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Accueil du site > Actualités > Politique > Robert Boulin assassiné ?

Robert Boulin assassiné ?

Se blesser le nez et l’arrière du crâne, avaler du Valium sans en retrouver dans l’estomac mais seulement dans le sang, être ligoté puis se libérer, et se suicider dans un étang boueux sans salir son costume, être retrouvé sur le ventre mais avec des lividités cadavériques sur le dos. Voici une version officielle qui paraît si surréaliste qu’elle signifierait que de nombreux acteurs de la procédure judiciaire auraient voulu cacher la vérité. Celle de l’assassinat. Dans quel but ?

Il y a des affaires où l’incertitude demeure. Où la théorie du complot politique est parfois beaucoup plus pertinente que pour les attentats du 11 septembre 2001. Des affaires qui n’en finissent pas comme l’affaire Grégory. D’autres affaires comme l’Angolagate qui aboutissent à la condamnation à de la prison ferme d’un ancien ministre d’État, Charles Pasqua que j’avais qualifié d’ange et démon de la politique française lors de son procès et qui semble prêt à lâcher beaucoup d’informations.
 
Il y a même des affaires qui refont surface, comme celle des emplois fictives de la Ville de Paris qui vient de renvoyer ce 30 octobre 2009, pour la première fois dans l’histoire de la République, un ancien chef de l’État en correctionnelle.
 
 
Trente ans de "foutage de gueule" ?
 
Cela fait trente ans qu’on a découvert le corps sans vie de Robert Boulin. C’était le 30 octobre 1979 et l’heure exacte de sa découverte prête encore à discussion. La mort pourrait remonter dès le 29 octobre 1979 entre dix-sept heures et vingt heures trente.
 
Officiellement, il s’agirait d’un suicide mais il y a tellement de lacunes, d’erreurs, de fautes dans l’enquête judiciaire (au moins soixante-quinze) que la thèse de l’assassinat est évidemment en tête. De nombreuses pièces à conviction (comme les bobines d’encre de la machine à écrire utilisée pour écrire de supposées lettres posthumes), de documents (des dossiers secrets sortis du coffre par Robert Boulin), des prélèvements sur le corps (sang, organes) ont été négligés par l’enquête ou tout purement ont disparu ou ont été volés, détruits…
 
En février 1981, l’avocat de la famille, Robert Badinter, réussit à obtenir des photographies du visage traumatisé de Robert Boulin prise par la police judiciaire. Le 18 janvier 1984, ce même Robert Badinter, devenu garde des Sceaux, dépose plainte contre la famille pour diffamation (elle avait accusé le procureur de la République de Versailles de forfaiture).
 
Le 26 janvier 2007, au cours d’un discours de campagne à Poitiers, Nicolas Sarkozy avait évoqué Robert Boulin qui avait habité Neuilly-sur-Seine : « Je n’oublie pas Robert Boulin, victime du mensonge et de la diffamation. ».
 
La fille de Robert Boulin, Fabienne Boulin-Burgeat, avait écrit le 20 novembre 2007 ceci : « Nous ne cessons de rassembler les preuves tangibles que mon père a été assassiné et je vois mal comment la justice de la République pourrait continuer à les dénier, je n’ignore rien, pour les avoir moi-même subies, des forces qui se sont exercées et s’exercent encore pour contraindre les témoins à se taire, et en encourager d’autres à s’accommoder de petits arrangements avec la vérité. C’est pourquoi je me réjouis que les langues des uns commencent à se délier, tandis que la mémoire revient aux autres. La justice française me doit la vérité comme simple citoyenne autant que comme fille de mon père. Comme démocrate républicaine je me battrai jusqu’au bout pour que justice passe dans ce dossier si emblématique des mœurs politiques et de l’état des institutions de cette République. Presque trente ans après les faits, il est encore temps, il est plus que temps ! ».
 
Tout dernièrement, le 27 octobre 2009, un ancien ministre gaulliste, Jean Charbonnel, 82 ans, a évoqué de nouveau la thèse de l’assassinat sur France Inter en parlant de « règlement de compte politique ».
 
Ce triste trentième anniversaire va peut-être braquer les projecteurs sur cette affaire et inciter la justice à rouvrir le dossier qui n’est toujours pas prescrit.
 
Mais rappelons rapidement le contexte politique.
 
 
En pleine bataille entre chiraquiens et giscardiens
 
Robert Boulin a 59 ans lorsqu’il est un influent Ministre du Travail et de la Participation du gouvernement de Raymond Barre, sous le septennat de Valéry Giscard d’Estaing.
 
Il a été pendant une quinzaine d’années membre du gouvernement sous De Gaulle, Pompidou et Giscard d’Estaing (il a occupé entre autres les Relations avec le Parlement, l’Agriculture, le Budget, la Fonction publique et les Finances) et à ce titre, il fait partie des ministres qui ont eu l’une des plus grandes longévités sous la Ve République.
 
Gaulliste social, résistant, avocat en Gironde, il en a voulu à Jacques Chirac d’avoir torpillé la candidature de Jacques Chaban-Delmas en 1974 et a refusé de siéger dans son gouvernement entre 1974 et 1976.
 
La majorité est composée de deux partis sensiblement égaux à l’Assemblée Nationale élue en mars 1978. L’UDF de Giscard d’Estaing (rassemblant les républicains indépendants et les centristes) et le RPR, parti fondé par Jacques Chirac avec l’aide de Charles Pasqua en décembre 1976 pour succéder à l’UDR et surtout, pour en finir avec la "vieille" garde gaulliste, en particulier Jacques Chaban-Delmas, Michel Debré, Olivier Guichard, bref, les barons du gaullisme historique.
 
Or, après le départ de Jacques Chirac de Matignon en été 1976, il existe une véritable guéguerre entre Jacques Chirac et la politique gouvernementale (Giscard d’Estaing et Barre) et Raymond Barre est obligé de gouverner à coups de 49.3 (vote de confiance). L’objectif, c’est l’élection présidentielle de 1981.
 
