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Accueil du site > Actualités > Politique > Thèmes de campagne (2) : les difficultés du monde rural

Thèmes de campagne (2) : les difficultés du monde rural

La Poste ferme et se transforme en agence postale financée par la commune. L’hôpital du chef lieu de canton ferme et se transforme en Maison de retraite, obligeant les patients à faire 50 kms pour se soigner. L’école du village ferme et on transporte les enfants en car dans la commune voisine.

Ajoutons à cela que les élus locaux en milieu rural se sentent exclus de la décision qui se prend désormais à la communauté de communes, qui elle-même est dépendante des subventions du Conseil Général parce qu’elle n’a pas les ressources fiscales nécessaires pour mener à bien tous les projets nécessaires au simple maintien des services de proximité.

Enfin, les néo-ruraux des années 70, férus de retour à la campagne pour la beauté des paysages et le calme, commencent à se poser de sérieuses questions quand il s’agit de remplir le réservoir de la voiture pour aller au boulot à 30 kms et emmener les gosses aux activités sportives, faute de transports collectifs adaptés.

Comme pour le pouvoir d’achat, les candidats à la présidentielles y vont de leurs solutions miraculeuses, qui pour maintenir les médecins en secteurs rural, qui pour décréter un moratoire ou un schéma directeur ou bien la création de maisons médicales, c'est-à-dire en surajoutant des mesures sans avoir évalué ce qui fonctionne mal et qui mériterait d’être supprimé ou réformé.

Comme pour le pouvoir d’achat, ils pratiquent la fuite en avant (il est plus facile de proposer d’augmenter les SMIC ou les minimas sociaux que de réformer le système à la source en diminuant les dépenses contraintes de foyers).

Nos chers élus évitent de se remettre en question et proposent donc d’en remettre une couche qu’il faudra bien financer (comment ?) afin de pallier la désertification du monde rural.

Certains même parmi les candidats à la présidentielle n’hésitent pas à faire des propositions, conjoncturelles bien évidemment, alors qu’ils sont directement responsables de la fermeture des services publics au nom de la fameuse « Révision Générale des Politiques Publiques », démontrant par là même le cynisme dont ils sont capables.

Sortir de la pensée unique

Après le premier acte – réussi – de la décentralisation en 1982, qui a permis l’amélioration du service public local départemental (social, routes, collèges, transports,…), les nouvelles étapes (création des intercommunalités et transfert des personnels techniques des collèges et des subdivisions de l’équipement) ont complètement plombé le Département.

Cette collectivité est devenue une grosse machine administrative, dont le rôle d’aménageur du territoire notamment, face aux intercommunalités qui montent en puissance, s’amenuise tous les jours.

Le premier obstacle au changement provient du nombre trop important de niveaux de collectivités : entre la Région, le Département, la commune, les intercommunalités et autres syndicats intercommunaux, plus personnes ne s’y retrouve et les coûts de fonctionnement des structures plombent toute perspective de changement.

Ce fameux « vivre ensemble » dont les élus nous rebattent les oreilles, appliqué à leur situation consiste à pouvoir continuer à régner sur un petit bout de territoire aussi incohérent soit-il dans la logique d’aménagement du territoire et à pouvoir continuer à se réunir avec le voisin pour se mettre d’accord au bout d’un certain temps sur un micro projet qui coutera cher et surtout ne servira à rien.

Cela fera de belles photos dans le bulletin municipal et c’est tout !

La réforme votée par le Parlement en 2010 (rationalisation de l’intercommunalité et création du conseiller territorial) est un échec complet et a été rejeté par tous les élus (de gauche comme de droite) et a coûté le Sénat à la droite.

Hollande propose un nouvel acte de la décentralisation qui mettrait en avant les régions et les agglomérations. Sortir des micro-collectivités (communautés de moins de 5000 habitants) au profit des agglomérations et des Pays (autour des villes moyennes) tenant compte des bassins de vie est une solution séduisante.

Supprimer les départements dont les compétences seraient transférées aux régions et aux Pays me semble tout aussi indispensable.

Cette rationalisation et cette clarification des compétences, y compris avec l’Etat, produiraient des économies d’échelle qui trouveraient à être redéployées pour la revitalisation du milieu rural : transports collectifs, écoles rurales, services publics de proximité y trouveraient leur compte.

Au passage il ne serait pas inutile d’inciter fortement les médecins à s’installer en milieu rural en leur rappelant tout simplement qu’ils ont des droits, certes, mais aussi des obligations liées à la prise en charge financière de leurs études – longues – par la collectivité publique, c'est-à-dire par les impôts de tous, y compris les habitants des zones rurales.

Le vrai problème du milieu rural, c’est son émiettement et son nombre exagéré d’élus. C’est aussi l’égoïsme de ceux qui vantent les vertus de la campagne ,mais qui ne veulent pas venir y travailler.


