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Accueil du site > Actualités > Société > Aujourd’hui la France : un pays perclus de rhumatismes

Aujourd’hui la France : un pays perclus de rhumatismes

D’énormes écarts se sont creusés entre les générations. On peut les chiffrer.... il y a de quoi bouder.

 "Les nouvelles générations se foutent de tout. Ils font mal leur boulot, ils n’en ont rien à foutre. Les conséquences, c’est pas leur problème…" me disait une amie. Point de vue trop englobant, évidemment. Mais ne reflète-t-il pas l’impression sourde que dans ce pays, il faut de plus en plus "repasser par derrière", à tous les niveaux ? Que quelque chose s’est profondément, structurellement, déréglé ?

Comment en sommes nous arrivés là ?

Une chose en tout cas est certaine : d’énormes écarts se sont creusés entre les générations, notamment à partir de la fin des "Trente Glorieuses", vers les années 1970-80.

Je ne parle pas en l’air. On peut les chiffrer. D’ailleurs faisons-le. Cela nous évitera de déblatérer dans le vide.

 

Côté revenus

"En France, à la fin des années 1970, on observait un écart de 17 % entre les revenus des salariés d’à peine 30 ans et les revenus de ceux de 50 ans. Cette différence est désormais (2006) de 40 %". 

On peut le dire autrement. Ainsi, par exemple : "Contrairement à ce qui était la règle sous les « Trente Glorieuses », des individus occupent de plus en plus fréquemment un statut social inférieur à celui de leurs parents : dans la France des années 2000, un fils de cadre supérieur sur quatre et une fille sur trois sont employés ou exercent des emplois ouvriers."

Et ceux qui ne sont pas fils ou filles de cadres supérieurs, ils bossent où ?

De plus, aujourd’hui "il faut attendre en moyenne l’âge de trente ans pour décrocher son premier CDI." 

Côté logement

A l’achat : "Savez-vous qu’en 1958 un logement valait en moyenne 70 loyers et que 40 ans plus tard, en 1998, il fallait dépenser en moyenne 133 loyers pour devenir propriétaire ? Savez-vous qu’en 2008, au plus haut de la bulle, un logement coûtait en moyenne 262 loyers ?

A la location : "Représentant en moyenne 12 % du budget en 1979 pour toutes les catégories sociales, en 2006 le loyer est resté à 12 % pour les ménages les plus aisés mais est passé à 24,8 % pour les ménages les plus modestes. La hausse continue des loyers a atteint essentiellement les moins fortunés qui sont bien plus souvent locataires que les plus aisés. Pesant massivement sur le pouvoir d’achat des catégories les plus modestes, le logement apparaît dorénavant, selon l’étude de l’INSEE, comme le marqueur principal des inégalités." http://www.vie-publique.fr/actualite/alaune/pouvoir-achat-logement-creuse-inegalites.html?xtor=EPR-56#

En février 2009, l’Adil, chiffre la part du loyer moyen (à Paris) à près de 37% du revenu des ménages (parfois 50%) les personnes vivant seules étant les plus impactées.

Conséquences : de plus en plus de gens vivent en colocation pour le plus grand profit des bailleurs privés. Elle est pas belle la vie ?

En résumé : chute libre du niveau de vie

 "Le poids des dépenses « contraintes » (logement, électricité, téléphone, etc.) ou « incontournables » (alimentation, transports, santé, éducation), par opposition aux dépenses non contraintes (loisirs, habillement, équipement ménager, épargne) a pratiquement doublé depuis 1979. Il représente désormais près de 90 % du budget des plus pauvres et, fait nouveau, 80 % du budget des classes moyennes. "

Ajoutons le côté politique

"Si l’on regarde l’évolution de la pyramide des âges de l’Assemblée nationale, on constate qu’il existe des biais générationnels évidents. La pyramide des âges de 1981 était authentiquement intergénérationnelle et allait de très jeunes – Bertrand Delanoë, député à 30 ans – jusqu’à de très vieux – Marcel Dassault, 95 ans –, avec entre les deux un étalement important de la pyramide des âges.(…) Vingt ans plus tard, on constate une grande homogénéité de l’Assemblée nationale. (…) La crête des plus âgés disparaît progressivement et vous avez une variance qui diminue lentement, pour faire de l’Assemblée nationale avant tout un lieu de représentation des cohortes nées de 1939 à 1955 : depuis vingt ans, le pouvoir est de plus en plus « gris »."

Bref nous nous sommes habitués à toujours voir les mêmes têtes. Si ce n’est pas de l’immobilisme, ça ?! Percer dans le troupeau de ces vieux dynosaures politiques inamovibles qui s’accaparent le devant de la scène ? Même pas la peine d’essayer…

 

Conséquences morales

Franchement, il y a de quoi bouder, non ?

Pourquoi ces nouvelles générations ne reflèteraient-elles pas au quotidien le blocage que leurs aînés opposent à leurs ambitions politiques, économiques ou sociales ?

Je vous le demande.

 Qu’on ne me rétorque pas, comme nos figures publiques ne cessent de s’en gargariser que, peut-être, mais que c’est bien pire ailleurs et qu’on est les meilleurs.

Les résultats (2008) d’une étude comparative réalisée par l’observatoire Ipsos/ Mondiale assistance sur les jeunes actifs (25-39 ans) dans 7 pays européens (France, Allemagne, Pays bas, Royaume Uni, Italie, Espagne, Portugal), prouvent le contraire.

Il en ressort en effet que 72% de jeunes actif français déclarent qu’il leur est très difficile de négocier des augmentations de salaire, contre 64% en moyenne dans les 7 pays étudiés. De plus, malgré les 35 heures de travail hebdomadaires, les Français sont ceux qui déclarent le plus manquer de temps (64%), juste derrière les italiens. "C’est dire à quel point la vie de tous les jours des jeunes actifs italiens et français est source de difficultés, de tension, et probablement de temps perdu…(…) Par ailleurs, on ne peut qu’être saisi par le désarroi des jeunes actifs français : ils se montrent en effet extrêmement désabusés, 78% d’entre eux estimant que par rapport à la génération de leurs parents, leur vie quotidienne est devenue plus difficile (contre 61% en moyenne). Ce sont les seuls à déclarer majoritairement (51%) que leur vie quotidienne est même « beaucoup plus difficile » que celle de leurs parents, signe d’un fatalisme très prononcé et inédit dans les six autres pays. " (C’est moi qui souligne)

Inédit aussi le fait que, Hongrie mise à part, la France est le pays de l’OCDE où le taux de chômage des jeunes est le plus élevé ? Qu’en France 45% des précaires ont moins de 25 ans ?

En subventionnant les entreprises sans exiger de contrepartie à long terme, la foule de "plans jeunes" qui se succèdent depuis 30 ans (contrat de qualification, stage, contrat emploi solidarité, emploi jeune, CPE, CAE et j’en passe) auraient-ils plus contribué à "précariser" qu’à "insérer" ?

Simple question de coût ? Ou, plus grave, de nivellement par le bas ?

Savez-vous qu’il existe en France une « armée de réserve » de plusieurs centaines de milliers de travailleurs qui n’ont aucun droit, pas même le droit à un salaire ? ? Savez-vous que ces scientifiques, juristes, commerciaux, gestionnaires (environ 800.000), jeunes diplômés ou seniors Bac + 3, 4, 5…, sont légalement payés 30% du Smic, moins que le RMI, sous prétexte qu’ils ne seraient que des stagiaires (ou pigistes, ou…)

Dîtes-moi : on vit comment avec 380,00 euros par mois ?

Et ce pays qui, par le biais très silencieux de la paupérisation s’attaque à tout ce qui pense, ose encore se présenter comme le fleuron de la rationalité mondiale ? 

Désolée pour ceux qui croient encore que c’est un "grand pays", envié par tous les autres. Il a eu son heure de gloire, certes. Mais deux siècles et des poussières plus tard, il est perclus de rhumatisme, et n’avance qu’à grand peine.

On peut d’ailleurs chiffrer le taux de son inactivité : 4.472.400 chômeurs en décembre 2008, auxquels il faut depuis rajouter quelques centaines de milliers de plus.

Quoi d’étonnant à ce que pour compenser ces désagréments du grand âge ce Pays ne cesse, comme les vieux, de radoter sur sa glorieuse et fort lointaine jeunesse, faute de pouvoir (ou vouloir) œuvrer ici et maintenant à la vivacité de ses valeurs fondatrices : la liberté, l’égalité et la fraternité ?

 

Dernièrement, à propos des nouvelles générations, mon amie a rajouté : "Ils claquent du fric à tout va. Ils s’endettent. Ils ne prévoient rien. À croire qu’ils savaient qu’il y aurait une crise majeure et qu’il valait mieux en profiter avant que tout s’écroule…"

Car, oui, quelque chose s’écroule. Mais quoi au juste ? Et pour aller vers où ? Au profit de qui ? Des dinosaures oligarchiques qui s’accrochent comme des arapèdes à leur cercle fermé ?

A part des gesticulations sur les paradis fiscaux, les parachutes dorées, les actifs toxiques et compagnie, j’ai l’impression qu’un vide intellectuel sidéral plane sur le monde. 


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35 réactions à cet article    


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 10 juin 2009 13:38

    bonjour,

    Le tableau est saisissant, il parle vrai, dommage que la classe politique feigne d’ignorer ce lent et progressif naufrage de la France


    • Amada 10 juin 2009 14:48

      Bonjour Bernard


      merci pour votre commentaire.
      Vous savez « Coué oblige »...
      Cordialement
      Amada

    • LE CHAT LE CHAT 10 juin 2009 14:05

      comme dit Bernard , ces chiffres n’apparaissent jamais au journal de JP Pernaud , devinez pourquoi ?  smiley


      • Stéphane Jean steph 10 juin 2009 14:56

        Merci pour ce super article !

        Ca vaudrait le coup d’ajouter que c’est la consequence des politiques de droite liberales qu’on nous impose depuis 25 ans !!


        • Amada 10 juin 2009 15:02

          Bonjour Steph,


          merci pour votre enthousiasme !
          C’est encourageant.
          Cordialement
          Amada

          • norbert gabriel norbert gabriel 10 juin 2009 15:43

            «  »« En subventionnant les entreprises sans exiger de contrepartie à long terme »«  »« 

            ce qui permet aux entreprises de faire ce qu’elles veulent, au mépris des lois, et avec le nombre ridicule d’inspecteurs du travail, ça ne risque pas de changer.
            En ajoutant le désengagement préoccuppant des »jeunes" de 25 à 40 ans sur le plan syndical, les employeurs n’ont pas trop de soucis pour faire ce qu’ils veulent, prévoir des licenciements quand les résultats sont bons, au cas où... C’est sûr que l’idéal serait des salariés sans salaire, qu’on payerait plus tard, au cas où... Avec tous les emplois aidés, on y vient d’ailleurs, aux salariés non payés par l’entreprise.


            • norbert gabriel norbert gabriel 10 juin 2009 15:47

              Pour la clairvoyance sur les problèmes actuels que nos gouvernants n’ont pas vus venir, on peut lire ce qu’écrivait André Gorz il y a quelques décennies, tout y est, mais les gouvernants ne portent leur attention que sur la prochaine échéance électorale...

              André Gorz « Vers la société libérée » Collection à voix nue, chez Textuel, 2009


              • norbert gabriel norbert gabriel 10 juin 2009 15:51

                André Gorz.

                Un homme qui écrivait : «  La socialisation continuera à produire des individus frustrés, inadaptés, mutilés, déboussolés aussi longtemps qu’elle persistera à tout miser sur “l’intégration sociale par l’emploi”, sur l’intégration dans une “société de travailleurs” où toutes les capacités sont considérées comme des moyens de gagner sa vie », mérite un effort de notre part, un élan de curiosité et une envie de comprendre.

                Comprend qui veut comprend qui peut


                • katalizeur 10 juin 2009 15:59

                  @ bernard DUGUE

                  si vous permettez monsieur :
                  «  » dommage que la classe politique feigne d’ignorer ce lent et progressif naufrage de la France«  » ;
                  la classe politique ( droite gauche umps pc et syndicats) sont les maitres d’oeuvre de cette catastrophe...depuis longtemp decidée..et mise en application par glissement ;toujours avec le meme credos«  »« c’est pas nous c’est les autres »« et ils font reculer de trois cases...

                  le peuple de zombie qui nous sert de con citoyen gobbe meme les oximores

                  comment peut on etre » travailleur et pauvre " cet oxymore tellement bien accepté que meme les classes populaires s’en sont accommodés........


                  • katalizeur 10 juin 2009 16:01

                    @ a l’auteur
                    je vous presente mes excuses j’ai omis de vous remercier pour votre superbe contribution....encore une fois merci


                  • Amada 10 juin 2009 17:15

                    Bonjour Katalizeur,`


                    merci pour vos encouragements et vos contributions.

                    Et via vous merci aux autres aussi.
                    A. Gorz oui.
                    Et aussi H.Arendt qui prévoyait
                    une « société de travailleurs sans travail ».

                    Cordialement
                    Amada

                  • Nautile 10 juin 2009 17:09

                    Merci pour cet article presque trop gentil pour cette génération du baby boom qui s’est tout accaparé.
                    qui a littéralement pillé la planète
                    Qui a rendu la vie des plus difficile aux jeunes génération
                    qui les exploite même dans un néo esclavage (stages, contrats précaires, loyers prohibitifs ...)
                    il faudrait en plus qu’ils disent merci et fassent consciencieusement le travail pour lesquels on les sous-paye et les sur exploite ?

                    Bien sur j’exagère. Tous les grisonnants n’ont pas fait fortune et ne s’accrochent pas à leur pouvoir. Beaucoup ont aussi des difficultés et ont été les premières victimes de cette paupérisation rampante.

                    Les faits sont pourtant là : notre jeunesse est un boulet gênant pour nombre de quinquas et plus bien assis dans leurs rentes de situation.
                    Que penser d’une société qui rançonne sa propre jeunesse ?
                    Que dire, moi qui ai émoussé mes valeurs sur les barricades de 68, pensant créer l’amorce d’un nouveau (et beau) monde et laissant s’installer cet étron basé sur le commerce et la finance ?


                    • Amada 10 juin 2009 17:33

                      Bonjour Nautile,


                      merci pour votre commentaire.
                      Oui, cela parâit « gentil », je sais. 
                      Mais c’est vrai, d’une part que tous les ex 68
                      n’ont pas fait fortune, et d’autre part que
                      cette « dérive » s’est faite de manière
                      assez insidieuse. Même si j’ai souvent (mais
                      de moins en moins !) entendu 
                      de la part de cette génération des discours 
                      assez durs pour ces jeunes
                      (et moins jeunes !) qui ne trouvent
                      pas de travail, qui rament, ou se rebiffent
                      s’ils sont sous-payés, mon impression
                      est une espèce d’inconscience générale
                      (et peut-être entretenue...) du changement
                      d’époque (les Trentes Glorieuses sont loin !).
                      Mais bon, à un moment, il faut quand même
                      ouvrir les yeux (notamment sur le logement,
                      il me semble...) ! Flûte ! D’où cet article chiffré
                      pour parer au bla bla..

                      Cordialement
                      Amada

                      • c.d.g. 10 juin 2009 19:11

                        un proverbe de l ex URSS disait
                        Il font semblant de nous payer mais on fait semblant de travailler

                        Version anglo saxonne « if you pay with peanuts you will get monkeys » (si vous payez avec des cacahuetes vous aurez des singes)

                        Le probleme c est quie le niveau des salaires en france va baisser (mondialisation oblige et je compte meme pas les montagnes de dettes a rembourser) mais que les frais fixes restent eux eleves.
                        C est sur que ca ne va pas durer (par exemple l immobilier va s effondrer car plus aucun primo accedant ne pourra payer) mais la periode actuelle est terrible pour les jeunes generations

                        La solution : voter avec ses pieds. Si tu es traite comme une merde en France, casse toi a l etranger


                        • faxtronic faxtronic 11 juin 2009 13:08

                          Je peux t assurer que c est pareil ailleurs, et qu en plus ailleurs tu es un etranger !


                        • Amada 10 juin 2009 19:23

                          Bonjour cdg


                          merci pour votre commentaire.
                          J’aime bien l’image cacahuètes/singes.
                          Cordialement
                          Amada

                          • bob 10 juin 2009 20:02

                            Article soulignant le profond mepris d’une classe d’age a l’egard des jeunes. Il est regrettable que la « jeunesse » de mai 68 qui pretendait tout changer se soit taille la part du lion laissant un pays decadent et a l’avenir limite a sa jeunesse.

                            Vous devriez aussi souligner ce que l’on attend d’un stagiaire : une productivite superieure a un statutaire. Le contraire entrainera votre non-renouvellement de stage ( prejudiciable a vos etudes et a vos revenus) voire un embargo dans le milieu dans lequel vous evoluez.


                            • Amada 10 juin 2009 20:47

                              Bonjour Bob,


                              merci pour votre contribution.
                              Pour les stagiaires, je sais. Vous pouvez consulter
                              à ce propos « Les nouveaux intellectuels précaires »
                              et le site « génération précaire ».
                              Cordialement
                              Amada

                              • moebius 10 juin 2009 21:08

                                 L’Europe vieillie, plus elle vieillie plus elle voit sa mort qui s’approche. Sa mort prend les trait de ce qui n’est pas elle parce que la mort est ce qui nous est le plus étranger à nous les vivants. Vous voulez dire chef que la mort c’est ce jeune con cagoulé qui nous envoie des canettes àla gueule. Vous êtes pas là pour faire des réflections , vous êtes là pour assurez la sécurité de la maison de retraite qui vous paie. Mais c’est vous qui avez commencé, chef ! Courrez plus vite...j’ai des ampoules, chef !


                                • moebius 10 juin 2009 21:11

                                  vous devriez faire un peu plus d’exercice...mais, chef !


                                  • PUCK 10 juin 2009 23:41

                                    Amada ,

                                    Je devrais pouvoir répondre facilement à votre article ,car ,il pourrait me concerner à tous les niveaux : j’ai fait partie du baby-boom ,mes enfants sont de la génération 68 et mes petits enfants ont entre 12 et 22 ans .

                                    Je croyais pouvoir répondre avec alacrité que toute le faute était à l’Education Nationale qui se fourvoie allégrement depuis 68 exactement ,et qui ,au lieu de corriger le tir , s’enfonce avec délectation dans un merdier sans fin .

                                    En fait ,le sujet est tellement vaste , les raisons de ce marasme tellement variées et dispersées qu’on ne peut que tenter de godiller pour trouver un peu d’air dans ce triste constat .

                                    Je vais vous faire hurler en disant que trop d’assistanat écrête l’envie de s’en sortir ,tout seul .Mes enfants et moi avons décidé de choisir des professions libérales ,cela indique une tournure d’esprit ,d’une part , et un sens de la responsabilité certains ,car ,nous ne pouvons compter que sur nous ,notre talent ,notre conscience professionnelle .

                                    Or ,que voit on ? des « jeunes » ,frisant parfois les 40 ans , « étudiants » ,ou bac +4,+5,+6 ,qui cherchent parait il du travail depuis des lustres .Ils n’ont pas compris que bac+machin ne veut absolument rien dire . Que proposent ils ,que savent ils faire ?ont ils choisi la bonne filière ?y a t’il eu une sélection à leur entrée en fac ? ils hurlent ,leurs profs aussi quand on le propose .

                                    Je n’ai évidemment pas épuisé le sujet . Pour les hommes politiques blanchis sous le harnais ,il est vrai que mandats à rallonge et cumuls de ceux ci m’irritent particulièrement , il n’y a qu’à pas voter pour les chevaux de retour ,point .

                                    Merci ,Amata ,d’avoir soulevé ce sujet .


                                    • Amada 11 juin 2009 01:01

                                      Bonsoir Puck,


                                      merci pour ce long commentaire. Et ce témoignage.

                                      Lorsque vous dîtes « je vais vous faire hurler en disant que trop d’assistanat écrête l’envie de s’en sortir tout seul », je crains que vous ne préjugiez sur ma façon de voir. Je n’ai, je crois, nulle part défendu « l’assistanat »... 

