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Accueil du site > Actualités > Politique > Le mauvais buzz du maire de Grenoble Eric Piolle

Le mauvais buzz du maire de Grenoble Eric Piolle

Elu à la mairie de Grenoble à la surprise générale grâce à une habile opération de communication, Eric Piolle et sa majorité mêlant Ecologistes et Parti de Gauche viennent de se prendre les pieds dans le tapis en cherchant à régler son compte à l'orchestre de musique classique de la ville au nom des restrictions budgétaires.

Un véritable raz de marée : en quelques jours, plus de 6 500 personnes ont signé la pétition mise en ligne par l'orchestre des Musiciens du Louvre Grenoble, pour protester contre la dénonciation du contrat qui le lie à la mairie jusqu'en 2016, et la suppression pure et simple de la subvention dont il bénéficiait (438 000 euros en 2014), aux noms des contraintes budgétaires. Une décision d'autant plus mal perçue qu'elle a été annoncée quelques jours seulement avant les premières "Assises citoyennes de la culture", censé permettre aux Grenoblois d'exprimer leurs volontés sur de tels sujetsl. Pour le coup, ils se sont exprimés ! Le lâchage en règle de cet orchestre de musique classique d'envergure internationale, en résidence à Grenoble depuis près de 20 ans et très apprécié de la population locale, serait-il le premier faux pas dans la communication bien huilée du maire Eric Piolle, élu en mars dernier à la tête d'une coalition EELV-Front de Gauche ?

 

La belle histoire du maire normal

Inconnu des Grenoblois quelques mois avant les municipales, l'écologiste s'est façonné de toutes pièces une image d'homme simple, proche des « vrais gens » : toujours vêtu d'une veste noir, d'une chemise blanche et d'un jean (y compris aux manifestations officielles), il circule à bicyclette et ne manque jamais une occasion de dénoncer l'emprise des grandes entreprises et des banques. A l'en croire, il aurait d'ailleurs été licencié du groupe informatique HP fin 2010 pour avoir refusé de mettre en place un plan de licenciements en Roumanie. Une « belle histoire » finement brodée et habilement exploitée durant la campagne par son conseiller en communication qui n'a pas résisté au plaisir de s'en vanter ensuite au journal local. Le Postillon.

Suite de la légende : après ce départ en héros du groupe informatique, Eric Piolle aurait démarré une carrière politique fulgurante qui l'aurait porté en quatre ans à la tête de la capitale des Alpes, une municipalité de 160 000 habitants. Dans les semaines qui suivent son élection, on verra dans la presse ce maire "normal" danser sur le tube "Happy" avec des enfants dans un parc, jouer au football avec les jeunes des quartiers, ou s'adonner à sa passion pour le ski de randonnée dans les montagnes environnantes. 

 

Un politique ambitieux

Sauf que cette image construite de toute pièce est le fruit d'une communication parfaitement orchestrée. Car l'homme qui s'est présenté en 2012 devant les Grenoblois est plutôt, si l'on s'en tient aux faits, un politique ambitieux qui rêve depuis longtemps à un destin national. Dès 1997, à l'âge de 24 ans, Eric Piolle était déjà candidat aux élections législatives dans la 8ème circonscription de l'Isère sous l'étiquette Divers Gauche (1.35%). En 2002, c'est son épouse, Véronique Piolle, qui se présente dans la 1er circonscription, tandis que lui est suppléant dans la 3ème (0,69%). En 2007, il fait l'impasse, trop occupé sans doute par son travail de cost killer chez HP… Ou par la société de gestion des risques financiers domiciliée à Singapour qu'a cofondée ce farouche pourfendeur du grand capitalisme. Eric Piolle est de retour aux législatives de 2012 dans la 1er circonscription, cette fois sous l'étiquette Europe Ecologie Les Verts, plus en forme que jamais (7.73%).

