Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Santé > Proposition Claeys-Leonetti : les ambiguïtés de Marisol Touraine

Proposition Claeys-Leonetti : les ambiguïtés de Marisol Touraine

Premier round pour la proposition de loi présentée par Alain Claeys et Jean Leonetti sur la fin de vie. La légalisation de l’euthanasie a été évitée de justesse grâce aux députés de l’opposition, tandis que le message du gouvernement n’est pas très clair sur la finalité réelle de ce qu’il appelle lui-même une étape dans la législation.



Pendant deux journées, les 10 et 11 mars 2015, les députés ont examiné en quatre séances publiques la proposition de loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie, articles après articles, avant le vote final de l’ensemble de la proposition qui aura lieu ce mardi 17 mars 2015 après les questions au gouvernement.


Alain Claeys et Jean Leonetti, soldats du consensus

Le pari du gouvernement de susciter un consensus sur ce sujet très sensible a montré ses limites lors de la discussion dans l’hémicycle. Pourtant, François Hollande et Manuel Valls ont tout fait pour l’obtenir en missionnant deux députés, tous les deux de 66 ans et élus pour la première fois le 1er juin 1997 : Jean Leonetti, cardiologue (ancien chef du service de cardiologie à Antibes), ancien ministre UMP de l’aile modérée et auteur de la (fameuse) loi du 22 avril 2005 qui porte son nom, et Alain Claeys, économiste, maire PS de Poitiers proche de Laurent Fabius, qui a contribué au consensus sur la loi Leonetti en 2005 en étant le porte-parole du groupe socialiste durant les débats à l’époque.

C’est le problème des solutions médianes : pour certains, la proposition ne va pas assez loin, en clair, elle ne légalise pas l’euthanasie ni le suicide assisté ; pour d’autres, elle va au contraire trop loin en laissant beaucoup d’ambiguïtés sur le droit à la "sédation profonde et continue" qui pourrait s’apparenter, concrètement, à une euthanasie qui ne dirait pas son nom. Les deux, d’ailleurs, étrangement, se rejoignent pour s’opposer à l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation artificielles considérés comme des traitements lors de la sédation en phase terminale.

_yartiFinDeVie2015AI02

Le très fragile équilibre de la proposition de loi tient surtout par une extrême prudence sur l’utilisation de certains mots et expressions, même si certains mériteraient encore quelques précisions supplémentaires, ce qui devrait être fait lors de sa discussion au Sénat.


La boîte de Pandore à moitié ouverte

Concrètement, la boîte de Pandore a néanmoins été à moitié ouverte avec cette proposition de loi inscrite à l’ordre du jour et tout a été entendu, d’un côté comme de l’autre. Je reviendrai probablement plus tard sur les grandes lignes de cette (assez brève) discussion parlementaire.


Même si certains amendements ont été adoptés, le résultat de cette discussion est que la proposition de loi n’a pas été dénaturée et reste conforme à l’origine, ce qui devrait permettre à une grande partie des députés de la majorité mais aussi de l’opposition de s’y retrouver.

En effet, d’une part, le texte permet selon les premiers une "avancée" (dont l’ambiguïté serait qu’il ne serait qu’une étape) pour accompagner le mieux possible la fin de vie de patients en phase terminale, et d’autre part, comme le souhaitaient les seconds, le texte reste dans la ligne de la loi Leonetti du 22 avril 2005, c’est-à-dire a très précisément maintenu les digues contre un éventuel droit à mourir ou à tuer, à savoir en refusant la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté dont des dérives particulièrement inquiétantes ont pris le pas dans certains pays voisins (notamment nos voisins belges et néerlandais).


