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Georges Pompidou, héritier et visionnaire

Continuateur de De Gaulle, auteur de la prospérité des années 1960 et 1970, symbole de la toute puissance de la croissance économique et de l’expansion industrielle. Et homme de goût pour les arts et les lettres.

Ce mardi matin, le Président de la République Nicolas Sarkozy se rend dans un petit village du Cantal, Montboudif, pour y célébrer l’un de ses prédécesseurs, le Président Georges Pompidou, qui y est né il y a exactement cent ans, le 5 juillet 1911.

C’est en quelque sorte le petit-fils spirituel de Pompidou qui reprend ses traces, par l’intermédiaire de l’héritier du pompidolisme, Jacques Chirac. À onze heures et demi, il devrait prononcer un discours pour rendre hommage au « visionnaire pragmatique » de la fin des Trente Glorieuses.

Nicolas Sarkozy avait déjà évoqué le 22 juin 2011 la part déterminante de Pompidou dans la relance de la construction européenne. Cette déclaration s’est tenue en marge d’un colloque sur Georges Pompidou auquel ont entre autres participé Édouard Balladur, qui fut son secrétaire général à l’Élysée, Éric Roussel, l’auteur d’une biographie en 1984 qui fait autorité, Bernard Accoyer, le Président de l’Assemblée Nationale, Jean-Bernard Raimond, ancien Ministre des Affaires étrangères, Bernard Esambert, haut fonctionnaire et industriel (X-Mines), ancien collaborateur de Pompidou, Jacques de Larosière, ancien gouverneur de la Banque de France, Alain Juppé, Ministre des Affaires étrangères, et Abdou Diouf, ancien Président de la République du Sénégal ayant succédé à Léopold Sédar Senghor qui fut le condisciple de Pompidou et d’Aimé Césaire à Normale Sup.


Un enfant de la IIIe République

Né un peu avant la Première guerre mondiale, Georges Pompidou fut, au même titre que Philippe Séguin ou François Bayrou, un enfant de la méritocratie républicaine. Fils de deux modestes instituteurs et petits-fils de paysans, le schéma typique des hussards de la IIIe République incitait la troisième génération à servir l’État comme fonctionnaires.

Brillant élève au lycée Lapérouse à Albi (premier prix au concours général de version grecque), puis en prépa à Louis-le-Grand, Pompidou a été reçu premier à l’agrégation de lettres (en 1934) après son cursus rue d’Ulm et fut aussi diplômé de la future Science Po Paris (comme Michel Debré et Jean-Marcel Jeanneney).


Un normalien qui sait écrire

Restant étrangement passif et neutre sous l’Occupation (aucun engagement dans la Résistance), Georges Pompidou a réussi cependant grâce à son réseau à rejoindre le cabinet de De Gaulle, chef du gouvernement, entre septembre 1944 et janvier 1946 comme chargé de mission pour l’Éducation nationale (il enseignait alors à Henri-IV). Il avait été recruté sur cette injonction : « Trouvez-moi un normalien qui sache écrire ! ».

Nommé ensuite maître des requêtes au Conseil d’État, il resta au service de De Gaulle pour préparer les réformes dans l’éventualité d’un retour au pouvoir de De Gaulle. De 1948 à 1953, Pompidou fut le chef de cabinet de De Gaulle et fut chargé notamment de s’occuper de la Fondation Anne-De-Gaulle.

De 1954 à 1958, il travailla pour la Banque Rothschild comme directeur général où il prit conscience de l’importance du développement industriel dans le bien-être d’une société.


Dans l’action au plus haut niveau (1958-1974)

Du 1er juin 1958 au 7 janvier 1959, Georges Pompidou fut le directeur de cabinet de De Gaulle revenu au pouvoir à la tête du dernier gouvernement de la IVe République. En initiant le Comité Pinay-Rueff, il influença de manière décisive la politique économique et industrielle de la France gaullienne des années 1960 (voir cet article). Il milita également pour l’application du Traité de Rome signé l’année précédente ce qui engagea la France dans une politique d’intégration européenne renforcée.

