Nous y sommes. Au bord du gouffre, totalement dépendants d'agences de notations financières qui, pouce levé ou pouce baissé, décideront du sort de l'économie française et au-delà, par un jeu de dominos, de l'économie européenne. Faute d'avoir procédé, malgré les annonces du moment, à une réforme profonde du capitalisme financier au lendemain de la crise des subprimes en 2008, les Etats et avec eux les peuples sont obligés de manger une deuxième fois leur chapeau. Et maintenant, stop ou encore ?
2011, année historique. L'abdication des politiques devant les financiers nous conduit à un point de rupture où tout devient possible. "Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage" disait Jaurès. Rien n'a changé sinon la forme du capitalisme et un chaos économique qui menace chaque foyer.
2011, année d'un choix décisif. Soit la sortie de crise s'effectuera par une nouvelle fuite en avant dans une libéralisation sauvage qui achèvera le démembrement des Etats et des services publics soit, nous reviendrons vers un modèle d'économie mixte dans lequel la puissance publique est capable de réguler, de maîtriser les flux financiers, de taxer et de sanctionner les comportements déviants.
La solution à la crise économique ne réside pas dans un panel de mesures économiques mais dans la formulation d'un véritable projet politique qui formalise le modèle de société dans lequel nous voulons vivre. Le modèle de construction européenne que nous voulons également. A cet égard, les propos tenus par Pierre Mendes- France en 1957, prennent une résonance particulière.
Dans un discours prophétique prononcé à l'Assemblée nationale, il mettait en garde contre la dérive qui nous frappe aujourd'hui. "Le projet de marché commun tel qu’il nous est présenté est basé sur le libéralisme classique du XXème siècle selon lequel la concurrence pure et simple règle tous les problèmes. L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit elle recourt à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle au nom de la technique exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement une politique au sens le plus large du mot, nationale et internationale."
Dans le contexte actuel, une autre phrase historique trouve une grande modernité. Celle du général De Gaulle, quand il déclarait que "La politique de la France ne se fait pas à la corbeille". Autres temps, autres hommes politiques.
Ce retour en arrière souligne le renoncement constant des gouvernants depuis plusieurs décennies. C'est bien d'une vision politique pour la France et pour l'Europe dont nous sommes orphelins. C'est bien de choix politiques alternatifs dont nous avons aujourd'hui besoin.
En commençant par refuser la tentative de culpabilisation des peuples actuellement en cours. La progression des dettes publiques en Europe, notamment en France, s'explique largement par des pertes de recettes fiscales et non une explosion des dépenses publiques. La crise de 2008 en transférant les dettes privées vers les Etats n'a fait qu'amplifier les choses. Quand on veut tuer un chien on dit qu'il a la rage. Quand on veut tuer les Etats on dit désormais qu'ils sont endettés.

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Voir ses articles, sa fiche et ses statistiquespour moi, il n’y a que deux possibilités : ou un régime libéral aussi bien en matière (...)
16/10 16:57 - christian pèneje ne sais pas, Gabriel, si vous êtes ségoléniste, mais c’était une proposition de (...)
14/08 20:40 - Danielle2Par ailleurs, vous, vous ne transférez pas vos dettes privé (éducatioin, santé, retraite) sur (...)
14/08 14:53 - joelimLes peuples n’ont effectivement pas besoin d’homme providentiel, ni d’être (...)
12/08 11:17 - sisyphehttp://www.dagongcredit.com/dagongweb/english/index.php
12/08 09:15 - Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral
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