Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > Travailler moins pour vivre mieux : du début à la fin du Travail

Travailler moins pour vivre mieux : du début à la fin du Travail

Cet article étant assez long, il a été divisé en deux parties pour ne pas lasser le lecteur. Dans cette première partie, on se posera la question de ce qu’est le Travail humain, de ce qu’il signifie et de sa fin inéluctable lorsque les machines, « intelligentes » ou non, seront capables de tout faire ou presque à notre place. Dans la seconde partie, en se basant sur Le Livre noir du libéralisme de Pierre Larrouturou (éd. du Rocher, sept. 2007), on se livrera à une critique impitoyable de l’ultralibéralisme (ou du capitalisme financier spéculatif mondialisé, c’est comme vous voulez) et on démontrera, programme à l’appui, qu’un autre monde est possible, réaliste et crédible, alternatif à l’altermondialisme illusoire prôné par l’extrême gauche. Dans la première partie comme dans la seconde, pour rester dans un cadre hexagonal, on ne se privera pas de ne pas prendre au sérieux le slogan « Travailler plus pour gagner plus » de notre omniprésident de la droite décomplexée. Car ce mot d’ordre creux et mensonger, c’est de la poudre de Perlimpinpin aspergée sur un cautère posé sur une jambe de bois.

La Valeur Travail dévalorisée

"Travailler plus pour gagner plus" : tel était le principal slogan de la campagne électorale du désormais président Sarkozy. Le Travailleur (avec un "T" très majuscule) hissé au rang de figure mythique du néolibéralisme (entendez par là l’hypercapitalisme financier mondialisé qui va droit dans le mur en klaxonnant à bord de ses rutilantes automobiles fonctionnant de plus en plus aux agrocarburants générateurs de famines). Que ce soit dans la majorité UMP ou dans la simili-opposition PS, on fait semblant de s’écharper sur un même thème obsession : la Valeur Travail (et la durée de celui-ci) et le Pouvoir d’Achat. Ceci alors que nous allons inéluctablement vers la fin du travail humain, de plus en plus remplacé par des machines de plus en plus autonomes et intelligentes, des machines qui bientôt sauront s’auto-reproduire en se passant des hommes, à l’exception de quelques ingénieurs à leur service. Nous nageons en pleine absurdité.

La société post-industrielle dans laquelle nous sommes entrés est une dévoreuse d’emplois. Sous la pression des mutations technologiques et des actionnaires de l’hypercapitalisme financier mondialisé, on licencie à tour de bras des travailleurs devenus inutiles et dont les salaires grèvent les bénéfices des entreprises. Les emplois qu’on ne peut pas encore supprimer, on les délocalise dans des pays à la main d’œuvre low-cost, lesquels, dès qu’ils ont acquis le savoir-faire technique et bénéficié des transferts de technologies nécessaires à l’enrichissement de quelques-uns, les délocalisent à leur tour vers des zones encore plus néo-esclavagistes. Le chômage, le sous-emploi et la précarité s’installent partout tandis que les profits des entreprises oligopolistiques explosent et ne savent plus où s’investir, à tel point qu’elles rachètent leurs propres actions pour "créer de la valeur" (? ??), "valeur" qui nourrit une multitude de folles bulles spéculatives qui sont sur le point d’exploser. Et quand elles exploseront, les ravages économiques qui s’ensuivront causeront des quantités de faillites qui aggraveront le chômage.

Nous vivons à flux tendus dans l’hyper-court-terme, nos temps de cerveaux disponibles anesthésiés par la propagande du néolibéralisme et du matérialisme consumériste et mercantiliste qui veut nous faire croire que nos existences se réduisent au Travail et à la Consommation. Nos sociétés se délitent, les solidarités collectives de désagrègent sous les coups de boutoir d’un individualisme moutonnier prôné par ce même néolibéralisme qui ne conçoit la condition humaine que sous l’angle aveugle de l’homo economicus gaspilleur d’énergie et pollueur.

"Travailler plus pour gagner plus !". Quelle stupidité, quel aveuglement ! Au Travailleur mythique du communisme s’est substitué le Travailleur mythique du néolibéralisme. Au fond, c’est toujours le même... à ceci près que le premier appartenait à une société industrielle du plein emploi qui vivait dans la perspective d’un avenir meilleur, alors que le second sue sang, eau et stress dans une société où le salariat se réduit comme peau de chagrin sous l’offensive du machinisme "intelligent" et numérique, où l’avenir meilleur s’est transformé en horizon bouché et irrespirable.

Qui n’a pas de Qualification (entendez : une formation pointue dans les domaines du High-tech, de la Communication, du Divertissement, du Droit des Affaires ou de la Finance) est un moins-que-rien dont la nouvelle économie post-industrielle n’a plus besoin, une variable d’ajustement vouée à la misère et au désœuvrement. Car nous allons inéluctablement vers la fin du Travail. Les ouvriers et employés ont été les premières victimes de la désindustrialisation et des délocalisations. Désormais, c’est au tour de la classe moyenne de voir ses emplois passer à la trappe. On ne délocalise plus seulement les manœuvres, mais aussi les cadres et les ingénieurs superfétatoires et trop chers. Avant la fin du siècle, une minuscule élite d’ingénieurs et une multitude de robots "intelligents" suffiront pour faire tourner (à vide) la machine économique.

Le "droit à la paresse" et la Ford "T"

La première révolution industrielle prend son essor et s’étend à toute l’Europe et en Amérique du Nord au milieu du XIXe siècle, chamboulant à une vitesse vertigineuse des sociétés qui étaient alors très largement agricoles. Les paysans se transformèrent progressivement en ouvriers, les usines et manufactures ayant besoin d’énormes masses de main-d’œuvre pour assurer leur production, tandis que les entrepreneurs capitalistes se substituaient aux seigneurs féodaux.

En 1880, en plein début de la révolution industrielle donc, le socialiste français Paul Lafargue, gendre de Karl Marx, publiait un livre prémonitoire, Le Droit à la paresse. Contrairement à ce que pourrait faire penser ce titre, l’auteur ne s’y livrait en aucune façon à un éloge de la feignasserie. Il avait tout simplement eu une intuition visionnaire : les machines allaient de plus en plus remplacer l’homme, travailler à sa place. Voici par exemple ce qu’il écrivait  : "Nos machines au souffle de feu, aux membres d’acier, infatigables, à la fécondité merveilleuse, inépuisable, accomplissent docilement d’elles-mêmes leur travail sacré ; et cependant le génie des grands philosophes du capitalisme reste dominé par le préjugé du salariat, le pire des esclavages. Ils ne comprennent pas encore que la machine est le rédempteur de l’humanité, le Dieu qui rachètera l’homme des ’sordidoe artes’ et du travail salarié, le Dieu qui lui donnera des loisirs et la liberté".

Lafargue, dans sa prophétie, n’a commis que deux erreurs majeures. La première est de n’avoir pas compris, fasciné qu’il était par l’essor du machinisme, que l’industrie naissante aurait pendant longtemps besoin d’énormément de main-d’œuvre, donc de travail humain, pour faire fonctionner ses machines encore rudimentaires dont les rouages ne pouvaient être fluidifiés qu’à l’huile de coude. La seconde est de ne pas avoir imaginé que la révolution industrielle accoucherait d’une société de consommation de masse très éloignée de celle qu’il pouvait espérer, animé de ses idéaux généreux et humanistes.

