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Jean-Marie Vianney, un curé saint et débrouillard

Reconnu unanimement par les autorités civiles et religieuses de son vivant, le curé d’Ars attira de nombreuses foules de l’Europe entière qui voyaient en lui « un second Vincent de Paul dont la charité fait des prodiges ». Une vie épuisante de pauvreté, liberté, charité, humilité, méditation et œuvres sociales en faveur des plus nécessiteux.

Il y a quelques jours, ce mardi 4 août 2009 très ensoleillé, comme tous les 4 août, on fêtait les Jean-Marie. Mais avec une petite particularité cette année, on fêtait aussi les cent cinquante ans de la mort du saint qui les rattache, Jean-Marie Vianney, le curé d’Ars, petite commune dans le diocèse de Belley, dans l’Ain, à la grande longévité (quarante et un ans).
 
L’existence exemplaire de ce "curé cancre" est connue de beaucoup de monde et mille et une anecdotes furent rapportées parmi les témoins de cet homme exceptionnel.
 
 
Réfractaire à l’autorité politique durant sa jeunesse
 
Né le 8 mai 1786 dans la banlieue lyonnaise (à Dardilly), il fut un enfant de la Révolution, au sein d’une famille rurale peu éduquée et très catholique.
 
Pendant la Terreur en 1793, puis en 1796, sa famille allait rarement à la messe pour éviter la répression et la première communion du garçon eut lieu dans la clandestinité.
 
Jean-Marie Vianney choisit d’entrer au séminaire de Lyon, mais sa nullité en latin et donc en philosophie enseignée en latin (il est jugé debilissimus) lui fit échouer ses études. Oublié des registres du séminaire (les futurs prêtres étaient exemptés de l’armée), il fut mobilisé le 28 octobre 1809 pour renforcer les troupes napoléoniennes contre l’Allemagne et l’Autriche. Comme il était hospitalisé à Roanne, il décida de déserter pour persévérer dans sa vocation sacerdotale. Une fuite qui pouvait aussi se justifier car Napoléon Ier avait été implicitement excommunié par le pape Pie VII en raison de l’invasion de Rome par ses troupes.
 
Que ce soit pendant la Révolution ou sous Napoléon, Jean-Marie Vianney se retrouvait en opposition avec le pouvoir politique pour vivre sa foi qu’il ressentait profondement.
 
Finalement, il finit laborieusement par devenir prêtre en août 1815 au séminaire de Grenoble et devint vicaire du curé d’Écully (dans la banlieue de Lyon), Charles Balley, prêtre réfractaire qui eut un rôle déterminant dans la trajectoire du jeune Jean-Marie Vianney, puis, à la mort de Charles Balley en 1818, il fut envoyé comme curé dans le petit village d’Ars, dans l’Ain, à quarante kilomètres de Lyon.
 
Ce fut durant son très long ministère dans ce village que ses qualités humaines et sociales se révélèrent.
 
 
Pauvreté et charité
 
Le père Vianney en effet montra très rapidement auprès ses fidèles qu’il menait une vie très austère et contemplative. Le moindre argent ou objet de richesse qu’il recevait était immédiatement donné à des plus pauvres que lui. On racontait ainsi qu’un ami aisé lui offrit de nombreuses montres que le curé s’empressait systématiquement à redonner à des miséreux, si bien que l’ami eut l’idée de ne plus lui donner mais de lui prêter une nouvelle montre afin qu’il la portât enfin au poignée. Dans sa maison, le curé logeait une dizaine de pauvres de passage. Son grand-père Pierre Vianney, déjà, avait accueilli saint Benoît-Joseph Labre, mendiant (saint patron des célibataires et des sans-logis, béatifié en 1860 et canonisé en 1881 par Léon XIII).
 
 
Œuvres sociales
 
Une vie contemplative car il restait de très longues heures seul dans son église à prier. Mais pas seulement contemplative. Aussi une vie très sociale et très active. Il se mettait d’accord avec les maires successifs du village, il allait voir chaque villageois comme le lui avait recommandé son évêque, et il devint rapidement un véritable homme d’écoute de la population. On disait qu’il lisait les âmes mais avant tout, il était fin psychologue et rendit à bien des personnes sérénité, comme à cette veuve de suicidé : « Si, il est sauvé ; il est en purgatoire et il faut prier pour lui. Entre le parapet du pont et l’eau, il a eu le temps de se repentir. ».
 
