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Accueil du site > Actualités > Politique > Jacques Chaban-Delmas, un héros national (1)

Jacques Chaban-Delmas, un héros national (1)

Des sourcils épais, une voix nasillarde, un dynamisme d’action et de réflexion : « Croire en l’homme et préférer cette croyance aux fascinations du progrès, de l’argent, de la science ou de la technique (…). Croire en l’homme, le respecter et lui faire confiance. » (1993). Première partie.

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Après le 9 novembre, le 10 novembre… Après De Gaulle, l’un de ses plus fidèles soutiens.

L’Assemblée Nationale et, en quelques sortes, la République française, honorent ce 10 novembre 2010 une personnalité politique exceptionnelle qui a marqué les deux dernières Républiques : Jacques Chaban-Delmas, qui a disparu à 85 ans il y a exactement dix ans d’une crise cardiaque à son domicile parisien et dont les funérailles présidées par le Président Jacques Chirac ont été célébrées le 14 novembre 2000 aux Invalides.

Jacques Chaban-Delmas est un véritable personnage de roman, maniant aussi bien ses talents physiques (militaire, rugbyman, champion de tennis, séducteur) que ses talents intellectuels (haut fonctionnaire, organisateur de la Résistance, homme politique, maire, ministre, parlementaire). Tellement romanesque qu’il était déjà le héros incarné par Alain Delon en 1966 dans le film "Paris brûle-t-il ?" réalisé par René Clément.

Enfant précoce de la République, il était connu pour franchir quatre à quatre non seulement les marches des palais nationaux mais également les étapes pour atteindre le pouvoir. Il ne connut qu’un seul échec, le plus retentissant : l’Élysée.


Précoce car général de brigade à 29 ans, député à 31 ans, ministre à 39 ans et Président de l’Assemblée Nationale à 43 ans.

Précoce et aussi d’une longévité particulière : quarante-sept ans député (élu quatorze fois) dont presque seize ans au perchoir (le record historique, dépassant même Édouard Herriot), quarante-huit ans maire de Bordeaux, cinq fois ministre dont trois ans à Matignon et une candidature malheureuse à l’élection présidentielle en 1974.

Résistant et haut fonctionnaire

Né le 7 mars 1915 à Paris d’une famille bourgeoise dont le père fut membre du conseil d’administration des Automobiles Delahaye, Jacques Delmas fut journaliste stagiaire pendant ses études de droit et d’économie (il épousa la fille de son employeur). Il a suivi ses études notamment à l’École libre des sciences politiques, futur Science Po Paris (1937) comme Michel Debré et Jean-Marcel Jeanneney (ce dernier un an plus tôt).

Il partit pour son service militaire un an avant le début de la Seconde guerre mondiale (en juin 1938 au 37e RI à Bitche). Il devint major de Saint-Cyr en mars 1939 et fut mobilisé en septembre 1939 au 75e Bataillon alpin de forteresse. Démobilisé le 3 août 1940, il ne parvint pas à gagner Londres. Il se rendit finalement à Paris en décembre 1940 et s’engagea dans la Résistance d’abord sous le nom de Lakanal, en souvenir de son lycée à Sceaux, puis, à partir d’octobre 1943, sous le nom de Chaban (qu’il accola après la guerre à son patronyme) pour faire du renseignement sur la mise à disposition de l’industrie française aux Allemands.

Parallèlement à ses activités clandestines, il poursuivait sa vie professionnelle, d’abord en étant attaché au Ministère de la Production industrielle en juin 1941 (en contractuel), puis en préparant et en réussissant en mars 1943 le concours de l’Inspection des finances. Un poste de haut fonctionnaire qui lui a apporté une bonne couverture et qui lui a permis, en début 1944, de fonder et d’intégrer le comité de financement intérieur de la Résistance aux côtés de Michel Debré et de Félix Gaillard (lui aussi de l’Inspection des finances). Il fit également partie de la délégation militaire du Gouvernement provisoire.

En mai 1944, les responsabilités de Jacques Chaban-Delmas dans la Résistance étaient stratégiques : « Chaban-Delmas se tenait au centre de tout. Perspicace et habile, ayant seul les moyens de communiquer avec l’extérieur, il contrôlait les propositions et, moyennant de longues et rudes palabres, contiendrait les impulsion du CNR et des comités » écrivait De Gaulle dans ses "Mémoires de guerre". En effet, responsable de la coordination militaire sur tout le territoire, il était le lien entre les FFI et le Haut commandement interallié auprès de Pierre Koenig (futur ministre).

Le 15 juin 1944, il fut promu général de brigade à 29 ans, le plus jeune des généraux depuis deux siècles (Napoléon Bonaparte le fut à 26 ans).