Entretemps, notre ingénieur a quitté HP. Licencié pour avoir refusé un plan de licenciement, nous dit sa biographie officielle. Il faut cependant noter que le groupe informatique avait mis en place à cette époque un plan de départ volontaire exceptionnellement généreux, qui fait aujourd'hui encore référence dans l'entreprise : un salarié de moins de 50 ans pouvait empocher jusqu'à 250 000 euros, les autres jusqu'à 400 000 euros... dont une bonne partie exonérée d'impôts. De quoi démarrer dans de bonne condition une carrière politique... Car le 26 mars 2010, quelques mois avant la fermeture du "guichet" chez HP, notre écologiste a enfin réussi à se faire élire, non pas au Parlement mais au conseil régional, sur la liste du socialiste Jean-Jacques Queyranne 

 

Créer le buzz

Avant de se présenter aux élections municipales de Grenoble en 2014, celui qui est déjà un routier des campagnes électorales prendra soin d'effacer de son CV toutes traces d'activité politique avant 2010, pour apparaître comme un homme neuf. Une victime du capitalisme moderne. Un héros. Et ça marche : profitant de l'usure du pouvoir socialiste tant au niveau national que municipal, et du rejet dont souffre la droite locale depuis les années Carignon, le sympathique candidat à bicyclette, appuyée par une équipe de campagne bien organisée, crée la surprise en arrivant en tête au premier tour. Il se voyait en premier adjoint d'un maire socialiste ? Le voici maire à la tête d'une majorité EELV-Parti de Gauche.

Les premiers mois, Eric Piolle continue de jouer à fond la carte de la communication : il crée le buzz en proposant de revendre au maire de Nice les caméras de surveillance installée par la précédente municipalité (avant de faire machine arrière) ; il invite les sans papier et les intermittents du spectacle à venir s'exprimer devant le conseil municipal ; plus récemment, il s'offre une tribune national en en annonçant le démontage des panneaux publicitaires JC Decaux de la ville. Le premier écologiste à diriger une grande ville en France, est un bon client pour les journaux et les télés.

 

Co-construction

Pendant que le maire fait sa pub au niveau national (en prévision des législatives de 2017 ?), dans la capitale des Alpes, les grandes manœuvres ont commencé. Le programme de la nouvelle municipalité peut se résumer en un mot (d'ailleurs assez laid) : co-construction. Tout peut se co-construire : l'urbanisme, le budget, la culture… La nouvelle majorité lance en grandes pompes ses "Assises de la citoyenneté" pour impliquer les Grenoblois dans les décisions.

Joli coup de pub là aussi. Car avant même que ces conseils citoyens soient mis en place, des décisions autocratiques sont prises. Notamment, dans le domaine culturel, sous l'impulsion de quelques élus revanchards qui, après des années d'opposition ont enfin le moyen d'imposer leur conception d'une vraie culture citoyenne. La purge a commencé : en quelques mois, Grenoble a dit adieu au Tour de France, aux Trois Jours cycliste et au Festival du Cirque. Le théâtre privé parisien est lui aussi sur la sellette, et la musique classique donc avec les Musiciens du Louvre Grenoble.

Sauf que la décision de sacrifier l'orchestre de la ville sur l'autel des restrictions budgétaires passent mal auprès des Grenoblois. La pétition lancée par l'orchestre a recueilli 6 500 signatures en quelques jours. Le plus cruel, pour ce maire qui prétend renouer le dialogue entre les élus et les concitoyens, ce sont tous ces commentaires dont beaucoup semblent émaner de ses électeurs : "La musique, c'est comme les arbres, ça aide à respirer", dit l'un ; "Quand je pense que j'ai voté pour eux, pardonnez moi, j'ai plus que honte", dit l'autre.

Les défenseurs des Musiciens du Louvre Grenoble ne manquent pas non plus de souligner les contradictions d'un maire qui invoque « des restrictions budgétaires » après n'avoir cessé de critiquer la politique d'austérité de ses prédécesseurs. Qui prône la concertation, mais décide autocratiquement. Qui s'est présenté en défenseur des intermittents du spectacle mais lâche un orchestre qui en fait travailler plus de 200. "Les salariés de la culture ne sont pas des variables d'ajustement", assurait en juin dernier Corinne Bernard, l'adjointe "aux cultures" de Grenoble. "Et ceux des MDLG ?", interroge le compte Twitter des Musiciens du Louvre Grenoble.


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38 réactions à cet article    


  • bibou1324 bibou1324 22 décembre 2014 10:03

    Je pense que tous les maires des communes de plus de 1000 habitant ont du créer un buzz, modeler leur image, pour être élu. Eric Piolle aussi : quoi de plus normal ? Vous ne pouvez pas le critiquer là dessus.


    Quand à fermer un orchestre, c’est une décision qui influe sur une minorité insignifiante de grenoblois. Vous même parlez de 6500 signatures sur 165 000 habitants ... autant dire rien du tout. En même temps, 90% de la population grenobloise, comme 90% de la population française, n’écoute jamais d’orchestre, et se fiche de la disparition de l’ensemble des orchestres français. Oui c’est dommage pour la culture, mais bon nous nomme dans un climat économique où il est difficile de cracher sur 438 000 euros.