Le curé était capable de mobiliser les énergies et les moyens matériels et humains considérables autour de lui pour faire aboutir ses projets. Le sous-préfet Trévoux écrivait notamment au sujet de Jean-Marie Vianney : « Au seul point de vue matériel, c’est donc un homme éminemment utile. ». Un spécialiste du personnage, Philippe Boutry, estima que Jean-Marie Vianney était parvenu à faire financer presque une centaine de projets entre 1849 et 1859 pour un total équivalent à presque deux fois les gains de la loterie nationale de 1862.
 
Homme de joie, il considérait qu’il fallait organiser des fêtes pour faire vivre le village et renforcer le bonheur et la piété tout en faisant fermer les cabarets dont l’existence engendrait de nombreux drames humains (alcoolisme des pères de famille surtout : « Le cabaret, c’est le lieu où les ménages se ruinent, où les santés s’altèrent, où les disputent commencent et où les meurtres se commettent. »). Il lutta aussi très fermement contre le travail le dimanche, demandant notamment aux pères de famille de laisser leur épouse s’occuper d’autre chose que du travail domestique pour s’instruire et s’éveiller l’esprit.
 
Il ouvrit une école pour les jeunes filles qui devaient selon lui être instruites autant que les garçons et il encouragea le maire du village à diriger l’école des garçons.
 
 
Une notoriété croissante
 
Petit à petit, par le bouche à oreille, le curé d’Ars commença à être connu au-delà des frontières de son diocèse et se transforma à partir des années 1830 en « missionnaire immobile » recherché par tout le monde. Ses journées devenaient épuisantes jusqu’à dix-sept heures par jour de confessions, plusieurs dizaines de milliers de personnes voulaient lui parler, avec de longues files d’attente, ce qui favorisa dans le village la construction d’hôtels et de restaurants et de diverses activités annexes qui faisaient la joie des profiteurs sans scrupule (qu’on peut retrouver encore à Lourdes ou dans d’autres lieux de nos jours). Par exemple, cinq hôtels ont été construits entre 1847 et 1858, et soixante-quinze commerçants et artisans supplémentaires s’installèrent à Ars entre 1836 et 1846.
 
Parmi les pèlerins qui venaient le visiter, il y avait eu Henri-Dominique Lacordaire, célèbre prêtre dominicain, homme politique et futur académicien né en 1802, qui arriva à Ars incognito (mais fut tout de suite reconnu).
 
 
Canonisé presque de son vivant
 
Ses journées étaient si épuisantes que Jean-Marie Vianney voulait démissionner à plusieurs reprises (en 1843 et en 1853) pour se reposer et se retirer dans un monastère, mais il n’en avait jamais eu l’autorisation de l’évêque. Il ne mangeait qu’une fois par jour et ne prenait que deux ou trois heures de sommeil pour pouvoir s’occuper des gens qui venaient à sa rencontre. Il chercha parfois à s’extraire de la foule, se réfugiant en vain à Dardilly par exemple mais les pèlerins le surent et vinrent le rejoindre.
 
Ce fut l’un des rares saints à l’avoir été considéré de son vivant (un peu comme Mère Teresa qui n’est pas encore sainte mais qui le sera sans doute bientôt). Ce qui n’atteignait toutefois pas sa grande humilité : refus de la légion d’honneur proposée par Napoléon III en 1855 ou grincement de dents à l’annonce épiscopale de sa nomination de chanoine honoraire (« La comtesse des Garets le décrivit ainsi : « On eut dit un supplicié que l’on mène à l’échafaud, la corde à cou. »).
 
