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Quand survient la dépendance

Le choc d'une étape décisive.

Vidéo enchantée : 

Récit ...

Ils se pensent encore jeunes, ils ont profité pleinement d'une retraite qui s'octroyait encore à un âge où l'on peut faire plein de choses quand le corps et la tête permettent de jouir de ce temps béni des vieux. Ils se sont habitués à ne rien faire, à jouir à leur guise du temps qui passe, du temps qui se prélasse, du temps qui prend son temps.

Les années ont passé, vite, trop vite, bien plus vite que lorsqu'ils travaillaient. Ils n'ont pas vu les années s'ajouter aux années. Seuls les anniversaires leur signalaient que leur âge commençait à prendre de l'ampleur. C'est quand les dizaines suivantes sont arrivées que les tracas sont survenus.

Jusque là, tout allait pour le mieux. Bien sûr, quelques soucis agrémentaient parfois ce long tunnel sans entrave. La retraite était un rêve magnifique, soudain elle se complique d'un corps qui commence à faire des siennes, à ne plus aller son train d'antan. Il y a maintenant toujours un petit problème qui vous complique l'existence.

Ils se plaignent, ils se lamentent de ce changement de cap. Pourtant, se rappellent-ils qu'à cet âge devenu si ordinaire, leurs grands-parents étaient des vieillards en fin de vie, fourbus, usés, courbés sur le poids d'années qui avaient été autrement plus compliquées. L'espérance de vie a fait des bonds prodigieux, ils en sont les derniers bénéficiaires. Déjà, on mesure une inversion de la courbe, les générations suivantes prennent de plein fouet toutes les régressions liées à ce que les élites continuent d'appeler « Crise » alors que c'est l'explosion d'une bulle illusoire qui ne pouvait durer éternellement …

Mais revenons à eux. C'est le début des pertes définitives. Il y a d'abord les amis qui ont connu une alerte à laquelle ils n'ont pas échappé. Des signaux angoissants, des deuils qui en annoncent d'autres. Il faut comprendre que le temps est vraiment mesuré et que cette fois, le compte à rebours n'a jamais été aussi tangible …

Le corps pour l'un , la tête pour l'autre. Une quenouille qui s'effiloche. La vue, l'ouïe, les articulations, une litanie de petits riens, qui bout à bout, vous empêchent de faire tout ce que vous faisiez avant – proposition : auparavant. La mémoire qui se perd, la terrible perte de soi-même, l'effacement du disque dur. Ils font la paire, l'un sera les yeux de l'autre, l'autre sera la lucidité de l'un.

Il faut accepter ensuite bien des régressions, de ces habitudes que l'on avait prises au fil d'une vie où tant de progrès avaient parsemé leur existence. La voiture sera la première perte, la plus symbolique, la plus inacceptable. Le paradigme de l'indépendance, de la réussite sociale doit être abandonné. Il faut prendre ces transports collectifs qui jusqu'alors n'avaient jamais été pour eux.

L'autonomie domestique ensuite. C'est plus sournois, c'est moins visible. Il y a bien des choses du quotidien qui ne sont plus accessibles. Il faut que quelqu'un se charge des commissions, bientôt un tiers devra faire le ménage, l'entretien des espaces verts n'est plus accessible. À chaque fois, des dépenses supplémentaires, des choix à faire quand l'argent vient à manquer à force de dépenses nouvelles et incontournables. Même les plus aisés sentent la différence, les moins bien lotis n'ont plus le choix, ce sera la misère …

Puis viendra le temps de l'impossible. Rester dans son chez-soi n'est plus envisageable. C'est le début de la fin, la lente descente aux enfers des maisons, des placements provisoires, des séjours plus longs, du dernier domicile.

Mais là encore, c'est l'argent qui gouverne. La dépendance a un coût exorbitant, les moyens ne sont hélas pas pour toutes les bourses. Que dire d'une nation où le minimum vieillesse ne permet pas de couvrir un dernier séjour ? Que ce n'est pas très grave puisque tant d'autres se font beaucoup de pognon sur cette nouvelle mine au trésor ! Alors, ils se préparent à tout dépenser dans cette dernière ligne droite.

Inexorablement leur. 




par C’est Nabum (son site) vendredi 5 octobre 2012 - 23 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par C’est Nabum (---.---.---.108) 5 octobre 2012 12:38
    C'est Nabum

     iris


    Le vrai débat qui n’a jamais eut lieu sur les retraites est là

    Quel montant minimun ?

    Pour moi c’est celui qui permet de payer une maison de retraite sans solliciter les enfants et il n’y a aucune raison d’avoir plus quand il ne devrait pas être possible de toucher moins

    Utopique ?
  • Par C’est Nabum (---.---.---.108) 5 octobre 2012 12:44
    C'est Nabum

    velosolex


    Le montnant des retraites !!!

    Pourquoi la fin de vie doit continuer à maintenir les égalités de toute une vie active ?

    Pourquoi de toutes petites retraites. Quelle indignité ont commis les gens simples auxpetits salaires pour mériter de finir comme des miséreux

    Que valent de plus ces gens, gavés toute leur existence et qui auront droit à tout quand d’autres n’auront rien !

    Tant que les lois seront votées par les représentants de la classe bourgeoise, dominante et argentée, les pauvres seront négligés.

    Égalité des retraites pour tous !
  • Par velosolex (---.---.---.81) 5 octobre 2012 12:55
    velosolex

    Nabum

    D’accord avec vous, mais je crois qu’il faudrait s’attaquer d’abord aux égalités de la vie active. Cette époque m’effraie : Les petits légitiment maintenant parfois les salaires des gros.
    Nous sommes dans un pays où les sardines votent pour les requins. La plus vieille histoire du monde peut-être. Il suffit de relire les animaux malades de la peste, de La Fontaine....L’homme du futur, en adéquation avec notre époque qui s’épuise, et épuise ses richesse, reste à inventer. Mais curieusement, les paradigmes d’égoïsme, de gloutonnerie obscène et de mépris cherchant une légitimation absurde n’ont jamais été si puissants.
    Un peu comme en 1988, où les nobles trouvaient qu’ils n’avaient plus assez de privilèges.

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