    Demandez au grenoblois : préférez vous qu’un orchestre incapable de trouver des fonds par lui même soit maintenu et vos impôts locaux augmentés, ou préférez vous que cette somme soit investie en partie dans les infrastructures de la ville et que vos impôts n’augmentent pas ?

    Je crois qu’Eric Piolle a fait un très bon buzz, il supprime les subventions aux organismes dont tout le monde se fiche (à part quelques milliers de grenoblois mais c’est très marginal), pour récupérer de l’argent. Ce que tout bon maire ferait. Très bonne décision qui devrait faire augmenter sa côte de popularité.

    • Fergus Fergus 22 décembre 2014 10:25

      Bonjour, Bibou.

      Il y a, dans chaque municipalité, des subventions qui sont attribuées à des associations dont l’utilité sociale ou culturelle n’est pas évident. Tel n’est pas le cas des Musiciens du Louvre dont la renommée dépasse désormais assez largement les frontières françaises. Condamner cette formation à disparaitre serait une faute pour la culture, mais aussi pour la ville, même si effectivement une minorité de Grenoblois est concernée par la musique classique. Mais les Grenoblois qui vont au stade de foot et a fortiori à la patinoire pour voir les hockeyeurs sont également très minoritaires, et pourtant vous ne demandez pas la suppression de leur subvention.


    • Pierrot 22 décembre 2014 13:08

      Biboul, vous voulez parler chiffre ! Vous savez que Piolle a été élu avec 12000 voix au 1er tour et 19000 au second tour sur une population de 165 000 habitants, autant dire rien du tout.


      Donc 6500 signatures en 3 jours c’est juste énorme ! Sans parler du palais des sports ou toutes les manifestations ont été simplements supprimer. Une épreuve comme les 6 jours de Grenoble qui est historique pour la ville, et bien basta ! Sans parler de toutes les autres manifestions comme le tour de France, le festvila du cirque, le supercross, le théatre parisien au Théatre de Grenoble etc.... Des illuminations de Noël au stricte minimum avoir le marché de Noël est vraiment triste cette année, même pas une guirlande dans les arbres. Ils sont en train de tout supprimer. 

      Bref la ville est en train de mourir a petit feu... Quelle tristesse !



    • boris boris 22 décembre 2014 13:52

      Grenoble c’est pas la ville la plus nase de France ?


    • Fergus Fergus 22 décembre 2014 10:16

      Bonjour, Suzie.

      La formation dirigée par Minkovsky est d’une grande qualité et contribue, d’une part, à populariser la musique classique en Rhône-Alpes, d’autre part, à valoriser la ville de Grenoble.

      C’est pourquoi La décision de Piolle est une absurdité sans nom doublée d’un véritable scandale !

      Il va de soi que j’ai moi-même signé cette pétition. Vérification faite, le nombre des signataires est désormais de 7 260. J’invite tous ceux qui aiment la musique classique de qualité à signer également cet appel à la raison.


      • bibou1324 bibou1324 22 décembre 2014 10:25

        Si l’orchestre était de qualité, il n’aurait pas besoin de subventions pour vivre. Il y a plein de groupes de musique, de chanteurs et de musiciens qui galèrent financièrement, mais qui s’en sortent car ils font des concerts, des petites représentations dans les bistrots. Pourquoi on financerait la musique classique et pas le rock ou le jazz ?


        C’est n’importe quoi.

        Soit cet orchestre est capable d’exister sans soutiens financiers, en se débrouillant par lui même, parce qu’il fait de la qualité et des gens (comme vous) sont prêt à payer pour aller les entendre. Et dans ce cas tant mieux, l’orchestre n’a pas besoin de subventions pour exister.

        Soit il n’est pas rentable, et si l’absence de subventions le tue, il n’a pas à exister. Comme beaucoup de petits artistes qui n’arrivent pas à percer.

      • Fergus Fergus 22 décembre 2014 10:34

        @ Bibou.

