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Général Marcel Bigeard : le dernier vieux « con » pétri d’amour pour la France

Parachutiste sous la Seconde guerre mondiale, Diên Biên Phu, Alger… Marcel Bigeard, promis à une sage carrière d’employé de banque modèle, est devenu l’exemple type du maréchal d’Empire, proche de ses soldats et portant attention à leurs conditions de vie, subtil dans la tactique et audacieux dans l’action et dans l’expression. Une sorte de général romain très heureux de ses triomphes après la bataille.

Il n’aurait pas aimé mieux : tirer sa révérence un jour anniversaire de l’appel du 18 juin, et pas n’importe lequel, le soixante-dixième anniversaire, lourd de symboles et l’une des dernières grandes commémorations en présence des derniers acteurs.

Le général Marcel Bigeard est mort à 94 ans ce vendredi matin du 18 juin 2010 à Toul. Il avait été hospitalisé quelques jours à Nancy au mois de mai pour insuffisance cardiaque et aussi au mois de mars.


Gloire et bravoure

Bigeard, tout le monde le connaît, c’est sans doute le militaire le plus célèbre de France, et aussi le plus décoré.

Fils de cheminot, il est né cinq semaines avant Pierre Messmer, le 14 février 1916, en pleine guerre à Toul, en Lorraine, la même année que François Mitterrand.

Son ambition n’était pas militaire mais de progresser chez son employeur, la Société Générale depuis l’âge de quinze ans, avec pour optique d’être directeur d’agence à Nancy ou à Verdun.

Il a commencé dans l’armée comme simple deuxième classe en septembre 1936 à Haguenau et il a pris sa retraite en 1976 comme général de corps d’armée (quatre étoiles) après avoir vaillamment combattu dans trois guerres. Handicapé de ne pas avoir été formé à Saint-Cyr, il compensa grâce à une exceptionnelle intuition, une volonté de vaincre à toute épreuve et en le faisant savoir, une audace folle et parfois de mémorables colères.


Une carrière militaire héroïque

Il termina son service national en septembre 1938 mais fut remobilisé le 22 mars 1939 toujours au 23e régiment d’infanterie de forteresse (RIF) dans l’optique d’une déclaration de guerre.

Il combattit pendant la guerre en Alsace, puis, après une détention en Allemagne (juin 1940 à novembre 1941), il parvint à s’évader et s’engagea dans la résistance, notamment au Sénégal puis chez les parachutistes. Il finit la guerre en juin 1945 avec le grade de capitaine.

D’octobre 1945 à septembre 1954, Bigeard effectua trois missions de combats en Indochine et fut un héros de la bataille de Diên Biên Phu le 16 mars 1954, ce qui lui valu le grade de lieutenant-colonel.

D’octobre 1955 à janvier 1960, Bigeard s’engagea en Algérie où il fut blessé grièvement le 16 juin 1956, ce qui amena le Président René Coty à le décorer personnellement un mois plus tard. Devenu colonel, il fut nommé par le général De Gaulle à la tête de quinze mille hommes à la fin de l’été 1959 mais fut écarté après n’avoir pas respecté son devoir de réserve.

Son implication dans la torture pendant la guerre d’Algérie n’a jamais été clairement établie et plutôt niée par lui-même malgré certaines accusations même s’il en a justifié la nécessité (il a parlé du « mal nécessaire » des « interrogatoires musclés »).

Après ses missions en Algérie, Bigeard poursuivit sa carrière en République Centrafricaine, puis à Paris, à Pau, à Toulouse, puis, devenu général, à Dakar, à Paris, à Tananarive, où il organisa l’évacuation des forces françaises de Madagascar le 31 juillet 1973 après des troubles qui se ponctuèrent par la démission du Président malgache Philibert Tsiranana qui laissa place au général Gabriel Ramanantsoa.

Ensuite, il termina sa brillante carrière militaire d’abord à Paris puis comme commandant de la 4e Région militaire à Bordeaux, supervisant quarante mille hommes.


Un homme politique giscardien en Lorraine

Du 31 janvier 1975 au 4 août 1976, Valéry Giscard d’Estaing nomma le général Bigeard Secrétaire d’État à la Défense auprès du Ministre de la Défense Yvon Bourges dans le gouvernement de Jacques Chirac.