La première erreur réside principalement dans la datation. Il imaginait probablement que la disparition du travail pénible grâce au machinisme interviendrait au début du XXe siècle, alors que c’est à la fin de ce siècle que le chômage et le sous-emploi de masse ont commencé à apparaître dans les sociétés industrielles, préfigurant la fin proche du travail salarié de masse. La seconde erreur, elle, est plus profonde, structurelle. L’industriel états-unien Henry Ford, lui, ne l’a pas commise.

Le 27 septembre 1908, ce concepteur et constructeur d’automobiles lance la fabrication industrielle de la légendaire Ford "T", fabriquée et assemblée à la chaîne. Le travail en pièces détachées à grande échelle était né. Dans le même temps, Henry Ford, qui n’avait rien d’un socialiste utopiste, s’est aussitôt posé la question de savoir à qui il pourrait vendre ce nouveau produit. Pour rentabiliser sa production massive, il lui fallait trouver des masses d’acheteurs. La caste très réduite des nantis ne pouvait suffire. Il fallait donc qu’un maximum de travailleurs puisse acheter ses guimbardes. Il décida ainsi que les ouvriers de ses usines toucheraient un salaire proportionnel au prix de la Ford "T". Il se garantissait ainsi un marché fiable et des bénéfices sûrs. Il chercha à convaincre ses collègues entrepreneurs de faire de même : en payant mieux leurs ouvriers, ils se garantiraient des débouchés pour leurs produits industriels. Mais les capitalistes de son époque restèrent sourds à ses arguments... jusqu’à ce que l’essor des syndicats et l’avènement du communisme ne commencent, bon gré mal gré, à les faire changer d’avis.

Résultat : jusqu’à l’effondrement du communisme et tandis que les progrès du machinisme rendaient possible la production massive de produits industriels avec de moins en moins d’ouvriers, la révolution industrielle version fordienne a accouché, sous les pressions socialistes et social-démocrates, de la société de consommation de masse dans laquelle nous vivons, et non de la société de "loisirs et de liberté" qu’imaginait Lafargue et qui aurait pu surgir après la fin de la civilisation du travail salarié.

N’empêche que sur l’essentiel la prophétie de Lafargue était juste. Elle est actuellement en train de se réaliser. Les machines-robots remplacent le travail humain. Bientôt la production de marchandises sera une activité purement machinique. Que vont alors devenir les défunts travailleurs (c’est-à-dire l’immense majorité de l’humanité) et la société de consommation qu’ils nourrissent de leurs achats ? Poser cette question, c’est poser celle de la valeur sociale du travail. Et c’est aussi douter fortement du slogan "Travailler plus pour gagner plus". Comment et pourquoi "travailler plus" quand il y a de moins en moins de travail vu que ce sont les machines qui s’en chargent et que les plans de licenciement massifs se succèdent ? Comment et pourquoi "gagner plus" quand le travail salarié disparaît ?

"Travailler plus pour gagner plus", c’est un cautère sur une jambe de bois. Ce qu’il faudrait plutôt, ce serait anticiper les conséquences sociales de la fin inéluctable du travail salarié industriel afin d’éviter une catastrophe humaine sans précédent. Ce qu’il faudrait plutôt, c’est apprendre à "travailler moins pour vivre mieux ensemble" et donc de partager le temps de travail qui reste en attendant qu’il disparaisse. Et ce qu’il faudrait surtout, et plus profondément, ce serait d’apprendre à se désintoxiquer de la valeur sociale "Travail". Car comme le disait Albert Camus en 1938, "On parle beaucoup en ce moment du travail, de sa nécessité (...). Mais c’est une duperie. Il n’y a de dignité du travail que dans le travail librement accepté".

Mais au fait, c’est quoi, le Travail ?

On peut toujours s’interroger sur la pertinence signifiante des étymologies, mais on ne saurait les ignorer. Le mot "travail" est né du croisement entre les mots latin tripalium et trabicula, qui désignaient à la fois un chevalet de torture et un outil de contention destiné à immobiliser des animaux d’élevage lors des opérations de ferrage, d’accouchement, de marquage au fer rouge ou d’interventions vétérinaires, outil dont on peut penser qu’il était aussi utilisé sur les esclaves. Le verbe trabiculare signifie "torturer". Les suppliciés étaient "travaillés au corps" ; l’enfantement était considéré comme un "travail", en ce sens que l’enfantement est accompagné d’intenses souffrances - on utilise d’ailleurs toujours cette expression aujourd’hui. Jusqu’au XIIe ou XIIIe siècle, le mot "travail" était donc synonyme de souffrance et d’asujettissement. Le "travailler plus" de l’époque était donc un surcroît de douleur. D’ailleurs avec Sarkozy, on commence à la comprendre, notre douleur...

En ces temps pré-industriels, donc essentiellement agricoles, le terme qui désignait ce que nous appelons aujourd’hui le "travail" était celui de labeur. Le verbe latin laborare signifiait à la fois "mettre en valeur, cultiver" et "se donner du mal". Aïe : on est toujours dans la souffrance. Cela d’autant plus que l’effort fourni, le labor, désignait aussi la lourde charge sous laquelle on chancelait ou glissait. Labor est ensuite devenu labeur, qui en ancien français signifiait "affliction, peine, malheur". Le travail des champs étant très pénible, il fut appelé labourage (même étymologie). Travail ou labeur, ce n’est pas la joie quand on y est contraint...

Une autre activité essentielle pour la survie en ces temps pré-industriels était la chasse, alors appelée exercice, du latin exercere qui signifiait à la fois "poursuivre, chasser, agiter, ne pas laisser au repos" et "mettre à l’épreuve, à la torture". Aujourd’hui, on harcèle le gibier salarié et le mot "exercice" désigne désormais le fait de pratiquer une discipline ou une profession, de faire des devoirs scolaires ou du jogging. On comprend mieux pourquoi l’actuel locataire de l’Elysée s’agite et court comme un dératé en nous enjoignant de "travailler plus pour gagner plus"...

Le Travail, cette torture, ce fardeau que nous considérons aujourd’hui comme un élément essentiel de l’intégration sociale et de l’accomplissement de soi, n’existe pas depuis toute éternité. C’est même une invention assez récente. Dans les sociétés primitives, on préférait en faire le moins possible et on satisfaisait rapidement ses besoins physiques en naturels vu qu’on avait d’autres activités plus intéressantes à accomplir : maintenir les traditions permettant le bien vivre-ensemble, prier les dieux et s’immerger dans la nature nourricière. On ne cherchait pas à "travailler plus pour gagner plus" individuellement, vu que la notion de profit personnel était inexistante et que les mobiles n’étaient pas économiques, mais sociaux et religieux. Le travail n’était qu’une obligation nécessaire à la survie ; il faisait certes partie des contraintes sociales (pas de place pour les fainéants en ces temps très durs), mais il n’offrait droit à aucune indemnisation. Même l’invention des premiers outils, accompagnée de savoir-faire techniques spécialisés, puis de l’agriculture, n’y a rien changé : le travail n’avait rien de sacré. Ces gens frustes, mais sains d’esprit, n’idolâtraient la figure mythique du Travailleur sarkoïde.

