Parmi les candidats qui ont réussi à réunir les cinq cents parrainages pour participer à l’élection présidentielle, il y a Nicolas Dupont-Aignan depuis le 13 mars 2012.
Voici un homme politique classique et modéré qui paraît très sympathique.
Un look d'enfant de chœur, pourtant, Nicolas Dupont-Aignan n'a pas hésité à confier au "Figaro Magazine" du 10 mars 2012 qu'il pourrait prendre Marine Le Pen comme Premier Ministre s'il était élu, ou encore, à "Libération" le 12 mars 2012, qu'il pourrait nommer Arnaud Montebourg à Matignon. Il s'en est expliqué dans cette interview publiée le 13 mars 2012 : « Pour redresser la France, il faut rassembler tous les patriotes qui ont voté "non" en 2005. C'est la clé. La question qui se pose, et ce n'est qu'un début, c'est de savoir si ces patriotes se rassembleront autour d'un patriotisme de repli et d'exclusion, nourri par la faillite de la pensée unique, ou si on arrivera à bâtir un patriotisme républicain serein et de rassemblement. Tout mon combat depuis quinze ans, avec Philippe Séguin et d'une certaine manière avec Jean-Pierre Chevènement, a consisté à dire aux partis existant qu'il sont en train de plonger la France dans une régression sociale qui va alimenter des tentations de rejet et de nationalisme. ».
À peine adolescent, Nicolas Dupont-Aignan s’était passionné pour la vie politique. On a ça dans la peau ou pas. D’autres, c’est le football ou les chanteurs à voix de casseroles. Lui, la politique. Jacques Chaban-Delmas même. Sa première campagne date donc de l’âge de 13 ans.
Il aurait pu être le Dupont-Lajoie de la politique, mais pas du tout. À bientôt 51 ans, l’homme est au contraire très lisse. Maire de Yerres depuis dix-sept ans, parlementaire depuis quinze ans, il a conquis la mairie à un socialiste et la circonscription à un président de Conseil général socialiste au moment de la dernière victoire nationale des socialistes (en 1997). C’est sans doute l’un des rares gains de son parti à cette époque très dissolue. Depuis ces conquêtes, il a toujours été réélu largement dès le premier tour.
Bref, il est un conquérant et pas un héritier. On ne lui a pas mâché le travail. Pourtant, il aurait pu faire dans la facilité.
Il a fêté le Bicentenaire de la Révolution avec en poche le diplôme de la plus haute école de la République, aux côtés de quelques futurs ministres comme Jean-François Copé et Renaud Dutreil. Rang de sous-préfet de Paris. Il a d’ailleurs travaillé dans des cabinets avec des supérieurs très diversifiés politiquement : un futur ministre socialiste d’abord (préfet de la région parisienne) puis à l’Éducation nationale avec François Bayrou, et enfin, à l’Environnement avec Michel Barnier.
Son premier acte fondateur, c’est le 3 février 1999. Tout en restant au RPR, il a créé Debout la République, un mouvement assez hétéroclite qui a d’abord refusé le Traité d’Amsterdam, puis, par la suite, le TCE. Il est donc devenu l’un des mouvements politiques qui revendique l’héritage gaulliste.
Pendant trois ans, ses approches ont été un peu confuses : d’abord auprès de Charles Pasqua, puis de Philippe Séguin, il fut séduit par la candidature de Jean-Pierre Chevènement. Le choc du 21 avril 2002 l’a ramené à l’UMP dont il fut candidat à la présidence le 17 novembre 2002 contre Alain Juppé (15%) et le 28 novembre 2004 contre Nicolas Sarkozy (10%). Ce qui ne manquait ni de panache ni de courage.
Le 13 janvier 2007, c’est-à-dire la veille du "sacre" de Nicolas Sarkozy par l’UMP, il a quitté officiellement l’UMP dans la perspective de se présenter à l’élection présidentielle. Il n’a pas eu assez de signatures et resta très discret sur sa position en 2007 même s’il est réélu député sans concurrent interne dès le premier tour (comme en 2002).
Il se lança ensuite dans l’aventure électorale solitaire en juin 2009 aux européennes (2%) et en mars 2010 aux régionales (4% en Île-de-France).
Depuis lors, il veut se distinguer complètement de la majorité actuelle et travaille pour avoir cette fois-ci ses signatures (annonce du 21 novembre 2010). Il veut incarner le courant gaulliste social et souverainiste sans avoir un seul soupçon d’extrémisme xénophobe.
En ce sens, il est très différent du schisme de Philippe de Villiers et également de celui de Charles Pasqua (et bien sûr des théories fumeuses de Marine Le Pen). Il est un souverainiste soft, gentillet.

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