En mars 1978, Valéry Giscard d’Estaing lui demanda de remplacer la candidate UDF décédée dans la circonscription de Toul, en Meurthe-et-Moselle (celle de l’actuelle secrétaire d’État Nadine Morano). Bigeard fut ainsi député UDF de Meurthe-et-Moselle de mars 1978 à juin 1988, réélu en juin 1981 puis en mars 1986 (au scrutin proportionnel dans une liste UDF qu’il mena aux côtés du maire de Nancy et futur ministre André Rossinot), mais il échoua en juin 1988 de très peu face à son concurrent socialiste.

Il présida la commission de la défense à l’Assemblée Nationale durant son premier mandat de 1978 à 1981.

Pour l’anecdote qui montre que l’époque giscardienne, malgré l’affaire des diamants, était très éloignée d’aujourd’hui concernant le train de vie des ministres, lorsque Valéry Giscard d’Estaing se déplaçait en Lorraine, le général Bigeard l’hébergeait pour la nuit en lui cédant sa propre chambre.


Vingt ans de retraite pour écrire ses souvenirs et réflexions

Après 1988, le général Bigeard resta dans sa retraite à Toul, rédigeant quelques livres (seize au total) et s’exprimant dans les médias sur les sujets d’actualité qui l’intéressaient.

Son franc-parler, son ton gouailleur propre à tous les militaires, avec quelques gros mots (« Je suis le dernier con glorieux ») laissaient apercevoir son amour pour la patrie et sa grande amertume en voyant la grandeur de la France s’éclipser.

Parmi les bons mots de Marcel Bigeard :

« Bigeard n’a jamais obéi qu’à Bigeard. »
« Face à une situation, il n’y a que deux solutions : celle de l’École de guerre et la bonne. »
« Je n’accepte plus les médailles car elles commencent à me tomber sur les chaussures. »
À propos des socialistes en 1981 : « S’ils sont la rose, je suis leur épine. »
« Arlette Laguiller ? Il faudrait la marier à un para ! »
« Ma vie, c’est une histoire trop rapide. La guerre, la gloriole. J’ai aimé ça, quoi. »
« Je vais casser ma pipe et je ne serai pas mécontent. Car j’ai trop aimé la France pour accepter ce qu’elle est devenue. »

La ville de Toul aura déjà célébré le vieux général de son vivant en attribuant son nom à l’une des grandes avenues de la périphérie inaugurée en présence de son ami Valéry Giscard d’Estaing.

Bigeard était déjà entré dans la légende de son vivant.
Le voici qui s’inscrit dans la grande lignée de l’histoire militaire de la France.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (18 juin 2010)


Pour aller plus loin :


Dépêches sur la disparition du général Bigeard.



 

Documents joints à cet article

Général Marcel Bigeard : le dernier vieux « con » pétri d'amour pour la France

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77 réactions à cet article    


  • morice morice 19 juin 2010 11:16

    ....décidément, Sylvain tout nous oppose. Vous êtes une gomme, à effacer les parties de sa carrière qui sont embarrassantes pour lui, pour son honneur et pour celui de l’armée. Vous êtes ODIEUX, quand vous écrivez que « Son implication dans la torture pendant la guerre d’Algérie n’a jamais été clairement établie »... ou alors vous ignorez jusqu’au nom de Louisette Ighilahriz, torturée par ses soins...


    vous falsifiez l’histoire, Sylvain, se faisant. C’est désolant.

    • Shaytan666 Shaytan666 19 juin 2010 11:33

      @Perseùs
      Auriez vous l’outrecuidance de mettre en doute l’honnêteté intellectuelle de Morice ?
      Vous êtes un fasciste, un néo-nazi, poste abjecte j’en demande le retrait immédiat  smiley


    • morice morice 19 juin 2010 11:52

      pour un mec venu hier sous un autre pseudo, bravo...


    • Radis Call 19 juin 2010 11:53

      En parlant d’honnêteté intellectuelle , nombreux sur ce blog cherche la paille dans l’oeil de morice , mais s’accommodent très bien de la poutre qui leur tient lieu de cerveau .