Pas de dieu du Travail dans l’Olympe grecque

Faisons un saut de quelques millénaires et entrons dans le panthéon hellénistique. Les anciens Grecs s’intéressaient si peu au travail qu’ils ne lui ont même pas dédié un dieu spécifique. D’ailleurs, si on désigne par "travail de Romain", un labeur long, pénible, et demandant de gigantesques efforts (les Romains étaient très industrieux, mais préféraient quand même faire bosser des esclaves), l’expression "travail de Grec" est impensable.

Les philosophes grecs eux-mêmes méprisaient le travail, activité de production et reproduction matérielle et terre-à-terre qu’ils assimilaient à une occupation dégradante et dévalorisante qu’ils confiaient eux aussi aux esclaves. Ils lui préféraient la pensée, la science, l’esthétique, l’éthique et la politique qu’ils considéraient comme les fondements des liens sociaux unissant les hommes libres (c’est-à-dire des non-travailleurs), liens basés sur l’égalité, l’identité ou l’amitié, toutes valeurs spirituelles exemptes de tortures et de souffrances. Sans esclavage intensif, pas de philosophie hellénistique désincarnée ou hédoniste, qu’on se le dise.

L’irruption du christianisme ne changea rien à cet affaire. "Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front", sermonne la Bible : le travail, c’est toujours une activité pénible qui n’occupe pas une place valorisante, l’essentiel étant pour l’homme de se consacrer à Dieu et à son Fils crucifié, donc torturé, donc "travaillé" pour la rédemption de Tous.

Ce n’est qu’à la fin du Moyen Âge que le travail commence à prendre la signification sociale que nous lui connaissons aujourd’hui, même s’il est encore très loin de structurer tous les rapports sociaux, qui restent avant tout religieux et si le travail intellectuel des moines, les seuls "savants" de l’époque, est nettement valorisé par rapport aux travaux manuels, dont on sous-estime de moins en moins la valeur en tant qu’effort producteur, dans l’agriculture comme dans l’artisanat. Le "travailler plus pour gagner plus" pointe le bout de son gros nez...

Le travail, une activité machinale...

Avec les débuts de la révolution industrielle et machinique, au XVIIIe siècle, concomittante avec les "Lumières" fondatrices de la Science et de l’Individualisme, ce gros nez travailleur va désormais occuper le centre de la figure sociétale dans les pays occidentaux. La religion n’a pas encore tout à fait perdu la partie comme principale matrice des liens sociaux institutionnels, mais elle est déjà en butte aux coups de boutoir que le machinisme matérialiste lui inflige tout en prolongeant sournoisement les mécanismes de sujétion, comme l’analyse très bien Lafargue : "La morale capitaliste, piteuse parodie de la morale chrétienne, frappe d’anathème la chair du travailleur ; elle prend pour idéal de réduire le producteur au plus petit minimum de besoins, de supprimer ses joies et ses passions et de le condamner au rôle de machine délivrant du travail sans trêve ni merci (...) Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis des siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l’amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu’à l’épuisement des forces vitales de l’individu et de sa progéniture. Au lieu de réagir contre cette aberration mentale, les prêtres, les économistes, les moralistes, ont sacro-sanctifié le travail".

L’économiste prend petit à petit la place du prêtre, et les ouailles se métamorphosent en travailleurs. Adam Smith grave dans le marbre sidérurgique les nouvelles Tables de la loi scientistes et capitalistiques. Le Travail, humain ou machinique, devient la pierre angulaire d’une nouvelle société dont les nouveaux dieux sont la Logique de la Valeur Ajoutée et du Productivisme. Le Travail, salarié, désormais sacralisé, devient sécable et mécanisé, calculable et mesurable quantité d’effort créant de la Richesse et de la Prospérité (pour quelques-uns). A cette époque néo-esclavagiste de noire misère ouvrière, c’est le slogan "travailler plus pour gagner tout juste de quoi survivre" qui s’impose. "Toute peine mérite salaire", dit-on. Le Travail est bien une lourde peine et son salaire est la plupart du temps celui de la peur et du dénuement qu’on cherche à oublier dans l’alcool frelaté.

Dans le même temps apparaît une nouvelle catégorie de clercs voués, comme les Economistes, à remplacer progressivement les prêtres chrétiens : les Scientifiques. La Science est détournée de sa finalité initiale, qui était la recherche de la Vérité. Financée par l’Industrie, elle devient une entreprise dont la vocation est de mettre au jour les causes physiques permettant à l’Homme de transformer la Nature en machine productiviste que l’on peut "travailler", c’est-à-dire soumettre et torturer. Vivre devient une activité machinale et utilitaire. L’homo economicus, le Travailleur salarié en Usine, prend la place du Fidèle de l’Eglise. C’est le même Homme, mais les dieux ont changé de croyances. Et malheureusement pour lui, il se soumet aussi servilement au nouveau culte et à ses clercs qu’il se soumettait à l’ancien.

Le Travailleur-Janus du matérialisme dialectique

Au milieu du XIXe siècle, la misère ouvrière est telle qu’apparaissent le socialisme, puis le communisme, qui visent, pour le premier, à mieux répartir collectivement les richesses produites par les Travailleurs sans remettre en cause les fondements du machinisme industriel, scientiste et capitalistique et, pour le second, d’instaurer la "dictature du prolétariat", c’est-à-dire d’inverser les mécanismes de domination à l’intérieur du monde du Travail. Fait remarqauble, ni le socialisme ni le communisme ne remettaient en cause le Travail industriel et machinique, bien au contraire. Ils étaient aussi matérialistes, mécanicistes, machinistes que ceux qu’ils combattaient ou cherchaient à réformer. Le Travailleur restait une idole indéboulonnable.

C’est ainsi que, quand les communistes bolcheviques prirent le pouvoir en Russie, se développa le mythe surréaliste du stakhanoviste, ce Travailleur infatigable se tuant à la tâche de la Productivité industrielle. Le Travailleur se mua alors en un laborieux Janus à deux profils : un de droite, celui du misérable exploité par des capitalistes industriels sans scrupules ni humanité, et un de gauche, celui du glorieux conquérant d’un radieux avenir industriel aux Valeurs Ajoutées collectivement et égalitairement partagées.

Matérialisme travailleur de gauche contre matérialisme travailleur de droite : matérialisme dialectique donc. Deux profils, un même homme-Janus : le Travailleur. Il ne pouvait pas en être autrement.

"Travailler plus pour gagner plus" : un slogan éculé et faux issu des métastases de la Guerre Froide

Au début du XXe siècle, la figure du Travailleur est devenue centrale dans la définition du lien et du statut social au sein des pays industrialisés. Même ce qu’il reste d’aristocrates rentiers se sent obligé de Travailler, car ne pas Travailler, c’est ne plus être, même si on peut se permettre de vivre de ses rentes. Le capitalisme industriel et marchand poursuit sa route de crise financière en crise financière, cahin-caha. Le socialisme permet d’améliorer la condition ouvrière, aux marges. Et puis patatras : le communisme prend le pouvoir en Russie. Le Travail est collectivisé et devient l’objet d’affrontements idéologiques sans merci.

