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Accueil du site > Actualités > Politique > Le Grand Paris comme un New New York ?

Le Grand Paris comme un New New York ?

Que le Grand Paris est américain ! Copier les États-Unis n’est plus signe de vulgarité, mais de grandeur. La ligne bleue des Vosges a maintenant la silhouette de grosses maisons de banlieue d’un film américain crétin.

Comme prévu le Grand Paris se résorbe inexorablement dans de sombres questions de transports dont nous ne doutons pas qu’elles vont absorber les budgets, puis rapidement dissoudre les projets. On aurait tort de le reprocher, comment pourrait-il en être autrement ? A cette échelle du territoire et quels que soient les discours, seuls les transports déterminent l’urbanisme - on ne construit que près d’une voie - et comme les routes contemporaines n’empruntent en définitive jamais autre chose que les anciennes voies gauloises - pas forcément dans le détail, mais toujours dans leur destination - on comprend très vite que tout ce "foisonnement d’idées innovantes" des débats sur le Grand Paris ne résistera pas bien longtemps au principe de réalité : La vallée conduit la route comme une boule de flipper, en se riant des conférences. On ne déplace pas une voie ferrée avec des mots, même bons, même assisté par photoshop. Gageons que les réseaux de transport qui se construiront seront ceux prévus finalement de longue date par le Ministère de l’Équipement, et qu’il aurait construit même sans le Grand Paris. Pour impressionnants que soient donc ces investissements, la véritable nouveauté ne peut pas venir de ce coté là.

La consultation du grand paris nous satisfait, un peu, car c’est l’ébauche d’un intérêt pour un urbanisme de projet et non réglementaire, une reconnaissance de la capacité à imaginer d’une profession, mais elle nous hérisse, beaucoup, car les architectes et leurs projets ne sont que de la pub pas très chère pour une opération de communication, la volonté de remplir le vide intersidéral de la politique d’aménagement du territoire par un coût médiatique. La décentralisation a explosé toute vision d’ensemble, et toute volonté d’en avoir. La France n’est plus capable de grands réseaux d’infrastructure, n’arrive pas à faire le montage du canal seine-nord Europe, met des décennies à faire une ligne TGV quand parallèlement sont supprimées toutes les voies ferrées pénétrantes "vertes" et vertueuses. La France se désertifie, au grand bonheur des sangliers, chevreuils et lapins, tout en se faisant gangréner par une consommation d’espace délirante en lotissements et zone artisanales et commerciales indigentes ,l’équivalent d’un département part chaque année en espaces "urbanisés". Aucune réflexion face à un phénomène aux conséquences économiques, environnementales, sociologiques lourdes. Nous avons une gouvernance du verbe, pas de la réflexion ni de l’action. L’architecture est un enjeu de civilisation a dit N. Sarkozy, mais on est dans les faits très loin des années ou culture et réflexion avaient une signification... Rappelons que les lois de l’architecture datent de 1977 et 1985, nul doute que de telles lois seraient de la science-fiction aujourd’hui, comme le démontrent la dégradation constante du rôle des concepteurs dans les textes réglementaires (CMP) et, globalement, dans le processus de production du bâti et du cadre de vie. A quand un nouveau souffle, la reconnaissance de l’intelligence, la création d’un grand ministère de l’architecture et du cadre de vie ?

Nous regardons la Consultation internationale sur l’avenir de la métropole parisienne. Que le Grand Paris est américain ! D’abord dans le discours du Président de la République bien entendu, qui nous livre sans surprise son imaginaire amoureux dans lequel on peine à trouver dans ses mots quelque chose de grand qui soit français : "New-York", "Londres", "le film Avatar", "une grande entreprise américaine". Et si un jour notre président, lassé, nous quittait pour les États-unis ? Nous divaguons.
Puisque ce rêve baigne le souhait présidentiel, personne ne s’étonnera de retrouver ce désir étasunien dans les images des équipes d’urbanisme du Grand Paris. On les a retenues pour cela. Citons en vrac :

- un Central-parc bordé de gratte-ciels, au lieu d’être simplement vert et beau comme le parc de Versailles.

- des gratte-ciels américains comme s’il en pleuvait. Disséminés n’importe où et particulièrement là où personne n’en veut. Choquer fait évidemment partie intégrante de la stratégie, mais dans quel but ?

- la disparition des clôtures : les anglosaxons ne clôturent pas, les latins si ; la clôture est donc ringarde.

