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Accueil du site > Actualités > Santé > Autisme : les psychanalystes dans « Le Mur »

Autisme : les psychanalystes dans « Le Mur »

Le 7 septembre dernier, l’association « Autistes Sans Frontières » organisait une projection publique d’un documentaire intitulé « Le Mur : la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme ». Ce film est aujourd’hui visionnable sur le site web de l’association (lien ici).

Que découvre-t’on dans ce film ? Il s’agit en fait d’une succession d’interviews de pédopsychiatres de renom ou de psychologues, tous actuellement en activité dans divers centres hospitaliers ou cabinets de psychiatre. On y retrouve quelques noms prestigieux comme le Pr Bernard Golse, chef du service de pédopsychiatrie de l’hopital Necker à Paris, ou le Pr Pierre Delion, responsable du Centre Ressource Autisme du Nord-pas-de-Calais. Ces professionnels, qui sont amenés tous les jours à diagnostiquer et mettre en place des thérapies pour les enfants autistes que les familles leur amènent, nous expliquent en détail leurs conceptions théoriques de l’autisme à travers la vision psychanalytique qui est la leur. Dans le dernier tiers du documentaire, ils nous disent aussi ce que, selon eux, la psychanalyse peut apporter concrètement à un enfant autiste.

En contrepoint, quelques scènes de vie quotidienne de plusieurs familles touchées par l’autisme d’un enfant nous sont montrées. Dans ces scènes, les parents racontent leurs parcours et nous expliquent comment et pourquoi ils ont, eux, choisi pour leurs enfants des prises en charge éducatives, non psychanalytiques, et les enfants eux-mêmes nous montrent l’étendue de leurs progrès.

Il s’agit donc a première vue d’une nouvelle résurgence de la querelle entre psychanalystes et cognitivistes sur la question de l’autisme, ses causes et sa prise en charge. Sauf qu’ici, ces professionnels d’orientation psychanalytique, tous en activité, nous livrent le fond de leur pensée, sans détour. Et c’est là où l’on apprend déjà que selon ces professionnels, l’autisme est toujours une « psychose » c'est-à-dire une maladie mentale résultant d’un effondrement du psychisme, alors même que les recommandations françaises et internationales ont depuis des années énoncé qu’il n’en est rien et qu’il faut cesser d’entretenir la confusion entre ces deux types de troubles. Cette confusion autisme/psychose est en effet responsable en partie de l’utilisation de thérapies inadaptées toujours en application en France.

Mais pire, on apprend que toujours selon ces professionnels, la mère est reste la principale responsable de l’autisme de l’enfant (la « mère crocodile », « les dents de la mère ») de par ses pulsions psychiques incestueuses, et que c’est le « phallus du père » qui permet de l’en empêcher. Ou encore, que « mieux vaut un inceste paternel qu’un inceste maternel, parce qu’un père incestueux, ça donne une fille juste un peu débile, alors qu’une mère incestueuse ça fait un garçon psychotique »… On est à des années lumières des discours publics habituels des mêmes professionnels, qui repètent à qui veut les entendre que cela fait bien longtemps qu’on a abandonné l’idée de la culpabilité maternelle chère à Bettelheim et Mannoni.

L’intérêt de tout cela est que ces personnages nous confirment ainsi ce dont les familles d’enfants autistes témoignent régulièrement : les diagnostics inadaptés, les discours culpabilisants envers la mère, tout cela est subi aujourd’hui par beaucoup de familles désemparées en quète d’aide compétente pour leur enfant, et qui se tournent vers les professionnels de la pédopsychiatrie. Cette situation est dénoncée par les associations de parents depuis des années (voir par exemple le Livre Blanc de Autisme France).

