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Accueil du site > Actualités > Société > Comme à France Télécom...

Comme à France Télécom...

 "Le nouveau management impacte la santé du fonctionnaire" comme dirait l’autre dans la novlangue qui colonise tous les esprits (du journaliste télé au plus petit cadre fonctionnaire).

Ce qui se passe chez France-Télécom/Orange, est à l’œuvre dans toute la fonction publique française. La "Nouvelle Gestion Publique" (ou NMP management) sévit depuis au moins 3 ans dans tous les services publics : bureaux de douanes, centres des impôts, éducation nationale, hôpitaux, maisons de retraite, commissariats, palais de justice etc.

Ce poison venu des contrées ultra libérales outre atlantique est en train de faire imploser toutes les valeurs qui ont fait le socle républicain et si spécifique de la fonction publique française. Subrepticement, sans que jamais rien ne soit explicité aux fonctionnaires de base, on est passé d’une culture du bien public et de l’intérêt général à une démarche clientéliste.

Sans crier gare et en quelques années, les cadres intermédiaires, qui n’en demandaient pas tant, se sont vus bombardés MANAGERS, précipités sans formation et sans arme dans le bain acide de la culture d’entreprise globalisée.

Ces quinquas, entrés dans le fonctionnariat dans les années 70, avec un diplôme universitaire « classique » en droit ou en géographie, ont servi 20 ou 30 ans dans le giron d’une bureaucratie fière de ses valeurs communes « universelles » au service de tous, dans le respect sourcilleux de l’impartialité et de la dignité dans l’exercice de ses fonctions.

On leur demande aujourd’hui de se métamorphoser en leaders frais émoulus de HEC sachant magner toutes les techniques de la communication, de la conduite de projet, de la gestion des conflits, et d’accommoder le tout dans une langue « étrangère » mixant le franglais et les termes elliptiques issus des nouvelles technologies.

Ainsi la déroute massive de cette mutation chez les cadres de proximité, pousse mêmes certains déboussolés à adopter des comportements de harceleurs et pour la majorité, la mission est impossible. Alors la désagrégation devient inexorable et touche maintenant l’ensemble des services de la base au sommet dans l’indifférence générale et la cécité coupable des décideurs publics. 

Ce malaise catastrophique tient à la fois à l’absence de clarification des missions, des visions et des valeurs qui sous-tendent l’action des organisations administratives et à l’absence de partage de nouvelles valeurs communes car celles-ci n’ont pas été délibérées mais imposées.

Conséquence de tout cela, les agents de base se retrouvent en souffrance grandissante, toutes les solidarités interpersonnelles des collectifs de travail volent en éclat ; chacun cherche désormais un sens à son travail qui n’est plus évalué d’ailleurs qu’au travers de chiffres d’indicateurs totalement abscons et définis au sommet sans aucune justification.

Le sentiment douloureux de la perte de l’estime de soi et de l’assurance d’un travail digne qui s’empare des fonctionnaires français dans toutes les administrations et tous les corps, pourrait bien à terme miner irréversiblement les fondements de l’État français.

Jacques CEAUX Douanier (militant Solidaires Douanes)

 


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12 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 22 septembre 2009 12:19

    Bonjour Jean

    C’est très mal parti, en effet
    ça commence aussi à Edf

    « Certains n’arriveront jamais au bout » : C’est la conclusion du rapport aux cadres FT !(voir Médiapart)

    -Les ravages de l’idéologie managariale-
    __Discutable coaching

    -"On a laissé les managers gérer les conséquences psychologiques de l’organisation du travail en méconnaissant qu’elles pouvaient être sources de passage à l’acte. Or toute entreprise, publique ou privée, est tenue par le code du travail (article L4121-2, ex 230-2) à une obligation de résultat concernant la santé physique et mentale des salarié. France Télécom ne peut s’en exonérer. Il me semble que ces documents pourraient intéresser un juge. Je ne comprends pas pourquoi dans cette entreprise personne n’a rien dit. Pourquoi ni le CHSCT, ni les syndicats, ni les médecins du travail ne se sont emparés de ces documents ! Ça nous donne la mesure de la peur et du climat qui régne dans cette entreprise... Pour diffuser et observer ces modes de management, il faut que les managers soient dans un état effrayant de soumission, de docilité et d’adhésion à l’idéologie managériale... " (Marie Pezé-psychologue-)
    _________________________________

