelons : commune, département, région, État.

Le mot démocratie s’opposait à ceux de monarchie (le pourvoir d’un seul) et d’oligarchie (le pouvoir de quelques-uns). Mais si l’on regarde plus attentivement nos régimes politiques, on pourrait aussi bien dire que nous sommes dans une oligarchie, et même que ce mot qualifie mieux notre régime que celui de démocratie. Qui exerce le pouvoir ? Qui se retrouve aux fonctions clés (présidents, députés, sénateurs…) ? Des hommes (et femmes) politiques. Cela signifie donc que le commun des mortels ne peut pas accéder à ces postes ? En théorie, il le peut, mais la complexité des lois ne les réserve qu’à une petite partie de la population, une élite ayant fait ses études à Sciences Po, ou l’ENA. Et c’est d’ailleurs ainsi qu’Aristote définit ces deux régimes : « Il est démocratique, par exemple, de tirer au sort les magistrats ; oligarchique de les élire » (Aristote, Les politiques, livre 3, chapitre 9). Montesquieu allait dans le même sens : « Le tirage par le sort est de la nature de la démocratie ; le suffrage par le choix est de celle de l’oligarchie » (Montesquieu, De l’esprit des lois, livre 2 chapitre 2).

Et pourtant, si l’on remonte au temps où la démocratie fut inventée, la politique n’avait rien à voir. Dans l’esprit athénien, tous les citoyens devaient participer à la vie politique. Ainsi, la Boulè (ancêtre de nos assemblées législatives) était composée de bouleutes tirés au sort, tandis que l’Ecclesia était censée regrouper tous les citoyens (ce qui était en fait impossible dans la pratique ; seuls 10% assistaient aux réunions). Pour que chacun puisse exercer ses droits civiques, un dédommagement financier était prévu. Seuls les magistrats (dont les stratèges, responsables militaires) étaient élus, puisqu’on considérait que certaines tâches exigeaient de posséder certaines compétences.

Du tirage au sort

Jetons de terre cuite utilisés probablement comme pièces d’identité ou jetons de tirage au sort pour des magistratures civiques. Vers 450-425 a. C. Musée de l’Agora antique d’Athènes

Qu’en est-il en France, de cette démocratie ? Aujourd’hui, des centaines de Français œuvrent pour la promotion de ces idées. Les sites Le Message et La Vraie Démocratie (si vous avez plus de temps) vous expliqueront très bien les enjeux, les avantages et les inconvénients de tel ou tel système. Ce n’est pas utopique, ce n’est pas une idée lancée en l’air. Lors des deux dernières élections (municipales et européennes 2014), plusieurs listes constituées de citoyens tirés au sort se sont portées candidates.

Crédits photos :

 


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48 réactions à cet article    


  • claude-michel claude-michel 16 juin 2014 10:36

    +...vu les bouffons-présidents depuis quelques dizaines d’années..normal de retrouver le FN en si bonne position...25% et ce n’est qu’un début... !


    • 1984 16 juin 2014 13:13

      Vu la tendance des français à élire des ordures, ils n’est pas étonnant des voir le FN monter ! Pas trop en dissonance cognitive Claude, de voter pour une création du PS ???


    • zygzornifle zygzornifle 16 juin 2014 16:17

      1984

      C’est vrai qu’au niveau ordures on à été particulièrement gâté entre les Chirac, Sarkozy et maintenant Hollande , la poubelle est presque pleine ......

    • Remi 16 juin 2014 22:53

      Le FN, c’est pas un parti de « bouffons ». Voilà une belle analyse politique. Tu m’remets un jaune, Maurice ?


    • Bergegoviers Bergegoviers 17 juin 2014 03:38

      Les élections étant faites pour que seules les ordures les moins capables de diriger efficacement (sinon elles seraient à la tête d’une entreprise florissante et agiraient sur la politique à l’aide de leurs fortunes et réseaux) soient sélectionnés par le pouvoir pour « représenter » le peuple, ni les Français ni personne ne pourront jamais voter pour quelqu’un d’intègre, productif et efficace.