Par ailleurs, ces notions de « psychose infantile » et de culpabilité maternelle sont aujourd’hui abandonnées par la communauté scientifique internationale, depuis des décennies. On sait que l’autisme est un trouble neurodéveloppemental d’origine principalement génétique avec l’influence de facteurs environnementaux physiologiques, on a démontré depuis 15 ans grâce à des études épidémiologiques que les parents n’étaient absolument pas en cause dans l’apparition de l’autisme de leurs enfants, on sait aussi que ces enfants ont avant tout besoin d’une prise en charge éducative cognitivo-comportementale. Ces résultats sont détaillés dans un Etat des Connaissances publié en 2010 par la Haute Autorité de Santé (lien ici) et par plusieurs guides de bonnes pratiques étrangers (un guide français est en cours d’élaboration par la HAS).

Mais le pire est montré dans le dernier tiers du film, où l’on demande à ces professionnels : « que peut attendre concrètement un autiste de la psychanalyse ». La meilleure réponse est sans conteste « le plaisir de regarder voler une bulle de savon ». Chacun se fera son idée en visionnant les réponses des divers protagonistes interrogés.

Finalement, deux « bonus » permettent de faire un état des lieux (présenté par le Dr Zilbovicius) sur les dernières avancées des neurosciences dans le domaine de l’autisme. On a là une explication claire de ce que l’on a découvert récemment sur les véritables causes de l’autisme, ses racines neurophysiologiques, et leurs conséquences sur la perception du monde par les autistes, expliquant une bonne partie de leurs difficultés. Le contraste avec les propos tenus par les professionnels d’orientation psychanalytique du documentaire est saisissant.

En conclusion l’auteur de cet article ne peut que recommander à tout un chacun de visionner ce documentaire, car c’est la première fois qu’on peut découvrir ce que les pédopsychiatres et psychologues d’orientation psychanalytique pensent vraiment des parents – que leurs enfants soient autistes ou non.


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24 réactions à cet article    


  • Buta 17 septembre 2011 09:11

    Documentaire terrifiant.
    Bravo pour le combat que vous menez.


    • Krokodilo Krokodilo 17 septembre 2011 13:17

      Oui, ça fait peur tous ces psychanalystes jargonnant sur la fusion maternelle (qu’ils appellent « folie maternelle » alors qu’il s’agit d’un simple instinct animal nécessaire à la survie), confondant hypothèse et fait scientifique prouvé, et même parfois des pédopsychiatres chefs de services... Néanmoins la dernière intervenante remet les choses à leur place en disant qu’on ne connaît pas la ou les causes de l’autisme, avec une forte probabilité d’une cause ou sensibilité génétique. Les connaissances sur le cerveau avancent, mais très très lentement, un peu de modestie ne nuit pas dans ce domaine, surtout de la part de psy qui en savent probablement très peu sur la biochimie cérébrale et la biologie.
      Par contre, le terme de psychose ne devrait pas choquer les familles, c’est une question de nosologie, de classification des maladies, pas une accusation.


      • EgaliTED EgaliTED 17 septembre 2011 14:43

        Le terme de « psychose » doit être abandonné car il ne correspond tout simplement pas à la réalité. L’état des connaissances de la HAS explique clairement que ce terme induit des confusions et des contresens, qui se retrouvent ensuite dans des prises en charge totalement inadaptées... comme par exemple gaver les autistes de médicaments « antipsychotiques » censés prévenir les « bouffées délirantes », alors même que l’es autistes n’ont PAS d’hallucinations ni de bouffées délirantes.


        Si l’OMS a distingué depuis longtemps l’autisme et les autres TEDs des psychoses, il y a une bonne raison que les psychiatres français feraient bien de prendre en compte. Donc, si, les familles ont raison d’être choquées par ce terme de psychose, qui signifie diagnostic erroné, prise en charge inadaptées, et professionnel incompétent.

      • Krokodilo Krokodilo 17 septembre 2011 15:20

        Ah oui, autant pour moi, je n’avais pas pensé au risque de prescriptions abusives, étant moi-même faible prescripteur (sur les Alzheimer.)