Peur panique dans le camp d’en face. Pour résister au Travail collectivisé, égalitaire, qui menace de révolutionner bolcheviquement le Travail capitalistique individualisé, inégalitaire, pour éviter que les Travailleurs ne mangent le contenu de leurs misérables gamelles avec des couteaux rouges entre les dents sous l’influence des syndicats et des partis communistes, il faut absolument améliorer les conditions de vie des Travailleurs, ceci d’autant plus qu’ils sont les principaux consommateurs des objets qu’ils produisent et qui doivent à tout prix aussi produire de la Valeur Ajoutée. Il s’ensuit une vraie période de progrès social - la peur du Rouge aidant - et l’émergence de classes moyennes correctement rémunérées et dans l’ensemble assez satisfaires de leur sort de Travailleurs. Tout baigne, apparemment, même si on se menace un peu de guerres atomiques.

Tandis que les Economistes pérorent, se gargarisent de mathématiques et réduisent progressivement l’Homme, c’est-à-dire le Travailleur, à une variable d’ajustement à l’intérieur de leurs machineries abstraites et mercantiles à la fois (mais pas trop : gaffe aux Rouges !), les Scientifiques poursuivent obstinément leurs activités visant à transformer la Nature en machine productive, avec la bénédiction des néodieux de la Raison et du Progrès. Ils ne chôment pas. A l’ombre lugubre projetée par les souvent trompeuses Lumières, ils inventent des machines de plus en plus intelligentes qui remplacent de mieux en mieux le Travail humain. Avant que le Mur de Berlin ne tombe, scellant la fin du communisme, les usines presse-bouton sont déjà fonctionnelles et les vagues de licenciements massifs déferlent, mousseuses de leur écume charriant la misère et le désespoir.

La chute foudroyante du communisme accélère le cours de l’Histoire. Les Rouges ne font plus peur ni contrepoids. La fulgurante offensive néolibérale s’en prend à toutes les solidarités collectives bâties des deux côtés du Rideau de Fer. Le Travailleur n’est plus qu’un rouage d’une gigantesque mécanique capitalistique et financière mondialisée. Quand on ne peut pas encore le remplacer par des machines "intelligentes", on délocalise son travail là où il coûte moins cher. L’Europe et les Etats-Unis se désindustrialisent. Le chômage de masse et les "Travailleurs pauvres" à quart-temps ou à mi-temps, précaires, flexibles, font leur apparition et se multiplient à toute vitesse tandis que la société de consommation bat son plein avec son cortège d’envies frustrées. Les Economistes néolibéraux se gavent de pseudo-prix Nobel et économétrisent à tout-va dans une souveraine inhumanité. Les Ingénieurs inventent des machines encore plus productives et "intelligentes" qui remplacent toujours mieux et plus le Travail humain. Le Travailleur a du plomb dans l’aile. Qu’il appartienne à un lumpenprolétariat de retour ou à des classes moyennes en voie accélérée de paupérisation, il n’est plus considéré qu’à l’aune de sa valeur-machine et les dieux, dont le silence était assourdissant pendant la parenthèse de l’ère industrielle, font sournoisement leur retour sur la scène sociale où règne comme un Grand Vide.

"Travailler plus pour gagner plus" est un slogan éculé, un vestige de la Guerre Froide, quand la peur du communisme imposait au capitalisme de mieux payer les Travailleurs afin qu’ils ne se révoltent pas. Pire : c’est une totale ineptie, étant donné que le temps de travail n’a cessé de diminuer tout au long de l’ère de l’industrie machinique qui est en train de prendre fin.

Inversement, la prophétie de Lafargue est en train de se réaliser : nous allons à moyen terme vers la fin du Travail et donc du Travailleur. Et nous n’avons rien prévu pour faire face à cela. La seule chose raisonnable à faire pour éviter que cette fin du Travail ne soit pas trop convulsive, douloureuse et dramatique socialement, c’est de réduire le plus vite possible la durée de travail. Et pas du tout comme l’ont fait les socialistes français avec leur foireuse, inefficace et inique loi des "35 heures" qui n’a finalement et principalement bénéficié qu’aux classes moyennes, lesquelles sont comme pas hasard le vivier électoraliste d’un PS qui a trahi ses idéaux et qui est en fin de course.

Le problème ne concerne bien entendu pas que le PS et la France. Il est mondial, et c’est pour cette raison que les anti-néolibéraux démocrates de tous les pays devraient essayer de se mettre d’accord sur cette réduction du temps de travail pour contrer l’offensive néolibérale qui fait s’effondrer toutes les communautés naturelles, afin de réinstituer des règles de coexistence pacifiques et solidaires entre les individus et les générations. C’est là la vocation d’un réel nouvel ordre politique : permettre à chaque individu de trouver sa place dans un tout social qui ne sera plus essentiellement défini par le Travail, de créer une société juste où il pourra faire valoir ses droits et accomplir ses devoirs. Dans cette perspective, il est essentiel que le politique reprenne le pas sur l’économique. Il ne s’agit pas d’une utopie du genre "civilisation des loisirs". Il s’agit de préparer la société de l’après-Travail en travaillant moins pour mieux vivre ensemble.

Et cela, le néolibéralisme sous sa forme extrême de capitalisme financier spéculatif et mondialisé est incapable de le faire, aveuglé qu’il est par la course au profit et au retour sur investissement à hyper-court terme. C’est la raison pour laquelle il faut le combattre résolument si l’on veut gérer la disparition progressive du Travail dans une perspective humaniste. Cela ne pourra se faire que par l’intermédiaire d’une puissante et volontaire action concertée des Etats et des diverses collectivités dont les finalités ne sont pas exclusivement économistes, mais ont pour vocation d’œuvrer pour le bien commun à long terme.

Les vieilles recettes socialistes ou social-démocrates sont elles aussi obsolètes pour traiter un problème d’une telle envergure, étant donné qu’elles reposent sur une croyance elle aussi aveugle dans la valeur Travail et dans les bienfaits de la Croissance et de la Productivité à tout prix.


Moyenne des avis sur cet article :  4.28/5   (50 votes)




Réagissez à l'article

72 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 13 décembre 2007 10:40

    Réflexion intéressante, visionnaire bourguignon.

    Aurais-tu lu Rufkin ?, contesté aujourd’hui par ceux qui voient plutôt dans un proche avenir un basculement du travail sous ses formes traditionnelles vers des formes nouvelles qu’on voit déjà pointer (recherche, services , dont les applications sont illimitées..)...

    Si Lafargue est intéressant par sa critique du culte du travail imposé , il n’oublie pas tout de même les analyses de son beau-père : le travail déaliéné ne sera possible que si un changement de mode production s’opère, conditionné par une révolution au niveau des rapports de propriété et d’échanges...


    • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 10:57

      @ Zen

      Oui, j’ai lu Jeremy Rifkin. Son bouquin La Fin du travail est tout-à-fait passionnant. En ce qui concerne les nouveaux emplois post-industriels, je suis quand même assez sceptique. Tout le monde ne pourra pas travailler dans la recherche technonumérique ou dans les « services à la personne ». Déjà au Japon commencent à apparaître de très sophistiqués robots d’assistance aux personnes âgées, ça va très vite.

      A part ça Marx et Lafargue avaient bien vu le problème. Je ne sais pas comment on se débrouillera, tant nous avons perdu de vue les activités ludiques, contemplatives ou artistiques, tant l’Homme s’est socialement réduit à son statut de Travailleur. Tout le monde n’est pas créatif. La plupart des gens risquent de terriblement s’emmerder quand viendra l’heure de la fin du travail. Il faudra beaucoup d’efforts éducatifs et bâtir une société entièrement différente, basée sur d’autres liens sociaux non-marchands. Ça va être dur.