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15 réactions à cet article    


  • totor totor 22 mars 2012 10:41

    Supprimer les départements dont les compétences seraient transférées aux régions et aux Pays me semble tout aussi indispensable.

    c’est quoi les pays ? ah oui une couche de plus !


    • Michel DROUET Michel DROUET 22 mars 2012 10:59

      Non Totor, je me suis mal fait comprendre : les Pays remplaceraient les Communautés de Communes.

      Par exemple, dans mon département, 6 ou 7 pays à la place des 32 intercommunalités actuelles.


    • subliminette subliminette 22 mars 2012 12:06

      Michel, c’est ce qui est prévu dans la réforme territoriale (un peu suspendue en ce moment, je crois ?)
       Pourquoi pas, mais sur le terrain ça pose d’autres problèmes. Les grosses com-com se lèchent les babines à l’idée d’avaler tout cru les petites com-com : à elles la fiscalité et tous les gros projets. Aux petites, les miettes.


    • Michel DROUET Michel DROUET 22 mars 2012 14:55

      Bonjour Subliminette

      La réforme ne va pas jusque là : elle est seulement incitative, ce qui veut dire qu’il n’y a aucune obligation et les préfets qui ont mené la concertation jusqu’en décembre dernier ont joué le rôle de chambre d’enregistrement face à des élus qui campaient sur leurs positions et ne voulaient pas imaginer voir disparaître leurs communautés de communes.

      Nous en sommes là, autrement dit rien ne bouge ou presque. La question de la fiscalité que vous soulevez est réelle, mais il faudra bien passer outre un jour ou l’autre si on veut aborder de manière cohérente le problème de l’aménagement du territoire.

      Autrement, nous sommes condamnés à voir se développer ce que j’appelle des projets intercommunaux de confort, pas totalement utiles ou inutiles, pendant que la com com voisine à 10 Kms se désertifie faute de moyens financiers.

      La solution passe donc par la diminution du nombre de com com et par la péréquation financière.


    • jef88 jef88 22 mars 2012 21:08

      et si au lieu de se masturber l’intellect on prenait les cantons ????????????

      mais c’est vrai ! les petites agglomérations vont se faire bouffer par les grosses............


    • Michel DROUET Michel DROUET 23 mars 2012 08:27

      @jeff88

      C’est quoi un canton ? Un découpage totalement artificiel qui ne tient pas compte des habitudes de vie.

      Le canton sert uniquement à l’élection des conseillers généraux.

      Question subsidiaire : C’est quoi un conseiller général en zone urbaine ? Souvent un élu municipal de quartier qui cumule deux mandats et qui entretient la confusion entre les compétences de la ville et celles du Département.


    • jef88 jef88 23 mars 2012 11:26

      En zone urbaine, je ne sais pas ...
      Mais à la campagne les cantons sont des entités trés solides correspondant même parfois à des « découpages » de l’ancien régime...
      Parfois c’est dépassé... mais c’est souvent mieux que les com com à géométrie variable suivant l’appartenance politique des maires !


    • Michel DROUET Michel DROUET 23 mars 2012 12:54

      @jef88

      Vous posez là le problème des découpages qui ne sont plus adaptés à la vie des gens qui se déplacent alors que dans l’ancien régime on ne bougeait pas beaucoup.

      C’est pourquoi les nouveaux découpages doivent tenir compte des habitudes d’aujourd’hui, s’agissant notamment des déplacements (domicile travail, loisirs, achats, implantation des activités industrielles et commerciales) et surtout pas tenir compte des souhaits égoïstes de certains élus qui ne veulent rien changer, soit pour des raisons personnelles, soit pour des raisons politiques


    • jef88 jef88 23 mars 2012 15:52

      Je constate :
      dans mon coin un chef lieu d’arrondissement qui drague tout ; commerces, industrie, administration....
      il y a déjà 10 ans le député-maire demandait une participation financière aux petites communes (qui ont refusé)
      la demie douzaine de cantons environnant est en chute libre : baisse de 50% de la population en 40 ans ....
      le découpage en com-com est pervers, il divise encore et affaiblit toujours en augmentant les impots (par ex +24% de la part de la com com l’an dernier)


    • Catart Catart 22 mars 2012 20:02


      bonjour Michel,

      si tu m’y autorise je mettrais aussi cet excellent article sur notre site, pour information à nos lecteurs même s’ils ne vont pas en majorité dans ce sens. 

      Tu le sais je crois dans le « programme » écrit par les internautes (plus de 4700 personnes ont participé), sur notre site... les gens demandent le retour à la proximité.

      26000 Communes de moins de 2000ha dont 10000 de moins de 200ha. Pour la majorité oubliées et bouffées excuses moi par la main mise des partis pour les voix et non pour les besoins du Peuple.