Beaucoup de responsables gaullistes s’inquiètent des initiatives de Jacques Chirac qui n’ont pas eu beaucoup de succès notamment lors des premières élections européennes (seulement 16%). En 1979, Jacques Chirac se sépare de ses deux conseillers Pierre Juillet et Marie-France Garaud. Édouard Balladur et Charles Pasqua prennent alors une place plus importante dans son entourage.
 
Parallèlement au staff de Chirac, au sein du RPR coexistent des gaullistes "légitimistes", à savoir pro-giscardiens qui siègent au gouvernement. Parmi lesquels Alain Peyrefitte (Ministre de la Justice) et Robert Boulin, et tous les deux sont premiers-ministrables. La nomination d’un RPR à Matignon serait vécue par Jacques Chirac comme une déclaration de guerre, mais Valéry Giscard d’Estaing envisage sérieusement une telle nomination.
 
Or, cette hypothèse de changement de Premier Ministre est très crédible en cet automne. Le 18 octobre 1979, Raymond Barre est hospitalisé pour une semaine à cause de surmenage après trois ans de Matignon. Il dira d’ailleurs bien plus tard : « En huit jours, ils m’ont remis sur pied, mais la tension était extrême. (…) J’étais vraiment fatigué. Et c’est ce qui m’a donné cette crise d’hypertension. J’en ai conservé des traces et dois avouer qu’après Matignon, j’ai mis près d’un an à trouver mon pôle de sustentation. ».
 
 
La succession de Raymond Barre est ouverte dans un climat d’affaires
 
C’est donc tout naturellement que l’idée d’un départ très proche de Raymond Barre est confirmée : un Premier Ministre fatigué (et impopulaire juste après le deuxième choc pétrolier) et un an et demi avant l’élection présidentielle à laquelle Giscard d’Estaing se représenterait évidemment et qui promet d’être sportive avec la candidature probable de Jacques Chirac mais aussi celles de Michel Debré et de Marie-France Garaud qui y pensent déjà.
 
Robert Boulin a tout le profil du successeur de Raymond Barre. Très apprécié des syndicats et à la réputation de grande honnêteté et d’ouverture au dialogue social, une grande expérience, issu du RPR mais pas du tout inféodé à Jacques Chirac.
 
Un peu avant l’hospitalisation de Raymond Barre, le 9 octobre 1979, "Le Canard Enchaîné" puis "Le Monde" le lendemain évoquent pour la première fois l’affaire des diamants de Bokassa qui pourrira le restant du septennat de Valéry Giscard d’Estaing.
 
Et quelques jours encore avant, le journal d’extrême droite "Minute" révèle une sombre histoire de corruption entre Robert Boulin et un promoteur qui lui aurait vendu un terrain à Ramatuelle (près de Saint-Tropez) en échange de permis de construire. Ce promoteur est déjà inculpé et semble se défendre en chargeant un ministre pourtant réputé pour son intégrité (rien ne dit que ses allégations sont justes). Le promoteur s’appelle Henri Tournet et a rencontré Jacques Foccart la première fois à Nancy …le 20 octobre 1934 lors de leur service militaire.
 
Le climat est donc beaucoup aux "affaires".
 
 
Le syndrome Roger Salengro
 
Robert Boulin a peur d’être mis officiellement en cause par la justice d’autant plus que le juge qui s’en occupe n’a que 25 ans, « fils d’un communiste » et s’appelle Renaud Van Ruymbeke. Robert Boulin parle de ce sujet à son collègue du gouvernement Alain Peyrefitte, Ministre de la Justice, dès le 18 juin 1979 après le déjeuner. Robert Boulin croit qu’il s’agit d’une « machination d’un juge rouge » contre lui. Il en veut ensuite à Peyrefitte de ne pas l’avoir aidé mais intervenir dans le cours de la justice lui aurait été difficile. Rappelons en plus qu’Alain Peyrefitte et Robert Boulin sont "rivaux" comme premiers-ministrables.
 
Alain Peyrefitte croit que cette affaire politico-financière aurait été "balancée" par des proches de Jacques Chirac pour mettre à mal le pouvoir giscardien. Les supposées lettres posthumes de Robert Boulin (qu’on a été incapable d’authentifier) au contraire reprochaient à Alain Peyrefitte sa froideur et son absence d’aide.
 
Rendre Alain Peyrefitte responsable du suicide de Robert Boulin permettait d’éliminer ces deux personnalités dans la course à Matignon.
 
Le syndrome Roger Salengro reste dans les esprits : en 1936, le Ministre de l’Intérieur de Léon Blum se suicidait à la suite d’une campagne de diffamation sur une prétendue désertion pendant la Première guerre mondiale. Une campagne qui avait commencé dans des journaux d’extrême droite comme pour cette campagne contre Robert Boulin. Un parallèle assez troublant mais peut-être justement un peu trop parfait.
 
 
Rumeurs et confusion
 
Le chroniqueur Philippe Alexandre lance cependant le 6 novembre 1979 un pavé dans la mare en affirmant que vers le 15 septembre 1979, des dirigeants du RPR (donc proches de Jacques Chirac) se seraient réunis pour décider de révéler à la presse l’affaire sur le terrain de Ramatuelle.
 
Selon Jacques Chaban-Delmas, de nombreuses rumeurs couraient dans tous les sens : « Par exemple, quelqu’un est venu me dire que Charles Pasqua s’était répandu partout en disant, hilare : Boulin, on le tient, Peyrefitte aussi, et après ce sera Chaban ! ». Jean de Lipkowski pense au contraire que Robert Boulin accusait dans ses lettres Raymond Barre et Philippe Mestre, son directeur de cabinet (qui sera Ministre des Anciens Combattants d’Édouard Balladur en 1993).
 
 
Ce qu’a entendu Michèle Cotta à ce sujet
 
Témoin particulier de cette période, la journaliste Michèle Cotta annotait scrupuleusement dans un journal tout ce qu’elle avait entendu de ses rencontres avec les principaux acteurs de la vie politique. Je me propose de résumer ce qu’elle a recueilli comme témoignages, privés ou même publics.
 