      En attendant la parution de la seconde partie de mon article, je te recommande la lecture du Livre noir du libéralisme de Larrouturou. C’est passionnant. Il est paru dans le même intervalle de temps, à la rentrée, que la floppée de minables bouquins de réglements de comptes aprogrammatiques socialo-socialistes. Personne n’en parle, surtout pas les zombies de la rue de Solférino. Forcément : il propose un vrai programme de changement économique et social crédible pour diminuer le chômage et les inégalités. Le genre de trucs qui n’intéresse absolument pas les éléphants roses autistiques trop occupés à s’entre-étriper sur fond de prébendes électoralistes. Larrouturou les dérouille méchamment, d’ailleurs...


    • Christophe Christophe 13 décembre 2007 15:15

      @Marsupilami,

      En effet, Marx, le Diable pour certains, le Dieu pour d’autres, reste un philosophe libéral au sens sociologique. Ce que vous pointez du doigt se ressent assez bien par : Le royaume de la liberté commence seulement là où l’on cesse de travailler par nécessité et opportunité imposée de l’extérieur ; il se situe donc, par nature au-delà de la sphère de production matérielle proprement dite. De même que l’homme primitif doit lutter contre la nature pour pourvoir à ses besoins, se maintenir en vie et se reproduire, l’homme civilisé est forcé, lui aussi, de le faire et de le faire quels que soient la structure de la société et le mode de la production. Avec son développement s’étend également le domaine de la nécessité naturelle, parce que les besoins augmentent ; mais en même temps s’élargissent les forces productives pour les satisfaire. En ce domaine, la seule liberté possible est que l’homme social, les producteurs associés règlent rationnellement leurs échanges avec la nature, qu’ils la contrôlent ensemble au lieu d’être dominés par sa puissance aveugle et qu’ils accomplissent ces échanges en dépensant le minimum de force et dans les conditions les plus dignes, les plus conformes à leur nature humaine. Mais cette activité constituera toujours le royaume de la nécessité. C’est au-delà que commence le développement des forces humaines comme fin en soi, le véritable royaume de la liberté qui ne peut s’épanouir qu’en se fondant sur l’autre royaume, sur l’autre base, celle de la nécessité. La condition essentielle de cet épanouissement est la réduction de la journée de travail.

      K. MARX, Le Capital - Livre III, tome 3, éd. sociales, p. 198

      En tout cas, félicitation pour le travail effectué. Vous partez de loin, du moins de l’histoire lointaine ; ce qui n’est guère le cas de nos penseurs autoproclamés qui ne s’appuient que sur une histoire courte ; principalement le début de la révolution industrielle, comme si l’humanité avait attendu ce moment charnière pour tenter de comprendre les buts de la vie humaine.

      Par opposition au terme travail, il existe un autre terme peu usité qu’est l’ouvrage. La différence fondamentale étant que l’ouvrage est librement consenti, le travail est une forme d’aliénation par due principalement à sa nécessitation.

      Le travail ne pourrait être une valeur que si il est librement consenti, si il n’impose pas de contingence selon le choix de l’individu ; ce qui n’est pas le cas aujoud’hui. Cependant, si il est librement consenti, nous ne parlerions pas de travail mais d’ouvrage.

      Je vais de ce pas lire le second volet de votre propos, celui-ci étant richement documenté et construit avec rigueur.


    • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 15:21

      @ Christophe

      Merci pour cette excellente citation de Marx, qui, effectivement, était avant tout un philosophe libéral qui, à la fin de sa vie, en avait tellement marre des « marxistes » naissants et n’ayant rien compris à son œuvre, qu’il a déclaré « Moi-même, je ne suis pas marxiste ».

      Mais va donc expliquer çà à Lerma...


    • ZEN ZEN 13 décembre 2007 11:18

      @Marsu

      Livre attractif, en effet, au vu des critiques que je viens de parcourir sur le net. Mais préfacé par Rocard...cela me laisse songeur : reviendrait-il sur le tard à une posture moins convenue ? J’ai relevé un propos intéressant de l’auteur au N.O. :

      « Jamais un Président français n’a autant admiré le »modèle américain« au moment même où, aux Etats Unis, beaucoup en critiquent la dureté. Sarkozy parle toujours du »plein emploi« américain. Je cite dans mon livre une étude de la Maison blanche qui montre qu’il y a tellement de petits boulots aux USA que la durée moyenne du travail est tombée à 33,7 heures. Certes, dans l’industrie, les gens sont à 41 heures en moyenne (c’est le chiffre que donne toujours le Medef) mais dans l’ensemble de l’économie, la durée moyenne est tombée à 33,7 heures, sans compter les chômeurs. C’est dire le niveau de précarité. Et une étude de BNP Paribas montre que ce »partage du travail« assez sauvage amène à un partage des revenus de plus en plus inégalitaire : selon BNP Paribas, aux USA, seuls les 5% les plus riches ont vu leurs revenus réels augmenter depuis 5 ans. Ce n’est pas la LCR qui le dit, c’est la direction des études de BNP Paribas... Autrefois, 95% de la population profitait de la croissance. Aujourd’hui, seuls les 5% les plus riches en bénéficient. Un tel niveau d’inégalité devrait plomber la croissance (les 5% les plus riches ne peuvent pas faire 18 repas par jour). C’est uniquement en poussant les classes moyennes et les »pauvres« à s’endetter que les USA ont pu maintenir en même temps des bénéfices colossaux pour les actionnaires et un haut niveau de consommation du plus grand nombre. Mais cette fuite en avant a des limites. LA dette totale (privée et publique) atteint 230% du PIB aux Etats-Unis (et 340% avec la dette du secteur financier). Et beaucoup s’inquiètent du risque de récession liée à cette dette effarante (en 1929, la dette représentait »seulement« 140 % du PIB aux USA). Sarkozy admire le modèle américain et veut l’implanter en France au moment même où ce modèle risque de s’effondrer. Il est urgent que la gauche se réveille pour sonner le tocsin et dessiner très vite une alternative »


      • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 11:29

        @ Zen

        Je crois que Rocard a pas mal réfléchi et approfondi ses réflexions politiques depuis la brutale émergence du néolibéralisme. C’est un des rares socialistes qui pense.

        Les chiffres que tu donnes sur l’économie des USA sont exacts et accablants. J’aborde tout ça dans la seconde partie de l’article.


      • 5A3N5D 13 décembre 2007 15:05

        Il ne s’agit là que d’une supposition gratuite : en 1789, l’Eglise était le premier ordre de la Nation et était en mesure de renflouer les caisses de not’ bon roi, vu l’étendue de ses richesses. L’a-t-elle fait ? Je ne me souviens pas l’avoir lu.


      • 5A3N5D 13 décembre 2007 15:28

        C’était juste histoire de causer smiley Je pense que oui, les riches préféreront lâcher des miettes avant que la situation devienne par trop explosive.


      • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 11:19

        @ Tous

        Vous pouvez lire la deuxième partie de cet article ici : Travailler moins pour vivre mieux, un Nouveau Contrat Social.


        • TTO TTO 13 décembre 2007 12:17

          Très intéressant. L’approche de l’activité humaine par Hannah Arendt permettrait de donner un point de vue supplémentaire et une perspective encore plus large. htpp ://tto45arendt.unblog.fr htpp ://tto45.blog.lemonde.fr


          • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 12:26

            @ TTO

            Tout à fait d’accord, c’est un éclairage très complémentaire. J’en profite pour faire un lien sur ton excellent article de présentation d’Annah Arendt.


