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La logique atypique d’un écologiste pour les européennes : la transition écologique passera par la souveraineté nationale

Que choisir parmi toutes les listes se présentant aux élections européennes si on est partisan de l’écologie politique ? EELV ? Nouvelle Donne ? Décroissance Ile-de-France ? Rien de tout cela : l'Union Populaire Républicaine (UPR). Vous ne connaissez pas l'UPR ou ne comprenez pas la logique ? Je vous explique.

1. La durabilité : un enjeu vital

Si vous n’êtes pas déjà de sensibilité écolo, sachez que la situation est grave : L’Homme exploite les ressources naturelles et services écosystémiques de la planète au-delà de leurs capacités. En d’autres termes, notre système économique n’est pas durable, et donc, par définition, ne durera pas. La question est donc de savoir comment cela va se terminer : des changements systémiques seront-ils opérés à temps ? ou devrons-nous subir un déclin, voire un décrochage incontrôlé, suite à la raréfaction progressive de ressources fondamentales et/ou à l’émission excessive de polluants (tel que le CO2) ? L’enjeu n’en est ni plus ni moins le maintien de la stabilité de nos sociétés et vraisemblablement de la paix civile et mondiale [1].

Personnellement, je suis partisan de ne pas attendre le déclin subi, mais plutôt d’opérer les changements nécessaires avant qu’il ne soit trop tard. Je suis donc un partisan de ce qu’on appelle l’écologie politique, c’est-à-dire de la mise en œuvre de politiques qui prennent en compte les limites de l’environnement qui nous soutient.

2. Une transition écologique nécessite des réformes d’ampleur

Pour mettre en œuvre un programme d’écologie politique, des changements d’ampleur sont nécessaires. Il faut changer notre système énergétique de manière à se soustraire des ressources fossiles qui vont bientôt manquer aux besoins mondiaux et qui émettent des gaz à effet de serre. Il faut réduire notre consommation de ressources naturelles. Ceci doit se traduire par une augmentation de la circularité de l’économie (recyclage, consommation collaborative, réutilisation, réparation, etc.) qui réduira notre impact par unité de PIB, mais aussi par une réduction de la consommation, ce qui se traduira entre autres par des circuits de distribution plus courts (relocalisation de la production), une réorganisation du territoire pour éviter l’étalement urbain, le développement des modes de transport doux, et une éducation populaire remettant en cause le principe de la « société de consommation » et probablement une baisse de la productivité. Enfin, il faut investir massivement dans la création, le maintien et le développement de biens environnementaux, qui peuvent être productifs (forêts, technologies protégeant l’environnement, méthodes d’agriculture raisonnée) ou non-productifs (réserves naturelles).

Jusque là, ce que je décris colle assez bien au programme d’EELV (sauf qu’ils rejettent le principe de la décroissance), de Nouvelle Donne (avec son New Deal vert. Oui parce que Nouvelle Donne, c’est New Deal en Français…) ou de la liste Décroissance Ile-de-France (si-si, ça existe, je vous jure !).

Vous avez compris, ces politiques sont fortement interventionnistes, nécessitant une réorganisation de l’économie, des investissements massifs, des fortes régulations, etc. Les pouvoirs publics y ont donc un rôle central. Ceci est normal, parce qu’on ne peut attendre des entreprises qu’elles s’organisent elles-mêmes pour que la population consomme moins de leurs produits, ou qu’elles fassent du zèle environnemental si les coûts sont supérieurs aux bénéfices.

Ceci explique peut-être en partie pourquoi on attend toujours cette transition écologique, malgré son énorme potentiel en faveur de l’emploi et du bien-être de la population à court, moyen et long terme.