- des aérotrains monorail de Disneyworld,

- La liaison de la Capitale avec la mer, comme Londres, comme New York.

- et partout du nomadisme, du nomadisme, du nomadisme. Un bâtiment touchant le sol est visiblement une horreur. L’avenir est d’habiter un container.

Copier les États-Unis n’est plus signe de vulgarité, mais de grandeur. La ligne bleue des Vosges a maintenant la silhouette de grosses maisons de banlieue d’un film américain crétin. La culture française s’est longtemps demandée : "qui nous délivrera des grecs et des romains ?" Et bien aujourd’hui c’est fait. Notre antique et leste Périclès est désormais obèse, porte un jeans, un tee-shirt, et joue au casino. La messe (valant Paris) est dite : nous sommes gallo-américains.

Le plus effrayant dans tout cela est que jamais la singularité de Paris n’est traitée. Son unicité. Sa spécificité. A aucun moment il n’a été recherché et montré sa précieuse distinction architecturale et urbaine, afin de la protéger face à cette mondialisation qui aplatit tout, afin de l’affirmer pour un projet convenable. Ce Grand Paris aurait pu être tout aussi bien un Grand Sao Paulo, un Grand Toronto. Dès que l’on parle du Paris historique et tant aimé, on nous répond que l’on veut le muséifier. Il s’agit bien de cela ! Un écrivain qui n’a jamais lu aucun livre ne sera jamais un bon écrivain. Une ville qui ne s’intéresse pas à sa propre architecture n’en construira jamais une nouvelle. Comme le dit cette publicité d’une radio - si tu n’as pas de nostalgie, tu n’as pas d’avenir - et comme nous le dit aussi à chaque page et bien mieux que nous l’écrivain le plus grand : l’art véritablement novateur recherche le temps perdu. Si nous voulons véritablement relancer la Capitale vers un avenir désirable, nous avons d’abord besoin de comprendre l’architecture parisienne (et des autres régions), identifier la qualité d’un ouvrage, la typicité de son origine géographique, un savoir-faire de nos entreprises reconnu et apprécié. Il ne faut pas craindre que cela bridera la création. Paris n’est pas New-York, Shanghai ou Dubaï, ne cédons pas aux clichés internationaux, tartinés de salade sur le toit pour être "vert". La qualité de l’architecture ne se mesure pas à des objets isolés emblématiques, qui flattent ego et médias, et qui sont le reflet de modes datées.

Osons l’innovation, donc, mais sans oublier l’histoire, et l’homme. La ville n’est en fait que le reflet de la société qui la produit. Elle devrait être belle, douce, écologique et solidaire, et non seulement générée par des intérêts économiques spéculatifs. Pour cela il nous faut une culture et une volonté partagées, une conscience des enjeux de société sur le long terme, une mise en chantier d’une politique urbaine à l’échelle des territoires.
Nous verrons alors éclore une architecture réellement novatrice et spécifique, poétique et romantique, exégèse d’une société apaisée, l’avènement d’un nouveau style typiquement français ?



Denis Dessus, Isabelle Coste, David Orbach architectes urbanistes, ingénieur.


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28 réactions à cet article    


  • Pierre de Vienne Pierre de Vienne 6 avril 2010 11:55

    Article très intéressant, qui décrit très bien les inepties qui érigent en standard idéal le pavillon de banlieue, la résidence mortifère égarée au milieu de nulle part, payée par crédit qui épuise son propriétaire, et qui suppose des déplacements en voiture pour la moindre des courses.

    D’accord avec vous aussi quand vous critiquez cette uniformisation à l’américaine, quand vous rappelez avec justesse que l’urbanisme et l’architecture c’est aussi affaire de géographie et d’histoire. 
    Par contre, quand pour conclure, vous appelez à la création d’une architecture au style « typiquement français », je crains que vous vous égariez, en réaction, dans une impasse, un conformisme un peu inquiétant.

    • Vox Populi 11 avril 2010 20:38

      @franck2012

      En sommes il n’y aurait plus de frontière entre mercatique et architecture. C’est malheureusement tellement vrai...

      Comment « créer » de la valeur sur du vent, sur du concept, sur de l’image... Mais plus sur de la richesse réelle : Bien non cela demanderait du travail, on ne pourrait pas aussi bien spéculer syr quelque chose de si concret.
      Eh bien bientôt on pourra peut-être spéculer sur le concept de Paris et l’étirer à l’infini sans que cela ne veuille dire quoi que ce soit... Quel progrès !


