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Accueil du site > Actualités > Politique > PS : après les fols de La Rochelle, le massacre de Reims ?

PS : après les fols de La Rochelle, le massacre de Reims ?

 Le Parti socialiste veut-il réellement se doter d’un programme ? Tous les éléphants le serinent, mais rien n’est moins sûr. Les aventures désespérantes de Pierre Larrouturou et de la Nouvelle Gauche au sein du PS semblent le prouver. Brève incursion dans les coulisses de ce grand corps malade, entre altesses roses injoignables et appariteurs musclés.

 

 La dame des non-32 heures

Mercredi 3 septembre, 9 h 58. Martine Aubry, maire de Lille et candidate putative à la direction du Parti socialiste, est l’invitée du 7-10 de Nicolas Demorand, sur France Inter. Après avoir manié une roborative langue de bois au sujet du panier de crabes qu’a constitué l’université d’été de La Rochelle, elle répond aux questions d’auditeurs, pour la plupart de gauche, sur l’absence de programme du PS. Un militant socialiste de Loos l’interpelle :

“J’aimerais bien poser une question à l’instigatrice des 35 heures. Il y a une étude qui a été faite par M. Larrouturou concernant la semaine de 32 heures. Que pense Mme Aubry des 32 heures qui pourraient créer 1,5 à 2 millions d’emplois si c’était réellement fait en France ?”

La “Dame des 35 heures” ne peut réprimer un soupir excédé et botte immédiatement en touche, comme si cette question ne lui avait pas été posée :

“Je voudrais d’abord parler des 35 heures. Les Français ont répondu à plusieurs sondages pour dire qu’ils étaient attachés aux 35 heures. Tout n’a pas été parfait, donc il faudra regarder, mais moi je suis tournée vers l’avenir. Il nous faut penser le temps tout au long de la vie en donnant des chances à ceux qui sont sortis tôt de l’école en leur donnant des années de formation, en permettant à ceux qui ont eu un travail pénible de partir plus tôt. Donc je travaille sur 35 heures”.

Nicolas l’interrompt alors et essaye de réitérer la question de l’auditeur : “Mais est-ce que les 32 heures pourraient être une hypothèse ?” Martine Aubry le coupe aussitôt : “Appliquons d’abord les 35 heures à tous les Français. La moitié des salariés seulement sont aux 35 heures ; ceux-là sont d’ailleurs contents”.

Pourquoi ce refus autistique de répondre précisément à la question posée ? Tout simplement parce qu’au PS Pierre Larrouturou dérange et irrite au plus haut point tous les clubs d’éléphants. Il dérange et irrite parce qu’il est très critique sur les 35 heures, une mauvaise réforme très mal appliquée qui n’a réellement profité qu’aux cadres moyens et supérieurs et qui, pour presque tous les autres salariés qui en ont “profité”, n’a eu pour effet que d’augmenter la pression sur les rythmes de travail et la flexibilité… ce qui a bien arrangé les affaires du patronat (c’était d’ailleurs un deal de Strauss-Kahn avec le Medef : accepter les 35 heures en échange de la flexibilité). Larrouturou dérange et irrite aussi et surtout parce qu’il a, lui, un véritable programme politico-économique authentiquement socialiste, c’est-à-dire quelque chose dont les éléphants roses ne veulent à aucun prix.

Ce programme, Pierre Larrouturou l’avait exposé dans son Livre noir du libéralisme paru en 2007 et préfacé par Michel Rocard. Un bouquin auquel les éminences de Solférino se sont bien gardées de donner le moindre écho tant le programme qu’il contient, issu d’une vaste réflexion approfondie sur l’organisation du travail, remue leurs conformismes assoupis de gestionnaires de baronnies locales s’entredéchirant pour être premier secrétaire à la place du premier secrétaire.

Je ne vais pas vous présenter le Nouveau Contrat social proposé par Larrouturou, dont la semaine de 32 heures est l’une des modalités axiales : cela a déjà été fait d’une manière détaillée dans ces deux articles. Il suffit ici de préciser que la semaine de 35 heures concoctée dans une totale improvisation et autoritairement imposée par Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn n’a strictement rien à voir avec les 32 heures hebdomadaires de Larrouturou, qui s’articulent, elles, autour d’un projet de transformation sociale mûrement réfléchi. Martine Aubry a donc été d’une profonde malhonnêteté intellectuelle lorsqu’elle a répondu “Appliquons d’abord les 35 heures à tous les Français”.

Mais peut-être trouvez-vous que j’exagère en écrivant que ce Nouveau Contrat social proposé par Larrouturou est “un véritable programme politico-économique authentiquement socialiste, c’est-à-dire quelque chose dont les éléphants roses ne veulent à aucun prix ?” Détrompez-vous : en tant que sympathisant du mouvement Nouvelle Gauche, je reçois régulièrement sa lettre d’information et suis donc tenu au courant de ce qui se passe dans les coulisses de la rue de Solférino, et c’est vraiment atterrant et consternant : toutes chapelles confondues, il y a au PS un véritable blocus pour empêcher de s’exprimer l’un des seuls responsables de ce parti qui ait des idées et un programme réaliste et progressiste.

Dans les coulisses affligeantes du PS

Dans la lancée de la création de Nouvelle Gauche, Larrouturou et ses amis ont lancé une pétition pour que le PS se remette enfin au travail afin de faire statutairement pression sur la direction. Le 25 mars 2008, François Hollande interdit le dépôt de cette pétition au Conseil national du PS, en arguant d’obscures problèmes statutaires. L’ambiance est si glaciale qu’à un moment Larrouturou se demande si des appariteurs musclés ne vont pas l’empêcher d’entrer dans la salle où se tenait le Conseil. Après négociation, Hollande finit par accepter que Larrouturou et les premiers signataires puissent remettre cette pétition le 1er avril, lors du Bureau national

Poisson d’avril ! Le 1er avril, le directeur de cabinet de F. Hollande les traite d’“inconscients” et affirme qu’il est impossible d’organiser une Convention sociale et une Convention européenne d’ici l’été. “Au bout de 10 minutes d’un dialogue musclé, il conclut qu’on pourrait peut-être organiser une grande Convention (celle sur les questions sociales)”. Il est alors acté que la pétition sera donnée le soir même à tous les membres du Bureau national et des signataires qui sont membres du BN (Bureau national) auront le droit d’en parler, mais pas trop longtemps, et que les pétitionnaires pourront rencontrer François Hollande avant le BN du 8, pour parler avec lui du fond de cette demande. Le lendemain, ils apprennent que le texte de la pétition n’a pas été transmis aux membres du BN, ce qui n’est évidemment pas un oubli. Et finalement, Hollande s’arrangera pour être injoignable.