Pour comprendre l’ambiance politique au sein de la majorité, on peut reprendre le compte-rendu fait par Paul Granet d’un déjeuner entre plusieurs responsables de la majorité réunis le 24 octobre 1979 chez le Ministre de la Défense Yvon Bourges. L’heure est plutôt au soupçon. Didier Julia, député RPR de Fontainebleau (il a été réélu en juin 2007), demande au ministre par exemple : « Dites-moi, parlez-nous un peu des diamants du Président, et des vôtres, tant qu’on y est ! ». Maurice Druon, quant à lui, s’amuse plutôt à propos du siège de l’Assemblée européenne nouvellement élue : « Laissez-la à Strasbourg puisqu’elle pédale dans la choucroute ! ».
 
Bref, la tension est très forte et chaque personnalité cherche à contrer la stratégie des autres.
 
Dès l’annonce de la mort de Robert Boulin, Jacques Chaban-Delmas, Président de l’Assemblée Nationale, évoque un assassinat en faisant son éloge funèbre dans l’hémicycle : « Campagne d’autant plus dure à supporter qu’elle visait un honnête homme, un homme intègre. Puissions-nous méditer sur ce drame, sur cet assassinat ! ». Afin de ne pas s’opposer à la thèse du suicide, Chaban-Delmas reviendra sur ce mot qui est sorti selon lui trop vite.
 
Raymond Barre est lui aussi « cruellement éprouvé par la disparition de Robert Boulin ». Les deux hommes semblaient beaucoup s’apprécier mutuellement.
 
Michèle Cotta se rappelait alors que Robert Boulin n’avait pas beaucoup le moral et à Philippe Séguin qui l’avait félicité sur un sujet, il lui avait répondu : « Je vous remercie de dire des choses agréables à mon égard, c’est tellement rare ! ».
 
Tout consiste alors à savoir qui a ordonné la révélation de l’affaire de Ramatuelle à la presse.
 
 
Alain Peyrefitte ?
 
Le 31 octobre 1979, Michèle Cotta recueille le témoignage d’Olivier Guichard à propos d’une supposée lettre posthume de Robert Boulin qui charge Alain Peyrefitte « plus préoccupé de sa carrière que de la bonne marche de la Justice ». Guichard, qui fut aussi Ministre de la Justice (le prédécesseur direct d’Alain Peyrefitte), ne croit pas à une responsabilité d’Alain Peyrefitte.
 
Ce dernier raconte peu après : « Une fois écarté, Tournet [le promoteur inculpé] avait chargé Boulin. Ses déclarations ne sont pas forcément vraies, d’abord parce qu’un homme inculpé et incarcéré ne veut jamais être le seul inculpé dans une affaire, et que le fait de mettre en cause un ministre peut apparaître comme un bon système de défense. ». Plus crûment, le directeur des Affaires criminelles pense que « cette affaire vient de chez Chirac ».
 
Peyrefitte veut se dédouaner des reproches faits à son encontre. Il explique en parlant de Robert Boulin : « Il avait l’impression que je n’avais pas fait ce que j’aurais dû faire pour l’aider. Mais je ne pouvais pas faire autre chose que ce que j’ai fait ! Que n’aurait-on dit si j’avais dessaisi le juge ! À vrai dire, j’en ai trop fait : j’aurais dû intervenir plus tôt pour faire gicler Boulin du gouvernement, voilà tout ! ».
 
 
Jacques Chirac ?
 
Maurice Plantier, le Secrétaire d’États aux Anciens Combattants, aurait reçu une confidence de Robert Boulin le 24 octobre 1979 : « Je sais ce matin par une preuve écrite que tout cela vient de l’entourage de Chirac ». Mais Plantier démentira ensuite ces propos malgré leur diffusion par Philippe Alexandre.
 
Le 7 novembre 1979, Philippe Mestre, le directeur de cabinet de Raymond Barre, refuse de croire que Jacques Chirac pourrait être à l’origine de la campagne contre Robert Boulin : « Que les dirigeants du RPR eux-mêmes se soient mis d’accord pour "mouiller" Boulin, personne ne le croit, ni le Président, ni le Premier Ministre, ni moi ! ». Il confirme que cette affaire était connue de Giscard d’Estaing et de Barre dès août et que Boulin n’a jamais cherché à leur en parler de lui-même.
 
Philippe Mestre insiste sur ce qu’a dit le promoteur incarcéré dans le rapport du juge : « C’était un chantage inouï contre Boulin. (…) Ce qui a été terrible, pour Boulin, c’est d’être sous la pression d’un chantage au moment précis où le phare était braqué sur lui, c’est-à-dire au moment où on a parlé de lui comme un Premier Ministre possible. D’un seul coup, il savait que son avenir politique était compromis. ».
 
Aux questions au gouvernement de la séance du mercredi 7 novembre 1979, le jeune député socialiste Laurent Fabius pose deux questions sur l’affaire Boulin en commençant par ces mots : « Émotion mais perplexité… ». Raymond Barre lui répond gravement : « Le garde des Sceaux [Peyrefitte] n’a pas manqué à son devoir, sinon il ne serait plus garde des Sceaux. Le gouvernement ne fuit pas la vérité, et personnellement, je ne la fuis pas, et elle apparaîtra conformément aux procédures d’un pays démocratique. ». Puis, récusant les attaques contre la presse qui calomnie, il laisse « chaque journaliste en face de sa conscience » et ajoute à Laurent Fabius : « De temps en temps, un peu d’indulgence ne messiérait pas. Face à tout ce qui est marécage, le gouvernement est sûr d’adopter une attitude conforme à la dignité. ».
 
