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Accueil du site > Actualités > Société > Chômage : un problème cognitif ?

Chômage : un problème cognitif ?

Le chômage a sans aucun doute des causes nombreuses et interconnectées.

Les explications socio-économiques sont les plus reprises et les plus citées dans les médias. Cependant, une nouvelle piste pourrait venir gonfler les thèses déjà existantes.

Le psychologue cognitiviste Fabrice Bak parle de « jeunesse cognitivement décalée ». Dans un article récemment publié dans le magazine cerveau&psycho, le psychologue nous éclaire sur cette jeunesse décalée, désorientée et propose un lien avec le nombre élevé de jeunes chômeurs.

Certaines capacités cognitives, notamment celles liées à la logique et au raisonnement abstrait s’acquièrent habituellement vers 6 ou 7 ans. Fabrice Bak, dans son livre Maman, j'aime pas l'école (L'Harmattan, 2012) dénonçait un décalage préoccupant que de nombreux psychothérapeutes constatent. Chez certains, ces capacités cognitives apparaissent plus tard, vers 8 ans, voire pas du tout pour d'autres. Ce décalage pourrait résulter d'une moindre sollicitation des structures de compréhension. L'enfant apprend « sans élaborer de stratégies, sans anticipation, sans mise en sens spécifique » écrit le psychologue Fabrice Bak dans son article.

Les conséquences sont importantes. Depuis plusieurs années, comme nous l'explique le psychologue cognitiviste, une nouvelle catégorie de jeunes a émergée. Une catégorie présentant des dysfonctionnements des structures logiques de la pensée et des fonctions d'abstraction.

L'absence de ses structures cognitives ne permet plus au jeunes de s'adapter à la réalité de la vie professionnelle.

Certains jeunes n'ont donc pas les capacités nécessaires pour comprendre ce qu'ils vivent ou ce qu'ils font. Ces jeunes vivent leurs désirs, leurs pulsions sans les comprendre, sans les analyser et sans prendre le recul nécessaire pour éventuellement les inhiber pour mieux s'adapter aux exigences de la vie. Selon Fabrice Bak, ces jeunes vivent leurs pulsions à l'état brut et sans relativiser leurs jugements. L'impulsivité est donc au centre de leurs comportements et jugements.

Concernant nos jeunes diplômés, le psychologue Fabrice Bak écrit dans son article « qu'obtenir un diplôme n'offre plus une garantie de compétence adaptative, du fait que certains parviennent à mettre en place des stratégies de compensation qui leur avaient permis, au fil des années, de s'adapter au contexte de l'apprentissage scolaire, mais aucunement à celui de la vie active ». Ceci expliquerait donc pourquoi nos jeunes semblent peu adaptés à la vie professionnelle et pourquoi ils semblent manquer de « maturité » comme le disent certains recruteurs.

Cette nouvelle piste de réflexion a de quoi nous alarmer. En effet, en dehors de la situation socio-économique de notre pays, où l'on voit de nombreuses suppressions de postes, des faillites d'entreprises, et des recrutements revues à la baisse, il semblerait que même psychologiquement, certains jeunes ne soient pas adaptés au marché du travail.

Il faudrait donc trouver rapidement des solutions, en travaillant en amont dès le plus jeune âge, pour redonner aux jeunes et aux générations futures des outils indispensables pour toute vie en société.


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18 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 14 mars 2014 12:58

    Le chômage de masse est une réalité depuis quelque trente ans. Avant la crise de 1974, le chômage en France était faible (2,7% de la population active en 1973). Ensuite, les bataillons de chômeurs vont commencer à augmenter et fournir au capital ce que Marx appelait « l’armée industrielle de réserve » fort utile pour peser sur les conditions de travail et les salaires. Entre 1975 et 1985, le chômage a connu dix ans de hausse, qui ont porté son taux à plus de 10%. Depuis, il a connu des fluctuations entre 7,4% et 10,7%. Il se situe actuellement (3e trimestre 2013) à 10,9%, soit plus de 3 millions de personnes.......
    voir : LE CHOMAGE DE MASSE