Les pétitionnaires de Nouvelle Gauche finissent par envoyer par courriel les 6 123 premières signatures de militants PS (“les seules qui semblent intéresser la direction…”, note Larroututou) et reçoivent en retour un courriel “Bien reçu”, mais sans proposition de rencontre. Et les éminences sont toujours injoignables, trop occupées par leurs cumuls de mandats… et leur refus implicite de prendre en compte une authentique proposition de programme socialiste.

Gros bras roses contre nouveau contrat social

Le 8 avril, Larrouturou arrive rue de Solférino et demande à voir le directeur de cabinet de Hollande avant que le Bureau national ne commence. Il refuse. Témoignage de Larrouturou : “Quand je fais mine de m’engager dans le couloir qui mène au BN, un homme de la sécurité me demande de revenir à l’accueil sur un ton peu amène. J’arrive à coincer Le Foll (dircab de Hollande) qui m’explique en termes peu châtiés que nous lui cassons les pieds (par écrit, mieux vaut ne pas répéter les termes exacts). ’Vous voulez foutre en l’air le calendrier décidé par le Conseil national’, dit-il. Je lui explique qu’il ne s’agit pas de foutre en l’air quoi que ce soit, mais seulement d’utiliser au mieux les deux mois qui restent avant les grandes vacances : si nous nous mettions sereinement au travail pendant ces deux mois, nous pourrions avoir un Congrès bien moins violent et bien plus intéressant De deux choses l’une : soit ce travail aboutira à un consensus (ce sera alors notre nouveau projet social), soit il n’y aura pas de consensus et c’est le Congrès qui tranchera entre plusieurs stratégies possibles. Mais, si nous ne commençons par ce travail de fond, le Congrès sera moins violent et sera l’occasion de construire un projet très concret”.

Un Congrès non-violent et constructif ? Ça n’intéresse ni Hollande ni son dircab. Larrouturou toujours : “J’ai le malheur de rappeler à Le Foll qu’en 2003, déjà, ils nous avaient traité de ’casse-couilles’ quand, avec quelques amis, on leur avait dit qu’il y aurait un référendum et que le Non allait gagner si on ne faisait pas le maximum pour obtenir un Traité social (à l’époque, toute l’équipe de Solférino était convaincue qu’il n’y aurait pas de référendum et que c’est l’UMP qui allait éclater au moment de la ratification parlementaire du Traité…). Ce rappel a le don d’énerver Stéphane : ’Bien sûr. Bien sûr. Et c’est grâce à vous aussi qu’on a gagné les municipales !’, me dit-il, assez énervé”

Voilà où en sont les éminences roses de Solférino : on veut leur parler programme, ils ne pensent qu’électoralisme. Consternant. Et même encore pire : pour éviter tout débat sur le fond, elles font appel à des gros bras : “Comme l’homme de la sécurité a appelé un de ses copains, plus balèze, et que le scandale n’est pas une façon de convaincre, je n’ai pas tenté d’aller au Bureau national. Quand j’ai quitté Solférino, Le Foll m’a dit qu’il allait donner notre texte à tous les membres du BN (ce qu’il n’a pas fait). Je suis sorti de Solférino absolument furieux. C’est quand même ahurissant dans un parti qui se veut démocratique, qu’on ne puisse même pas déposer une pétition signée par plusieurs milliers de citoyens et bon nombre de parlementaires. Voir un parti aussi verrouillé m’a vraiment mis hors de moi”.

Et pendant ce temps, Sarkozy lance ses réformes qui s’attaquent à tous les liens de solidarité dans les domaines de la santé, du Code du travail, des retraites, de l’éducation… Pourquoi le PS ne s’attelle-t-il pas à l’adoption d’un programme alternatif que Nouvelle Gauche lui présente sur un plateau ? Réponse dilatoire de Hollande à un élu signataire de la pétition qui lui demandait pourquoi ne pas se mettre à cet indispensable travail : “Il ne faut pas nous dévoiler trop tôt. Il faut laisser la droite avancer ses réformes et ne pas nous dévoiler trop tôt !” Ubuesque !

“Ne pas nous dévoiler trop tôt, lui a répondu l’élu abasourdi, c’est super astucieux comme stratégie. Mais il ne faut pas non plus nous dévoiler trop tard ! A force de ne pas nous dévoiler trop tôt, on n’a toujours pas compris quel était notre projet en 2002 et notre projet de 2007 était tellement faible qu’il n’a pas convaincu grand monde…” Ça n’a pas eu l’air d’inquiéter le premier secrétaire, trop occupé par les salades internes de son parti pour s’intéresser à de telles questions de détail. 

Le massacre de Reims ?

Depuis le 21 avril 2002, le PS autistique a tenu deux Congrès "classiques" qui n’ont accouché que de grandes déclarations générales déconnectées du réel, à part peut-être la récente reconnaissance des racines philosophiques libérales du socialisme - mais n’est-ce pas aussi une sournoiserie pour légitimer le néolibéralisme économique dont de nombreux dirigeants sont les valets plus ou moins avoués ? Et le Congrès de novembre 2008 - le “massacre de Reims” ? - s’annonce très mal, la direction se montrant sourde aux plus de 7 400 militants PS et quelque 19 000 citoyens "non-PS" qui ont signé cette pétition.

Qui va succéder à Hollande, très autosatisfait de son bilan (selon Le Canard enchaîné, il n’avoue qu’une seule erreur en onze ans : “Le seul reproche qu’on puisse me faire, c’est de ne pas avoir assez fait de synthèse. Sur l’Europe, par exemple, j’aurais pu appeler à l’abstention lors du référendum. Je ne l’ai pas fait. On me l’a reproché” - affligeant, non ?) Aucune importance. Les candidats à la direction du PS sont interchangeables parce qu’aprogrammatiques, sans souffle, sans vision, sans projet autre qu’électoraliste.

Vincent Peillon a raison lorsqu’il déclare, à propos du Congrès de Reims : "Je pense qu’on y arrivera, si on fait attention à sortir une dizaine d’individus qui sont éternellement malfaisants, qu’on connaît, qui ont été de toutes les combines, et qui sont d’ailleurs assis au secrétariat national depuis vingt-cinq ans. Je pense que ces quelques malfaisants doivent maintenant gentiment prendre leur retraite. Ça fait vingt-cinq ans qu’ils pourrissent la situation, ça fait vingt-cinq ans qu’ils font des combinaisons, vingt-cinq ans qu’ils trahissent leurs propres amis. Et je pense que l’on peut faire sans eux. Après, il y a dans ce parti beaucoup de gens respectables ; donc on peut respecter une minorité : il y a une façon de vivre ensemble, même quand on ne pense pas la même chose sur tout. Mais il y a des gens qui pourrissent cette situation, qui ne respectent pas les règles collectives, qui font toujours des combines (…). Mais ils s’obstinent. Et ils peuvent nous tuer collectivement. Donc je dis basta ! Que tous ceux qui veulent vraiment du neuf, que l’espoir trouve son chemin, s’associent dans ce Congrès et qu’on ouvre un nouveau cycle politique”.

