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Accueil du site > Actualités > Politique > Sarkozy reste droit dans ses bottes. Comme Juppé...

Sarkozy reste droit dans ses bottes. Comme Juppé...

N’en déplaise à l’exécutif, la lutte contre la réforme des retraites à la sauce Sarkozy ne semble pas devoir faiblir : les manifestations massives et les sondages montrent qu’une écrasante majorité des Français reste vent debout contre les mesures d’injustice sociale votées au pas de charge par les sénateurs. Sarkozy et son majordome Fillon n’en demeurent pas moins inflexibles, sourds aux cris d’un peuple qui ne les a pourtant pas mandatés pour ce chantier. Qui l’emportera de l’exécutif ou de la rue ? Impossible de le prévoir en l’état actuel du conflit. Sarkozy, tout à la fois Président et Premier ministre, ferait pourtant bien de méditer le précédent Juppé  : lui aussi avait, en 1995, affirmé avec sa morgue coutumière qu’il restait « droit dans ses bottes ». Petit coup d’œil dans le rétroviseur...

Un constat s’impose : ni l’Observatoire social de l’Élysée, ni celui de Matignon n’ont été capables d’analyser l’état de la France durant l’automne 1995. Il en est résulté une formidable erreur politique sous la forme d’un plan fourre-tout dans lequel le gouvernement, misant sur la faiblesse supposée du mouvement syndical, avait placé la plupart de ses objectifs à court et moyen terme, et tenté un passage en force en escomptant une réaction mesurée du pays. Buts de l’opération : séduire les marchés financiers par une attitude ferme et volontariste, et réduire de manière drastique les déficits publics dans l’optique de la mise en place de la monnaie unique. L’opération a très largement échoué.

La crise dans laquelle la France s’est enfoncée après l’annonce, le 15 novembre 1995, du « Plan Juppé » n’a pas été la conséquence d’un rejet corporatiste de la part des seuls fonctionnaires et assimilés, comme on tenté de le faire croire les caciques politiques de droite et quelques experts autoproclamés ou éditorialistes partisans. Cette crise a été le résultat d’une formidable vague de rejet populaire qui s’est appuyée sur 7 facteurs majeurs :

1) La remise en cause de plusieurs pans de la sécurité sociale ;

2) La remise en cause des régimes de retraite de l’ensemble des fonctionnaires et du secteur public ;

3) L’annonce de nouveaux prélèvements sur une population déjà touchée, durant l’année 1995, par une limitation des augmentations de salaire et la hausse concomitante de 2 points du taux de TVA ;

4) La menace pesant, du fait de la dérèglementation européenne, sur un service public original (principe égalitaire de la péréquation) et efficace auquel les Français étaient, à juste titre, très attachés ;

5) L’immense frustration née du revirement de politique du tandem Chirac-Juppé, mis en place sur le thème de la lutte contre la « fracture sociale » ;

6) L’arrogance, voire le mépris, avec lequel a été traitée la population française dans la phase initiale de la crise ;

7) L’inquiétude grandissante des classes populaires devant la montée du chômage, de la précarité et de l’exclusion.

Ajoutons à cela une cacophonie gouvernementale, la bombe Arthuis annonçant la suppression de l’abattement de 20 % dans le calcul de l’impôt sur le revenu, la gaffe de Fillon sur la privatisation de France-Telecom, un inacceptable contrat de plan SNCF multipliant les abandons de desserte, et l’on aura fait le tour des ingrédients constitutifs d’un cocktail explosif que le mouvement étudiant a bien failli rendre encore plus périlleux pour le pouvoir en place.

Tout le monde sait ce qu’il est advenu du déraisonnable « Plan Juppé » au terme de plusieurs semaines d’un conflit particulièrement dur : un échec cinglant pour le Premier ministre, marqué notamment par une reddition totale sur le volet des retraites du public, et un abandon des aspects les plus négatifs d’un Contrat de Plan SNCF qui, entre autres aberrations, aurait abouti à aggraver la désertification de la Lorraine et de l’Auvergne. Par sa morgue et son incroyable manque de lucidité, celui que Jacques Chirac présentait comme « le meilleur d’entre nous » venait de creuser le sillon dans lequel allait germer la cuisante défaite aux Législatives de 1997 et l’arrivée à Matignon de Lionel Jospin.

Quel rapport avec la situation d’aujourd’hui ? Avec ce long conflit sur la réforme des retraites ? Peu de choses en apparence, mais en apparence seulement car on retrouve dans ce nouveau conflit les ingrédients qui ont conduit à la chute de la majorité dans la période 1995-1997 : l’aveuglement des conseillers de l’exécutif, l’approche comptable au détriment de l’humain, la soumission aux agences de notation, la contre-réforme attentatoire à des droits acquis de haute lutte, l’arrogance et le mépris vis-à-vis des classes populaires, la montée croissante des inégalités et de la précarité.

Sarkozy et son majordome Fillon restent droits dans leurs bottes. Comme Juppé naguère. Et sans doute obtiendront-ils le vote définitif de la loi dans les prochaines semaines. Mais il ne fait aucun doute que, comme Juppé en 1995, ils auront très largement semé dans les classes populaires et moyennes les graines d’une colère durable dont ils pourraient payer le prix fort en 2012. Pour une raison simple : on ne doit jamais gouverner contre le peuple, et moins encore par le mépris et l’humiliation !

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155 réactions à cet article    


  • Ariane Walter Ariane Walter 18 octobre 2010 10:11

    @ l’auteur
    Excellent article.
    Que dire de plus.
    Quel que soit le résultat de ces grèves, ils ont perdu.

    Mais là, ils perdent tout.
    Et surtout, qu’ils n’essaient pas de nous fourguer DSK !

    Le temps de l’innocence est fini.
    L’enfant connaît les loups .


    • Fergus Fergus 18 octobre 2010 10:45

      Bonjour, Ariane, et merci pour votre commentaire.

      Les observateurs, les analystes, les politologues se sont tous prononcés sur le conflit en cours, et nombre d’entre eux ont souligné les difficultés de l’exécutif, mais aussi, avec une certaine gourmandise pour les journalistes de droite, celles de l’opposition et celles des syndicats. C’est oublier que, plus le conflit dure et s’enlise, plus il s’achèvera dans l’amertume et le ressentiment. Et cela les plus objectifs des éditorialistes l’ont reconnu en soulignant que Sarkozy et Fillon avaient d’ores et déjà perdu la batatille de l’opinion.

      Au final, Sarkozy devrait logiquement l’emporter, mais ce sera à n’en pas douter une victoire à la Pyrrhus. Aujourd’hui encore, un sondage confirme l’adhésion massive (71 %) des Français à la cause des grévistes et des manifestants. De quoi faire réfléchir les plus avisés. Mais apparemment pas l’autiste de l’Elysée qui a coupé la porte à la (très insuffisante) proposition Villepin : remettre à plus tard, le temps d’en redébattre, le report à 67 ans, façon de permettre à tous de sortir de l’impasse.

      A suivre...

      D’acord avec vous pour DSK. 


    • sylvie 18 octobre 2010 19:29

      @ l’auteur
      Excellent article.
      Que dire de plus.
      Bien dit Ariane, c’est ce que je pense également
      Deux mondes Eux d’avant et Nous de maintenant ....


    • Fergus Fergus 18 octobre 2010 20:19

      Merci à vous, Sylvie.

      Bonne soirée.


    • obismey [ Against All Authorities ] obismey 19 octobre 2010 13:34

      Oui ils ont perdu ... mais nous aurons tous perdu si on ne reforme pas la RETRAITE et globalement le système de protection social.

       smiley smiley smiley


    • Fergus Fergus 19 octobre 2010 16:49

      @ Obismey.

      Vous avez raison, nous aurons tous perdu si la gestion des retraites n’est pas réformée. C’est pourquoi il est nécessaire de mettre en place une véritable et durable réforme qui s’appuie sur un consensus dicté par les réalités économiques. Une réforme qui refuse les tabous et qui envisage toutes les possibilités de financement, bref une réforme qui ne soit le résultat d’aucun diktat idéologique, d’où qu’il vienne.

      D’où la nécessité de mettre tout le monde autour de la table, de prendre le temps de poser les problèmes, d’étudier les solutions extérieures, et d’envisager dans la concertation la plus transparente possible les pistes envisageables pour aboutir à un consensus synonyme de paix sociale et d’équilibre économique. Bref, tout ce que n’a pas fait le gouvernement qui a tenté d’imposer un texte inadapté en s’appuyant sur le vote complaisant de godillots dépassés par les évènements !

      Bonne journée.


    • kéké02360 20 octobre 2010 13:43

      Salut à vous concitoyens,

      Il n’y a pas que çà :


      > http://www.mediapart.fr/journal/france/121010/retraite-la-joint-venture-des-freres-sarkozy-contre-les-regimes-par-repartitio
      > http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/social/20101014.OBS1278/guillaume-sarkozy-futur-beneficiaire-de-la-reforme-des-retraites.html

      le frère : Guillaume Sarkozy, futur bénéficiaire de la 
      réforme des retraites ?
       
      Selon Médiapart, le frère du président vise le pactole du marché de la retraite complémentaire privée. Et prépare pour cela une alliance avec des acteurs semi-publics.

      Le site d’information Médiapart affirme jeudi 14 octobre que la réforme des retraites pourrait favoriser les intérêts du groupe Malakoff Médéric, dont le délégué général n’est autre que Guillaume Sarkozy, le frère du chef de l’Etat.
      Selon Médiapart, la réforme « va conduire à l’asphyxie financière des grands régimes par répartition » et sera donc « propice à l’éclosion de ces grands fonds de pension qui n’étaient pas encore parvenus à s’acclimater en France, à quelques rares exceptions près ». Parmi les opérateurs privés d’ores et déjà sur les rangs, figure le groupe Malakoff Médéric.
       
      Des alliés puissants« Il ne s’agit pas que d’une coïncidence. Mais bien plutôt d’une stratégie concertée en famille », écrit Médiapart, « l’un assèche les régimes par répartition tandis que l’autre pose les fondements du système par capitalisation ». Le site ajoute : « Guillaume Sarkozy a engagé son entreprise dans une politique visant à en faire un acteur majeur de la retraite complémentaire privée. Et il a trouvé des alliés autrement plus puissants que lui, en l’occurrence la Caisse des dépôts et consignations (CDC), le bras armé financier de l’Etat, et sa filiale la Caisse nationale de prévoyance (CNP). Ensemble, tous ces partenaires vont créer, le 1er janvier prochain, une société commune qui rêve de rafler une bonne part du marché qui se profile. »
      « Cette société n’aurait jamais vu le jour sans l’appui de l’Elysée », écrit Médiapart. En effet, la Caisse des dépôts et consignations est une institution publique présidée par un parlementaire. Pour sa part, la Caisse nationale de prévoyance (CNP) est une filiale de la Caisse des dépôts et consignations, de la Banque postale et du groupe Caisses d’Epargne, lui-même présidé par François Pérol, ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée.
      En outre, la Caisse des dépôts gère le Fonds de réserve des retraites. « Pourquoi la CDC se lance-t-elle dans pareille aventure pour faire le jeu du système adverse, celui par capitalisation ? », demande Médiapart. « Et pourquoi, de surcroît, le faire avec une entreprise dont le patron est le frère du chef de l’Etat ? »
      L’enjeu n’est pas mince. Le marché pourrait représenter « 40 à 100 milliards d’euros » : en fonction de l’aspect final de la réforme, les Français connaîtront une baisse plus ou moins considérable du taux de remplacement, c’est-à-dire du montant de la pension rapporté au salaire, et donc se précipiteront sur les systèmes de retraite complémentaire. Médiapart publie notamment un « business plan » confidentiel, qui fixe pour objectif une part de marche de « 17% » d’ici dix ans.


    • kéké02360 20 octobre 2010 16:39

      << qu’ils n’essaient pas de nous fourguer DSK >>

      Nos voisins Suisses pour ne citer qu’eux se sont dotés du RIC ( Réferendum d’Initiative Citoyenne ) , il leur suffit de 500 000 signatures pour soumettre à leur parlement une proposition de reférendum sur un sujet de société .

      Quand on pense que chez nous ni les syndicats , ni les soit disant partis de gauche ont exigé la mise en place de ce concept des plus démocratique !!!!! smiley

      Faut dire à sa décharge que le PS est un parti de droite et le reste n’a aucunement envie non plus de changer le système .... Beaucoup d’entre nous s’interroge alors pour dire comment sortir de ce merdier ultralibéral !?

      Que nous reste -t-il des acquis sociaux ... , qu’avons nous à perdre !!! ???

       L’idée n’est pas de moi mais elle circule de + en + : << sortir au plus vite de l’euro et de l’europe >>  
      . L’ultra libéralisme étant ficelé au niveau mondial , les citoyens ( de France et d’Europe ... ) devraient choisir cette révolution de reprendre leur indépendance , leur liberté .......leur destin en main ....... (  Cette question pourrait faire l’objet d’une page spéciale sur Agoravox ....
       Bien que les choses soient liées , merci de pas répondre ici à cette question pour la lisibilité de cette page .


    • Fergus Fergus 20 octobre 2010 17:36

      Bonjour, Kéké.

      D’accord avec vous pour le référendum d’initiative populaire à la sauce suisse, mais il n’est pas près de voir le jour chez nous. Cela dit, la révision, en mars 2008, de l’article 11 de la Constitution a bien créé en France un référendum qui s’apparente à cela, mais de très loin, malheureusement, et d’application réduite à quelques domaines particuliers.

      De plus, ce référendum fonctionne selon des modalités beaucoup plus lourdes que chez nos voisins et à condition d’avoir préalablement convaincu des parlementaires car ce sont eux, et euix seuls, qui au final peuvent lancer la procédure. Qui pourraient, devrais-je écrire, car ce texte est toujours inopérant, Sarkzoy, par crainte d’être mis en difficulté, ayant délibérément bloqué, au mépris du peuple et des assemblées, les lois organiques qui le rendraient possible.


    • Dark-Vador Dark-Vador 24 octobre 2010 15:13

      l’auteur cherche à fourguer un modèle de gouvernement basé sur la démagogie " on ne doit jamais gouverner contre le peuple, etc... etc.. on est toujours dans la comptabilité énergétique pour plaire à madame michu : travaillez moins, gagnez plus, taxez plus , je rase gratis, promettez ce que le peuple veut entendre , du pain et des jeux , bref c’est pas un gouvernement qu’il faudrait mais des guignols dont l’unique intérêt serait de garder le pouvoir en suivant les sondages et en caressant le peuple dans le sens du poil. 


      un déni de démocratie puisque à écouter l’auteur, gouverner ne devrait se faire qu’uniquement dans l’instant et à l’unisson du peule et jamais dans l’anticipation de l’évolution. 
      A écouter ce genre d’auteur il y aurait encore des usines pour produire des machines à écrire a ruban.

      gouverner c’est prévoir , c’est pas festoyer ! ....








    • Fergus Fergus 24 octobre 2010 16:43

      Bonjour, Dark-Vador.

      Je ne « veux » rien, je constate simplement les similitudes entre deux mouvements sociaux de natures assez différentes mais qui s’appuyaient sur des ressorts identiques, et notamment le mépris des classes populaires.

      Qu’il y ait nécessité pour un gouvernement de prendre parfois des décisions impopulaires, et cela contre la majorité des citoyens, me semble en effet légitime dans des circonstances exceptionnelles. Mais dans le cas présent, il n’y avait aucune urgence (si ce n’est un coup politique que Sarkozy espérait gagnant) à conduire une réforme des retraites bâclée sur laquelle il faudra très vite revenir, en prenant cette fois le temps de la réflexion et de la négociation, pour gommer ses aspects injustes et assurer un financement qui ne l’est pas par le texte sarkozyste.

      Prendre des décisions le cas échéant impopulaire par nécessité, c’est par exemple tourner le regard vers David Cameron en Grande-Bretagne. Mais à la différence de Sarkozy, lui a compris que sur le plan socio-économique les mesures drastiques devaient s’imposer à toutes les catégories sociales. En agissant ainsi, il se conduit en homme d’état là où Sarkozy continue d’essorer les seules classes populaires et moyennes tandis que les grandes fortunes voient leur patrimoine prospérer.


    • kemilein 24 octobre 2010 19:45

      ca vaut même pas la peine de lui répondre (à dark vadehors)

      1) gouverner c’est prévoir, l’aute nabo n’a pas été foutu de voir une crise arrivé, il l’a minimisé quand elle est arrivée, il a bien gesticulé mais rien pour en sortir, HA si > la prime à la casse oO (wahou une réponse digne d’un génie)

      2) Naboléon et sa clique ne prévoit rien. Ca réforme tout pour créer plus d’injustice et d’inégalité. Et le bon peuple ? (bonne poire me direz-vous) on lui balance des cahuettes de fait divers et on légifère dessus, si ca c’est prévoir !! politique spectacle tssss navrant.

      3) en france le président ne gouverne pas, il préside, c’est au premier ministre avec la majorité ou une alliance de gouverner (moi je préfère intendance), le peuple est souverain c’est lui qui gouverne mais comme on a pas 60/80 million de sièges dans l’hémicycle ben on a des représentants (qui représente plus rien)

      4) ils représente plus rien du fait de la concordance du quinquennat et des élection législative (1 un parlementaire est élu du infime partie du peuple ET son mode d’élection date d’une autre époque // 2 on file une majorité au président absolument plus rien avoir avec un véritable élu et choisis)

      bref pour tout ça votre commentaire est abérant


    • Fergus Fergus 24 octobre 2010 20:02

      @ Kemilein.

      D’accord avec les différents points que vous avez soulevé. Au delà du mode de gouvernance (si l’on peut appeler cela ainsi) Sarkozy et de sa petite bande oligarchique, c’est en effet le mode de représentation et de contrôle de l’exécutif qui doivent être revus dans le cadre d’une VIe République devenue urgente eu égard de l’état de délabrement et de dévoiement de nos institutions.

      Merci de votre commentaire.
      Bonne soirée.


    • ARMINIUS ARMINIUS 18 octobre 2010 10:18

      Tout à fait d’accord, mais le blocage de l’économie est une catastrophe alors que les clignotants revenaient (faiblement, il est vrai) au vert. Il faut à tout prix créer ou recréer en France un système qui permette aux parties en présence de trouver un compromis, un peu comme le font les puissants syndicats allemands, la grève ne restant qu’un ultime recours ! La situation actuelle, aux yeux de nos partenaires européens, revient à se tirer une balle dans le pied !


      • Fergus Fergus 18 octobre 2010 10:51

        Bonjour, Arminius.

        Comme je viens de l’indiquer dans ma réponse à Ariane Walter, Villepin a fait une proposition de nature à sortir du conflit et qui ne coûterait pas un euro à l’économie française avant 4 ou 5 ans, le temps de remettre à plat le volet 67 ans de la réforme. Mais il ne semble pas que Sarkozy, plus autiste que jamais et plus que jamais décidé à pratiquer la fuite en avant, soit prêt à entendre la voix de la mesure. C’est donc lui, et lui seul, qui porte la responsabilité d’un éventuel grippage de l’économie française. 


      • Gérard Luçon Gerard Lucon 18 octobre 2010 14:55

        erreur, le blocage de l’économie existe depuis 20 ans, petit a petit, le capitalisme ayant arrêté d’investir dans la croissance au profit de la spéculation. Pourquoi continueraient-ils à s’emmerder (les capitalistes) avec des ouvriers européens quand ils les ont en Asie, et pourquoi travailleraient-ils (même à gérer leurs entreprises) quand nos retraites leur permettent de spéculer.... car ils jouent avec notre fric, ces ordures !

        Donc la grève actuelle ne bloque strictement rien au niveau économique, le système basé sur la croissance est déjà bloqué, et pas par nous mais par la haute finance, soutenue par de misérables dirigeants politiques comme ceux qui gouvernent actuellement la France


      • Fergus Fergus 18 octobre 2010 15:15

        Bonjour, Gérard.

        Vous avez raison, les choix économico-industriels opérés par le patronat en relation avec les initiatives politiques ont été infiniment plus dévastateurs que ne peuvent l’être les grèves actuelles.

        Pour information à Arminius, les importantes et durables gèves de 1995 n’ont coûté à la France que... 0,2 point de PIB 


      • ARMINIUS ARMINIUS 19 octobre 2010 07:52

        Il n’y a pas que le PIB à prendre en considération, il y a toutes les conséquences à long terme qui ne sont pas chiffrées : pertes de contrats, indemnités de retard, perte de confiance de nos partenaires, faillites d’entreprise...tout cela ne rentre pas dans les statistiques, demandez vous aussi pourquoi Marseille qui était un des plus grands ports européen est maintenant boudé par tous les armateurs...allez faire un tour chez nos partenaires européens et ouvrez grandes vos oreilles... ça vous changera du ronron habituel...et interrogez-vous aussi sur qui va payer...


      • Croa Croa 19 octobre 2010 08:59

        NON, « le blocage de l’économie » n’ « est » pas « une catastrophe » ! smiley

        C’est, très certainement une forte gêne pour tout le monde mais pas un drame (sauf à la télé !)

        La « catastrophe » est déjà là avec la paupérisation de plus en plus de sujets (les habitants de ce pays ne sont plus des citoyens, autre vraie « catastrophe ») dont de nombreux privés de travail, une nation assujettie aux banques (la France comme la Grèce) et les réformes qui ne sont que la goutte faisant déborder le vase... Grâce à quoi se révèle une citoyenneté perdue, le blocage serait donc une chance, en fait ! smiley


      • Fergus Fergus 19 octobre 2010 09:05

        @ Arminius.

        D’accord avec vous sur les conséquences indirectes des conflits. Mais la responsabilité première de ces pertes revient à l’exécutif qui refuse obstinément de négocier ses réformes, préférant rechercher le passage en force sur des textes figés en escomptant sur la faiblesse supposée des syndicats et des salariés. La France aurait pourtant les moyens, si elle s’en donnait la peine, de rechercher des solutions consensuelles comme cela se passe dans d’autres pays.

        Pour ce qui est de Marseille que je connais bien, on aborde là un tout autre problème : celui d’une ville gangrénée par des politiciens douteux et des syndicats hypercatégoriels qui ne sont pas sans rappeler les syndicats des dockers américains d’antan ou le syndicat du Livre pour revenir dans notre pays. Mais Marseille n’est en aucune manière représentative de la France.

        Bonne journée.


      • liberta 18 octobre 2010 10:41

        Sarkozy achoisi les agences de notation dans l’affaire des retraites contre son pays mais il il y a aussi une affaire de famille à considérer, voir ici -------

        httwww.mediapart.fr/club/blog/jean-rex/151010/guillaume-sarkozy-veut-faire-main-basse-sur-l-argent-des-retraites-complemp ://


        • Fergus Fergus 18 octobre 2010 10:58

          Oui, Liberta, et il semble bien, si j’en crois les confidences de cadres d’assurances, que cette affaire est en gestation depuis plusieurs années déjà et qu’elle donne lieu en sous-main à des tractations entre groupes. On peut donc parler d’un scandaleux projet largement prémédité dont seule la planification n’a pas encore été totalement arrêtée. Ce dossier emblématique montre à quel point il est urgent d’opposer un coup d’arrêt brutal à Sarkozy et aux membres de son clan.

          Bonne journée.


        • liberta 18 octobre 2010 11:45


          @ Fergus

          Guillaume Sarkozy après avoir été vice président du Médef, est maintenant délégué Général du Groupe Malakoff Médérick et les bases de la spoliation des retraites est déjà bien en place

          Espérons que la révolution citoyenne républicaine voit le jour et il faudrait que l’Intersyndicale procède à une levée d’un Fonds National de Solidarité aux Grèvistes afin que le Mouvement actuel aille jusqu’au bout

          Il semblerait que les gens soient favorables à mettre la main à la poche pour soutenir jusqu’au bout ce mouvement

          ici pour le scandale Guillaume Sarkozy----


          http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/social/20101014.OBS1278/guillaume-sarkozy-futur-beneficiaire-de-la-reforme-des-retraites.html


        • Fergus Fergus 19 octobre 2010 09:13

          Bonjour, Liberta.

          Merci pour cet autre lien. Pour ce qui est des fonds de soutien, ils ont toujours plus ou moins existé, mais le système peut sans doute être encore amélioré. A une époque où la crise a tiré vers le bas les revenus de nombreux ménages, le recours massif à la grève est loin de s’imposer comme une évidence pour la plupart des Français confrontés à des responsabilités familiales. Cotiser à un fonds destiné à soutenir des grévistes paralysants est par conséquent une bonne solution. Et à ceux qui s’insurgeraient contre ce qui peut apparaître comme un artifice déloyal, il sera aisé de répondre que la déloyauté est de plus en plus une constante chez les gouvernants qui renient leurs promesses sans vergogne et trahissent, une fois au pouvoir, leur engagement de servir les électeurs qui les ont portés là où ils sont !


        • JL JL 18 octobre 2010 10:41

          Bonjour Fergus, excellent article, à lire et relire, et qui soulève bien des questions.

          Il serait déraisonnable de ma part de tout commenter, il y a tant à dire, je rebondirais seulement sur la denière phrase par cette citation (pardon, je sais ça agace) de Camus :
           

          « Toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme ».



          Pendant la campagne pour le TCE, l’un des arguments était que la 5ème République, avec son président et son premier ministre n’était peut-être pas la meillere forme d’exécutif dans l’UE, notamment en cas de cohabiatation. Le pouvoir sarkozien qui fait flèche de tous bois s’et emparé de cette idée pour réduire la fonction de premier ministre à celle d’un simple exécutant. Comme aux échec dont on ne sait qui est le plus puissant-précieux du roi ou de la reine, Nicolas Sarkozy en devenant chef de l’exécutif est à la fois roi et reine tout puissant : nous avons aujourd’hui à la tête des institutions un dictateur en CDD !


          • Fergus Fergus 18 octobre 2010 11:05

            Bonjour, JL, et merci pour ce commentaire et cette citation de Camus qu’il convient de ne jamais oublier.

            Nous ne sommes pas en dictature, mais en effet les comportements de Sarkozy, tant vis-à-vis du peuple que vis-à-vis des institutions, régulièrement violées, doivent nous inciter à la plus extrême vigilance. En cela, les ailes modérées de la majorité, qui restent largement complices des dérives d’un exécutif autocratique, portent une importante responsabilité dans la déliquescence des institutions au seul profit d’un clan dominé par un despote cynique et sans scrupules.


          • Taverne Taverne 18 octobre 2010 10:50
            Le tohu-bohu des bahuts
            octobre 18th, 2010

            L’entends-tu dans la rue,
            Ce tohu-bohu de tous les bahuts ?
            Entends-tu dans la rue
            Tous ces jeunes qui font du chahut ?

            Les jeunes frais émoulus
            Ne veulent pas finir moulus.
            Alors c’est tout vu,
            Ils font du raffut.
            Frais émoulus,
            Ils font du raffut.

            Tous ils se jettent dans la cohue
            Sur leur seule planche de salut.
            Alors c’est tout vu,
            Ce n’est qu’un début.
            La lutte continue,
            Ils font du raffut.

            Ils céderont pas comme Esaü,
            Woerth, tu t’écries : ”on les a eus !”
            Ils te crient dessus,
            T’as pas la berlue.
            Ils te crient dessus,
            Ils font du raffut.

            L’entends-tu dans la rue,
            Ce tohu-bohu de tous les bahuts ?
            Entends-tu dans la rue
            Tous ces jeunes qui font du chahut ?

            Et même avec les flics au cul,
            Sans rien céder ils continuent.
            Si c’est confus,
            Parfois sans but
            Ils font de plus
            En plus d’recrues.

            Si le message n’est pas reçu
            Par les élus, par ces sangsues
            Aux retraites cossues,
            Alors déçus,
            Alors cocus
            Ils voteront plus.

            Si les députés ces faux-culs
            Ne touchent pas à leur statut,
            Bourré d’abus,
            Ils taperont dessus
            A coups de massue,
            Ils passeront plus.

            L’entends-tu dans la rue,
            Ce tohu-bohu de tous les bahuts ?
            Entends-tu dans la rue
            Tous ces jeunes qui font du chahut ?

            Cela n’est qu’un court aperçu…


            • Fergus Fergus 18 octobre 2010 11:53

              Salut, Paul.

              Les bahuts suivront-ils ? Pas sûr : les vacances approchent et Sarkozy compte sur elles pour désamorcer un engagement des jeunes qu’il craint comme la peste. Mais peut-être son calcul sera-t-il erroné, il nous a tellement habitués à se planter dans les grandes largeurs !

              Bonne journée.


            • Ariane Walter Ariane Walter 18 octobre 2010 12:07

              @ Taverne
              On dirait du Villon !!!


            • Fergus Fergus 18 octobre 2010 12:48

              François Villon, à ne pas confondre avec François Fillon : ce dernier ne poète que du pot d’échappement !


            • BOBW BOBW 18 octobre 2010 21:46

              Les jours de week-end n’ont nullement desamorcÃe les manifestations dans la rue.
              C’est tres possible que ce soit identique pour les vacances et que les lye©ens viennent nous apporter leur energie renouvelee ! smiley


            • pens4sy pensesy 18 octobre 2010 11:07

              Leur mépris des citoyens est consternant.

              Cela commence a en énerver beaucoup.

              Ouistiti est prêt a taper fort sur les manifs, police et armée sont sur le pied de guerre.

              Le silence et les mensonges des médias sous contrôle (TV, Radios), désinformation et les fausses informations sont deja prévues. Ouistiti prend des leçons en Chine !

              Pujadas apprend le texte imposé par ouistiti, Denisot fait le lèche-cul, Ferrari roule pour elle-même, que des lavettes.

              Les infos sur la TSR ou la RTB sont moins idiotes....


              • Fergus Fergus 18 octobre 2010 11:59

                Bonjour, Pensesy.

                Oui, le pouvoir en place se caractérise par un mépris total des classes populaires et des victimes d’une réforme injuste.

                Quant aux médias télévisés, ils sont effectivement sinon totalement aux ordres, du moins tellement complaisants par auto-censure que cela en deviendrait presque risible s’il ne s’agissait pas d’un dossier aussi important. A cet égard, je ne dirais pas que les châines françaises sont idiotes mais plutôt serviles, parfois jusqu’à la nausée !


              • Croa Croa 19 octobre 2010 09:14

                « police et armée sont sur le pied de guerre. »

                Un truc que je ne comprends pas !

                Ces gens ont sûrement des frangins et des frangines en lutte. Peut-être même leurs gosses maintenant que les lycées sont entrés dans le mouvement ! Eux ont peut-être une certaine garantie d’emploi et des régimes de retraites spéciaux.... Sont-ils si sûr que ça de rester privilégiés lorsque leurs maîtres auront tout réduit autour d’eux ?

                Quelqu’un aurait-il une bonne explication ?


              • Fergus Fergus 19 octobre 2010 10:09

                Bonjour, Croa.

                Ce qui se passe dans la tête d’un CRS ou d’un Garde mobile a toujours été pour moi un mystère insondable. Car ces gens ont en effet père, mère et enfants, souvent de condition modeste. Mais entre ceux qui rêvent d’en découdre et les bas du front...

                S’ajoutent toutefois à ces catégories de plus en plus de types poussés là par les difficultés économiques. Pour s’opposer, parfois avec violence, à d’autres citoyens eux-mêmes confrontés à la paupérisation. Mais il ne semble pas, héals, qu’il y ait beaucoup de tempêtes sous ces crânes-là. Dommage !


              • dupont dupont 18 octobre 2010 11:18

                Tout à fait d’accord avec votre premier volet : Sarkozy n’a aucune légitimité pour mettre en place cette réforme (pas proposée dans son programme et contraire à ses propres déclarations).
                Manque toutefois le second volet : comment régler le problème des retraites au cas ou la rue ferait avorter ce projet ? Qui pourra le faire en déclenchant la liesse du peuple ?


                • Fergus Fergus 18 octobre 2010 12:06

                  Bonjour, Dupont.

                  Ni la rue ni le PS ni les syndicats ne proposent de renoncer à une nécessaire réforme des retraites, mais de remettre complètement à plat celle-ci en se donnant le temps de la réflexion et des concertations pour, comme cela a pu exister dans d’autres pays, déboucher sur un projet consensuel prenant en compte la pénibilité, les longues carrières et les carrières incomplètes.

                  Tout cela est évidemment possible en axant la réforme sur le nombre des annuités, et non des mesures d’âge injustes, ainsi qu’en recherchant des financements alternatifs, non centrés presqu’exclusivement (92 %) sur les salariés.


                • dupont dupont 18 octobre 2010 12:22

                  Donc, en recherchant d’autres financements, vous reconnaissez de facto, la fin de la retraite par répartition qui s’appuie essentiellement sur les cotis des actifs distribuées aux inactifs.
                  Je suis assez d’accord. Dans ce cas on revoit tout : fin des régimes spéciaux, des différences fonctionnaires-public/privé, députés, sénateurs, SNCF, RATP...
                  L’Egalité, quoi !


                • sisyphe sisyphe 18 octobre 2010 12:38

                  Par dupont (xxx.xxx.xxx.239) 18 octobre 12:22

                  Donc, en recherchant d’autres financements, vous reconnaissez de facto, la fin de la retraite par répartition qui s’appuie essentiellement sur les cotis des actifs distribuées aux inactifs.



                  Non. 

                  D’autres financements peuvent être assurés par la fin des niches fiscales, la fin du bouclier fiscal, et la taxation des revenus du capital, sans toucher à la retraite par répartition ; largement suffisant. 

                  Par ailleurs, sortir de la mondialisation par un protectionnisme à l’échelle européenne, aura pour effet de relancer la croissance, l’emploi, et donc d’assurer des financements également suffisants. 


                • Fergus Fergus 18 octobre 2010 12:52

                  Entièrement d’accord avec Sysiphe (que je salue), sans oublier de taxer pour les retraites l’intéressement, les revenus différés du type stock-options, et de supprimer cette absurdité qu’a été l’exonération de charges des heures supplémentaires.

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