      C’est , vu avec un peu de recul , poilant d’observer et de lire ceux qui ont décidé d’en faire le bouc émissaire de ce blog et d’avoir sa peau !

      Ailleurs , que des petits anges , rempli de bonnes intentions , qui ont juré de faire oeuvre de salubrité publique , et modestes avec ça !


    • Shaytan666 Shaytan666 19 juin 2010 12:24

      Morice, j’attends toujours la preuve que je suis venu hier sous un autre pseudo !
      Avez vous pris contact avec la modération ? Vous ont-ils confirmé ce fait ?


    • phiconvers phiconvers 19 juin 2010 18:51

      Morice, je ne vais pas vous faire la grâce d’argumenter, ce qui vous sortirait provisoirement de votre haineuse insignifiance. Juste ces quelques mots : ta gueule !


    • ZEN ZEN 19 juin 2010 11:43

      Quelle belle image d’Epinal ! smiley
      Rompez !


      • Hanoho Hanoho 19 juin 2010 11:49

        Morice a raison... et tord...
        Ce n’est pas aussi simple que cela,

        "Louisette Ighilahriz et Henri Pouillot sont assistés dans leur action pour diffamation par Me Pierre Mairat, président délégué du MRAP.« 

        Effectivement, comme le dit l’auteur, ce n’est pas clair...

        Et Mouloud Aounit d’apporter la solution : »Au-delà d’un acte de justice, c’est une œuvre en faveur du combat contre le racisme parce que je suis de ceux qui pensent que dans la persistance du racisme antimaghrébin et singulièrement antialgérien il y a un élément tenace, celui de cette amnésie, de ce refoulement et de la non-reconnaissance de l’histoire coloniale."

        Il le dit lui même, il s’agit bien de quelque chose qui va au delà de la recherche de justice, c’est un combat politique.

        Pourtant, s’il y a bien une amnésie, une amnésie tenace dont PERSONNE ne parle c’est celle là.


        • Radis Call 19 juin 2010 11:55

          Hanoho ! Tort s’écrit avec un T comme tortionnaire ou tortueux et non avec un D comme tordu.


        • Hanoho Hanoho 19 juin 2010 12:25

          mea culpa.

          Mais bon, le plus important, c’est quand même ça :

          "Pourtant, s’il y a bien une amnésie, une amnésie tenace dont PERSONNE ne parle c’est celle là"


        • Yohan Yohan 19 juin 2010 19:23

           smiley smiley  smiley


        • Hanoho Hanoho 19 juin 2010 20:55

           smiley De toute façon, je me suis toujours pris des taules en dictées... ^^


        • morice morice 19 juin 2010 11:51

          Bigeard et le mot amour ? depuis quand les tortionnaires sont capables d’amour ?


          • Ronald Thatcher rienafoutiste 19 juin 2010 11:55




            Marcel Bigeard a très bien rempli les fonctions qui lui étaient données, seule l’Histoire jugera... et certainement pas morice !


              • Yann Amare 19 juin 2010 12:01

                Bigeard le type même du tueur en uniforme habitué aux basses besognes et les pratiquant avec zèle, (son surnom était le « boucher ») au service de ce que la France a connu de pire en guise de politiciens criminels contre l’humanité. Son seul mérite c’est de ne pas avoir participé au putsch des généraux félons d’Alger en 1961 alors que les paras de la coloniale avaient adopté les méthodes et l’idéologie (si on peut appeler ça une idéologie) des SS... smiley


                • morice morice 19 juin 2010 12:15

                   Son seul mérite c’est de ne pas avoir participé au putsch des généraux félons d’Alger en 1961 alors que les paras de la coloniale avaient adopté les méthodes et l’idéologie (si on peut appeler ça une idéologie) des SS... 


                  pas mal dit.... mais jugé trop bête, ils ne l’avaient PAS mis au courant...