3. L’Union Européenne ou le laissez-fairisme économique gravé dans le marbre

Vous souvenez-vous de la Constitution européenne qui a été rejetée par 55% de la population française en 2005 ? L’Union Européenne (UE), avant d’être les institutions que vous connaissez (ou pas) tel que le Parlement européen que l’on va élire sous peu, c’est un bout de papier. Le traité actuel est le Traité de Lisbonne, qui est en fait deux traités (vous savez, le « mini traité » de Sarkozy) : le Traité sur le Fonctionnement (TFUE) de l’UE et le Traité sur l’UE (TUE). Ces traités fixent le rôle des institutions et leurs interactions. Mais ce qui est (peut-être) moins bien connu est que ces sont empreints d’une idéologie néo-libérale et qu’ils fixent aussi des politiques, qui ne sont particulièrement en faveur de l’environnement… Quelques illustrations :

Les Article 32 et 63 du TFUE interdisant les restrictions aux mouvements de capitaux entre les pays de l’UE et entre les pays de l’UE et les pays tiers encouragent les délocalisations. Voyez cette excellente présentation explicative de François Asselineau :

Non seulement cela est mauvais pour l’emploi en France, mais c’est aussi très mauvais pour l’environnement : La première raison est que les pays où les entreprises délocalisent ont bien souvent des normes environnementales inférieures à l’Europe de l’Ouest, avec un mix énergétique bien plus lourd en carbone (par exemple 70% de l’électricité chinoise provient du charbon). La deuxième est que cela encourage des circuits de distribution très longs, augmentant l’empreinte carbone des produits. La troisième est que cela empêche l’UE de mettre en place des politiques environnementales trop néfastes à la compétitivité des entreprises et des pays, puisque cela ferait fuir toutes les industries. De plus, l’Article 32 fixe une politique douanière en faveur d’une croissance infinie de la production et de la consommation (même si ce n’est pas ce qui se passe en pratique), mécaniquement néfaste pour l’environnement.

Autre exemple : la Politique Agricole Commune (PAC), dont les objectifs sont fixés dans l’Article 39 du TFUE. Il n’y est, de manière étonnante, aucunement question de l’environnement. Par contre, il y est question « d'accroître la productivité de l'agriculture en développant le progrès technique, en assurant le développement rationnel de la production agricole ainsi qu'un emploi optimum des facteurs de production, notamment de la main-d'œuvre ». D’où mécanisation, pesticides, OGM, et agriculture intense en énergie. Pas beaucoup de place pour le bio dans les traités…

L'UE impose donc des politiques gravées dans le marbre des traités, qui doivent être suivies par les politiques nationales et communautaires.

4. Des institutions européennes et des procédures décisionnelles gangrénées par les intérêts privés

Les grandes entreprises multinationales en situation d’oligopole qui ont un rôle majeur dans notre système économique actuel, telles que les firmes pétrolières, les constructeurs automobiles ou les fabricants de pesticides, n’ont que peu à gagner dans les changements écologiques que j'ai décrits ci-dessus. Or les multinationales ont un pouvoir d’influence énorme au sein de l’UE.

Par exemples, l’ONG Corporate Europe Observatory note que près de deux tiers des experts de l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA), qui émet des avis sur les risques liés à la chaîne alimentaire (en particulier sur les pesticides et les OGM, mais pas seulement), sont en situation de conflit d’intérêt et ne peuvent être considérés indépendants du secteur qu’ils régulent [2].

Par ailleurs, l’ONG ALTER-EU relève qu’un grand nombre de groupes d’experts de la Commission européenne, qui émettent leur avis sur des propositions de loi et qui peuvent même proposer des avant-projets de loi, comptent un nombre très important de sièges représentant des multinationales [3]. Par exemple, près de 80% des parties prenantes nommés l’an dernier représentent les intérêts des multinationales dans les groupes d’experts de la DG Fiscalité et Union Douanière, une DG clé à la Commission.

Ceci sans parler des activités intenses de lobbying, carrément institutionnalisé (la Commission à même mis en place un « registre de transparence », où les lobbyistes peuvent facultativement s’inscrire – et donc qui ne contient que le sommet de l’iceberg), ou du problème des « portes tournantes » : ces parlementaires européens qui sont embauchés comme lobbyistes en fin de mandat, puisqu’il sont extrêmement bien placés pour connaître les méandres institutionnels européens et influencer leur anciens collègues…

Tous ces facteurs expliquent probablement entre autres la décision de la Commission concernant l’autorisation du maïs transgénique Pioneer TC1507, suite au vote du Conseil (ayant voté contre à la majorité non qualifiée) et vote du Parlement européen (ayant voté très majoritairement contre, dans son avis consultatif), comme expliqué par Régis Chamagne :