          • Le Panda Le Panda 13 décembre 2007 13:35

            @Marsipulami bonjour,

            L’enfoiré Guy, cherches à te contacter, il ne réussit pas entrer son commentaire.

            Je le fais à sa place en te souhaitant bonne journée ainsi qu’à tous celles et tous ceux que je connais et même les autres.

            Le Panda

            Patrick Juan smiley


            • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 14:46

              @ Le Panda

              Je pense qu’il y a eu un bref bug. L’enfoiré peut maintenant poster son commentaire.


            • L'enfoiré L’enfoiré 13 décembre 2007 16:38

              Salut Marsu,

              Oui, ça remarche. Un coup de barre et ça repart, dis la pub.

              Comme tu as pu le constater, je ne traîne pas souvent par ici. Nous avons reçu une proposition d’aller voir si l’herbe n’était pas plus verte ailleurs...

              Par nostalgie, parfois, je vais voir quelques sujets qui ressemblent à ce que j’écris moi-même.

              Ma formation fait que j’ai « joué » à « mettre des gens à la porte ». Fossoyeur ? Non. L’informatique, la robotique, j’en parle dans « Allo, virtuel, ici, Fantôme » http://vanrinsg.hautetfort.com/archive/2005/12/06/allo-virtuels-ici-fantome.html

              Quel était le but de tout cela ? Faire travailler moins mais plus efficacement. Ca c’est le but. Ne pas perdre son temps avec des tâches répétitives. Le temps gagné pour en faire profité ceux qui ont participé à ce gain de temps et progresser pour accentuer le mouvement.

              Comme tu le dis le dicton « à la mode » ne tient pas dans ce milieu. Je le disais ailleurs dans « Mon histoire de Manuel » http://vanrinsg.hautetfort.com/archive/2007/06/13/l-histoire-de-manuel.html

              Les belles histoires dérappent parfois.

              On a oublié quelque chose d’essentiel au passage. As-tu un site ou un mail à disposition ?

               smiley


            • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 17:08

              @ L’Enfoiré

              J’ai un site mais je veux pas faire de pub pour lui. Mon adresse courriel c’est marsuvox@gmail.com

              Quel travail que de répondre à deux fils de discussion à la fois ! Et heureusement, pour la première fois j’ai échappé au trollage inepte de Didaubelyou, quel pied !


            • tvargentine.com lerma 13 décembre 2007 14:39

              j’ai d’ailleur cru à une tentative de censure de la section troskiste du TSS mais c’était peut etre un bug

              Vous etes travailleur indépendant et vous travaillez pour de l’argent ,vous savez donc ce que veut dire travailler pour gagner de l’argent.

              Il n’y a aucune culpabilité à vouloir travailler plus pour gagner plus et libre à chacun de suivre sa voie


              • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 14:44

                @ Lerma le sarkolâtre en pâmoison qui voit des trotskystes par tout.

                Encore un commentaire à côté de la plaque qui démontre que tu n’as pas lu l’article auquel tu réagis.

                Oui, je suis travailleur indépendant, et alors ? Je suis aussi et entre autre un citoyen qui ne pense pas qu’à ses intérêts particuliers mais aussi au bien public. Et ton Sarkozy, c’est de la daube bling-bling qui fait n’importe quoi.


              • maxim maxim 13 décembre 2007 14:57

                il ya tout de même quelque chose qu’il ne faut pas oublier ,c’est que la délocalisation du travail était prévisible depuis longtemps ,déjà sur le plan Européen compte tenu des disparités de niveau de vie entre les differents pays qui la composent ,et déjà la tentation était trop forte pour beaucoup de grandes société de s’implanter là ou les charges sociales,les taxes ,la législation sont pratiquement absentes .....

                puis,l’ouverture brutale des pays d’extrême Orient à la consommation et à l’acceuil des investisseurs venant de tout horizon ......

                qu’on fait les différents gouvernements qui se sont succédés ??rien ou pas grand chose ,en fait ils n’ont fait que constater les dégâts .....

                l’erreur ,autrefois ,c’était de croire que les trentes glorieuses allaient s’éterniser ,de rester bloqués sur les principes qui étaient ceux que l’on croyait gravés dans le marbre ,qu’il suffisait que les gens travaillent,puissent consommer,ce qui faisait tourner notre commerce et notre industrie ,l’erreur aussi,c’est celle qui consistait à rester Francos Français ,de ne rester que dans un marché national en croyant que nous pouvions nous suffire à nous mêmes ou presque .....

                personne n’a été prévoyant,et la réalité nous est arrivée en pleine figure,les autres travaillaient,les autres produisaient,les autres exportaient ,on achetait leurs produits parce qu’ils étaient meilleur marché ,plus attractifs,de meilleure qualité ,et assuraient un service après vente bien meilleur que le nôtre,gage de fidèlité de la part du client ,je parle là des produits manufacturés made in Japan ,ou également Taiwan,ou South Coréa .... le preuve ,des marques inconnues dans les annés 60 /70 sont devenues leaders mondiales ....ex Toyota ,Honda,Fuji,Nikon,Sonny... la Corée est arrivée avec Daewoo,Hundai( également plus gros constructeur naval mondial )Sangyong ,des marques inconnues il y a 10 ans et qui se sont implantées chez nous les doigts dans le nez ,alors que Peugeot et Renault voient baisser leurs ventes ......

                maintenant d’ailleurs ,nos industries vont disparaitre les une après les autres et il ne restera plus que les PME ,et les boulots de services pour assurer l’essentiel des activités en France ,même les marques prestigieuses de grand luxe font fabriquer en Chine ou aux Indes et les ouvrières de là bas ,cousent une étiquette made in france dans les banlieues de Calcutta ou de Bombay .....

                la télé prospection,le mailing également partent de pays d’Afrique,ou les charges sociales n’existent pas .......

                que faire maintenant ???revenir à un protectionnisme ,fermer les frontières et revenir au système d’autarcie pour assurer du travail à tous ????irréalisable !!!!!s’aligner sur les salaires des pays ou le coût du travail est le plus bas ???impensable également,surtaxer tous les produits d’importation afin de décourager ceux qui seraient tetés d’acheter extra national ???impossible !!!!!

                forcer les« riches » à investir chez nous en priorité afin de faire redemarrer la machine ???il y a belle lurette que les plus grosses fortunes sont parties ailleurs !!!!!

                vois tu Marsu ,moi je n’ai pas de solution mais que des interrogations ,je ne peux que faire un amer constat ,pourquoi ça marche chez les autres et pas chez nous ????pourquoi nos dirigeants n’ont pas eu le cran d’anticiper ou de réformer pour prendre le train en marche ????j’ai lu en conclusion de ton article interressant au demeurant ,qu’il était temps que la gauche se reveille pour remettre les choses en ordre ,en admettant que ça arrive qu’est ce qu’elle pourra faire de mieux ?????


                • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 15:08

                  @ Maxim

                  Il est évident que le PS n’a actuellement rien à proposer : il est dans un coma dépassé. Par contre il existe quand même des solutions que je relate dans la deuxième partie de cet article : le Nouveau Contrat Social de Pierre Larrouturou. Lis-le et tu verras. J’aimerais avoir ton avis là-dessus.


                • L'enfoiré L’enfoiré 13 décembre 2007 16:53

                  Hello « Chez Maxim »,

                  Oui, le mari de Simone Veil le disait dimanche, après les 30 glorieuses, il y a eu les 30 nonchalentes.

                  La délocalisation, le low-cost, quelle m.... Je peux en parler. J’ai encore des contacts aujourd’hui qui le prouvent et cela empire. Je n’ai jamais eu de problème avec la compétion « honnête » par la compétence. Arriver sans précaution avec des produits et de la main d’oeuvre à 10% du prix local n’a arrangé que les dirigeants. La qualité ? Laisse moi rire. Mais les dirigeants s’en mordent les doigts et de plus en plus, il est question de rappatrier les billes quand c’est possible. L’insourcing n’est pas anormal. Encore faut-il que l’expérience, la compétence restent à bord. Les PME rester en course ? Là encore, c’est pas sûr. Les PME, les rémoras de ce temps, ont des bons clients chez les « gros poissons ». Le protectionisme ? Non, un renvoi à la case départ quand les conditions de sécurité ne sont pas présentes. Taxer, réévaluation du yuan, créer une classe moyenne là où elle n’existe pas, quand les conditions ne sont pas remplies. smiley


                • TALL 13 décembre 2007 15:43

                  Bon article qui explique clairement un problème capital du monde de demain : comment « gagner sa vie » si des machines devenues intelligentes peuvent faire 80% de tout le boulot ?

                  Car dans ce contexte, l’auto-régulation du marché ne fonctionne plus. Puisqu’elle engendrerait une récession artificielle basée sur une chute énorme du pouvoir d’achat collectif, alors qu’on aurait tout ce qu’il faut pour produire tout le bien-être nécessaire pour tout le monde. Situation absurde, mais qui a pourtant déjà été rencontrée après le krach de 1929 avec ce crétin de H.Hoover, président des USA qui, écoutant ses « experts » libertariens ne fit rien en attendant que le marché reprenne de lui-même. Ce qui ne s’est évidemment pas produit. Résultat : des millions de morts de faim dans le monde en attendant l’arrivée de Roosevelt avec son new deal en 1934. Bref : 4 années de misère noire mondialisée par pure incompétence économique.

                  Alors pour en revenir aux machines intelligentes qui remplacent l’homme, contrairement à ce que la plupart des experts en IA croient, ça arrivera + vite qu’on ne le pense. Votre serviteur étant aux premières loges pour le dire. Comptez que le « massacre » des emplois par les IA commencera entre 2020 et 2025. Ce qui n’est plus si loin.

                  Bref, il faudra à ce moment-là, comme l’en avertit cet article aussi avant-gardiste que réaliste, s’accorder sur une logique socio-économique + élaborée que celle du simple cycle production-consommation actuel. En fait, il faudra concevoir qu’on ne soit plus obligé de « produire » pour « gagner sa vie ». Le fait de produire devenant juste un bonus financier ( qui peut être conséquent ) à la « rente de vie » que chaque citoyen recevrait de par le seul fait d’exister. Il y aurait donc toujours des riches et des « pauvres », sauf que le + pauvre de tous pourrait vivre très décemment sans jamais rien produire. Et cela n’a rien d’utopique. C’est économiquement tout-à-fait faisable.


                  • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 15:52

                    @ Tall

                    Bon commentaire. Effectivement, tout ça est faisable et tes hypothèses me paraissent réalistes. Il faudra instaurer un revenu vital minimum et changer radicalement de paradigmes sociaux, vu qu’on ne va pas retourner à la cueillette, à la chasse et à la religion. Ça risque d’être sacrément rock’roll tant nous sommes hyperconditionnés par le Travail en tant que valeur sociale fondamentale...


                  • TALL 13 décembre 2007 16:37

                    Absolument, c’est un véritable changement de mentalité qu’il faudra opérer. D’autant que l’IA ( la vraie ) ne va pas « seulement » révolutionner l’économie. Il y aura aussi la recherche scientifique ( médecine, gestion du climat, ... ), et la guerre of course ( s’ils l’osent encore ).

                    En fait, la mécanisation de l’intelligence devrait être la révolution la + importante de l’histoire humaine. Vachement « rock ’n roll » comme tu dis.

                    Je me marre en repensant à la dernière encyclique de B16 où il dit que le salut de l’humanité est dans l’espérance ( prière ) et non dans la connaissance. Il va être servi chaud, le bonze smiley


                  • L'enfoiré L’enfoiré 13 décembre 2007 17:01

                    Salut Tall,

                    Bonne analyse. Nous en savons, tous deux, quelque chose. Nous ne sommes pas blanc-bleu. Je l’ai dit un peu plus haut. L’IA est en marche. Vrai. Je n’en fais pas et pourtant. Je l’écris, actuellement. Fais une visite, là où je fais mes baffouilles, cela pourrait t’intéresser.

                    J’ai la même analyse que toi pour en sortir. J’ai aussi un article dans le buffet qui en parlera. smiley


                  • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 17:02

                    @ Tall

                    Bah... Les bouddhistes ont inventé le moulin à prière et même d’énormes moulins à prières très techno. Tu les fais tourner et ça débite des centaines de mantras en un clin d’oeil. Pendant ce temps-là, les Tibétains peuvent aller boire tranquillos du tchang au boui-boui du coin, ce qui n’est pas très catholique...


                  • TALL 13 décembre 2007 17:07

                    Je lirai ton article avec intérêt, l’enfoiré. A ce propos, notre génération 68arde n’a pas encore fini de leur en faire voir à nos descendants smiley. Sauf que là que là, ça devrait être dans le bon sens smiley


                  • TALL 13 décembre 2007 17:14

                    Ah oui, bonne idée marsu ! On leur fera des robots qui iront à la messe et à confesse à leur place. Puis des robots-curés, des robots-cardinaux, et bien sûr le robot-pape. Et enfin, une fois que tout le Vatican sera automatisé, il n’y aura plus qu’à retirer la prise smiley

                    Tiens, et si Dieu était une IA ? smiley


                  • Nycolas 14 décembre 2007 14:16

                    Juste une chose.

                    J’ai beaucoup apprécié cet article, qui à mon avis préfigure le monde à venir. Je suis d’ailleurs depuis fort longtemps un fervent militant du revenu mnimum vital et de l’abolition du Travail comme valeur primordial de notre société.

                    On parle ici d’ultra-mécanisation, d’ultra-productivisme, autant de choses qui poussent à la disparition d’une bonne partie de l’emploi, et qui encourage à imaginer d’autres modèles, dans lesquels le travail passera enfin au second plan pour redonner à l’homme sa valeur première, c’est à dire celle d’être humain.

                    Rien ne semble pouvoir enrayer ce mouvement.

                    Rien sauf le pic pétrolier.

                    En effet, je crois qu’il faut s’interroger sur la réelle possibilité que cela continue indéfiniment ainsi, dans un contexte ou la pénurie prochaine d’énergie rendra obsolète l’évolution technique et le fonctionnement de machines qu’il faut bien faire fonctionner, et donc alimenter d’une manière ou d’une autre...