Un plan de développement des soins palliatifs

Dans la discussion générale avant l’examen des différents articles de la proposition de loi, les députés se sont répartis généralement entre deux types de discours, ceux qui ont considéré essentielle l’éthique de l’autonomie, à savoir que la liberté de choix est prioritaire, et ceux qui ont considéré essentielle l’éthique de la vulnérabilité, à savoir que le respect de la dignité des plus faibles compte plus que tout autre considération. Beaucoup ont fait état de l’inutilité d’une telle proposition tant que les soins palliatifs ne bénéficieraient pas d’un investissement budgétaire massif de la part du gouvernement.

En réponse, la Ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes Marisol Touraine a annoncé un plan sur trois ans de développement des soins palliatifs avec la formation de l’ensemble des professionnels de santé, l’élaboration de "référentiels communs" pour l’ensemble des professionnels de santé et surtout, l’accès aux soins palliatifs à domicile et dans les établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) : « À l’évidence, ce texte ne se résume pas à l’amélioration, la mise en place ou l’approfondissement d’une démarche palliative. Je le dis très clairement. S’il s’agit de développer les soins palliatifs, nous n’aurions pas besoin d’une nouvelle loi. Le plan de développement des soins palliatifs (…) ne s’inscrit pas dans le cadre législatif : il s’appuiera sur des dispositifs réglementaires de différente nature. ».

Ce plan n’est pas encore finalisé et sera présenté devant la commission des affaires sociales dès qu’il sera "lancé". Il serait temps alors qu’un tel plan avait déjà annoncé par le Président François Hollande dès le 17 juillet 2012 à Rueil-Malmaison. Trois ans de perdu, ce qui n’est pas rien pour les 80% patients en fin de vie qui n’ont pas pu bénéficier de soins palliatifs ces dernières années.

Marisol Touraine a par ailleurs rejeté l’inscription sur la Carte Vitale des directives anticipées (ce que proposait le texte) au profit d’un "registre national" consultable par les médecins : « Les faire figurer sur la Carte Vitale n’a pas semblé une solution satisfaisante. En effet, ce support étant amené à évoluer et comportant des informations administratives, son accès n’est pas des plus simples pour les professionnels. ».

Enfin, Marisol Touraine s’est engagée à revoir la tarification des soins palliatifs en les rehaussant, car ils sont bien moins valorisés que les actes curatifs et donc, peu rentables dans les structures hospitalières.


Des intentions gouvernementales très ambiguës

Même si l’exécutif a préféré laisser l’initiative aux parlementaires sur ce sujet, Marisol Touraine n’a pas manqué cependant d’ambiguïté sur les réelles motivations de l’exécutif en laissant entendre que ce texte ne serait qu’une simple étape.

Certes, dans la discussion, Marisol Touraine a déclaré : « La position du gouvernement et du Président de la République est que la proposition de loi qui est débattue constitue une avancée : c’est cette avancée qui permet de répondre sans brusquer la société. Le gouvernement, tout en respectant les positions des uns et des autres, ne propose donc pas d’aller au-delà. Peut-être, dans quelques années, d’autres parlementaires souhaiteront-ils faire progresser cette loi. Ce sera leur responsabilité, mais telle n’est pas la position du gouvernement aujourd’hui. (…) Le point d’équilibre atteint par cette proposition de loi ne réconcilie pas des positions divergentes, mais il permet de répondre aux attentes de nos concitoyens de la manière la plus ambitieuse possible sans prendre le risque de brusquer une partie de la société. ».

_yartiFinDeVie2015AI05

Mais elle a ainsi poursuivi : « Dans le même temps, un jour peut-être (…), la société et le droit évolueront. (…) D’autres étapes viendront peut-être ; il appartiendra au législateur, à la société et au peuple français de se prononcer à ce moment-là. Je ne sais pas aujourd’hui s’il s’agit d’une dernière étape, ou si d’autres viendront. Certains souhaitent s’arrêter là, d’autres non. En tout cas, le gouvernement souhaite aujourd’hui un rassemblement sur la proposition de loi défendue par les rapporteurs. ».