Le 8 novembre 1979, Michèle Cotta va voir Bernard Pons, député RPR, qui fut le premier à entendre l’éditorial de Philippe Alexandre accusant l’entourage de Jacques Chirac. Il déclare avoir fait auprès des permanents et des dirigeants du RPR sa petite enquête pour savoir s’il y a eu une réunion secrète de responsables RPR : « Tous m’ont dit n’avoir tenu aucune réunion ». Pour Bernard Pons, il faut donc attaquer en diffamation Philippe Alexandre. Il le dit à Jacques Chirac qui le rejoint : « J’ai posé la question à Chirac, les yeux dans les yeux : Peux-tu me dire si tu as présidé une réunion de ce genre, ici ou ailleurs ? Chirac me répond qu’il n’a pas présidé de réunion de groupe les jours en question, qu’il s’est contenté de voir Alain Devaquet, Claude Labbé et moi. J’ai vérifié ensuite auprès de Bernard Billot [collaborateur de Jacques Chirac], à la mairie de Paris, qu’aucune réunion n’avait été tenue à l’Hôtel de Ville entre dirigeants RPR. ».
 
 
Matignon ?
 
Michèle Cotta rencontre le même jour Jean de Lipkowski qui affirme avoir prévenu Chirac dès le 4 novembre 1979 des accusations que va diffuser Philippe Alexandre. Il demanda alors à Chirac : « Jure-moi que tu n’y es vraiment pour rien. Sinon, je démissionne à l’instant du RPR. » et Chirac jura.
 
Le 26 octobre 1979, Jean de Lipkowski avait déjeuné avec Robert Boulin qui n’avait pas de problème avec Chirac mais selon lui plutôt avec Barre et Mestre qui l’auraient abandonné à son sort (sentiment confirmé aussi par la veuve de Robert Boulin qui confie à Jean Mauriac, qui déteste Chirac, que Barre et Mestre ont été avec son mari presque « inhumains »). Au "Club de la Presse" du 21 octobre 1979 sur Europe 1, Robert Boulin avait d’ailleurs parlé de Jacques Chirac comme d’un « ami ».
 
Michèle Cotta conclut cette série de témoignages par cette phrase assez de bon sens : « Chacun s’est refilé le mistigri : Peyrefitte, le premier désigné par Boulin dans sa lettre posthume, s’est débarrassé de l’accusation au détriment du RPR et de Jacques Chirac ; Jacques Chirac a fait donner Lipkowski, qui, en brandissant à son tour les noms de Barre et de Mestre, a calmé tout le monde. ».
 
 
Des problèmes d’horloge
 
Le plus troublant reste encore l’heure réelle de l’annonce de la mort de Robert Boulin.
 
Officiellement, son corps est retrouvé dans la forêt de Rambouillet le matin du 30 octobre 1979 à huit heures quarante mais dans ses mémoires publiées quelques mois avant de mourir ("L’Expérience du pouvoir", éd. Fayard 2007), Raymond Barre affirme l’avoir appris dès trois heures du matin alors que Valéry Giscard d’Estaing ne l’aurait appris qu’à onze heures trente du matin (dans son livre "Le Pouvoir et la vie"), soit bien après les journalistes.
 
Le registre d’état civil de la commune où l’on a retrouvé le corps a été modifié. Et la famille de Robert Boulin aurait été mise au courant de la mort dès la veille à vingt heures par un collaborateur de Robert Boulin (Guy Aubert).
 
Yann Gaillard, directeur de cabinet de Robert Boulin (sénateur UMP de l’Aube depuis 1994), écrit dans un livre ("Adieu Colbert", 2000) qu’il a appris à deux heures du matin par Philippe Mestre que le corps de Robert Boulin venait d’être retrouvé (témoignage démenti par Philippe Mestre). Le Ministre de l’Intérieur Christian Bonnet affirme avoir été alerté entre deux heures et trois heures du matin.
 
Mais c’est sans doute le témoignage de Marie-Thérèse Guignier, ancienne collaboratrice de Robert Boulin et proche des milieux gaullistes, qui affirme avoir été réveillée entre une heure trente et deux heures du matin par un ami proche, Louis-Bruno Chalret, procureur général près la cour d’appel de Versailles, qui lui apprend qu’on a retrouvé le corps de Boulin et selon elle, « il se couvre, il appelle tout le monde sur le réseau téléphonique interministériel, c’est-à-dire l’Élysée, Matignon et probablement l’Intérieur et la Chancellerie. » ("Un homme à abattre", Fayard).
 
 
Des dossiers "sensibles"
 
Selon la famille de Robert Boulin, ce dernier avait sorti des dossiers ultra-sensibles concernant certaines affaires dont il avait connaissance et était parti vers quinze heures le 29 octobre 1979 pour une rencontre secrète. C’est à ce moment-là que le ministre a disparu.
 
Laetitia Sanguinetti, la fille d’Alexandre Sanguinetti (décédé en 1980), un des fondateurs du SAC et dirigeant du RPR, rapporte que son père lui avait dit : « C’est un assassinat ! Robert ne s’est jamais suicidé. ». Selon elle, « d’après ce que papa m’a dit, les dossiers de Boulin concernaient une série de facturations diverses et variées de grosses sociétés, françaises ou étrangères, qui servaient au financement occulte des partis, et notamment au RPR. ».
 
Un témoignage qui concorde avec celui très récent de Jean Charbonnel qui affirme avoir discuté de l’affaire avec Alexandre Sanguinetti qui lui avait dit : « Je crois que c’est un assassinat aussi. » et Charbonnel d’ajouter : « Il m’avait cité deux noms de personnalités politiques et une organisation qui pouvaient être impliquées dans cette affaire parce que Robert Boulin était une gêne pour eux, une menace pour eux. (…) La version du suicide ne colle pas et les coupables possibles (…) ont agi à ce moment pour des raisons purement politiques et qui allaient plus loin que les simples affaires immobilières ».
 
 
La disparition si brutale d’une personnalité comme Robert Boulin a été un événement majeur dans la vie politique française.
 
Espérons que la vérité pourra enfin rendre à Robert Boulin sa mort, à défaut de lui rendre sa vie.
 
 
 
Sylvain Rakotoarison (30 octobre 2009)
 
 
Source : "Cahiers secrets de la Ve République, tome II : 1977-1986" de Michèle Cotta (éd. Fayard 2008).
 
Pour aller plus loin :
 
 
 
 
 
Livre de Benoît Collombat : "Un homme à abattre. Contre-enquête sur la mort de Robert Boulin" (éd. Fayard, 11 avril 2007).
 