      Car pour être présenté (et avoir envie de l’être) il faut : avoir un goût immodéré du pouvoir personnel sur les autres, (maladie mentale réservée à une petite minorité et nommée « psychopathie » par la psychiatrie), être éminemment lâche, corruptible, manipulable et n’avoir pas les qualités nécessaires pour mettre en danger ceux qui gouvernent réellement, à savoir les plus fortunés des malades mentaux sus-nommés.

      Bref être une marionnette psychopathe sans autre qualité que celle de savoir mentir sans ciller et d’être plus ou moins bien perçu par le public, tout en traînant assez de casseroles pour subir le chantage des marionnettistes.

      Comment sais-t-on si un politicien ment ? Observez ses lèvres : dès qu’elles se mettent à bouger, il ment.

    • gogoRat gogoRat 16 juin 2014 11:09

      Merci d’essayer de lancer ce débat primordial !

      ... qui laisse malheureusement nos concitoyens sans voix :
       préférer s’enferrer dans les subtilités des guerres de partis ( que JJ Rousseau appelait « brigues ») c’est en effet mettre la charrue avant les boeufs.

      cf du contrat social :
      "Si, quand le peuple suffisamment informé délibère, les citoyens n’avaient aucune communication entre eux, du grand nombre de petites différences résulterait toujours la volonté générale, et la délibération serait toujours bonne.
       Mais quand il se fait des brigues, des associations partielles aux dépens de la grande, la volonté de chacune de ces associations devient générale par rapport à ses membres, et particulière par rapport à l’Etat : on peut dire alors qu’il n’y a plus autant de votants que d’hommes, mais seulement autant que d’associations. Les différences deviennent moins nombreuses et donnent un résultat moins général"

      ...


      • Bergegoviers Bergegoviers 17 juin 2014 03:49

        Si les concitoyens sont sans voix c’est justement parce qu’ils sont tellement hypnotisés par la propagande étatique pour le système pyramidal, forçant chacun à se soumettre à une minorité autoritaire disposant à sa guise de la violence pour forcer le peuple à accepter ses décisions et à se faire voler le fruit de son travail sans réagir, qu’ils ne peuvent souvent même plus imaginer prendre eux-mêmes des décisions les concernant sans qu’elles ne s’appliquent automatiquement aux autres par la menace de violences.


        Les réactions répugnantes des gauchistes face à la monté du FN sont d’ailleurs la caricature la plus obscène de cette mentalité parfaitement dictatoriale qui parasite la conscience sociale de la majorité des citoyens.

        Car le peuple a été amené par la propagande à craindre plus que tout la liberté qui consisterait à à ce que chacun prenne la responsabilité de sa vie sans en passer par une autorité totalitaire.

      • Emmanuel Glais 16 juin 2014 11:15

        Excellent. Dommage que vous vous trompiez de terme en disant que les magistrats sont élus, ce que la citation d’Aristote récuse. Il faut regarder au cas par cas. D’ailleurs, les bouleutes exercent une magistrature selon certains textes d’Aristote (il le dit dans la Politique mais dit le contraire dans la Constitution d’Athènes). En tout cas les archontes et les prytanes sont tirés-au-sort et exercent incontestablement une magistrature (même si le terme reste mal délimité).



        • jverne 16 juin 2014 20:37

          Exact, je me suis trompé. Mes études d’histoire commencent à dater et mes souvenirs de mes cours à se mélanger. Merci pour ce rappel.