Ce qui rappelait sa déclaration d’introduction au débat quelques heures auparavant qui avait de quoi laisser dubitatif : « À l’évidence, le débat reste ouvert, c’est naturel pour un tel sujet. Il s’agira par la suite de voir comment cette loi est appliquée et, au cas où une étape supplémentaire paraîtrait nécessaire, de réfléchir à la meilleure manière de l’engager. Le gouvernement apportera son appui à cette réflexion. Je donnerai d’ailleurs un avis favorable à un amendement prévoyant que l’application de cette proposition de loi fasse l’objet d’un rapport annuel du gouvernement au Parlement. ».

En clair, cela voudrait dire que le gouvernement serait prêt à rouvrir la boîte de Pandore chaque année au Parlement et, éventuellement, sans "brusquer" la société, lorsqu’elle serait "prête", faire adopter l’euthanasie et le suicide assisté.


Une bataille d’amendements

En tout, 1 041 amendements ont été déposés au cours de cette discussion parlementaire pour modifier la proposition. Quelques députés de l’opposition ont été très présents durant ces débats, ils l’avaient déjà montré à la commission des affaires sociales, en particulier Xavier Breton, Philippe Gosselin, Hervé Mariton, François Reiss, Nicolas Dhuicq et Jean-Frédéric Poisson.

Ils ont notamment réussi à éviter l’adoption d’amendements de contournement à finalité euthanasique, comme celui de Gérard Sebaoun (PS) qui voulait inscrire que les directives anticipées permettraient d’inscrire le "choix de sa fin de vie" et ont convaincu Marisol Touraine, initialement favorable à l’amendement, à donner finalement un avis défavorable, du fait de l’ambiguïté de la formulation.

Les amendements visant à dénaturer complètement le texte en légalisant l’euthanasie et le suicide assisté ont été avancés dans l’examen pour être discutés le plus tôt possible. Cette modification de l’ordre du jour voulue par le gouvernement avait un but : que la plupart des députés socialistes fussent présents et pussent s’y opposer face à la minorité militante de l’euthanasie. Alors que les débats ont largement entamé les deux nuits (à une heure et à une heure quarante-cinq du matin).


La légalisation de l’euthanasie évitée de justesse

Le principal amendement sur l’euthanasie a été présenté par le socialiste Jean-Louis Touraine et soutenu par 121 députés, avec l’expression exacte "assistance médicalisée active à mourir" (pour ne pas faire peur avec le mot "euthanasie"). Deux autres amendements similaires, l’un présenté par l’écologiste Véronique Massonneau et l’autre par le radical de gauche Roger-Gérard Schwartzenberg, ont été inclus dans un vote commun au scrutin public.

Sur 161 votants, ces trois amendements ont reçu 70 voix favorables dont 50 PS et 89 voix contre dont 40 PS et 43 UMP. Concrètement, c’est grâce à l’opposition que la légalisation de l’euthanasie a été évitée, et il y a eu plus de députés PS votant contre l’avis du gouvernement socialiste que de députés PS disciplinés. Cela donne une idée de l’autorité politique de l’exécutif (déjà aperçue avec le 49 alinéa 3).


Quelles sont les modifications adoptées ?

La plupart des amendements ont été refusés par le gouvernement et les deux corapporteurs et ont été rejetés par l’Assemblée Nationale. En particulier, la plupart des amendements de l’opposition visant à clarifier les ambiguïtés sémantiques du texte ou les éventuelles dérives euthanasiques qu’il pourrait susciter dans son application.

Quelques amendements ont quand même été adoptés.

À l’article 1 de la proposition de loi, un droit à une formation aux soins palliatifs pour le personnel médical a été approuvé (amendement de François de Mazières).

Beaucoup de parlementaires ont évoqué la situation très difficile que vivait Vincent Lambert à l’occasion de l’examen de l’article 2. Il a été refusé de préciser l’expression "maintien artificiel de la vie". Jean Leonetti, comme en commission, en a donné la définition : « lésions cérébrales majeures et irréversibles, entraînant une absence de conscience de soi et une absence de relation à l’autre » mais "relation à l’autre" reste cependant une notion encore assez floue.

