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Leçon de démocratie par Hollande et Mélenchon

Dans une interview télévisée, Jean-Luc Mélenchon se plaint d’avoir été trahi par François Hollande, lorsque ce dernier était Premier secrétaire du PS. Il lui reproche d’avoir truqué les élections internes sans tenir compte de leur accord. Un document scandaleux.

Voici donc la vidéo de l’interview de Jean-Luc Mélenchon par les journalistes de France 24. Il y raconte tranquillement comment François Hollande choisissait lui-même les résultats des élections internes socialistes quand il dirigeait le parti :


Démocratie bafouée, élections truquées : Mélenchon avoue sans complexe les pratiques du PS

Dans cet extrait vidéo, Mélenchon explique pourquoi il en veut à François Hollande. Selon lui, à la suite d’élections internes du Parti socialiste, ils avaient négocié tous les deux les résultats que Hollande afficherait officiellement. Mais Hollande n’a pas tenu promesse.

On sent bien, dans la déclaration de Jean-Luc Mélenchon, que la pratique d’élections truquées est banale au PS. L’homme avoue quand même, comme si de rien n’était, comme si le sujet le plus important était la trahison de François Hollande, que le Parti socialiste avait recours systématiquement à de fausses élections.

Les militants allaient donc voter, puis les cadres du parti décidaient, entre eux, du résultat qui allait sortir. Cette pratique scandaleuse, digne des régimes totalitaires, ou des républiques bananières, parait solidement ancrée dans les pratiques du PS, tant Mélenchon ne réalise pas qu’il avoue devant une caméra, une fraude antidémocratique.

L’élection de Martine Aubry, à la tête du parti, en 2009, avait déjà mis en lumière les pratiques frauduleuses et les magouilles du parti antirépublicain. Ségolène Royal s’était faite voler sa victoire, à la suite de fraudes massives. Comme avec Mélenchon dans l’interview, la madone avait décidé de ne pas faire de vagues, de ne pas trop lever le voile sur la conception démocratique socialiste, pour ne pas « salir le parti », ruiner sa réputation. Mieux vaut mentir aux Français et arnaquer les militants plutôt qu’avouer le fonctionnement d’un parti au nom évocateur…

Quand Hollande et Mélenchon s’accordent pour frauder

En dehors du PS, dont Mélenchon avoue les pires pratiques sans s’en rendre compte, c’est lui-même qu’il met en cause. Car il avoue tout de même, qu’il était d’accord avec Hollande et qu’il avait conclu un marché avec lui, sur le dos des militants et de la démocratie. 

Si tricher lors d’élections internes d’un parti politique n’est pas un délit puni par la loi, cela devrait l’être. Auquel cas, Mélenchon et Hollande devrait s’expliquer devant un tribunal sur leurs magouilles électorales.

Dire oui en face, trahir par derrière : la méthode Hollande



Pour revenir de manière plus anecdotique sur l’interview de Mélenchon, il est aussi intéressant de constater comment Hollande l’a trahi. Il lui a demandé ce qu’il voulait, il lui a dit « OK, pas de problème », puis il l’a humilié publiquement.

On reconnait le style Hollande : un homme qui ne sait pas dire non mais qui ne tient jamais ses promesse, qui « ne tient jamais ses paroles ».

Mélenchon n’a pas d’amour propre

Comment peut-on conclure une alliance avec Hollande après avoir tenu de tels propos ? Pour Mélenchon, Hollande est un tricheur malhonnête. On ne peut pas lui faire confiance. Il est sadique. Il a déjà joué de vilains coups tordus au président du Front de gauche. Il ne tient pas parole.

« Je ne lui pardonnerai jamais », a-t-il dit, convaincu...

Pourtant, les appels du pied et autres négociations entre les deux candidats sont de notoriété publique. Mélenchon et/ou ses acolytes du Front de gauche rentreront dans le gouvernement Hollande et quelques circonscriptions seront donnés aux communistes contre le ralliement de Mélenchon au second tour.

Non, Mélenchon n’a pas d’amour propre…
 
Voici la retranscription de la déclaration explicite du candidat Mélenchon :

« Donc, je rencontre Hollande. Je lui dis : « moi, c’est fini, tu fais ton truc tout seul, tu fais le score que tu veux, parce que moi je ne participe pas à ton truc. »

« Bon allez, tu vas pas discréditer le parti, me dit-il, je sais bien que tu aimes ce parti, ce qui est vrai. Tu veux pas le salir. Tu reconnais que tu as perdu ? »

Je lui dis : « ben évidemment, je le sais bien. Je m’attendais même pas à gagner, mais à faire un score. »

Bon ben alors, comment on arrange ça ? Ben, on a arrangé comme on dit : donc, lui 85, moi 15. Alors lui il avait plus que sa motion du congrès et moi plus que la mienne. On s’est quittés bons amis en s’embrassant sur les joues.

Évidemment, un accord avec Hollande ou rien, c’est pareil. Il tient jamais ses paroles. Non seulement il ne tient pas parole, mais il met plus de 15 jours à annoncer les résultats précis, ce qui est quand même un symptôme de quelque chose qui ne tourne pas rond. Et Il me donne un score inférieur à ma motion, ce qui est littéralement impossible.

