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Accueil du site > Actualités > Politique > L’ère numérique de la démocratie se lève

L’ère numérique de la démocratie se lève

Internet va-t-il infléchir à la marge notre système politique ou le bouleverser ? Depuis 20 ans, les réseaux sociaux ont modifié beaucoup d'aspects de la vie en société, mais pour l'instant aucune modification sensible n'a fait surface sur le plan politique. Malgré les effets sur le commerce, sur les banques et un grand nombre d'éléments sociaux, les effets sociétaux d'internet semblent s'être arrêtés à la porte des institutions publiques. Ce long calme plat est trompeur, une génération politique radicalement nouvelle et audacieuse émerge.

Pia Mancini Dans la politique mainstream, on hésite. « Facebook, Twitter, ça donne la parole à tout le monde alors que la parole doit se mériter » voilà pour le déni, signé ces derniers jours par Nicolas Sarkosy. Parallèlement, le Gouvernement a ouvert le 26 septembre 2015, pour la première fois, l'élaboration d'un projet de loi aux citoyens, celui de la République Numérique.

Sur les marges, la contestation privée de couverture médiatique s'est développée sur Internet. En France, Etienne Chouard est depuis 10 ans le symbole de cette percée. Après la contestation du Traité Constitutionnel Européen, le militant embraye sur une mise en cause radicale de la démocratie représentative, invite à réécrire la constitution et à utiliser la diffusion virale de cette contestation avec les gentils virus. Son idée phare : la constitution sert à limiter le pouvoir des gouvernants, elle doit être écrite par les citoyens et surtout pas par ceux ont le pouvoir et qui écrive la constitution pour eux et pour conserver leur pouvoir.

Pendant ce temps là, les pétitions en ligne font leurs preuves, avec Avaaz et Change.org, la presse internet fait son chemin avec la conversion web des grands titres de la presse quotidienne et hebdomadaire, et le pur player Médiapart dépasse les 100 000 abonnés. Le M6R est le premier mouvement hybride issue autant de la militance traditionnelle que de l'usage des réseaux sociaux. Elise Lucet franchit le rubicond du journalisme classique et utilise change.org pour lutter contre la directive européenne « secret des affaires », elle réunit plus de 300 000 signatures en moins de deux semaines.

Les nouveaux activistes de la démocratie ne sont pas canalisés par les partis

Depuis quelques mois fleurit une nouvelle génération, jeune et radicale, qui entend intervenir dans le champ politique avec les outils internet. Ces militants nouvelles techno natifs sont doublement radicaux, aussi critiques vis à vis de la démocratie représentative que sur le plan des méthodes d'expression politique. Les technophiles de Démocratie ouvertedemocratech, democracyOS#MaVoix, démocratie réelle, open source politics, ouishare arrivent en meute. Ils sont peu investis au niveau du positionnement sur l'axe traditionnel droite gauche, parfois liés aux écologistes ils portent une vision globale de la politique. Très symbolique de cette mouvance, la remarquable conférence Tedx de Pia Mancini, disponible en 28 langues sous-titrées, donne parfaitement le ton. Cette jeune trentenaire argentine formule en quart d'heure une tribune percutante et ciselée. Avec plus de 1 000 000 de vues en un an, la conférence s'est transformée en lancement mondial d'une nouvelle forme d'activisme politique pour la démocratie.

Il est en train de se passer quelque chose. Cette nouvelle génération est libérée de la culture militante canalisée par les partis politiques, elle a la foi, elle est unie pour contester les institutions publiques représentatives au nom d'une relecture fondamentale de la démocratie.

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Lawrence Lessig, une candidature démocrate très particulière

Cette génération apparemment spontanée a été mise en culture en réalité depuis une bonne quinzaine d'années. L'un des pères de cette nouvelle génération est actuellement candidat à la primaire du parti démocrate aux États-Unis, il s'appelle Lawrence Lessig. Il est professeur à Harvard, et surtout il est connu des geeks du monde entier comme fondateur de creative commons. Dans la présidentielle américaine, il casse les codes habituels de ce type de campagne et oriente exclusivement son propos sur la corruption et le financement politique. Lessig cite à l'envie la phrase d'un homme politique américain corrompu du XIXème siècle, William Tweed : « je me moque de qui vote, tant que je peux choisir qui se présente ».

William Tweed

La campagne de Lessig est pleinement en phase avec une nouvelle position intellectuelle qui a pris corps en Europe ces dernières années, et singulièrement dans la science politique francophone, sur la thématique de la dissociation de la procédure électorale avec la légitimité démocratique. Non seulement l'élection n'est pas propre à la démocratie, mais elle serait au contraire significative d'un mode de sélection aristocratique ou oligarchique des dirigeants politiques, voilà ce que l'on a pu lire ces dernières années sous la plume notamment de trois universitaires : Olivier Chistin, Loïc Blondiaux et Francis Dupuis-Péri.