 
[Illustration : photo du trombinoscope de l’Assemblée Nationale]
 
 
 
 

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43 réactions à cet article    


  • jean-michel Bélouve jean-michel Bélouve 31 octobre 2009 08:27

    Il y a eu diffusion d’un reportage télévisé, sur Canal plus je crois me souvenir, il y a quelques années. Le crime ne faisait aucun doute et la chaîne télévisée avait montré deux des personnages politiques en qui elle voyait les criminels, avec de solides arguments. Boulin était en train de démonter une vaste affaire de fraude à la Sécurité sociale. Le fraudeur semblait bénéficier d’appuis au plus haut niveau, et le documentaire faisait état de versements probables de sommes importantes à un grand parti politique. Boulin avait rendez-vous avec les deux phommes politiques soupçonnés, le soir, juste au coin du bois où il a été retrouvé mort le lendemain. Les deux politiques accusés étaient décédés au moment de la projection du film, mais les familles, semble-t-il, n’ont pas éprouvé le besoin de laver l’honneur de leurs morts, ce qui en dit long !


    • janequin 2 novembre 2009 08:50

      On en revient à des magouilles liées à la protection de la santé des français.

      A croire que c’est le domaine le plus sensible de la vie politique, parce que le plus juteux.

      Et aucun politique qui se présente aux élections ne parle jamais de changer radicalement le fonctionnement de la secu et de l’Afssaps.

      J’espère qu’ils seront bientôt tous pris la main dans le sac (LOL !), de quelque bord qu’ils soient, grâce aux jeunes députés comme Catherine Lemorton ou Aurélie Filipetti.

      NB : il y a certainement des UMP intègres, mais on les entend moins.


    • jean-michel Bélouve jean-michel Bélouve 31 octobre 2009 08:32

      Sur Canal Plus ou bien Arte ? Quelqu’un peut-il m’aider à me souvenir ?


      • ZEN ZEN 31 octobre 2009 09:01

        Dès le début, je m’en souviens, l’affaire m’a semblé extrêmement suspecte, connaissant un peu les méthodes du Sac et celles du bon Monsieur Pasqua...
        Ce n’est pas seulement une affaire d’honneur blessé, comme dit Sarkozy : une façon de dénier la liquidation d’un homme qui gênait
        Le nombre de dsfonctionnements relevés depuis est impressionnant
        La famille en a fait un bilan ,comme d’autres personnes ou associations
        Et les langues se délient
        Et puis, il y les affaires Fontanet, De Broglie, toutes aussi troublantes


        • Croa Croa 31 octobre 2009 12:03

          COLUCHE nous avait fait justement un clin d’oeil à propos de l’imbroglio ’’De breuil’’, car dès le départ,

           smiley « ça ne s’écrit pas comme ça se prononce ! » smiley


          • ZEN ZEN 31 octobre 2009 09:05

            Curieux, ça ne marche pas..
            On peut aller ici :

            Création de l’Association Robert Boulin-Pour la Vérité

            Communiqué de presse de l’Association : Robert Boulin-Pour la Vérité.


            • Paul Cosquer 31 octobre 2009 09:30

              Excellent papier ! Mais ne craignez-vous pas d’être retrouvé suicidé de 10 coups de couteau dans le dos ? smiley

              Pasqua est toujours en activité et même plus que jamais...


              • eugène wermelinger eugène wermelinger 31 octobre 2009 17:44

                Comment cela, Paul, aurait-il proposé de vendre du pastis à La taverne des poètes ? 


              • morice morice 31 octobre 2009 10:33

                Amusant : celui qui a dit ici que Pasqua était un « ange » vient aujourd’hui nous parler d’une de ses œuvres les plus notoires : rien sur le SAC er rien sur Le Mesle, procureur à Versailles présent à deux heures du matin au bord de l’étang. Or Le Mesle c’est qui ?



                Le Mesle était au SAC, sous les ordres de Charly qui en a assez aujourd’hui pour assassiner une république s’il décide de lâcher le morceau.

                Le RPR ne pouvait admettre que Giscard prenne son meilleur élément comme premier ministre, cela l’aurait fait imploser et aurait ruiné la carrière de.. Chirac.

                « Selon la famille de Robert Boulin, ce dernier avait sorti des dossiers ultra-sensibles concernant certaines affaires dont il avait connaissance »

                Boulin savait ce qu’avait fait Charly, l’homme de main de De Gaulle, devenu celui de Chirac. Il en est mort.

                Vous avez un jour osé écrire « Pasqua, ange ou démon » je vous avais à l’époque demandé de retirer le mot « ange ». Vous ne l’avez pas fait. Aujourd’hui, vous pouvez à nouveau tenter de noyer le poisson, en restant vague sans jamais citer Le Mesle : Sylvain, vous ne vous mouillez jamais ici. Même dans 20 cm d’eau.

                voici ce que j’ai dit ailleurs sur la question :

                A l’Elysée, comme à Matignon, les hommes de confiance du Président (Giscard d’Estaing) et du Premier ministre (Raymond Barre) savent que Robert Boulin est mort, entre 2h00 et 3h00 du matin. Au même moment, le procureur général Chalret, proche du SAC et des réseaux Foccart, est dépêché avec une équipe pour « arranger » la situation.

                il publie notamment plusieurs témoignages faisant état de la découverte du corps de Robert Boulin dès 2h du matin dans la nuit du 29 au 30 octobre, alors que la découverte officielle n’a été faite qu’à 8h30 du matin. Il affirme aussi que le procureur général de Versailles s’était rendu sur le lieu de la découverte dans la nuit.

                qui a empêché la réouverture du dossier en 2007 

                « En octobre 2007, il décide de ne pas rouvrir le dossier de l’affaire Robert Boulin »

                qui était procureur à Versailles ?

                qui était au SAC ? 

                le Mesle.

                il était où récemment le Mesle ?
                pas au procès Cleastream.