À l’article 3, il a été obtenu que l’expression "ne pas prolonger inutilement sa vie" n’était pas très pertinente, l’adverbe "inutilement" pouvant laisser entendre q’une vie pourrait être inutile. Pour éviter toute ambiguïté, une autre expression serait proposée lors de la navette avec le Sénat. Ont été ainsi proposés d’autres adverbes : "obstinément" ou "déraisonnablement" pour reprendre l’expression de l’article 2 et de la loi du 22 avril 2005 : "obsession déraisonnable".

À l’article 4, l’expression "effet secondaire" a été supprimée car elle était très maladroite pour évoquer le risque létal envisagé dans le principe du double effet, celui des traitements visant à soulager des douleurs réfractaires « même s’ils peuvent avoir comme effet d’abréger la vie ». En effet, mourir est loin d’être "secondaire".

À l’article 4 bis rajouté par la commission pour demander des rapports régionaux annuels sur les soins palliatifs, un amendement d’Anne-Yvonne Le Dain (PS) a été adopté contre l’avis du gouvernement et des corapporteurs pour créer un registre spécial dans chaque établissement concerné qui recense chaque cas de sédation profonde et continue. Un moyen de contrôle et d’évaluation qui paraît intéressant.

Les articles 5, 6 et 7 n’ont pas été modifiés par les députés.

À l’article 8, les directives anticipées pourront être, par un amendement du gouvernement, être consignée dans un registre national consultable par les médecins au lieu d’être inscrites sur la Carte Vitale. Ce registre n’est pas obligatoire et des directives anticipées gardées secrètes seront tout aussi valables.

Un amendement de Véronique Massonneau a été adopté pour compléter l’article 9 : la personne de confiance pourra consulter le dossier médical du patient qu’elle représente.

Enfin, un amendement de Sandrine Hurel (PS) a été adopté pour demander au gouvernement un rapport annuel au Parlement sur le développement des soins palliatifs et l’application de la future loi Claeys-Leonetti.


Vote final en première lecture de la loi le 17 mars 2015

Les explications de vote et le vote lui-même de l’ensemble du texte auront lieu le 17 mars 2015 avant sa transmission au Sénat. Comme la proposition de loi a subi des modifications mineures, tout porte à croire qu’elle sera adoptée largement au-delà des seuls députés de la majorité. Dans tous les cas, une seconde lecture sera nécessaire puisque les corapporteurs se sont déjà engagés à préciser quelques expressions lorsque le débat viendra au Sénat.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (16 mars 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
La loi Claeys-Leonetti en débat parlementaire.
Verbatim de la proposition Claeys-Leonetti en commission.
La proposition Claeys-Leonetti modifiée en commission.
L'euthanasie, une fausse solution.
François Hollande et la fin de vie.
Commentaire sur la proposition Claeys-Leonetti.
La consultation participative du Palais-Bourbon.
La proposition de loi n°2512 (texte intégral).
Le débat sur la fin de vie à l'Assemblée Nationale du 21 janvier 2015.
Les directives anticipées.
L'impossible destin.
La proposition Massonneau.
Présentation du rapport Claeys-Leonetti (21 janvier 2015).
Le rapport Claeys-Leonetti du 12 décembre 2014 (à télécharger).
Vidéo de François Hollande du 12 décembre 2014.
Rapport du CCNE sur le débat public concernant la fin de vie du 21 octobre 2014 (à télécharger).
Le verdict du Conseil d'État et les risques de dérives.
Le risque de la GPA.
La décision du Conseil d'État du 24 juin 2014 (texte intégral de la déclaration de Jean-Marc Sauvé).
L'élimination des plus faibles ?
Vers le rétablissement de la peine de mort ?
De Michael Schumacher à Vincent Lambert.
La nouvelle culture de la mort.
La dignité et le handicap.
Communiqué de l'Académie de Médecine du 20 janvier 2014 sur la fin de vie (texte intégral).
Le destin de l'ange.
La déclaration des évêques de France sur la fin de vie du 15 janvier 2014 (à télécharger).
La mort pour tous.
Suicide assisté à cause de 18 citoyens ?
L’avis des 18 citoyens désignés par l’IFOP sur la fin de vie publié le 16 décembre 2013 (à télécharger).
Le Comité d’éthique devient-il une succursale du PS ?
Le site officiel du Comité consultatif national d’éthique.
Le CCNE refuse l’euthanasie et le suicide assisté.
François Hollande et le retour à l'esprit de Valence ?
L’avis du CCNE sur la fin de vie à télécharger (1er juillet 2013).
Sur le rapport Sicard (18 décembre 2012).
Rapport de Didier Sicard sur la fin de vie du 18 décembre 2012 (à télécharger).
Rapport de Régis Aubry sur la fin de vie du 14 février 2012 (à télécharger).
Rapport de Jean Leonetti sur la fin de vie du 28 novembre 2008 (à télécharger).
Loi Leonetti du 22 avril 2005 (à télécharger).
Embryons humains cherchent repreneurs et expérimentateurs.
Expérimenter sur la matière humaine.
La découverte révolutionnaire de nouvelles cellules souches.
Euthanasie : les leçons de l’étranger.
Euthanasie, le bilan d’un débat.
Ne pas voter Hollande pour des raisons morales.
Alain Minc et le coût des soins des très vieux.
Lettre ouverte à Chantal Sébire.
Allocation de fin de vie.