Le 8 janvier 1958, Georges Pompidou assista aux premières loges à l’investiture de De Gaulle à l’Élysée en étant dans la voiture présidentielle. Il fut nommé, de mars 1959 à avril 1962, membre du Conseil Constitutionnel, organisme nouveau chargé de vérifier la conformité des lois à la Constitution. Pendant ce mandat, Pompidou fut chargé par De Gaulle de missions de confiance, notamment dans le cadre des négociations pour aboutir aux Accords d’Évian (indépendance de l’Algérie) signés le 18 mars 1962 et ratifiés par le référendum du 8 avril 1962.


Matignon

Ce fut la surprise générale quand De Gaulle décida de nommer à Matignon son ancien directeur de cabinet jamais encore élu. Georges Pompidou fut Premier Ministre du 14 avril 1962 au 10 juillet 1968, le chef du gouvernement le plus long de toutes les républiques. Paradoxalement, il fut le seul Premier Ministre censuré par l’Assemblée Nationale sous la Ve République, le 5 octobre 1962, à la suite de la décision d’organiser un référendum sur l’élection du Président de la République au suffrage universel direct (qui a eu lieu le 28 octobre 1962). De Gaulle a dissout alors l’Assemblée Nationale le 10 octobre 1962 et des élections législatives se déroulèrent les 18 et 25 novembre 1962 renforçant la majorité gaulliste.

D’un point de vue institutionnel, Pompidou a toujours reconnu la prédominance du Président de la République sur le Premier Ministre qui « n’est que le premier des ministres ». Cette citation a été de Pompidou après son élection mais également régulièrement dite par De Gaulle selon Alain Peyrefitte.


Anti-extrémiste

Il s’en expliqua plus précisément dans "Le Nœud gordien" en 1974 où il écrivit : « Il s’agit de savoir si ce sera en imposant une discipline démocratique garante des libertés ou si quelque homme fort et casqué tirera l’épée comme Alexandre », s’inquiétant du risque de l’extrême droite : « Le fascisme n’est pas si improbable ; il est même, je crois, plus près de nous que le totalitarisme communiste. ».

Ce qui fut une réflexion anticipant assez bien la chute du mur de Berlin et la montée du Front national et de tous les extrémismes des décennies suivantes (il décida de dissoudre "Ordre nouveau", l’un des mouvements précurseurs du Front national, au Conseil des ministres du 28 juin 1973 après des affrontements violents la semaine précédente à propos du sujet : "Halte à l’immigration sauvage"). 


La construction des grandes infrastructures

De très nombreuses réformes ont eu lieu pendant cette période, avec le lancement de grands projets industriels étatiques et le début d’un aménagement du territoire qui se concrétisa par la création, sous sa Présidence, des régions administratives, aussi la création des villes nouvelles (Évry, Marne-la-Vallée, Saint-Quentin-en-Yvelines etc.), la création de nouveaux départements franciliens et la.construction du périphérique parisien, des voies sur berge à Paris et du tunnel sous Fourvière à Lyon.


Conquête de l’UNR

Même si Pompidou avait sagement déclaré en novembre 1964 : « La succession du Général n’est pas ouverte et ne le sera pas de sitôt. », il croyait fermement que De Gaulle ne se représenterait pas et qu’il serait le futur candidat héritier à l’élection présidentielle du 5 décembre 1965. Finalement, De Gaulle fut réélu le 19 décembre 1965 après un ballottage qui l’a traumatisé.

Première fois candidat aux législatives des 5 et 12 mars 1967, Georges Pompidou a montré son talent de débatteur en menant une campagne très combative et en affrontant publiquement François Mitterrand à Nevers le 22 février 1967 et Pierre Mendès France à Grenoble le 27 février 1967. Ce fut à ces élections qu’il chercha à contrôler l’appareil de l’UNR (l’ancêtre du RPR) en encourageant les candidatures de Jacques Chirac, Jean Charbonnel, Bernard Pons et Pierre Mazeaud. Le 26 novembre 1967, Pompidou avait d’ailleurs réussi sa conquête du parti gaulliste, ayant compris qu’il fallait être maître d’un parti pour gager une élection présidentielle.