Le glas des élus prescripteurs et un rôle réel pour les citoyens

Cette nouvelle histoire d'un malentendu au sujet de la démocratie est en rupture avec le roman de la démocratie arrivée par la Révolution française qui prévaut depuis deux siècles. Cette rupture fait partie intégrante du background de culture politique de la génération émergente d'activistes de la démocratie. « Nous sommes de ceux qui n'arrivent plus à aller voter la tête haute », voilà les premières paroles de la vidéo de #Ma-Voix. Démocratech, sur les pas de Pia Mancini, invente une procédure pour combiner tirage au sort et mandat impératif. Franchement, tous ceux qui pensent que la répartition des voix entre partis politiques est la seule façon de penser les rapports de force politiques risquent d'avoir quelques surprises dans les années qui viennent.

Dans ce mouvement, on trouve par exemple Quitterie de Villepin, ancienne collaboratrice de F. Bayrou, qui a renoncé il y a quelques années à un poste de députée européenne au nom du principe suivant cher à Gandhi : vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde. Ces activistes sont quasiment tous encore des inconnus, plusieurs groupes se sont constitués par dizaines et centaines très rapidement ces derniers mois, ils ont la foi, ils arrivent avec l'intention de renverser la politique du vieux monde.

Cette génération n'est pas spontanée, elle travaille depuis longtemps dans ses laboratoires que les médias n'ont pas encore identifiés. Dans un article remarquable sur les difficultés des élus locaux à mener une action par rapport à l'économie collaborative, quelques membres d'un groupe brestois expliquent que « les acteurs publics doivent avant tout changer de posture : plutôt que d’être « prescripteurs », ils doivent devenir « animateurs » ; passer d’une culture du secret et des logiques de pouvoir à une plus grande transparence, une confiance et un soutien envers la créativité entrepreneuriale et citoyenne ». Ainsi les élus gestionnaires et patrons d'administration pourraient voir le sol politique se dérober sous leurs pieds.

Je me souviens du congrès d'un parti politique au début des années 80, l'une des questions importantes en débat est alors le rôle des militants, à quoi servent-ils ? Ce parti autogestionnaire (le PSU) va prendre en 1985 une décision rarissime dans le monde politique : s'auto-dissoudre ! Une nouvelle perspective est en train d'apparaître aujourd'hui. Je ne sais combien de temps il lui faudra vraiment pour éclore, mais perspective met fin à une longue et désespérante nuit où l'engagement politique était réduit à la vacuité protestataire. Un rôle réel aux citoyens est dévolu aux citoyens.

Rien aujourd'hui n'est encore gagné, nous allons entrer dans de nouvelles incertitudes, dans de nouveaux combats, des fureurs, des peurs et des ouvertures inédites. N'est-ce pas les contradictions que nous vivons déjà depuis plusieurs mois en France avec les lois renseignement et république numérique présentées par... le même gouvernement ! L'espérance et la crainte, la folie régressive et le désir, c'est la vie. Vous pensiez il y a encore quelques instants que la vie politique était inaccessible, morte pour le citoyen : c'est faux, l'ère numérique de la démocratie se lève.


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43 réactions à cet article    


  • JL JL 9 octobre 2015 10:00

    Bonjour Céline Ertalif,


     merci pour ces liens que je ne manquerai pas de consulter.

    L’Internet est un instrument mondialiste qui se moque des frontières. A ce titre, il n’est pas forcément le meilleur outil pour la démocratie, laquelle se porte mieux quand elle se limite à une communauté d’intérêts mais n’a plus aucun sens dès lors que tout est dans tout, tous sont contre tous, comme c’est le cas dans le monde libéral.

    Et c’est pourquoi je pose la question : quelles institutions faudrait-il imaginer pour le futur ?

    • Céline Ertalif Céline Ertalif 9 octobre 2015 10:49

      @JL Internet est un instrument qui permet de prendre la parole, ce n’est cependant pas si facile que cela de la faire entendre. Cela dit, Sarkosy dit bien que cela gêne déjà ceux qui en disposaient tout seul et de droit avec les medias du 20ème siècle par leur position institutionnelle.


      Sur le fond de ta question, je constate qu’avant de faire des propositions institutionnelles, il faut mettre en oeuvre des collaborations communautaires. Sans dénier ni les intentions ni les mérites d’Étienne Chouard, je constate qu’il est l’héritier de la sphère militante très imprégnée de culture protestataire. Et je vois que les groupes locaux qui savent développer une culture sociale collaborative construisent une pensée plus opérationnelle et pas moins politique.

      Au fond, je pense qu’on se tourne aisément vers le « penser global » alors que pour construire le futur dans un sens démocratique, il faut surtout trouver les méthodes pour « agir local » ou sectoriellement. Je peux citer le mouvement colibris qui va dans cette direction ou encore ce que fait http://www.a-brest.net/. Le dernier lien dans l’article ci-dessus vient d’ailleurs de Brestois qui expliquent précisément les difficultés des élus locaux à mener une action par rapport à l’économie collaborative. Je le redonne. On y voit parfaitement que la réflexion de ces acteurs du développement collaboratif a quitté les rives de l’incantation pour atteindre celles de l’action.

    • JL JL 9 octobre 2015 11:30

      @Céline Ertalif
       

      merci pour ta réponse très pertinente que je perçois autour de ce principe : penser global, agir local. C’est tout à fait ça en effet. 

      Mais pendant ce temps-là, nous n’échappons pas aux forces qui sont dans l’agir global, et qui nous impactent méchamment.