5. Plus d’Europe ou une autre Europe ?

On entend que l’UE n’est pas démocratique parce que sa construction n’est pas achevée, et qu’il faut « plus d’Europe ». Cependant, il faut garder à l’esprit que la construction européenne a toujours été dans le but de libérer les marchés. Les traités, depuis Rome (1957), se complètent et s’empilent comme des poupées russes, en gardant leur idéologie initiale. Par ailleurs, les tendances actuelles ne donnent aucune indication d’infléchissement de l’idéologie libre-échangiste ou de changements en faveur de plus de démocratie, puisque le traité transatlantique (appelé TTIP ou TAFTA), négocié par la Commission dans le secret le plus total, vise à créer un grand marché avec les USA [4]. Ce traité à pour but d’harmoniser les régulations entre l’UE et les USA pour faciliter les échanges (comprendre : « nivellement par le bas ») et permettra aux entreprises d’attaquer en justice les États si elles considèrent que les lois passées sont contraires à leurs légitimes attentes (comprendre : « coup de grâce à la démocratie »). Les impacts potentiels sur les règlementations environnementales [5] sont très graves et mènent certains scientifiques spécialisés dans l’environnement à s’inquiéter fortement.

Donc il faut CHANGER D’EUROPE ! Ca, évidemment, c’est le refrain que presque tous les partis nous chantent pour ces élections. Cela vaut aussi pour les Verts, but in English, please : « Change Europe, vote Green ».

Pour faire court : faire changer l’UE de direction nécessite de changer les traités. Pour changer les traités, il faut l’unanimité des 28 États. Les partis français n’arrivant même pas à convaincre la population française de leur propre projet européen, il est difficile de les voir convaincre les 27 autres États membres… Voir cette excellente vidéo explicative qui illustre le problème :

Soyons réalistes : l’UE est irréformable. Soit on en est contents et on y reste, soit on n'en est pas contents et on la quitte, mais prôner une « Autre Europe » est une illusion.

6. La seule issue : la sortie unilatérale de l’UE

Comment interdire les OGM lorsque c’est la Commission qui a le dernier mot, guidée par les traités et influencée par les « groupes d’experts », l’Autorité de Sécurité des Aliments et autres lobbies ? Comment mettre en oeuvre une politique environnementale très interventionniste alors que les traités européens rendent cette tâche impossible ? Facile : il suffit de s’en soustraire.

Cela est possible, légalement, grâce à l’Article 50 du TUE, qui indique que tout État peut se retirer unilatéralement de l’UE. Les conditions du retrait sont négociées et si aucun compromis n’est trouvé, les traités cessent de s’appliquer deux ans après notification initiale.

Un seul parti politique propose cela. Ce n’est pas un parti particulièrement écologique, mais c’est le seul qui propose une sortie légale et sereine de l’UE : l’Union Populaire Républicaine. Vous n’en avez jamais entendu parler ? C’est normal, malgré ses 5000 adhérents et sa présence dans les 8 circonscriptions inter-régionales, l’UPR est barrée des grands médias, même après avoir saisi le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) avec ce rapport qui en vaut le détour.

La sortie de l’UE veut dire que les leviers politiques et économiques sont rapatriés à Paris, et que les restrictions imposées par les traités sont levées. Cela veut aussi dire que lorsque les Français votent à gauche, le gouvernement peut mener une politique de gauche, et vice versa. Pour les écologistes, cela veut dire que la voie est libre pour mener des réformes réellement écologiques si le gouvernement le décide.

7. L’UPR : Un programme potentiellement plus vert que les Verts

Vous allez me rétorquer : L’UPR n’est pas un parti écolo !! Peut-être, mais c’est le seul parti qui permet de déverrouiller les restrictions qui sont imposés aux politiques françaises.