_yartiFinDeVie2015AI06 


Moyenne des avis sur cet article :  1.28/5   (29 votes)




Réagissez à l'article

25 réactions à cet article    


  • Gnostic Gnostic 16 mars 2015 10:19

     La légalisation de l’euthanasie a été évitée de justesse grâce aux députés de l’opposition

     

    Ouf t’as eu peur hein !

     

    T’en as de la chance tu pourras crever de faim et de soif en phase terminale

    Certains mettent deux jours et d’autres trois semaines

     

    On va développer les soins palliatifs (qui coutent bonbon) et avec quel argent ????

    T’as vu dans quel état sont les urgences ????

     

    Faut dire que les soins palliatifs c’est vachement bien tous ceux qui y rentrent en sortent guéris. Y en a même qui ressuscitent comme jésus

     

     smiley

     

    PS : en refusant la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté dont des dérives particulièrement inquiétantes ont pris le pas dans certains pays voisins

    MENSONGE TOTAL ton nez s’allonge


    • Gabriel Gabriel 16 mars 2015 10:42

      Non content de nous emmerder toute notre vie, ils viennent nous pourrir notre mort. Franchement Monsieur Rakotoarison, presque un article par semaine pour répandre vos bondieuseries intégristes sur la fin de vie, ça suffit, lâchez nous la grappe et laissez à chacun le choix de son départ avec l’appui de ceux du corps médical qui ont compris que souffrance sans rémission est une insulte à la dignité humaine. Lorsque le patient n’en peut plus de douleur physique ou psychique et qu’il en est à supplier cet ultime geste d’humanité, il faut vraiment être un tordu d’intégriste religieux pour refuser.


      • Julien30 Julien30 16 mars 2015 11:52

        @Gabriel
        « Non content de nous emmerder toute notre vie, ils viennent nous pourrir notre mort. Franchement Monsieur Rakotoarison, presque un article par semaine pour répandre vos bondieuseries intégristes sur la fin de vie,ça suffit, lâchez nous la grappe »



        Mais qui vous oblige à lire ses papiers ? Qui vous emmerde toute votre vie, on ne comprend pas bien, les croyants ? Ce qui semble plus vous déranger c’est que des gens aient des opinions différentes des vôtres, ainsi vous ne semblez pas capable de débattre sereinement et juste bon à étaler votre mépris sur ces « bondieuseries intégristes ». 