                  • Shaytan666 Shaytan666 19 juin 2010 12:37

                    Comment quelqu’un qui commande le 6ème RIAOM en Centre Afrique aurait-il pu participer au putsch des généraux ?
                    Le seul qui aurait pu faire changer la balance en faveur des putschistes était le général Massu car lui à l’époque avait été mis au rencart (en 1960) par le général de Gaulle. Ce dernier lui a toujours été reconnaissant de sa non participation au putsch.


                  • Pelmato 19 juin 2010 13:21

                    Ça aurait peut-être été le cas si les Français avait donné les même droits aux Français musulman d’Algérie sur le sol Algérien…au moins après le 8 mai 45.


                  • phiconvers phiconvers 19 juin 2010 18:53

                    Sauf, Marc Gelone, que nous avons quitté l’Algérie ET que Colombey les deux Eglises est en passe de devenir Colombey les deux mosquées...


                  • Pelmato 20 juin 2010 19:59

                    Les Algériens sont déjà là. Ils n’ont pas attendus d’avoir la nationalité quand l’Algérie était Française… Ça me fait sourir. smiley
                    Mon mari est Algérien.
                    A la sortie de la guerre l’Algérie était sur les genoux. La France est partie honteuse de ce qu’elle avait fait et comme une voleuse. Mieux que ça de Gaulle y a placé ses sbires Algérien formés dans dans les écoles Française qui ont recolonisé le pays. Cela pour assurer ce que l’on sait à la France : pétrole et gaz……Les miettes aux Algériens ! Personne ne peu se contenter des miettes…


                  • Achéron 21 juin 2010 10:09

                    C’est d’ailleurs pourquoi De Gaulle s’est tourné vers Massu en 68 (durant l’épisode où il a « disparu »), ce dernier étant le chef des FFA (Forces Françaises en Allemagne) à ce moment...


                  • wesson wesson 19 juin 2010 12:32

                    Bonjour M. Gelone,

                    « il faudra bien ressortir les gégènes »

                    ma parole, on vous croierai pressé !


                  • wesson wesson 19 juin 2010 12:33

                    oups, croirai ...


                  • Achéron 21 juin 2010 10:41

                    A propos de cette épineuse question : Certaines situations rendent-elles la torture justifiable, si oui, y a t-il des limites à respecter et, toujours si oui, lesquelles ?... je viens de voir un excellent thriller avec Samuel L. Jackson : Unthinkable (Impensable).

                    L’intrigue du film prend place aux USA avec pour thème central l’interrogatoire plus que « simplement » musclé d’un homme qui avoue de lui même avoir déposé 3 bombes atomiques dans 3 grands centres urbains du pays et qui exige que ses revendications soient exaucées contre la liste des emplacements sous 48h00.

                    La question centrale est : jusqu’où peut-on aller pour sauver des millions de vies innocentes ?...

                    Assez « hard » comme film, ça tombe bien, le sujet est ardu...

                    En bref, je me garderai bien d’apporter des jugements sur la torture... la position de chacun dépend du côté de la lorgnette depuis lequel quiconque fait observer son point de vue...

                    La torture gratuite est condamnable sans réserve. Mais celle « d’utilité publique » ? je mais le terme entre guillemets puisque, dans le cas général (sans mauvais jeu de mot), la torture (pour ne pas dire la Question, comme au Moyen-Âge...) systématisée (entendre en tant que mise en place par un système et non en tant qu’automatisme ) est autorisée et donc couverte par « l’exécutif » du bras armé qui l’applique...

                    J’entends déjà les bonnes âmes arguer du fait que le « bourreau » possède toujours son libre arbitre et que, même dans le code militaire, on peut refuser d’obtempérer à un ordre jugé manifestement illégal ou immoral (mais où sont les limites du légal et surtout de la morale en situation de guerre ?) ... Soit.

                    Mais posez-vous la question de savoir quelle serait votre réaction, votre conduite, si ceux que vous aimez sont menacés de mort et que la personne en face de vous, celle qui détient les informations qui peuvent les sauver, refuse de parler ? jusqu’où seriez-vous prêt à aller ? Quel prix seriez-vous disposé à payer ?