Comme ça, par jeu, parce que c’est un homme qui aime jouer et que ça amusait. Ça l’amusait de me voir humilié, de me voir fou de rage. Ça le distrayait. Bon, Dans son cas il s’agit d’un vice de cynique. Je lui ai dit que je ne lui pardonnerai jamais en vous voyez en effet je ne lui pardonne pas. »




par aristideberlot vendredi 16 mars 2012 - 45 réactions
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  • Par Brath-z (---.---.---.171) 16 mars 2012 14:50
    Brath-z

    Non mais là j’ai l’impression de voir une vague de bisounoursite aiguë s’abattre sur Agoravox. Cette vidéo (qui n’est pas « sortie » récemment : personnellement, la première fois que je l’ai vue, c’était au moment des élections régionales) n’est jamais qu’une n-ième confirmation d’une évidence : la démocratie interne dans les partis politique, ça n’existe pas.

    Quand il avait la haute main sur l’appareil RPR, Charles Pasqua se payait le luxe de donner aux journalistes les résultats des scrutins internes un jour avant leur comptabilisation. Au PS, les « bouches-du-nord » (les deux fédérations des Bouches-du-Rhône et du Nord) garantissent à chaque fois la victoire à une orientation en bourrant les urnes de fausses cartes de membres. A l’UMP, pour éviter que Dupont-Aignan ne s’en aille dès la fondation, on a accordé à Dupont-Aignan un gracieux 15% contre Juppé, réduit à 10% contre Sarkozy en 2004.
    Au PCF, inutile de dire que les manipulations de scrutins internes furent monnaie courante des décennies durant. Aujourd’hui, c’est un peu moins vrai, mais les manœuvres pour orienter les résultats demeurent. Au FN, c’est simple : pour éviter les scissions, la liste majoritaire n’a jamais plus de 75% et la liste d’opposition (il n’y a toujours qu’une seule liste d’opposition) préserve ainsi un 25% suffisamment honorable pour faire bonne figure. Notons qu’au lieu de grande scission spectaculaire, on a ainsi des scissions en cascade, en moyenne une par an au court des 15 dernières années, certaines très impressionnantes comme la scission mégrétiste de 1998, d’autres plus négligeables. Au MoDem, itou : les bonnes vieilles habitudes de l’ancienne UDF n’ont pas été perdues, et on a même vu réitérée la bonne vieille méthode des anciens adhérents qui n’ont pas payé de carte depuis 10 ans qui soit-disant viennent participer à la démocratie interne.
    Chez les écologistes, on a eu une grosse décennie, en gros de 1988 à 2004, où il y a eu un vrai respect de la démocratie interne... qui s’est traduit par une instabilité politique systémique conduisant à un échec politique : alors que Les Verts dépassaient régulièrement les 10% des suffrages au début des années 1990, ils peinaient à atteindre 5% cinq ans plus tard, et les 5% et quelques de Mamère en 2002 ont sauvé la caisse du parti. A l’extrême-gauche, la « démocratie interne » ressort d’une fiction faite pour se donner bonne conscience, mais soit on a droit à des procédures opaques permettant toutes les manipulations (typiquement à l’UC-LO et à l’ancienne LCR), soit on a carrément recours à de la fraude électorale en interne (dernier congrès du NPA).

    Dès qu’un parti dépasse le millier de membres, c’est ainsi que cela se déroule. Je ne vois pas qu’on a découvert l’eau chaude avec cette vidéo.

  • Par onetwo (---.---.---.164) 17 mars 2012 00:03
    onetwo

    1 -Hollande à triché.

    2 -Mélenchon ne veut pas faire d’esclandre car cela nuirait au PS (il balancera la magouille dans cette vidéo seulement après avoir quitté le PS).

    3-Malgré les magouilles, Mélenchon sait bien qu’il n’a pas battu Hollande. Hollande a triché seulement pour avoir un résultat encore plus haut, il n’avait pas besoin de tricher pour gagner.

    3- Comme il est impossible de savoir les résultats exacts à cause des magouilles de Hollande, ils se mettent d’accord sur un résultat « probable », proche de la réalité (85%-15%), mais impossible à vérifier tant Hollande à magouiller pour se donner un score encore plus haut. Hollande aurait voulu avoir 95% contre 5% à Mélenchon.

    4-Finalement Hollande annonce aux médias un score de 95% pour lui, trahissant l’accord passé avec Mélenchon.

    Conclusion : Hollande triche ET trahit.

    Mélenchon roulé dans la farine par les tricheries de Hollande une première fois, puis par la trahison de Hollande lors de l’annonce des résultats.

    Le seul reproche que l’on peut faire à Mélenchon c’est d’avoir été un politique discipliné qui ferme sa gueule pour ne pas nuire à son parti.

    Il s’est bien rattrapé depuis, car il a dénoncé les magouilles au PS a plusieurs reprises depuis qu’il a fondé son propre parti.

  • Par anarcococo (---.---.---.152) 16 mars 2012 12:13

    « Si tricher lors d’élections internes d’un parti politique n’est pas un délit puni par la loi » ...

    Mais qu’en est-il du résultat des primaires socialistes du mois d’octobre ?

  • Par Quidam (---.---.---.115) 16 mars 2012 14:42
    UnQuidam

    Côté FdG, nul besoin de ’défendre’ quoi que ce soit ; Mélenchon s’est déjà exprimé sur cette question en... 2009.

    J’ai hâte de voir qui fera l’effort de le lire.

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