Disgrâce

La confiance entre De Gaulle et Pompidou s’effrita au cours de la crise de mai 1968. Au contraire de De Gaulle dépassé et inquiet, Pompidou garda son calme, sut gérer l’apaisement et imposa sa sortie de crise par de nouvelles élections législatives les 23 et 30 juin 1968 qui retourna largement la situation en faveur des gaullistes. Comble de l’ingratitude, l’homme clef du triomphe électoral fut remercié par De Gaulle et écarté du pouvoir (« en réserve de la République »), peut-être pour gagner une nouvelle virginité avant l’élection présidentielle prévue pour 1971.

La dernière année de la Présidence de De Gaulle fut l’indépendance politique pour Pompidou qui n’hésita pas à troubler l’Élysée en s’affirmant comme l’héritier officiel. Le 17 février 1969, il déclara à Rome : « Je ne pense pas avoir d’avenir politique ; j’ai un passé politique ; j’aurai peut-être un jour, si Dieu le veut, un destin national. » ou encore : « Si le Général De Gaulle venait à se retirer, je me porterais candidat à sa succession. (…) Ce n’est, je crois, mystère pour personne (…) mais je ne suis pas du tout pressé. ».

De telles déclarations rassurèrent l’électorat gaulliste ne comprenant plus le nouveau référendum de De Gaulle du 27 avril 1969. Le "non" de Valéry Giscard d’Estaing (l’allié exigeant) et la solution de rechange avec l’éventualité de la candidature de Pompidou renforcèrent les partisans du non. Non à la réforme des régions et du Sénat et non à De Gaulle.


Élysée

Le 15 juin 1969, Georges Pompidou fut élu Président de la République avec 58,2% des voix contre Alain Poher (qui a assuré l’intérim avant et après son mandat). Il fut investi le 20 avril 1969 en s’inscrivant clairement dans le sillage du Général De Gaulle : « Mon devoir m’est tracé par son exemple, comme il m’est dicté par la confiance que m’a manifestée le pays. ». Bien qu’opposé à un centriste, Pompidou est parvenu à fédérer sur son nom des centristes qui créèrent le CDP (Centre démocratie et progrès) à l’instar de Bernard Stasi.

Il nomma naturellement Jacques Chaban-Delmas à Matignon dont le dynamisme et l’ambition personnelle l’agacèrent, ce qui alimenta la longue tradition historique du couple chaotique Président de la République/Premier Ministre sous la Ve République qui se termina, pour Pompidou, par la nomination de Pierre Messmer à Matignon le 5 juillet 1972.

Sous sa Présidence, Pompidou poursuivit sa politique industrielle en lançant de nouveaux investissements : en particulier le TGV, Airbus, le nucléaire (à la place de la filière gaz et charbon), les autoroutes. Il nuança la politique européenne de De Gaulle en rompant avec l’isolement diplomatique et en proposant l’adhésion du Royaume-Uni dans la Communauté Économique Européenne (Traité du 22 janvier 1972 ratifiée par le référendum du 23 avril 1972).

Il entreprit également un début de libéralisation de la télévision et de la radio en créant notamment trois chaînes de télévision au sein de l’ORTF.


Anticiper la France du futur



Pompidou visionnaire, il l’a été pour bien des sujets.

Le 28 février 1970, il prononça un discours remarqué sur l’environnement à Chicago. Certes, les préoccupations étaient plus d’ordre esthétique (les usines devaient être belles !) que réellement conscientes de la nécessité de protéger la nature (c’était l’époque du tout pétrole et du tout automobile).

Il l’a été bien évidemment dans les investissements industriels d’avenir pour les décennies qui l’ont suivi. C’était également le cas sur l’art contemporain où son intérêt et son ouverture pour l’art moderne favorisa sa démocratisation : « L’art moderne doit pouvoir être vu et connu du plus grand nombre. », ce qui a abouti à la création du Centre Beaubourg en plein centre de Paris.