        On ne peut mettre sur le même plan une formation de dizaines de musiciens (une cinquantaine pour les Musiciens du Louvre), tous formés à un haut niveau après des années de conservatoire avec un groupe de rock. Cela n’a aucun sens. C’est pourquoi il est impossible de faire payer aux spectateurs le prix réel des concerts qui s’envolerait à un niveau tel que la musique classique serait partout condamnée sur la planète. Il m’est arrivé de payer des places à 80, voire 100 euros pour écouter l’Orchestre philharmonique de Berlin, l’Orchestre de Paris ou le Royal Concertgebouw d’Amsterdam. Et pourtant, même à ces prix-là, ces orchestres sont tous subventionnés !


      • cyrus cyrus 22 décembre 2014 15:07

        Peut etre aussi , y a t’ il des « gourmand » qui détourne les subvention ;) ... nombre de musicien ou de sportif de talent , bosse a coté , et pratique leur art en bénévole pourquoi des statut privilegier pour certain ? et la galère du double boulot pour d’ autre ? ...

        quelque note de non subventionné pour dire que la musique appartient a tous ...
        https://www.youtube.com/watch?v=EVbu8bh7SWk&list=PLAQRMIPJcraNuwQqDAJ8Rv_4SQu_pEWka&index=4 (violon de rue)


      • cyrus cyrus 22 décembre 2014 15:17

        https://www.youtube.com/watch?v=GqpOoDbHbuE la musique classique est t’ elle morte ? que neni , on la trouve dans nos rue , sans subvention a condition de laisser les artiste bosser dans nos rue sans les virer comme des « mendiant »


      • Rmanal 22 décembre 2014 10:52

        Je suis pour une culture diversifiée, qui va satisfaire aussi des « niches », afin que l’on ne finisse pas avec une culture unique. Supprimer cet orchestre classique est donc pour moi en contradiction avec l’objectif culturel que défende en général les verts ou la gauche. Ce qui soit dit en passant les démarquent de l’UMP en général.
        Par contre ce qui m’amuse c’est que dans les défenseurs de cet orchestre, on y retrouve à la pelle les libéraux qui fustigent les « assistés » du spectacle, et qui prônent justement une culture sans financement, autonome économiquement. Mais dès que cela touche leur sortie du samedi et pourrait faire s’envoler le prix du billet : alors là pas touche. Bref toujours les mêmes façons de procéder chez les égoïstes sociaux : comment voulez-vous créer une société du vivre ensemble avec des gens comme cela.


        • suzie 22 décembre 2014 11:01

          @bibou1324 

          Contrairement à vous, et sans doute à une majorité de Français, je pense au contrairement que la culture est une chose très importante. Aussi importante que les infrastructures de la ville.

          Je pense aussi que les 6500 signatures (en fait plus de 7200 à l’heure où j’écris ces lignes) témoignent de l’émotion suscitée par la perte de cet orchestre de réputation internationale. Pour info, le candidat Eric Piolle lui-même avait fixé à 8000 le nombre de signatures à atteindre pour déclencher une votation citoyenne (sixième engagement). On y arrive... (à noter que la pétition lancée par le maire contre « l’austérité imposée » en a recueilli à peine 1000 en cinq jours).

          Et si vous trouver que 7200 signatures, ce n’est pas beaucoup sur le plan démocratique, je vous rétorquerait que 19 677 voix ont suffi à Eric Piolle pour remporter les municipales (du fait d’un fort taux d’abstention)... Cela n’enlève rien à sa légitimité mais comme vous dîtes, sur une ville de 165000 habitants, cela ne fait pas beaucoup...

          Tout le monde comprend qu’une municipalité doive faire des économies. Grenoble a ainsi prévu de réduire son budget culturelle de 15%. Mais pourquoi dans ce cas ne pas avoir tout simplement réduit la subvention des Musiciens du Louvre dans ces proportions, ou même un peu plus si nécessaire, plutôt que de la supprimer totalement du jour au lendemain, et précipiter ainsi le départ de l’orchestre ? Cela aurait permis à l’orchestre de s’adapter.

          D’autant que l’argument budgétaire paraît discutable au moment où la mairie fait volontairement une croix sur 600.000 euros de revenus par an en dénonçant le contrat d’affichage urbain passé avec JC Decaux (un autre buzz smiley 

          Pour rappel, es Musiciens du Louvre sont présents à Grenoble depuis près de vingt ans, où ils donnent régulièrement des concerts à prix abordables ou même gratuits, se produisent dans les hôpitaux, les écoles, les prisons, etc. Si l’audience est votre principal critère pour évaluer l’intérêt d’un projet culturel, c’est sans doute que vous préférez la Star Academy à Mozart, et je comprends que tout cela vous passe un peu au-dessus de la tête. Mais non, je ne crois pas que les Grenoblois se fichent de la perte de leur orchestre... 



