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Accueil du site > Actualités > Politique > PS : bientôt le partage des dépouilles ?

PS : bientôt le partage des dépouilles ?

Plus que dix-huit mois avant l’échéance présidentielle. La guerre des chefs semble s’estomper au sein du PS.

La Ve République vit au rythme des élections présidentielles. 2012 sera la prochaine "respiration" démocratique. Penchons-nous sur un candidat mystère, celui du Parti socialiste.


L’inconnue de l’élection présidentielle

À chaque élection présidentielle, il y a toujours une part de devinette pendant les longues années qui la précèdent.

Avant décembre 1965, la question était de savoir si le Général De Gaulle allait ou pas se représenter. Georges Pompidou y était défavorable et songeait déjà à sa propre candidature. À gauche, "L’Express" avait lancé la candidature de centre gauche de monsieur X qui n’était autre que Gaston Defferre : allait-il y aller ou non ?

Avant avril 1969, c’était la candidature d’Antoine Pinay qui était sérieusement mise en avant pour 1972 par un Valéry Giscard d’Estaing qui se trouvait encore trop "jeune". Celle de Georges Pompidou ne faisait en revanche aucun doute alors que Pierre Mendès France avait raté l’occasion de faire entendre la gauche.

Avant avril 1974, tout a été prévisible …sauf la date de l’élection, conséquence du tragique décès du Président Pompidou. Chaban-Delmas, Giscard d’Estaing, Mitterrand… tous les trois se préparaient à s’affronter.

Avant mars 1981, c’était la candidature de Jacques Chirac qui n’était même pas imaginée par les gaullistes qui s’étaient giscardisés (Robert Galley, Alain Peyrefitte etc.). Celle de Valéry Giscard d’Estaing n’avait fait aucun doute. Quant à celle de François Mitterrand, malgré les velléités rocardiennes, elle semblait déterminée.

Avant mars 1988, la question revenait sans cesse sur la nouvelle candidature de François Mitterrand, ce dernier gardant avec malice le secret jusqu’en début mars 1988, avec malice, ou peut-être avec une sincère indécision quand on a su par la suite le cancer qui l’avait rongé. Les candidatures de Jacques Chirac et de Raymond Barre étaient préparées depuis 1983 alors que Michel Rocard en rêvait.

Avant décembre 1994, toutes les interrogations se focalisèrent sur la candidature de Jacques Delors sur un climat de duel RPRcide Balladur/Chirac.

Pour 2002 et 2007, étrangement, aucune incertitude n’avait plané sur l’identité des protagonistes, déclarés de nombreuses années auparavant. Serait-ce un effet du quinquennat ?

Sûrement pas, car 2012 revient avec sa nouvelle question mystère : Dominique Strauss-Kahn sera-t-il ou pas candidat ?

Une bonne occasion de s’interroger sur la candidature socialiste à un an et demi de l’échéance cruciale.


Où en est-on au Parti socialiste ?

On a aiguisé les armes pour le débat sur la réforme des retraites (rien n’est sorti de bon, une occasion ratée pour montrer un peu de responsabilité de l’intérêt général), mollement protesté contre le discours de Grenoble et surtout, on prépare l’avenir.

L’avenir politique du pays : l’élection présidentielle de 2012.

En raison d’une baisse croissante de la popularité du pouvoir exécutif (et de Nicolas Sarkozy en particulier), les socialistes se prennent à rêver de remporter l’élection présidentielle et les élections législatives du printemps 2012. Les sondages sont d’ailleurs aujourd’hui absolument affirmatifs : ils ne peuvent pas perdre !

Un peu comme en 2004 ou en 2005, ou encore en 2006, où les gouvernements chiraquiens (de Jean-Pierre Raffarin et de Dominique de Villepin) s’étaient enlisés dans le référendum sur le Traité constitutionnel européen et sur le CPE après ses graves défaites aux élections régionales et européennes du printemps 2004.

Ce qu’il y a de bien dans les sondages, d’ailleurs, c’est que non seulement on peut connaître le "camp" qui va gagner, mais aussi le nom du vainqueur : Dominique Strauss-Kahn. Cela devient tellement évident que tout se cristallise autour de cette information. DSK, après sa nomination à la direction générale du FMI, fin 2007, n’avait pourtant plus beaucoup de fidèles pour croire en lui, tous avaient quasiment déserté.


Une primaire… pour le fun ?

Une des premières difficultés pour Martine Aubry depuis le congrès de Reims, c’était de faire adopter la procédure de désignation du candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2012.

