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A-t-on le droit de contester les religions ?

Doit-on considérer que la diffusion d’informations factuelles en contradiction avec les dogmes religieux est de l’intolérance condamnable et qu’elle mérite d’être censurée ?

Auteur du livre « Dieu et les religions à l’épreuve des faits  », j’ai eu le plaisir de constater qu’un lecteur, Gérard Pascetto avait écrit, au mois de septembre sur Agoravox, un article intitulé « Est-il réellement impossible de démontrer l’inexistence de Dieu ?  » en mentionnant mon livre. Un véritable débat s’en est suivi et je ne peux qu’encourager tous les membres à le poursuivre.
 
 La croyance en Dieu ne restant pas dans le domaine privé et influençant en permanence la vie quotidienne des individus dans le monde entier, n’a pas à être un domaine où la moindre critique est considérée comme de l’intolérance, quand elle n’est pas violemment rejetée par certains.
 
Si je me permet d’intervenir maintenant, c’est qu’un autre lecteur m’a indiqué avoir fait l’objet de censure en ayant ses articles purement et simplement effacées sur plusieurs sites internet de discussions qui intègrent pourtant un thème « religions » dans leur menu tel que forumfr.com. Cette censure me parait particulièrement grave et montre qu’il existe aujourd’hui un risque très sérieux de retour à l’obscurantisme.
 
 A l’inverse, on ne peut que se féliciter de l’existence du site Agoravox, que je ne connaissais pas et que des lecteurs m’ont permis de découvrir. Il me semble essentiel de soutenir Agoravox afin qu’il puisse continuer à être une tribune où la liberté d’expression a tout son sens.
 
Ce lecteur censuré m’a adressé le texte qu’il voulait communiquer :
 
Doit-on se prosterner devant celui qui a tué des centaines de milliers d’enfants ?
 
La question ne mérite-t-elle pas d’être posée quand on lit la Bible ? Exode (12,12-14)
 
« Cette nuit-là je parcourrai l’Egypte et je frapperai tous les premiers-nés dans le pays d’Egypte, je ferai justice, moi Yahvé. Le sang sera pour vous un signe sur les maisons où vous vous tenez. En voyant ce signe, je passerai outre et vous échapperez au fléau destructeur lorsque je frapperai le pays d’Egypte. Ce jour-là, vous en ferez mémoire et vous le fêterez comme une fête pour Yahvé, dans vos générations vous la fêterez, c’est un décret perpétuel. »
 
Qui dit et fait cela ? Dieu lui-même. Ainsi Dieu a bien tué tous les enfants, ainés des familles égyptiennes en une nuit.
Qu’avaient fait ces enfants ? Rien. Dieu les a massacrés uniquement pour montrer qu’il était capable de le faire. C’est clairement expliqué dans la Bible.
 
La question subsidiaire est :
 
Pourquoi les croyants juifs fêtent-ils ce massacre tous les ans à l’occasion de leur fête de Pâques ? Parce que c’est un ordre de Dieu ? Car Dieu demande clairement de fêter ce massacre d’enfants égyptiens où il a épargné les enfants juifs.
A l’occasion de cette fête, la plus importante de la religion juive, les pères de chaque famille, lisent solennellement la Haggadah de Pessach à leurs enfants qui entendent tous les mots suivants :
 
« Combien de faveurs Dieu ne nous a-t-il pas accordées !
S’il nous avait tirés d’Egypte sans infliger des punitions aux Egyptiens, cela eût été assez.
S’il leur avait infligé des punitions sans les exercer sur leurs idoles, cela eût été assez.
S’il avait exercé des punitions contre leurs idoles sans faire mourir leurs premiers-nés, cela eût été assez.
S’il avait fait mourir leurs premiers-nés sans leur donner la fortune, cela eût été assez…
Combien plus grande est la bonté de Dieu pour nous. Il nous a tirés d’Egypte, a infligé des punitions aux Egyptiens, a exercé des punitions contre leurs idoles, a fait mourir leurs premiers nés, nous a donné la fortune… »
 
Est-il raisonnable de lire un tel texte à des enfants ? Tous ceux, ils sont des millions, qui lisent un tel texte à leurs enfants se rendent-ils compte de l’horreur de ce qu’il raconte tous les ans ?
 
Pour ceux qui douteraient de la pertinence de ce qui est écrit dans la Bible, il est écrit sur le site internet officiel de l’Eglise Catholique de France :
 
« La Bible est le livre le plus lu dans le monde. Elle imprègne notre culture et notre civilisation. Elle appartient au patrimoine de toute l’humanité. Elle est porteuse des valeurs de justice, de liberté et de fraternité.
La Bible raconte l’histoire de l’alliance que Dieu a faite avec les hommes. Pour les chrétiens la Bible c’est la parole de Dieu : ils croient que Dieu est quelqu’un qui peut communiquer avec eux. Dieu s’est révélé à Israël par Moïse et les prophètes et pour les chrétiens, par Jésus le Christ. Elle témoigne des relations entre les hommes et Dieu : relation faite de fidélité et de reniement. C’est un long cheminement vers la liberté et l’amour.
C’est un livre porteur de sens pour ceux qui cherchent tout au long de leur vie, la vérité et la volonté de Dieu… »
 
J’aimerais que les croyants m’expliquent comment ils peuvent parler d’un Dieu d’amour et se prosterner devant lui ? Car il s’agit bien de Dieu, et non des hommes, qui a massacré des enfants.
J’ai découvert tout cela et plein d’autres réalités dont je n’avais aucune conscience, en lisant le livre d’Olivier Bach, « Dieu et les religions à l’épreuve des faits ». Comme son titre l’indique, il n’expose que des faits, mais quels faits... ?
 
Ce texte mérite-t-il d’être censuré ? Il ne fait que présenter des textes extraits de la Bible, de la Haggadah de Pessach et du site internet officiel de l’Eglise catholique et poser des questions sur leurs conséquences.
 
Est-il acceptable d’interdire la publication d’articles parce qu’ils posent des questions pertinentes sur des pratiques et des textes religieux ?
 
Je reçois de nombreux mails de croyants ayant lu mon livre. Ils expriment tous l’importance des informations qu’ils y ont trouvées. Ils m’indiquent clairement n’avoir eu pratiquement aucune connaissance des réalités qui y sont exposées, que ce soit au niveau des textes sacrés, de l’enseignement et de l’éducation, de la contestation des sciences et surtout de la falsification de l’histoire des religions jusqu’à nos jours par de nombreux historiens. Je ne compte plus ceux qui me disent « C’est effrayant, je ne savais pas ».
 
En écrivant ce livre, qui est le résultat de plus de 5 années de recherches, mon seul objectif était d’informer sur des faits incontestables. De ces informations, chacun en tire les conséquences qu’il veut. Cela s’appelle la liberté, sachant que l’on est naturellement aussi libre de ne pas vouloir être informé des réalités.
 
J’ai un profond respect pour les croyants sincères à qui je propose seulement de se poser certaines questions à la lumière de faits qu’ils ne connaissent peut-être pas. Par contre je tenterai toujours de m’opposer à ceux qui cherchent à falsifier les réalités. On est tous à un moment ou un autre de notre vie, manipulé par d’autres et il est rare que l’on en soit conscient parce que l’on manque d’informations. Il est toujours plus facile de « faire confiance » mais il faut admettre que ce n’est pas toujours sans conséquences. J’en prendrais pour seul exemple les affaires de pédophilie, qui ont concerné des dizaines de milliers d’enfants dans des établissements religieux, et que j’aborde également dans mon livre en donnant des informations ayant fait l’objet d’une censure quasi totale de la part des médias quand elles ont été dévoilées en Angleterre.
 
J’ai cherché aussi à comprendre les mécanismes de la croyance en Dieu car elle est pratiquement impossible à supprimer contrairement à l’adhésion à des religions. Comment ne pas constater que ceux qui s’éloignent de leur religion deviennent rarement athée mais agnostique toute leur vie ? Je pense en donner une explication objective dans mon livre grâce aux dernières découvertes sur le cerveau et essentiellement celles d’Eric Kandel qui lui ont permis d’avoir un prix Nobel. Là encore, ce sont des réalités qu’il me semble important de connaître et qui nous concernent tous quelles que soient nos opinions.
 
J’ai lu avec attention toutes les réponses à l’article de Gérard Pascetto. Il en ressort que le dogme de l’impossibilité de prouver l’inexistence de Dieu est bien ancré. J’estime que ce dogme est faux quand on parle du Dieu des monothéistes, soit celui des chrétiens, des musulmans et des juifs. On peut en trouver une démonstration dans mon livre.
 
Elle part d’une définition précise de ce Dieu qu’en donne les croyants eux-mêmes, à savoir qu’il est d’amour, qu’il aide les faibles et les pauvres, qu’il donne la vie et décide de la mort, et qu’il a créé l’univers et l’homme. Ou ces caractéristiques sont vérifiées et Dieu existe, ou elles ne le sont pas et Dieu n’existe pas et est un mythe. L’analyse factuelle, que je développe dans le livre, montre que ces caractéristiques ne sont pas vérifiées. On ne peut qu’en conclure que ce Dieu, défini précédemment, n’existe pas. 
 
Mais on ne doit pas en conclure pour autant qu’il n’existerait aucun dieu. Ceux qui veulent croire en un dieu doivent lui trouver une définition invérifiable car on ne peut alors effectivement rien prouver. Au cas où ils lui donneraient une définition vérifiable, ils doivent accepter qu’il soit possible de démontrer son existence ou inexistence.
 