          • Fergus Fergus 22 décembre 2014 11:51

            @ Suzie.

            Bravo pour ce commentaire. Il souligne bien qu’au-delà de l’intérêt culturel que représente la pérennité des œuvres classiques - très largement considérées comme faisant partie du patrimoine mondial - et des créations, les Musiciens du Louvre ont également un rôle social et éducatif.

            On aimerait que tous les récipiendaires de subventions puissent, à Grenoble, se prévaloir d’une telle utilité sociétale, ce qui est loin d’être démontré, cela dit sans vouloir dénoncer les aides apportées à des projets plus confidentiels ou d’approche plus élitiste.

            Bonne journée.


          • Rmanal 22 décembre 2014 11:58

            @Fergus
            Voilà typiquement le type de commentaire qui prouve que vous défendez ce qui vous arrangent. Le classique, oui à toutes le subventions, le reste, de la merde (comme si le jazz ou le blues ne faisait pas partie du patrimoine mondial), il faut faire des économies.
            Lorsque les Musiciens du Louvre jouent « gratuitement », ce n’est que gratuit pour les auditeurs, pas pour le contribuable.
            Finalement il n’a sans doute pas tout à faire tort ce nouveau Maire, en nettoyant un peu l’égoisme de la redistribution des subventions. Il faudrait voir combien coute cet orchestre par rapport aux autres subventions.


          • Fergus Fergus 22 décembre 2014 12:13

            Bonjour, Rmanal.

            Vous vous trompez de cible : je mets le jazz et le blues (mais aussi le klezmer, le reggae, la bonne musique pop-rock et même les chants de marin !) sur le même plan que le classique, étant moi-même un inconditionnel de certains groupes de haut niveau dans ces domaines. Mais on parlait là du classique, et j’ai logiquement centré mon propos sur celui-ci.

            D’autre part, vous avez évoqué plus haut - à juste titre - les « intermittents du spectacle ». Or, il se trouve que je suis un ardent défenseur de leur cause, leur existence étant une évidence pour tous ceux qui veulent voir pérenniser les festivals. A toutes fins utiles, je vous informe d’ailleurs que j’ai deux neveux musiciens (plutôt orientés jazz et jazz-rock) qui sont eux-mêmes des intermittents du spectacle. 

            En défendant la pérennité des Musiciens du Louvre, c’est en fait toutes les composantes de la musique que je défends, chaque forme d’expression ayant sa place dans la vie culturelle.


          • Rmanal 22 décembre 2014 14:52

            Soit. Votre message est sacrément ambigu sur ces points, d’où ma mauvaise comprehension


          • colere48 colere48 22 décembre 2014 12:30

            Il faut se méfier de ces nouveaux politiques au sourire « dents blanches haleine fraiche » qui vous promettent de « laver plus blanc que blanc » !!
            En général se sont des tartuffes avérés ....  smiley


            • zygzornifle zygzornifle 22 décembre 2014 12:45

              pour faire des économies ils n’ont qu’a supprimer les crèches, c’est la mode ces temps ci ....


              • Scual 22 décembre 2014 13:43

                Les revanchards socialistes et communistes passent leur temps à tout faire pour salir la nouvelle municipalité peu importe le sujet. Ils ont mal digéré de se faire foutre dehors par les grenoblois qui préféraient des gens susceptibles de faire ce qu’ils disent plutôt que de se complaire à se dire de « gauche » avant de pratiquer une politique bourgeoise libérale.

                L’orchestre ? C’est rien ça, c’est une goutte dans l’océan de la campagne de dénigrement mise en place par les socialistes aidés des traitres communistes. C’est tout les anciens privilégiés de la municipalité sortante qui vont multiplier les articles sur AV entre autres pour espérer retrouver leur rente et leur privilèges la prochaine fois mais nous les Grenoblois, ne pouvons que l’interpréter pour ce que c’est : la nouvelle municipalité fait bel et bien ce pour quoi elle a été élue !

                Bref désolé pour cet orchestre mais les Grenoblois n’en ont en réalité pas grand chose à faire. Ce qu’ils veulent c’est de voir leur ville continuer à s’humaniser. Bien sur c’est encore plus difficile de le faire dans le cadre d’une austérité folle, mais la municipalité garde le cap.