Après être allé à Londres le 13 août 1944, il regagna Paris en vélo le 16 août 1944, participa très activement à libérer la capitale et accueillit à Arpajon le 24 août 1944 le général Philippe Leclerc.

Le 25 août 1944, il accompagna donc Leclerc à la Libération de Paris et rencontra pour la première fois De Gaulle à la gare Montparnasse à seize heures quinze. Chaban-Delmas raconta cet instant émouvant de sa vie : « Je n’avais jamais vu De Gaulle… On est à la gare Montparnasse, état-major de campagne de Leclerc. Tout d’un coup, un gars arrive de derrière les guichets : "Le Général De Gaulle !" (…). À ce moment, le Général me toise de haut en bas. Un silence se fait ; ça dure des secondes, autant dire une éternité… Je vois alors passer dans le regard du Général une succession de sentiments. D’abord, la surprise. Et puis, la prise de conscience et la rogne, la colère. Comment a-t-on pu faire nommer, promouvoir ce gamin ? Et puis, un attendrissement extraordinaire, au point que son regard s’est embué. Il s’était bien passé dix secondes. Alors, il m’a tendu la main, a pris la mienne et l’a gardée longtemps dans la sienne. Et il m’a dit : "C’est bien, Chaban !". Moi, j’étais récompensé. ».

En novembre 1944, il fut nommé par le Ministre de la Guerre André Diethelm à son cabinet pour une mission d’inspection de l’armée (chef de l’Inspection générale de l’armée), puis fut affecté en tant qu’inspecteur des finances dans le civil en août 1945, nommé secrétaire général du Ministère de l’Information (auprès de Jacques Soustelle puis d’André Malraux). Fonctionnaire "insoumis", il quitta le ministère début 1946 en désaccord avec la politique sur la presse sous l’Occupation et démissionna.

Élu de la République… et de Bordeaux

C’est assez naturellement qu’il décida de prendre une trajectoire politique et choisit Bordeaux comme lieu de parachutage.

Bordeaux avait beaucoup subi la collaboration sous l’Occupation et ses habitants étaient heureux de "s’offrir" à un jeune général résistant plein d’envergure. Son ami résistant Maurice Bourgès-Maunoury, radical et futur Président du Conseil, fut nommé commissaire de la République à Bordeaux en 1945 (Bourgès-Maunoury s’opposa par la suite au retour de De Gaulle et fut "balayé" par la Ve République).

Jacques Chaban-Delmas se fit élire pour la première fois député de Bordeaux le 10 novembre 1946 sous l’étiquette radicale. Le 17 juin 1951, il réussit à préserver la double étiquette radicale (RGR) et gaulliste (RPF) en gagnant contre Henri Teitgen (MRP), père de Pierre-Henri Teitgen, ministre MRP de 1944 à 1950, mais les partis refusant la double appartenance, il a dû choisir le camp gaulliste au même titre que beaucoup d’élus MRP issus de la Résistance (dont Maurice Schumann et Edmond Michelet) ont dû choisir le gaullisme. Il fut, en 1996, le plus ancien député avec Raymond Marcellin à avoir été élu depuis 1946 (sans arrêt réélu jusqu’à la dissolution de 1997).

Le 26 octobre 1947, Jacques Chaban-Delmas fut élu maire de Bordeaux. Il fut réélu sans arrêt jusqu’en juin 1995 : il présida son dernier conseil municipal au Palais Rohan le 5 mai 1995 et laissa la mairie le 18 juin 1995 à Alain Juppé, alors Premier Ministre.

Député-maire de Bordeaux est le double mandat local très durable qui en fit le "duc d’Aquitaine". Il présida également le Conseil régional d’Aquitaine de janvier 1974 à mars 1979 et de mars 1985 à juin 1988) ainsi que la Communauté urbaine de Bordeaux (janvier 1967 à mars 1977 puis mars 1983 à juin 1995).

Ministre sous la IVe République


Sous la IVe République, Jacques Chaban-Delmas a eu une attitude ambivalente : favorable au retour au pouvoir de De Gaulle et partisan d’une révision constitutionnelle (notamment dans une intervention le 28 octobre 1947), il a pourtant accepté de participer pleinement aux saveurs et délices de la vie politique en soutenant entre autres le gouvernement de Georges Bidault (MRP) le 27 octobre 1949 puis en participant aux responsabilités gouvernementales.

Le 23 juin 1948, Jacques Chaban-Delmas avait contesté l’intrusion de la politique dans la gestion des affaires publiques à l’occasion de la discussion sur le statut de la SNCEMA (futur Safran).