                    En ce qui concerne mon cas propre, je suis bien incapable de le dire... smiley


                  • Shaytan666 Shaytan666 19 juin 2010 13:00

                    Hier soir quand j’ai entendu que le général Bigeard était décédé je me suis dit dans mon moi même, qui va être le premier à faire paraître un article pour cracher sur sa mémoire, j’avais deux favoris et bien j’ai gagné  smiley Maintenant j’attends avec impatience l’arrivée de la « claque » !


                  • Yann Amare 19 juin 2010 14:51

                    @ Shatan666

                    « je me suis dit dans mon moi même, »

                    hé oui parceque si tu t’étais dit quelque chose dans le moi-même du voisin, ça n’aurait certainement pas eu le même résultat idiot, smiley


                  • Serpico Serpico 19 juin 2010 22:34

                    Shaytan666 « je me suis dit dans mon moi même »

                    ****************

                    J’étais sûr que tu étais ventriloque.


                  • Tang Tang 19 juin 2010 13:21

                    Ancien combattant, héros de la Seconde Guerre mondiale, grande figure des guerres d’Indochine et d’Algérie, le général Marcel Bigeard,
                    l’officier le plus décoré de France est décédé vendredi matin à son
                    domicile de Toul en Meurthe-et-Moselle à l’âge de 94 ans, a-t-on appris
                    auprès de son épouse. Cinq fois blessé au combat, trois évasions,
                    c’était une personnalité hors du commun, une force de la nature, au
                    franc-parler légendaire. « Trente ans de sauts en parachutes, dont vingt ans dans la guerre », un homme d’action et de combats qu’il aura menés jusqu’au bout, restant fidèle à ses convictions. 
                    Né à Toul en Meurthe-et-Moselle le 14 février 1916, Marcel Bigeard, devenu employé de banque à l’âge de 14 ans, est appelé sous les drapeaux comme 2e
                    classe en 1936 et libéré avec le grade de caporal-chef en septembre
                    1938. Avec la Seconde Guerre mondiale, il est rappelé en 1939 au sein
                    du 23e RIF (régiment d’infanterie de forteresse) et promu sergent.
                    Volontaire pour les corps francs, les commandos de l’époque, il devient
                    rapidement sergent puis adjudant à l’âge de 24 ans. 
                    Nom de code « Commandant Aube » 
                    Le 10 mai 1940, les Allemands envahissent la France. L’Armistice est signé le 22 juin 1940. Marcel Bigeard
                    a déjà à son actif, une blessure, trois croix de guerre. Fait
                    prisonnier, il est envoyé au Stalag 12A au camp de prisonniers de
                    Limbourg en Allemagne. C’est à la troisième tentative qu’il réussit à
                    s’évader en novembre 1941, retourne à Toul, puis direction Nice en zone
                    libre. En 1943, il rejoint Dakar, est engagé dans les troupes
                    coloniales au Sénégal. 
                    Promu sous-lieutenant, il rallie Mekhnès au Maroc, se porte volontaire pour partir à Alger,
                    suivre un entraînement parachutiste, pour sauter en France pour des
                    missions de sabotage avec les résistants français. Nom de code « commandant Aube ». Ilest
                    parachuté en Ariège le 8 août 1944, pour encadrer l’action des
                    résistants. À la fin de la guerre, il sera décoré de la Légion
                    d’honneur et du Distinguished Service Order britannique pour ses actions en Ariège. Il n’a que 28 ans. Il est nommé capitaine en 1945. 
                    Dans l’enfer de Diên-Biên-Phu 
                    En septembre de la même année, le capitaine Bigeard reçoit le commandement de la 6e compagnie du 23e RIC (régiment d’infanterie coloniale), désigné pour le corps expéditionnaire en Indochine.
                    Il débarque à Gia-Dinh près de Saigon et parcourt la Cochinchine. Après
                    de nombreuses batailles à la tête d’une compagnie parachutiste du 3e bataillon thaï (1948-51) et trois séjours indochinois, il est parachuté à Diên-Biên-Phu, le 20 novembre 1953, avec le 6e bataillon para au milieu des Viets. Les combats au corps à corps sont terribles. 
                    Le
                    16 mars 1954, « Béatrice » et « Gabrielle », deux postes avancés sur les
                    collines, tombent. Il ressaute avec son bataillon sous le feu des