      • oncle archibald 16 mars 2015 12:15

        @Gabriel


        « laissez à chacun le choix de son départ avec l’appui de ceux du corps médical qui ont compris que souffrance sans rémission est une insulte à la dignité humaine »

        C’est précisément l’objet de cette loi ! Pour le reste je rappelle que le suicide n’est pas interdit. Je fais observer que la loi OBLIGE le médecin à prendre en charge la douleur, et lui INTERDIT l’acharnement thérapeutique, ce qui n’était pas toujours bien compris auparavant. Le devoir des médecins c’est de nous soigner, et s’ils ne peuvent plus nous guérir, que la mort inéluctablement s’avance, c’est de nous empêcher de souffrir.

        A l’inverse, en aucune façon on ne peut obliger un médecin à tuer son patient. Faire une loi qui entérinerait cette idée folle serait à mes yeux insensé voire criminel, la porte ouverte à tous les abus, la voie royale pour « les héritiers pressés », pour les directeurs d’hôpitaux qui ont besoin de faire de la place, voire un jour, à plus grande échelle, pour les gestionnaires de la sécu et des caisses de retraite qui chercheront à résorber les déficits. 

        La religion n’a rien à voir la dedans, sauf pour quelques obsédés du genre Gabriel ou Gnostic qui voient des intégristes partout. Respecter la vie n’est pas l’apanage de ceux qui croient en Dieu, beaucoup d’athées pensent que cette loi est une bonne loi et qu’il ne faut surtout pas aller plus loin.

      • cevennevive cevennevive 16 mars 2015 12:25

        @oncle archibald


        « Respecter la vie n’est pas l’apanage de ceux qui croient en Dieu, beaucoup d’athées pensent que cette loi est une bonne loi et qu’il ne faut surtout pas aller plus loin. »

        Oui oncle archibald !



      • oncle archibald 16 mars 2015 13:03

        @cevennevive

        Merci Cevennevive. C’est le bon sens qui manque le plus dans cette histoire comme dans bien d’autres.

      • Gabriel Gabriel 16 mars 2015 14:32

        @Julien30

        Ce qui nous emmerde la vie se sont les politique (ici l’UDI dont l’auteur fait partie) et qui viennent décider depuis des décennies, sans demander l’opinion du peuple qu’ils sont censés représenter, ce que nous devons penser et comme le faire. Sur les grands sujets de société, lors que l’on est un vrai démocrate, il existe le référendum mais, évidement, uniquement pour ceux qui respectent la démocratie c’est à dire, ni l’UDI, ni l’UMP, ni le PS. Que des gens aient des opinions différentes sur tout ce qui concerne la vie en communauté, c’est naturel et je suis cela d’une oreille attentive et respectueuse mais, concernant le fait de gérer la fin de vie d’autrui, oui je le répète au risque de vous déplaire, les bondieuseries intégristes vous interdisant de gérer votre corps et votre âme sont des attitudes dictatoriales et insupportables et pour lesquelles je n’ai que mépris.


      • Gabriel Gabriel 16 mars 2015 14:51

        @oncle archibald

        Voir des intégristes partout non, je ne suis pas obsédé comme vous l’affirmez mais, je sais reconnaître ceux qui affichent leurs idées qu’ils voudraient imposer à tout le monde. J’ai déjà débattu plusieurs fois avec vous et, même si nos avis divergeaient, ce fut toujours dans un respect mutuel aussi, le propos que vous tenez là à mon encontre me semble légèrement malhonnête. Concernant le fait que les médecins ne peuvent pas aider à mourir sur la demande express de leurs patients et dans des cas extrême cela relève d’une hypocrisie totale et monstrueuse car, le cocktail (comme ils le nomment) est parfois donné afin d’alléger les souffrances. Pour sans rendre compte il suffit de côtoyer pendant plusieurs années les services médicaux et leurs patients en fin de vie pour comprendre la chose mais, faut pas le dire, par confort, pour ne pas choquer et surtout pouvoir garder bonne conscience. Et oui Monsieur, des médecins ou de la famille proche aident des patients à partir aux risques d’être jugés et mis aux bancs de l’infamie par des crétins se revendiquant de la bonne morale qui n’ont rien compris .  