À sa mort le 4 août 1859 à deux heures du matin, à l’âge de 73 ans (« Qu’il fait bon de mourir quand on a vécu sur la croix. »), Jean-Marie Vianney fut rapidement reconnu par l’Église catholique comme saint patron des prêtres de France en 1905, puis saint patron de tous les curés du monde en 1929 et enfin en juin 2009 (par Benoît XVI), comme saint patron de tous les prêtres du monde. Béatifié en 1905 par Pie X, canonisé en 1925 par Pie XI (devant 70 000 personnes), le saint curé d’Ars fut célébré à Ars par le futur pape Jean XXIII en 1945 (Jean XXIII rédigea une encyclique sur son parcours en 1959), puis par le pape Jean-Paul II le 6 octobre 1986 lors d’une visite pontificale où il évoqua son « modèle extraordinaire de vie et de service sacerdotal ».
 
Depuis plus d’un siècle, une basilique a été construite à Ars et présente à la vue de tous les restes du sain curé, un corps qui ne s’est pas décomposé et un cœur séparé dans une châsse secondaire (mais comme pour tous les reliquaires, je trouve ce type d’exposition assez morbide et peu respectueux du disparu). La commune d’Ars est de nos jours un haut lieu de pèlerinage avec près d’un demi million de visiteurs chaque année.
 
 
Sans visage
 
Les représentations du curé d’Ars (très nombreuses dans les églises françaises) lui donnent une allure très maigre, longiligne au visage osseux un peu à la Voltaire. Cependant, aucune photographie ni portrait de lui n’a été réalisé de son vivant par refus d’utiliser son image. « Qui a fait cela ? » s’interrogea le curé auprès de quelqu’un qui voulait faire son portrait : « Vous m’avez désobéi. Dois-je vous pardonner ? ». Ce ne fut qu’un siècle après sa mort, en septembre 1959, qu’une équipe de la police scientifique (sous la direction du commissaire divisionnaire Chabot) établit le portrait robot de Jean-Marie Vianney.
 
 
Une commémoration républicaine méritée
 
Cette année, tant l’Église catholique que la République française ont voulu saluer en saint Jean-Marie Vianney l’homme de foi et l’homme d’action qui répandit bonté et espoir auprès d’une population sujette aux peurs de leur époque…
 
Ces peurs demeurent, d’une autre nature mais restent avant tout sociales. En revanche, on manque cruellement de nouveaux Jean-Marie Vianney
 
 
 
Sylvain Rakotoarison (7 août 2009)
 
 
Pour aller plus loin :
 
 
 
 
 

Documents joints à cet article

Jean-Marie Vianney, un curé saint et débrouillard Jean-Marie Vianney, un curé saint et débrouillard

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31 réactions à cet article    


  • morice morice 7 août 2009 12:10

    il nous aura tout fait, l’admirateur de Jorg... Aujourd’hui,visite du musée de cire.... trop drôle.


    « Qu’il fait bon de mourir quand on a vécu sur la croix. »

    euh, y’en a qui préfèrent vivre, grenouille de bénitier.

    Vianney était un « croix addict » : un fêlé complet, un illuminé total :

    C’est peut-être un des as pects les plus sur pre nants de la spi ri tua li té de saint Jean-Ma rie Vian ney. A bien des re pri ses, il en a par lé, ne crai gnant pas de faire ap pel à sa pro pre vie, pour une fois : « Il faut de man der l’amour des croix : alors el les de vien nent dou ces. J’en ai fait l’ex pé rience ; pen dant qua tre-cinq ans, j’ai été ca lom nié, bien con tre dit, bien bous cu lé, Oh ! j’avais des croix ! J’en avais pres que plus que je ne pou vais en por ter. Alors, je me suis mis à de man der l’amour des croix... alors je fus heu reux. Je le dis vrai ment : il n’y a de bon heur que là... » (No det, p. 184).

    « Les croix, trans for mées dans les flam mes de l’amour, sont comme un fa got d’épi nes qu’on jette au feu et que le feu ré duit en cen dres. Les épi nes sont du res, mais les cen dres sont dou ces. » « Les croix sont comme des épi nes dont l’amour brûle la pointe et el les de vien nent dou ces comme la cen dre. » 

    fêlé, au point que même ses contemporains ont émis des doutes sur sa santé mentale... ça devient en langage de bénitier

    « Les saints, en s’approchant de Dieu, de viennent comme LUI ; ils de viennent »dé­concertants« , in attendus. Ils échappent aux pronostics du bon sens !  »

    Bref, Sylvain, vous admirez un gars qui aujourd’hui aurait finit ses jours dans un hôpital psychiatrique et non au musée de cire....