    • foufouille foufouille 14 mars 2014 13:05

      mdr
      tu met le smic à 400€ et tu auras zéro chomeur
      faudra aussi ouvrir des camps


      • séraphim 14 mars 2014 13:07

        Ce qui vous emble inquiétant, me semble au contraire plein d’espoir : « il semblerait que même psychologiquement, certains jeunes ne soient pas adaptés au marché du travail ». Bien sûr c’est à l’être humain de s’adapter au marché et pas l’inverse ? mais on marche sur la tête là ! C’est peut-être signe que l’absurdité de la situation va devenir de plus en plus flagrante.
        A vous lire, il faudrait presque touver un moyen de réparer/corriger ces humains défaillants.

        Bien s’adapter à une société malade n’est pas signe de bonne santé mentale.

        Cependant, je vous l’accorde le symptome que vous pointez du doigt "Ces jeunes vivent leurs désirs, leurs pulsions sans les comprendre, sans les analyser et sans prendre le recul nécessaire pour éventuellement les inhiber pour mieux s’adapter aux exigences de la vie" est inquiétant. On ne peut pas d’un côté vouloir une société de consommateurs décérébrés et impulsifs (merci la pub et les médias dominants), et d’un autre côté se plaindre d’un retour au plus bas instincts.


        • Le printemps arrive Le printemps arrive 15 mars 2014 09:57

          Bien d’accord avec votre commentaire séraphim.

          J’ajouterai que tout cela est bien augmenté par une alimentation peu physiologique (céréales, laitages,viandes) donnée dès le plus bas âge qui influe (c’est démontré depuis 1986) sur les capacités cognitives.

          « La plupart des façons d’améliorer le fonctionnement cérébral dépendent de facteurs simples et quotidiens :qualité de l’environnement social et des rapports humains, alimentation, exercice physique et sommeil qui semblent tellement évidents qu’on a tendance à négliger leur importance »

          lien : http://www.oecd.org/fr/sites/learninginthe21stcenturyresearchinnovationandp olicyapprendreauxxiesieclerechercheinnovationetpolitiques/40583325.pdf

          Associez à cela la pollution de l’eau par le chlore, l’aluminium, les perturbateurs endocriniens.
          Associez encore les pollutions d’ordre électro-magnétiques.

          Les causes sont connues ! passez à la mise en place des moyens permettant d’y remédier, ils existent, renseignez-vous.
          Cela s’effectuera à titre individuel, le responsable (capable de réponses, j’ai pas dit coupable !) c’est vous-même.


        • Robert GIL ROBERT GIL 14 mars 2014 13:09

          Les politiques de l’emploi se sont développées depuis les années soixante-dix, c’est-à-dire depuis l’entrée dans une phase de croissance ralentie et le développement du chômage de masse. L’instrument essentiel de ces politiques est constitué de subventions aux employeurs.


          «  Contre le chômage, on a tout essayé   » avait déclaré François Mitterrand. Ce que l’on a surtout fait, c’est céder aux revendications des patrons du privé et créer des emplois au rabais dans le secteur associatif et les fonctions publiques........

          voir : LES POLITIQUES DE L’EMPLOI : DES CADEAUX SUCCESSIFS AU PATRONAT


          • logan 14 mars 2014 13:19

            Depuis 1945 jusqu’aux années 70, on pensait que les causes du chômage étaient essentiellement macro économiques. Les gouvernements prenaient donc des mesures macro économiques pour lutter contre le chômage. Et cette période est connue comme étant les « 30 glorieuses », une période où la France a connu une croissance importante et quasiment le plein emploi.

            Depuis les années 70, certains nous racontent que le chômage est de la faute des chômeurs. Les gouvernements prennent donc des mesures pour inciter les chômeurs à travailler. Je vous laisse juger de leur efficacité.

            L’auteur nous propose une nième théorie tirée de la même idéologie. Face à tant d’aveuglement, faut-il rire ou pleurer ?