    -Comment France Télécom a formé ses cadres à l’art du dégraissage | Mediapart :


    • Paul Cosquer 22 septembre 2009 12:55

      On ne peut pas rester indifférent. Tout humain digne de ce nom ne peut que se battre comme il peut pour dénoncer l’écrasement de l’humain. Moi je crois au modem qui relie les humains mais je prends aussi mon bâton de pélerin de chansonnier. Certes, c’est Assurancetourix qui chante pour aller plus vite et réagir à l’actualité, mais beaucoup de gens écoutent car les mots sont vrais. Voici le dernier couplet de la chanson consacrée aux suicidés du fil :

      Sa main qui prend le combiné,
      Se montre prête à combiner
      On ne sait trop quel froid mobile,
      A l’ère des millions de mobiles,

      Et des portables insupportables,
      Quel est le progrès véritable
      Que tire l’humain de ces engins
      S’il ne sait plus tendre la main ?

      Les couplets précédents sont sous l’autre...fil !



      • Paul Cosquer 23 septembre 2009 11:26

        J’ai orchestré la chanson « France Teletombes » hier soir mais je n’ai pu la publier pour cause de mon 3ème album en attente de modération. Apparemment on ne peut pas soumettre un nouvel album sur jamendo.fr quand il y en a déjà un en attente. Souvent je trouve les systèmes ne vont pas assez vite pour moi, mais je m’y fais et je ralentis...

        Comme c’est du sérieux (je ne voulais pas gâcher le texte ni surtout nuire à la cause défendue et aux victimes) et j’y ai mis le meilleur et pour la première fois je suis content du résultat (cela dit, ce n’est toujours pas Mike Brant qui chante !). A découvrir demain sans doute sur jamendo.fr


      • Gourmet 22 septembre 2009 15:09


        Pour les libéraux, l’employés, le salarié c’est de la merde, c’est infâme. Pouah !
        C’est dire à quel point de schizophrénie ces gens-là sont arrivés.
        Sans employé pas d’entreprise donc pas de dirigeants.

        C’est une merde sans nom (juste un numéro) mais une merde que l’on agite volontiers lorsqu’il s’agit de d’éviter de payer une nouvelle taxe (ça va faire perdre des emplois sujet sensible chez nos élus sachant que de toute manière pertes provoquées d’emplois il y aura).

        Le libéral ne respecte que le plus fort que lui, le plus faible, il l’écrase encore davantage.
        On pourrait imaginer le rôle régulateur de l’état dans cet état de fait. Mais c’est sans compter le parti pris des parlementaires minés, harcelés par les représentants libéraux.

        db


        • titi 22 septembre 2009 17:48

          Pour les libéraux, l’employés, le salarié c’est de la merde, c’est infâme. Pouah !
          Non. C’est un rapport (création de richesse / super-brut)

          C’est dire à quel point de schizophrénie ces gens-là sont arrivés.
          Etes vous schizophréne lorsque vous comparer deux devis d’artisans ?

          Sans employé pas d’entreprise donc pas de dirigeants.
          C’est là ou vous vous trompez.
          Au niveau des grandes entreprises on ne dit pas « plus d’employés ». On dit plus d’employés dans les pays à couts élevés. Ce n’est pas pareil.
          Au niveau des petites entreprises, la non embauche est la garanties d’agilité et de longévité.


          • titi 22 septembre 2009 17:57

            Ces quinquas, entrés dans le fonctionnariat dans les années 70, avec un diplôme universitaire « classique » en droit ou en géographie, ont servi 20 ou 30 ans dans le giron d’une bureaucratie« 
            Je reconnais que ce doit être dur... 

             »ses valeurs communes « universelles » au service de tous« 
            Là je commence à rire.