      • Krokodilo Krokodilo 17 septembre 2011 15:33

        De toute façon, les termes généraux comme psychoses et névroses, quoique pratiques pour la réflexion l’enseignement et la pratique, ont vocation à être démembrés à mesure que les connaissances avancent.
        Un autre bon exemple est la psychose maniaco-dépressive, maintenant appelée trouble bipolaire : même avant le changement de nom, les psys ou les généralistes ne leur prescrivaient pas d’antipsychotiques majeurs, mais le lithium principalement, dont l’eftet sur cette maladie avait été découvert par hasard.
        Ce terme psychose étant très connoté avec les « fous » délirants ou la schizophrénie, tous deux connus du grand public, je comprends qu’il ait choqué et qu’il ait été abandonné pour les autismes ou TAD.


      • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 19 septembre 2011 05:46

        @ Krocodilo : Taisez vous, espèce de « mère crocodile » abusive et castratrice avec vos dents !  smiley


      • asterix asterix 17 septembre 2011 13:36

        Merci mille fois à l’auteur de ce papier !
        Comme écrit d’entrée dans ma carte de visite sur Agoravox, j’ai un fils autiste.
        Parcours clair, comprenez que je ne puis qu’être d’accord avec vous.
        Même retiré de tout, je vis encore avec cela tous les jours.
        Vite le lien. Je le sais déjà, les témoignages seront terrifiants.
        Positivons. Le « mur » de l’autisme m’aura au moins appris une chose : sois toujours bon avec plus faible que toi.


        • Spip Spip 17 septembre 2011 14:24

          Le problème, quand on aborde des questions portant sur le comportemental, est toujours le même.

          Chacun y va de sa grille de lecture et y tient mordicus, souvent sans se soucier des avancées scientifiques (qui sont, par définition, à remettre en cause constamment et ce n’est pas confortable).

          Comme le dit Krokodilo, notre connaissance du cerveau est encore très parcellaire. Toute théorie communément admise aujourd’hui peut être balayée demain par une nouvelle découverte.

          Quant à tenir des discours culpabilisants sur l’entourage (qui fait ce qu’il peut, même si parfois de travers), c’est non seulement pénible mais contre-productif : comment obtenir une quelconque collaboration au bénéfice de l’intéressé dans ces conditions ?


          • EgaliTED EgaliTED 17 septembre 2011 14:46

            Toute théorie peut être balayée par une nouvelle découverte, certes. Et alors ? C’est vrai dans tous les domaines abordés par la science, comme la physique ou Einstein a supplanté Newton qui avait auparavant invalidé Aristote. C’est comme ça qu’on progresse. Refuser l’état actuel des connaissances au prétexte qu’un autre suivra sans doute dans quelques années, est contre-productif et revient à légitimer abusivement la poursuite de pratiques obsolètes et nuisibles.


            Les médecins et autres professionnels de santé ont le devoir moral et légal de se former aux avancées scientifiques qui les concernent. Ceux qu’on voit dans ce documentaire refusent clairement de le faire, ce qui en dit long sur leur compétence et leur légitimité.

          • Spip Spip 17 septembre 2011 17:21

            @ egaliTED

            Vous me prêtez un raisonnement qui n’est pas le mien.

            Relisez-moi. Je pensais que c’était clair. Je n’ai jamais exprimé un quelconque refus des connaissances actuelles, mais plutôt pointé l’immobilisme de ceux qui fonctionnent sur des postulats qu’ils pensent immuables (c.a.d tout le contraire !)

            Donc, je ne légitime rien du tout et surtout pas la sclérose intellectuelle et professionnelle.


          • EgaliTED EgaliTED 17 septembre 2011 18:07

            Mes excuses si je vous ai mal compris ; ce type d’argument étant souvent utilisé par des psychanalystes pour justifier leur immobilisme tout en tentant de se faire passer pour progressistes, je m’y suis laissé prendre !


          • alain_àààé 17 septembre 2011 16:07

            je suis d accord avec l auteur de cet article mais depuis qu on inventé la psychanalise dont onsait depuis le début que cela a surtout permis a des obsédés et de certains medecins de devenir trés riche et de libéré leurs libidots.
            mais quand on touche aux cerveau c est la porte ouverte a tous le perversions.mais certains psychiatres qui ont tout pouvoir de dicter leur lois n osent pas remettre en cause leurs savoir.