    • L'enfoiré L’enfoiré 9 octobre 2015 19:30

      @Céline Ertalif bonsoir, 


      « Internet est un instrument qui permet de prendre la parole »

      Et cela pourrait aller jusqu’au vote électronique dans son fauteuil à la maison avec tous les outils de recherche à disposition...
      Un peu de sécurité d’emploi à ajouter bien entendu.
       

    • JL JL 10 octobre 2015 09:27

      @L’enfoiré
      ,


      pour paraphraser quelqu’un, je dirais : peu importe ce que les gens répondent, pourvu que je sois celui qui pose les questions.

      Je ne vois pas ce que les votes électroniques ta mère nous apporteraient de plus. Au contraire, je vois bien ce qu’ils nous apporteraient de négatif. Et c’est un vaste débat.

    • L'enfoiré L’enfoiré 10 octobre 2015 15:56

      @JL,


       C’était exactement ce que je voulais créé : le débat.
       Ce qui entoure le numérique, avec ses bons et ses mauvais côtés, je le connais tellement bien que cela fait un peu réchauffé pour moi. 
       Si t’as pas pigé cela, alors c’est que tu ne mes connais pas, JL smiley 

    • Iren-Nao 12 octobre 2015 06:01

      @JL
      Le vote électronique ta mère. Ça me fait terriblement penser a VW.
      Tres vite, mais sans doute déjà, tous ces réseaux électroniques se retrouveront dans des mains expertes, et sans doute fort puissantes.
      Mais je suis un vieux chnoque.
      Iren-Nao


    • JL JL 12 octobre 2015 09:28

      @Iren-Nao
       

       j’avais lu un jour un article qui traitait de la question du succès commercial des ordinateurs fondés sur la logique binaire.

      L’auteur y écrivait que l’ordinateur est avant tout un outil de pouvoir, et le pouvoir entretient une relation privilégiée avec la logique binaire : l’indécision est la bête noire du pouvoir, ceci expliquant cela.




    • César Castique César Castique 9 octobre 2015 10:46

      « Pendant ce temps là, les pétitions en ligne font leurs preuves... »


      Pourriez-vous nous en indiquer quelques-unes, disons quatre ou cinq, ayant débouché sur quelque chose de concret. Celles que j’ai suivies jusqu’à présent, se sont toutes ensablées dans l’indifférence générale.


      • Céline Ertalif Céline Ertalif 9 octobre 2015 11:00

        @César Castique C’est le cas de la pétition de l’article d’Élise Lucet citée dans l’article, qui a beaucoup freiné les ardeurs des politiques ! En fait, les chats sont rarement tout blanc ou tout noir, voir ce que dit un article du Monde à ce sujet qui a à peu près un an. 




      • César Castique César Castique 9 octobre 2015 18:01

        @Céline Ertalif


        L’article du « Monde » confirme mes observations... et mon scepticisme. La pétition d’Elise Lucet aussi : elle aurait beaucoup freiné l’ardeur des politiques. Je trouve ça léger, pour faire dans l’euphémisme.

        Je vais juste vous entretenir d’un cas, parmi ceux qui ont retenu mon attention :


        En mars de cette année, un avocat californien lançait un référendum prévoyant, pour des raisons bibliques - je simplifie - la peine de mort pour les sodomites, provoquant l’émoi des milieux invertis américains. Ils ont donc lancé une pétition demandant la radiation de Matthew McLaughlin, c’est le nom de l’avocat, du barreau californien. 


        En trois semaines, elle n’avait réuni que 75’000 signature, dans un pays de 320 millions d’habitants où tout indique les LGTB sont particulièrement structurés et organisés. Mais elle court toujours, et ce matin même, à 10h30, elle n’en était qu’à 145’494 signatures. Un bide, donc, et sur un thème qu’on aurait croire des plus sensibles et des plus mobilisateurs pour la communauté homosexuelle.


        Voilà, voilà, voilà...


      • Daniel Roux Daniel Roux 9 octobre 2015 10:55

        Bonjour Céline,

        Ce que vous décrivez est formidable.

        Cependant, l’histoire nous montre que le pouvoir ne se partage pas et que ceux qui le détiennent ne se laisseront pas quitte à faire donner la poudre tel Thiers face à la Commune de Paris.

        Des manœuvres sont déjà en cours. Sous prétexte de lutte contre le terrorisme, le blanchiment d’argent sale, la pédophilie, les hackers... les mesures de contrôle d’internet se multiplient. Ils ont le pouvoir, ils en abusent sans vergogne.

        Les grandes compagnies de l’internet, tel google et autres Facebook travaillent avec les états et les services secrets pour surveiller les internautes. Les ordinateurs et les routeurs sont déjà infectés par leurs logiciels espions.

        Les grands groupes de pression médiatiques sont sur le coup. Ils exigent et obtiendront des lois qui leur permettront de prendre le contrôle d’internet comme ils ont pris celui de la presse, de la radio et de la télévision.

        Un autre danger, est celui du vote électronique, véritable outil de tricheries. Une loi scélérate votée par des imbéciles ignorants ou complices, permet d’ors et déjà son usage.

        Hollande a refusé d’accueillir Swnoden en France, pays de la Liberté. C’est un signal néfaste pour l’avenir.