             »dans le respect sourcilleux de l’impartialité et de la dignité dans l’exercice de ses fonctions."
            Là je me marre complétement.

            Je ne vais pas vous citer tous les cas de traffics (de marchandises (merci les douanes et le PG du coin), d’influence (merci les syndicats)) dont j’ai pu être le témoin.
            Le moindre patron de PME ferait le quart de ce qui se passe dans la moindre DDE qu’il serait inculpé d’ABS et voué aux gémonies des bien pensants.

            L’administration a besoin d’une chose : un grand coup de balai... sur les méthodes, les habitudes.... et peut être bien sur les hommes.


            • titi 22 septembre 2009 18:01

              Je reposte because l’éditeur beugouille...

              Ces quinquas, entrés dans le fonctionnariat dans les années 70, avec un diplôme universitaire « classique » en droit ou en géographie, ont servi 20 ou 30 ans dans le giron d’une bureaucratie« 
              Je reconnais que ce doit être dur... 

               »ses valeurs communes « universelles » au service de tous« 
              Là je commence à rire.

               »dans le respect sourcilleux de l’impartialité et de la dignité dans l’exercice de ses fonctions."
              Là je me marre complétement.
              Je ne vais pas vous citer tous les cas de traffics (de marchandises (merci les 
              douanes et le PG du coin
              ), d’influence (merci les syndicats)) dont j’ai pu être le témoin.

              Le moindre patron de PME ferait le quart de ce qui se passe dans la moindre DDE 
              qu
              ’il serait inculpé d’ABS et voué aux gémonies des bien pensants.

              L
              ’administration a besoin d’une chose  : un grand coup de balai... sur les méthodes
              les habitudes.... et peut être bien sur les hommes.


              • amipb amipb 22 septembre 2009 21:59

                La réforme pour la réforme n’a jamais amélioré la moindre situation. Il me semblerait normal que, pour réformer une société, on se définisse d’abord un but qui rentre dans sa fonction : éviter, par exemple, de vouloir faire des bénéfices avec les hôpitaux.

                Lorsque l’on regarde les réformes en cours, on se rend compte que l’état ne veut plus dépenser l’argent récupéré au travers des impôts pour investir dans l’éducation et autres services publics, et qu’en plus il cherche à rendre ces services rentables. Dites-moi, croyez-vous que s’ils le deviennent un jour les impôts baisseront et que les bénéfices seront réinvestis dans les communes ou régions ? Belle naïveté.


              • iris 23 septembre 2009 11:23

                Dans le privé on a l’habitude du harcèlement et autres hulmiliations...
                mais il faut reconnaitre que jusqu’à une certaine époque les fonctionnaires de FT-EDF ou autres faisaient souvent envers les entreprises privés et leurs employés preuve de leur puissance et parfois mépris-Ils se sentaient un peu supérieurs car bien sur ils pouvaient mieux se défendre car + nombreux et syndicats-et peut etre y a til eu abus-
                pour FT maintenant c’est le grand foutoir et pour avoir un interlocuteur valable au téléphone faut se lever tot et dépenser bcp de téléphone-
                il ya juste milieu dans tout et le bon sens a disparu


                • Gasty Gasty 23 septembre 2009 12:13

                  @ l’auteur

                  Bref ! il n’est pas donné à tout le monde d’être un salaud du jour au lendemain. Faut avoir fait les hautes études.


                  • caramico 23 septembre 2009 14:13

                    et puis un fonctionnaire qui se suicide, ça fait un poste de moins :
                    Combien il veut en supprimer, l’autre ?


                    • passant 15 octobre 2009 15:59

                      L’excès en toute chose est malsain : une réforme apparaissait souhaitable, ce sont les conditions dans lesquelles elle est menée qui peuvent apparaître problématiques...
                      Sans souscrire aux propos tenus, qu’il convient très certainement de relativiser en fonction du vécu de l’auteur, l’évolution de l’administration française appartient aux citoyens de ce pays : ce sont eux qui décident, au travers des élus politiques qu’ils se donnent, de son avenir. Il faudra sans doute que les générations futures assument les choix actuels en la matière....

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