                Autre absent de marque, Laurent Le Mesle, aujourd’hui procureur général de Paris. En septembre 2007, Villepin livre cette information stupéfiante, dans une note aux juges d’Huy et Pons : en juillet 2004, il a participé, à l’Elysée, à une réunion consacrée à l’affaire Clearstream avec Chirac et LeMesle, son ancien conseiller pour la justice, devenu ensuite directeur de cabinet du garde des Sceaux. Selon Villepin, Le Mesle a vivement recommandé de ne pas informer le juge Van Ruymbeke des éléments réunis lors de l’enquête du général Philippe Rondot. Notamment de ses sérieux doutes sur l’authenticité des listings. Etrange conseil venant d’un haut magistrat tout de même.
                Villepin réitère ses accusations à plusieurs reprises, et propose même aux juges d’être confronté à Le Mesle. Cette rencontre ne sera jamais organisée. Si Villepin dit la vérité, Le Mesle serait pourtant susceptible d’être renvoyé avec lui devant le tribunal, pour ne pas avoir informé le juge Van Ruymbeke de ce léger détail. On lui demandait d’enquêter sur la base d’une dénonciation calomnieuse. Chirac serait d’ailleurs lui aussi « complice » pour avoir donné l’ordre à Villepin de se taire. C’est peut-être pourquoi cet épisode n’intéresse personne. 

                • Hieronymus Hieronymus 31 octobre 2009 15:03

                  mais Morice, ces Charly et le Mesle ne sont que des hommes de l’ombre, des seconds couteaux qui n’interessent personne ..
                  le vrai commanditaire du crime selon vous, est ce Pasqua ?


                • morice morice 1er novembre 2009 00:39

                  non lui est l’homme de main, l’organisateur de l’équipe de bras cassés qui tuent. Le commanditaire ne peut être que celui dont la nomination tuerait la carrière et l’avenir en faisant imploser un RPR passé chez Giscard en partie avec Boulin nommé premier ministre ! Ne reste qu’un candidat, là, si vous me suivez bien.....


                • Hieronymus Hieronymus 1er novembre 2009 03:53

                  merci Morice de votre reponse tres claire
                  j’ai toujours pense a « lui » en priorite comme etant la personne la plus directement visee par la question (deja mise en exergue par les Anciens) « A qui profite le crime ? »
                  si on evoque enormement d’affaires concernant l’ex-president, ce crime-fondateur semble par contre constamment devoir passer sous silence ? trop gros ? trop monstrueux ?
                  c’est oublier que « plus c’est gros mieux ca passe » semble etre sa devise de toujours,
                  aussi a l’epoque il avait recupere a son service Pierre Juillet et Marie France Garaud, les 2 ames damnees de Pompidou, puis intronise par le parrain Charles « il capo di tutti capi », bref il avait deja toute la panoplie du parfait chef de gang ..


                • morice morice 31 octobre 2009 10:42

                  autres éléments

                  la tête est bien tuméfiée.
                  ps : je ne soutiens en rien l’auteur du site.

                  « 11. Le Procureur ordonne la recherche de traces de projectile, mais pas des fractures éventuelles, alors que le visage du mort ressemble à celui d’un boxeur. »
                  « 12. L’analyse des blessures au visage n’est pas faite. »
                  « 13. Les enquêteurs ne s’intéressent pas à l’étrange position en « coffre de voiture » du corps, avec les jambes légèrement repliées et un seul bras levé, dont les rigidités semblent cassées. »
                  « 23. Voyant le visage tuméfié de son mari, Colette Boulin demande pourquoi le visage est abîmé, la police lui répond que c’est à cause de l’autopsie. Or, aucune autopsie du crâne n’avait été pratiquée sur ordre formel du Procureur. Les enquêteurs chercheront ensuite à faire croire que cette autopsie n’aurait pas été pratiquée à la demande de la famille. »

                  un autre Sylvain ici


                    • anwe 31 octobre 2009 17:17

                      Il n’y a pas eu aussi à cette époque le gendre de Chirac qui a été retrouvé mort dans de drôles (enfin pas pour lui) de circonstances ?


                    • morice morice 1er novembre 2009 00:42

                      http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Habert_(1958-1993)

                      Directeur des études politiques du journal Le Figaro, consultant à TF1, et mari de Claude Chirac. Il semble qu’ils aient eu des relations parfois difficiles à cause de divergences de vues politiques.

                      Les circonstances troublantes de sa mort ont été attribuées après autopsie à un empoisonnement. Il a été convenu qu’il s’agissait probablement d’unsuicide par absorption de médicaments.



                    • therasse therasse 31 octobre 2009 11:23

                      Une enquête très fouillée a été réalisée par Médiapart. Vous y entendrez les témoins de l’époque et notamment nombre d’entre ceux qui avaient préféré ne pas témoigner à l’époque.


                      Je m’intéresse de près à cette affaire depuis longtemps ; je n’ai jusqu’à présent rien lu ou entendu d’aussi révélateur, notamment sur les relations entre la chiraquie et la pègre à cette époque.


                      • Leviathan Leviathan 31 octobre 2009 11:34

                        Pasqua est probablement mouillé jusqu’au cou dans l’affaire Boulin. Visionnez donc ces conférences, ainsi que le documentaire sur l’affaire boulin :
                        http://leruisseau.iguane.org/spip.php?article1160

                        Pour en savoir plus, visionnez cette conférence en 5 parties :
                        - « Françafrique : Le réseau Chirac, la relève Sarkozy ? » :

                        http://www.dailymotion.com/video/x1tj2j_de-chirac-a-sarkozy-1_politics
                        http://www.dailymotion.com/video/x1tk9z_de-chirac-a-sarkozy-2_politics
                        http://www.dailymotion.com/video/x1toy2_de-chirac-a-sarkozy-3_politics
                        http://www.dailymotion.com/video/x1tpee_de-chirac-a-sarkozy-4_politics
                        http://www.dailymotion.com/video/x1tphr_de-chirac-a-sarkozy-5_politics

                        ----------------------------------------------------------------------------------

                        Conférence intitulé « L’envers de la dette », de François-Xavier Verschave, sur la Francafrique et les réseaux franc-maçonniques (A voir !!! 5 étoiles !!!)

