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Accueil du site > Actualités > Politique > Laïcité à l’école : bienveillance et fermeté. Contribution au (...)

Laïcité à l’école : bienveillance et fermeté. Contribution au ’socle commun’ pour les enseignants

L'audition de Abdennour Bidar [1] a été unanimement saluée le 21 mai 2015, par tous les parlementaires présents.

Il faut dire que normalien, philosophe ET très pédagogue, Abdennour Bidar a fait un exposé brillant, clair, précis et très concret, émaillé de nombreux exemples, suivi de réponses de haute volée aux questions des parlementaires présents. Intervention qui tranche par rapport à certains discours de personnes qui se disent ou aimeraient être philosophes, et qui sont bien souvent très simplistes.

Livre « Plaidoyer pour la fraternité »L'auteur [2] [3], entre autres ouvrages, de "L'islam sans soumission", Paris, Albin Michel, collection Espaces Libres, 2012, de "Plaidoyer pour la fraternité" (Ed. Albin Michel), de "Comment sortir de la religion ?" (2012) et de "Histoire de l'humanisme en Occident" (2014, éditions Armand Colin) [4] avait été nommé dès 2011 par Luc Chatel chargé de mission au Ministère de l'Education Nationale sur « la pédagogie de la laïcité et la transmission des valeurs de la République ».

Co-auteur de la « charte de la laïcité à l'école », il a rassemblé 1000 enseignants [5] pour préciser le bagage pédagogique nécessaire aux 300 000 personnes de l'Education Nationale dans ce domaine [6].

Au sujet de l'attitude à avoir par rapport aux comportements des élèves, Abdennour Bidar a insisté sur une nécessaire bienveillance, qui doit cependant se prolonger par de la fermeté quand plusieurs indices concordants sont repérés, par exemple :

  • comportement vestimentaire
  • attitude différente et renouvelée par rapport à certains enseignements : absence répétée à certains cours, à des séances de sport
  • tendance à rester entre jeunes de confession identique.

Bienveillance jusqu'où ? Fermeté à partir de quand ?

Nous ne pouvons que souscrire à cette double injonction, précisée par ces indications pratiques indispensables. Mais nous souhaitons simplement attirer l'attention sur l'impérative obligation de réagir au plus tôt.

Livre « La stratégie de la bienveillance »Le livre "La stratégie de la bienveillance ou l’intelligence de la coopération" [7] est très précieux à cet égard : avec un tel titre, le lecteur s'attend à ce que l'on insiste sur cette bienveillance, a priori. Ce qui est vrai, mais l'auteur insiste tout autant sur l'absolue nécessité de réagir dès qu'une personne ne respecte plus les règles élémentaires de la coopération. [8] [9]

Car sinon, ayant accepté de donner l'extrémité du petit doigt, c'est tout le bras qui y passe bientôt, et même tout le corps... jusqu'au moment où l'on n'en peut plus, et on éclate, pour une simple goutte d'eau ! Ce qui est alors incompréhensible pour celui qui n'a pas respecté les règles, ni pour les autres, puisqu'auparavant des comportements bien pires ont été tolérés.
Et pendant ce temps, la tolérance de ces comportements aberrants a pénalisé ceux qui avaient des attitudes normales, et encouragé ceux qui avaient des comportements non coopératifs.

L'auteur du livre recommande donc, à juste titre, de réagir immédiatement, et de façon proportionnée, dès qu'un écart est constaté.

Il nous semble donc très important de préciser et compléter concrètement cette "bienveillance et fermeté" : la bienveillance doit s'arrêter dès qu'une concordance est repérée entre plusieurs comportements ne respectant pas les règles communes, laissant place à des réponses fermes et proportionnées.

Citations importantes de Abdennour Bidar
Sur la pertinence et l'importance de "la fraternité", et sur la nécessité "d'un projet, d'un élan, d'un sentiment d'appartenance collective", lire l'excellente interview dans Le Figaro, 21 février 2015 : "Abdennour Bidar : « la pauvreté spirituelle d'un certain islam confine à l'indigence »" de l'auteur récent de "Plaidoyer pour la fraternité".