Les Verts promettent beaucoup de choses sympas dans leur programme présidentiel. Le problème est que la plupart des mesures proposées ne sont pas applicables : L’interdiction des OGM (dommage, la Commission nous les impose), la réindustrialisation du pays (dommage, la libre circulation des capitaux et l’absence de politique douanière nationale nous en empêchent), le développement de l’agriculture bio (dommage, le but de la PAC va dans le sens opposé), la régulation de la finance (dommage, les DG correspondantes de la Commission sont gangrénées par les lobbies), etc. Le programme des Verts présuppose la réalisation du rêve d’une « Europe écologique » et fédérale [6].

Notez d’ailleurs que le programme de l’UPR, qui est une mise à jour du programme du CNR de 1944, contient aussi ces propositions énumérées ci-dessus [7]. La différence avec les Verts est que leur application ne dépend pas de la Commission, ni des 27 autres États membres, mais uniquement des français. En cela, le programme de l’UPR est plus vert que celui d’EELV !

Je tiens à souligner que la sortie de l’UE n’est bien évidemment pas suffisante à la mise en place d’une économie durable. Une fois sortis de l’Union, énormément de courage politique et d’éducation populaire seront nécessaires pour mettre en place d'une économie réellement durable. Mais une chose est certaine, un virement politique fortement en faveur de l'environnement n’arrivera pas tant qu’on restera dans l’UE.

Notes et références :

[1] Voir absolument les conférences de Jean-Marc Jancovici sur Youtube. Vous pouvez commencer par celle au LH forum, qui est courte. Pour les plus courageux, le cours magistral complet enseigné aux Mines ParisTech. A lire absolument aussi, cet excellent entretien de Gaël Giraud. Et enfin le livre « Les Limites à la Croissance (dans un monde fini) », par Meadows, Meadows et Randers.

[2] Corporate Europe Observatory, “Unhappy Meal. The European Food Safety Authority's independence problem”, October 2013

[3] Pascoe Sabido, ‘A Year of Broken Promises,’ ALTER-EU, Novembre 2013

[4] Il y aussi un traité similaire en négociation avec le Canada au cas ou l’autre échouerait. Appelé CETA, pour Canada-European Trade Agreement.

[5] ‘A Brave New Transatlantic Partnership,’ Seattle to Brussels Network, Octobre 2013

[6] A noter qu’EELV prône aussi ouvertement et inconstitutionnellement le démantèlement de la République Française, à l'intérieur d'une Europe Fédérale. [J’ai réussi à caser le mot anticonstitutionnellement dans une phrase qui ne dit pas qu’anticonstitutionnellement est le mot le plus long de la langue française !!]

[7] Parmi les autres propositions en faveur de l’environnement de l’UPR : le développement des circuits courts pour la nourriture et l’auto-suffisance alimentaire ; et de manière indirecte l’encouragement des organisations type SCOP, le développement de l’actionnariat salarié et le rétablissement des services publics.


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15 réactions à cet article    


  • scylax 15 mai 2014 12:44

    L’écologie gaulliste. On aura tout vu. Cet article est un canular sinistre.


    • REGCHA REGCHA 18 mai 2014 18:31

      Rappel de quelques décisions de l’UE, en fait de la Commission qui décide de tout alors qu’elle est composée de personnes on élues :

      - autorisation jusqu’à 10% d’huile moteur dans l’huile alimentaire (2008)

      - autorisation du poulet américain à la javel

      - autorisation des farines animales pour les poissons

      - autorisation de la viande provenant d’animaux clonés et refus de l’indiquer sur l’étiquette comme l’avait demandé le parlement européen

      - bientôt, l’exploration du gaz de schiste

      Et avec le grand marché transtlantique négocié dans le dos des peuples, ce sera pire encore.

      Alors, OUI, l’écologie, LA VRAIE, passe par la reprise en main du destin de la France par le peuple français, qui est fondamentalement écologiste pour la simple raison que la France est un très beau pays et qu’il en a conscience.


    • HerveLE HerveLE 15 mai 2014 14:01

      Effectivement, j’ai du mal à voir comment un vrai écologiste peut honnetement tolérer la passoire ultra-libérale qu’est devenue l’Europe...


      Et pourtant... les verts en France sont presque les plus européistes de tous !
      bravo à l’UPR, je souscris à vos analyses !


      • Lisa SION 2 Lisa SION 2 15 mai 2014 14:16

        Conclusion, cette élection européenne offre une véritable chance de voter pour un petit parti dissident perdant à l’échelle mondiale, mais gagnant à l’échelle locale. Votons pour des perdants !


        • alinea alinea 15 mai 2014 14:30

          Les écologistes de gauche, c’est-à-dire les vrais, puisque c’est ce système qui a pourri notre planète, sont plus rares ; il sont passés à gauche, au PG !
          Je voudrais juste rappeler pour ceux qui ont l’air de ne pas le voir, que le monde ultra libéral est soudé, dans des intérêts communs ; et que c’est lui qui a le pouvoir, un pouvoir jamais vu auparavant ! L’Europe, cet Empire qu’on nous a vendu pour trois sous de flatteries et de mensonges, existe ; elle est là, avec tous ses rouages, ses forces et ses compromissions ; il est très infantile et infantilisant de décréter : on en sort, et vive nous ! Il y a tant de facteurs que personne ne maîtrise, que cette sortie, comme point de départ, me paraît une simplification dangereuse de la politique à mener ; certes, cette sortie peut être l’aboutissement, mais personne ne sait rien des réactions des uns et des autres dans le monde ; le France n’est plus ce pays de poids, en revanche si elle suit un chemin, sans fléchir, elle peut en entraîner d’autres, sans chaos généralisé. Toutes ces solutions simplissimes, offertes par certains, me semblent un leurre aussi, disons, un voeu pieu !


          • steph bigorneau steph bigorneau 15 mai 2014 15:57

            Bonjour Alinéa
            Je suis un ancien sympathisant du parti de gauche, mais même pour les présidentielles ils ne m’ont jamais convaincu au point d’adhérer. Leur analyse pourrait être bonne si elle prenait en compte l’impossibilité de réformer l’UE, et donc la nécessité d’en sortir.

            Si comme le PG l’annonce il compte menacer de violer les traités pour forcer les autres pays à le suivre, je ne pense pas que tous suivront, il en suffit d’un seul pour que ça ne marche pas. Dans ce cas si on viole les traités, l’UE ou un pays portera plainte contre nous et nous serons soumis à des sanctions jusqu’à ce qu’on respecte les traités. C’est un mécanisme autobloquant qui garanti le statu-quo.

            Si vous y arrivez et que vous forcez toute l’Union à vous suivre, certain seront lésés et le ressentiment de ces populations contre la France montera jusqu’à devenir intenable. C’est actuellement ce qui se passe avec l’Allemagne.

            La seule solution crédible à mon sens est de sortir de l’UE et de faire des accords bilatéraux avec tous les pays, y compris hors-UE, qui ont les mêmes intérêts que nous. Ce ne sera pas un repli nationaliste qui rejette le reste du monde loin de là. Dans ce cadre là la France aura un poids bien plus important qu’elle n’en a actuellement dans le cadre des institutions européennes. En premier lieu car nous avons délégué toutes les politiques décisives à une commission non élue.

            Refuser par dogmatisme, la possibilité de sortir de l’union est pour moi le meilleur moyen de rester dans cet empire ultra-libéral.
            Merci d’éviter de dire que la possibilité de sortir de l’union est infantile et infantilisant, j’éviterais de dire que refuser d’en sortir c’est la même chose. Il faut envisager les solutions et essayer d’imaginer objectivement quels sont les possibilités et les forces en présence.


          • alinea alinea 16 mai 2014 11:04

            Non, personnellement l’Empire UE est un ennemi ; je ne refuse pas d’en sortir, au contraire, je dis simplement que poser cela comme seul et unique moyen de « s’en sortir »(!) ne m’envoûte pas ! personnellement je ne suis sûre de rien, mais j’ai bien peur que la France ne soit sûre de rien non plus ; vue la politique industrielle qu’elle mène, par exemple, je nous trouve mal placés dans l’échiquier mondial !
            Certes annoncer « sortir de l’Europe » a un bel impact symbolique, et j’ai lu Sapir et même Lordon et Généreux qui, bien que plus nuancés, n’excluent pas cette possibilité ; c’est plutôt de ce côté-ci que je trouve mon aise : on agit pour mener notre politique, et on verra quelle conséquence sur notre appartenance à l’UE.
            Pour moi, ce mot d’ordre, c’est de la comm" !!