    • georges94 6 avril 2010 15:18

      Paris est une ville de bobos, ou plus exactement où les bobos font la loi.
      C’est aussi une ville musée.
      Alors quand quelqu’un veut changer quoi que ce soit à cet état de fait ................
      Un Paris vivant, fait pour des vrais gens, vous n’y pensez pas, quelle horreur !!!!!!!!!!!!!
      Et une ville qui respecterait les autres, Vous n’y pensez pas non plus !!!!!!!!!!!!!!!
      Pour être sérieux un instant, le projet actuel n’est peut-être pas génial mais il a au moins le mérite d’exister et de faire réfléchir.


      • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 6 avril 2010 18:09

        +1, Georges94.


      • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 6 avril 2010 18:09

        Franchement, l’anti Sarkozysme pour l’anti Sarkozysme , ca rime a quoi ?


        En plus, vous etes des professionnels du sujet que vous traitez, donc on a du mal a comprendre que vous puissez melanger des sujets aussi disparates que les tours a Paris (un enjeu architectural qui depend de la Mairie) et les infrastrctures du Grand Paris (un probleme ministeriel).

        Pour info (mais ca, vous le savez, bien sur), les grattes ciels a l’americaine dans Paris,
        la Mairie de Paris (Delanoe, PS) est POUR
        http://archives.lesechos.fr/archives/2008/lesechos.fr/07/08/300278831.htm
        seuls les verts et l’UMP sont contre


        la disparition des clôtures : les anglosaxons ne clôturent pas. ==> Arretons l’usage du terme anglo saxon. Deja ca serait plutot anglo americain. Ensuite vous etes archi DONC vus savez que les brits font soit du mitoyen, soit du cloturé. http://www.vizek.net/gallery/England%202008/index.html
        Les anglais et les americains s’opposent sur tant de sujets ...


        des aérotrains monorail de Disneyworld, ==> Ou comme la Beauce (France), ou Wuppertal (Allemagne)  


        La liaison de la Capitale avec la mer, comme Londres, comme New York. ==> Ou comme a Amsterdam, Venise a l’epoque ou meme Stockholm. En plus le projet du Grand Paris Maritime semble etre une histoire qui remonte, si on en croit ce site, a Napoleon ! 

        En plus, vous tombez dans le cliché qui consiste a reduire la culture US aux pratiques culturelles US populaires, ignorant la difference entre le style Nouvelle Angleterre et le styke Deep South, et ignorant en plus les cotés les plus glorieux de la culture francaise Bob Ricard, TF1, boules de petanque et Renault Fuego.

        bref, cet article, qui aligne des clichés et ne presente meme pas de scenario alternatif a la vision dirigiste sarkozyste du Grand Paris, devrait faire honte aux professionnels de l’architecture et de l’urbanisme que vous etes.


        • David Orbach David Orbach 6 avril 2010 19:19

          Merci pour votre commentaire avec lequel vous vous en doutez, nous ne sommes d’accord en rien, mais qui est fouillé (quoique peu aimable). Quand à nos propositions, ce sera l’objet d’un prochain article (celui-là est déjà long) Patience donc.


        • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 6 avril 2010 19:38

          j attends avec impatience vos propositions !

          cordialement

          eleusis
          http://leparisienliberal.blogspot.com/


        • viva 6 avril 2010 20:49

          Pas de problème pour le grand Paris si ce sont les Parisiens qui payent, si ce sont les français qui vivent en région c’est autre chose,

          Sur le principe même l’idée d’un grand Paris est profondément idiot, la concentration urbaine est certainement une des pires choses qui soient arrivée à l’humanité.

          Tant que les urbains Parisiens ne se rendent pas compte qu’ils mènent une vie détestables, les politiques ont sans doute raison de leur vendre du bonheur en décrétant des projets architecturaux , des noeux ferroviaires et des périphériques ....


          • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 7 avril 2010 08:02

            Et bien ca tombe bien, les parisiens et les franciliens paient deja tellement pour les autres regions ! Si le Grand Paris est un moyen de leur rendre un peu ...


          • viva 7 avril 2010 08:42

            @ eleusis

            Cela est strictement faux.

            Les batiments nationaux sont financés par l’état et non par les impots des Parisiens, de même pour les traveaux d’infrastructure. Les PArisiens paient peu d’impot comparativement aux autres régions et la ville de Paris reçoit des aides spécifique de l’état .