    • Loan 7 août 2009 13:50

      Morice, Que faites vous, vous l’athée prosélyte, l’homme supérieur et donneur de leçons, si politiquement correct et si pensant, comment pouvez-vous vous abaisser à commenter un article sur un religieux catholique ? Mais c’est plus fort que vous, vous ne pouvez pas vous empêcher de cracher votre haine...


    • Shaytan666 Shaytan666 7 août 2009 13:59

      Ce qui est surtout remarquable, c’est que morice ne crache sa haine, qu’envers les catholiques, alors qu’il est d’une mansuétude à toute épreuve envers la religion d’amour et de paix et qu’il n’a jamais traité son prophète de dégénéré, ni de bon à enfermer dans un asile.
      Morice est un athée sélectif, son athéisme ne porte que sur une religion, il croit en « dieu » l’unique, l’omnimachin, l’omnibazar, mais pas dans son fils Jésus-Christ.


      • Massaliote 7 août 2009 15:00

        Morice, j’admire votre courage pour oser attaquer la religion catholique, il en faut.... MDR...

        Vous préférez la propagnade diffusée dans les madrasas, nous le savons tous. Où la vie du prohète pillard et pédophile ne peut être que source de bienfaits pour la société, en répandant les fruits de la religion-de-paix-et-d’amour. Et puis la critique est plus risquée, courageux, va !

        Athée ? Mais vous avez de singulières limites.


      • Darius 7 août 2009 16:24

        de paix d’amour et de tolérance (lol)
        vous aviez oublié la tolérance !


      • morice morice 8 août 2009 11:23

        pas pire que vos œillères : 9 siècles après Mahomet des rois de France violeront des petites filles promises en mariage : qui est le pédophile de l’histoire ? Historiquement, vous avez du mal à vous situer....


      • Furax Furax 7 août 2009 18:07

        Merci Sylvain,

        L’âme du monde est au sud du Sahhara. La vieille prostituée européenne agonise, tant mieux.
        Les gens comme Morice rêvent encore de Staline, la douce période où l’on envoyait les chrétiens en « asile psychiâtrique » (au mieux !). Laissez le radoter,il vaut ce que vaut une déclaration d’athéïsme en Afrique. Un grand éclat de rire.


        • morice morice 7 août 2009 18:23

          Les gens comme Morice rêvent encore de Staline, la douce période où l’on envoyait les chrétiens en « asile psychiâtrique » (au mieux !). Laissez le radoter,il vaut ce que vaut une déclaration d’athéïsme en Afrique. Un grand éclat de rire.


          ni dieu, ni maître, ignare.

        • morice morice 8 août 2009 11:28

          morice est modérateur, c’est à dire qu’il supprime tout ce qui vient le dénoncer, quand c’est son tour de garde.


           on reprend pour les imbéciles heureux : ici je suis REDACTEUR : j’émets des avis, comme tous les rédacteurs sur les textes de mes confrères et demande parfois la suppression de posts, car je ne suis pas modérateur et ne travaille pas chez Agoravox. Je demande à chaque fois la suppression de posts négationnistes, car ça n’a rien à voir avec une voix citoyenne : or, vous l’êtes et vous le prônez ici, ce qui met en danger judiciairement l’existence du site : si j’étais modérateur, je ne vous tolérerai pas, c’est CLAIR. TRES CLAIR : vous vous asseyez sur la démocratie en racontant vos MENSONGES et vos balivernes. Le négationnisme n’a pas sa place ici, qu’on se le dise. 

        • Shaytan666 Shaytan666 7 août 2009 18:14

          Jean-Marie Vianney, surnommé le curé d’Ars a dit peu avant sa mort « Si Dieu n’existe pas et bien j’aurais été roulé toute ma vie », j’attend toujours pareil déclaration des intégristes de n’importe quelles religions.