      Ce qui a donné la suppression d’une grande partie de l’administration mille et une feuilles... un grand conseil Régional, suppression des C.G, mais aussi des C de communes et des nouveaux Pays qu’ils considèrent comme refuges politiques non nécéssaires au bien du citoyen, et si tu fais le total financier c’est en milliards inutiles.
      La place de la Commune et du Maire doivent redevenir la clé de la proximité (avec une élection différente, mandat unique renouvelable 1 seul fois et pas de transmission en famille le tout sous un contrôle du Peuple), et moi aussi je suis en accord avec nos internautes. Il y a du travail pour trouver la forme la meilleur possible, mais les jeunes doivent trouver plus de culture dans leurs villes et village, les anciens plus d’activités, on ne doit pas faire 3 kms pour poster une lettre, la mairie doit être ouverte toute la journée et pas 2 matinées par semaines, il doit y avoir 1 secrétaire de Mairie partout, 1 pôle informatiaque à disposition, 1 boite aux lettres, distributeur de timbre, des stages de formation citoyenne, on doit pouvoir y faire, demander et remplir tous les formulaires pour obtenir nos cartes ou permis sans avoir à faire des dizaines de kms,etc etc ce qui permettra d’être plus près des gens, cela sécurisera, renforcera les liens et les fonctionnaires des étages supprimés viendront trouver leur place bien plus intéressantes dans celle nouvelle formule.

      http://www.indigne-je-propose.fr/
       


      • Michel DROUET Michel DROUET 22 mars 2012 20:53

        Bonsoir Catart

        Le retour à la proximité n’est pas incompatible avec le projet de réforme dont je parle.

        De quelle proximité avons-nous besoin ?

        Combien de fois dans l’année avons nous besoin de voir un élu ?

        Le premier point renvoit à la manière de concevoir le service public de proximité (la poste, l’hôpital, le trésor public, le tribunal,..., mais aussi le service commercial de proximité et les transports publics.

        Cette réflexion ne peut pas être menée par l’Etat qui est dans une logique de suppression (cf RGPP), mais dans un cadre régional rénové avec les compétences transférées qui vont avec, la Région travaillant en relais sur le terrain avec les Pays qui bénéficieraient eux aussi de compétences propres.

        La réponse à la seconde question est simple : le besoin de contact avec un élu est rare, mais nécessaire, c’est pourquoi, le Maire et les conseillers municipaux sont indispensables pour la solidarité de proximité. Ils faut toutefois que les communes acceptent de perdre quelques compétences au profit des Pays et des Régions, dans la mesure où, par ailleurs, elles n’ont plus les moyens financiers de les assumer.


      • Catart Catart 22 mars 2012 23:44

        pas belle la vie ?


      • COVADONGA722 COVADONGA722 23 mars 2012 06:41

        yep sont rigolo les ruraux , on leur supprime les services public !!!!!
         ben fait une petite etude
        du comportement electoral des ruraux , il faut moins de voix en circonscription rurale pour etre elu , les elus liberaux de droite sont majoritairement elus en zone rurale « sources assemblée nationnale » les elus liberaux de droite sont majoritairement pour la reduction des services publics , dons les ruraux qui les élisent sont majoritairement pour qu’on leur reduisent les services publics à moins qu’ils pensaient qu’on allait les reduires aux AUTRES !

        yep !
        asinus


        • Michel DROUET Michel DROUET 23 mars 2012 08:35

          @cavadonga22

          Pas faux tout ça !

          En zone rurale existe toujours un lien de dépendance entre l’élu/notable et le citoyen qui consiste à la solliciter sur des questions personnelles.

          C’est souvent sur les capacités de l’élu à résoudre ces questions que se fait la réputation qui fera la réelection.

          On est effectivement loin de l’intérêt général.


        • Jo Gurmall de Stafferla Jo Gurmall de Stafferla 23 mars 2012 08:34

          Au passage il ne serait pas inutile d’inciter fortement les médecins à s’installer en milieu rural en leur rappelant tout simplement qu’ils ont des droits, certes, mais aussi des obligations liées à la prise en charge financière de leurs études – longues – par la collectivité publique, c’est-à-dire par les impôts de tous, y compris les habitants des zones rurales.

          .

          Au passage il ne serait pas inutile d’inciter fortement les médecins à s’installer en milieu rural en leur rappelant tout simplement qu’ils ont des droits, certes, mais aussi des obligations liées à la prise en charge financière de leurs études – longues – par la collectivité publique, c’est-à-dire par les impôts de tous, y compris les habitants des zones rurales.

          En effet, et de leur rappeler, que par le biais de la sécu, ils sont aussi un peu fonctionnarisés. Touchant de l’argent public, il n’est pas normal qu’ils ne soient pas nommés par une administration. Combien de temps faudra-t-il pour dissoudre cet organisme mafieux qu’est l’ordre des médecins ?!

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