            Les aides à la RATP sont financés par un prélèvement sur l’ensemble des salariés de France.

            Les fonctionnaires bénéficient d’un salaire supérieur, les entreprises privées obligées de s’installer sur Paris pour raison de centralisation admlinistrative , sont contraintes de rémunèrer plus leurs salariés ce qui plombe largement leur compétitivité 

            La ville de Paris est donc financée en grande partie par l’ensemble des français. L’inverse n’est pas vrai


          • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 7 avril 2010 13:34

            je savais que je n aurais pas du repondre si vite sans les chiffres
            vivo me donne l’occasion de les donner, au niveau de l’Ile de France
            (par avance desolé de casser les lieux communs que vous enoncez !)

            Donc, les franciliens et l’Ile de France pesent

            * 18,5% de la population francaise (11 / 63 millions) http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&id=204

            * 21.8% de l’emploi national http://www.iaurif.org/nos-etudes/detail-dune-etude/etude/emploi-et-territoires-la-trajectoire-de-lile-de-fran.html

            * 28.3% du PIB Francais (555 milliards / 1950 milliards ) http://www.insee.fr/fr/themes/detail.asp?ref_id=cnat-region&reg_id=99

            * 38% de l’impot sur le revenu versé en France en 2008 ! TRENTE HUIT POUR CENT, ou 19 milliards sur 51 milliards. 
            http://www2.impots.gouv.fr/documentation/statistiques/ircom2007/region/regi on.htm

            Les Franciliens, qui disposent d’un revenu BRUT indice 150 si on met la moyenne francaise (par region) a 100, ont un revenu disponible des menages de 109 apres taxation diverse, toujours par rapport a une moyenne frncaise (par region) a 100.

            Les Franciliens contribuent donc largement a financer la France.


          • georges 7 avril 2010 06:05

            Deja l urbanisme de Paris intra muros manque d anarchie comme dans les villes anglosaxonnes , c est a repenser , tout est trop codifié , aseptisé , immobile , conservateur , comme dans une ville socialiste tiens..

            Plus géneralement on pourrait s inspirer des villes americaines d il y a quelques décénnies , il faut juste trouver un moyen de vider intra muros de sa population aisée et y (re)mettre les classes moyennes et populaires

            Ainsi les moins nantis evolueraient enfin dans un environnement propice a la réussite et a l épanouissement et la ville ne serait plus sujette a la muséification pronée par les ayatollahs du parisiannisme branchouille , retrouverait de sa vitalité et de son dynamisme tandis que les populations aisées iraient s installer dans la couronne pour rebatir des banlieues design , des universités, des entreprises, des tours d affaires , un metro géant et auront toute le verdure dont ils revent .

            En plus les deputés et hauts fonctionnaires travailleraient au milieu de leur peuple ,les symboles ca compte aussi .Evidemment l aristrocratie hurlerait a la démagogie , au fameux populisme qui les effraient tant il boulverse l ordre établi , mais c est le peuple qui gouverne mes canards .Reste a imaginer un tel dispostif legislatif et reste a trouver des élus favorables

            J ai compris je sors


            • georges 7 avril 2010 06:13

              il fallait bien sur comprendre : copier l anarchie des viles anglosaxonnes
              On pourrait tirer parti de ce prestigieux patrimoine en le fondant dans un cadre populaire , un kebab a coté de l Elysée j en reve !


              • stephanemot stephanemot 7 avril 2010 06:42

                Un constat : a l’image de notre president sur talonnettes, Paris est une petite ville qui a le don de se facher avec son entourage.

                Complexe americain ? Non. Simplement un pensum reprenant l’ensemble des cliches balances depuis quelques annees sur la ville du futur, mais sans la capacite de trancher ni d’apporter une vision claire et coherente.

                A l’instar de Sarko, un manque de hauteur et de sens de l’histoire.


                • lucange 7 avril 2010 07:52

                  voici 4 ans, j’ai eu l’occasion de voir un congrès d’urbanistes dédié au transport en France (organisé par des énarques, parrainé par plusieurs ministres et ex-ministres des transports) : à chacune des présentations d’anticipation urbanistique - pour quelque ville que ce soit - la construction de route bitumée en remplacement des voies ferrées paraissait indispensable à tout ce beau monde, avec des plans d’aménagement définis jusqu’à 2070... des délocalisations de gares en périphérie et une desserte urbaine par véhicules individuels... ça me parait surréalistes de vendre de tels concepts ancrés dans notre époque, sans se préoccuper d’intégrer la moindre évolution technologique ou les contraintes écologiques plausibles.