          • morice morice 7 août 2009 18:22

            rt « Si Dieu n’existe pas et bien j’aurais été roulé toute ma vie »


            ben il a été roulé dans la farine quand même....

            • Furax Furax 7 août 2009 23:11

              Toi non. Tu viens du néant, tu vas au néant, tu n’es rien.


            • Shaytan666 Shaytan666 8 août 2009 10:28

              Si Jean-Marie Vianney a été roulé dans la farine, ce qui est fort probable, que dire alors de notre « ami » Kata, lui qui pratiquement à chaque poste nous abreuve de louanges envers son « dieu », il est roulé dans la semoule de blé alors ? votre avis la dessus, merci !!!!!


            • morice morice 8 août 2009 11:18

              merci, c’est aussi la définition de l’athéisme. 


            • Furax Furax 8 août 2009 12:16

              rt « Si Dieu n’existe pas et bien j’aurais été roulé toute ma vie »

              C’est la différence entre un chrétien et un athée.
              Un chrétien, fut-il un saint, doute toujours.
              Un athée ne doute jamais.
              C’est un CON


            • beneolentia beneolentia 8 août 2009 10:52

              Pourquoi les juifs, les chétiens et les musulmans se font t’ils la guerre ?

              alors qu’ils qu’ils croient au même Dieu ? (celui des juifs)

              C’est trés con

              ils feraient mieux de faire « la guerre » aux athées, aux agnostiques, et a ceux qui n’ont pas le même Dieu.

              et y’en a des millions, alors y’a du boulot lol

              voir le lien ci-dessous :

              http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/bb/AdherentsReligions PourcentageMondial.png/800px-AdherentsReligionsPourcentageMondial.png


              • dom y loulou dom 14 août 2009 15:29

                parce qu les bourreaux de l’humanité se font toujours passer pour ce qu’ils ne sont pas

                c’est leur culture, piller celle des autres et leurs inventions pour se les aproprier et foutre la merde entre les communautés des aom.

                4000 ans de pratique dans cet art du camouflage ils ont, les anges déchus de babylone.


              • beneolentia beneolentia 8 août 2009 11:00

                Chrétiens, désolé pour avoir oublié le r, pfff j’ai encore trop bû c’est la faute a sakozy

                http://www.youtube.com/watch?v=CVCpwfwExBM
                http://www.dailymotion.com/video/x28gni_sarkozy-bourre-lintegral_news


                • beneolentia beneolentia 8 août 2009 11:07

                  je cite l’auteur :
                   
                  "Homme de joie, il considérait qu’il fallait organiser des fêtes pour faire vivre le village et renforcer le bonheur et la piété tout en faisant fermer les cabarets dont l’existence engendrait de nombreux drames humains (alcoolisme des pères de famille surtout : « Le cabaret, c’est le lieu où les ménages se ruinent, où les santés s’altèrent, où les disputent commencent et où les meurtres se commettent. »). Il lutta aussi très fermement contre le travail le dimanche, demandant notamment aux pères de famille de laisser leur épouse s’occuper d’autre chose que du travail domestique pour s’instruire et s’éveiller l’esprit."


                  vivement que Jean-Marie Vianney ressicite et fasse fermer l’Élysée
                  hum

                  • morice morice 8 août 2009 11:21

                    excellent : « classe laborieuse, classe dangereuse »... sacré fêlé va... au pays des illuminés, Vianney était gardien de phare.


                  • beneolentia beneolentia 8 août 2009 11:10

                    et qu’il fasse vite parce que j’ai mélangé le u et le i

                    hihihi

                    donc, qu’il ressuscite vite !


                    • fred 10 août 2009 01:26

                      Merci à toi Sylvain ! Grâce à cet article, j’ai pu me replonger dans la vie de ce curé d’Ars que je connaissais pourtant et que j’avais « oublié ». Je me suis lancé dans des recherches sur ces corps incorruptibles dont je vois une photo pour la première fois. J’ai découvert ses miracles, le Malin qui s’est déchaîné sur cet homme qui en riait presque et ne craignait rien. On ne peut rire de tout ce que cet homme a fait.