Mais en fait il se trompe aussi, vu qu’il est partie intégrante de ce panier de crabes où il a noué toutes sortes d’alliances opportunistes et tactiques, comme ceux qu’il dénonce. D’ailleurs, il n’a pas signé la pétition de la Nouvelle Gauche.

On comprend ainsi mieux la dérobade de Martine Aubry devant la question de l’auditeur militant socialiste de France Inter : non seulement le PS n’a pas de programme, mais il agit exactement comme s’il ne désirait pas en avoir. En politique (la vraie, pas la politicienne), on appelle ça du suicide.

 

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40 réactions à cet article    


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 4 septembre 2008 10:22

    Salut Marsu,

    Etrange aveu de Martine Aubry sur le PS qui ne veut pas avoir de programme

    Y aurait-il un syndrome McCain au PS, un non désir de gouverner ?


    • Marsupilami Marsupilami 4 septembre 2008 14:47

      @ Bernard

      "Etrange aveu de Martine Aubry sur le PS qui ne veut pas avoir de programme".

      Ce n’est pas tout à fait ça. Elle a été très évasive dans ses réponses aux auditeurs à propos du (non) programme officieux du PS. Elle préfèrerait un programme plus mollasson que celui, global, rigoureux et cohérent, que proposent Larrouturou et la Nouvelle Gauche. Et puis Larrouturou a sévèrement critiqué l’application des 35 heures, ça laisse des traces d’amour-propre...

      Dans son bouquin, Larrouturrou se demande parfois si, au fond, ce qui intéresse les éminences roses n’est pas de gouverner dans le local et de laisser le national à la droite. En tout cas, tout se passe comme si c’était comme ça : ils font des cartons aux régionales et c’est l’UMP qui est au pouvoir.


    • Marsupilami Marsupilami 4 septembre 2008 16:45

      @ Ludo

      "J’ai surtout l’impression que les éléphants du PS ne veulent pas de programmes trop précis pour une raison simple : ne pas se faire piquer des idées par d’autres, ou ne pas passer pour trop marxiste/trop libéral en étant trop clair au niveau économique, faisant fuire ainsi certains soutiens stratégiques".

      Exact. Cela s’appelle du manque de courage politique. Ou de la politique politicienne, au choix.

      "C’est qu’il faut faire tellement de concessions pour espérer grimper dans la hiérarchie qu’on fint par se retrouver avec des idées aséptisées (Peillon en est un bon exemple, même si Montebourg représente le summum... Dommage car sa VIe république avait du sens)".

      C’est bien ce que j’écrivais dans un post plus bas : si on fait tout pour arriver et rester au sommet du cocotier, on n’a plus aucune possibilité de le secouer d’en bas. Larrouturou a choisi.

      "Seul un bon score pourrait permettre à Larrouturou de montrer que sa voie économique est la bonne (ce dont je suis persuadé). Je pense qu’il pourrait déjà s’entendre avec les adeptes de la décroissance du mouvement Utopia (eux aussi des chasseurs d’éléphants) qui font le même constat d’impasse économique".

      Il faudrait vraiment un très très bon score pour faire plier les apparatchiks mollassons dont nombre d’entre eux sont prêts à virer de bord... à droite ! Mais si par miracle il y parvient, il aura bien du mal à les faire sortir de leur sclérose ronronnante. C’est devenu pathologique !

      "Ceci dit, je ne pense pas que les éléphants craignent Larrouturou, s’il fait un bon score il aurait moyen d’avoir beaucoup d’amis"...


      A mon avis, au niveau conscient ils le prennent ou feignent de le prendre pour un zozo irréaliste, et au niveau plus ou moins inconscient ils le craignent à mort, parce que ce qu’il propose est vraiment socialiste. Appliquer un tel programme leur demanderait de vraiment se bouger le cul, ce dont ils n’ont pas vraiment envie : ils ont leurs baronies, leurs sinécures et leur bonne conscience...


    • Jean-paul 4 septembre 2008 18:41

      @ dugue

      Arrogance francaise .Attends les elections ,ca va se jouer 50/50 .Ne confonds pas France ( social )et USA ( liberal ).Tu votes aux USA ??????????????


    • LE CHAT LE CHAT 4 septembre 2008 10:45

      salut Marsu ,

      comme je l’ai écrit hier , après le second mandat de Nico , Lerma sera élu en 2017 , pour le plus grand plaisir des suporters ardents de l’ultralibéralisme conservateur , tant il n’y a plus que le néant à opposer .
       Le PS est un parti de notables occupés uniquement à comploter pour maintenir leur position au sein de l’appareil et préoccupés avant tout de leurs trônes locaux . Plus aucune idéologie , uniquement des querelles de personnes , les mêmes depuis le début des années mitoche , qui en plus jouent des coudes pour ne pas laisser la place aux jeunes . et un Bayrou jouant seul le rôle de roquet , abboyant dans le vide sidéral.....


      • Marsupilami Marsupilami 4 septembre 2008 14:53

        @ Le Chat

        Bon résumé. Mais Lerma à l’Elysée dans 9 ans, c’est pas possible : il n’aurait plus de pompes sarkozystes à cirer, et vu qu’il ne sait faire que ça, la France serait très mal gouvernée. Et puis que deviendrait Agoravox sans son irremplaçable présence ?


      • Trashon Trashon 4 septembre 2008 15:24

        à moins que sarko ne devienne prédident directeur général de la france dans ce cas il pourrait devenir directeur général.......


      • Marsupilami Marsupilami 4 septembre 2008 14:58

        @ Furtif

        Oui, à la base ça enrage. Les militants sincères et dévoués n’en peuvent plus. Le PS est devenu un parti de bourges qui s’est coupé du peuple. On ne lui demande pas d’être ouvriériste, mais seulement de ne pas représenter essentiellement les intérêts des classes moyennes et supérieures. C’est mal barré vu sa composition sociologique.


      • Yvance77 4 septembre 2008 13:06

        Bon post,

        Alors à ma droite un appareil d’apparatchik, à ma gauche une horde militante complètement à l’ouest, et ben à ce rythme reste plus qu’à prendre l’entrée principale.

        Bienvenue chez Olivier qu’il y a de marqué sur le fronton. (y a la variante, tu prends la légère courbe à droite et fait une halte sur l’aire de repos François Bay)

        A peluche

        PS : finalement c’est bien la gauche qui a fait gagné pipole 1er, tristesse et rage !!!!