            • hacheii 17 septembre 2011 18:12

              C’est passionnant ce qu’ils racontent, pourquoi l’inceste père-fille fait-il des filles seulement un peu débile et l’inceste mère-fils de psychosés ?
              .
              La psychose est une forclusion du nom du père, le nom du père est le substrat sur lequel « prend » le langage.
              Quand l« enfant est tout petit il voudrait avoir sa mère pour lui tout seul, et 24 /24h, dès qu’il comprend que ce n’est pas possible parce que sa mère appartient à quelqu’un d’autre et qu’il commence à parler il nomme le problème ; c’est papa ! Le salopard qui l’empêche d’avoir sa mère pour lui tout seul.
              Papa c’est le premier mot qui prennent un sens pour l’enfant, c’est le père, c’est la loi, c’est le nom du père, c’est l’interdit de l’inceste, et c’est le verbe, le substrat à partir duquel »prend" le langage, la parole.
              .
              Forclusion du nom du père c’est ce substrat qui est atteint, qui n’existe pas, ce qui fait l’homme, le mouvement, la source de la vie.
              .
              Enfin d’après ce que j’ai compris ....... smiley


              • Muriel74 Muriel74 17 septembre 2011 18:50

                Document édifiant, accablant de la position psychiatrique sur l’autisme en France, au 21ème siècle, faisant obstacle à de véritables stratégies d’interventions aussi bien à la maison qu’à l’école et dans les services de soins
                Quand 1 enfant sur 100 en Europe est diagnostiqué autiste, 1 sur 80 aux Etats-Unis c’est surtout certains psychiatres qui devraient sortir de leur bulle, comme le Dr Lamey au Canada. Quant aux causes, un neuro-psychiatre américain (attaques microvasculaires) et un gastro-entérologue (idem) ont quelques preuves ...
                Merci pour votre article


                • hacheii 17 septembre 2011 19:45

                  L’anecdote du crocodile , c’est Lacan qui comparait la relation de la mère et de l’enfant à celle de l’oiseau nettoyant les dents du crocodile, les dents du crocodile peuvent se refermer sur l’oiseau à chaque instant, sans raison.
                  .
                  Dans la deuxième vidéo, une psychanalyste dit :
                  .
                  « La loi de la mère c’est une loi de caprice, humm ? »


                  • hacheii 17 septembre 2011 20:01

                     Il n’y a rien dans la psychanalyse qui puisse terrifier qui que ce soit, rien à avoir peur, pas de forces occultes mauvaises en nous, SAUF la mise en lumière de nos propres culpabilités ... si on en a ...  :
                    .
                    « Quiconque commet le mal ne vient pas à la lumière de peur que ses oeuvres ne soient démontrées coupables »
                    .
                    Et pour citer Lacan après avoir cité la bible :
                    .
                    DISCOURS AUX CATHOLIQUES ; Seuil ; petit livre, petit format 100 pages.
                    .

                    Page 81 :

                    “Je vais vous dire ce que j’en dis dans mon petit rapport, le machin que j’ai cogité pour ce congrès : la psychanalyse est un symptôme. Seulement il faut comprendre de quoi. Elle fait nettement partie de ce malaise de la civilisation dont Freud a parlé. Le plus probable est qu’on n’en restera pas à s’apercevoir que le symptôme est ce qu’il y a de plus réel. On va nous secréter du sens à en veux-tu en voilà, et cela nourrira non seulement la vraie religion mais un tas de fausses.

                    L’interviewer : “Qu’est-ce que cela veut dire la vraie religion ?” .

                    LA VRAIE RELIGION, C’EST LA ROMAINE. Essayer de mettre toutes les religions dans le même sac et faire ce qu’on appelle de l’histoire des religions, c’est vraiment horrible. Il y a UNE vraie religion, c’est la religion chrétienne. Il s’agit simplement de savoir si cette vérité tiendra le coup … Elle y arrivera c’est certain.