                  • rocla (haddock) rocla (haddock) 7 avril 2010 08:50

                    OK........


                    • rocla (haddock) rocla (haddock) 7 avril 2010 08:53

                      OK.........


                      • frédéric lyon 7 avril 2010 08:57

                        De l’auteur 


                        « Paris n’est pas New-York, Shanghai ou Dubaï, ne cédons pas aux clichés internationaux, tartinés de salade sur le toit pour être »vert« . 

                        Certes, certes. Comme cela est bien dit, avec un mouvement du menton.

                        Mais notre auteur ne semble pas avoir suffisamment voyagé, car il aurait fallu dire :

                        Paris n’est pas comme New-York, Shanghai, Dubaï, Fortaleza, Santiago, Guadalajara, Francfort, Salvador, Buenos Aires, Bangkok, Manille, Tokyo, Taipei, Kunming, Curitiba, Recife, etc.etc.

                        Sur tous les continents des villes continuent de se bâtir et de s’étendre, en reprenant le même modèle, que notre auteur, par commodités de langage sans doute, veut appeler le »modèle américain« .

                        Il ferait mieux de nous dire en quoi »« Paris n’est pas New-York, Shanghai ou Dubaï », ce qui n’est pas une grande découverte en soi, mais qui n’explique pas pourquoi tout ce qui se construit aujourd’hui dans le monde, parfois autour d’un centre très ancien, ressemble à une architecture de notre temps, commune à tout le monde.

                        Car il doit y avoir une bonne raison à cela.



                        • David Orbach David Orbach 7 avril 2010 09:00

                          ... Plus probablement une mauvaise.


                        • frédéric lyon 7 avril 2010 09:40

                          L’erreur est donc universelle et vous êtes dans le vrai.


                          Je vous souhaite bon courage pour la suite !

                        • Defrance Defrance 7 avril 2010 10:13

                          Il n’ y a pas UN Paris ! De Paris Charles de Gaulle (qui ne se trouve en fait pas a Paris) , a Paris la Défense on peut traverser de nombreux arrondissements, presque tous différents !

                           J’ai coutume de dire que la France ne serait pas la France sans Paris, mais que actuellement Paris n’est plus la France ! Et ce n’est pas une question d’architecture, mais de mentalité ? La Mentalité qui gagne du terrain est celle de PARIS sur Fric, a l’ouest et nord ouest de Paris. Le Paris des arts est devenu le Paris désert, le Paris des Halles, avec sa magnifique chaufferie en plein air est le Paris du Trou (des halles) !

                           Bref je n’ai rien contre la ville de Paris en tant que telle, mais mon rêve serait de voir la fin du stationnement du pouvoir Politique et Financier a Paris pour retrouver un peu d’honnêteté !

                           Mon souhait serait de refondre le Parlement et le Sénat et de les voir siéger, avec les assemblées régionales, a Lille, a Strasbourg, a Amiens .. Bref, les dégraisser un peu et les voir tourner tous les NEUF mois dans les capitales de Provinces.

                           , Cela aurait pour effet de faire , contrairement a ce que l’on peut penser, des économies ( les hôtels, restaurants .. ) sont nettement moins cher ! De plus on pourrait alors leurs balancer des tomates, ou des œufs pourris de temps en temps, de leur coté il verraient du pays (leur pays) . Les epousent retrouveraient leur maris le temps d’une session et cela permetrrai aux maitresse de sereposer , ou d’etre plus nombreuses ?
                           Comme les marins, une femme dans chaque port ?

                           Les Lobby se mettraient alors un peu plus a découvert et seraient obliger d’arroser autre chose que le 9-2 , le XVI et le VIII et Paris se mettrait peut etre a revivre une autre histoire ?

                           Paris est totalement saturé, d’un point de vue acces et je trouve ridicule que l’on continue cette expansion sans penser a ceux qui vont devoir s’y rendre chaque matin pendant toute leur vie professionnelle !
                           
                           Il faudrait interdire la voiture aux Parisiens , ils ont des transports en commun que n’ont pas les provinciaux qui veulent de temps a autre se rendre a Paris mais qui ne trouvent plus de place pour se garer , ni même un agent au carfrefourd pour demander sa direction ?

                           Paris est une prostituée qui commence a se faire vieille ?