        • Céline Ertalif Céline Ertalif 9 octobre 2015 11:14

          @Daniel Roux



          Cependant, l’histoire nous montre que le pouvoir ne se partage pas : ce que vous écrivez là est faux. C’est ce qu’on est en train de redécouvrir autour du thème des communs. Il y a un puissant mouvement intellectuel international qui se développe depuis quelques années sur cette question - totalement ignoré des médias bien sûr. Actuellement, du 5 au 18 octobre, le festival du temps des communs est ouvert, c’est le moment de découvrir !

          Pour tout le reste, je suis d’accord Daniel : ceux qui ont le pouvoir ne veulent pas le lâcher, et même quand ils ne l’ont plus ils veulent encore en garder l’image ! C’est le temps des fureurs...

        • Céline Ertalif Céline Ertalif 9 octobre 2015 11:25

          Il y a une page consacrée à ce festival aujourd’hui sur France Culture : http://www.franceculture.fr/emission-pixel-les-biens-communs-une-reponse-a-la-crise-2015-10-09


        • superparet 9 octobre 2015 12:40

          Excellent article.

          @Céline, vous oubliez Stig, une app très prometteuse dans le domaine ! (www.getstig.org)

          • Céline Ertalif Céline Ertalif 9 octobre 2015 14:19

            @superparet  Je ne connaissais pas, je note. Il en y a d’autres que je n’ai pas cité : https://apso.info/,&nbsp ;https://www.loomio.org/http://www.territoires-hautement-citoyens.fr/. Aucun n’a encore beaucoup de diffusion, mais il y a déjà une profusion.

             

          • Jelena Jelena 9 octobre 2015 13:18

            L’espoir fait vivre comme on dit... Mais pour de multiples raisons, je doute très fort que internet puisse changer la face du monde.
             
            Ce qui va changer dans les années à venir, c’est que ces deux dogmes quasi religieux que sont « la gauche » et « la droite » vont disparaitre pour faire place à des élections style « star academy ». Les électeurs ne voteront plus pour des programmes ou des idéaux, mais par rapport au charisme des candidats (c’est déjà plus ou moins le cas).


            • Céline Ertalif Céline Ertalif 9 octobre 2015 14:10

              @Jelena  Il est toujours difficile de prédire ce qui va advenir. Toutefois, la première chose que disent tous les pionniers ou presque que j’ai cités dans mon article, c’est que la représentation ne constitue pas un mécanisme démocratique en soi. Croyez-vous que Lessig cite Tweed au hasard ? Avez-vous écouté la vidéo de Pia Mancini ? Bien cordialement.


            • soi même 9 octobre 2015 14:30

              h la faiblesse de l’homme c’est penser virtuellement qu’il suffit de pensé pour avoir agit, quel illusion et tromperie en perceptive, le syndrome de Maildan va prendre de l’essor si l’on voit pas la faille que comporte se raisonnent ?

              Le moyen informatique plus qu’il est sophistiqué plus qu’il est vulnérable au détournement et à la manipulation , il y a déjà des programmes qui prédisent l’avenir, Web Bot le Big Data , etc, l’équivalent des ordinateur robot boursier, et bien cela ne va pas tarder vous allons avoir des robots informatique démocratique.

              Et bien si vous ne voyez pas en quoi , où il y a danger, c’est que vous donnez ma belle !

               

              « Agiter le peuple avant de s’en servir, sage maxime. »

              Vous voulez être tellement moderne que vous ne voyez pas comment un maitre à pensé comme Talleyrand l’avait déjà conceptualisé.


              « La politique ce n’est qu’une certaine façon d’agiter le peuple avant de s’en servir. »




               


              • David Guez 9 octobre 2015 14:47

                @Céline. Merci pour cet article et la référence à notre initiative (democratech).


                Nous souhaitons toutefois apporter quelques précisions : 

                - le processus de sélection que nous proposons ne contient aucun tirage au sort. 
                Il y a plusieurs étapes de sélection, dont une consiste en une distribution aléatoire des candidats proposés par les français auprès de l’ensemble des votants. C’est totalement différent. Ceci pour éviter qu’un candidat disposant de fichiers ou de moyens financiers importants vienne perturber le processus en demandant de voter pour lui. Dans notre cas, cela sera impossible, puisque si tous les candidats bénéficieront de la même exposition, chaque citoyen recevra un pool de candidats sur lequel il devra se prononcer, composé aléatoirement.

                 - il n’y a absolument pas de mandat impératif. 
                Nous ne sommes pas un parti politique et les candidats présents sur notre plate-forme seront libres et représenteront toutes les tendances politiques. Nous sommes strictement apartisans et proposons uniquement une solution technologique pour tous.

                Bien cordialement,

                David Guez
                Secrétaire Général @democratech

                • soi même 9 octobre 2015 15:09

                  Dépêchez vous d’agir avant qu’ un virus informatique corrompe et ridiculise votre naïveté.

                  Au vue du premier résultat de cette philosophie, les States ont élue un bon pour la Paix dans le Monde .

                  .


                • Céline Ertalif Céline Ertalif 9 octobre 2015 15:39

                  Après les observations de David Guez, je ne peux qu’inviter les lecteurs du site à visiter les liens parce que, dans cette floraison, il y a en effet des différences, des nuances, des contradictions, c’est un chantier en cours de construction ! Néanmoins, il y a des points communs et un cap général qui se dessine progressivement.


                • soi même 9 octobre 2015 19:59

                  @Céline Ertalif, oui bien sur tasse de thé Darjeeling pour vous bercez. !

                   


                • Céline Ertalif Céline Ertalif 9 octobre 2015 22:34

                  @David Guez C’est vrai que la phrase que j’ai écrite n’est pas pertinente sur votre projet, vous êtes plutôt dans la primaire qui shunte les partis politiques. Ce projet est effectivement l’un des plus centrés sur la techno et l’un de ceux qui contestent le moins la légitimité de la représentation en tant que procédé démocratique. Désolée d’avoir mis un peu de confusion. 


                • zygzornifle zygzornifle 9 octobre 2015 14:52

                  l’aire numérique....on peut compter sur Valls et son équipe aux grandes oreille pour la réduire a peu de chose comme si c’était un Dieudonné virtuel ....


                  • David Guez 9 octobre 2015 14:54

                    Et j’en profite pour vous proposer d’assister à notre soirée de lancement le 15/10 (18h30, dans les locaux de TheFamily - Paris 4e) pour en savoir plus ;)



                    • captain_fred captain_fred 9 octobre 2015 18:37

                      Internet est un générateur de vérité de masse. 


                      Les pseudos élites qui nous gouvernent pourront faire ce qu’ils veulent,
                       ils ne parviendront à arrêter la divulgation de la vérité par le peuple.

                      En plus de cet élan de vérité, internet est un merveilleux outil pour 
                      dénoncer les mensonges des gouvernants. 

                      C’est le match du bien contre le mal qui se joue sur internet. 
                      Et c’est la vérité qui vaincra, j’en suis convaincu.

                      • soi même 9 octobre 2015 19:54

                        @captain_fred, en théorie ce que vous dites n’est un aspect superficielle d’une pseudo vérité, visiblement vous ne savez pas à quoi vous avez affaire avec le W.W.W.


                      • alinea alinea 9 octobre 2015 20:56

                        Je n’ai pas regardé encore les liens ; mais je voudrais dire que le piège internet est immense.
                        Nous avons tous beaucoup de courage, avec notre mental, mais de la même manière que l’on peut croire au père Noël en sachant qu’il n’existe pas, faire partie d’une secte tout en étant scientifique ( beaucoup de scientifiques dans les sectes),etc, parce que cela ne fait pas appel « au même cerveau », on peut vouloir changer le monde tout en y étant parfaitement intégré ! manger son hamburger tout en cliquant sur une pétition contre l’élevage industriel !
                        Or pour avoir des chances de changer le monde il faut agir, et qui dit changer dit prendre des risques. Certains le font, pas assez.
                        Par ailleurs internet est un monde qui appartient au monde qu’il est question de détruire, je veux parler du monde capitaliste ; sans cela, guère de chances de changements.
                        Ce n’est pas un hasard si un des plus importants mouvements d’aujourd’hui, issu ou appartenant au survivalisme, se passe d’internet ; bouche à oreille, lettres personnelles, qui passent au travers de tous les filtres. La rencontre, l’action, qui échappent aux partis mais pas à la vie.
                        Pas de contestation mais entreprendre le changement, oui mais j’ai bien peur que quelques actions soient nécessaires ! je veux dire, des actions de masse. Disons que nous avons vu ce que sont devenues les actions du « printemps arabe », qu’internet avait prétendûment enflammées !!
                        Changer le monde comme le voulaient les indignés, c’est bien joli, mais un peu à côté de la plaque.
                        De toutes manières, on fait avec son temps !! mais notre temps ne me paraît pas être celui des grands renversements, mais plus celui des illusions, de la facilité et du contentement de soi !!


                        • Sun Tzu Sun Tzu 11 octobre 2015 23:36

                          @alinea
                          En effet la révolution technologique et son impact sur la vie quotidienne (smartphones, réseaux sociaux, jeux vidéo et naissance d’un monde virtuel prenant souvent le pas sur la réalité) est a l’origine de la dérive vers un monde centre sur le moi (fondement du capitalisme néolibéral) et du renforcement du contrôle des populations par leurs élites. On voit donc mal comment cette panoplie technologique pourrait contribuer efficacement a libérer ses usagers. Au contraire, plus ils les utilisent, plus ils deviennent prévisibles et traçables par les élites. Il faut donc bien au contraire rétablir le contact humain réel (réunions physiques, actions sur le terrain) comme élément moteur de la contestation. Comme le dit @alinea il est trop facile de signer une pétition en ligne contre l’abattage industriel tout en finissant tranquillement son Mc Do. Ce n’est pas de la contestation productive mais plutôt une thérapie pour sa bonne conscience. C’est pourquoi il faudra encore que nous patientons pour voir des vrais mouvements de contestation d’ampleur s’organiser sur le terrain. C’est trop chiant pour le quidam qui a prévu autre chose ce week-end...Ah oui le match du PSG. 


                        • alinea alinea 12 octobre 2015 00:04

                          @Sun Tzu
                          Hélas !! internet est sûrement une illusion de liberté et certainement une embûche sur le chemin de la liberté ! c’est une récré, qui nous permet de débattre, de causer, mais, ce n’est pas ça la guerre qu’il nous faudra mener !