            • JL JL 14 mars 2014 13:47

              De la loi de l’offre et de la demande, et ses rapports avec le taux de chômage.

              Avec les mots actuels qui sont ceux du patronat - offreur d’emploi, demandeur d’emploi -, la loi de l’offre et de la demande est bafouée : ainsi, plus la demande d’emplois est forte ou plus l’offre d’emplois est basse, alors plus le prix (de la prestation  : le salaire) est bas ! un paradoxe qui, s‘il ne dérange pas le patronat, n’en constitue pas moins une insulte à l‘intelligence.

              Si je pose que sur le marché du travail le terme d’emploi est un intrus, et si je dis que le demandeur est le patron et l’offreur le salarié, alors la loi de l’offre et de la demande est respectée et s’exprime ainsi : plus le déséquilibre entre l’offre et la demande est grand en faveur des employeurs, et plus les salaires seront bas ; inversement, plus le nombre d’offreurs sera bas, et plus les salaires seront élevés.

              Ce ne sont pas 5 millions de demandeurs d’emploi qui sont laissés sur le bord de la route, mais 5 millions d’offreurs de services et de compétences ! Et ça change tout : les capitalistes qui possèdent le nerf de la guerre, laissent délibérément des trésors de productivité sur le carreaux pour faire davantage de profits.

              Et l’on comprend parfaitement que les patrons ont intérêt à maintenir un taux de chômage le plus élevé possible, et il y a plusieurs façon pour y arriver : une immigration massive, des durées de travail très longues, un recours systématique aux heures supplémentaires, des délocalisations stratégiques, etc, etc.


              • zygzornifle zygzornifle 14 mars 2014 14:33

                Psychologue un métier réducteur de tête digne des Jivaros ....


                • JC (Exether) 14 mars 2014 14:44

                  « Les jeunes sont vraiment des petits cons. », une bien belle démonstration faite par des gens sérieux.
                  Prochain article : « Les pauvres sont des grosses feignasses ! » ??

                  Non, sérieusement, à l’heure où l’on se rend compte que de plus en plus l’entreprise et l’emploi ne constituent plus du tout un monde de réalisation mais détruisent et consomment l’individu (pression, stress, compétition, formatage, etc.), je pense que l’inadaptation des jeunes, au delà de toute généralisation forcément abusive, est plutôt source d’espoir : quand les entreprises ne trouverons plus d’esclaves formatés peut-être les règles changeront-elles.


                  • titi 14 mars 2014 17:34

                    «  qu’obtenir un diplôme n’offre plus une garantie de compétence adaptative, du fait que certains parviennent à mettre en place des stratégies de compensation qui leur avaient permis, au fil des années, de s’adapter au contexte de l’apprentissage scolaire, mais aucunement à celui de la vie active »

                    C’est une évidence. Obtenir un diplôme traduit juste la capacité à entrer dans le« moule » Education Nationale. La négation même l’agilité.


                    • ZenZoe ZenZoe 14 mars 2014 17:40

                      Les jeunes en déficience cognitive grave ? Ca alors, ça m’en bouche un coin et même plusieurs dites-moi, ce psychologue cognitif monsieur fabrice bak il est vraiment très fort et très intelligent lui. Sûrement pas au chômage.
                      ... mais attendez là, en parlant de chômage, et les autres qui en sont victimes alors, les seniors, les femmes, les gens-avec-un-accent-étranger, tout ça, tous des déficients cognitifs graves aussi ?


                      • chapoutier 15 mars 2014 06:22

                        bien sur !!!!

                        les jeunes sont responsables de leur chômage car ils sont décalés !

                        c’est tellement simple

                         ’’’’ le psychologue nous éclaire sur cette jeunesse décalée, désorientée et propose un lien avec le nombre élevé de jeunes chômeurs’’’’

                        et le simple fait que les jeunes soient sacrifiés purement et simplement ça ne vous parlent pas .