          • steph bigorneau steph bigorneau 16 mai 2014 13:37

            Nous sommes d’accord l’empire UE est un ennemi. Mais on diverge un peu sur les raisons. J’ai l’impression que pour vous c’est à cause de l’orientation néolibérale, c’est ce qui me gêne aussi.

            Pour changer cette orientation, même si on élit le front de gauche à la présidentielle ça ne changera rien, il sera lié par les traités qui ne peuvent être changés qu’à l’unanimité. Si il est cohérent il n’aura pas d’autre choix que de sortir de l’UE. Par contre il n’aura pas été élu pour ça, ce qui risque d’en mécontenter beaucoup.

            Avec l’UPR on joue franc jeux, on ne dit pas qu’on pourra faire plier les autres pays pour qu’ils adoptent nos solutions, on explique en quoi les traités sont à la base de la politique néolibérale, de la déconfiture de nos industries, du malaise paysan et de la casse de nos services publics.

            Pour réorienter notre industrie nous aurions besoin d’une réorientation profonde qui ne sera possible qu’en ayant une agence publique de financement des entreprises qui sont essentielles à nos intérêts. C’est impossible dans le cadre européen et prévu dans le programme.

            Nous ne voulons pas nous isoler, nous souhaitons comme beaucoup augmenter la coopération entre les pays, comme Airbus ou Ariane, deux projets qui n’ont rien à voir avec la construction européenne, il suffit de voir qui est associé dans ces deux entreprise, à leur création et maintenant par rapport à l’Europe des 6 de l’époque et celle de maintenant.

            Je vous conseil vraiment de regarder la présentation du programme, par petits bouts et de me dire après en quoi vous trouvez que ce n’est pas cohérent, adapté à notre situation et absolument nécessaire.

            Après vous pourrez me dire si sortir ou non de l’UE c’est de la comm’. Lorsque l’UPR s’est créé en 2007 avec ce mot d’ordre, il y avait consensus pour rester dans l’UE, après les crises de l’euro, la crise de 2008 etc. C’est la sortie de l’UE qui est devenue populaire. Si c’était dans un but de faire parler de soit en 2007 l’UPR n’aurait pas choisi cette angle et aurait comme beaucoup, le FN entre autre, mis cet argument en avant dans les dernières années.


          • steph bigorneau steph bigorneau 15 mai 2014 15:37

            @ L’auteur, merci pour cet article qui correspond aussi à mes analyses. Le concept de souveraineté alimentaire a été le premier pas pour comprendre que l’UPR pouvait être intéressant. Le deuxième a été la notion de souveraineté populaire, concept bafoué par l’UE où les peuples décident très peu.

            Après quelques conférences, je suis passé au programme de libération nationale, il dure 5h, je l’ai regardé par petit bout et j’ai été vraiment conquis. Enfin un programme qui correspond à mes attentes en matières d’écologie et de démocratie.
            Il m’a fallu encore quelques semaines à étudier les anciennes prises de position, voir le parti dans son ensemble et ça a suffi pour que je devienne adhérent, pour la première fois de ma vie, à ce parti qui m’a rendu une partie de mon optimisme ,vu la situation il est dur de dire qu’on est confiant mais là je vois vraiment dans quel sens pousser.

            Pour ceux qui pensent que ce parti se limite à Asselineau, les européennes ont été l’occasion de voir que de nombreux autres candidats, pas forcément tête de liste, avaient eux aussi des discours très intéressants, à commencer par Régis Chamagne et il est loin d’être le seul.


            • joletaxi 15 mai 2014 20:56

              Si vous n’êtes pas déjà de sensibilité écolo, sachez que la situation est grave : L’Homme exploite les ressources naturelles et services écosystémiques de la planète au-delà de leurs capacités. En d’autres termes, notre système économique n’est pas durable, et donc, par définition, ne durera pas.

              dès les premières lignes, on a compris qu’il s’agit encore, et encore, d’un de ces innombrables goulbigoulba abscons que profère comme des vérités les affidés des éternelles idioties ressassées par les « décroissants »
              nos ressources sont limitées à notre inventivité, le peak du silex a vécu..
              Evaluer l’avenir sur base de nos connaissances actuelles s’est toujours révélé faux,et cela le restera.

              l’émission excessive de polluants (tel que le CO2)
              soit vous êtes inculte, soit vous gobez tous les mantras de la mouvance.
              Le CO2 n’est pas un polluant, mais un gaz essentiel à la vie sur terre.En parler comme d’un polluant situe le niveau, pas la peine de lire plus


              • Croa Croa 15 mai 2014 22:49

                Nous ne sommes pas là pour enculer les mouches mais pour aller à l’essentiel comme le suggère l’auteur : D’abord se redonner des possibilités d’agir !

                Nous aurons tout le temps, après, pour débattre de ce qui pollue et de ce qui nuit simplement et serait peut-être utile...


              • Kuzbo 17 mai 2014 14:19

                @joletaxi


                Libre à vous d’être en désaccord avec mes opinions, mais cela ne vous oblige pas à être agressif et condescendant.

                Des civilisations entières se sont effondrées en partie à cause de problèmes environnementaux (voir par exemple Effondrement de Jared Diamond). Croire que nous faisons exception et en sommes protégés relève à mon avis du dogme. Il est vrai que nous avons dans nos sociétés l’atout technologique, mais qui est cependant à double tranchant puisqu’il nous permet aussi de détériorer notre environnement comme jamais auparavant. La question est de savoir si nous arriverons à prendre les bonnes décisions à temps.

                Concernant le CO2 en tant que polluant, vous pouvez vous référer à cette définition : 

              • riff_r@ff.93 riff_r@ff.93 16 mai 2014 08:08

                A l’auteur.
                Merci Kuzbo pour cet excellent article !
                A tous les lecteurs :
                Regardez les vidéos et posez-vous la question. A part l’UPR, quel autre parti politique français vous explique ce genre de choses ? Aucun ! Pas plus EELV que les autres. Sur tous les sujets cruciaux pour notre avenir ( économie, environnement, social, démocratie, francophonie ... ) l’UPR se fait un devoir de s’adresser à l’intelligence des français.
                Pensez-y, l’UPR présente une liste dans chacune des 8 circonscriptions le 25 mai.


                • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 16 mai 2014 09:57

                  Les éléments d’analyse sont corrects et pertinents. La « France » seule peut-elle lutter contre le reste du monde qui, au moins pour une grande majorité de ses habitants, ne rêve que de consommer avec autant d’ardeur que nous même ? La question mérite d’être posée. Il faudra bien cependant que quelqu’un commence ... Aurons-nous le courage nécessaire ? Accepterons-nous les efforts (gigantesques) qui s’imposent ? A titre personnel, je veux bien essayer ...


                  • Kuzbo 21 mai 2014 22:39

                    Bonjour Topaz,


                    Vous lancez des attaques ad hominem et tentez de jouer sur l’amalgame pour faire peur aux internautes profanes. Comme vous voudrez mais ce n’est pas à votre honneur.

                    Le ministère de l’intérieur a classé l’UPR dans la catégorie « Listes diverses » (LDIV). Donc pas à droite, et encore moins à la droite de la droite.

                    L’UPR est véritablement un mouvement de rassemblement. Il s’y trouve des gens venant de tous les horizons politiques et donc ne peut pas être un sous-marin de l’UMP. Leurs programmes n’ont d’ailleurs rien à voir. Si vous connaissiez la démographie du parti, vous en seriez convaincu (et peut-être aussi si vous aviez lu mon article ?). Enfin, si vous visitez le site de l’UPR, vous observerez que l’UPR est aussi critique envers l’UMP qu’envers les autres : http://www.upr.fr/?s=UMP

                    Concernant le passé d’Asselineau, un dossier sur le sujet est disponible sur le site :

                    Enfin, le principe de souveraineté nationale est la pierre angulaire de la démocratie. Relisez la Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen de 1789 (Article 3), relisez la Constitution (Titre I : De la souveraineté).

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Kuzbo


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