Il créa également le 3 janvier 1973 les fonctions de Médiateur de la République, fonctions récemment élargies (et constitutionnalisées) par la réforme du 23 juillet 2008 en Défenseur des droits et pour lequel Dominique Baudis vient d’être nommé le 22 juin 2011.

Il échoua en revanche dans sa réforme du quinquennat qui avait pour objectif d’hyperprésidentialiser l’Élysée. Ses quatre successeurs ne se privèrent cependant pas, quinquennat ou pas, de rendre incontournable l’Élysée dans toutes les décisions politiques, même les plus dérisoires.

Symbole du bon vivant, au parler simple et à la voix rocailleuse, Georges Pompidou s’éteignit le 2 avril 1974 rongé par la maladie. Après lui, François Mitterrand a également fait cohabiter maladie et gestion des affaires de l’État. Selon l’entourage de Georges Pompidou (en particulier Marie-France Garaud le 12 avril 2011), Pompidou n’aurait jamais failli dans ses responsabilités d’État et la semaine précédent sa mort, il avait présidé le Conseil des ministres avec énergie et esprit.


Comprenne qui voudra !

Normalien épris de poésie (il publia une "Anthologie de la poésie française" en 1961), Georges Pompidou a fini sa première conférence de presse du 22 septembre 1969 en réagissant à une question du journaliste Jean-Michel Royer (RMC) sur le tragique suicide de Gabrielle Russier (le 1er septembre 1969, condamnée pour avoir aimé son élève) d’une manière très énigmatique :

« Je ne vous dirai pas tout ce que j'ai pensé sur cette affaire. Ni même d'ailleurs ce que j'ai fait. Quant à ce que j'ai ressenti, comme beaucoup, eh bien…
Comprenne qui voudra !
Moi, mon remords, ce fut
la victime raisonnable
au regard d'enfant perdue,
celle qui ressemble aux morts
qui sont morts pour être aimés.
C'est de l'Éluard.
Mesdames et Messieurs, je vous remercie. »

Ces vers de Paul Éluard avait été publiés le 2 décembre 1944 en mémoire aux femmes tondues (« Je revois des idiotes lamentables tremblant de peur sous les rires de la foule. Elles n'avaient pas vendu la France, et elles n'avaient souvent rien vendu du tout. Elles ne firent, en tous cas, de morale à personne. »).

Le texte d’origine était le suivant :

« Comprenne qui voudra
Moi mon remords ce fut
La malheureuse qui resta
Sur le pavé
La victime raisonnable
À la robe déchirée
Au regard d'enfant perdue
Découronnée défigurée
Celle qui ressemble aux morts
Qui sont morts pour être aimés

Une fille faite pour un bouquet
Et couverte
Du noir crachat des ténèbres

Une fille galante
Comme une aurore de premier mai
La plus aimable bête

Souillée et qui n'a pas compris
Qu'elle est souillée
Une bête prise au piège
Des amateurs de beauté

Et ma mère la femme
Voudrait bien dorloter
Cette image idéale
De son malheur sur terre. »


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (5 juillet 2011)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Hommage de Nicolas Sarkozy à Pompidou du 22 juin 2011.
De Gaulle.

Alain Poher.

Jacques Chaban-Delmas.

Pierre Messmer.

Conférence de presse du 22 septembre 1969 (INA).

Biographie officielle sur le site de l’Élysée.


 

Documents joints à cet article

Georges Pompidou, héritier et visionnaire Georges Pompidou, héritier et visionnaire Georges Pompidou, héritier et visionnaire



par Sylvain Rakotoarison (son site) mardi 5 juillet 2011 - 90 réactions
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  • Par .jk. (---.---.---.160) 5 juillet 2011 09:38

    un arriviste servant les intérêts des Rothschild !

    loi de 1973 : privatisation de la monnaie au bénéfice des banksters !