                        • klendatu 15 mars 2014 10:29

                          Curieux cognitiviste a oeillères que celui qui ne comprend pas que les stimulis pulsionnels sont a dessein diffusés dans le cadre de la logique de consommation généralisée. Les jeunes, a qui les repères symboliques sont délibérément ôtés, ne font qu’y répondre. Ceci dit, il ne faudrait peut être pas s’empresser de les croire tous dupes et régressés au seul principe de plaisir. 


                          Pour le reste, le fait qu’ils ne soient pas toujours aussi aisément « adaptables » est plutôt rassurant, en tout cas sur le plan humain. Ce seront toujours autant de grains de sable dans la machine a broyer managériale. 

                          • Wilemo Wilemo 15 mars 2014 11:53

                            En lien avec les commentaires précédents, l’auteur ne semble pas avoir compris l’opposition entre les facteurs psycho-sociaux et les facteurs socio-économiques du chômage.


                            En étudiant les facteurs cognitifs de façon rigoureuse (cad, que je ne mets pas en doute) liés aux causes/conséquences du chômage, la mauvaise logique est de vouloir s’attaquer à ces facteurs pour diminuer le chômage, via une méthode, un « dispositif ».
                            Car bien que le dispositif puisse être efficace sur la population qui y a accès, elle se contente in fine de mettre en concurrence les bénéficiaires du dispositif entre eux.
                            Et si tous ont accès au dispositif, tous ont auront, en moyenne, un accès égal à l’emploi. Et on pourra encore reporter la faute ailleurs. Pour ma part, j’ai bossé sur la confiance en soi du demandeur d’emploi, car la confiance en soi a un impact reconnu sur différentes caractéristiques (motivation, implication, ...). c’est très scientifique, très valide, mais ça n’interroge jamais, par exemple, les employeurs. Ce sont les chômeurs qui doivent s’adapter, toujours.
                            Comme l’école, mais sur des facteurs internes, les dispositifs psycho-sociaux du chômage sont un facteur de discrimination à l’embauche, qui fait monter l’ensemble de la société en compétence (compétences effectives pour l’employeur, toujours), mais qui n’ont pas le pouvoir de modifier le caractère éminemment compétitif du rapport à l’emploi.

                            Les chercheurs, courant après les missions subventionnées, s’intéressent aux problématiques selon leurs compétences, mais ne peuvent se permettre de mettre en question l’origine psychosociale du chômage (sous peine de considérer que leur intervention est caduque). C’est à cet endroit précis de la recherche (ce qu’on éclaire/ce qu’on laisse dans l’ombre) qu’apparaît l’idéologie dominante.

                            Wilemo, compétent sur les problématiques psycho-sociales du travail et des organisations, toujours en recherche de travail rémunéré (vous l’aurez compris, ce discours ne sied pas à l’emploi).

                            • Jean Keim Jean Keim 15 mars 2014 12:24

                              L’auteur fait mention d’un problème récurrent, la difficulté de compréhension et de raisonnement des nouvelles générations mais il y en a également un autre tout aussi préoccupant, le manque de capacité à rester concentré sur un sujet. J’ai fait ces constats régulièrement, au cours des dernières années de mon activité professionnelle de formateur dans le domaine de la sécurité dans les installations électriques.
                              J’ai le sentiment que l’utilisation de l’informatique joue un rôle prépondérant.
                              Sinon le chômage est simplement une situation conjoncturelle favorable à ceux qui en profite c’est une tautologie que de la dire.


                              • vesjem vesjem 15 mars 2014 15:28

                                @l’auteur
                                un , troll nouveau venu sur AV , déverse sa bile abjecte sur ces bons à rien de chômeurs ;


                                • Peretz1 Peretz1 16 mars 2014 13:18

                                  Quand l’auteur et beaucoup d’autres comprendront que le chômage, des jeunes et des autres, dépend avant tout des gains de productivité (robotisation), et de la croissance (investissements). Je ne vois vraiment ce que la psychologie vient faire là-dedans ! 

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Auteur de l'article

..Marco Munier


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