                    Il est bien possible que dans tout cela, au lieu d’assister à un triomphe de l’humanisme et de la libération des masses travailleuses de leur esclavage, on assiste plutôt à une obsolescence de ce qui nous fait espérer en cela... Obsolescence qui mettra fin en même temps à l’ultra-libéralisme productiviste et aux rêves de dépasser cette infâmie inhumaine... Ce n’est peut-être qu’une hypothèse, mais très honnêtement, je vois mal ce qui peut la contredire de manière convaincante.

                    M’enfin j’attends vos réponses à ce sujet...

                    Enfin dans un autre domaine on pourrait aussi s’interroger sur qui aurait accès à cela, et si le tiers-monde ne sera pas encore le grand exclu d’une telle avancée... Car dans ce genre de sujet, on a toujours tendance à faire de l’occidentalo-centrisme.


                  • Marsupilami Marsupilami 14 décembre 2007 18:19

                    @ Nycolas

                    Tu as raison sur toute la ligne. Encore une fois, faut bien commencer par tout changer par un bout, sans quoi on ne changera rien.


                  • Tristan Valmour 13 décembre 2007 15:48

                    Salut Marsu

                    Je reviens d’un marathon de travail, aussi vais-je partiellement me reposer jusqu’à lundi smiley

                    Voici un peu d’eau à ton excellent moulin. Dans les sociétés primitives, la durée quotidienne du travail équivalait à 2h. Dans la Grèce Antique, comme tu l’as si bien rappelé, le citoyen ne travaillait pas, il pratiquait la polis. Les Romains comptaient 200 jours fériés par an, et naturellement les patriciens ne travaillaient pas. Au Moyen-Age, on ne travaillait pas du jeudi au dimanche, et on interrompait fréquemment le travail pour prier. Ainsi la durée hebdomadaire du travail atteignait à peine un mi-temps.

                    En réalité, le travail ne pouvait pas avoir de succès dans les sociétés qui ont précédé les Révolutions Industrielles car il n’était pas source d’intégration. Au Moyen-Age, c’est la foi chrétienne qui en tenait lieu, et le mendiant était une personne intégrée et respectée.

                    Avec 1789 et surtout 1791, on assista au triomphe de la bourgeoisie qui apporta ses valeurs : le travail et le (pré)capitalisme. Puis se succédèrent 3 Révolutions Industrielles dont l’origine se tient au UK. La bourgeoisie a supplanté l’aristocratie comme le travail (et l’économie) a supplanté la foi. Le salarié n’avait pas une position enviée dans une Société qui comptait massivement des paysans indépendants, des commerçants et des artisans. Contrairement à ce que l’on a dit, les femmes travaillaient beaucoup. Le salariat est devenu une position enviée après les années 50-60 avec l’apparition de contrats favorables aux employés, les accords de branche et une politique sociale idoine. Aujourd’hui, plus de 80% des nouveaux contrats sont des contrats précaires.

                    Une grande partie de notre activité ne sert à rien d’autre qu’à contrarier l’autre partie (ex : policiers d’un côté et voleurs de l’autre), quand une organisation plus équilibrée de la société est possible et serait source de considérables économies sans baisser la qualité de vie. Cela nécessiterait de renoncer à la société individualiste. Je donne trois exemples : il y a crise du logement, mais on n’a jamais compté autant de célibataires ! On habite dans un quartier, mais on va travailler dans un autre. Alors on ne connaît personne et on achète un portable quand autrefois on rentrait chez des gens pour utiliser leur téléphone. Nous devons cotiser pour nos retraites, c’est-à-dire pour un service qui était rendu gratuitement par la famille élargie et le voisinage, puisqu’on s’occupait des vieux.

                    En réalité notre système est prisonnier d’une spirale infernale, et de plus en plus on nous fait payer ce qui était autrefois gratuit !

                    Les professions les plus rémunératrices sont les moins nécessaires à la satisfaction des besoins primaires d’un être humain.

                    A plus et zeldolé pour les fautes d’orthographe, je n’ai pas le temps de me relire !


                    • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 16:01

                      @ Tristan

                      Ben oui c’est exactement ça. On marche sur la tête. Notre société est profondément et pas du tout imaginairement malade et c’est pas le Diafoirus Sarkozy et ses remèdes de dingue qui va la guérir. Pour changer tout ça c’est une « Horreur à la mesure de nerfs de géant » comme disait le consul désespéré d’Au-dessous du volcan de Malcom Lowry. Mais il y a des pistes (voir la seconde partie de mon article).


                    • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 16:05

                      @ Ægidius Rex

                      Excellente idée que d’avoir fait se lien vers le bon article de Gilles Louise.


                    • tvargentine.com lerma 13 décembre 2007 16:37

                      vous dites « je travaille juste ce qu’il faut pour vivre, préférant passer le reste du temps à m’instruire, à lire, à me ballader dans la nature, bref tout un tas d’activités non-productives et non-sarkoïdes). » Je connais beaucoup de travailleurs indépendants qui rigolent en vous lisant car ils pensent que vous n’etes pas un travailleur indépendant !

                      En effet,tout le monde sait que les charges sociales et la durée des journées ne permettent pas de :

                      « je travaille juste ce qu’il faut pour vivre, préférant passer le reste du temps à m’instruire, à lire, à me ballader dans la nature, bref tout un tas d’activités non-productives et non-sarkoïdes). »

                      Vous etes donc un manipulateur en service commandé


                      • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 16:58

                        @ Lerma

                        J’avoue : je suis un horrible trotskyste. Ça te va ?


                      • Marsupilami Marsupilami 13 décembre 2007 17:38

                        @ Le Furtif

                        Le travail c’est la santé, rien faire c’est la conserver, et l’oisiveté future sera-t-elle la mère de tous les vices ?

                        Travailler c’est trop dur...


                      • machinchose machinchose 13 décembre 2007 19:45

                        merci marsupilami, vous me réconcilieriez presque avec Agoravox ! il faut maintenant que je me replonge dans cet article qui colle bien avec pas mal de reflexions que je me faisais et qui à l’immense mérite de l’audace et de la synthèse.


                        • Marsupilami Marsupilami 14 décembre 2007 10:19

                          @ machinchose

                          Camarade socialiste, tu n’as plus qu’à acheter le Livre noir du libéralisme en autant d’exemplaires qu’il y a d’éléphants roses autistiques et à les leur offrir pour qu’ils s’informent un peu sur le réel extra-solférinien. Mais tu tomberas sur des os dans le cimetière des pachydermes trop occupés à s’écharper dans des luttes de chapelles pour se partager le gâteau électoraliste.

                          Ah le PS ! Démuni, si pâle !


                        • del Toro Kabyle d’Espagne 13 décembre 2007 20:30

                          Merci Marsu pour l’article.

                          Sur un autre ton, le film de Pierre Carles, « Danger Travail » ;)

                          Lien : http://www.dailymotion.com/fanstes/video/xhuhm_danger-travail-pierre-carles-part1


                          • Marsupilami Marsupilami 14 décembre 2007 10:14

                            @ Kabyle d’Espagne

                            Très bien, Pierre Carles, merci pour ce lien. Il faut tout changer !


                          • Arthur 13 décembre 2007 20:42

                            Tall : « ... D’autant que l’IA ( la vraie ) ne va pas »seulement« révolutionner l’économie. Il y aura aussi la recherche scientifique ( médecine, gestion du climat, ... ), et la guerre of course ( s’ils l’osent encore ) ... ».

                            L’IA va aussi révolutionner le vandalisme, le banditisme, etc.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès