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Accueil du site > Actualités > Santé > Une nouvelle molécule pour guérir les AVC et doubler la neurogenèse (...)

Une nouvelle molécule pour guérir les AVC et doubler la neurogenèse ?

L’une des pistes pour pallier à diverses pathologies cérébrales, telles que les maladies d’Alzheimer et de Parkinson ou, entre autres, les accidents vasculaires cérébraux, est d’agir au niveau d’une neurotrophine peptidique (naturellement synthétisée dans le cerveau) appelée BDNF et de ses récepteurs cellulaires, dont les rôles métaboliques multiples sont très largement bénéfiques et nécessaires pour le fonctionnement du cerveau, puisque le « Brain Derived Neurotrophic Factor » induit la neurogenèse ou naissance de nouveaux neurones ainsi qu’une meilleure connectivité en agissant sur leur plasticité. Augmenter les niveaux de BDNF revient à améliorer la mémoire, la pensée abstraite, les fonctions exécutives, et l’ensemble des caractéristiques cognitives, et cela sans aucun danger connu.

Cette molécule est coûteuse à synthétiser (bien que récupérable sur des animaux), et même en injection intraveineuse, elle passe très mal la barrière hémato-encéphalique (en plus d’avoir une durée de vie très courte). Jusqu’à présent, on pouvait donc agir indirectement pour augmenter sa quantité, avec par exemple – et de manière saine : le café (1) – et une action plus spécifique sur la mémoire, de nombreux antidépresseurs (2, 3), l’exercice physique (4), la restriction calorique, la curcumine (curcuma et curry) (5), diverses stimulations électriques et électromagnétiques (tDCS, DBS et TMS), les ultrasons, ou encore, plus précisément, certains « racetams » tels que le Noopept, qui est également un excellent candidat pour la prévention de la maladie d’Alzheimer, et agit significativement sur la mémoire, en particulier en administration chronique – en effet il augmente directement (6) l’expression du BDNF et il s’avère peu coûteux. Entre autres médiums, éviter des durées de sommeil trop longues permettrait également (7) d’augmenter les niveaux de BDNF.

L’autre voie d’action serait bien sûr une molécule capable de mimer le BDNF, c’est-à-dire de jouer le même rôle au niveau de son récepteur cellulaire principal, le TrkB (« Tropomyosin-related kinase B »). En effet lorsque le BDNF se lie au TrkB (image ci-dessus), ce dernier envoie des signaux moléculaires internes à la cellule, promouvant la neurogenèse, et la différenciation s’il s’agit de cellules souches pluripotentes, ou encore la croissance de nouveaux axones et dendrites (et l’ensemble des neurites) ainsi que la plasticité même du neurone. Ces voies métaboliques sont les causes physiologiques des conséquences bénéfiques citées précédemment concernant l’augmentation cognitive. Les chercheurs tentent ainsi de développer des alternatives au BDNF capables de passer la barrière hémato-encéphalique et d’agir suffisamment longtemps (demi-vie d’au moins 5 heures) en complément du BDNF naturel sur son récepteur TrkB.

Depuis 2007, un prototypage moléculaire a ainsi été breveté. Il s’agit notamment de la LM22A-4, une petite molécule facile à produire et capable de s’introduire dans le système nerveux via injection intranasale non-invasive, qui fait l’objet de recherches aux résultats encourageants. On peut citer les travaux d’une équipe de l’université de Cleveland (Etats-Unis), qui démontrent dès 2010 (8) les capacités d’activation du récepteur TrkB par la LM22A-4 et de prévention très significative de la neurodégénération chez des rats, couplée à une bien meilleure récupération physique après AVC. En février 2012, ils publient dans le Journal of Neuroscience une étude (9) menée sur des rats qui met en lumière la restauration importante des fonctions cognitives dans une simulation animale du syndrome de Rett (RTT) (10). Plus récemment, une étude (11) d’avril dernier indique clairement que la LM22A-4 serait la première molécule de synthèse capable de régénérer le tissu cérébral, de « promouvoir la neurogenèse et la récupération fonctionnelle après un AVC », de « doubler le nombre de nouveaux neurones » et d’augmenter la reconstruction des parties du cerveau détériorées par l’AVC (ici, l’accident ischémique, c’est-à-dire l’obstruction de vaisseau sanguin ou « infarctus cérébral » - qui représente 80% des AVC chez l’Homme ; quant aux hémorragies cérébrales, elles pourraient aussi, hypothétiquement, trouver une palliation via la LM22A-4).