  • Par sisyphe (---.---.---.90) 5 juillet 2011 11:00
    sisyphe

    La Loi n°73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France (aussi appelée loi Pompidou-Giscard du 3 janvier 1973, et parfois, péjorativement, loi Rothschild, allusion au fait que Pompidou fut directeur général de la Banque Rothschild), est une loi votée en France sous l’impulsion deValéry Giscard d’Estaing, alors ministre de l’Économie et des Finances, sous la présidence deGeorges Pompidou.

    L’article 25 de cette loi est le suivant : « Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France. »

    Cet article a également été repris par l’article 104 du traité de Maastricht et par l’article 123 du traité de Lisbonne.


    Rappel  : Les banquiers placent des hommes au cœur des Etats et privatisent la création monétaire. George Pompidou était banquier avant d’être président, il travailla au sein du gouvernement français et continua plusieurs années à travailler au service de la banque Rotschild (1954 à 1958 et de 1959 à 1962). On imagine aisément les conflits d’intérêts résultant de ce double emploi et ayant pour point culminant la loi Pompidou giscard qui redonne le droit aux banques privées de prêter à l’état français. La France redevient donc à nouveau sous l’emprise financière des banquiers.

    La loi en bref : L’état français est obligé d’emprunter aux banques privés à des taux souvent très supérieurs à ce que la banque de France proposait. Le contribuable français paye donc ces intérêts aux banques via les impôts, c’est ce qui pourrait s’appeler une taxe bancaire déguisée ...
    Cette loi a été passée sous silence lors de son vote le 3 janvier 1973, c’est seulement en 2010 que quelques courageux politiques osent la critiquer ouvertement ainsi que l’omerta qui l’entoure. La loi Pompidou-Giscard serait aussi à l’origine de la dette des états qui n’a cesser de croitre à partir de cette date, la corrélation est plus que troublante ...

    Héritier des banques, et visionnaire, pour instaurer la dictature des mafias financières, c’est sûr ! 

    Trop fort, l’article, qui passe carrément ce point capital de la présidence Pompidou sous silence.... 

    C’est que Monsieur Rakotoharrison a des engagements ... 
  • Par Alpo47 (---.---.---.18) 5 juillet 2011 11:34
    Alpo47

    Les « années grasses » ne sont pas dues à G.Pompidou, plutôt à la conjoncture internationale. Comme d’autres commentateurs le soulignent, je trouve étonnant de rédiger ce texte très, très complaisant vis à vis de M.Pompidou, en oubliant le pire de cette période : le fait d’avoir « vendu » la France au monde de la finance internationale.

    Des études de l’INSEE ont démontré que si le pays avait continué d’utiliser l’ancien système qui permettait à l’Etat de créer sa propre monnaie, les comptes actuels seraient équilibrés, sinon dans le vert. La plus grande partie de notre endettement actuel est due à la loi Pompidou-Giscard (ne l’oublions pas celui là).
     Notre pays est de plus en plus soumis au diktat des banques prêteuses. Est ce que ce n’est pas important ?

    On peut donc s’étonner d’une analyse aussi superficielle. Désinformation ?

  • Par sisyphe (---.---.---.90) 5 juillet 2011 11:07
    sisyphe

    De plus ... 


    Cette loi modifie l’organisation de la Banque de France et affaiblit les droits du Trésor Public par rapport à celle-ci. L’article 25 interdit en effet au Trésor Public d’emprunter directement à la Banque de France à un taux d’intérêt faible ou nul (par création monétaire), comme il en avait jusqu’alors le droit1. Cet article prévoit : « Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France »1. Les gouvernements français devront dès lors trouver d’autres sources de financement, principalement en empruntant à des taux d’intérêts plus élevés aux banques privées ou encore par des emprunts nationaux.

    Un emprunt national sera d’ailleurs émis juste après la création de cette loi. En 1973, Valéry Giscard d’Estaing met en place l’Emprunt Giscard, emprunt national à un taux d’intérêt de 7% qui sera particulièrement coûteux pour la France2,3,4,5,6,7 puisque pour 7,5 milliards de francs emprunté pour 15 ans, l’état dut rembourser (en intérêts et capital) plus de 90 milliards de francs.


    Une excellente façon de livrer l’état pieds et poings liés aux banques privées. 

    Merci qui ? 

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