        • Marsupilami Marsupilami 4 septembre 2008 15:01

          @ Yvance77

          C’est sûr que si le PS avait eu un programme socialiste rigoureux et cohérent, Sarkozy ne serait jamais passé. Mais comme ce n’était pas le cas et que Démagolène était nulle, on se paye Sarko lequel, lui, se paye le luxe bling-bling de plumer la volaille socialiste. Il aurait tort de se priver. Et bon débarras.


        • SciFi SciFi 4 septembre 2008 13:26

          Bon article qui conforte de façon détaillée l’impression que j’avais eue du PS en écoutant ses ténors ces derniers temps.

          Il est affligeant de voir qu’un parti qui prétend gouverner le pays est incapable de se gouverner lui-même.
          La crise du PS précipitée par l’élection de Sarkozy était vraiment une occasion de changer de stratégie et de se mettre au travail (mieux vaut tard que jamais), de construire plutôt que de compter sur les erreurs de la droite pour être élu.

          La réplique de Hollande "Il ne faut pas nous dévoiler trop tôt" est un révélateur : la stratégie ne change pas, elle se situe sur un terrain purement politique, pas sur un projet de fond. Cela montre également la faillibilité de cette stratégie : moins la partie adverse aura de temps pour réfléchir, mieux elle fonctionnera. Quand on voit la faiblesse de l’argumentation de Hollande vis-à-vis de Sarkozy, et la facilité avec laquelle ce dernier a fait voler le PS en éclat, on comprend mieux sa prudence. Ce type de réflexion montre bien à quel point le sort des citoyens est une quantité négligeable, au plus un bulletin à gagner.

          Il est incroyable par ailleurs, qu’un parti qui se définit comme progressiste refuse au moins d’examiner les propositions de Larrouturou (surtout quand certains organisent des "débats participatifs"). Quelle est donc leur définition du progrès social, un téléphone portable pour tous ?

          L’impression qui reste c’est qu’avec le PS on ne fait que changer de brouillon par rapport à l’UMP.
          On n’est pas sortis de l’auberge.


          • Marsupilami Marsupilami 4 septembre 2008 15:04

            @ SciFi

            "L’impression qui reste c’est qu’avec le PS on ne fait que changer de brouillon par rapport à l’UMP".

            Oui, et la meilleure preuve c’est que l’ouverture à gauche de Sarkozy a parfaitement fonctionné auprès de nombre d’éminences roses. On est vraiment pas sorti de l’auberge...


          • Bernard Dugué Bernard Dugué 4 septembre 2008 13:42

            A Reims, certains aimeraient bien casser de la Ségolène, surnommée la chèvre du Poitou,
            Du coup, d’autres la surnomment déjà la vache de Soisson


            • Marsupilami Marsupilami 4 septembre 2008 15:05

              @ Bernard

              Comme je ne suis pas sexiste, je préfère la surnommer Démagolène...


            • cathy30 cathy30 4 septembre 2008 13:54

              le parti socialiste : le plus grand défenseur de la pensée libérale.

              Comment justifier notre matelas moelleux sur lequel nous sommes assis, comment justifier que nous fréquentons l’univers financier et qu’on s’en met plein les poches. Comment justifier que nous sommes encore l’opposition à cette droite qui détruit tous les acquis sociaux pour donner aux seuls riches.

              Et bien en sortant quelques fois aux infos une ou deux paroles de gauche, et en se mettant sur la tronche le reste du temps, il faut bien justifier notre présence tout de même.


              • Marsupilami Marsupilami 4 septembre 2008 15:10

                @ Cathy30

                "le parti socialiste : le plus grand défenseur de la pensée libérale".

                N’exagérons rien. La droite est nettement plus libérale, même si c’est quand même sous Jospin que les socialistes ont le plus privatisé. On va en reparler avec la privatisation de La Poste.


              • cathy30 cathy30 4 septembre 2008 17:27

                non la droite s’est mis à table "eux" ils défendent.


              • Marsupilami Marsupilami 4 septembre 2008 15:35

                @ Ludo

                "j’ai aussi signé la contribution Nouvelle Gauche de Pierre Larrouturou, et je suis pétitionnaire. Je me demande même si je ne vais pas avoir à la défendre en PO..."

                Bravo ! Je ne le demande pas trop, fais-le puisque tu es à l’intérieur !

                "Si tu es sur la mailing list, tu as pu noter diverses réactions de militants. Tout espoir n’est pas complètement mort, car a priori les militants de base semblent réceptifs, et si Larrouturou va au bout de sa démarche (le dépôt d’une motion), il pourrait créer une bonne surprise au congrès de Reims (à savoir dépasser les 5%, un seuil déjà intéressant pour commencer à se faire entendre)".

                Oui, les militants de base sont très réceptifs mais les éléphants s’en foutent. Espérons que les éminences roses ne l’empêcheront pas de déposer sa motion à coups d’agents de sécurité balèzes et démocratiques...

                "Ceci dit, ton article tombe un peu dans l’excès de tout le monde au PS, croire que seul ses idées sont bonnes et que l’autre est moins légitime. En l’occurrence, tes couplets sur Peillon et Aubry sonnent un peu ’procès d’intention’".

                Larrouturou n’est pas le seul à avoir de bonnes idées, mais il est le seul à proposer un projet global et cohérent, et non des catalogues de mesurettes !

                "On ne peut pas faire trop de procès au premier qui, comme beaucoup, doit être écartelés entre l’envie sincère de secouer le cocotier, mais la nécessité de ne pas se faire éjecter des sommets pour y parvenir".

                Effectivement, Peillon est un mec intéressant. J’ai lu son entretien sur le libéralisme dans Philosophie magazine, c’était passionnant. Et à force de s’abandonner à la nécessité de ne pas se faire éjecter des sommets, il squatte en permanence celui du cocotier socialiste, ce qui n’est pas le meilleur endroit pour le secouer, non ?

                "Quant à la seconde, elle a certes proposée une réforme de réduction du temps de travail mal ficelée, mais c’est déjà une base de réflexion".

                Mal ficelée, c’est une litote. Des RTT pour les cadres, de la flexibilité et d’insoutenables pression pour augmenter les cadences de travail pour les autres, c’est vraiment pas terrible... sauf pour les cadres supérieurs qui forment, il est vrai une grande partie des électeurs du PS !

                "L’un des inconvénients de la réforme Aubry et des 32 h est d’ailleurs le même : le fait que ces réformes ne peuvent pas s’appliquer à tout le monde, notamment dans les milieux urgentistes, pour les experts en R&D, ou dans les TPE. Tu en sais d’ailleurs quelque chose en tant que travailleur indépendant"...

                Encore une fois, les 35 heures et les 32 heures ne sont pas comparables. On en avait déjà discuté sur ce fil. La solution de Larrouturou est très souple, et il est évident qu’elle ne peut pas s’appliquer partout. Quant à moi, vu que je ne suis pas salarié, je ne suis pas concerné.

                "C’est regrettable que les idées de Larrouturou n’est pas plus d’écho. Ceci dit, je pense que le Conseil National agit plutôt en considérant que Larrouturou ne pèse rien, qu’il est autant folklorique que Utopia ou que les ex-Bockeliens. En 2002, Larrouturou n’est pas allé au bout en soumettant une motion au vote. S’il avait le courage d’aller jusque là, et tenant en compte que 5% (6,000 sur 120,000) des militants PS ont signé sa pétition, il pourrait créer la surprise".

                C’est pas regrettable, c’est une calamité. Le problème de Larrouturou, c’est qu’il a refusé de jouer le jeu des tribus sectaires et de créer son propre courant. C’est un choix qui peut se comprendre : ça lui évite d’alimenter le panier de crabe. Il manque peut-être aussi d’ambition personnelle, contrairement à ses petits camarades, ce qui est tout à son honneur. Espérons une heureuse surprise. Je brûle un cierge à Sainte Démagolène !

                "Le hic, Marsu, c’est que comme tu n’es pas adhérent PS, tu ne pourras pas voter (il y en a qui ont pris une carte d’adhésion dans ce but)".


                Non, je ne suis pas adhérent. J’ai failli il y a quelques années, mais quand les camarades roses m’ont tout de suite demandé à quel courant je m’affiliais, j’ai renoncé. Il n’y avait que ça qui les intéressait, rien d’autre. Et c’est pas maintenant que je vais adhérer, ils me font horreur. Je me contente de soutenir la Nouvelle Gauche en indépendant et franc-tireur, dans la mesure de mes moyens.


              • COLRE COLRE 4 septembre 2008 16:05

                Bonjour à tous,
                Merci pour l’article : toujours intéressant de savoir comment ça se passe à l’intérieur.

                Une idée personnelle : je ne crois pas que ce sont les idées qui font gagner les élections. Tu dis qque part, Marsu :
                C’est sûr que si le PS avait eu un programme socialiste rigoureux et cohérent, Sarkozy ne serait jamais passé.
                Je ne crois pas du tout. Il ne faudrait pas chercher bcp pour trouver des personnes politiques qui ont eu l’intelligence et la créativité d’une cohérence idéologique (au hasard, et des deux côtés : Chaban avec sa nouvelle société, et Rocard et sa deuxième gauche, mais il y en aurait bien d’aures, Mendès, par ex., et Barre, pourquoi pas en 88).

                Mais ce n’est pas comme ça qu’on gagne les élections : c’est avec un talent de prédateur, et les qualités/défauts type candidat qui vont avec (plutôt défauts d’ailleurs). Il faut un sens tactique et une absence totale de scrupule, il faut gérer le RAPPORT DE FORCE en sa faveur, mettre la presse dans la poche, et un sacré brin de chance.


                • Marsupilami Marsupilami 4 septembre 2008 16:18

                  @ COLRE

                  "Une idée personnelle : je ne crois pas que ce sont les idées qui font gagner les élections. Tu dis qque part, Marsu : "C’est sûr que si le PS avait eu un programme socialiste rigoureux et cohérent, Sarkozy ne serait jamais passé".
                  Je ne crois pas du tout. Il ne faudrait pas chercher bcp pour trouver des personnes politiques qui ont eu l’intelligence et la créativité d’une cohérence idéologique (au hasard, et des deux côtés : Chaban avec sa nouvelle société, et Rocard et sa deuxième gauche, mais il y en aurait bien d’aures, Mendès, par ex., et Barre, pourquoi pas en 88)".


                  Tu n’as pas complètement tort et tes exemples sont bons. Mais les idées comptent quand même en background, même si la plupart d’entre nous réagit le plus souvent avec ses tripes ou en fonction d’intérêts catégoriels, ou encore en fonction de la personnalité des candidats.

                  "Mais ce n’est pas comme ça qu’on gagne les élections : c’est avec un talent de prédateur, et les qualités/défauts type candidat qui vont avec (plutôt défauts d’ailleurs). Il faut un sens tactique et une absence totale de scrupule, il faut gérer le RAPPORT DE FORCE en sa faveur, mettre la presse dans la poche, et un sacré brin de chance".


                  Là tu as complètement raison. Le problème de Larrouturou, c’est que ce n’est pas un prédateur et qu’il a plein de scrupules. Mitterrand a été élu parce que c’était un excellent prédateur sans beaucoup de scrupules... mais aussi parce qu’il proposait un programme idéologique assez culotté pour l’époque.


                • COLRE COLRE 4 septembre 2008 22:06

                  ludo :
                  un Sarko de gauche, qui aurait le courage d’assumer des positions non conformes et de les défendre, quitte à bousculer les autres,
                  Royal ressemblait à cela, positions non conformes, tenacité à les défendre et à bousculer les autres, mais… c’était une femme, d’abord… ensuite un ovni dans le microcosme politique où il faut prendre son tour 10 ans avant, avec courants, etc. Elle fut jugée illégitime par les éléphants et l’ensemble des seconds couteaux qui l’ont cassée autant que possible.

                  On en a entendu, des blagues sur son droiitisme, centrisme, blairisme ! et maintenant, on les voit tous courir à la soupe du libéralisme, comme si de rien n’était ! même Aubry, un comble !


                • Marsupilami Marsupilami 5 septembre 2008 09:34

                  @ Philippe

                  "C’est bien triste à dire, mais il faudrait une figure ayant le talent de conquérant de parti de Sarkozy (sans le reste, merci) pour arriver à quelque chose à gauche... En souhaitant qu’il ait des idées de gauche, ce qui devient l’aiguille dans la botte de foin au P.S."

                  Ce n’est pas triste à dire. Sarkozy a un indéniable talent de séducteur et de conquérant. Il faudrait effectivement quelqu’un qui ait la même niaque au PS pour imposer le programme de la Nouvelle Gauche en le rendant attrayant. Malheureusement, le seul qui se fasse appeler "Sarkozy de gauche", c’est Manuel Valls, qui ferait un excellent ministre d’ouverture dans le gouvernement Fillon.

                  "Nous sommes maintenant tout proches du système biparti de l’Angleterre et des USA : le président doit être le chef incontesté d’un des partis pour l’emporter. Sarkozy l’a bien compris, et a fait main-basse sur l’UMP. Et avec ses amis dirigeants de la quasi-totalité de la presse, la victoire était facile. On peut finalement s’étonner qu’il n’ait eu que 53% des voix"...

                  On est encore loin d’être dans un système biparti : n’oublie pas qu’il y a l’hypothèque Besancenot avec son NPA, qui a de très beaux jours devant lui si le PS continue comme ça, et tant pis s’il n’a aucun programme crédible à proposer...

                  @ COLRE

                  "un Sarko de gauche, qui aurait le courage d’assumer des positions non conformes et de les défendre, quitte à bousculer les autres, Royal ressemblait à cela, positions non conformes, tenacité à les défendre et à bousculer les autres, mais… c’était une femme, d’abord… ensuite un ovni dans le microcosme politique où il faut prendre son tour 10 ans avant, avec courants, etc. Elle fut jugée illégitime par les éléphants et l’ensemble des seconds couteaux qui l’ont cassée autant que possible".

                  Démagolène n’a rien d’un Sarko de gauche. Elle n’avait pas de programme et racontait n’importe quoi. Sarko racontait n’importe quoi - et il continue - mais il avait un programme lui, avec la volonté de l’appliquer. Et il le fait. Si Démagolène avait été élue, elle n’aurait pas changé grand chose à part interdire qu’on insulte Dieu et mettre en place quelques mesurettes mollassonnes. Et crois-moi, ce n’est pas parce que c’est une femme que je dis ça. J’aurais aimé qu’une femme réellement de gauche et réellement compétente soit élue. Démagolène n’est ni l’un ni l’autre.




                • COLRE COLRE 5 septembre 2008 11:37

                  Marsupilami,

                  Si Démagolène avait été élue, elle n’aurait pas changé grand chose à part interdire qu’on insulte Dieu et mettre en place quelques mesurettes mollassonnes
                  Ben dis-donc, avec des sympathisants de gauche comme toi, Sarko n’a plus besoin de faire campagne ! smiley

                  Dommage que tu répètes les rumeurs les plus convenues de ses adversaires de droite et de gauche qui, les uns et les autres, avaient chacun leurs motifs pour la dénigrer.
                  La droite, on sait pourquoi, mais Solferino préférait Sarko que Royal pour des tas de raisons de tactique et d’intérêt personnel ! un comble…
                  Eh bien ils l’ont (et nous avec, merci).

                  Personnellement, j’aime bien Larrouturou (que je connais), mais tu as raison, il n’a pas le rapport de force tacticien en sa faveur dans le parti. Comme je le dis plus haut, c’est pas parce qu’on a raison qu’on gagne (ni l’inverse d’ailleurs…), et son manque de charisme le désert.
                  En revanche, critiquer les uns et les autres continuellement, comme tu le fais par ex avec SR, mais pour d’autres ce sera Delanoë ou Mosco ou qui tu veux, c’est justement rentrer dans le jeu que l’on critique : celui des courants ! celui de la personnalisation outrancière du personnel politique.

                  Pour moi, la vie politique des partis devrait être simple : on fait des prix d’adhésion les plus bas possible, on rassemble large à la base, on bosse sur les choix politiques et idéologiques, certains candidatent, on fait campagne, on explique la docu, on vote : et basta ! celui qui l’emporte DOIT recevoir le soutien de tous. Ceux qui ne sont pas d’accord se taisent, ou présentent des critiques constructives, pas ad hominen, ou se barrent.
                  Être responsable, c’est cela.

                  Tout le reste n’est qu’un jeu de théâtre bien français, d’ailleurs, et d’intérêts d’egos. Or, la guignolisation de la gauche sert la droite, c’est tellement évident, et la presse s’en donne à cœur-joie (il n’y a d’ailleurs que cela qui l’intéresse).


                • Marsupilami Marsupilami 5 septembre 2008 11:48

                   @ COLRE

                  L’incompétence de Démagolène n’est pas une rumeur, mais un fait qu’elle a démontré tout au long de sa campagne. Et on a le droit de critiquer ceux de son camp quand ils sont criticables, et de trouver des gens bien dans le camp d’en face s’ils sont bien. Je ne suis pas sectaire.

                  Pour le reste d’accord avec toi : marre de ces problèmes d’ego et de personnes. Dommage que Larrouturou soit trop cool et trop gentil !


                • COLRE COLRE 5 septembre 2008 12:06

                  Marsu,

                  Ecoute, on va en rester là, car on ne se mettra pas d’accord : non, l’incompétence de Royal n’est pas un FAIT.
                  Et je vais même te dire une chose : il est impossible de prouver l’incompétence d’une personne politique… Aucun critère global et neutre ne fonctionne, ils sont tous contextuels !
                  Personnellement, moi qui ai étudié de nombreux discours et écrits des uns et des autres, je peux t’assurer que j’ai observé à de nombreuses reprises sa grande compétence, sa connaissance des dossiers, l’originalité de ses points de vue…

                  Si on apprécie pas l’une ou l’autre des personnes politiques, c’est souvent pour une question de feeling et de valeurs. Ensuite, c’est qu’on est plus ou moins sensible à la propagande des médias et des adversaires politiques via les médias aussi. Tu sais bien à qule point on est manipulé.

                  Quand on étudie la question, on se rend compte que la presse tronque toujours les déclarations, les sort du contexte, enlève les nuances et fausse la pensée. Après, c’est le tam tam et les répétitions jusqu’à plus soif des distorsions et des petites phrases !


                • Marsupilami Marsupilami 5 septembre 2008 12:20

                   @ COLRE

                  Je reconnais bien volontiers que Ségolène (pour laquelle j’ai voté à reculons au 2e tour) a été très maltraitée par la presse et ses petits camarades. Quant à sa compétence... elle a au moins prouvé que c’était une très mauvaise politicienne, et je ne parle pas du flou intégral de son non-programme, de ses simagrées catho, de son jeu ultra-perso. Figure-toi que quand elle a fait irruption dans la pré-campagne, j’ai plutôt été séduit au début (tu peux en retrouver les traces sur Agoravox). Puis très vite son amateurisme, son côté démocratie d’opinion et son individualisme m’ont rebuté. Ce n’est ni une question de sexe, ni une question de personne. Et de toute façon, le PS n’avait ni de bon candidat, ni de bon programme. Elle n’était peut-être pas la pire candidate, mais elle n’était pas non plus la meilleure. Il aurait fallu une Thatcher du socialisme !


                • Deneb Deneb 7 septembre 2008 12:33

                  Colre :...l’incompétence d’une personne politique…

                  Quel pléonasme !


                • del Toro Kabyle d’Espagne 4 septembre 2008 20:19

                  Salut Marsu,

                  Ça fait plaisir de te voir par ici et de te lire.
                  Mais comme le disaient Les Inconnus, on peut encore choisir entre la Gaute et la Droiche ...


                  • Marsupilami Marsupilami 5 septembre 2008 09:39

                    @ Kabyle d’Espagne

                    C’est pas tout à fait ça. L’UMP est vraiment de droite et le PS plus vraiment de gauche. On a donc le choix entre la droite et la gautedroiche. A moins de voter pour le plus petit facteur commun et ses zozos d’extrême-gauche... Très peu pour moi. Heureusement qu’il n’y a pas que la politique dans la vie !


                  • JL JL 5 septembre 2008 11:37

                    @ Docdory : Le petit facteur comme vous dites, représente la gauche dure. Que voyez-vous d’autre, pour contrer la droite dure actuellement au pouvoir ?

                    Depuis un an, je vois dans ma ville ouvrir des magasins d’armes de poing, et les dealers sont si arrogants en plein centre, que j’en viens à penser que j’aurais préféré Le Pen !

                     Je ne crois pas en une alliance gauche molle - droite molle, et cela pour plusieurs raisons.


                  • JL JL 5 septembre 2008 11:40

                    @ Marsupilami : dans mon post ci-dessus je croyais être sur le fil de Docdory. Mes excuses, ce post vous était adressé.


                  • Marsupilami Marsupilami 5 septembre 2008 11:45

                     @ JL

                    Pas bien compris ton commentaire. Tu peux argumenter et être plus précis ?


                  • COLRE COLRE 5 septembre 2008 11:25

                    Philippe Renève,

                    Que diriez-vous d’une paix des braves… ?
                    je ne vous connais pas, vous ne me connaissez pas, on a eu des mots, votre habitude de critiquer immédiatement vos adversaires sous couvert d’ironie m’a semblé un subterfuge qui méritait d’être pointé.
                    Mon habitude de critiquer les clans idéologiques avec les petites cases toutes faites et pré-établies peut être également déplaisante, je veux bien l’admettre.
                    Et puis, comme vous avez pu vous en rendre compte, je n’aime pas les attaques immédiates à la personne (invective ou ironie), et je préfère de loin la discussion argumentée (du moins pour commencer, après…).

                    Nous ne sommes pas d’accord sur tout, loin de là, et notamment votre position sur la politique extérieure, mais bon ! est-il nécessaire de s’accrocher à des petites rancoeurs passées ? au moins, sommes-nous à peu près en phase sur un même adversaire intérieur…
                    Un peu de respect réciproque, et l’on pourrait au moins se parler, voire s’éviter ?


                    • JL JL 5 septembre 2008 11:45

                      Le PS est au pied du mur : virage à droite ou virage à gauche ? Devancer Bayrou ou devancer Besancenot ? Je crois que dans la première hypothèse il devrait se choisir un premier secrétaire présidentiable, une personnalité forte et charismatique. Au contraire, dans la seconde, il doit privilégier un programme résolument de gauche. Autrement dit : Un chef charismatique, pour séduire à droite, ou bien un programme résolument social pour séduire à gauche.
                       

                      S’il ménage la chèvre et le chou, il perdra sur les deux fronts. A moins qu’il n’éclate avant ...


                      • Marsupilami Marsupilami 5 septembre 2008 11:54

                         @ JL

                        Je suis d’accord. Comme je le disais plus haut à COLRE, dommage que Larrouturou soit trop cool et trop gentil. S’il avait la trempe et le charisme d’un Mitterrand avec les défauts en moins, il pourrait conduire le PS dans un projet résolument à gauche. Mais ce n’est pas le cas. Le Congrès de Reims, ça va craindre un max. Le PS est en fin de course, et s’il continue son basculement à droite, le NPA lui bouffera la laine sur le dos. Alors que le NPA ne pourra jamais être un parti de gouvernement, vu que son programme est utopiste et inapplicable.


                      • JL JL 5 septembre 2008 13:48

                        @ Marsu : il y a antinomie entre leader charismatique et démocratie. C’est pour cela que la droite gagne si facilement. Cela explique aussi les états d’âme du PS et autres partis de gauche.


                      • Marsupilami Marsupilami 5 septembre 2008 15:25

                        @ JL

                        Il n’y a pas de contradiction absolue entre démocratie et leader charismatique. Même sous Sarko, on reste en démocratie. Sous De Gaulle on y était aussi. Et Blum, Jaurès ou Mitterrand étaient des leaders charismatiques... et de gauche ! (enfin, pour le dernier, limite…).


                      • JL JL 5 septembre 2008 18:48

                        @ Marsu, effectivement, il n’y a pas de contradiction formelle. Mais dans les faits, qui dit leader dit hiérarchie, fait du prince, etc.

                        Je pense qu’il y a là matière à faire une thèse. La démocratie est une question de degré : une société est plus ou moins démocratique. De même, un leader est plus ou moins guide. A mesure que le leadership s’affirme la démocratie s’étiole. Le pouvoir rend fou dit-on. Mais il serait fou celui qui n’userait pas de son pouvoir. Beau paradoxe, non !

                        L’UMP est un parti structuré autour de son chef. C’est d’ailleurs pourquoi Sarkozy n’a pas voulu qu’il y ait un autre chef que lui. A l’inverse, le PS, et on l’a vu avec les primaires, est un parti démocratique, nécessairement. Je dirais que la 5ème république a été batie par et pour la droite. Pour la gauche au contraire, un régime parlementaire est plus cohérent.

                        Mitterrand a été, dans notre histoire contremporaine, le seul leader charismatique de gauche. Mais n’est pas Mitterrand qui veut.


                      • lib 8 septembre 2008 18:41

                        Passionant votre article. Mais ce sont surtout les commentaires qui valent.

                        En fait, ce qui me consterne le mieux, et le plus souvent, c’est la capacité de s’aveugler de beaucoup qui se prétendent de gauche. Cette capacité qui les fait relayer le discours officiel du journalisme habituel, uni comme un seul homme, avec ce qui est bien une pensée unique :
                         le PS est foutu, et c’est la faute de ses dirigeants.

                        Tout est alors dit, chacun se tape sur le ventre et dans le dos, et on rentre pleurer à la maison, en attendant... Quoi ?

                        Le messie. De gauche, merci.

                        Seulement voilà, il reste la réalité. Celle là dit que Sarko est un nul, richissime de moyens, et sur-adulé par TOUS les médias.
                        Il est nul partout. Et en plus, il est méchant.
                        Seulement voilà, il est soutenu par la plus formidable volonté de droite qu’on ait vu depuis longtemps.
                        Elle dit sa vérité : exit toutes les valeurs sociales ou socialistes.
                         Retour à la case départ, c’est la Réaction, comme on ne l’a connaît que dans les livres d’histoire, et les romans de Zola.
                        Et tout va y passer, y compris les congés payés, dans le même temps ou la productivité devient phénoménale, en même temps que les profits.
                        Aujourd’hui, l’exemple est chinois. L’esclavage, et un flic, l’Etat, pour protéger les nouveaux patrons.