Il s’opposa à la ratification de la CECA le 13 décembre 1951 et à la manière de construire l’Europe (il aurait préféré des négociations globales) mais le 27 novembre 1951, il est parvenu cependant à ne pas renverser le gouvernement de Joseph Laniel malgré l’opposition de son groupe à la CED. Son groupe, c’était ceux des républicains sociaux (Union républicaine d’action sociale) qu’il présida de 1953 à 1956 et qui regroupait les députés issus du RPF.

Jacques Chaban-Delmas entra au gouvernement de Pierre Mendès France (radical) le 19 juin 1954 comme Ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme. Il en démissionna le 14 août 1954 pour signifier son opposition à la CED mais après l’échec de celle-ci le 30 août 1954, retourna au gouvernement dès le 3 septembre 1954 aux Travaux publics, au Logement et à la Reconstruction jusqu’au renversement de Pierre Mendès France le 23 février 1955.

Le 13 octobre 1955, il précipita la chute du gouvernement d’Edgar Faure (radical) sur la question algérienne, voulant une intégration des populations musulmanes dans la communauté nationale. Ce renversement entraîna la dissolution de l’Assemblée Nationale et la constitution d’un Front républicain auquel participèrent Pierre Mendès France, François Mitterrand et Jacques Chaban-Delmas.

Le succès de cette coalition eut pour conséquence la constitution du gouvernement de Guy Mollet (secrétaire général de la SFIO, principal parti de la coalition) et la nomination de Jacques Chaban-Delmas comme Ministre d’État du 21 février 1956 au 13 juin 1957.

Régionaliste et partisan de la construction européenne, Jacques Chaban-Delmas a fondé et présidé du 12 janvier 1957 au 24 janvier 1960 ce qui allait devenir le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de l’Europe, l’un des organes du Conseil de l’Europe.

Il est revenu ensuite le 6 novembre 1957 dans le gouvernement de son ami Félix Gaillard (radical) comme Ministre de la Défense et des Forces armées jusqu’à la fameuse crise du 13 mai 1958. Il finalisa la décision de fabriquer la première bombe nucléaire française donnant à la France son statut de puissance nucléaire.

Le 10 mai 1958, peu avant le renversement du gouvernement, il inaugura à Philippeville (en Algérie) le Centre d’enseignement à la guerre subversive que dirigea le général Marcel Bigeard que Chaban-Delmas considérait dans "Mémoires pour demain" (1997) comme « l’homme qu’il fallait pour faire subir aux officiers subalternes un véritable électrochoc psychologique qui changerait à jamais leur façon d’envisager les choses ». Ce centre a été notamment au cœur de la polémique sur la torture en Algérie en raison de son programme d’enseignement.

Pourtant partisan du retour au pouvoir de De Gaulle, Jacques Chaban-Delmas ne fut pas ministre dans le dernier gouvernement de la IVe République dirigé par De Gaulle. Il créa et organisa l’un des mouvements politiques à l’origine de la future UNR.

Au perchoir de la Ve République

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Le 9 décembre 1958, une fois la nouvelle Constitution de la Ve République ratifiée et promulguée et les nouveaux députés élus, la première séance de la nouvelle législature fut présidée par le doyen d’âge, le chanoine Félix Kir en présence de Charles De Gaulle, Président du Conseil. Jacques Chaban-Delmas se présenta contre Paul Reynaud à la Présidence de l’Assemblée Nationale. Paul Reynaud venait de présider le Comité consultatif constitutionnel en août 1958 et il avait dirigé le gouvernement en mai 1940 en y ayant nommé De Gaulle.

Au premier tour, Chaban-Delmas recueillit 259 voix contre 168 à Paul Reynaud (indépendant) et 89 à Max Lejeune (SFIO). Au second tour, il fut élu au perchoir avec 355 voix contre 132 à Max Lejeune (Paul Reynaud s’étant désisté).

Jacques Chaban-Delmas commença sa présidence par une allocution, deux jours après son élection, où il entendait préserver le lien entre la représentation nationale et le peuple : « L’Assemblée dans son ensemble, comme chacun de vous, mes chers collègues, en particulier, devra veiller à conserver le contact avec les réalités nationales, régionales et locales et faire percevoir clairement l’accomplissement de sa mission, en un mot, obtenir et conserver l’estime de l’opinion publique sans laquelle le régime parlementaire, et, avec lui, la Ve République, seraient assurément promis à leur perte. À cet égard et sans que les partis politiques aient à disparaître, car ils ont à jouer un rôle nécessaire mais sans rapport avec le précédent, rien ne doit rappeler le trop fameux "régime des partis" et nous devons être les premiers à en fournir la preuve. De nombreux sujets essentiels sont, en effet, à placer au-dessus des rivalités et des querelles tant de partis que de personnes et les autres sujets doivent voir s’établir entre la majorité et l’opposition des rapports constructifs échappant aux délimitations trop rigides et stériles. ».