                          • Defrance Defrance 7 avril 2010 10:21

                            En parlant des constructions « de notre temps »
                             
                             Je trouve dommage que l’on soit obligé de mettre des filets a certaines « Façades de notre temps » pour "canaliser leur chutes ? Hausmann n’a jamais eut recours a ce procédé ?


                            • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 7 avril 2010 13:57

                              Vivo, questions pour vos propos

                              Les batiments nationaux sont financés par l’état et non par les impots des Parisiens, de même pour les traveaux d’infrastructure.
                              ==> Exemple concret SVP
                              Les PArisiens paient peu d’impot comparativement aux autres régions et la ville de Paris reçoit des aides spécifique de l’état .
                              ==> Exemple concret SVP, quelles sont ces aides ?
                              Les aides à la RATP sont financés par un prélèvement sur l’ensemble des salariés de France.
                              ==> Relisez la loi, au lieu de divaguer

                              LOI 82-684 du 04 Août 1982
                              Loi relative à la participation des employeurs au financement des transports publics urbains
                              Entrée en vigueur le 05 Août 1982

                              Article 5

                              Toute personne physique ou morale, publique ou privée, employant un ou plusieurs salariés à l’intérieur de la zone de compétence de l’autorité organisatrice des transports parisiens, doit prendre en charge, aux taux de 40 p 100 à compter du 1er novembre 1982 et de 50 p 100 à compter du 1er octobre 1983, le prix des titres d’abonnements souscrits par ses salariés pour leurs déplacements effectués au moyen de transports publics de voyageurs, entre leur résidence habituelle et leur lieu de travail. Cette prise en charge est limitée aux parcours compris à l’intérieur de la zone définie ci-dessus. Un décret détermine les modalités de la prise en charge prévue au présent article, notamment pour les salariés ayant plusieurs employeurs et les salariés à temps partiel, ainsi que les sanctions pour contravention aux dispositions du présent article.

                              Les fonctionnaires bénéficient d’un salaire supérieur,
                               ==> Oui, vous avez raison ! (enfin !)
                              + Elle est fixée en pourcentage du traitement brut (3% pour Paris et région Ile de France).
                              http://www.dr2.cnrs.fr/spip.php?article630
                              Elle existe aussi a hauteur de 1% dans les grandes villes francaises type Lyon ou Marseille, il faut que vous le disiez.
                              Ca reste inferieur aux 25% a 40% dans les DOM TOM
                              http://etranger.sgencfdt.free.fr/TOM/index.htm


                              les entreprises privées obligées de s’installer sur Paris pour raison de centralisation admlinistrative ,
                              ==> non
                              1. les entreprises fuient Paris et l’Ile de France http://contenu.mediterranee.monster.fr/17378_fr_p1.asp
                              2. les zones les plus dynamiques en matiere de creation d’entreprises et d’emplois privés sont desormais le Sud http://www.lefigaro.fr/lentreprise/2009/04/14/09001-20090414ARTFIG00467-entreprises-la-revanche-des-regions-desheritees-.php ce qui leur permet de commencer a compenser le poids qu’elles representent pour Paris vu la masse de fonctionnaires et de retraités qu’elles hebergent.

                              sont contraintes de rémunèrer plus leurs salariés ce qui plombe largement leur compétitivité
                               
                              ==> La valeur ajoutee par salarié reste superieure en Ile de Framce malgré les salaires. De toutes facons votre assertion n’a rien d’automatique. Le Luxembourg remunere mieux ses salariés que les Bahamas, pourtant, la valeur ajoutee y est superieure.


                              • Henri François 12 avril 2010 07:36

                                Un Grand Paris ?
                                Mais pourquoi « foutre » ?


                                • vincente 12 avril 2010 11:53

                                  Paris est une des villes les plus denses du monde en terme de m² construit rapporté au km², voire La plus dense. On dirait pas hein ?

                                  Des rues relativement étroites, des parcelles denses en R+6 avec de toutes petites cours intérieures et des espaces verts un peu partout. La ville est déjà construite sur un modèle de densité performant et élaboré, culturellement compatible. On peut alors se demander pourquoi aller chercher ailleurs ce qui marche très bien chez nous depuis des siècles.