                        • Pierre Régnier Pierre Régnier 10 octobre 2015 10:36


                          @ l’auteure


                          Il y a, dans votre article, de la naïveté comparable à celle qui caractérisait les « indignés ».

                           

                          A suivre, cependant, avec espoir et intérêt, comme la proposition de Vincent Goulet, sur Agoravox également, « Pour des médias populaires émancipateurs »

                           

                          http://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/pour-des-medias-populaires-51190


                          Pierre Régnier

                          (un ancien du PSU qui s’est auto-dissous)


                          • gogoRat gogoRat 10 octobre 2015 16:44

                             Concernant toutes celles et ceux qui agissent déjà effectivement pour que se lève la démocratie à l’ère numérique : ne lâchons rien !
                             Cela permettra plus tard à d’autres de reconnaître ;
                            « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’on fait ! »

                             Merci aussi d’y croire à toutes celles et ceux qui lisent ces lignes (quoiqu’ils en disent, commentent, plussent ou moinssent dans ce forum) car il est bien évident qu’elles existent et sont présentées par ce ’numérique’, et visent à un débat démocratique.

                             Par ailleurs, dommage qu’aucune des expériences de participation démocratiques évoquées ici n’ait encore tenté de mettre en œuvre la technique, exposée dans mon ’profil’ (*), d’un même poids officiel d’expression citoyenne attribué à chaque participant ...

                            • (*) Objectif : une reconnaissance officielle d’un égal poids d’expression publique attribué à chaque citoyen-français (ie : en âge d’assumer son expression publique autant que les lois officielles en vigueur).
                              ( Chacun pouvant à tout instant réajuster cette expression publique qu’il a la responsabilité morale d’assumer personnellement )

                            • gogoRat gogoRat 10 octobre 2015 18:27

                               
                              précision :
                               
                               ma motivation à militer pour cette technique d’un égal poids de participation est due à l’expérience d’autres tentatives collectives de « remues méninges » participatifs ...

                               ATTENTION !!
                               : Il serait dommage que l’impréparation théorique et technique de telles expériences ne conduise à un découragement de masse qui conduise à une décrédibilisation notoirement galvaudée du potentiel de ces initiatives !

                               festina lente ! Mieux vaut avancer plus lentement, mais en étant avertis des écueils à éviter.

                              ( La motivation citoyenne à respecter et à préserver avant tout passe par les quelques mots-clé suivants : égalité, anonymat, capacités d’écoute, de découverte, classifications/ possibilités de recherche des participations, capacités d’expression, de diffusion, de signalement/ faire savoir/information, minimum d’officialisation indispensable ... )


                            • ddacoudre ddacoudre 10 octobre 2015 23:41

                              bonjour céline
                              ton article est très inintéressant il est juste qu’on the ground des initiatives apparaissent naturellement avec l’aide du numérique qui donne la parole à tous ceux qui ont abandonné pour des raisons qui leur appartiennent l’expression de la démocratie que représentait le droit d’association. je veux bien croire que l’on puisse imaginer un monde ou les hommes prendraient leurs décisions sans jamais quitter leur clavier et leur appartement. je vais même au delà de ce que tu as pu imaginer en disposant de machines intelligentes qui traiteraient sur la base d’algorithmes toutes les données individuelles recueillies sur le net, et serait désigné ceux que la machine aurait trouvé les plus aptes à représenter les tendances regroupées par affinité sur la base de critères, mais de quels critères. Cela existe déjà ce sont les dominants qui ont éduqué les populations celles-ci déroulent leur raisonnement dans le cadre d’une pensé, pour nous occidentale d’essence judéo- chrétienne même pour les anarchistes ou athées. Dans ce cadre ceux qui ont maitrisé la diffusion de l’histoire et de l’information ont construit la pensée des autres.alors est-ce que le net va développer un autre mode de pensée ou seulement désigner une nouvelle forme de distribution des représentations du pouvoir de ceux qui sont investis du pouvoir législatif. la force d’une population est de pouvoir se connaitre, se côtoyer, se quereller, former des groupes, des communautés, des associations, bref de vivre ensemble.
                              si par malheur le net qui s’avère être un formidable outil de communication ne peut conduire les hommes a se rencontrer et se regrouper alors il deviendra un outil de fragilisation de la société et concourra a sa disparition, car elle ne pourra plus former un bloc face aux adversités.
                              je comprend que devant « l’accaparation » du droit à la parole par les plus érudits ou ceux qui se sont fait leur trou ’comme l’on dit, l’on puisse trouver dans le net la liberté d’expression que l’on peut faire partager. S’il y a là effectivement un creuset où puiser pour sortir de la pensée unique, croire qu’en faire un instrument de vote pour palier au « monarchisme de V république est suffisant c’est commettre une erreur de jugement. en l’état actuel si une machine devaient nous construire un pouvoir sur les préférence des citoyen nous aurions droit à une dictature.
                              les citoyen plébiscite l’armé, les hôpitaux et la police toutes les autres représentations se trouvent en dessous des 50% (étude CEVIPOF) et les parti ne recueillent que 27% d’adhésion.
                              les partis étaient le » net" du XIX et XX siècle, les citoyens se déplaçaient dans les partis de leur choix pour se faire entendre et écouter, puis a partir des années 75 il ont petit a petit occupé leur temps à des activités plus ludiques ou commerciales, laissant alors les place libre qui furent occupé par ceux qui savaient qu’il fallait passer par la pour être investi.
                               et quand dans les partis leurs membres choisissaient ceux qui devaient les représenter ce n’était jamais ce qui pensaient être des ânes, mais ceux qui pouvaient aligner des références universitaires professionnelles, familiales attestant de leurs compétences. imaginer qu’une démocratie survivrait à une désignation au hasard, c’est un moyen d’abréger son existence et de faire le lit d’une dictature. Alors je trouve que le net est un outil formidable qui se séparera de ses marchands de soupes mais si il doit isoler les hommes pour partager une existence virtuelle, nous sommes mal barré car au sommons de notre dépersonnalisation par un individualisme de mauvais aloi nous deviendrons des proies faciles.
                              ddacoudre.over-blog.com .
                              désolé d’avoir été un peu long.

                              cordialement.


                              • Céline Ertalif Céline Ertalif 11 octobre 2015 10:52

                                Bonjour @ddacoudre

                                 la force d’une population est de pouvoir se connaitre, se côtoyer, se quereller, former des groupes, des communautés, des associations, bref de vivre ensemble : je suis plutôt d’accord avec ça !

                                Je ne crois pas que la technologie internet soit par elle-même, en elle-même et à elle seule la révolution, mais en fait partie et elle en est un outil essentiel. Pour l’instant, de la démocratie nous avons une vision centrée sur la procédure électorale qui consiste en une participation à désigner des représentants qui ressemble davantage à une remise de soi plus qu’à une émancipation. Avec la logique du pair à pair, avec celle des creative commons où l’on remet en cause l’appropriation privée de la connaissance, de la programmation, de brevetisation du vivant, etc... c’est un mouvement intellectuel et social profond qui se déclenche sous nos yeux. Et on a un peu de mal à en prendre conscience, à voir la cohérence de ce qui se dessine.

                                Je recommande l’émission de France culture sur les biens communs pour y voir plus clair : http://www.franceculture.fr/emission-pixel-les-biens-communs-une-reponse-a-la-crise-2015-10-09&nbsp ;

                              • gogoRat gogoRat 11 octobre 2015 12:57

                                @Céline Ertalif

                                 Expression entendue dans cette émission : « colère des ayant-droit » !

                                 ’L’art c’est moi, la science c’est nous’
                                disait Claude Bernard
                                 ( Les motivations diffèrent, entre partager des communs ou posséder, proposer ou vouloir être badé ...
                                Mettons dans les ’commons’ ce mot de La Fontaine :
                                 « Se croire un personnage est fort commun en France
                                 » )
                                 
                                 N’oublions pas que la technologie internet, (qui est ici le vecteur de nos échanges - vecteur vivant et nécessitant des maintenances et adaptations actives et permanentes) est née de la volonté de chercheurs de pouvoir échanger plus librement et efficacement en commun.


                              • ddacoudre ddacoudre 11 octobre 2015 14:12

                                @Céline Ertalif
                                bonjour
                                d’accord j’ai saisi le sens politique de ton article, effectivement en ce la le net est un creuset l’orque on l’aura expurgé de toute sa soupe « égotique » très humaine (je ne veux pas dire par là interdire aux individus d’étaler s’il le souhaite leur existence et s’en faire un lieu de rencontre) je veux seulement dire la nécessité d’opérer une auto sélection., ce qui exigera un apprentissage de la navigation. notre société est traversé par deux fracture l’une sociale la plus évidente l’autre intellectuelle moins saisissable, car chacun pense détenir ce qu’il juge essentiel pour comprendre son existence et le monde. or l’instruction et l’information forment l’un des clés à molette nécessaire pour servir l’organisation capitaliste et retirer un revenu de cette exploitation, et d’en penser que l’instruction n’a de visé que ce but. l’autre d’informer non pour émanciper, mais pour maintenir sous une chape de plomb le développement de tous moyens d’émancipations qui échapperaient au contrôle de la pensée unique imposé par la peur.
                                difficile dans ce cadre d’imaginer que les citoyens aient une possibilité d’être innovateur à l’exception de ceux auxquels tu songe qui ne font pas peur au puissant, car très peu de citoyens s’informent politiquement sur le net seulement 6% et parmi ces 6%, 4% y consultent les médias traditionnels. voilà a peu prés un schéma de la porté émancipatrice du net.
                                 je pense plus qu’il sera nécessaire de rendre un enseignement universitaire obligatoire durant la vie active pour réaliser deux choses, nourrir les cerveaux de connaissance car c’est avec elle qu’il peut innover et les rémunérer pour ne pas les rendre dépendant d’un seul revenu salarial d’exploitation qui va aller en régressant car nous n’avons plus besoin du travail de tout le monde et que l’on ne peut continuer à produire pour seulement créer des emplois, car créer des emplois n’est pas la fonction de l’entreprise. nous avons inversé le processus seulement pa cupidité de quelque uns, c’est l’intelligence humaine qui a conçu l’entreprise, et non l’inverse même si autour d’elle c’est développé une dynamique qui nous conduit a croire que notre existence dépend d’elle alors qu’elle dépend des savoirs que nous sommes capable d’apprendre. actuellement les citoyens n’attendent des savoirs qu’un emploi, c’est comme si les esclaves n’attendaient qu’on leur apprennent qu’à servir un maitre. je pense que sur le fond nous sommes d’accord.
                                http://ddacoudre.over-blog.com/55c7d999-e91f.html
                                cordialement.


                              • gogoRat gogoRat 12 octobre 2015 14:06

                                minimum d’officialisation indispensable

                                 Pour revenir sur l’impératif d’un minimum d’officialisation indispensable dans nos visées de démocratie tirant parti des vertus du numérique.

                                 Supposons que nous soyons dans une cité orwellienne telle que celle évoquée par « 1984 », et composée de 5% de Alpha, 10% de Bêta, 15% de Gamma, 20% de Delta et 50% de Epsilon. Supposons encore que dans notre cité un mécontentement multicausal monte, à tel point que des âmes bien intentionnées aient l’idée d’expérimenter, entre toutes les bonnes volontés conviées dans l’ensemble de la population, une Constituante participative grâce au numérique.
                                 Un scénario plausible serait alors celui-ci :
                                 quelques Bêta lancent l’idée, mettent en place les outils pour avancer, et recrutent, d’abord dans leur entourage ... L’union faisant la force, les inscrits parviennent à faire émerger de leur aventure quelques idées novatrices et séduisantes, susceptibles de bousculer quelque peu les principes fondateurs auxquels les Alpha resteront attachés ;
                                par contre, les Gamma et plus encore les Delta restent méfiants dans leur ensemble et redoutent un piège ; tandis les Epsilon, tout à leurs occupations et agitations terre à terre ne se sentent pas concernés et ne s’informent même pas de ce qu’ils considèrent comme de fumeuses lubies d’intellos.
                                 Bon an, mal an, nos expérimentateurs, arrivent tout de même à réunir, par tirage au sort, une assemblée constituante composée de 5% de Alpha, 10% de Beta, 15% de Gamma, 20% de Delta et 50% de Epsilon, mais essentiellement guidée, formée, conseillée, entourée et soutenue par un noyau de militants Bêta. Cette assemblée constituante arrive à pondre une nouvelle Constitution qui, ma foi, arrive à séduire l’ensemble de la nation, qui finit par l’adopter en lieu et place de son ancienne constitution.
                                 Alors, les années passent ... jusqu’au jour une très large majorité (descendant des Gamma, Delta, et surtout des Epsilon) finit par déplorer un amer constat d’injustice : inconsciemment, la nouvelle Constitution a instauré un état de faits qui n’a été bénéfique que pour les Bêta, et maintenant, pour bousculer le pouvoir, il ne suffit plus de recadrer 5% d’Alpha, mais il faudrait faire évoluer les mentalités de 15% de Beta+Alpha avec une Constitution inspirée par ceux-là-même, et pire, cautionnée par tous !
                                 En définitive, l’immense majorité des descendants d’Epsilon+Delta+Gamma finira par incriminer la technique par laquelle ils auront le sentiment de s’être fait piéger ! Pire, ils risqueront bien de remettre en cause le concept même de démocratie.
                                 
                                 Pourtant ce n’est pas le numérique, la technique, qui les aura abusés. C’est plutôt l’impréparation. Le fait de ne pas avoir saisi l’intérêt de participer, dès sa genèse, a l’aventure pro-démocratique.
                                 Pour être honnête cette aventure démocratique aurait du être signalée à tous en même temps et préparée officiellement, en impliquant les moyens publics, la Justice en vigueur, et l’audience inégalable du Pouvoir en place, par lesquels le citoyen reste sommé de se conformer à la volonté générale supposée.


                                • gogoRat gogoRat 12 octobre 2015 17:23

                                  Nota Bene !
                                   en France, la mode actuelle des référendum en entreprise pourrait aussi illustrer le risque d’une fausse visée ou visée fausse, prétendument démocratique.
                                   ( cf http://www.latribune.fr/economie/france/le-referendum-en-entreprise-une-arme-anti-syndicats-511953.html
                                  cette citation toute seule en dit long ! :
                                    « Alors, le referendum, arme absolue pour légitimer une décision d’entreprise ? » )

                                   Point sur les i : il ne suffit pas que le nom de la technique utilisée soit, à tort ou à raison, réputé ’démocratique’ (cf référendum, vote, tirage au sort ...) pour obtenir une garantie de démocratie.
                                   Dans un contexte de chantage à l’emploi, de risque patent de précarisation, à quoi riment ces référendums ? Peuvent-ils seulement illusionner ?
                                   ’Facts do not cease to exist because they are ignored’ disait l’auteur du « Meilleur des mondes »

                                   Dès lors que la technique utilisée n’est pas généralisée dans toute la population autant que dans toute la durée du temps (de façon asynchrone plutôt que par des synchronismes savamment concoctés), dès lors que cette technique n’est pas co-inventée, maintenue, pilotée par toute la population qui la maîtrisera parce qu’elle se la sera vraiment appropriée, les vrais démocrates peuvent craindre l’embrouille.

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