                    • EgaliTED EgaliTED 17 septembre 2011 20:54

                      Votre réponse démontre ce qui est terrifiant dans la psychanalyse, c’est qu’elle fait passer la parole du Maitre comme une vérité absolue même si ses conséquences sont un désastre. Vous n’avez pas voulu voir les dégats considérables et les vies gâchées que ces stupidités ont causé et causent encore tous les jours aux autistes et à leurs familles. Vous nous citez Lacan, les autistes qui perdent leur temps avec des pseudo-thérapeutes lacaniens incompétents et leurs familles s’en moquent, ce n’est pas Lacan et ses spéculations qui les aidera à progresser.


                    • Illel Kieser ’l Baz 18 septembre 2011 07:26

                      « C’est passionnant ce qu’ils racontent, pourquoi l’inceste père-fille fait-il des filles seulement un peu débile et l’inceste mère-fils de psychosés ? » (hacheii)

                      J’ai cru, d’abord, qu’il fallait prendre ça au deuxième degré. Hé bien non, il existe encore, en France, des personnes qui boivent ces paroles et les répètent comme sorties d’un bréviaires de haute magie. Ça rappelle, en effet, ces grimoires dans lesquelles on trouve autant de formules incompréhensibles faites d’un mélange de bas latin et de mots inconnus.
                      Je croyais que l’influence de la psychanalyse avait tendance à baisser en France. Je me trompais.
                      L’article rappelle combien ce courant nous a plongé dans une profonde régression qui contribue à un retard d’environ 30 ans en matière de recherche psychologique et clinique.
                      Une précision, tout de même, la psychanalyse n’a jamais été entendue comme une thérapie. Elle ne l’est que accessoirement. Mais la pensée psychanalytique a profondément pollué le discours et les théories de la psychologie, étouffant notamment un courant français initié par Pierre Janet, prolongé par d’autre continuateurs. Les prosélytes psychanalystes ont capté les circuits de l’édition, de la formation universitaire et il ne se passe aucun congrès de psychologie sans un psychanalyste de service pour nous servir le dogme de la secte. (Ça fonctionne comme une secte)

                      Concernant l’autisme et ce que les auteurs de l’article nous disent de l’attitude archaïque de certains psychiatres et psychologues est vrai depuis les années 70. C’est vrai aussi pour d’autres singularités. Hacheii en signale une : les rescapés de l’inceste. Les mots que je reprends ici sont insensés. Mais d’où un clinicien sérieux peut-il tenir ces pseudo-certitudes totalement folles et étrangères à la réalité psychique ? La pathologie n’est pas du côté des autistes mais de ces charlatans.

                      Maintenant, et pour conclure, il est un peu trop rapide et facile de dénigrer les « psys » (psychologues, psychanalystes et psychiatres)
                      Heureusement, la réalité« est bien plus nuancée et bien des »psy", hors psychanalystes, sont conscients de ce qui est écrit par egalited.
                      Je reçois souvent des étudiants fraîchement diplômés qui, libérés du carcan universitaire, commencent leur vraie formation clinique.

                      Enfin, il y a les hypothèse génétiques et neurophysiologiques. Pour l’instant, il convient de rester modeste. On trouvera toujours une base génétique à toute forme de singularité mais il ne faut pas oublier que le génome ne détermine pas ! Attention, donc, aux velléités d’y toucher trop vite. Quant aux neurosciences, pour l’instant, l’autisme ne les intéresse que très peu. La recherche dans ces sciences reste liée aux lois du marché, très peu de recherche fondamentale.

                      L’article, écrit par un collectif de parents, montre à quel point, dans le domaine de la psychologie, il a fallu attendre plus de 40 ans pour informer et casser des préjugés. C’est encourageant et, en même temps scandaleux car cela montre à quel point la psychologie clinique est demeurée figée.