Quelques extraits :

  • "Au lieu d'enseigner qu'être un bon musulman, c'est porter tel type ou tel type de vêtement, nous devrions mettre l'accent sur la culture des vertus de l'islam, sur la culture éthique de cette religion."
  • Si l'école fait une morale qui ne parle pas de fraternité alors que les religions parlent essentiellement de celle-ci, le risque est de voir se répandre dans l'opinion l'idée de deux morales concurrentes : celle de l'école et celle des familles."
  • "La grande mode aujourd'hui est d'être victime ! Cela engendre deux logiques qui nous enferment. Celle du bouc-émissaire, du coupable désigné dont l'identité française serait victime : « tous les problèmes de la France sont liés à l'immigration et à l'islam ». Et « en face » celle du dénigrement : « la France est méchante et elle ne veut pas des musulmans. Elle les rejette, les discrimine et les stigmatise. Elle se conduit aujourd'hui avec les musulmans comme avec les indigènes de ses colonies. » C'est délirant ! Je ne me suis jamais senti discriminé. Grâce à mon éducation familiale et à mes professeurs qui m'ont donné le sens de l'effort et du mérite, j'ai pu me hisser de mon humble collège en zone difficile jusqu'à l'agrégation et au doctorat de philosophie. Me suis-je plus battu qu'un autre ? Non. Je me suis acharné au travail comme tant d'autres élèves et étudiants de toutes les origines, et j'ai lutté avec les armes que la France m'a données, à commencer par celles de l'École laïque et républicaine."
  • "Finissons-en avec le dénigrement de notre pays. Il faut dire aussi que les musulmans de France jouissent ici d'une égalité de droits et de chances réelle. Il y a en France des milliers d'enfants de l'immigration, récente ou ancienne, qui sont diplômés, professeurs, avocats, patrons de PME, artisans, médecins, artistes, qui ont réussi leur vie professionnelle grâce à leur propre choix de l'effort et du travail, au lieu de la pleurnicherie victimaire ! Les musulmans doivent se représenter la France comme une chance pour l'islam. Elle leur permet notamment de pratiquer leur foi librement grâce à la laïcité. Celle-ci n'est pas liberticide. Elle garantit au contraire les mêmes droits à toutes les convictions et toutes les croyances. On ne peut certainement pas dire que le sort des minorités soit aussi enviable dans les pays musulmans."
  • Vous affirmez également que la question de l'intégration ne concerne pas seulement les musulmans. Qu'entendez-vous par-là ? "Nous avons tous besoin d'intégration, car nous sommes tous victimes de désintégration. L'intégration ne concerne pas seulement les immigrés. Que reste-t-il de commun entre un jeune enraciné dans un terroir et gamin de Montfermeil ? De même les urbains des grandes métropoles vivent-ils dans le même monde que les petits blancs prolétarisés de la diagonale du vide ? La France est en situation de poly-fractures sociales et culturelles. Dans ce contexte, nous avons besoin d'un projet, d'un élan, d'un sentiment d'appartenance collective. Nos valeurs -dignité de l'être humain, liberté, égalité, fraternité, solidarité, laïcité, mixité- ont besoin d'être réapprises par notre société tout entière et pas seulement par quelques musulmans radicaux ! Nous ne serions d'ailleurs pas si déstabilisés par l'islam radical ou traditionaliste si nous étions plus sûrs de ces valeurs, si elles avaient été assez bien enseignées dans nos écoles et par les familles -non musulmanes et musulmanes !"