                                      Mais vu que vous soulevez le sujet, j’ai envie de rappeler que cet « assistanat » n’est que le fruit de mécanismes de transferts historiques des anciennes solidarités (familiales, locales, corporatistes, etc) sur des systèmes étatisés anonymes(cf les études de Castels). Que cela ait permis à l’individu de s’arracher à ses conditionnements familiaux, de classe, de lieu, etc., et de travailler pour lui-même les notions d’indépendance et d’autonomie ne devrait cependant pas nous faire oublier que, quoi que nous fassions nous sommes dépendants des autres que cela prenne la forme d’une clientèle ou de commanditaires en profession libérale, ou d’un patron (lui même dépendant d’un « marché » quel qu’il soit) lorsqu’on est salarié. Et ce dans un contexte global qui nous soutient (infrastructures routières, énergétiques, etc.)

                                      Concernant les Bac +4, + 5, + 6 qui, semble-t-il, à vos yeux font semblant de chercher du travail, voire même de travailler (« que savent-ils faire ») je vous conseille vivement de lire Les nouveaux intellos précaires ( Anne et Marie Rambach, éditions Stock)., étude qui fait suite à la précédente parue en 2002. Vous l’aurez compris, je ne suis pas d’accord lorsque vous dîtes bac + machin ne veut absolument rien dire. Que cela ne soit pas forcément adapté au marché, certes, mais je crains aussi que ce marché ne soit souvent fermé à des formations à forte valeur intellectuelle ajoutée, du moins peu soucieux d’en reconnaître pécuniairement ou statutairement l’apport. C’est, heureusement et depuis peu, en train de changer parce que les entreprises se rendent compte que cette valeur est... une valeur. Surtout par les temps qui courrent... 

                                      Concernant les hommes politiques, ne pas « voter pour les chevaux de retour » est, ce me semble ce que font les français, non ? Sauf que l’abstention (faute de choix ? Et cette faute de choix due à des cercles fermés, non ?) n’est pas prise en compte et qu’on se gargarise quand même d’avoir fait tant de %... Bref, on continue dans la surdité générale...

                                      Cela dit, je suis contente de ce petit échange avec vous. Et de vos remerciements pour avoir
                                      soulevé le sujet. Qui, je crois, doit vraiment l’être...

                                      Cordialement
                                      Amada


                                      • loughallen 11 juin 2009 04:37

                                        Les travailleurs pauvres, les nouveaux intellectuelles précaires, une société de travailleurs sans travail ect ect...
                                        Je suis trop inculte pour y comprendre les failles. Mais...
                                        Que dire des nouveaux travailleurs sans intelect dans une société précaire s’appauvrissant. ?

                                        L’assistanat, pour ceux-là, n’est qu’une facon de plus d’etre envouté dans les différents gri-gri de l’état sans plus aucune providence.
                                        Notre précarité intellectuel fait de nous des obligés héréditaire du niveaux de nos aieux.
                                        Un quasi système de caste a l’indienne.
                                        En créant de la pauvreté intelect, le système à crée une répartition limitée des richesses produite.
                                        Et une obligation pour les classes moyennes a la consommation de leurs produits diminués en qualité.
                                        LES descendants de ces castes supérieur augmentant, Il leurs est impératif, instinct de survie, d’accentué la naissance des futurs pauvres.
                                        Ils nous font croire, pour cela, que seul le fait de travailler plus, a moindre cout,
                                        ferait relancé notre, la, leur machine économique.
                                        Et que si l’on accepte pas , faudrait pas venir pleurer.
                                        Moins de médoc ou de toubib remboursé par exemple. retraite diminué autre exemple....
                                        Classe de 40 élèves, augmentation de toute forme de taxes.
                                        Bref, tout le monde connait des exemples.
                                        On nous culpabilise la crise sans que l’on en soit responsable.
                                        Et en plus il faut que l’on paye les dégats. Encore une fois.
                                         Cela devrait nous suffir a la révolte.

                                        Mais non.
                                        Tant que la majorité d’entre nous se fera plaisir avec les pates de lidl qui empêche nos enfants de crier famine. 
                                        Et Que des société accordent des prêts insensé a des parents , tout aussi dénué de sens humains, pour leurs permettent de s’endetté des télés plasma et voir les diffèrentes nouvelles stars et foot sans les cris de leurs morbacs....
                                        Tout continuera dans l’indifférence presque général.
                                        Une consommation moyenageuse. Sans pitié pour la planète.
                                        Sans pitié pour notre espece ou celles qui nous entourent
                                        Un genre du RIEN A FOUTRE, QUILS SE DEMERDENT les suivants.

                                        Mais j’ai confiance qu’un jour, que j’attend comme tant d’autre, je battaillerai ma présente existence pour un avenir meilleur a des enfants dont je ne suis pas le père.
                                        Que des françaises et français, tous issues d’origines différentes que nous sommes, auront le courage de perdre nos vies au besoin et non au dépend de celles des autres.

                                        Michael, Breton, Français et pret a se battre.
                                        Inculte non diplomé du 3eme régiment d’enfanterie de l"école des saints anges de Pontivy :)
                                        Et futur garcon d’honneur d’un grand black du 9-3( pas une blague ça)

                                        Merci Amada pour se pavé.


                                        • Amada 11 juin 2009 11:17

                                          Bonjour Loughalien,


                                          oui, un appauvrissement intellectuel et de mode/niveau de vie.
                                          Avec beaucoup d’indifférence, d’impuissance...
                                          Il va falloir, c’est sûr, tôt ou tard, nous réinventer ensemble.

                                          Cordialement
                                          Amada

                                        • delamothe delamothe 11 juin 2009 05:41

                                          Votons Cohn Bandit ça changera tout...
                                          AH non les européennes ne servent à rien c’est vrai.
                                          Vivement 2012 !


                                          • armand armand 11 juin 2009 09:50

                                            Bonjour Amada,

                                            Article intéressant - et j’apprécie de plus vods réponses aux différents intervenants.

                                            La constat d’un gros clivage est sans appel - dès lors que les deux catégories se définissant comme ’jeunes’ et ’moins jeunes’ sont persuadés qu’il existe. Pour l’essentiel, néanmoins, les explications économiques n’ont rien de ’générationnelles’ mais relèvent des tares de notre société - période de travait effectif pris en sandwich entre trente et cinquante-cinq ans avec d’un côté des jeunes précaires et de l’autre, des jeunes retraités.
                                            De plus, nous payons le prix d’un choix illusoire et destructeur - celui d’une main d’oeuvre exclusivement qualifiée, travaillant dans des secteurs à forte valeur ajoutée. On pourra torturer à l’infini notre système d’éducation, il y aura toujours des millions de jeunes travailleurs en devenir qui ne pourront ni ne voudront jamais devenir informaticiens, ingénieurs, as du marketing, cadres, et délocaliser les emplois manuels (tout en ponctionnant les profits des sociétés délocalisantes pour payer une pittance aux chômeurs) est une absurdité.

                                            Je crains bien davantage un clivage culturel. Depuis les années cinquante, en effet, on dérive de plus en plus vers une société scindée en niches de consommateurs étanches, qui se côtoient sans se comprendre, sans se parler. Celle(s) des ’jeunes’ en est un exemple quasi caricatural. Or la solidarité transgénérationnelle ne saurait le limiter à l’aide à l’achat immobilier.


                                            • Amada 11 juin 2009 11:31

                                              Bonjour Armand,


                                              merci pour vos compliments et votre contribution.

                                              Que les explications économiques n’aient rien de « générationnel »
                                              c’est sûr. Ce qui n’empêche qu’une sorte de clivage entre deux époques
                                              s’est instauré, qui se traduit par des différences de mode/niveau de vie
                                              et de conscience entre générations.
                                              Ce qui me frappe ce sont les « jugements » souvent portés par les « anciens »
                                              sur les « nouveaux » , le plus souvent basés sur un contexte social périmé.
                                              Comme si on ne pouvait regarder en face ce qui se passe. Ou se parler
                                              sans préjugés. Ce que vous appelez un clivage culturel, si j’ai bien compris.

                                              De même : une grande partie de la main d’œuvre exclusivement qualifiée, comme vous dîtes
                                              fait « tourner » le système en étant littéralement exploitée (cf « Les nouveaux intellos
                                              précaires »), tandis que les « manuels » comme vous dîtes aussi, sont pour ainsi dire accusés de coûter trop cher au vu de la concurrence mondiale, ou d’être des « assistés ». 
                                              On n’a pas honte ! 

                                              Je suis d’accord avec le fait que nous nous enlisons dans un /des clivages culturels et que
                                              c’est sans doute là, le plus « bloquant » (cf La france : excès de verticalité, défaut d’horizontalité"). Mais ce qui m’inquiète le plus est la baisse du niveau général de pensée
                                              constatable un peu partout... Pas vous ? Alors que je suis sûre que la connaissance et le partage de réflexion sont source de joie, de fraternité, de créativité...

                                              Cordialement
                                              Amada



                                              • iris 11 juin 2009 12:25

                                                « Les nouvelles générations se foutent de tout. Ils font mal leur boulot, ils n’en ont rien à foutre. Les conséquences, c’est pas leur problème… »

                                                Ce n’est pas cela mais je pense que les jeunes travaillent pour le salaire pour lequel ils sont payés-s’ils sont mal payés , ils se défendent comme cela en n’étant pas motivés- et ils sont sans illusion sur l’entrepriese qui a souvent jeté leurs parents—et prennent de la distance avec le monde du travail-d’ailleurs leus parents qui ont été licencié leur vantent tils l’entreprise ?? C’est plutot d’argent que l’on a besoin pour vivre et la reconnaissance d’appartenir à telle ou telle entreprise n’a plus cours-l’entreprise s’est dépréciée en se corrompant-
                                                à la place d’aller voter -de manifester-de s’engager en politique ou syndicat-ils résistent en en faisant le minimum-
                                                peut etre pensent t ils que l’action individuelle est plus profitable que le collectif-


                                                • Amada 11 juin 2009 13:21

                                                  Bonjour Iris,


                                                  merci pour votre commentaire.
                                                  Oui, il y a un effet miroir, on dirait.

                                                  Cordialement
                                                  Amada

                                                  • Yannick Harrel Yannick Harrel 11 juin 2009 14:25

                                                    Bonjour,

                                                    L’article est passionnant et bien que ne faisant qu’effleurer un réel mal-être (il faudrait plus qu’un article sur Agoravox pour dresser un tableau exhaustif de la situation) retranscrit bien toute une génération démotivée et dénigrée.

                                                    Avant, il y avait au moins l’espoir pour les parents que leur progéniture obtiendrait un poste plus élevé qu’eux. Aujourd’hui cet espoir est douché voire bouché. Dans le meilleur des cas, les parents seront compréhensifs, dans le pire ils ne cesseront de rabâcher que de leur temps quand on voulait on pouvait, illustrant à merveille un dialogue de sourds entre générations.

                                                    L’ascenseur social qui était le garant d’une société véritablement républicaine est grippé, sciemment même pourrait-on avancer. Combien est symptomatique l’étalement de la réussite de fils et filles de en lieu et place d’obscurs anonymes s’étant extirpés de leur condition première par leurs compétences et volonté ?

                                                    Je ne tiens pas à pondre un pavé mais il m’apparaît évident que les récents débats sur le rôle de l’Internet ont été emblématiques de cette incompréhension entre deux mondes désormais. Et que les signes de repentance (lorsqu’un pays ne peut préparer son avenir, il bat sa coulpe pour son passé), de nostalgisation à outrance des années 60/70 (avec des icones revenant sur le devant de la politique par exemple, je ne cite personne), d’individualisation effrénée (et effrayante), d’expatriation de masse (c’est pas moi qui le dit, ce sont les chiffres des autorités consulaires) sont quelques uns des signes attestant en cela le pays est très malade. Et pourtant je ne suis pas du parti des déclinologues...

                                                    Cordialement


                                                    • Amada 11 juin 2009 16:35

                                                      Bonjour Yannick,


                                                      Merci pour votre commentaire qui confirme
                                                      (malheureusement) le constat exposé dans mon article.
                                                      Ce qui me trouble le plus est le déni ambiant.
                                                      Or, il me semble que pour pouvoir remédier au « mal »
                                                      il faut d’abord en prendre acte. Après... Je ne sais pas,
                                                      il faut sans doute un changement de mentalité, de perspective,
                                                      de sens., de modalité d’action... En tout cas « prendre ce mal de haut » 
                                                      (du genre quand on veut on peut) sans regarder la situation
                                                      en face, ne peut que le maintenir, si ce n’est l’aggraver.
                                                      A mon humble avis.

                                                      Cordialement
                                                      Amada

                                                      • Frabri 14 juin 2009 12:11

                                                        Si la France n’a que des rhumatismes, ce n’est pas bien grave, ça se soigne. DIEU merci ! ! ! !

                                                        Le remède le plus efficace c’est un « nouveau projet politique ».

                                                        Sur internet le meilleur « nouveau projet politique », c’est « la décroissance ».

                                                        Pour les nouveaux utopistes on peut voir un film sur la décroissance sur le site utopimages

                                                        http://www.utopimages.org/index.php
                                                        http://www.europedecroissance.eu/


                                                        • Amada 14 juin 2009 13:16

                                                          Bonjour Frabri


                                                          Merci pour les liens.

                                                          Le problèmes c’est qu’entre sur-pseudo informations de masse et infos de fond
                                                          dispersées, l’indifférence se répand. 
                                                          Exemples : le mouvement paysan me paraît isolé alors qu’il est assez fort,
                                                          qu’il défend l’intéret général et que les agriculteurs ont très souvent été à l’origine
                                                          de bouleversements majeurs (on leur doit le départ de 68) entre autres parce qu’ils
                                                          disposent de grosses machines : les tracteurs !
                                                          Autre exemple : tous ces mouvements « décroissance » « innopression » etc, se battent
                                                          dans leur coin et d’après ce que je vois ne cherchent pas vraiment à s’associer
                                                          ou se confronter.
                                                          Cela résulte à mes yeux d’une perte de culture de l’horizontalité au profit d’une
                                                          verticalisation qui va croissant.(cf mes deux autres articles sur Agoravox)

                                                          Cela dit, merci pour votre commentaire
                                                          et les infos qui vont avec.
                                                          Cordialement
                                                          Amada



                                                          • iindie 15 juin 2009 10:08

                                                            Très bel article , j’en conviens. Il faut tout de même savoir que la France à la palme d’ or en terme de réglementation du travail tant et si bien qu’elle est quasiment inapplicable à moins de consacrer un poste un plein temps de DRH . 


                                                            Je prends pour exemple l’ impossibilité de former au jour d’aujourd’hui quelqu’un sous forme de stage rémunéré , par exemple. Ayant moi même embauché une jeune personne récemment à peine à la sortie de ses études , je n’ ai put proposer que cette possibilité d’ embauche , qui sera suivie à sa fin d’ un CDI . 

                                                            Mais encore faut il trouver des personnes compétentes en France (Dans certains métiers l’on forme des milliers de personnes , mais on oublie totalement de mentionner que la maîtrise de langues étrangères est INDISPENSABLE à tout possibilité d’ embauche dans cette activité par exemple). Or la France où la question des langues vivantes dans le courant de la scolarité est entièrement ignorée par l’ Education Nationale. 

                                                            Par ailleurs la formation au technologies de l’ information est quasiment inexistante ... force de preuve la vitesse de sténotypie de beaucoup de jeunes auxquels nous avons proposé des postes . Je vous assure que ces derniers ont bel et bien suivi des cours à cet effet mais à ce qu’il semble sans résultats . Moyenne des résultats entre 9 et 10 mots/minute. 

                                                            Enfin nous utilisons dans notre activité des flux importants de données (on parle en terme de Gbits/seconde), ce qui exclut l’ utilisation de certains systèmes d’ exploitations ; Qu’en est il de la formation à ce sujet ??? Néant nous sommes obligés de former chaque personne à son outil de travail sur le lieu de travail , comment voulez vous que la productivité ne s’ en ressente pas que les salaires n’aient pas du mal à progresser quand le niveau de compétence lié au poste n’ est pas atteint.

                                                            Nous en sommes réduits à embaucher des personnes dont l’ apprentissage de la langue ne vient non de l’ école mais des parents eux mêmes , ce qui est on ne peut plus inégalitaire j’ en conviens mais force de niveler le niveau vers le bas , de mentir aux jeunes lors de leur orientation on crée une génération ayant de forte difficultés à s’insérer dans le marché du travail , en on constate que l’ ascenseur social est bloqué , Certes il y a une détérioration des niveaux de vie , mais elle suit en général la capacité et la productivité et sur ce point la France doit combler un retard important qui s’ est cumulé sur près d’une trentaine d’ années .

                                                            La génération des trente glorieuses à certes vécu un âge doré sur le plan économique et on pensait certes naïvement que le monde n’ allait pas changer , mais voilà , le monde a bel et bien changé dans de nombreux domaines et nous avons gardé un enseignement adéquat aux attentes du marché du travail tel qu’il était dans cette période et non tel qu’il est aujourd’hui. Nous sommes passé d’ un modèle économique de production à un modèle économique de services et l’ enseignement ne s’est pas adapté à ce changement , d’où une mondialisation qui laisse aujourd’hui une forte partie des intrants sur la touche. 

                                                            • Amada 15 juin 2009 11:18

                                                              Bonjour Lindie,


                                                              Merci pour votre compliment
                                                              et votre long et très instructif commentaire.

                                                              Je vous suis assez sur le fond :
                                                              évolution technologique très rapide, mondialisation,
                                                              formations a minima souvent bâclées, 
                                                              (cotoyant des formations excellente, faut s’y retrouver !)
                                                              et retard en France d’une
                                                              ... trentaine d’années.
                                                              Savez-vous que dans les milieux « autorisés » on
                                                              parlait déjà de « nouveaux pauvres » ? En clair que
                                                              l’ascenseur social était déjà bloqué ?

                                                              Que l’on soit passé de la production au service,
                                                              certes, mais on a accumulé tant de bourdes
                                                              et de « laisser pisser », de je m’en-foutisme
                                                              et de rigidités (y inclus mentales) que... ma foi.
                                                              A part de la spéculation immobilière (on se demande
                                                              comment font les gens pour se loger. Heu, si, on sait
                                                              ils font de la co-location), des voitures, des restaurants
                                                              et des coiffeurs (plus les fonctionnaires), quoi d’autre
                                                              en France ? Et si on est passés à une société de services
                                                              c’est qu’on est allés chercher de la main d’œuvre
                                                              bon marché ailleurs ! Mais maintenant ? (23%
                                                              de fret en moins...)

                                                              Et si côté paperasse et règlementation,
                                                              il est vrai que c’est très lourd et souvent géré
                                                              de manière fort rigide (ha, les rhumatismes !),
                                                              on assiste aussi à toutes sortes d’abus (renommés
                                                              erreurs) : une amie ne trouvant rien, distribue des
                                                              annuaires. Elle n’est pas payée au temps mais à la
                                                              tâche. Résultat : 25 euros net de salaire pour deux
                                                              jours (quand elle a vu le décalage paye/
                                                              travail, elle a laissé tombé), frais d’essence
                                                              à sa charge, payés six mois plus tard ! 
                                                              Est-ce que l’on se soucie de ce genre de dérives ?
                                                              Non. J’entends plein de gens dire que si l’on veut travailler
                                                              on se contente de ce qu’on vous propose. Mais
                                                              accepteraient-ils ce genre de poste, sachant que,
                                                              ce faisant ils diraient amen à ce type de pratique ?

                                                              Par ailleurs, il y a chez les « intellos précaires »
                                                              (près d’un millions de personnes)
                                                              des milliers de gens hyper compétents (multi-langues)
                                                              formés sur le tas en informatiques (donc très doués)
                                                              mais sans forcément le diplôme had hoc
                                                              qui sont littéralement sous-payés et maintenus
                                                              dans la précarité qu’ils aient 25 ou 50 ans...
                                                              En général vous ne les trouverez par à l’Anpe,
                                                              ils n’entrent dans aucune « case » (autre rhumatisme).
                                                              Et comme leur CV est multidimensionnel
                                                              (et non pas 20 ans de « carrière ») et bien
                                                              qu’ils continuent comme ça, non ?

                                                              Il va nous falloir réinventer notre vivre ensemble,
                                                              c’est sûr... Et vu les rhumatismes je crains que
                                                              ce ne soit assez... lent par chez nous.

                                                              En tout cas j’ai eu plaisir à vous lire
                                                              et j’ai appris des choses. Et, d’évidence
                                                              si votre stagiaire suit, elle aura son poste !
                                                              C’est déjà mieux que des stagiaires
                                                              succédant aux stagiaires...
                                                               Cordialement
                                                              Amada

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