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François Bayrou peut-il ressusciter de ses 4% des régionales ?

Essai d’explication des contre-performances électorales du MoDem. Deux dates clefs peuvent faire comprendre les difficultés actuelles du parti centriste : 3 mai 2007 et 30 avril 2009.

Le conseil national du 27 mars 2010 que le MoDem a tenu de 9 heurs 30 à 14 heures dans la salle Lamartine, à l’Assemblée Nationale, a été plus que décevant. Pas de mea culpa. Pas d’analyse introspective sur les raisons du double échec (européennes et régionales).
 
 
Un conseil national décevant
 
La réaffirmation de l’indépendance du MoDem ainsi que trois nominations au bureau exécutif montrent un certain autisme quant à la situation grave que traverse le mouvement centriste. Une autre décision aura au moins réjoui les candidats malheureux aux élections régionales qui n’avaient pas dépassé les 5% fatidiques : leur parti va quand même rembourser leurs frais de campagne et les candidats pourront ainsi rembourser les emprunts personnels auxquels ils avaient souscrit.
 
Quelles sont les nominations ? Le député Jean Lassalle (grand et unique héros des régionales) et le député européen Robert Rochefort sont désignés vice-présidents du MoDem et Marc Fesneau, "jeune" maire de 39 ans tête de liste de la région Centre ayant dépassé les 5%, est désigné secrétaire général, un poste qui n’était pas prévu dans les statuts (mais pas incompatible non plus) et qui manquait cruellement depuis trois ans pour organiser les relations internes. C’est donc un adhérent de la région Centre qui est chargé en principe de faire le ménage dans le parti du centre. Des secrétaires thématiques seront nommés (attendus depuis deux ans) pour renforcer la structure projet.
 
Jean Lassalle doit-il être fier de son score de 16% en Aquitaine ? Sans doute si l’on le compare à celui du MoDem dans les autres régions. Mais on peut aussi le relativiser avec le score des autres troisièmes (et éventuellement quatrièmes) listes dans toutes les régions où il ne restait pas seulement deux listes. Ainsi, les écologistes en Bretagne ont fait presque 18%, les communistes dans le Limousin presque 20% et je passe sur les bonnes performances du FN et des autonomistes corses. Cela montre qu’il reste un créneau contre la bipolarisation.
 
La réaction de la direction du MoDem indique que rien ne changera dans sa manière de faire : ni la stratégie suicidaire de refus d’alliance électorale avec l’un des deux blocs actuellement constitués (il faut bien observer actuellement la lutte interne entre un Daniel Cohn-Bendit partisan d’une alliance complète avec le Parti socialiste et une Cécile Duflot beaucoup plus fine que cela, qui cherche à avancer ses pions dans le cadre d’un partenariat avec les socialistes tout en préservant l’indépendance de son mouvement), ni la contestation des médias (qui ne font que décrire une réalité de fait), ni la volonté exprimée clairement d’exclure les adhérents protestataires ne peuvent donner le sentiment que ce parti veut rassembler un grand nombre de citoyens. Il semble vouloir rester une petite "boutique" dont le fonds de commerce est à gérer.
 
On pourrait imaginer au contraire de l’exclusion que les dirigeants du MoDem souhaitent l’ouverture et la réunification de la famille centriste comme certains déjà s’y attèlent (avec difficulté).
 
Le refus d’alliance électorale est cependant aujourd’hui sans conséquence puisque la prochaine échéance est l’élection présidentielle de 2012. Le MoDem fera l’impasse sur les élections cantonales de mars 2011 (des conseillers généraux élus pour seulement trois ans), mais il va devoir jouer subtil pour le renouvellement de quelques uns de ses sénateurs en septembre 2011 (Denis Badré et Jean-Marie Vanlerenberghe, entre autres, vont devoir ruser avec les élus locaux UMP pour se faire réélire).
 
En somme, si on "les" écoute, tout ce qui arriverait aujourd’hui au MoDem serait de la faute des médias et de méchants militants qui trahissent leur parti et qu’il faut exclure.
 
Je vais reprendre deux éléments essentiels dans la chute de la maison Bayrou : le positionnement politique et la faute des européennes.
 