                        Pour la France, on n’en n’est pas encore là, mais le Roi se bouge.
                        En face, personne.
                        Du moins personne d’audible.
                        Sauf sur le net. Et là, on voit du monde.
                        Pour commencer toute la cohorte de journalistes, virés, ou en voie de l’être, qui commence à en avoir assez de se faire chauffer par tous ces c... qui font leur loi.
                        Donc nouveaux journaux, indépendants, blogs, libres, donc forcément, anti-sarko.

                        La vérité est sur le net. Et encore, douce, vu que l’autre maroufle guette, à coups de jugements, et de procureurs...
                        Mais on peut dire encore.

                        Le PS ?

                        C’est le gros morceau.
                        Et le très gros morceau, quoiqu’on dise, et à moment donné, il faudra bien atterrir, c’est Ségolène.
                        L’anti-clan sarko. Presque l’anti-france, gotlib s’éclaterait aujourd’hui...

                        37 %, ça compte.
                        Une indépendance vis à vis du parti qui n’est plus à démontrer, et un pragmatisme de campagne, pareil. On l’a vu avec le débat entre deux tours, avec Bayrou, la punaise que sarko cherche à écraser sans y arriver... elle va l’infecter, faut espérer...

                        Donc, cette Ségolène qui vous fait tant de vapeurs, elle a explosé Sarko 1 er pendant la campagne, à chaque rencontre, et sur chaque sujet. Il a fallu toute la puissance des médias, et le soutien objectif des ambitieux de son parti, et des abrutis qui les soutiennent. oui, je revendique : abrutis. Au sens propre, devenus brutes, sans cervelle. Qui font mal, sans réaliser à qui ils ont fait vraiment mal, pas à S1er, et pas au Medef, d’ailleurs, à mon avis, Parisot n’en revient toujours pas de toute l’opération...
                        Tout cela pour lui enlever sa victoire, à ségolène, parce que c’en est une, et, elle, ne s’y est pas trompé.
                        Victoire de fait, celle d’avoir été la seule à pouvoir affronter le monstre.

                        Je ne crois pas qu’on réalise bien dans les bla-bla qui font brouhaha.

                        En face, l’ ex-ministre de l’intérieur, avec des moyens à nuls autres pareils, ceux de l’Etat, du grand capital, des grands médias, un ram-dam, un rouleau compresseur pas possible, et, de plus, aucun soutien de personne dans son propre parti.
                        Aucun grand ténor pour la supporter dans aucun débat, ou face à face, contre des nuls à nul autre pareil. Il n’y en avait pas un, à droite, capable de tenir tête à aucun des socialistes, en tête à tête.
                        Mais pas de pot, pas question de défendre Le peuple. Pardon, Ségolène.
                        Sauf, qu’elle était notre seule chance. Et maintenant, moi, je dis qu’elle le reste.
                        Et moi, je ne suis pas socialiste, je suis de gauche, mais la vraie, celle qui pense qu’on peut vivre ensemble dans un équilibre des pouvoirs, qui fait l’équilibre des vouloir.

                        Donc, je me demande comment elle a fait. ou plutôt, je le sais bien.

                        D’ailleurs, si vous en doutez, demandez vous pourquoi ce fut elle, et pas Fabius, ou DSK qui a conduit l’opposition ? Elle était plus maligne, plus forte, et surtout plus près du peuple.

                        Mais qui se souvient du peuple au PS ?
                        Larrouturou.
                        Oui.
                        Je suis bien d’accord. On y reviendra, puisqu’il y a là les solutions..

                        Pour revenir donc à une autre réalité du PS, voilà qu’on nous abreuve du grand combattant Delanoë.

                        Sauf que celui-là, c’est le même, en plus féroce que Martine.
                        Oh, ils sont tout à fait respectables, mais deux candidatures téléguidées, juste pour crucifier Ségo, d’abord. C’est qu’elle est dure à crever, la bête, pensez, non seulement la défaite ne l’a pas tuée, mais mieux, la voilà encore plus forte.

                        Le PS, c’est Ségo, ou ce n’est personne.
                        Avalez-le, drôles. A moins que vous ne soyez des DSK, ou d’autres, préférant un Sarko, pour tenter mieux le coup la prochaîne fois, sauf que nous, nous n’avons ni le temps, ni les moyens de supporter un sarko.

                        Ni un jour, ni un mois, ni même une seconde, et que cette attitude d’irresponsabilité insconsciente vis à vis du peuple déshonore.
                        Mais ceux là ont le temps, et on peut forger tous les complots dans le cocon des ors de la république, surtout que Sarko paye bien les traîtres.

                        Si DSK avait été le prochain président, il ferait la guerre à celui qui nous tue, et pas ses petites, ou grandes, affaires, ailleurs.

                        Pour Delanoë, je ne l’ai pas trop entendu, moi.

                        Et Martine, pauvre Martine, pour qui j’ai le plus grand respect, ne sois pas l’arme anti-ségo, mais bien l’artisan d’une nouvelle France...
                        Socialistes, réveillez-vous. Ou disparaissez.


                        • daveudaimon 17 septembre 2008 18:45

                          Article intéressant mais excessivement partial.

                          Moi même signataire de la contribution de Larrouturou (enfin du fond dans une contribution), je pense qu’il ne faut pas tomber non plus dans le faux angélisme et la paranoïa.

                          Il n’y a rien d’anormal à ce que les caciques du PS, qui ont beaucoup lutté pour arriver en responsabilité, ne se mettent pas soudainement à la disposition du premier porteur de pétition venu, quel que soit la qualité de son message. La politique est un combat, et en démocratie il n’y a qu’une seule façon d’avoir raison : rassembler un maximum de gens derrière soit.

                          Rassembler du monde sur un pétition c’est un bon point. Rassembler même à l’extérieur du PS, encore mieux (sans toutefois tomber dans l’excès inverse comme désirs d’avenir). Maintenant si la direction n’entend pas ou ne veux pas entendre, il faut en prendre acte. On peut le déplorer, lutter pour changer de direction, mais on ne peut pas reprocher aux responsables de faire des choix qui ne nous plaise pas. On peut juste les renverser.

                          Pour cela je suis un partisan de la preuve par l’exemple. Si le PS ne veut pas convonquer de grande convention sur le social et l’europe, il suffit de l’organiser sans lui. Certes l’impact ne sera pas le même, mais cela permettra de montrer comment se passerai les choses si P. Larrrouturou était premier secrétaire. Les militants ne croient plus les dirigeants sur parole et c’est plutôt une bonne chose pour la démocratie interne.

                          Bref si le PS ne veut pas se mettre au boulot, rien n’empêche les militants qui le souhaitent de s’y mettre et de créer ainsi un mouvement d’entrainement qui pourrait les amener à la place de Hollande, en espérant qu’ils recevront alors avec plus d’ouverture les futurs porteurs de pétition qui contesteront leur calendrier politique.


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