                      • Sinbuck Sinbuck 18 septembre 2011 23:10

                        Bon article, direct et précis dans ses conclusions.
                        Je connais bien l’autisme pour l’étudier par des observations concrètes depuis une trentaine d’années et par l’approfondissement théorique relatif aux connaissances occidentales et orientales.
                        Il me semble évident que la psychologie/psychanalyse freudienne n’est d’aucune utilité pour comprendre l’autisme. En effet une étude seulement « émotionnelle » ne peut percer les mystères de l’autisme. Ce n’est donc qu’en 2010 que les hautes sphères de la science médicale considèrent des « lacunes neurologiques » pour expliquer l’autisme. Il en faut du temps, mais c’est une bonne chose, enfin !
                        Les parents ne sont pas responsables de l’autisme (bien sûr), mais ils favorisent ou pas les améliorations possibles liées à chaque cas dans les limites de la « reconstruction neurologique ».
                        Depuis quelques temps (une dizaine d’années) l’autisme est mélangé à toutes les sauces. Je parle ici des cas lourds (pas de langage, comportements répétitifs, auto-destructifs, enferment réel et douleurs intérieures intenses qui marquent le visage...).
                        Mon hypothèse est la suivante : l’autisme né d’une défaillance constructive du corps « énergétique » de l’enfant soit au niveau de la gestation, soit au niveau de troubles importants liés aux premiers jours de la naissance. Les conséquences fâcheuses de cela conduisent l’individu à ne « plus pouvoir être maître de lui-même ». Ce dont les neurologues parlent s’identifient au « corps énergétique » c’est à dire au réseau neuronal qui conduit le flux d’informations au niveau du système cognitif. Pour schématiser, tout individu possède un « lien élastique et causal » entre son système physiologique (les cinq sens) et son système cognitif. Ce « lien élastique » est le corps énergétique. Il fonctionne dans les deux sens pour filtrer les informations de l’extérieur (interprétation) et pour conduire à terme (réalisation) les informations abstraites dans le domaine concret.
                        L’autisme est cette maladie qui entame/détériore ce « lien élastique » qui ne peut plus réaliser correctement sa « fonction d’intermédiaire » dans le corps humain. L’autiste possède encore ce « corps énergétique intermédiaire » mais il est « détendu » et il ne peut plus lier correctement le corps physique au système cognitif (mental). Comme un ressort qui perd son élongation et sa force de rappel nécessaire pour effectuer sa fonction. L’image est mécanique, mais, elle correspond bien aux troubles autistiques.
                        Suis-je clair ? 


                        • autisme.info31 autisme.info31 27 septembre 2011 00:03

                          Retrouvez une interview de 23 minutes de la réalisatrice Sophie Robert : http://autisme.info31.free.fr/?p=1229


                          • Tiréausortpourgagnerunevoiture 11 octobre 2011 17:22

                            Je connais une psychanalyste très sympathique. (Elle n’est pas que psychanalyste).

                            Je vis sans la psychanalyse, ça ne m’intéresse pas vraiment.

                            Je connais des gens qui n’aiment pas trop la psychanalyse, et que je n’aime pas.

                            Trop de mères dînent en France.

                            • tieri 23 novembre 2011 17:12

                              Psychanalystes et psychiatres doivent avoir compétences ,voire résultats dans certains domaines..en ce qui concerne les « autistes », pitié, ce handicap est suffisant , ne leur en rajouté pas un supplémentaire, cessez de tenter d’illuminer de vos « lumières » ce qui touche de près ou de loin leur cas....
                              Merci au« Magazine de la santé » pour son info du jour sur le sujet.


                              • panopteric 13 février 2012 15:01

                                bon... psychanalyse et autisme, c’est au cas-par-cas ; si on suivait les recommandations de la HAS, on serait tous sous mediator et on aurait tous des prothèses mammaires PIP... et plus aucun autiste n’aurait le droit de voir un psy ! il faut sortir de ce carcan purement DSM/CIM/régulation des coûts qu’est l’HAS !


                                • Pierreb 18 février 2012 00:18

                                  Chères lectrices, chers lecteurs, veuillez trouver ci-dessous le lien vers une pétition en faveur d’une approche clinique et éthique de l’autisme à partir de la psychanalyse : http://www.lacanquotidien.fr/blog/petition/

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