C’est chose vaguement faite depuis la fin du mois de juin 2010 et selon toute vraisemblance, une primaire sera donc organisée en automne 2011 pour départager les candidats à la candidature qui se seraient déclarés avant juin 2011. En quelque sorte, la reconduction de la méthode de 2007, en sachant que cette méthode avait eu l’efficacité que l’on sait.

Pourquoi une primaire si tardive alors qu’au contraire, le candidat socialiste, qui n’est pas "naturel", aurait besoin de temps pour se faire connaître et reconnaître (l’automne 2010 aurait été plus judicieux) ? Tout simplement pour aider Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI pour cinq ans, à pouvoir assumer ses fonctions le plus longtemps possible.

Évidemment, beaucoup de candidats déjà déclarés ont protesté contre ce calendrier absurde qui ne permettrait pas aux outsiders de faire la différence.

Car depuis le dernier congrès, il y a bien une sorte de deal entre Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius pour rester unis entre eux. Deal également élargi vers Benoît Hamon et sans doute Bertrand Delanoë (dont l’abandon en 2008 ne l’empêche pas cependant de garder une inexplicable popularité). Deal confirmé encore par Claude Bartolone (député PS de Pantin) le 24 septembre 2010 qui parle même de « primaire de confirmation ».


La consécration de Dominique Strauss-Kahn

La question restait en fait sur la nature du deal : qui de Dominique Strauss-Kahn ou de Martine Aubry serait le candidat ? En sachant qu’en prenant les rênes du PS, Martine Aubry s’était donné un avantage décisif.

La très forte popularité de Dominique Strauss-Kahn, bien que qualifié de représentant de la pensée unique, peut faire changer bien des esprits chez les militants socialistes, au même titre que Ségolène Royal avait su séduire les adhérents du PS en 2006 sur sa seule cote dans les sondages.

La nouveauté des derniers mois, c’est justement la réaction de Ségolène Royal depuis fin mai 2010. Une réaction à la fois étonnante mais saine et responsable. Puisqu’elle n’est plus la chouchou des sondages, elle se dit qu’elle pourrait ne pas être la mieux placée pour 2012. Alors, au lieu de lutter en frontal, elle se dit qu’il vaudrait mieux, pour elle, négocier son retrait dès à présent.

C’est une idée assez sage : cela lui éviterait, le cas échéant, un échec tant à la primaire qu’à l’élection présidentielle dans le cas où elle réussirait la primaire, et surtout, cela lui permet de se proclamer responsable, garante des intérêts de son parti, prête à se sacrifier pour faire gagner la gauche, un discours qui ne peut que résonner chez les sympathisants socialistes.

Le consortium DSK-Aubry-Fabius pourrait alors évidemment s’étonner puisqu’il s’était créé à la veille du congrès de Reims dans le seul but de s’opposer à Ségolène Royal. Si Royal les rejoint, cela signifie que le choix que ce nouveau consortium serait forcément le choix final après la primaire (et la primaire ne servirait plus à grand chose).

Pourquoi ? Parce que la primaire resterait encore obligatoire dans la mesure où il y a déjà d’autres candidats déclarés. Le principal est l’ancien patron du PS, François Hollande, qui reste persuadé qu’il sera un recours pour les socialistes.

Les autres compétiteurs sont d’une génération plus jeune, Manuel Valls, député-maire d’Évry, pour qui 2012 ne sert qu’à se démarquer et à prendre date, et Pierre Moscovici qui avait déjà pu tester amèrement sa grande solitude lors de la préparation du congrès de Reims (il voulait devenir premier secrétaire, la place actuelle de Martine Aubry).

Quant à Bertrand Delanoë, ses hésitations, son manque de combativité, son absence de projet national et son "parisianisme" ne plaident pas en faveur d’une candidature.

Tous ces "petits" candidats ne devraient pas faire le poids face à Dominique Strauss-Kahn, si les sondages restent aussi beaux pour lui (et pourquoi descendraient-ils alors qu’il restera absent de la vie politique encore au moins un an ?).


L’objectif du retrait de Ségolène Royal

Exit l’affrontement Aubry-Royal, ce qui peut être bien pour panser les blessures de Reims, mais dommage dans la mesure où la féminité du candidat socialiste risquerait d’être remise en cause, et place surtout à la consécration de DSK.

Mais alors, pourquoi Ségolène Royal, elle la combative et la téméraire, renoncerait-elle si tôt à la bataille interne ?

À mon avis, c’est qu’elle a compris que le sort était déjà jeté et qu’il valait mieux dès à présent négocier au mieux avec cette donne. Un peu comme certains chiraquiens qui, en 2006, avaient compris que la candidature de Nicolas Sarkozy était inéluctable : Xavier Bertrand, Michèle Alliot-Marie, Jean-François Copé, Éric Woerth, Xavier Darcos…

Et quel pourrait être l’enjeu de la négociation (à venir bien sûr) ? Cela ne semble faire aucun doute : Matignon.