Ces résultats sont obtenus chez la souris, et sont probablement reproductibles chez l’humain. D’autant plus que la durée de traitement peut être assez courte, par exemple dix semaines, à compter de trois jours après l’accident (données de l’étude) – bien que l’on imagine facilement une nécessité de traitement chronique. Par ailleurs, les auteurs nous précisent qu’aucun effet néfaste n’a pu être constaté suite à la reconstitution cérébrale, que ce soit des malformations aux niveaux cellulaires ou structurels, ou bien des inflammations.

Cette molécule sera bientôt testée chez l’homme, et sa production à but expérimental est en cours au niveau de la Stanford University avec une société créée à cet effet (12). Il faudra peut-être attendre trois ans avant que des médecins commencent, si les prochaines études chez l’Homme s’avèrent positives, à prescrire la LM22A-4 et ses dérivés.

En matière d’augmentation cognitive chez l’adulte sain, la BDNF est déjà connue pour être une importante cible. La LM22A-4 sera donc peut-être le prochain grand succès parmi les nootropes, les molécules capables d’améliorer la cognition sans effets secondaires significatifs. A l’heure actuelle, le Noopept (6) se rapproche le plus des effets escomptés par la LM22A-4.

Permalink :
http://amplicog.fr/2012/06/une-nouvelle-molecule-mimetique-du-bdnf-double-le-nombre-de-nouveaux-neurones-pallie-aux-avc-et-ameliore-fortement-la-memoire/

Voir aussi
 :
http://amplicog.fr/

Références
 :
(1) Marcelo S. Costa, Lisiane O. Porciúncula et al., "Caffeine improves adult mice performance in the object recognition task and increases BDNF and TrkB independent on phospho-CREB immunocontent in the hippocampus", Neurochemistry International, 24 June 2008. http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0197018608000880
(2) Eiji Shimizu, Masaomi Iyo et al. "Alterations of serum levels of brain-derived neurotrophic factor (BDNF) in depressed patients with or without antidepressants", Biological Psychiatry, 1 July 2003. http://www.biologicalpsychiatryjournal.com/article/S0006-3223(03)00181-1/abstract
(3) Łukasz R. Drzyzga et al. "Antiapoptotic and neurotrophic effects of antidepressants : A review of clinical and experimental studies", Brain Research Bulletin, 30 June 2009. http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0361923009001002
(4) A.A Russo-Neustadt et al. "Physical activity and antidepressant treatment potentiate the expression of specific brain-derived neurotrophic factor transcripts in the rat hippocampus", Neuroscience, 7 November 2000. http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0306452200003493
(5) Ying Xu et al., "Curcumin reverses the effects of chronic stress on behavior, the HPA axis, BDNF expression and phosphorylation of CREB", Brain Research, 29 November 2006. http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0006899306027144
(6) Ostrovskaya R.U., Seredenin S.B. et al, "Noopept stimulates the expression of NGF and BDNF in rat hippocampus", Bull Exp Biol Med. 2008 Sep. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19240853
(7) Yasemin Gorgulu et al., "Rapid antidepressant effects of sleep deprivation therapy correlates with serum BDNF changes in major depression", Brain Research Bulletin, 28 September 2009. http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0361923009002020
(8) Stephen M. Massa, Frank M. Longo et al., "Small molecule BDNF mimetics activate TrkB signaling and prevent neuronal degeneration in rodents", J Clin Invest. 2010. http://www.jci.org/articles/view/41356/figure/8
(9) Danielle A. Schmid, David M. Katz et al. "A TrkB Small Molecule Partial Agonist Rescues TrkB Phosphorylation Deficits and Improves Respiratory Function in a Mouse Model of Rett Syndrome". The Journal of Neuroscience, 1 February 2012. http://www.jneurosci.org/content/32/5/1803.abstract
(10) http://www.afsr.net/
(11) Jullet Han, BS, Marion S. Buckwalter, MD, PhD, et al. "Delayed Administration of a Small Molecule Tropomyosin-Related Kinase B Ligand Promotes Recovery After Hypoxic–Ischemic Stroke", STROKEAHA.111.641878, April 24, 2012. http://stroke.ahajournals.org/content/early/2012/04/19/STROKEAHA.111.641878.abstract
(12) http://www.latimes.com/health/boostershots/la-heb-stroke-treatment-small-molecule-20120424,0,6344202.story

Auteur : A.E.