Pendant les deux mandats présidentiels de De Gaulle, Jacques Chaban-Delmas resta constamment réélu au perchoir (en 1962, en 1967 et en 1968), prenant la position d’un observateur un peu éloigné des responsabilités politiques mais conscient d’être un acteur essentiel des nouvelles institutions.

En 1967, il réforma le règlement de l’Assemblée Nationale pour donner aux présidents des groupes politiques un rôle primordial dans la définition de l’ordre du jour. Par ailleurs, en 1969, Chaban-Delmas voulait que chaque député puisse bénéficier d’un bureau personnel, projet qui fut finalisé en 1974 après l’acquisition du bâtiment du 101 rue de l’Université.

Le 3 avril 1978, Jacques Chaban-Delmas est parvenu à retrouver le perchoir qu’il avait abandonné le 20 juin 1969. Il était confronté à une rivalité avec le Président de l’Assemblée Nationale sortant, Edgar Faure, autre radical gaulliste. Edgar Faure était alors soutenu par Jacques Chirac, devenu président du RPR et menant la vie difficile au gouvernement de Raymond Barre tandis que Jacques Chaban-Delmas avait le soutien de l’UDF et de Valéry Giscard d’Estaing.

Dans un allocution de fin de session (qui serait aussi celle de fin de législature), le 17 décembre 1980, Jacques Chaban-Delmas insistait encore sur l’importance des parlementaires : « Il faut que le Parlement redevienne le centre du débat national (…). Que notre Assemblée ne devienne pas une chambre d’enregistrement, ainsi que j’en formulais le vœu il y a près de vingt ans ici même. ».

Après la dissolution de l’Assemblée Nationale décidée le 22 mai 1981 par le Président François Mitterrand nouvellement élu, l’Assemblée a fait l’expérience de l’alternance par le passage à une large majorité socialiste.

C’est à la suite du retour d’une majorité UDF-RPR aux élections législatives du 16 mars 1986 que le 2 avril 1986, Jacques Chaban-Delmas fut élu pour la sixième fois Président de l’Assemblée Nationale jusqu’à la dissolution du 14 mai 1988. L’une de ses dernières interventions en tant que Président de l’Assemblée Nationale a été de proposer le 2 avril 1988 une minute de silence en signe de deuil à l’annonce du décès de son prédécesseur et successeur, Edgar Faure (et de l’ancien ministre Joseph Franceschi).

Il a ainsi occupé le perchoir pendant quinze ans et huit mois où il a su montrer sa ferme autorité et sa conviviale diplomatie.

Dans "L’Ardeur" (1975), il expliquait ainsi ses prérogatives : « Le fauteuil du président est un tonneau de vigie, d’où l’on peut voir se lever les tempêtes (…). Au perchoir, je suis absorbé par la nécessité d’anticiper l’événement. Il faut sentir ce qui va se passer. Cela suppose une bonne connaissance des dossiers et des hommes. ».

Le 20 juin 1969, Jacques Chaban-Delmas fut nommé Premier Ministre par Georges Pompidou nouvellement élu Président de la République contre Alain Poher. Ce sera l’objet de la seconde partie de cet article.

Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (10 novembre 2010)
http://www.rakotoarison.eu

Pour aller plus loin :

Le gaullisme après De Gaulle.
Radioscopie du 21 octobre 1975.

La plupart des informations de cet article proviennent du fond de documentation de l’Assemblée Nationale sur Jacques Chaban-Delmas accessible ici.


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3 réactions à cet article    


  • Michel Maugis Michel Maugis 10 novembre 2010 13:45

    Mon meilleur souvenir de Chaban.

    Il préside la Chambre des Députés en 1968.

    Un député communiste interrompt un député de droite.

    Chaban : « Taisez vous, vous n´êtes que le représentant du peuple, et vous n´avez pas la parole. »

    fou rire unanime sur tout les bancs


    • perlseb 10 novembre 2010 21:41

      Chaban, un politique payé par l’état mais qui ne voulait pas payer d’impôts. Bref, une raclure.


      • thaumaetopea 11 novembre 2010 02:21

        Je revois toujours ce grand résistant de la dernière heure à une émission des dossiers de l’écran sur l’affiche rouge, prendre les patins d’un représentant de la résistance communiste quand Méliné Manouchian accusait le parti d’avoir balancé les 23 à la gestapo ! Triste sire... hélas la vérité ne se fait pas toujours sur les tombes !

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