Le deal entre DSK et Martine Aubry, c’était en gros se partager l’Élysée et Matignon, le candidat étant celui qui (au vu des sondages bien sûr) aurait le plus de chance de battre Nicolas Sarkozy (dont la nouvelle candidature présente peu d’incertitude).

En rejoignant dès avant la primaire la candidature "officielle", Ségolène Royal bouleverse le deal interne : et pourquoi Ségolène Royal n’obtiendrait-elle pas Matignon ?

Des discussions qui promettent d’être encore bien piquantes, mais qui auraient au moins l’avantage (pour le PS) de ne pas se faire devant les caméras.


La peau de l’ours

Pourtant, penser à se partager les postes au gouvernement, c’est sans doute un peu trop rapide. Une élection présidentielle est difficile à gagner et la campagne promet d’être dure : rien ne garantit que la gauche sera majoritaire tant à l’élection présidentielle qu’aux prochaines élections législatives.

Édouard Balladur avait, lui aussi, déjà partagé les dépouilles en 1995 : Charles Pasqua à Matignon, puis Nicolas Sarkozy. Tout était prévu. Nicolas Sarkozy en successeur d’Édouard Balladur.

On a vu ce qu’il est finalement advenu.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (27 septembre 2010)
http://www.rakotoarison.eu



Pour aller plus loin :

Dominique Strauss-Kahn.
Martine Aubry.
Ségolène Royal.
François Hollande.
Le PS et Bayrou.
Sur le PS.



Documents joints à cet article

PS : bientôt le partage des dépouilles ?

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15 réactions à cet article    


  • Yvance77 27 septembre 2010 09:59

    Salut,

    Ou en est le P.S. ? Effectivement c’est la question !

    En gros, je dirais au milieu de nulle part. Perso je suis de gauche et je ne voterai pas pour eux. Les égos sont encore trop gros et pas orientés vers le sauvetage de la nation.

    Ils doivent d’abord se débarasser de ce salaud de DSK. Une crevure doit être juger au prélable pour tentative de viol ... ensuite on verra.

    Ségolène ... je trouve toujours aussi honteux ... le traitement qu’ont réservé ses amis - sic - à son endroit lors des éléctions de 2007. Et pas d’excuses. Je ne connais pas vraiment son programme ou ce qu’elle propose ... mais elle avait le droit et la légitimité avec elle, et ils ont foulé des pieds cela.

    Ils refont les mêmes erreurs, c’est maintenant qu’il faut désigner celui qui ira au charbon avec le programme qui va bien. Et bien ces abrutis, ils vont le faire au dernier moment. Ils refont sans cesse les mêmes erreurs.

    Seul Mélenchon parle vrai quand les autres polissent des dicours pour mieux plnter des banderilles dans le dos plus tard. Rien ne change.

    Il aurait fallu créer un vaste mouvement anti-Pipole 1er qui va de Eva Joly à Mélanchon equitable et basé sur de vraies et réalistes propositions ... et là tu gagnes.

    La guéguerre n’a pas encore commencé mais elle va être cocasse.

    A peluche


    • JL JL 27 septembre 2010 10:06

      Pareil que Yvance77.

      Les partis européens dits de gauche n’ont aucune solution pour contrer contre les dégats collatéraux de la mondialisation libérale. Ils sont désemparés et n’ont aucun projet vrédible.

      Seuls Mélenchon, Eva Joly et quelques autres présentent une alternative crédible basée sur des valeurs bafouées par l’UMPS.


    • Kalki Kalki 27 septembre 2010 19:08

      Les français ont besoin de changement : donnez leurs trois présidents qui devront décider ensemble.


    • liberta 27 septembre 2010 10:33

      @ Yvance 77

      je me joins à vos propos en y ajoutant que le premier combat est de virer DSK mais il faut croire à
       
      l’intelligence des militants et votants lors de la primaire au PS et Ségolène Royale retrouvera ses

       électeurs et son autorité si Martine Aubry ne refait pas le coup de truquer les résultats


      • LE CHAT LE CHAT 27 septembre 2010 11:00

        le PS complice de Sarko qui a voté le traité de Lisbonne n’est pas une alternative crédible à la politique néolibérale , juste une alternance ! seules les places les interessent , de quoi satisfaire leurs égos boursoufflés et se remplir les poches comme les actuels !


        • Yvance77 27 septembre 2010 11:57

          Salut minou smiley

          « juste une alternance ».

          Ce doit être ton jour de bonté, ou tu viens d’entendre à la radio « Le lundi au soleil » de Cloclo et cela te met d’humeur joyeuse smiley

          En l’état le PS ne peut même pas être une quelconque alternative, ce serait comme donner du foie gras à bouffer aux cochons.

          L’UMPS ce sont des femmes et hommes qui ont la même vue, celle que l’on inculque à l’ENA, ils sont génétiquement presque identiques ...il faut sortir de cette école de la pensée néo-conne, à la solde d’intérêts qu’ils ont privatisés.

          A peluche


        • Pyrathome pyralene 27 septembre 2010 13:59

          Le seul candidat qui puisse gagner à droite est DSK.........


          • wesson wesson 27 septembre 2010 14:39

            Bonjour l’auteur,

            L’UMP va droit dans le mur en TGV, le PS y va aussi, mais en train à vapeur !

            à partir de là abrégeons nos souffrances et réélisons M. Sarkozy pour un 2ème mandat. Il a déjà recupéré presque tous les élécteurs du FN (+20% de satisfaction chez les sympathisants FN ce dernier mois), il ne lui reste plus à faire une bonne campagne indigne de stigmatisation comme il sait si bien les faire, et le tour sera rejoué, jusquà la prochaine révolution histoire qu’on change VRAIMENT


            • Pyrathome pyralene 27 septembre 2010 15:17

              Absolument, Wesson smiley  ! les érecteurs du FHaine sont tellement des crétins absolus qu’ils n’y voient que du feu à chaque frasque de Pipol premier, il aurait bien tort de se priver en jouant le guignol pour rameuter les gogols......


            • kiouty 27 septembre 2010 15:55

              Non, mais il ne faut voter ni UMP (pour des raisons évidentes), ni PS en 2012.

              Je sais que la plupart des gens s’en branlent de ces questions, mais quand même, ce serait d’une bouffonerie...


              • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 27 septembre 2010 18:10

                La candidature de DSK, je peux vous le dire de l’intérieur du PS, n’est pas pliée


                1) DSK n’est majoritaire ni à gauche, ni au PS et ses dernières déclarations sur les retraites interdisent qu’il soit soutenu pas toute la gauche, verts compris ; condition pourtant indispensable pour gagner. Contrairement aux sondages incluant les électeurs de la droite ou prétendument de gauche, il n’est pas, pour le moment, en position de gagner les primaires ouvertes au PS. Il n’est pas perçu comme un adversaire politique de Nicolas Sarkozy mais plutôt comme une de ses cautions de gauche !

                2) Pour se présenter il doit trahir ses engagements écrits , engagements qu’il a signés pour devenir directeur du FMI ( aller jusqu’au bout -2012-de sa mission, ne pas s’impliquer avant cette date dans la politique nationale) : la droite ne manquerait pas d’insister sur ce « parjure » pour le disqualifier auprès des électeurs français et des différentes instances internationales ainsi que sur la trahison de sa mission.

                3) Il est très bien là où il est , politiquement pour poursuivre dans un deuxième mandat a réforme du FMI pour laquelle il s’est fait élire et personnellement au regard de sa sphère d’influence actuelle. Sa place actuelle est surement plus valorisante qu’à l’Elysée...

                4) Si MA se livrait et livrait le PS pied et point à DSK par une manipulation occulte des primaires, comme l’indique Bartolone , elle ferait éclater la parti et la gauche et ouvrirait un boulevard à Nicolas Sarkozy. 

                5) Elle le sait, c’est pourquoi, elle et Ségolène Royal ont toutes les deux intérêt à faire l’unité pour que les primaires soient transparentes, à la date prévue , laquelle interdit à DSK de se présenter, sauf à trahir ses engagements internationaux, ce qui serait dommageable à une ambition présidentielle crédible sur le plan mondial et donc français..

                • Ronald Thatcher rienafoutiste 27 septembre 2010 19:10

                  faudrait que le PS se rebaptise différemment pour draguer les nouvelles générations d’électeurs... Parti socialiste fait tellement ringard et péjoratif à nos oreilles !
                  Pourquoi, pas le Parti des Nouveaux Capitalistes Socialisant ?
                  Le programme tout le monde s’en fout, ce sera celui du FMI et de l’OMC qui sera appliqué, comme aujourd’hui d’ailleurs !


                  • kemilein 27 septembre 2010 21:40

                    DSK doit rester au FMI, la france aura besoin de lui bientôt, enfin du FMI... autant se faire mettre une fois de plus par un bon compatriote de chez nous ;)


                    • Pyrathome pyralene 28 septembre 2010 00:58

                      yaura pas besoin, le système va imploser avant peu.......


                    • elec 42 elec 42 3 octobre 2010 10:25

                      PS=parti sinistré

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