      • oncle archibald 16 mars 2015 15:11

        @Gabriel

        « Concernant le fait que les médecins ne peuvent pas aider à mourir sur la demande express de leurs patients et dans des cas extrême cela relève d’une hypocrisie totale et monstrueuse car, le cocktail (comme ils le nomment) est parfois donné afin d’alléger les souffrances. »

        Gabriel tout le monde qui a quelques années de vie et l’expérience de la mort de proches en milieu hospitalier sait cela. Ce que vous appelez hypocrisie monstrueuse est simplement le résultat d’une discussion souvent très approfondie entre le médecin, le patient en fin de vie lorsqu’il est capable de s’exprimer et la famille dans tous les cas, de façon à ce que le médecin s’assure de ce que chacun pense souhaitable et de sa façon de voir les choses. Il s’agit d’humanisme et pas d’hypocrisie, discussion difficile d’homme à homme, chacun face à lui même, et d’un geste qui depuis sans doute très longtemps anticipant sur la loi en discussion aujourd’hui permettait « d’alléger les souffrances » même si ce geste avait pour conséquence de raccourcir le temps que le patient aurait vécu au prix de grosses souffrances physiques et morales s’il n’avait pas été pratiqué. 

        De là à faire voter par la représentation nationale que le médecin DOIT donner la mort à la demande il y a un pas immense, que je trouve personnellement inacceptable, monstrueux, et très dangereux. On ne peut pas légiférer sur la vie et la mort.

      • Gabriel Gabriel 16 mars 2015 15:37

        @oncle archibald

        Lorsque je parle d’hypocrisie, ne vous fourvoyez pas, je ne parle pas des médecins et de cette difficile décision qu’ils prennent après discutions avec le patient ou et sa famille, mais de ceux qui sont prompts à juger et condamner ce geste d’humanité et dont notre cher auteur fait partie. Quant à faire une loi, qui se veut générale car c’est ainsi que sont les lois, il est pratiquement impossible car chaque cas est particulier. Ce qui je me révolte, c’est que le corps médicale ou la famille soient inquiétés par la loi alors qu’ils n’ont agis que dans une extrême limite afin de rendre sa dignité face au départ d’un patient en fin de vie. 


      • foufouille foufouille 16 mars 2015 15:57

        @Gabriel
        le problème est que la fin de vie est statistique : tu as juste x chance de mourir et 100% si le médecin ne fait rien.
         


      • lsga lsga 16 mars 2015 10:49

        ah les pseudos-libéraux, qui sont pour les réformes libérales qui favorisent la planification de l’économie par la bureaucratie bancaire, et contre les réformes libérales des moeurs....


        • devphil30 devphil30 16 mars 2015 10:58

          Ignorons ce déballage permanent de grand n’importe quoi !

          On ne commente plus on met un - 

          Philippe

          • Julien30 Julien30 16 mars 2015 11:53

            @devphil30
            C’est bien mon grand, encore un vrai démocrate de gauche ouvert au débat...


          • devphil30 devphil30 16 mars 2015 15:13

            @Julien30


            Tu as raison , il n’y a plus de démocratie à droite.

            Avec le sieur Sylvain nous n’avons pas de débat mais un déballage permanent de sa propagande ultra libéral.