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8 réactions à cet article    


  • robespierre55 robespierre55 29 juin 2012 10:17

    Excellent article, bien référencé.
    Merci.

    Sinon : pallier est un verbe transitif...


    • Tristan Valmour 29 juin 2012 11:09

      Bon mon cher Adrien, votre article serait très bien sans le dernier paragraphe qui gâche tout. Votre extrapolation sur l’augmentation cognitive chez l’adulte sain relève de la plus pure conjecture. Les choses sont beaucoup plus complexes que vous le laissez entendre.

      Permettez-moi alors de vous poser quelques questions - certaines paraissent loufoques, en réalité elles ne le sont pas du tout ; elles permettent de distinguer ce qui est avancé par copie, traduction ou mémorisation, de ce qui est vraiment connu. Pour y répondre, vous avez besoin de connaître les mécanismes, non d’associer des faits ou des informations :

      1. Le fait de disposer de 10 milliards de neurones de plus que son voisin ou d’en générer 2 fois plus signifie-t-il que l’on est plus intelligent ?

      2. Les neurones disparaissent-ils vraiment avec l’âge, ou bien, comme en raison de l’âge, ils sont plus performants, ils ont besoin de moins d’énergie, donc ils rétrécissent, si bien qu’on ne les voit plus au fMRI ?

      3. Le bébé qui naît avec 150 milliards de neurones dispose-t-il de facultés cognitives plus performantes que l’adulte qui en a 100 milliards ?

      4. Qu’est-ce que vous comprenez le mieux : un journal télévisé qui va aborder 20 sujets en 30 minutes, ou un documentaire qui va aborder un sujet en 30 minutes ? Comment expliquez-vous cela ? Le doublement du processus de neurogenèse vous permettra-t-il, à vous, l’homme augmenté, de comprendre plus vite ?

      5. Connaissez-vous les effets des nootropes sur la modification de la personnalité, notamment sur la perturbation des relations sociales, l’isolement, et donc au total une inadaptation du sujet à la société ? La performance cognitive pour résoudre seul ses grilles de Sudoku est-elle un avantage adaptatif majeur, pour l’individu comme pour l’espèce ?

      6. Quelles sont les relations entre le BDNF et les récepteurs NMDA et AMPA, et le monoxyde d’azote ? Peut-on négliger ces derniers pour obtenir un homme augmenté ?

      7. Vous observez une route où circulent exclusivement des voitures du même modèle, mais de couleur verte ou jaune. Votre angle de vue ne vous permet de voir qu’une voiture à la fois, et aucune ne se double. 13 voitures vertes sont passées devant vous. Pour la prochaine voiture, allez-vous miser sur la verte ou sur la jaune ? Le nombre de vos neurones va-t-il vous aider en cela ?


      • Adrien E. 29 juin 2012 13:51
        D’abord je vous remercie d’avoir pris le temps de lire mon article.

        « elles permettent de distinguer ce qui est avancé par copie, traduction ou mémorisation, de ce qui est vraiment connu. Pour y répondre, vous avez besoin de connaître les mécanismes, non d’associer des faits ou des informations »

        Permettez-moi d’apporter ici et en toute cordialité un « démenti ». Je ne fais aucune copie, ni traduction (sauf évidemment celles que vous pouvez voir entre guillemets, qui ne dépassent pas une ligne et demi). Je sais/ai pu constaté que certains (très) grands médias (voir la rubrique en ligne « Santé » de l’un d’eux) s’amusent à faire du copier/coller/traduction de sites américains, ce n’est pas mon cas et ça ne le sera jamais. Je ne fais même pas de « pompage ». 

        Ce qui m’a inspiré cet article ce sont ces posts sur longecity : http://www.longecity.org/forum/topic/57042-lm22a-4-new-drug-that-mimics-bdnf/ J’ai fais des recherches autour des sources données, j’en ai trouvé de nouvelles, construit l’article progressivement, ... 

        Je pense que les questions que vous posez sont extrêmement vastes, et je n’ai pas forcément le temps d’y répondre. Cependant je veux bien me prêter à votre jeu, en tout cas au moins une fois et brièvement - même si je ne comprends pas très bien l’intérêt, je n’ai pas la science infuse. Je peux éventuellement vous indiquer quelques pistes.

        1. Tout dépend de ce que vous entendez par intelligence. Mais, en « moyenne », et si vous prenez des indicateurs comme le statut social, les études, le revenu etc. très probablement oui (ou des tests comme les WAIS - pour ce que ça vaut en tout cas).

        2. On ne voit aucun « neurone » ou même « groupe de neurones » avec un IRMf. Et avec l’âge, beaucoup de neurones sont détruits, le cerveau s’atrophie (de manière spectaculaire, surtout dans le cas de la maladie d’Alzheimer par exemple)... etc.

        3. Je ne crois pas qu’il existe des bébés avec un nombre de neurones aussi élevé. C’est une question qui relève du développement humain.

        4. Je n’ai pas regardé le journal à la télévision depuis 6 mois. Donc je ne sais pas. Peut-être existe-t-il quelque part des études sur le sujet ? Pour ce qui est du traitement de l’information, si on considère les fonctions exécutives, alors avec un doublement de la neurogenèse, à moyen/long terme les capacités seront amélioré : plus rapide, plus créatif... la molécule « noopept » est capable d’augmenter la neurogenèse (et les connexions), je peux vous indiquer une « expérience vécue » - qui vaut ce qu’elle vaut là encore - (je précise qu’il ne s’agit pas de moi) : 

        http://www.longecity.org/forum/topic/57030-noopept-long-term-experience-more-than-a-simple-nootropic/

        5. Il semble que les plus grands penseurs et scientifiques aient eu des QI (bon j’ai compris que vous n’aimiez pas le concept...) très élevés. 200 pour Goethe par exemple. S’il est possible d’agir sur la cognition sans effets délétères sur la vie sociale, alors peut-être pourra-t-on connaître d’autres Goethe-s. En dehors de cela, les « nootropes » sont aussi très souvent des « augmenteurs » sociaux, permettant d’élargir la conscience de soi, des autres, la compréhension des émotions. La plupart des nootropes ont cette action de « meilleure » sociabilité (et d’ailleurs sont des pistes par rapport à l’autisme...). J’avais écris ça dernièrement : 
        http://amplicog.fr/2012/06/augmentation-des-capacites-sociales-suppression-de-la-timidite-sociale-amplification-de-la-comprehension-et-de-lempathie-amelioration-de-lorgasme-avec-loxytocine/ Mais vous avez aussi, l’armodafinil et le méthylphénidate qui ont des effets intéressants pour ce qui est de la vie en société (ou même de la « stratégie » sociale/émotionnel... via le circuit de la dopamine par exemple..). Le concept de « nootrope » a justement été forgé en opposition à tout ce qui est benzodiazépines, opiacées, anesthésiants, etc. Cependant, on peut aussi relever ce genre de choses : http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/06/28/18508-meditation-ne-convient-pas-tout-monde ). C’est très complexe et chacun réagit différemment... Sinon, pour répondre à la question plus précisément, il faut aller voir les effets de chaque molécule, par exemple dans le vidal.

        6. Trouvez un livre de neuro-bio-chimie/physiologie, ce que je n’ai pas sous la main.. Ce que je sais (c’est peut-être faux) : le BDNF augmente la réceptivité des récepteurs AMPA via - indirectement- un anticorps, il rend ainsi les signaux synaptiques plus forts. Il n’y a pas de lien direct connu avec les récepteurs NMDA, ni la NMDA. Le monoxyde d’azote agit à de nombreux niveaux. Peut-être induit-il l’apoptose quand le BDNF se lie à P75 (l’autre récepteur du BDNF qui induit potentiellement l’apoptose). Peut-être le BDNF est-il capable d’augmenter - indirectement - la réception de NO. Il y a de nombreuses possibilités. Pour ce qui est « d’ignorer des neurotransmetteurs », oui et non. Je pense que dans le cas de la psychiatrie, ou de la médecine, « on » fait surtout en fonction de la balance risques/bénéfices, qui est surtout relative aux effets secondaires « observés ». Ce qui est aussi valable pour les « nootropes ».

        7. Cela me paraît être un biais cognitif : http://yourlogicalfallacyis.com/the-gamblers-fallacy 


        Bien cordialement.


      • Tristan Valmour 29 juin 2012 16:36

        Mon cher Adrien,

        Je n’ai qu’une chose à dire : bravo, tant sur l’art que sur la manière. Et ne vous inquiétez pas, je ne suis pas là pour vous embêter ; je n’interviendrai plus sur vos articles que je lirai pourtant, parce qu’ils sont très intéressants. Et si je vous titille, c’est parce que je vous aime bien.