                      Je ne comprends pas pourquoi certaines personnes considèrent si mal tout cela. Je ne leur en veux pas, surtout quand ils ont de la verve à le faire. Jésus n’aimait pas les tièdes.

                      De me lire, vous devez penser que je suis un fervent croyant, limite exemplaire mais ce n’est pas le cas du tout smiley Je ne suis en aucun cas un exemple mais il est vrai que des vies comme celles de Saint Jean-Marie de Vianney ne cessent de renforcer ma foi en Dieu.

                      Encore merci pour avoir posté cet article !!!


                      • Jordi Grau J. GRAU 10 août 2009 09:24

                        Merci pour votre article, mais vous me pardonnerez de ne pas partager votre enthousiasme. Sans aller jusqu’aux outrances de Morice, je trouve fort malsain ce culte catholique pour la mortification. J’y vois là un refus de la vie, une mauvaise conscience d’exister, une peur de jouir. Et croyez-moi, je sais de quoi je parle : je suis tombé dans la potion d’eau bénite quand j’étais petit et j’en ressens encore un peu les effets.

                        Parlons maintenant de deux autres aspects de la vie du curé d’Ars. D’abord, sa liberté à l’égard du pouvoir politico-militaire de Napoléon. Sans doute fallait-il du courage pour déserter. Mais je ne crois pas, malheureusement, que ce courage-là soit le signe d’une véritable liberté. Jean-Marie Vianney était d’abord un bon petit soldat de l’Eglise catholique, et c’est à ce titre qu’il refusait Napoléon, tout comme sa famille avait refusé la Révolution. Rappelons que cette dernière, malgré tous ses excès et ses injustices, a marqué une date importante dans l’affranchissement des hommes à l’égard de la tutelle religieuse. Visiblement, Jean-Marie Vianney n’a pas participé à ce mouvement d’émancipation.

                        Enfin, parlons de l’action sociale du curé d’Ars. Tout est dit, me semble-t-il, dans l’article auquel vous renvoyez à la fin du vôtre :


                        L’auteur de cet article, un prêtre, cite sans aucun esprit critique le jugement d’un des paroissiens du curé d’Ars : « En supprimant les cabarets, M. le Curé avait supprimé la cause principale de la misère ». Quelle belle leçon d’humanisme. Comme les patrons de l’époque, le père Caratgé estime que la misère des travailleurs était due à leur alcoolisme. En gros, il n’avaient qu’à s’en prendre qu’à eux-mêmes. L’idée que l’alcoolisme, loin d’être la cause principale, soit un symptôme de la misère, elle-même fille de l’exploitation, ne semble pas venir à l’esprit du père Caratgé.

                        En somme, le curé d’Ars voulait comme tout bon chrétien adoucir la condition des pauvres, aucunement les faire sortir de la pauvreté. S’il voulait supprimer le travail du dimanche, ce n’était pas tant pour diminuer le temps de travail, mais parce que le dimanche est le jour sacré, le jour du Seigneur. On comprend bien que l’Eglise catholique n’ait pas eu trop de scrupules à canoniser un tel curé : c’était au fond un excellent agent de l’ordre social établi.

                        • fred 10 août 2009 12:35

                          Ben oui, l’Église devrait encourager les bars à putes, bien sûr c’est logique. Vous dites n’importe quoi. Quand on ne fait pas la promo de l’avortement, de la débauche et du vice, on est catalogué en intégriste. Vraiment, ya des fois je me demande...


                          • Jordi Grau J. GRAU 10 août 2009 22:31

                            Je suppose que c’est à moi que votre commentaire s’adresse. A mon avis, vous m’avez mal compris. Je n’ai pas dit qu’il était mal de vouloir fermer les cabarets (encore que cela me paraisse un peu tyrannique !) mais que l’alcoolisme était plus un symptôme qu’une cause de la misère. Par ailleurs, je n’ai pas accusé le curé d’Ars d’être intégriste. Il était, me semble-t-il, tout à fait dans la norme de l’Eglise catholique de son temps, et c’est pourquoi il a été canonisé.