                • alinea alinea 22 décembre 2014 13:53

                  Oui Scual, je le crois aussi ; j’aimerais bien avoir l’autre version des faits !


                • Scual 23 décembre 2014 22:27

                  Franchement la première fois sur GEG je suis aller demander directement à certains des plus concernés. Y avait aussi des mécontents en interne et ça s’est un peu enflammé.

                  Le résultat est qu’en réalité la municipalité avait pas vraiment le choix, c’était un cadeau laissé par les sortants et il est presque impossible d’y échapper. On a réussi à repousser le truc mais au final je crois qu’à moins d’être prêt à payer une grosse amende c’est de toute façon inévitable.

                  Par contre la campagne contre la municipalité a effectivement réussi à foutre un peu le bordel en interne. Au final ça a tenu bon et il s’est avéré que la moitié des infos étaient calomnieuses, et le reste profitait d’un manque de communication entre la municipalité débordée de travail et les troupes qui se sont crues trahies à tort.

                  Autant dire qu’après cet épisode, il va falloir plus qu’un article sur un orchestre pour nous avoir à nouveau. Quand aux habitants il se trouve que nous avons de nouvelles méthodes à inventer afin de les impliquer ce qui prends du temps à démarrer et à devenir efficace... mais nous permet déjà de communiquer avec eux. Pas sûr que la campagne de propagande soit au final aussi efficace qu’escomptée par les perdants.

                  De toute façon la vérité c’est que les gens étaient largement plus intéressés par la fin des panneaux publicitaire ou le ramassage des feuilles en automne que la fin d’un orchestre que contrairement à ce que prétendent les articles, presque personne n’a entendu...

                  Après c’est vrai que c’est dommage. Un orchestre reconnu internationalement et tout, mais honnètement je ne pense pas que les municipalités aient vocation a entretenir des musiciens pour une petite élite. Il y a mille et un moyens pour eux de chercher de nouveaux financements et la municipalité a d’autres priorités. D’ailleurs la fin de la Pub à Grenoble est une sacrément plus importante mesure au niveau culturel que l’entretien d’un orchestre destiné à une poignée.


                • Macaque 22 décembre 2014 14:10

                  Pour que chacun se fasse son propre avis, voici les subventions de la ville accordée en 2013 :
                  www.grenoble.fr/include/viewFile.php ?idtf=17631&path=f5%2F17631_487_subventions2013.pdf

                  Si je comprends bien, au 438 000 euros de subventions, il faut ajouter 109 462 d’avantage en nature.

                  C’était clairement une des associations les plus subventionnées par la ville.


                  • cyrus cyrus 22 décembre 2014 15:22

                    Et si on laissait de coté le clivage gauche droite , pour se concentrer sur la musique et les subvention ? ... elle elle n’ as pas de couleur politique ... la censure non plus ... on al trouve des deux cotés ...


                    • Gemini Gemini 22 décembre 2014 15:53

                      Il serait pourtant intéressant de creuser un peu cette affaire : l’association en question est plus que louche : celle-ci a notamment, pour président, notre bien aimé Pascal Lamy, vous savez, ce « socialiste » directeur de l’OMC.

                      J’invite les lecteurs de cet article à se renseigner un peu plus sur cette association avant de critiquer la décision du maire. Avec des personnes aussi bienveillantes que Mr. Lamy, nul besoin d’argent public. Ce n’est qu’une façon pour certains puissants de se donner bonne conscience.

                      Cette association a ses portes d’entrées un peu partout en France et en Europe. Critiquer la décision du maire sans connaître les réalités de cette association relève au mieux de la manipulation.


                      • Macaque 22 décembre 2014 16:32

                        Voici un avis d’un ancien élu de la mairie (donc de la mairie socialiste).
                        Il ne semble pourtant pas défendre l’association :
                        http://www.gilleskuntz.fr/


                        • Dardar Dardar 22 décembre 2014 17:32

                          Suzie,

                          même si je peux comprendre ta frustration quant à la suppression de la subvention dédiée à cet orchestre, il me paraît important que tu te renseignes sur les raisons de fond liées à cette décision... Eric Piolle fait le ménage. Et il a bien raison.

                          Renseigne toi également sur le pourquoi de ses attaques sur la gestion de l’association qui gère le palais des sports de Grenoble. Idem, il fait le ménage...

                          Il ne faut pas s’arrêter sur ces simplistes prétextes de bonne gestion du budget communal.