                        http://www.dailymotion.com/video/x73fxt_francafrique-lenvers-de-la-dette-15_news
                        http://www.dailymotion.com/video/x6edap_francafrique-lyenvers-de-la-dette-2_news
                        http://www.dailymotion.com/video/x6ee8f_francafrique-lyenvers-de-la-dette-3_news
                        http://www.dailymotion.com/video/x6efau_francafrique-lyenvers-de-la-dette-4_news
                        http://www.dailymotion.com/video/x6eg2s_francafrique-lyenvers-de-la-dette-5_news

                        ------------------------------------------------------------------------------------

                        De la françafrique à la mafiafrique - partie 2

                        « Extrait de la conférence de la »Françafrique à la Mafiafrique« . Description du réseau Pasqua. »
                        http://www.dailymotion.com/video/x1r43n_de-la-francafrique-a-la-mafiafrique_politics


                        • Croa Croa 31 octobre 2009 12:17

                          « Pasqua est probablement mouillé jusqu’au cou »

                          Celui qui a dit de « Laisser les morts enterrer les morts » l’est aussi, forcément !


                        • Croa Croa 31 octobre 2009 12:27

                          Question aux juristes :

                          30 ans, il y a prescription au pénal, non ? Donc tout ceux qui sont coupables ainsi que les complices sont hors d’atteinte, non ?

                          Conclusion (si réponse positive) : Ceux qui, par obéissance, ont participés à l’étouffement de l’affaire devraient témoigner maintenant ! Peut-être les consciences s’ouvrent-elles en ce moment !

                          Les témoins complices ne risquent plus la prison, certes. Toutefois les dommages (qui s’obtienent au civil, sans prescription donc) c’est bien l’état qui devra les payer à la famille Boulin, non ?


                          • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 31 octobre 2009 13:34

                            A Croa,

                            Non, il n’y a pas prescription. Le délai est de dix ans (pour certains crimes, ça a été modifié), mais à partir du dernier acte judiciaire. Le 15 décembre 1992, l’affaire était close et la prescription aurait dû intervenir en 2002 mais quelques semaines avant, le 30 octobre 2002, un nouvel acte a remis les compteurs à zéro (28 nouvelles auditions judiciaires ont eu lieu entre le 30 octobre 2002 et le 4 janvier 2006 mais qui n’ont pas abouti à la réouverture de l’instruction judiciaire). Donc, sous réserve que je me trompe, il n’y aura prescription qu’à partir d’octobre 2012 sans nouvel acte d’ici là. La phase judiciaire est définitivement close par la procureur général de la Cour d’appel de Paris, Laurent Le Mesle, en rejetant le 16 octobre 2007 une nouvelle demande de réouverture du dossier de Fabienne Boulin-Burgeat.

                            Cordialement.


                          • Croa Croa 1er novembre 2009 19:16

                            Merci  smiley


                          • ZEN ZEN 31 octobre 2009 12:42

                            « Pasqua est probablement mouillé jusqu’au cou »

                            Dans le Ricard ?
                            On n’oublie son premier job...


                            • ZEN ZEN 31 octobre 2009 13:43

                              On n’oublie pas ...


                              • appoline appoline 31 octobre 2009 13:52

                                Très bon article qui fait revenir à la surface une affaire glauque, encore une. Pour ceux qui gouvernent ce n’est pas un problème si considérable de faire disparaître un gêneur. Mais ils n’assument rien, bien au contraire, ils accablent les familles quand celles-ci veulent connaître la vérité, un parcours du combattant.
                                Il est évident que le citoyen lambda tomberait sur le cul s’il était informé des manigances et autres forfaits à voir même pire que les pouvoirs mettent en oeuvre pour paraître plus blanc que blanc, alors qu’ils sautent d’un nid de vipères à l’autre tout en essayant d’en écraser un maximum. C’est ça qui nous gouverne.

                                Allez faire quelques recherches sur le bilderberger, certains pensent qu’ils organisent même des chasses aux enfants dans certains petits bois, comme ça, pour le plaisir. Alors un suicidé ou noyé, pour eux c’est presque de la rigolade.


                                • fonzibrain fonzibrain 31 octobre 2009 14:48

                                  La chiraquie pasquaienne était bien malsaine et quand je vois des abruti dire que chirac ne devrai pas etre jugé pour les affaires, je vomi, mais que les gens sont cons.....


                                  il y a un truc marrant dans cette histoire, béregovoy n’a t il pas été retouvé suicidé à coté d’un canal ou d’un lac ?
                                  ce doit etre la marque de fabrique ds assassins.


                                  • Hieronymus Hieronymus 31 octobre 2009 16:11

                                    entierement d’accord Fonzi
                                    qd j entends dire : Chirac un mec sympa, cela me revulse !
                                    et demontre une fois de plus la mediocrite morale des Francais ..
                                    imagine t on un Chirac faisant 40 ans de carriere en Hollande ou au Danemark ?


                                  • Hieronymus Hieronymus 31 octobre 2009 16:25

                                    j ajoute pour Beregovoy
                                    encore un qu’on a du "suicider’’


                                  • Plus robert que Redford 31 octobre 2009 22:26

                                    Ca aussi, grand mystère !!!
                                    Bérégovoy :
                                    Version Officielle : Suicidé avec le pétard de son garde du corps laissé dans la boîte à gants !!!

                                    JAMAIS de la VIE un garde du corps professionnel ne se sépare de son arme !!!
                                    L’ « oublier » dans une auto où reste l’homme dont il doit assurer la sécurité, ça serait une faute professionnelle GRAVISSIME !!!
                                    Sanction : douze balles dans la peau illico !!
                                    Vous-a-t-on parlé des sanctions ayant été prises contre cet homme
                                    Moi, jamais

                                    Ou bien alors, c’est comme qui dirait : quatre avions détournés en même temps par des barbus armés de cutters, pas un jet pour en intercepter un seul ...

                                    C’est le DESTIN
                                    C’est la faute à PAS DE CHANCE !!!