Sur "la crise de spiritualité de l'Occident" :

  • "C'est mon cœur de réflexion. La crise de l'Occident et de l'islam fonctionnent en miroir dont le point de convergence est la crise de la spiritualité. D'un côté, on a un sacré fossilisé qui n'arrive plus à se régénérer et qui étouffe. C'est la tragédie de l'islam qui fonctionne par stéréotype : le voile, le hallal, l'islam réduit à des codes. Cette pauvreté spirituelle confine à l'indigence. C'est ce qu'Olivier Roy appelle « la sainte ignorance » : une religiosité binaire standard et stéréotypée. En face, l'Occident matérialiste n'a toujours pas réussi à intégrer ses racines religieuses dans la modernité. Quid de la morale évangélique, de l'aspiration à la transcendance. Il y a deux mondes qui développent une hostilité d'autant plus importante qu'ils se renvoient l'image mutuelle d'une déshérence et d'une dégénérescence du rapport au sacré. J'insiste sur l'idée qu'il est temps que les deux milieux réfléchissent ensemble à redonner à l'existence humaine une renaissance spirituelle qui se nourrisse de tous les héritages au lieu de les ignorer où de les reproduire mécaniquement."

[1] Audition le 21 mai 2015 de Abdennour Bidar, par la Commission d'enquête sur le fonctionnement du service public de l'éducation, sur la perte de repères républicains. Vidéo]

[2] "Ce soir ou jamais", 15 mai 2015, « Qui est Charlie ? » : le livre polémique d'Emmanuel Todd en débat

[3] La Chaîne Parlementaire, "Entre les Lignes" L’invité de la semaine : Abdennour Bidar Vidéo

[4] "Abdennour Bidar, méditant engagé", La Croix, 27 avril 2015 : "Philosophe et soufi, le « Monsieur laïcité » de l'éducation nationale récuse l'idée d'un corpus musulman unique et plaide « fidélité infidèle » aux héritages anciens."

[5] France Info, 16 mars 2015 Laïcité : France Info a assisté à la formation des éducateurs : Après les incidents lors de la minute de silence le 8 janvier dernier, le ministère de l'Education a décidé de former 1.000 éducateurs à la laïcité. Ce sont des enseignants, des proviseurs, des inspecteurs qui serviront de relais dans les établissements auprès de leurs collègues.

[6] Najat Vallaud-Belkacem, BFMTV, 5 février 2015 : "D'ici la fin de l'année 2015, 300.000 enseignants seront formés pour savoir faire vivre la laïcité à l'école, et répondre aux questions des élèves"

[7] Juliette Tournand, auteure de "la stratégie de la bienveillance", précise que "dans cette rencontre de l'autre, il n'est donc absolument jamais question de renoncer à soi-même en suivant aveuglément les pas d'un autre. Mais bien au contraire de créer sa propre route à côté de l'autre qui crée la sienne propre". En bref, résume la coach et consultante : "Marcher chacun son chemin original en compagnie, se rencontrer tant que notre route est commune, et se réaliser un peu plus à chaque pas et à chaque rencontre".

Au final, chacun prend dans ce domaine ses responsabilités.

"Il reste que la coopération suppose que quelqu'un commence par y croire, quitte à ce que ce soit en univers hostile (où la bienveillance est à la fois insolite et précieuse), quitte à ce que ce soit par un stratège débutant qui prend le risque de faire exister le premier ce qu'il espère", conclut Juliette Tournand.

Après tout, croire à la coopération à priori possible, c'est l'esprit même de la civilisation. Ce qui fonde la vie sociale, l'industrie et le commerce, la philosophie, les arts les jeux et les sports. La Tribune, 18 novembre 2013 Et si la gentillesse était avant tout de la bienveillance ?

[8] Stratégie de la bienveillance : 5 grands principes stratégiques.

  1. S'ouvrir systématiquement à la coopération à priori. Chercher à rencontrer la facette de l'autre qui ose la bienveillance.
  2. Se voir un avenir commun. Partager une vision ou un intérêt commun qui nous lie.
  3. Jouer la bienveillance stratégique dans toutes nos rencontres. Coopérer tout le temps avec celui qui coopère avec moi jusqu'à ce qu'il arrête en premier.
  4. Rompre immédiatement la relation avec quelqu'un qui n'est pas bienveillant ou qui arrête d'être bienveillant avec moi.
  5. Reprendre cette relation sans arrière pensée si la même personne redevient par la suite coopérative et bienveillante à mon égard

    [9] C'est sans angélisme aucun que Juliette Tournand “déblaie le terrain” des rapports de domination en entreprises. Pour autant, elle qui se refuse à y voir le résultat irrémédiable d'une prétendue “nature humaine” qui serait conflictuelle, perçoit dans les relations inéquitables au travail un puits sans fond non seulement de frustrations et de souffrances, mais encore de déperdition d'énergie et de dégradation de la performance. Ce mois-ci : La Stratégie de la Bienveillance, de Juliette Tournand, EVE le blog, décembre 2013


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31 réactions à cet article    


  • Laurent Simon 28 mai 2015 18:43

    A. Bidar (’Ce soir ou jamais’ 15 mai) saluait le travail de E. Todd, mais qualifiait son livre de « non événement », soulignant la nécessité d’éléments positifs, au lieu de se complaire dans des analyses ne faisant que signaler des éléments négatifs, sans perspectives constructives. Raison pour laquelle il insistait sur la nécessaire fraternité, objet de son livre.


    • baron 28 mai 2015 20:48

       Je cite. « Au lieu d’enseigner qu’être un bon musulman, c’est porter tel type ou tel type de vêtement, nous devrions mettre l’accent sur la culture des vertus de l’islam, sur la culture éthique de cette religion. »

      NON, définitvement NON.
      L’école n’a pas à vanter les vertus d’une religion.
      Faire, cela serait une reculade sans précédent au principe de séparation de l’église et de l’état et l’abandon du principe de neutralité à l’école en plus de friser le prosélytisme.


      • Laurent Simon 28 mai 2015 20:59

        @baron Désolé, erreur de ma part : il n’a pas dit qu’il fallait enseigner cela à l’école ! Là il parlait en tant que musulman, en se tournant vers les islamistes !

        Mais cela aurait un sens de parler de ceci à l’école, s’il s’agissait de parler des différentes religions (et non bien sûr d’en vanter une), pour justement éviter les dérives constatées ici et là.


      • baron 28 mai 2015 20:56

        Je rajouterais qu’au moment des tensions autour du vote denla loi de séparation de l’église et de l’état, l’auteur se serait fait lynché par les parlementaires, je dis bien lynché au sens d’agressé physiquement

        . A l’époque il y avait une classe politique assez armée intellectuellement pour ne pas se faire enfumer.

        • Laurent Simon 28 mai 2015 21:04

          @baron Vous aimeriez revenir à cette période ? !!! Bon, d’accord, j’ai fait une erreur (en ne précisant pas le contexte de cette citation), mon intention était de montrer u’il était musulman, et qu’il prenait des positions envers l’islam, et les islamistes. Mais il y a d’autres citations dans le texte, plus intéressantes à ce niveau.


        • Laurent Simon 28 mai 2015 21:08

          Pour info : "Discours de Najat Vallaud-Belkacem à l’occasion de l’anniversaire de la loi du 9 décembre 1905, portant séparation des Églises et de l’État«  
          Extrait : »Le troisième chantier vise à mieux accompagner les enseignants et la communauté éducative au plus près des réalités de terrain, en développant une animation territoriale dédiée à la pédagogie de la Laïcité. C’est la mission essentielle des référents académiques « Laïcité », et je tiens à saluer votre présence aujourd’hui, car elle est la marque d’une ambition qui vise à s’inscrire dans les réalités quotidienne de l’éducation nationale.

          C’est la première fois que l’ensemble des référents Laïcité sont réunis et je tiens à vous dire combien votre mission est importante, avant l’échange que vous aurez tout à l’heure autour de la directrice générale de l’enseignement scolaire et de la directrice des affaires juridiques. Nous veillerons à développer entre vous une culture de réseau, à entretenir un lien étroit entre l’échelle académique et les directions centrales du ministère, parce que je suis convaincue que c’est cette capacité permanente à organiser ces échanges qui nous permettra un pilotage efficace de la pédagogie de la Laïcité.