                          • franc 10 août 2009 17:09

                            Bien que j’admire l’Eglise catholique sur certains domaines ,en particulier sur la beauté de sa liturgie et de ses cantiques ,comme aussi sur le plan intellectuel de ses encycliques ,je partage l’opinion et la critique de GRAU dans le commentaire ci-dessus

                            dans mon adolescence j’ai beaucoup lu de livres sur la vie des saints , et certaines m’ont fait verser des larmes ,comme celle de Ste-Thérèse de Lisieux ou St-François d’Assise
                             
                            mais aujourd’huis ,je suis plus réticent envers les personnages béatifiés pour leurs oeuvres de charité ---------------------------car pour moi la charité n’équivaut pas la justice qui me semble être une valeur supérieure ------------------------la charité doit être au service de la justice et en cela est une valeur subalterne à la justice ---------------------et malheureusement et parfois ou plutôt souvent la charité se met à remplacer la justice ,pire , à empêcher la justice de s’établir en pérennisant les états d’injustice et de misères et donc à être l’allié de l’injustice voire l’ennemi de la justice

                            c’est pourquoi je n’aime pas les associations humanitaires religieuses ou laïques ,même si je comprend leur utilité dans l’urgence -----------------------------------mais le motif ou le prétexte de l’urgence tend à se transformer en motif de profit tout aussi urgent lequel tend à faire perdurer la misère d’abord dans le provisoire puis dans la permanence 


                            c’est ainsi que la charité ou l’humanitaire se transforme en exploitatation honteuse de la misère 


                            • monpetitavis 13 août 2009 15:47

                              Je comprends votre point de vue. Néanmoins, le monde est tellement complexe que la justice est une notion bien subjective et bien orgueilleuse est la personne certaine de la justice de ses actes.
                              Il y a une phrase qui dit : « Charité sans vérité pourrit, vérité sans charité détruit ».
                              Pour que le monde soit équilibré, toute justice doit s’accompagner d’amour. Si le monde regrode d’experts en justice, encourageons les experts en charité tels Jean-Marie Vianney et autre Mère Teresa car ils sont beaucoup moins nombreux...


                            • monpetitavis 13 août 2009 15:48

                              regrode -> regorge
                              désolé pour la faute de frappe


                            • karpediem karpediem 25 août 2009 18:11

                              .... ce qui s’appelle un anachronisme monmental et devient une erreur intellectuelle bien regrettable : comparaison n’est pas raison !


                            • franc 15 août 2009 17:52

                              Il y a peut-être une nuance entre le terme de charité et le terme amour ----------------------et on peut dire que l’amour est équivalent à la justice comme la cause est équivalente à l’effet ,mais la charité n’est pas équivalente à la justice-----------------------------la justice implique la charité mais la charité n’implique pas la justice ------------------------------d’où la justice ou l’amour est supérieure à la charité

                              la justice dans ses fondamentaux est assez simple à concevoir et à vérifier de même que les vérités les plus hautes sont les plus simples (simplicité divine )

                              la détermination de la justice se reconnait simplement dans ces formules évangéliques :----aimer son prochain comme soi-même ------------ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fît -----------------------------------------ou dans cette formule marxiste :--------à chacun selon ses besoins ,à chacun selon sa vocation ,et les besoins sont en eux-mêmes les raisons dernières de leur satisfaction--------------------------------ou encore dans cet catégorique universel kantien de la raison pratique :----agit de telle sorte que cela puisse être érigé en loi universelle 

                              mais le plus simple à concevoir et à vérifier dans l’acte de justice est le principe d’égalité contenu dans le fondement de la justice pénale par la loi du talion ou principe du karma :---------on récolte exactement ce qu’on a semé ---------------on recevra exactement la part du bien ou du mal qu’on a donné 

                              en tout cas la justice pour se réaliser a besoin de le charité et doit être illuminée par l’amour 

                              mais charité sans justice c’est comme pensée sans action ou cause sans effet --------------------une cause nulle 

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