 
Désastreuse stratégie d’indépendance dans l’interdépendance
 
La stratégie d’alliance est l’indépendance. C’est-à-dire, le refus d’alliance électorale. Cette stratégie n’est valable que lorsque le parti est d’essence majoritaire. À 18%, il pouvait le prétendre. À 4% ou même 8%, c’en est presque naïf. Cette indépendance a été suicidaire dans les faits pour de nombreux sortants qui sont restés fidèles à cette ligne.
 
Le pire, c’est que cette stratégie n’a apporté que des inconvénients (moins de parlementaires) et aucun des avantages escomptés. L’avantage principal, c’était de se dire hors du système (un peu à la manière du FN en réutilisant d’ailleurs son vocabulaire lorsqu’on évoque l’UMPS), et de montrer qu’une véritable troisième voie est possible entre capitalisme et collectivisme (si souvent recherchée dans le passé : par le MPRP et la SFIO sous la IVe République puis par Jean Lecanuet, Gaston Defferre, Pierre Mendès France et Jean-Jacques Servan-Schreiber sous la Ve République).
 
Le problème, c’est que la participation par exemple de Marielle de Sarnez à une rencontre à gauche avec des écologistes, des socialistes et même Robert Hue, l’ancien secrétaire national du PCF ! casse cette idée d’indépendance. Et l’opposition systématique et frontale contre Nicolas Sarkozy et l’UMP positionne mécaniquement le MoDem à gauche. D’ailleurs, François Bayrou s’est toujours considéré depuis le 3 mai 2007 comme faisant partie de l’opposition, ayant même appelé à ne pas voter pour Nicolas Sarkozy au second tour (ce qui est loin d’être une stratégie d’indépendance ni droite ni gauche).
 
Bref, depuis trois ans, la théorie, c’est l’indépendance (et c’est même la réalité électorale), mais en pratique, dans les prises de positions, c’est un positionnement à gauche, que ce soit reconnu ou pas. Les rares ralliements proviennent d’ailleurs de la gauche : Danièle Auffray, ancienne adjointe PS à Paris, Jean-Luc Benhamias et Yann Wehrling, anciens secrétaires nationaux des Verts. Quant aux nombreuses défections, elles sont d’origine de centre droit (députés anciennement UDF, Jean-Marie Cavada, Jean Arthuis, Michel Mercier, Corinne Lepage…). Tout, dans les faits, place le MoDem à gauche. Même la proposition d’un parlement de l’alternance qui ferait office du regroupement des partis d’opposition au sein d’un même pôle que François Bayrou souhaiterait chapeauter (comme François Mitterrand a réussi à conquérir de l’extérieur le Parti socialiste en 1971 au congrès d’Épinay). Une proposition qui ne sera évidemment pas suivie par le PS.
 
De même, une photographie comme celle du 20 avril 2008 peut être très négative pour François Bayrou même s’il souhaite se montrer ouvert et décrispé avec tous les partis politiques. Il y a d’ailleurs une réelle dichotomie entre le discours rassembleur du leader et les consignes d’exclusion des seconds couteaux.
 
Ce positionnement politique par défaut, qui a fait fuir tous les sympathisants du centre droit que le Nouveau centre a bien du mal à rassembler, aurait peut-être été pertinent s’il avait été réfléchi et concerté avec les autres partis d’opposition. La grande différence avec Épinay (qui "obsède" François Bayrou), c’est que François Mitterrand a commencé son rassemblement à gauche en 1965. Il avait 49 ans. François Bayrou avait presque 56 ans à l’élection présidentielle de 2007. Le parallèle va donc s’arrêter là avec Épinay (François Mitterrand avait 54 ans) : François Bayrou a beaucoup moins de temps que François Mitterrand pour faire une OPA sur sa gauche (projet qui semble définitivement exclu depuis les élections régionales).
 
 
Désastreuse campagne des européennes
 
L’autre point essentiel, dans la descente du MoDem, c’est la campagne des européennes : je reste convaincu que le "coche" a été raté lors des élections européennes de juin 2009. Malgré les difficiles élections législatives de juin 2007, le MoDem avait réussi tant bien que mal à retrouver le niveau de l’ancienne UDF en élus municipaux en mars 2008, au prix d’une communication brouillonne et confuse (alliance à droite, à gauche). Le déplorable congrès de Reims du PS en novembre 2008 donnait au MoDem un espace politique inespéré.
 
Pour avoir participé à x campagnes, je sais le succès ne tient pas à l’existence d’un beau programme téléchargeable ou imprimé sur papier glacé. Il est dans le sentiment que les électeurs ont que le ou les candidats sont aptes à assumer les responsabilités qu’ils revendiquent et qu’ils sont capables d’agir dans l’intérêt général.
 
Le livre "Abus de pouvoir" de François Bayrou (sorti le 30 avril 2009) a été publié sciemment pour la campagne des élections européennes et tout a été communiqué (du côté de François Bayrou) pour en faire une attaque contre Nicolas Sarkozy. Pour François Bayrou, ce livre devait être son "Coup d’État permanent" (1964). Il ne cesse d’ailleurs (depuis vingt ans) de se comparer à François Mitterrand mais cherche encore à faire son congrès d’Épinay (comme écrit plus haut, cela risque d’être difficile avec le succès actuel du PS, tant électoral que dans les sondages pour ses leaders).
 
Le choix de la date de publication ayant été délibéré, il y a trois hypothèses :
 
1. Erreur stratégique : en pensant "nationaliser" les élections européennes, François Bayrou avait cru gagner à sa cause tous les mécontents. C’est finalement ceux qui ont le plus parlé d’Europe qui ont gagné. Dommage pour le parti se disant le plus proeuropéen.
 
2. Au contraire, cela aurait été volontaire. François Bayrou aurait préféré faire l’impasse sur ces élections européennes pour mieux lui assurer sa campagne présidentielle de 2012, se disant que parmi ses sympathisants, il y aurait des citoyens proeuropéens et des citoyens antieuropéens, le but étant de ratisser large. L’absence d’affirmation claire de ses convictions européennes est-il un gage de courage politique ? Je ne sais pas. François Mitterrand n’a pas hésité à se dire favorable à l’abolition de la peine de mort contre une majorité de Français au cours d’une campagne présidentielle de la dernière chance.
 
3. Hypothèse la plus basse que je ne saurais retenir : le but aurait été de faire vendre son livre (c’est un grand succès, ce best-seller) et de profiter d’une campagne pour en donner un meilleur écho. Beaucoup de personnalités politiques font désormais cela, au lieu de délivrer un avis politique, ils préfèrent faire du marketing pour leur livre : Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac, Lionel Jospin, Charles Pasqua, Pierre Joxe
 
Quelle que soit l’intention d’origine, la réalité est que pour un scrutin où le MoDem aurait dû être en avant sur le plan des idées (la construction européenne dans la situation de crise financière et de doute identitaire) et sur le plan de la démarche électorale (le scrutin proportionnel épargnant toute discussion concernant des alliances ou pas au second tour), il n’a pas su utiliser ce double avantage.
 
 
La part des médias
 
Maintenant, est-ce que les médias sont en cause dans le délitement du MoDem ? C’est toujours difficile d’évaluer sereinement et objectivement la responsabilité des médias, entre cause et effet. C’est sûr que le MoDem n’a pas bénéficié d’une couverture médiatique aussi intense que l’UMP, le PS et Europe Écologie. Mais par exemple, le FN et le Front de gauche étaient quasi-inexistants dans les médias et ont pourtant fait de bons scores aux régionales.
 
Ce qui est assez clair, c’est que les médias ne font que des sujets qui vont avoir de l’audience. Ceux qui promouvaient la candidature d’Édouard Balladur en 1993 et 1994 ont été les premiers à expliquer pourquoi Jacques Chirac a gagné en 1995. Nicolas Sarkozy aussi gagne et perd à ce petit jeu en fonction de sa popularité ou impopularité. Il n’y a rien de nouveau. François Bayrou qui avait violemment contesté les médias en fin 2006 a été porté en février et mars 2007 par ces mêmes médias lorsque sa présence au second tour devenait possible.
 
Les médias ne sont souvent que le reflet d’une situation de fait.
 
Un exemple m’avait assez étonné : le dernier meeting électoral du premier tour des régionales de François Bayrou avait eu lieu le 11 mars 2010 à la Bellevilloise pour soutenir Alain Dolium, et au lieu de discourir sur le projet régional de la tête de liste, il n’a fait que justifier le fait du prince de l’avoir propulsé tête de liste. Aucun mot sur le programme dans le cas improbable où Alain Dolium aurait été élu président du Conseil régional d’Île-de-France. Et dans la même intervention, François Bayrou critiquait France 2 qui venait juste de l’interviewer car l’interviewer ne lui avait posé aucune question sur le programme régional du MoDem : de qui se moque-t-on ?
 
La critique des médias a bon dos.
 
 
Tout reste possible pour 2012
 
Tout reste cependant possible dans un pays en proie aux doutes et aux interrogations. François Bayrou reste encore une personnalité qui peut compter, je ne le crois pas comme un futur élu mais comme un "faiseur de roi". Qu’il prenne du recul. Qu’il soit plus un "sage" qui devienne un recours. Qu’il reprenne ses thèmes de la campagne présidentielle de 2007 qui étaient très porteurs, sur l’État impartial, sur l’endettement, sur la construction européenne, sur la pacification des rapports sociaux.
 
Mais Nicolas Sarkozy est toujours là et aura du ressort en 2012. Il est même déjà soutenu par Jean-Pierre Raffarin (lire son interview à télécharger). Il voit certes peu à peu des concurrents arriver : Dominique de Villepin, Alain Juppé, Jean-François Copé, Hervé Morin… mais il peut jouir aussi de la division à gauche lorsqu’il s’agira de choisir entre Martine Aubry et Ségolène Royal.
 
 
 
Sylvain Rakotoarison (31 mars 2010)
 
 
Pour aller plus loin :
 
 
 
 
 

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12 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 31 mars 2010 10:28

    Le Modem peut difficilement se prévaloir d’être hors du système , ses cadres étant pour la pluspart des UDF recyclés , et ce parti soutenant tout ce qui est décidé à Bruxelles et pour le traité européen !

    la stratégie est nullissime , tout est dit ou son contraire , voter modem ne sert vraiment à rien !


    • Voltaire Voltaire 31 mars 2010 11:09

      Bonne analyse, réaliste.
      Le MoDem et François Bayrou conservent des atouts indéniables, au niveau de leur projet, d’un idéal qui peut rassembler et se démarque de ses concurents.

      Mais il faut aussi pouvoir assurer sa pérénité, représenter ses électeurs, savoir influer. Là, le MoDem a beaucoup échoué.

      Les déboires de le droite, la complexité des rivalités à gauche, pourraient lui permettre de retrouver un rôle politique central si une main est tendues aux différentes composantes de la famille démocrate, humaniste et centriste. Le créneau existe. il faut pour cela savoir ravaler un peu de son ego, travailler en partenaires sur le fond, avant d’envisager des accords électoraux. Mais cela semble difficile quand on s’isole dans une tour d’ivoire.


      • Voris 31 mars 2010 11:49

        François Bayrou ne va ressusciter, mais il doit re susciter !

        Re susciter de l’espoir chez les démocrates, les citoyens qui recherchent une troisième voie, celle du renouvellement et de l’intransigeance démocratique. Certains s’étant égarés aux extrêmes, dans l’abstention ou auprès des écolos gauchistes qui n’offrent pas de perspective crédible tant ils sont profondément divisés sur les idées et par leurs égos (rappelons ici les querelles internes des Verts ; elles sont toujours là mais momentanément cachées sous l’effet magique de la vague verte). Quant au club des néo aristo de Villepin, c’est un attrape-nigauds qui se ralliera au leader de l’UMP entre les deux tours. Ce n’est qu’une manoeuvre pour glaner à droite des électeurs perdus en leur faisant miroiter un espoir de « rupture ». La rupture à l’UMP, on nous a déjà fait le coup et , franchement, je ne vois pas l’homme du CPE (non renié) l’incarner et apporter une vague de changement dans la politique menée par l’UMP qui fera pression sur lui s’il était élu.


        • LOKERINO LOKERINO 31 mars 2010 12:08

          article complet et bonne tentative d’analyse objective

          Oui Bayrou conserve ses chances
          Non Bayrou ne conserve pas toutes ses chances

          Toute candidature a partir du moment ou elle respecte les m^mes règles est légitime
          Tout candidat quelque soit son appartenance ou pas a un mouvement petit ou grand , a partir du moment ou sa candidature est légitime peut légitiment penser être le choix des français

          François Bayrou comme tout autre a ces légitimités

          Maintenant on peut débattre de ses chances et de l’intérêt de sa candidature à partir du moment ou les frais inhérents sont quand même à la charge des français ou au pire d’association ou mouvement politique vivant de cotisation de membre ou de financement publique

          il est à noté d’ailleurs que le modem/udf , grâce notamment à un tour de passe passe aux législatives (présentant 577 alors qu’une dizaine seulement étaient en position éligibles -aucune autre formation n’a osé..) bénéficie jusqu’en 2012 du troisième financement public français derrière « l’umps » mais loin devant le fn et les Verts...notamment

          Le « problème » du candidat Bayrou est qu’il a fait un nombre considérable d’erreur grave qui ramène sont « audience » aujourd’hui plus proche de son score de 2002 que 2007

           Il a notamment constamment changer de stratégie depuis ces trois ans , annonçant un jour un arc républicain, le lendemain une indépendance intransigeante, pendant la campagne qu’il ne ferait pas d’accord avec l’ump ( sous entendu avec les autres c’est possible) , alors que son lieutenant participant régulièrement à une construction d’un pôle de de De Sarnez à R Hue en passant par les socialistes et les radicaux
           ....pour finir au lendemain de la berezina a affirmé a nouveau sa volonté ( a t’il d’autre choix ) de lutter contre les deux blocs !

          Incompréhensible et c’est surtout plus une adaptation a la « donne politique » que véritable engagement sur une offre politique et un message clair !

          Aujourd’hui un sondage le crédite de 7% au premier tour des présidentielles.
          Cela ne veut pas dire grand chose et tout dépendra de l’état des forces en présence

          Un autre candidat centriste ? Dufflot à 9%, Le Pen fille candidate ?le Ps unifié ?
          Les présidentielles sont une addition a somme nulle , les scores des uns dépendant du score ou de la présence des autres

           Bayrou qui avait profité de la diabolisation de Sarko et du rejet par certain socialistes de la candidature Royal beneficierait’il d’une situation aussi favorable pour l’émergence « troisième homme » ? sera t’il lui même ce troisième homme , ou nous retrouverons nous dans la situation de 2002 ou Bayrou avait fait 6% ?

          Quand bien même serait il élu , avec quelle majorité gouvernerait il ? Encore une cruelle désillusion en perspective pour ce qui reste des troupes modemistes...

          en effet , l’une des principales erreurs de Bayrou et d’avoir tout misé sur sa personne et l’entretien d’un antagoniste entre lui et Sarko , d’avoir sacrifié ces 5 années pendant lesquelles il fallait au contraire se mobiliser pour construire cette fameuse troisième voie avec force d’elus !
           Bayrou n’a eu de cesse que d’entretenir l’ état de grâce de ses 17% ce qui n’était peut être qu’une illusion plutot que ce faire discret , respecter le vote majoritaire français et construire une grand formation avec des elus municipaux , régionaux et européens

          A l’aube de 2012, sans s’etre exposé et « abîmé » comme il l’a fait pendant toutes ces années il aurait pu tranquillement construire sa candidature avec de base solide

          Mais pour moi , sa plus grand erreur consiste en la création du modem et l’abandon de l’udf
          Il aurait pu faire évoluer simplement cette formation vers l’indépendance et profiter du boulevard de la necessaire reconstruction de la droit modérée soutenant par défaut Sarkozy

          Tant pis pour lui si par orgueil ou maladresse , il n’a pas profiter de cette formidable opportunité et a cummulé nombre d’erreurs et de mauvaise gestion qui n’en doutons pas , lui sera reproché lorsqu’il deballera ses ambitions de candidats 

          Quel gachis , selon les circonstances Bayrou pourrait comme d’autre etre elu president de la republique mais pour faire quoi ?
          Une cohabitation avec le ps ou l’ump ou une coalition bancale , paralysée et par nature de courte durée ?

          Giscard et /ou Miterrand avaient ,à leurs epoques, été bien plus malin pour arriver a prendre en mains l’un ou lautre des deux camps !!


          • leypanou 31 mars 2010 12:16

            « Ce qui est assez clair, c’est que les médias ne font que des sujets qui vont avoir de l’audience »,
            « Les médias ne sont souvent que le reflet d’une situation de fait » : bravo au niveau de la perspicacité, on ne peut pas faire mieux ! Par exemple, lisez le livre de Noam Chomsky : Manufacturing Consents, vous aurez d’autres idées. En 2007, de l’importance artificielle a été donnée à François Bayrou par les médias, ce qui lui a permis d’atteindre plus de 17%. De la même manière, des millions de gens ont voté pour Ségolène Royal par refus de Sarkozy. Il ne faut pas donner aux résultats plus de significations qu’ils n’en ont.


            • vivien françoise 31 mars 2010 15:23

              Monsieur l’ auteur,
              Suite à votre question et après mûre réflexion, ma réponse est non.
              Sylvia


              • artefactix artefactix 31 mars 2010 16:26

                Le Modem, tous ceux qui y sont encore et ceux qui en sont partis, c’est à dire tous, ont montré le spectacle de la division et celui des règlements de compte les plus odieux. Ils ont osé prétendre aux destinés de notre pays mais en étaient incapables. Ils ont perdu respect et crédibiilté en donnant une image épouvantable aux yeux de tous.


                • Diva Diva 31 mars 2010 19:23

                  François qui ?


                  • joelim joelim 31 mars 2010 22:22

                    Pourquoi les partis politiques sont-ils toujours basés sur un leader particulier ? Et pourquoi, s’il s’avère que ce ne soit le bon cheval, sont-ils incapables d’en changer ?

                    Réponse : parce qu’en interne, ils ne sont pas démocratiques.

                    Pour un parti qui a pris l’adjectif démocrate, c’est un peu un comble.

                    Evidemment si Bayrou plaisait (donc était meilleur), le problème ne se poserait pas... D’ailleurs à feu l’UDF c’est loin d’être le pire.... Surtout qu’il est honnête. Il manque juste d’intuition et de sens de l’organisation (à mon sens). Dommage, les idées du parti démocrate ne méritaient pas çà...

                    • apopi apopi 31 mars 2010 23:14

                      Le Modem, rien que le nom du parti c’est désespérant de nullité, et encore on a échappé au Parti Démocrate, parce que à l’ex UDF ils y avaient pensé !!
                      Sinon c’est une idée lumineuse de ne se situer nulle part, ni à gauche ni à droite, on en voit le brillant résultat.


                      • vinvin 4 avril 2010 01:38

                        Bayrou avec ses 4% c’ est rendu ridicule, et il a pris une grosse veste.


                        Bien sur, il a tout fait pour tendre le bâton pour se faire battre, car dans ma région le Vaucluse il nous a présenté une femme « Bâchée ». Le problème c’ est que dans ma région PACA nous détestons les « capotes anglaises ambulantes », (pardon je voulais dire les femmes "bâchées,) donc nous avons eu dans notre région une remontée en flèche du FN, et j’ en suis bien content.


                        Je remercie donc bien monsieur Bayrou pour avoir a son insu donné toutes des voix supplémentaires au FN. 



                        Cordialement.




                        VINVIN.

                        • Internaute Internaute 5 avril 2010 09:59

                          Vous cherchez beaucoup de raisons dans des détails que l’électorat ne voit jamais.

                          Bayrou est resté dans un nuage d’ambiguïtés qui a fait que les électeurs n’ont jamais pû répondre à la question : qu’est-ce qu’on gagne à voter pour lui ?

                          Sur le thème « Ni socialiste, ni ump » il n’a pas convaincu puisqu’au contraire il aspire à faire la même politique que les deux réunis. A la fin il a tourné à gauche.

                          Sur le thème de l’Europe son message s’arrête à « Il faut plus d’Europe » au moment même où l’Europe apparaît comme le marche-pied du mondialisme qui met les gens au chômage, leur enlève toutes les libertés, augmente la dette et met en péril les moindre bases sur lesquelles ont été construites nos petites vies. C’est un peu comme Hitler qui en 45 disait aux allemands « Il faut plus d’effort de guerre ». Pas trés raccoleur comme message.

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