          C’est le rôle de la mission laïcité placée auprès de la DGESCO, et je tiens à rendre hommage au travail d’Abdennour Bidar, qui ne ménage pas ses efforts pour être présent sur tous les fronts pédagogiques et territoriaux.

          Améliorer l’animation territoriale et les réponses de proximité constitue ainsi la mission première des référents Laïcité,"


          • baron 28 mai 2015 21:46

            La réponse est oui, la religion c’est à la maison, et si la minorité croyante reste sage on leur laisera des lieux dédiés au moindre dérapage communautariste, on ferme tout.

            Nous dans pays très largement athé, il ne faut pas l’oublier et les on a donné dans notre histoire à cause des religions, on ne va pas recommencer.

            • baron 28 mai 2015 21:50

              Je voulais dire 

              que nous vivons dans un pays avec une population très largement athé, il ne faut pas l’oublier et on a payé très chers dans notre histoire à cause des religions, on ne va pas recommencer.

              • Laurent Simon 28 mai 2015 21:53

                @baron
                Ma question était : « voulez-vous qu’il soit lynché ? »  !!!


              • baron 28 mai 2015 22:01

                Donc, même la question de référent laixité est hors sujet et ce n’est pas à l’état de le financer, c’est ça la base de la laïcité.

                La règle doit être qu’à la moindre suspicien de signe ostentatoire, c’est dehors, si il y a un domaine ou ilnffaut être ferme c’est bien celui .à.
                Tout ça c’est du clientélisme communautariste pour récupérer des voix. 
                Je le dis haut et fort tant qu’on en à encore le droit, A BAS LA CALOTTE quelqu’elle soit.
                Nous sommes dirigés par des cinglés qui ouvrent des boites de pandores tout les jours.

                • Laurent Simon 28 mai 2015 22:08

                  @baron Je croyais que les laïcards de la pire espèce n’existaient plus à notre époque, celle qui veut faire la guerre... Je me suis trompé ! Pourtant la laîcité, ce n’est pas de faire la guerre aux églises, aux mosquées, etc. ! C’est de respecter chacun, qu’il croie ou non, qu’il soit athée ou agnostique.


                • baron 28 mai 2015 22:30

                  Vous confondez gentillesse et tolérance de la population qui est a plus de 80% athés avec l’acceptation du fait religieux dans la vie publique.

                  Les gens bouffent encore du religieux et à force de pousser le bouchon, ça va mal finir. 
                  Une relative tolérance ne signifie pas acceptation.
                  Pour l’instant il y a des petites minorités qui pavanent et la masse qui sert les dents ... Voilà la réalité.
                  De quelle droit l’état va payer des référents religion(prétenduement laïcité).
                  Cela est anticonstitutionnel à la base..
                  Reste à espérer que les libres penseurs vont s’attaquer à cette dérive inquiétante.

                  • Laurent Simon 28 mai 2015 22:37

                    @baron En quoi ces référents laïcité seraient ’religieux’ !?? En quoi serait-ce anticonstitutionnel ? Montrez le moi, merci !


                  • Alex Alex 29 mai 2015 00:13
                     Abdennour Bidar : combien de divisions ? 


                    • Laurent Simon 29 mai 2015 00:20

                      @Alex Combien de divisions dans l’E.N. ? 300 00M pers. ! Ou combien de musulmans écoutant A. Bidar ? Le mouvement a commencé avec quelques uns, M.Chebel par ex. (’l’islam des lumières’), il prendra du temps,
                       mais le mouvement existe, regardez en Tunisie, le seul pays ayant vécu les printemps arabes qui évolue de façon démocratique.


                    • baron 29 mai 2015 00:36

                      J’ai rédigez un cout mémoire, mais les bugs de l’agoravox mobile me l’ont effacé. Je ne vais pas recommencer.