                          Renseigne toi sur qui sont les personnes qui gèrent ces associations... Gemini soulève ce point pour l’orchestre. Mais c’est bien pire concernant l’association qui gère le palais des sports...


                          • Eric P 22 décembre 2014 19:08

                            Qu’on se le dise : L"association l’orchestre du louvre n’est pas suprimée, Ses subventions on été diminuées de 438 000 à 100 000€. Quand à la musique classique elle n’est pas morte non plus, il reste à Grenoble le Conservatoire, les deux orchestres universitaires, la MC2, l’Harmonie et donc encore les Musiciens du Louvre.
                             Pour plus d’info, la défense de la municipalité à ces attaques en règle : http://www.ades-grenoble.org/wordpress/2014/12/19/musiciens-du-louvre-suite/
                             Son président est Pascal Lamy ancien chef de l’organisation mondiale du commerce, supo du libéralisme. C’est à ce genre d’idéologues que l’on doit la suppression des aides publiques, c’est un bon retour de baton, sûr il ne se laissera pas faire et on peu tout craindre d’un homme de pouvoir de cette envergure...
                            Susy, je trouve ton article bien professionnel...


                            • JMBerniolles 22 décembre 2014 20:49

                              Je suis extérieur à cette question et m’intéresse à Grenoble surtout comme un des derniers bastions des points forts de la France, - Industrie de pointe et hautes technologies mariées à une recherche de haut niveau aussi bien appliquée que fondamentale-.


                              Dans ce contexte de grande qualité, il y a un tissu humain qu’il faut préserver. L’aspect culturel et sportif aussi d’ailleurs, fait partie intégrante de la qualité de vie que l’on peut trouver à Grenoble.

                              Nul doute que cet orchestre, dans son domaine, ne fasse partie d’un sommet culturel. Il est parfaitement ridicule, parce que Pascal Lamy, acteur de la mise en oeuvre du néo libéralisme [sous sa direction l’OMC a notamment refusé à l’Afrique les médicaments génériques], en est le président, fonction dite honorifique plutôt qu’opérationnelle, d’en faire un étendard de l’ultralibéralisme et même de la culture bourgeoise.
                              Mais EELV n’était-il pas au gouvernement quand Hollande a fait ratifier le mécanisme du MES ?
                              Cohn-Bendit n’est-il pas un adepte décomplexé du néo libéralisme ? Eva Joly ne milite-t-elle pas pour le démembrement de la France à partir des grandes régions qui vont être entérinées ?
                              EELV n’est-il pas un fer de lance de la Loi fumeuse dite Transition énergétique, dont la mesure la plus opérationelle est la privatisation de l’hydroélectrique ? je ne m’étendrai pas sur le PdG dont j’ai une expérience personnelle désastreuse.

                              L’article, qui ne se présente pas comme un argumentaire politique mais plutôt comme acte de défense de ce patrimoine local, a aussi le mérite de montrer la vraie nature d’opportuniste politique de l’homme qui en supprimant une subvention municipale [la réduire en motivant cela par des considérations budgétaires aurait eu une autre signification] a précisément fait un geste politique.

                              De nature démagogique, destiné sans doute à faire oublier une incapacité à mettre en oeuvre un véritable programme de gauche.

                              Grenoble a besoin d’un Maire réellement issu de la communauté scientifique pour maitriser les problèmes d’avenir de cette ville. Cela n’empêche pas un authentique engagement de gauche. 

                               

                              • belledonne 23 décembre 2014 07:20
                                Trouvé sur le site du MEDEF ISERE !!SOIREE SPECIALE AVEC LES MUSICIENS DU LOUVRE GRENOBLE

                                LES MUSICIENS DU LOUVRE GRENOBLE, association fondée et dirigée par le Chef d’Orchestre Marc MINKOWSKI, nous ont donné l’occasion d’assister à la répétition générale de la 9ème symphonie de Beethoven le 4 janvier dernier. La générosité du Chef d’orchestre et sa disponibilité pour des échanges chaleureux avec les chefs d’entreprise et la qualité musicale de l’orchestre ont permis à tous de passer une soirée enchanteresse. Pascal Lamy, Directeur Général de l’Organisation Mondiale du Commerce, mais aussi Président des Musiciens du Louvre Grenoble, nous a honoré de sa présence discrète.

                                En résidence à la MC2 à Grenoble, l’orchestre fête ses 30 ans cette année et se produit sur les plus belles scènes nationales et internationales.