        Quelques remarques cependant (je ne vais pas tout reprendre ) :

        Naturellement, personne ne sait avec combien de neurones on naît, et personne ne sait combien de neurones un adulte dispose. Cependant, le chiffre de 150 à 200 milliards de neurones pour les bébés a été plusieurs fois avancé.

        Il n’existe aucun lien assuré entre l’augmentation de la neurogenèse et le fait d’être plus créatif ou plus rapide, etc. c’est infiniment plus compliqué que cela ; de nombreux paramètres entrent en compte. « Il ne suffit pas d’en avoir une grosse, il faut savoir s’en servir. »

        C’est vrai, je n’aime pas la notion de Q.I. parce que c’est un indicateur grossier. La personne qui a un Q.I. de 130 et qui provoque un homme de 130 kg vous paraît-elle intelligente ? L’intelligence, c’est le fait d’être adapté à son milieu. En matière d’intelligence, je suis très attaché à Howard Gardner.

        Les nootropes influencent véritablement la psychologie en provoquant divers troubles de la personnalité, comme rendre asocial. Il existe des études sur le sujet, j’irai les rechercher sur mes serveurs si vous souhaitez. Cela n’a rien à voir avec la construction d’une personne humaine au fil de sa vie. De plus, des scientifiques comme Martha J. Farah de l’université de Pennsylvanie, spécialiste de l’augmentation de la neurocognition par l’emploi de nootropes ou par d’autres types de stimulation met en garde contre d’autres effets inconnus. Elle dit par exemple une possible perte de mémoire quelques années après avoir consommé ces stimulants. Pour faire un travail sérieux, intéressez-vous aussi aux côtés négatifs, parce que c’est trop grave.

        Je vous propose une petite expérience. Mettez-vous devant l’objet, fixez le le plus longtemps possible. Notez les effets. Pourquoi allez-vous arrêter de fixer ?

        Et réfléchissez : si le cerveau effectue toutes les connexions dont il est potentiellement capable, combien pèserait-il, quelles quantités d’énergie lui faudrait-il, quelles seraient les répercussions sur les organes ?

        Howard Gardner a étudié les génies. Il en a déduit qu’ils travaillaient beaucoup plus que les autres. Au fait, saviez-vous que Niels Bohr, prix Nobel de physique, était un penseur très lent ?

        Cela fait 25 ans que je travaille (théorie + pratique) sur l’éducabilité cognitive, et tout ce dont je suis sûr pour le moment, c’est que pour être plus « intelligent », il faut apprendre à utiliser les bonnes stratégies pour résoudre les problèmes. Et là, croyez-moi, il y a déjà de quoi faire pour être un homme augmenté tout en restant soi-même. Tout ce dont je suis sûr, c’est qu’il faut beaucoup de temps pour se construire, pour connaître vraiment. Et ni l’hypnopédagogie, ni un quelconque stimulant ne pourront rien y faire. Parce que l’accès à la connaissance est un processus très long et très complexe, or augmenter la capacité du moteur sans augmenter la capacité des roues, du réservoir (etc.) ne fait pas une meilleure voiture.

        Tout ce que je peux dire aux lecteurs, c’est de ne pas consommer de nootropes. On verra dans 20 ans les effets. Au Japon, ils ont déjà vu les effets de la Ritalin sur les sujets sains. Vous avez vu l’état des sportifs de haut niveau à 40 ans ?

        Pour terminer, si l’usage des nootropes peut effectivement dans certains cas conduire à une augmentation des performances à certains tests psychométriques, en revanche, il a été prouvé jusque là qu’ils n’améliorent pas les résultats à l’université. Apprendre, être créatif, et résoudre les problèmes que pose la vie quotidienne, c’est beaucoup plus compliqué que de passer des tests en cabinet de psy !

        Bien amicalement


        • Nums Nums 29 juin 2012 19:53

          Et voici que revoilà la CURCUMINE !


          Décidément, cette molécule est EXTRAORDINAIRE ! Je viens grâce à vous Tristan d’apprendre une de ses autres vertus.

          Merci pour cet article !

          • Nums Nums 29 juin 2012 19:54

            Erratum, il fallait lire « Adrien » à la place de « Tristan ».


          • soimême 30 juin 2012 00:47
            Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. Molière

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mccartney


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