        • gogoRat gogoRat 16 juin 2014 11:50

          @ l’auteur de cet article :
           Dommage que vous ayez zappé une autre remise en question bien plus fondamentale encore que la forme d’exercice du pouvoir ( notre actuelle oligarchie s’ingénie à nous faire prendre des vessies pour des lanternes - drôles de Lumières, en effet )

           Je veux parler du fond : de l’opposition ontologique entre démocratie et « aristocratie » - au sens étymologique = « pouvoir des meilleurs »

           La prétention, autant qu’un calcul intéressé de manipulation des foules ont conduit notre califat arriviste à nous faire gober une légitimation par le « mérite » des pouvoirs dits ’démocratiques’. (Partant, on en est arrivés généraliser ce principe fallacieux dans le domaine professionnel ... )
           Nous sommes une foule d’individus ayant abdiqué notre responsabilité de décision civique individuelle permanente sous le prétexte de la déléguer, par modestie fausse, à « meilleur » que nous.
           Or, ce qui fait potentiellement la force - à long terme - d’un principe démocratique qui respecterait l’égalité en droit, c’est justement l’humilité de reconnaître un égal poids politique à chacun indépendamment de tout « mérite » supposé.
           Le théorème du jury de Condorcet donne sur ce point une belle confirmation mathématique à l’intuition de JJ Rousseau :
           "dans la mesure où le citoyen moyen à moins d’une chance sur deux de se tromper, la somme de tous les votes des citoyens a très peu de chance d’être erronée." cf http://www.sciencepresse.qc.ca/blogue/2011/04/28/democratie-loeil-mathematiciens


          • citoyenrené citoyenrené 16 juin 2014 12:17

            outre un Sénat Citoyen, une démocratie serait un changement trop brutal pour l’instant compte tenu de l’inertiel conservatisme de notre société. Dans la Ve, il nous faudra passer par les tuyaux de la Ve, hors Révolution...et puis, dans les cycles longs, il semble qu’on ne puisse avancer que par petites touches, sauf à avancer d’un coup de 3m pour ensuite reculer de 4...article et sujet intéressant....sur Athènes, le germe fertile en amont, ou lié, du tirage au sort était « mandat court & rotation des charges »...article lu trop vite mais cet aspect semble manquer


            • zelectron zelectron 7 août 2014 00:39

              un exemple de démocratie venant de Suisse :
              « Pour l’abolition du statut de fonctionnaire » exemple la Suisse :
              En 1999 la dette Suisse était passée de 50 à 100 milliards en 10 années, les salaires du privés commençaient à s’effondrer, L’opinion, dans ces conditions, n’acceptait plus ce qu’elle percevait comme des privilèges exorbitants donnés en apanage à la fonction publique et en Suisse il n’est pas facile d’augmenter les impôts comme en France parce que le peuple dit non la plupart du temps.
              Le conseil fédéral emmené par le PDC Joseph Leu a commencé à plancher sur une nouvelle loi sur « le personnel de la Confédération » (les fonctionnaires), le but était de revenir à une gestion saine des finances en supprimant le status et les avantages des fonctionnaires qui seraient soumis au mêmes régime que le privé.
              En 2000 les syndicats obtiennent un référendum (100’000 signatures) pour refuser cette nouvelle loi, en 2002 la votation a lieu, le référendum des syndicats est rejeté à 67% (quelle punition !) par la population.
              Depuis 10 ans, le budget de la confédération est de nouveau positif, la dette Suisse a décrut de 50% à 36%. CQFD


            • soi même 16 juin 2014 12:30

              Je vous souhaite mais vraiment beaucoup de courage, car à part faire une sauce gribiche pour une tête veaux !
              On peut s’attendre a voir beaucoup de ketchup comme ersatz de démocratie !


              • Ruut Ruut 16 juin 2014 16:03

                Quel intérêt auraient nos oligarques au pouvoirs de pères en fils / filles a transformer le pays en démocratie et par conséquent a perdre tous leurs passes droits ?
                La République est née d’une tromperie du peuple et a assurée son maintien dans le temps grâce a la terreur d’un bain de sang terrible (génocide vendéen).
                Il est fort a parier que tenter de changer ce régime coûtera la vie a de nombreux citoyens innocents.


                • lsga lsga 16 juin 2014 16:10

                  Ruut ; à l’époque le « peuple » (enfin, la majorité de la population) était bourgeoisie : artisan, commerçant, agriculteur.

                   
                  C’est donc le « peuple » qui souhaitait la république bourgeoise. La seule exception était les sans-culottes, qui étaient les premiers prolétaires, et qui eux souhaitaient continuer la Révolution contre les Jacobins. 

                • non667 16 juin 2014 16:41

                  à isga
                  (enfin, la majorité de la population) était bourgeoisie : artisan, commerçant, agriculteur.

                  les descendants d’ ouvriers agricoles majoritaires ,ou paysans sans ouvrier seront content d’apprendre qu’ils descendent de bourgeois ! smiley smiley smiley


                • lsga lsga 16 juin 2014 18:26

                  et oui, en 1789, la majorité de la population était bourgeoise, c’est à dire à son compte. 


                • Remi 16 juin 2014 22:57

                  « La République est née d’une tromperie du peuple »

                  Tandis que la monarchie, avec l’oint de dieu.. !.Ce n’est pas du tout une tromperie, c’est la Vérité, comme certains disent encore en Vendée !


                • zygzornifle zygzornifle 16 juin 2014 16:14

                  Comme d’habitude la majorité de ceux qui râlent sur les réseaux et ailleurs contre la montée du FN sont ceux qui n’ont pas daigner aller voter ......qui ne dit mot consent .......


                  • Guyver Guyver 16 juin 2014 22:13

                    J’ai voté, mais je respecte ceux qui ne l’ont pas fait. Beaucoup d’entre eux te répondraient « qui participe consent ».
                    Après, on peut leur expliquer qu’il est plus efficace de voter pour des petits partis, ce qui fait baisser la proportion des aristocrates, plutôt que de s’abstenir et laisser les journalistes affirmer que le FN monte, avec 1,8 millions d’électeurs en moins qu’à la présidentielle de 2012.
                    En démocratie, au-delà de 50 % d’abstention, le quorum n’est pas atteint, le vote est nul et on devrait réécrire la constitution.


                  • Bergegoviers Bergegoviers 17 juin 2014 03:54

                    Je n’ai pas voté et considère, certes un peu abruptement, ceux qui le font comme les principaux soutiens de nos oppresseurs et donc comme les premiers adversaires de ma liberté.


                    Car ils sont en nombre suffisants pour faire la peau à ceux qui, comme moi, considèrent la soumission volontaire à une autorité comme une maladie mentale.

                    À un autre époque ces gens furent, avec raison, appelés « collabos ».

                  • KARMANIOL 16 juin 2014 16:32

                    « Et si la France devenait une démocratie ? »

                    Trop tard, l’oligarchie ne lâchera pas sa proie.


                    • Guyver Guyver 16 juin 2014 22:19

                      Dire cela, c’est croire que l’oligarchie est plus puissante que le peuple. Si nous décidons de ne plus obéir, que fera cette oligarchie ? Venir nous taper avec ses petites mains ?

                      La vérité, c’est que nous sommes les responsables de notre malheur. « Tout pouvoir va jusqu’à ce qu’il rencontre une limite » Montesquieu. Tels des enfants gâtés que nous, qui avons autorité sur eux, laissons tout faire, ils cherchent vainement leurs limites.

                      Enfin, un peu de lecture, le premier pamphlet anarchiste de l’Histoire (l’anarchie étant ce qu’il y a de plus proche de la démocratie) : http://www.singulier.eu/textes/reference/texte/pdf/servitude.pdf


                    • Remi 16 juin 2014 23:00

                      « Trop tard, l’oligarchie ne lâchera pas sa proie. »

                      Elle ne peut pas se défendre, la proie, à un moment ou un autre ?


                    • Bergegoviers Bergegoviers 17 juin 2014 03:56

                      La proie se défendra lorsqu’elle cessera de se chercher des Maîtres, sans quoi elle restera pour toujours manipulée et fière de l’être.


                    • KARMANIOL 17 juin 2014 19:13

                      Le « peuple » ne fait pas le poids face à l’oligarchie, car il a été sciemment éclaté en groupes aux intérêts opposés. Divide et impera, diviser pour régner, la bonne recette des minorités tyranniques.


                    • non667 16 juin 2014 16:33

                      1 °-dire /faire croire qu’on est en démocratie empêche qu’on fasse quelque chose pour y être ou au moins qu’on essai de l’améliorer !

                      elle est pourrie par les 2 bouts :
                      coté peuple votant

                      2°- pour que la démocratie soit effective ,il faut que le peuple ait un minimum de connaissance politique !
                      hors combien ont lu machiavel et présuppose le machiavélisme actuel de la politique ?
                      combien ont cru aux armes de destruction massives ?
                      combien croient encore à la v.o. du 9-11-2001 ?
                      combien ne savent pas que le ps a abdiqué du socialisme depuis 1983 ?
                      coté élu/candidats  :
                      3° à l’évidence nous sommes en oligarchie !
                       si on prend en compte les cahusacqueries, les manuelleries ,les jupetteries ....etc ....en se disant qu’il ne sont pas arrivés au sommet par hasard mais bien pour leur qualité de magouilleurs on doit en conclure que l’on est en « maffiagarchie » et qu’il a fallu donner des gages de malhonnêteté pour être admis au club des tous pourris (le siècle,bildelberg .......) et que leur principal ennemie est l’honnêteté ?

                      4°- pourquoi il n’y a pas de référendum d’initiatives populaire pourtant plus démocratique par définition ?
                       5°-pourquoi les élus se font élire sur des programmes qu’ils ne sont pas tenu d’exécuter ? « chèques en blancs » ?
                      6° pourquoi peuvent -ils renier les résultats d’un référendum (2005) et rester au pouvoir ?
                       7°-d’un autre coté :nous sommes sous la dictature de la loi gayssot contre le racisme et l’antisémitsme qui nous met politiquement à la merci des « étranger » et des « sémites » ( = ethnie qui se cache sous ce faux nom ) nous oblige au politiquement correct qui est la politique de ceux qui sont au pouvoir et qui ne veulent pas le lâcher !
                      8°-9-10-....etc ....

                      un espoir !

                      malgré la propagande merdiatique totalitaire et permanente, séculaire au service du N.O.M. le peuple le ressent confusément et logiquement vote de plus en plus fn !


                      • L'enfoiré L’enfoiré 16 juin 2014 18:16

                        jverne,

                         Vous êtes-vous demandé la raison du choix du vote par tirage au sort à Athènes antique ? Sparte ne le pratiquait pas.
                         Vous êtes-vous demandé si cette solution était judicieuse et si elle n’a pas engendré des effets pervers ? 

                         

                        • jverne 16 juin 2014 21:12

                          La démocratie athénienne est née de plusieurs réformes : réorganisation territoriale, puis instauration du misthos, indemnité pour pouvoir assister aux séances de l’Ecclesia. L’une des limites était justement que les plus pauvres étaient largement majoritaires : n’ayant pas d’emploi, ils vivaient de la misthophorie. C’est aussi à cette période qu’est apparue la démagogie (qui existe encore aujourd’hui) : on élisait quand même certains magistrats. Une autre limite était que les habitants de l’asty (le « centre-ville ») étaient favorisés par rapport aux ruraux : ils étaient sur place, les autres ne pouvaient pas se permettre de se déplacer. Mais aujourd’hui, cette limite n’en est plus une.
                          La principale conséquence de la démocratie athénienne fut l’essor d’Athènes au Vè siècle.


                        • France Europe République Fulbert de Chartres 16 juin 2014 20:31

                          Votez pour le démagogue de votre choix, vos maîtres-banquiers feront le reste.


                          • xmen-classe4 xmen-classe4 17 juin 2014 02:16

                            il y a toujour un probleme de communication et de respect de l’ordre entre fonctionnaire,cela nécéssite un énarque. ce qui empeche l’etat de faire des choses nouvelles, de participer au développement du pays.


                            • Jean-Michel Thureau 17 juin 2014 10:02

                              Bonjour,


                              Je suis d’accord avec ce que vous avez écrit dans votre article, à l’exception du tirage au sort. Les techniques actuelles permettent de faire fonctionner la démocratie dans des populations importantes. Il n’y pas de véritable obstacle à ce niveau. 

                              La difficulté majeure vient des politiciens et des fonctionnaires qui cherchent par tous les moyens (désinformation, oppression, répression...) à conserver leurs pouvoirs et leurs privilèges.

                              Je vais aller sur « Le message » et sur « La vraie démocratie ». De votre côté venez sur « revolutiondemocratique.com » et allez sur « article3.fr »

                              A bientôt

                              • jverne 17 juin 2014 19:08

                                Justement, le tirage au sort est un moyen d’éviter ces dérives.
                                En tout cas, je suis bien d’accord avec vous pour dire que le référendum d’initiative citoyenne est une urgence et qu’il résoudrait pas mal de problèmes.


                              • Éric Guéguen Éric Guéguen 17 juin 2014 10:23

                                Demos, toute la population.
                                Kratos, l’exercice du pouvoir.
                                Si toute la population exerce le pouvoir, comment vont tourner les affaires pendant ce temps ? Les Grecs avaient une solution qui a fait date...


                                • jverne 17 juin 2014 19:09

                                  Je ne vois pas pourquoi cette solution ne serait plus d’actualité.


                                • Éric Guéguen Éric Guéguen 17 juin 2014 23:43

                                  Je veux parler de l’esclavage...


                                • diogène diogène 22 juin 2014 11:09

                                  Merci pour ce rappel qui n’est pas un détail, mais se trouve toujours, comme par hasard, passé sous silence dans ce genre de débat.


                                  Fonder la légitimité ou l’exemplarité de la « démocratie » sur l’exemple de la cité athénienne antique procède tout simplement de l’imposture intellectuelle.

                                  - L’outil de production (non citoyen) était constitué de personnes (les esclaves) mises par la population grecque au même rang que les animaux (on se demandait même s’ils avaient une âme) et sur lesquelles le maître avait droit de vie et de mort.

                                  - la moitié des citoyens avait un sort guère plus enviable : les femmes, reléguées au rang de génitrices (il est vrai que sur notre territoire, cette catégorie de la population n’a acquis le droit de vote qu’en 1944).

                                  Le régime politique de Sparte n’avait rien à envier à celui d’Athènes, et l’étymologie du mot « démocratie » induit la confusion en faisant référence à un « peuple » donc chacun se fait une certaine idée.

                                • Jérôme Verne 22 juin 2014 11:15

                                  La politique ne doit pas être une activité à temps plein.


                                • Jérôme Verne 22 juin 2014 11:18

                                  @Diogène
                                  En effet, qui sont les citoyens ? Mais c’est un autre débat. Aujourd’hui, dans les pays occidentaux, la notion de citoyenneté n’a plus lieu de faire débat.


                                • diogène diogène 22 juin 2014 11:24

                                  « la politique ne doit pas être une activité à temps plein »


                                  Ça, c’est un autre sujet...

                                  Aux Etats-Unis, le passage du statut de responsable politique à celui de salarié (cadre si possible...) d’une entreprise ou universitaire est plus fréquent et plus facile qu’en France. Les juges sont élus (enfin, s’ils ont eu assez d’argent pour financer leur campagne).

                                  Considérez-vous que les Américains aient mis au point un système plus juste que le nôtre, ou plus « démocratique » ?

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