                                • Fergus Fergus 23 décembre 2014 08:04

                                  Bonjour, Belledonne.

                                  Que cherchez-vous à démontrer ? Une collusion de cette formation musicale avec le Medef ?

                                  Mais que dire alors des prestations des Musiciens du Louvre au CHU de Grenoble, à l’hôpital pour enfants de La Tronche, au centre pénitenciaire de Saint-Quentin-Fallavier ? Collusion, là aussi ?


                                • Rmanal 23 décembre 2014 10:18

                                  @Fergus
                                  Je ne pense pas que quiconque parle de collusion. Par contre que l’argent publique finance les soirées mondaines du MEDEF, reconnaissez que cela passe mal.
                                  Si le Maire s’attaque à ce très bel orchestre, c’est qu’il y a eu certainement des dérives, non ?


                                • Fergus Fergus 23 décembre 2014 10:46

                                  Bonjour, Rmanal.

                                  On marche sur la tête : il ne s’agissait pas d’une soirée mondaine mais d’une répétition de l’orchestre qui aurait eu lieu même sans la présence des patrons. Tous les orchestres, y compris l’Orchestre de Bretagne auquel je suis abonné, ouvrent de temps à autre quelques répétitions à des publics variés. Cette pratique est des plus courantes !

                                  Cela dit, qu’il y ait quelques dérives, c’est possible. Justifient-elles pour autant de diminuer par 4 le montant de la subvention au risque de faire périr cette formation de renommée internationale ? Toute la question est là, et cette mesure semble très excessive. A cet égard, prendre la présidence de Lamy comme justificatif est aberrant, son rôle n’étant qu’honoraire.


                                • alinea alinea 23 décembre 2014 11:17

                                  Fergus, si cet orchestre est si extraordinaire et connu internationalement, pourquoi est-ce la ville de Grenoble qui le porte à bout de bras ?
                                  Il peut demander des subventions à la région, à l’état, aux privés ! Et que Grenoble ne le prenne en charge que pour ses « actions sociales », non ?


                                • Rmanal 23 décembre 2014 11:38

                                  Il faudrait connaitre les faits pour pouvoir juger. Je ne suis pas sur que le quidam lambda puisse venir voir l’orchestre répété.


                                • Fergus Fergus 23 décembre 2014 12:49

                                  @ Rmanal.

                                  Eh si, il y de temps à autre des répétitions publiques qui sont organisées par les orchestres nationaux ou régionaux. Je le sais d’autant mieux qu’il m’est arrivé, à moi M. Lambda, d’assister à des répétitions de ce type.


                                • Fergus Fergus 23 décembre 2014 12:57

                                  Bonjour, Alinea.

                                  Mais l’Etat participe également. De même que quelques sponsors privés.

                                  Mais un orchestre de ce type coûte cher, et bien que les Musiciens du Louvre se financent eux-mêmes à près de 75 %, les subventions n’en sont pas moins nécessaires. J’ajoute à cela que les autres formations de stature internationale se financent en général plutôt à 50, voire 30 ou 20 % sur la billetterie de leurs concerts, les CD et les produits dérivés. Les Musiciens du Louvre sont donc gérés de manière très saine par rapport à d’autres orchestres.

                                  Manifestement, Piolle cherche à compenser la perte de 600 000 euros qui va être induite par la suppression de la plupart des panneaux publicitaires en centre-ville.


                                • belledonne 23 décembre 2014 09:55

                                  «  Pascal Lamy, Directeur Général de l’Organisation Mondiale du Commerce, mais aussi Président des Musiciens du Louvre Grenoble, nous a honoré de sa présence discrète. » Quand on sait qui est Pascal Lamy, faux socialiste membre du PS et ancien directeur de l’OMC, on a le droit de se poser certaines questions !


                                  • Fergus Fergus 23 décembre 2014 10:47

                                    Bonjour, Belledonne.

                                    Je vous renvoie ci-dessus à la réponse que je viens de faire à Rmanal.


                                  • Aurevoiràjamais Aurevoiràjamais 23 décembre 2014 22:07

                                    Si Mr Piolle avait été encarté FN, il aurait été crucifié dans tous les journaux TV BFM en tête !!!

                                    Heureusement pour lui, il appartient au monde des gentils de gauche, de ce fait il a carte blanche pour s’attaquer aux subventions destinées à la sphère culturelle...

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suzie


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