                                  J’ai suivi une conférence ou le type (urbaniste) nous montrait l’envers du décor des villes du monde en 2010. Lorsque vous quittez les clichés des quartier historiques typiques, et cherchez le vrai visage de chaque cité, vous vous rendez compte qu’il est parfois impossible de dissocier "New-York, Shanghai, Dubaï, Fortaleza, Santiago, Guadalajara, Francfort, Salvador, Buenos Aires, Bangkok, Manille, Tokyo, Taipei, Kunming, Curitiba, Recife". On voit du béton partout, des typologies semblables, des tours, etc...
                                  Effectivement, il y a une bonne raison, ça coute moins cher.

                                  En fait le vrai drame de ce débat c’est que ça ne concerne pas les architectes. Cela a juste permis aux agence d’architectes de faire un bon coup de pub, ils auraient eu tort de pas en profiter.

                                  Ce n’est même pas nécessairement une question de densité. Cette ville fonctionne sur un système centralisé inapte qui fait que voyager d’une ville de banlieue à une autre relève prend autant de temps que d’aller à l’autre bout de la France. C’est un problème d’accessibilité, de transports.

                                  Je vois pas comment, avec de beaux bâtiments design couronnés de salade verte, comme avec de consensuelles architectures issues d’une pieuse manustrupation nostalgique sur le patrimoine on résoudra ces problèmes. 3 ou 4 lignes de RER périphériques correctement articulées et on n’en parle plus...


                                  • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 13 avril 2010 12:37

                                    votre commentaire est tres interessant

                                    mais ne melangez vous pas le Grand Paris avec la densification de Paris ?


                                  • vincente 13 avril 2010 14:31

                                    absolument, à mon sens les deux notions sont intimement liées. Par exemple lorsque vous créez une nouvelle station de RER quelque part, instantanément les prix des terrains montent en flèche et les quartiers environnants se densifient.

                                    Par contre la question de la forme de la densité et du visage du Paris qui en découle (celle qui intéresse les architectes) vient à mon avis après celle de la décentralisation et des réseaux.

                                    Je trouve l’analyse des différents concurrents comme Lin et Portzamparc très intéressantes, mais je comprend pas pourquoi ils cherchent à partir de ça à nous vendre des tours et des central park.
                                    Pourquoi confondre nœuds, « rhizomes », pôles d’activité, et densité avec hauteur ?

                                    Enfin bon c’est compréhensible, ce sont des architectes, vous leur donnez un sujet comme celui là ils ne peuvent pas s’empêcher de produire des visions spectaculaires. La tour c’est l’objet de tous les fanstames, c’est beau, cristallin, phallique, symbolique, futuriste et puis on a l’impression qu’on peut dégager de gigantesques espaces verts aux alentours.

                                    Vous vous rendez compte ? Vous êtes au coeur de la métropole, vous avez accès à toutes ses infrastructures, et d’un coup d’ascenseur vous avez les pieds dans l’herbe, entouré de grand champs à perte de vue....

                                    Seulement construire en hauteur n’a JAMAIS permis de libérer les grands espaces verts au sol qui font rêver tout le monde. Non seulement parcequ’on cherche systématiquement à rentabiliser toutes les surfaces, mais aussi parce qu’une tour a besoin d’énormément d’infrastructure au sol pour fonctionner.

                                    L’avenir est horizontal...


                                    • Florestan 16 avril 2010 12:41

                                      Va-t-on continuer à massacrer la belle idée ? A savoir un « Grand Paris » qui ne doit plus ignorer ce qui se trouve au-delà du périphérique ? 

                                      Le gros problème du « Grand Paris » c’est la définition de la maîtrise d’ouvrage et la définition du projet lui-même (architecture ? urbanisme ? infrastructure ? périmètre...). C’est très complexe et la méthode Sarko-Blanc n’en est pas une ! Autre conséquence : le Grand Paris dans le Bassin parisien. C’est important d’y penser enfin...

                                      Je suis d’accord sur le fond avec ce coup de gueule d’architectes et d’urbanistes qui n’apprécient pas la posture (l’imposture ?) de certaines « grandes signatures » (Jean Nouvel ?) mais ayant à suivre de très très près ce dossier pour le compte d’un groupe de citoyens normands s’intéressant à l’avenir de la Normandie (région voisine et directement intéressée par le Grand Paris si possible tourné du bon côté, à savoir la mer...) j’aimerais apporter quelques informations précises et quelques réflexions.

                                      1 Le « Grand Paris » concrètement ça va être une histoire de tunnels et de réseaux ferroviaires pour interconnecter la petite couronne : c’est le 11ème et vrai projet qui avance actuellement celui de la taupe Christian Blanc secrétaire d’état ad hoc. Pendant ce temps on amusait la galerie avec les jolies images « photoshop » de quelques imposteurs internationaux... (qui ont fait tout de même phosphoré plus de 500 professionnels sur le sujet, les 10 équipes réunies...). En juin prochain, le projet de loi créant la société d’économie mixte du Grand Paris arrive devant le Parlement.

                                      2 Le périmètre et le cadre stratégique du « Grand Paris » qui a les faveurs du gouvernement et donc de l’Elysée c’est celui qui a été proposé par Antoine GRUMBACH : le Grand Paris qui se reconnecte à la mer via le val de Seine jusqu’au port du Havre : C’est Grumbach (un urbaniste intelligent) qui va être chargé d’être le chef d’orchestre du Grand Paris en animant le futur atelier international d’architecture et d’urbanisme du « Grand Paris » en coordonnant le meilleur des 10 propositions. Le malentendu demeure néanmoins : tout le monde a cru qu’il y avait un concours international, eh bien non ! En France le fait du prince fait loi !

                                      3 Autre malentendu : « Paris Métropole » ; l’IAURIF ; le SRDIF ; et les élus franciliens on en fait quoi ? Delanoë et Huchon veulent un arrêt total de l’opération, espérant un enlisement complet de l’opération avant... 2012

                                      4 Le lobby havrais qui n’est pas encore un lobby normand est très actif : c’est Antoine Rufenacht qui a poussé le projet de l’urbaniste Grumbach là où il le fallait, non sans raisons et avec une vraie vision de long terme (une rareté en France désormais). Un « Grand Paris » maritime permettrait de faire renaître un des axes majeurs de la géographie française à savoir Le Havre-Paris-Lyon-Marseille et faire prendre conscience à ces terriens de parisiens que la Normandie n’est pas peuplé de culs-terreux enduits de crème fraîche qu’on supporte parfois le temps d’un week-end mais le premier potentiel maritime de la France, puissance maritime qui s’ignore en Europe et dans le Monde. Paris s’est depuis 30 ans repliée sur elle-même et s’est raccrochée à l’Europe via les TGV et les autoroutes du Nord-est oubliant que la Seine s’écoule jusqu’à la mer la plus fréquentée du monde en traversant la Normandie qui possède l’un des plus grands potentiels régionaux de France.

                                      Problème : politiquement et administrativement la Normandie est en miettes tout comme la région parisienne. En Normandie : deux régions administratives ; cinq départements ; trois grandes agglomérations avec des élus socialistes ou ump qui ne sont pas d’accord sur l’idée de fusion régionale mais qui se rejoignent au moins sur deux points essentiels :
                                      1 Ne pas subir
                                      2 Obtenir le maximum (le TGV normand) ... avant une éventuelle fermeture définitive de la fenêtre de tir du Grand Paris... après 2012.

                                      Le « Grand Paris » est donc une pétaudière, il importe de ne pas ajouter une pétaudière normande à la pétaudière du « Grand Paris »

                                      C’est pourquoi, le 4 mai prochain, Antoine Rufenacht, le maire UMP du Havre a invité MMme Delanoë (ville de Paris) ; Fabius ; Fourneyron (agglo et ville de Rouen) ; Duron (agglo et ville de Caen) ; Beauvais (CR basse Normandie) ; Levern (CR haute Normandie) et Huchon (CR Ile de France) : face aux grands barons socialistes normands et parisiens qui entretiennent la cacophonie sur le Grand Paris (ça va du tout contre au pour avec conditions) ou sur l’avenir de la Normandie( les socialistes bas-normands veulent réunifier les socialistes haut-normands notamment Levern s’y refusent), le grand pari de Rufenacht est de les obliger à prendre parti sur un vrai enjeu sur un vrai sujet d’intérêt général !

                                      Le rapport Attali commandé par les trois chambres de commerce de l’estuaire normand dont le texte a été finalisé le 30 mars dernier sera l’enjeu des discussions : Jacques Attali précise qu’une meilleure organisation du territoire entre Paris et la mer est une nécessité absolue et qu’on ne peut plus se permettre d’attendre plus longtemps. On a perdu près de 30 ans...

                                      De fait la fusion régionale normande devient un enjeu national pour permettre la réussite du « Grand Paris »...

                                      Mais il ne faut pas oublier, bien sûr ! que la France est le seul pays au monde à organiser un référendum sur la fin du monde en 2012...

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