                      En résumé, l’état sortirai de sa neutralité et devrait assumer toutes les actions en justice lié a ses choix,
                      De façon paradoxal, il pourrait a avoir à donner des conseils ou de se méler de religion à ses frais pour défendre une pratique religieuse 
                      Car en France seul la justice indépendante a le pouvoir de dire si un signe est ostentatoire ou non, si un acte viol la laicité ou non au regard de la loi.
                      L’état n’a pas le droit de sortir de sa neutralité et encore moins de financer une recherche argumentaire et un outill de médiation, ce qui va permettre de définir ce qui est dans les règle de la laïcité ou ce qui en sort. 
                      C’est un paradoxe qui n’est pas juridiquement tenable, puisque seul un juge peut dire ce qui est légal ou non. 
                      Cela reviendrai a transformer ce référent en conseiller juridique pour les religions et à prescrire ce qui autorisé ou non, hors le pouvoir legislatif n’a pas le droit de se meler et d’émettre des avis sur les croyances sauf si une religion est persécuté ou si elle crée un grave trouble à l’ordre publique. ce qui n’est pas le cas. 
                      La constitution interdit aussi toute subvention direct ou indirecte en faveur ou contre une ou des religions qu’elle ne peut pas légalement reconnaitre en tant que telle et encore moins travailler pour elle à ses frais.
                      En cas de recours lors d’une recommandation ou d’une décision de ce référent, l’état se trouverait devant les tribunaux pour justifier sa décision alors qu’il a une obligation de neutralité et de non ingérence, C’est un paradoxe et en droit constitionnel une situation paradoxale rendra impossible une décision de justice.
                      Ce référent est donc de fait anticonstitutionnel.
                      C’est un résumé rapide, mais l’application de la souveraineté du droit reste du ressort de la justice et non pas d’une décision ministériel ou d’un fonctionnaire qui se retrouverait a devoir travailler pour les religions ou contre elle ce qui est interdit puisque s’agissant d’une liberté fondamentale.
                      Bref, c’est a la fois illégale et concrètement un violation des lois.

                      • Laurent Simon 29 mai 2015 09:52

                        @baron Vous faites erreur. Si vous aviez raison, l’Etat ne pourrait pas faire de décret d’application, par exemple, ce serait au juge de décider !


                      • agent ananas agent ananas 29 mai 2015 12:41

                        Après le jeudi de l’Ascension et le lundi de Pentecôte, voilà un article qui tombe à point.
                        Vous avez dit laïcité ?


                        • soi même 29 mai 2015 13:48

                          S( i l’école fait une morale qui ne parle pas de fraternité alors que les religions parlent essentiellement de celle-ci, le risque est de voir se répandre dans l’opinion l’idée de deux morales concurrentes : celle de l’école et celle des familles.") La plus belle expression de ce hiatus est exprimé dans ce point de vue,
                          l’éducation est du ressort de la famille, l’intuition des professeur, si il y a défaillance des familles sur les l’éducation, c’est du ressort de l’éducateur spécialisé , il serait temps peut être de dire là je suis dans mon espace privé, l’État n’a pas à mettre les pieds ....


                          • Laurent Simon 29 mai 2015 15:27

                            @soi même
                            Le ’vivre ensemble’ suppose un certain nombre de valeurs. Et à partir du moment où la république française a une devise (de valeurs liberté, égalité fraternité), cela a nécessairement des conséquences, non ?
                            La laïcité est un principe qui découle de ces valeurs.

                            Prenons un exemple : dans certaines écoles, les enfants apprennent, très tôt, très concrètement, et très efficacement, à prévenir, et dénouer des conflits. Ce qui suppose le respect de certains principes simples. Cela pourrait être enseigné par les parents, mais l’expérience montre que les parents eux-mêmes ne connaissent pas ces principes simples, et surtout n’ont pas les pratiques correspondantes. (au passage, les enfants en question se servent de leurs acquis pour enseigner à leurs parents ces pratiques de prévention et de résolution des conflits, ce qui est tout bénéfice pour les parents et la société !)

                            De plus, et surtout, si l’on suppose que les parents (adeptes d’une certaine religion) enseignent quelque chose à leurs enfants qui ne serait pas compatible avec ces principes de vivre ensemble, y compris à l’école de la république, comment l’enfant ferait-il ? Si ces parents enseignent qqch qui n’est pas compatible avec le principe de laïcité, ce que l’on attend des personnels de l’E.N. c’est qu’ils expliquent très concrètement ces principes. Ce qui au passage pourra montrer en quoi ils sont utiles pour tous, y compris pour ces enfants, puisque ces enfants viennent à l’école.


                          • soi même 29 mai 2015 19:22

                            @Laurent Simon, Le ’vivre ensemble’ est une attraction mental de béotien qui espère qu’il suffit d’être bisous nounours pour aplanir sa platitude de pharisien ....


                          • Laurent Simon 29 mai 2015 20:09

                            @soi même Appelez le comme vous voulez. Mon article montre que je ne crois pas à un monde de bisounours, et que je suis le premier à exiger qu’il y ait des réactions immédiates pour éviter des dérives qui peuvent devenir gravissimes !
                            Ce n’est pas dans un monde sans règle que l’on peut vivre correctement !


                          • soi même 29 mai 2015 21:04

                            @Laurent Simon, l’on serra sur la même longueur d’onde quand vous aurez compris , ce que veux dire les forces anti social ...


                          • Laurent Simon 29 mai 2015 21:25

                            @soi même je ne cherche pas à être sur la même longueur d’onde... mais à échanger sérieusement. En tout cas, ces référents laïcité, cela me semble juste, bon, utile...


                          • Philippe Stephan Christian Deschamps 29 mai 2015 14:58

                            on peut se poser des questions sur l’avenir de l’école .
                            les élèves de demain prendrons en main leurs enseignements. ?
                            fin des diplômes ?
                            fin des prof. ?
                            nouveau paradigme. ?

                            Hackschooling makes me happy

                            sous titre français dans les paramétrés


                            • baron 29 mai 2015 19:08

                              Vous prenez un exemple interressant.

                              Effectivement, un ministre ne peut édicter, c’est a dire qu’un décret d’application est valable puisqu’il se réfère a une loi.
                              Mais la jurispridence est constante un ministre ne peut édicter, c’est a dire qu’un décret ministériel n’a aucune valeur légal si il n’entre pas dans le cadre précis d’une loi.
                              C’est à dire que tout ce qui n’est pas spécifié explicitement dans la loi est rejeté par les tribunaux, un décret en lui même n’a aucune valeur légale.
                              Un ministre, peut faire créer un référent laïcité,(religion) si la loi ne le prévois pas ou pire si la constitution l’interdit, ce décret ne pourra être exécuté, sauf si personne ne le conteste.
                              Pour info nous sommes dans système legislatif,.

                              • Laurent Simon 29 mai 2015 20:02

                                @baron Il y a malentendu. Il s’agit de préciser comment appliquer concrètement les lois existantes, et non de créer des pseudo lois !
                                Ces référents ne sont là que pour aider concrètement les enseignants.


                                • Laurent Simon 31 mai 2015 11:48

                                   @Crab2 3 remarques : ’une seule solution’ ? La ’solution’ présentée ainsi est généralement empreinte d’intolérance. Mettre au même niveau islamisme et religions... il y a là aussi un problème. ! L’slamisme suppose à la fois intégrisme religieux (qui existe certes avec d’autres religions) et volonté de baser la politique sur une telle lecture d’une religion.
                                  Et voir laïcité contre les religions, voilà une conception très peu conforme à la république !. 3 remarques, fondamentales, faites sur 9 mots, un record !


                                • lemouton lemouton 22 juillet 2015 17:14

                                  Pfff et encore toujours cet amalgame —> religion musulmane = synonyme de sunnisme..


                                  Cela n’a rien à voir... C’est pénible..
                                  85% des musulmans sont sunnites , ok et alors ??

                                  sunnisme = coran + 700 000 hadiths rapportés par 50 000 témoins de Mohamed.
                                  chiisme = coran + 100 000 hadiths (et encore ne sont pas reconnus par les chiites)

                                  mais surtout les comportements sociaux sunnites ou chiites, sont très différents...

                                  et ces differences sont les essences même du chiisme et du sunnisme..




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