Pour illustrer mon propos, il me semble que l’exemple du Père Noël mérite d’être analysé. Faut rappeler, à l’instar de la grande majorité des philosophes et même de nombreux scientifiques, ce qu’a écrit André Conte-Sponville à ce sujet dans son livre « L’esprit de l’athéisme » :
 
« Si vous rencontrez quelqu’un qui vous dit : « je sais que Dieu n’existe pas », ce n’est pas d’abord un athée, c’est un imbécile. »
Il ajoute qu’il en est de même pour celui qui prétend savoir que Dieu existe, mais aussi :
« Essayez, par exemple, de prouver que le Père Noël n’existe pas, ni les vampires, ni les fées, ni les loups-garous…Vous n’y parviendrez pas. »
 
Or jusqu’à preuve du contraire, le Père Noël est défini comme un être surnaturel qui donne tous les ans des cadeaux aux enfants sages. Cette définition est tout à fait vérifiable à partir du moment où l’on ne peut que constater qu’aucun enfant sage dans le monde entier n’a jamais reçu de cadeaux dont la provenance ne serait pas humaine. On peut donc clairement prouver que ce Père Noël, défini de cette manière, n’existe pas.
 
Les analyses d’André Conte-Sponville sont en général très pertinentes mais dans ce cas, il participe malheureusement à la perpétuation du dogme de l’impossibilité de l’inexistence de Dieu qui se trouve être faux dans le cas du Dieu des monothéistes.
 
Je ne veux pas terminer cet article sans remercier tous les membres d’Agoravox qui ont aidé et aident encore à la diffusion de mon livre grâce au transfert de fichier ou à l’indication du téléchargement gratuit sur le site inexistencededieu.com. 
 
S’il a déjà été lu par des dizaines de milliers de personnes en seulement quelques mois grâce aux efforts des lecteurs pour faire connaître les informations qu’il contient, doit-on s’étonner qu’aucun média, hors internet, n’ait estimé intéressant de les diffuser ? Je tiens à préciser que ce n’est pas mon livre qu’il est important de diffuser mais les informations qu’il contient.
 
Olivier Bach

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  • vote :
    Par docdory (xxx.xxx.xxx.105) 10 novembre 2009 18:15
    docdory

    @ Furax 

    Le mot respecter est un mot polysémique qui a trois significations principales :

    1°) Avoir une considération particulière pour quelqu’un en raison de ses mérites :

    exemple : le nouveau Prix Nobel est unanimement respecté par ses collègues

    2°) Obéir à un règlement 

    exemples : l’automobiliste n’a pas respecté le feu rouge, les élus de la République doivent respecter la Constitution 

    3°) Tolérer quelque chose sans donner son opinion :

    exemple : le père de famille dont la fille lui présente pour futur mari un toxicomane chômeur, aux cheveux teintés en verts fluorescents, au pantalon rose, dont le visage et la langue sont agrémentés de divers corps étrangers métalliques à type de "piercings " dira éventuellement à sa fille, s’il est gentil ou hypocrite : " ma fille , je respecte ton choix ! " 

    Il est évident que dans la phrase " elle ( la France ) respecte toutes les croyances " , ce n’est pas le premier sens qui s’applique puisque en tant que République laïque ,la France ne reconnaît aucun culte , elle n’a donc aucune considération particulière pour quelque chose qu’elle ne reconnaît pas !

    Ce n’est pas non plus le deuxième sens qui s’applique , c’est à dire que la République n’est nullement tenue à respecter le moindre règlement religieux , puisque ce sont les citoyens qui décident des lois et non les dieux ( à supposer qu’il ou ils existent, ce qui n’est pas le problème de la République ) . Elle serait bien en peine d’ailleurs de respecter les règlements de toutes les religions puisque ceux-ci se contredisent d’une religion à l’autre !

    C’est au contraire le troisième sens qui s’applique puisqu’il est la résultante directe de la déclaration des droits de l’homme :

    Article X

    Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi.

    Autrement dit , la République respecte , c’est à dire tolère dans l’indifférence la plus totale, toutes les croyances tant qu’elles ne sèment pas le désordre .

  • vote :
    Par Cosmic Dancer (xxx.xxx.xxx.224) 10 novembre 2009 13:23
    Cosmic Dancer

    Le droit de critiquer les religions n’est pas en questionnement.

    Ce droit est inscrit dans la Constitution qui garantit la liberté de conscience et d’expression.

    Cette liberté, donc, de critiquer les religions, vaut pour chacune d’entre elles exactement au même titre.

    Même si Ghabel Bencheick le réformiste stipule dans Alors, c’est quoi l’islam que "la morale islamique prévient aussi la moquerie et la raillerie", citant Les appartements, 49,11.

  • vote :
    Par abdelkader17 (xxx.xxx.xxx.189) 10 novembre 2009 12:55

    On a le droit de tout contester mais en y apportant une critique constructive ,un regard mesuré,
    sans se perdre dans des appels à la haine à ’incompréhension, et sans céder au conformisme des modes intellectuelles du temps présent.

  • vote :
    Par Gabriel (xxx.xxx.xxx.98) 10 novembre 2009 13:30
    Gabriel

    L’humour et la dérision c’est un peu l’art de remettre la vie sur pied, alors rire des religions et de leurs bigots fanatiques, persuadés qu’ils sont de détenir la vérité, me fait le plus grand bien ! Et plus certains deviennent fanatiques et plus cela m’amuse, bien que le con qui se persuade finit par en être dangereux  …. 

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