                    Vietcongs dans la célèbre cuvette de Diên-Biên-Phu. Une bataille
                    héroïque qui durera 50 jours jusqu’à l’arrêt des combats le 7 mai 1954.
                    Fait prisonnier, il sera libéré après les accords de Genève. Devenu
                    lieutenant-colonel Bigeard, il rentre à Paris le 25 septembre 1954. 
                    Honneurs, blessures, torture 
                    Le 25 octobre 1955, Marcel Bigeard prend le commandement du 3e BPC (bataillon de parachutistes coloniaux) dans la région de Constantine en Algérie. Opération 744 en Kabylie, bataille des monts Nementcha, sécurisation d’Alger, opérations Atlas et Agounnenda dans les massifs de Blida, opération Timmoun  : Marcel Bigeard est de tous les combats, il collectionne les honneurs et les blessures. 
                    Le 27 août 1959, le général De Gaulle le rencontre à AlgerBigeard
                    se voit confier le commandement du secteur de Ain-Sefra, soit un
                    effectif de 15.000 hommes. Il sera accusé par la suite d’avoir pratiqué
                    la torture pendant cette période. Lui s’en est toujours défendu. A deux
                    journalistes suisses de Liberté, il rétorque des années après : « Vous
                    voulez parler de torture. C’est un mot que je déteste (...) Evitez ce
                    mot-là ! Vous savez, nous avions affaire à des ennemis motivés, des
                    fellaghas, et les interrogatoires musclés, c’était un moyen de récolter
                    des infos. Mais ces interrogatoires étaient très rares et surtout je
                    n’y participais pas. Je n’aimais pas ça. Pour moi, la gégène était le
                    dernier truc à utiliser
                    . » 
                    « J’ai trop aimé la France... » 
                    Ce
                    seront ensuite des années passées en Centrafrique, au Sénégal, dans
                    l’Océan indien, puis retour en France où il est promu général de corps
                    d’armée en 1974. Il prend le commandement de la 4e Région Militaire à Bordeaux, soit 40.000 hommes dont 10.000 parachutistes. 
                    En
                    janvier 1975, le président Valéry Giscard d’Estaing lui propose le
                    poste de secrétaire d’Etat à la Défense. Il occupera ce poste jusqu’en
                    août 1976, date à laquelle il remet sa démission. Il est ensuite élu
                    député UDF de Meurthe-et-Moselle en 1978 et préside la commission de
                    Défense nationale. Il sera réélu jusqu’en juin 1988. 
                    C’est
                    dans sa maison de Toul qu’il vivra ces années de retraite. Il rédigera
                    de nombreux livres, seize en tout, qui racontent sa carrière militaire,
                    ses batailles d’Indochine et d’Alger,
                    mais aussi ce qu’il pense de l’époque, de l’armée, du monde qui change
                    et de sa vision de la France. Avec la mort s’éteint la voix d’un
                    éternel trublion aux légendaires coups de gueules, qui avait besoin de
                    dire haut et fort ce qu’il pensait jusqu’au bout. « Je vais casser ma pipe et je ne serai pas mécontent. Car j’ai trop aimé la France pour accepter ce qu’elle est devenue », confiait-il récemment dans les colonnes du FigaroMes condoleances a la famille, aux proches et aux Paras.
                    Que Saint Michel veille sur ce grand guerrier et l’accompagne dans son voyage vers d’autres cieux.


                    • morice morice 19 juin 2010 20:46

                      merci mais on sait lire.... surtout les communiqués....


                    • Yann Amare 19 juin 2010 13:38

                      Ah la nostalgie des ex-OAS, paras, et de leurs rejetons, qui ne demandent qu’à recommencer la bonne vieille tradition coloniale franchouillarde les « Escadrons de la mort » pour pouvoir torturer ; violer, et massacrer de préférence des civils innocents, ce qu’ils appèlent « jouir sans entrave » et c’est cette racaille, rebuts de l’humanité, qui osent invoquer le mot honneur, c’est un comble... smiley


                      • Pelmato 19 juin 2010 13:38

                        On l’a connais déjà sa biographie « parfaite » on l’a lu partout… En tout cas le fait de relater seulement la partie « exemplaires » des « hauts faits d’armes » de ce monsieur montre bien l’amnésie française de son passé et ce qu’elle veux tout le temps oublier… malgré que cela la rattrape sans cesse.

                        http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article3931


                        • Yann Amare 19 juin 2010 13:44

                          à lire « Escadrons de la mort, l’école française » de Marie-Monique Robin...


                          • ZEN ZEN 19 juin 2010 14:06

                            Un 44° soldat (para) tombé en Afghanistan
                            « Pour rien », aux dires de certains généraux qui retiennent leur langue...
                            On n’en dira rien


                            • COVADONGA722 COVADONGA722 19 juin 2010 20:53

                              absolument zen et vous savez que depuis le debut je prétend que nous servons de suppletifs
                              sur un lime de l empire us.
                              Pour info le sergent qui est mort dernierement est mort parce qu un officier a l arriere a eu peur des remontrances de Paris et a refusé l ouverture du feu aux deux helicos en couverture .
                              On demande a nos soldats de faire une guerre sans la faire resultat il meurent pour maintenir un pouvoir fantoche corrompu et qui cerise sur le gateau applique la charia ,la guerre est un
                              acte violent qui tire sa« legitimité » d une volonté politique quand ça n est pas le cas cela devient une boucherie inutile


                            • brieli67 19 juin 2010 15:02

                              REQUIEM CRUSTACE

                              Pas un mot sur le passé en terres malgaches et pourtant......

                              SOURCE WIKI 

                              Le 7 août 1971, il prend le commandement des forces françaises présentes dans l’océan Indien à Tananarive et obtient le 1er décembre 1971 sa troisième étoile. Suite aux manifestations qui secouèrent Madagascar en mai 1972 et qui conduisirent au départ de son président Philibert Tsiranana et à son remplacement par le géneral Gabriel Ramanantsoa, il quitte Madagascar le 31 juillet 1973 avec l’ensemble des forces françaises du secteur.

                              Des explications ?


                              Redécoupé, redessiné par l’Ange Pasqua,

                              l’arrondissement de Toul cher à Marcel B mais passé à gauche nous sert en potiche républicaine BB Nadine M---------- coquillages et crustacés


                              merci les BLE & Merci Sylvain.



                              • ravachol 19 juin 2010 15:12

                                Grosso modo,et si j’ai bien tout compris il y a les bon et les mauvais tueurs !!!


                                • bo bo 19 juin 2010 20:12

                                  faut pas être soldat....et que les CONS décide de faire la guerre...d’ailleurs, il suffit de mettre en première ligne ceux qui décide des guerres....pour quelles soient moins meurtrières ou qu’il n’y en ai plus du tout....mais malheureusement, ce sont ceux qui décident, bavassent et jugent après ce qui est bien ou pas, qui envoient les autres au casse pipes....


                                • kitamissa kitamissa 19 juin 2010 15:13

                                  je n’ai pas connu personnellement Bigeard ,mais rien que son nom était respecté chez tous les paras ( ses gars étaient nommés les Bigeard Boys à l’époque ) ....

                                  au 11eme BPC( service action du SDECE de l’époque ) auquel j’ai appartenu,il était un exemple parmi les officiers,les sous off,et le rang,c’est grâce à lui que nous avons eu un équipement plus léger et mieux adapté aux conditions du terrain et au climat d’AFN,que l’initiative individuelle comptait beaucoup en opération,que chaque homme quelque soit son grade donne le meilleur de lui même en plein engagement face à l’ennemi .

                                  les Troupes aéroportées et la Légion et les autres unités combattantes on rempli pleinement la mission qui leur avait été confiée par un gouvernement Socialiste ( il est bon de le rappeler ici ) ..

                                  tous ceux qui sont allés là bas et sont allés au feu ont fait leur devoir,un ennemi était désigné,les ordres étaient de le neutraliser par tous les moyens,ce que nous avons fait avec honneur pour protéger les populations autant Musulmanes souvent massacrées par le FLN que les Européennes victimes des mêmes actes de barbarie !

                                  tout mes respects pour la mémoire du général Bigeard,le dernier des grands soldats !

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