                                  • Hieronymus Hieronymus 1er novembre 2009 04:02

                                    j’en remets une couche sur le meme :
                                    professer que Chirac serait un mec « sympa », c’est soit faire preuve d’une prodigieuse naivete, soit etre d’une remarquable perversite, Chirac n’est absolument pas sympathique, il est charmeur, filou et trompeur, tout a fait autre chose !
                                    souvenez vous de la cassette Mery, l’ex etait un traitre, un brigand et un tueur, il ne faudra jamais JAMAIS lui pardonner, car c’est sans doute le plus grand criminel de l’histoire de notre Republique
                                    a visionner absolument (merci a therasse)
                                    http://euroclippers.typepad.fr/alerte_ethique/


                                  • Leviathan Leviathan 1er novembre 2009 10:48

                                    Srutout qu’il se serait tiré 2 balles de 357 magnumn dans la tête ! Chose impossible surtout avec cette arme, vous savez, le pétard énorme de l’inspecteur Harry qui vous explose une tête comme une citrouille à 50m...


                                  • lechoux 5 novembre 2009 17:41

                                    Concernant les autres attributions de Mr De Grossouvres, il était aussi le représentant en France du Glavio, l’internationale fachiste ( dixit : Mr X sur France Inter).

                                    Mitterrand résistant ? Laisse-moi rire...


                                  • lechoux 13 novembre 2009 12:38

                                    Correctif de mon post ci-dessus :
                                    « Dans un ouvrage de référence, Les Armées secrètes de l’OTAN [33], l’historien suisse Daniele Ganser décrit ces réseaux, qualifiés de stay-behind (c’est à dire pouvant être activés en arrière de la ligne de front lors d’une occupation ennemie) et connus sous le nom générique de l’unité italienne Gladio (le Glaive). » qui a dans ses rangs des activistes d’extrême droite.


                                  • anwe 31 octobre 2009 17:20

                                    Remarque qu’il suffit de lire n’importe quel polar pour savoir que chez les mafieux, on ne fait pas obligatoirement de vieux os et plus particulièrement si on s’attaque au système de « gagne » !


                                    • Daniel Roux Daniel Roux 31 octobre 2009 19:44

                                      L’affaire Boulin date de 30 ans, les faits et le nom du responsable sont accessibles sur internet. C’est bien d’agiter l’opinion mais il y a aussi des affaires étouffées par le pouvoir actuel.

                                      Les rétro commissions provenant des ventes d’armes du 4ème pays exportateur (frégates, sous-marins, avions, armes de toutes sortes) représentent des milliards d’euros. Des soupçons pèsent sur des personnages importants encore en activité.

                                      Mitterand et Balladur hier, puis Chirac et Jospin, et maintenant Sarkozy, s’opposèrent et s’opposent toujours à l’expression de la vérité en maintenant le secret défense et en protégeant les coupables de crimes et de corruptions.

                                      Ils se rendent coupable d’obstruction à l’enquête et complices objectifs des criminels qu’ils protègent en empêchant volontairement l’expression de la vérité.

                                      Dans ces affaires, des hommes sont morts, victimes de règlements de comptes ou détenteurs de secrets.

                                      On comprend mieux pourquoi il est urgent de supprimer le juge d’instruction, c’est à dire, lorsqu’il est indépendant, le dernier rempart contre l’étouffement des affaires, l’arbitraire et les lettres de cachet.


                                      • morice morice 1er novembre 2009 11:59

                                        tout cela on le sait Pasou : vous non plus vous ne vous mouillez pas. « Nous sommes dans un grand brouhaha de règlements de compte », oui, où pas mal de vos amis ont trempé...


                                        • morice morice 1er novembre 2009 16:57

                                          Maintenant si la famille veut « réouvrir » l’affaire, il y a une chose simple à faire : c’est de rentrer en contact avec l’institut médico-légal de Paris où a été pratiquée l’autopsie de Monsieur Boulin et retrouver ceux-qui y ont participé.
                                          Pasou



                                          décidément vous ne savez pas lire : d’où viennent parmi les 75 points énumérés par la fille de Boulin les détails de l’autopsie ? comment osez voulez-vous la ramener en étant aussi « léger » ? la photo que je vous ai montrée elle vient d’où ? Sinon de cet institut : bûchez donc un peu les questions avant d’enfiler les platitudes !

                                          la frange de l’extrême droite représentée par Pasqua est responsable du meurtre : or ici Pasou, vous n’avez toujours tenu QUE des propos d’extrême droite. Ce sont donc vos amis idéologiques ... et ça vous ne pouvez le nier, à relire vos habituelles interventions haineuses ici...

                                          • therasse therasse 8 novembre 2009 12:26

                                            Avez-vous remarqué la proximité entre deux dates :

                                            -la mort de Boulin « suicidé » dans un verre d’eau le 29 octobre 1979 (cadavre découvert le 30 au matin). 

                                            -le massacre aussi sanglant que spectaculaire, comme par hazard aux Champs Elysées, d’ un ennemi public n°1 (qui ceci dit n’avait pas tué grand monde dans sa vie), Jacques Mesrine, le 2 novembre 1979, soit 3 jours après la mort du ministre. J’ai vécu cette époque et me souviens très bien comment l’affaire Mesrine est subitement passée au Xème plan dans les médias.

                                            Tout çà un peu comme si on avait voulu détourner l’attention du vulgum pecus de l’assassinat politique....un peu comme ce qu’on fait aujourd’hui avec la grippe et la crise économique.


                                            Reconnaissons que, dès lors que Mesrine était « logé » par la police, il eût été plus sécurisant pour le public que l’arrestation se fasse dans la petite rue discrète où il résidait alors qu’au beau milieu des Champs, au risque de faire des victimes collatérales. 

                                            Mais bien sûr, les unes des journaux auraient été moins dégoulinantes d’hémoglobine, donc moins vendeuses....et trop discrètes. 

                                            • lechoux 9 novembre 2009 15:16

                                              Mesrine a été abattu le 2 novembre 1979 Porte de Clignancourt. Arrêtez de fantasmer !

                                              « comment l’affaire Mesrine est subitement passée au Xème plan dans les médias. » Vous vouliez dire au premier plan, ou sinon vous voous contredisez.

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