            Il ne faut pas se tromper de cite , si tu veux de l’ultra libéral va sur Atlantico mais on voit où même l’ultra libéralisme


            Philippe


          • Julien30 Julien30 16 mars 2015 17:00

            @devphil30
            Pardon mais reprochez à vos adversaires politiques de ne pas être démocrate sans le démontrer un instant et refusez d’emblée le moindre débat avec eux, c’est plutôt cela qui me semble totalitaire. L’intolérance, le sectarisme je les croise bien plus souvent à gauche qu’à droite, tu viens l’illustrer encore une fois. Et le fait que tu considères qu’il n’y a plus de démocratie à droite quelque soit le courant et apparemment quelque soit la personne en face de toi, sans autre explication ou développement dans le plus pur style « pas de liberté pour les ennemis de la liberté » (et par liberté entendez bien sûr « idées de gauche ») montre toujours cette volonté d’essentialiser et de diaboliser à tout prix l’opposant tout en se désignant du même coup comme défenseur du bien et de la justice, tout ça ne me semble encore une fois pas bien démocrate... 

            Merci pour les liens et je m’en voudrais de ne pas te rendre la pareille en ne t’informant pas que le libéralisme si on veut vraiment le situer dans un camp vient à la base de la gauche et l’ultra-libéralisme n’est pas en vigueur actuellement, en tout cas en France, où l’état à la main sur 57% du PIB (on a quand même beaucoup plus ultra-libérale que ça).

          • Julien30 Julien30 16 mars 2015 17:02

            « on a quand même vu beaucoup plus ultra-libérale que ça. »


          • foufouille foufouille 16 mars 2015 14:22

            ceux qui sont pour ne s’étonneront pas de se faire achever pour pas grand chose.
            il ne faut surtout pas se faire hospitaliser car il existe toujours un risque d’avoir un plus gros problème de santé.
            chaque année les euthanasistes proposeront d"étendre cette loi à par exemple aux vieux qui coutent cher.
            faudra pas se plaindre ils viendront te chercher.


            • Norma75 16 mars 2015 16:31

              « Je ne pense pas que l’euthanasie soit une bonne solution car elle risque d’entrainer des dérives. Mais devenons plus humains, arrêtons les acharnements médicaux et améliorons les soins palliatifs. » J’aime cet avis http://www.brigittelahaie.fr/blog/734/la-fin-de-vie-un-debat-sans-fin


              • pommedeschamps 16 mars 2015 21:21

                @Norma75
                Je n’ai pas entendu qu’il y ait des dérives liées à l’euthanasie dans les pays où elle est autorisée !
                Mais c’est sans doute un fantasme largement répandu chez nos parlementaires qui sont le plus souvent des hommes riches et âgés, hélas ils votent pour nous ! Il aurait fallu un référendum !


              • Gnostic Gnostic 16 mars 2015 17:19

                Bonjour norma

                Nouveau sur AV et premier commentaire

                C bien

                 

                Et quelle référence Brigitte Lahaie celle qui parle de Q sur RMC

                Faut dire qu’elle en connait un rayon (ex actrice porno)

                 smiley

                Par contre sur la fin de vie  ???

                 smiley


                • foufouille foufouille 16 mars 2015 17:43

                  @Gnostic
                  c’est sûr que bonnemaison a une grande compétence dans le domaine mais sans le consentement des patients


                • pommedeschamps 16 mars 2015 21:12

                  Comment se fait-il que tant de députés censés représenter la volonté du peuple soient contre l’euthanasie active souhaitée par 96% des français ? Ont-ils été payés ? Comment est-il possible que la volonté de 4% des français soit à ce point surreprésentée ?


                  • foufouille foufouille 17 mars 2015 09:21

                    @pommedeschamps
                    c’est faux
                    véritable sondage ici
                    http://www.harrisinteractive.fr/news/2012/12032012a.asp


                  • linfodesmedias@gmail.com 16 mars 2015 22:20

                    « Euthanasie, la mort dans l’âme »
                    http://reinformation.tv/euthanasie-mort-dans-l-ame/
                    C’est un magnifique reportage d’un ex-correspondant pour TF1, LCI, Radio France.
                    Loin de l’endoctrinement parisien !
                    Merci de le faire partager à vos contacts, à la presse, aux revues.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès