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Accueil du site > Actualités > Société > « Connais-toi toi-même » : des conneries

« Connais-toi toi-même » : des conneries

L’arnaque dure depuis trop longtemps.

On était en 1755. Rousseau glosait : « La plus utile et la moins avancée de toutes les connaissances humaines me paraît être celle de l'homme, et j'ose dire que la seule inscription du temple de Delphes contenait un précepte plus important et plus difficile que tous les gros livres des moralistes. » Un vieux machin, cette inscription, passée des Grecs à la Chrétienté jusqu’aux Bouddhistes, tout le monde semble la défendre avec ardeur comme la clé de la compréhension du petit mystère de la société, du Grand Mystère de la Vie. Si vous avez un compte Facebook, vous êtes peut-être comme moi souvent envahis de leçons de bien-être toutes fondées sur cette unique inscription qui ne sont en fait que des conneries, une pensée unique qui se déverse avec la plus modeste des vigueurs pour dissimuler une agressivité d’un degré équivalent à celle des fanatiques de la Société Ouverte. Ardemment, quelques-uns de vos amis se feront l’intermédiaire de « La solution est en vous » et d’autres pages d’imposteurs qui visent à vous amener la paix sur un plateau – et s’il y en a un dont les citations abondent dans cette confrérie de solipsistes, un que j’exècre plus que tous les autres, c’est Paulo Coelho, ses phrases sonnent comme des slogans publicitaires pour des barils de lessive, à part que lui il est là pour salir le corps et l’esprit.

Développement personnel, qu’ils appellent ça. C’est pas mal, mais c’est tellement moins ambitieux que le développement impersonnel. Le développement personnel permet à des monades de se rencontrer sur le vaste marché de la spiritualité moderne. Je préfère le développement impersonnel (je pourrais dire collectif, mais j'ai pas envie, parce que collectif ça engage encore les gens à exister au-delà de leur vie, de leur petit passage). Le développement impersonnel permet de forger des épées, de construire des fusées, de concevoir Internet, d’arroser plus d’herbe plus vite à plusieurs pour que les fleurs poussent autour des rochers qu’elles protègent de l’érosion. Il permet de faire corps. T’es pas là tout seul à admirer un spectacle, non, tu fais partie, tu es acteur, ou pas, tu interviens, ou pas. Tu contemples, tu agis, tu fais quelque chose, tu ne fais rien. Tu parles, ou pas. Quand c’est personnel, chacun passe son contrat avec qui il veut, chacun est libre de nourrir l’autre, chacun est libre d’affamer l’autre, chacun est libre de penser dans son coin, et rien n’a d’incidence. Quand c’est impersonnel, tu n’as pas à t’inquiéter si la nourriture vient à manquer, parce que toi et les autres avez bâti un système pour éviter ça. Tu évites la vraie terreur, qui survient quand tu n’as rien à boire et rien à manger, et que tu ne peux plus courir pour sauver ta peau. Alors, imagine un peu ce que serait le monde qui appliquerait le développement impersonnel au-delà de l’agriculture et de l’industrie, qui l’appliquerait dans sa tête, à la place du développement personnel. Imagine un monde où le débat se déplacerait des questions spirituelles et métaphysiques aux questions les plus concrètes et les plus pratiques. Imagine si on commence à débattre de l’enclos de Rousseau, des 62 personnes qui détiennent autant que 3,5 milliards d’autres. Mais il est trop difficile d’en discuter. La propriété du développement doit rester privée, au mieux familiale, en tout cas personnelle, parce qu'elle n'est pas distinguée de la propriété des biens qui en sont issus, et parce que tout le monde attend son héritage.

A tous ces tenants d’un individualisme qui bâtissent une Eglise fondée sur le même vent que la théorie économique de l’offre, j’ai juste envie de leur hurler dans la figure à chacun en leur foutant des baffes : « ne te connais pas toi-même, connais les autres ». Pas l’autre ou l’Autre, dans son abstraction, dans ce qu’il peut avoir de sacré, mais les autres, dans toute leur diversité, les autres, qui parlent une langue différente, qui vivent dans un pays différent et qui ne sont pas pressés de le quitter pour échapper à la guerre et retrouver le premier magasin Zara ouvert pour s’acheter de quoi ressembler au premier crétin occidental venu, comme si Zara n’avait pas de magasins en Chine, en Inde ou bientôt en Alaska. Les autres, ceux qui restent chez eux et se battent pour être eux-mêmes, qui ont du sang sur les mains, et qui se foutent bien de savoir si l’herbe est plus verte chez le voisin. Prends tes pieds, ta voiture, ton bateau, ou ton avion, et va visiter, et ne ramène rien. N’échange rien. Donne, et ne reçois que ce qui t’est donné. Tu n’as pas besoin de te connaitre toi-même pour savoir ce que tu donnes, ce que tu donnes, c’est ce que tu as chez toi, et même ça, tu n’as pas besoin de savoir ce que c’est. C’est là, et si tu dois en faire quelque chose, une voix en toi te commandera de le faire. Et il n’y a que toi et les autres qui croiront que cette voix c’est la tienne. Surtout quand tu refuseras de donner ou de prendre ou de faire, ce qui revient au même. On donne toujours l’impression d’être quelqu’un, qu’on dise oui, non, peut-être, peut-être pas. Tu es intégré par défaut, quoique tu fasses tu auras droit à ta tombe en partant. Mais on donne surtout l’impression d’être quelqu’un quand on a quelque chose à donner ou à prendre. Si tu ne te connais pas toi-même, si tu connais les autres, leur histoire, l’histoire de ce qui s’est passé avant toi, tu seras un être humain dans sa finitude, enfanté par un autre être humain dans sa finitude. Si tu te connais toi-même, tu prends le risque d’en rester à des stéréotypes transmis par l’Histoire officielle, celle des héros, celle des grands personnages, celle des aristocrates, celle des propriétaires de la terre. Ces mythes qu’on apprend à l’école, qui ont toujours un goût d’inachevé. Connais les autres, et sème à travers les champs du monde avec eux.

Dès que je l’ai lue, j’ai aimé la phrase de Schopenhauer : « L'homme peut certes faire ce qu'il veut, mais il ne peut pas vouloir ce qu'il veut. » Elle dit tout le mystère en quelques mots. Mais surtout, elle dévoile lumineusement l’imbécillité profonde du programme socratique habituel qui fait le beurre des philosophes de tout poil (en dehors du Nazaréen anarchiste qui disait « aime tes ennemis », et qui disait surtout « aime ton prochain comme toi-même », une façon de dire à celui qui ne s’aime pas lui-même « tu as tout à fait le droit de rester à l’écart si ça te chante », ou mieux encore « si tu te détestes toi-même, il t’est légitime de détester ton prochain »). Si tu ne peux pas vouloir ce que tu veux, il est alors temps de renoncer à connaitre ton toi intérieur, il est alors temps de renoncer au questionnement, au clivage. Et il devient urgent de suivre ce qui se passe plutôt que ce que tu veux. De n’accepter que des réponses, de prendre des briques et de construire. Ou de les lancer sur ton prochain, si c’est ce qui te chante. Tu n’as pas à être esclave d’un sentiment de paix ou de sagesse, si c’est la guerre que tu veux, si c’est la guerre que tu dois avoir, tu dois faire avec. Tant pis pour l’autre, s’il peut être un objet d’affection, il peut aussi être un sujet de haine. Tu es libre. Tu peux même mentir si tu veux, et essayer de briser la vie des gens qui t’aiment, ça ne te coûte rien et si ça marche, ça peut te donner de profondes satisfactions, dont le caractère éphémère ne doit pas t’effrayer à l’avance.

Rousseau dit une chose et son contraire dans sa phrase que j’ai citée là haut dans ce premier paragraphe dont l’écriture il y a quelques minutes est déjà le lointain souvenir de la personne que j’étais et que je ne suis déjà plus. Si on veut faire avancer la connaissance de l’homme, pourquoi s’en tenir à se connaitre soi-même ? Pourquoi rester là à lire ce texte ? Pourquoi rester là et l’écrire ? (et « pourquoi pas ? » aussi, tiens !) Il est temps de se débarrasser de toutes les « -ogies » et de tous les « -ismes », ces outils encombrants qui croient servir pour la connaissance de l’homme, biologie, écologie, psychologie, sociologie, technologie, capitalisme, communisme, tourisme, nazisme, sadisme, et le pire de tous, humanisme. Ce n’est pas l’homme que tu dois chercher à connaitre, cet homme mouvant, capricieux, qui aime la mode et l’imitation, c’est la nature, active, vive et productive. Tu pourras en déduire des lois si ça te chante, tu pourras en déduire des vérités, des mensonges, tu pourras t’en servir ou t’en défaire, ta conscience ne doit rien à ton désir. Du moment que tu n’oublies pas qu’il est préférable de connaitre les autres plutôt que toi-même, tu resteras libre et mouvant. Tu pourras mentir comme si de rien n’était. Tu pourras faire du mal à la personne que tu aimes, à la personne que tu détestes, à la personne pour laquelle tu ne ressens rien, pour faire avancer tes pions en bon politique ou par l’altruisme le plus désintéressé, ou même plus simplement parce que. Tu pourras vivre. Et un beau matin, la sagesse s’imposera à toi. Il s’agit de faire confiance à tes actes, et non à tes pensées. Tu n’auras pas à chercher la sagesse ou à essayer d’être son ami. L’expérience te la donnera.

Socrate, qui reprit l’accroche du temple, était le premier des idiots, le premier des manipulateurs. Il disait qu’il ne savait rien, il feignait l’ignorance pour imposer sa manière de poser des questions. Et il a engendré une lignée de disciples de plus en plus idiots qui ne sont plus là que pour camoufler leur impuissance systémique à régler les problèmes politiques et écologiques de notre temps, et à encourager les autres à les imiter sous couvert d’apaisement et de bien-être. Ils sont tellement bêtes qu’ils m’encourageraient presque à essayer de me connaître moi-même plutôt qu’à essayer de les connaître eux. Mais alors, je n’aurais jamais écrit contre eux, pour eux, peut-être même avec eux ; et j’aurais perdu mon temps.


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51 réactions à cet article    


  • JL JL 21 juin 08:57

    Je me disais : un type qui déteste la littérature de Paulo Coelho et qui semble avoir quelque chose à dire mérite qu’on s’ attarde.

     
     Hélas, ce type qui traite, sans aucune forme de procès, Socrate d’idiot m’a fait perdre mon temps.
     
     Désolé.

    • Enabomber Enabomber 21 juin 09:16

      @JL
      Rien à ajouter, sinon que si l’auteur avait lu le Monde comme Volonté et Représentation, du Schopenhauer qu’il cite, il aurait compris qu’il ne peut connaître les autres qu’à travers sa propre représentation du monde, et que par conséquent s’il ne commence pas par se connaître lui-même, on peut bien se demander où il va aller.


    • JL JL 21 juin 09:33

      @Enabomber,

       
      Nicolas Ernandez qui accuse Paulo Coelho de solipsisme devrait apprendre que ce délire n’est pas sans rapports avec le déni du socratisme.

    • Enabomber Enabomber 21 juin 09:55

      @JL
      En tout cas, le texte ressemble à l’accroche d’un « nouveau » produit marketing.


    • Nicolas Ernandez Nicolas Ernandez 21 juin 19:45

      @Enabomber
      LOL, exactement. J’ai voulu écrire quelques formules toutes faites dans l’espoir qu’elles deviennent cultes et qu’elles ornent quelques panneaux Facebook. Et un jour, peut-être, je pourrai réclamer des droits d’auteur sur un texte publié sur un média gratuit.


    • Ratatouille Ratatouille 21 juin 21:49

      @JL
      Hélas, ce type qui traite, sans aucune forme de procès, Socrate d’idiot m’a fait perdre mon temps.
      .
      mais tu m’en à fait gagné ,je t’en doit une (j’ai pas lu l’article)
      merci aux autres aussi ,enabomber,taverne ,les vrais intellectuels
      de ce site
       smiley


    • Taverne Taverne 21 juin 09:16

      Le précepte « connais-toi toi même » inscrit au fronton du temple d’Apollon est le conseil le plus intelligent qui ait jamais été donné. Seulement il faut savoir l’analyser. Que recommande ce précepte ? En voici une illustration selon la théorie du « dimensionnisme du bonheur » (version actualisée).

      1 - de tirer le savoir de la connaissance de soi,
      2 - de dimensionner la liberté pour en faire, à son niveau , l’autonomie,
      3 - de domestiquer la force pour en faire un pouvoir sur soi-même,
      4 - de transformer ses pulsions en désirs.

      Cet en dimensionnement donne ceci :« prends le pouvoir sur toi-même pour créer la loi de ton autonomie, choisis tes désirs et bâtis ton savoir ! »

      Ces quatre exemples montrent que l’on passe, avec ce précepte, de la nature brute, à la dimension personnelle du Soi. Ce n’est qu’une partie de l’enseignement pratique du précepte. L’autre partie est dans le tome 3 en préparation (désolé, je ne veux pas la divulguer en son état de brouillon).

      Je dis aussi que ce précepte qui invite à la connaissance a permis d’engendrer le cogito qui, lui, fonde la démarche du savoir (je sais que je pense et je sais que je suis...). Sans ce précepte, point de cogito car Descartes l’a bien monté : il a fondé toute sa méthode sur la connaissance de soi.


      • bibou1324 bibou1324 21 juin 09:39

        Je vais certainement me prendre des baffes, mais je suis un individualiste. Je me fiche complètement de connaitre l’autre. Je me fiche complètement d’avoir un système qui permet à chacun de survivre en étant rassuré sur la pérennité de la situation. Je me fiche complètement d’échanger avec mon prochain.


        Cet individualisme qui est le mien n’est pas un choix de ma part. C’est ce que je suis. C’est ce que veut être mon être. Je me sens bien lorsque je médite seul dans la nature, je déteste le contact des gens, je déteste parler. Ce n’est pas une phobie, c’est un goût.

        Les gens ont des goûts, des aspirations différentes. Vous voudriez que chacun ait une volonté de vivre en communauté. Vous voudriez que chacun ait envie d’échanger, de découvrir l’autre. Ce n’est pas le cas. N’essayez pas d’imposer votre « monde idéal » aux autres. C’est votre monde idéal, pas forcément celui des autres.

        Pour moi, se connaitre soi même est d’une importance vitale. Car c’est un précepte qui correspond à mes valeurs, à mon goût. Et qui n’a rien avec vos errances sur les héros ou je ne sais quoi. Se connaitre soi même c’est connaitre les limites de son corps et de son esprit, c’est au contraire être humble, savoir que l’humain est un animal faible mais a pourtant des capacités étonnantes lorsqu’on le pousse un peu. 

        Ce n’est que si on se connait soi même que l’on peut accepter que les autres fonctionnent sur un système différent du sien.

        • Nicolas Ernandez Nicolas Ernandez 21 juin 19:43

          @bibou1324
          C’est marrant, parce que je ne suis pas enclin à supporter la présence des autres longtemps moi non plus, et j’ai souvent besoin de solitude. Je ne me décide pas à savoir si j’aime ou si je déteste les autres, et cela me va très bien comme ça.
          Si vous avez trouvé un chemin qui vous plait, c’est très bien pour vous. Faites gaffe aux pierres par terre quand même.


        • César Castique César Castique 21 juin 09:46

          «  L’homme peut certes faire ce qu’il veut, mais il ne peut pas vouloir ce qu’il veut.  »


          Henri Laborit écrit la même chose, en ayant suivi un tout autre chemin, celui du neurobiologiste dans le chapitre « Liberté » de son « Eloge de la fuite ». 



          • gaijin gaijin 21 juin 09:53

            @ l’auteur
            et si tu ne te connais pas pas toi même comment connaitra tu les autres ?
            comment découvrira tu que tu n’est pas une pensée nombrilisante mais un être relationnel multidimensionnel ......................
            comment comprendra tu que tu est l’humanité, que ta souffrance est celle de toute l’humanité et que toute souffrance de l’humanité est ta souffrance ?
            comment ?


            • Nicolas Ernandez Nicolas Ernandez 21 juin 18:49

              @gaijin
              Je ne peux pas le comprendre justement, et je cherche à te faire reconnaitre que tu ne le peux pas non plus. L’accès à la perception d’un autre est impossible. Prétendre que par ma connaissance de moi-même je puisse accéder à la connaissance de l’autre est un raccourci de langage et de posture qui me semble politiquement dangereux. Pour comprendre la souffrance de quelqu’un, il faut qu’il l’exprime. Cela suppose que l’autre comme moi ait accès à ce qu’il ressent de lui-même, mais un être relationnel multidimensionnel est par principe un être de doute, et il ne peut donc pas se connaitre lui-même.


            • gaijin gaijin 21 juin 19:31

              @Nicolas Ernandez
              « L’accès à la perception d’un autre est impossible. »

              si et ça n’est pas parce que vous ne savez pas faire que ça n’existe pas mais je ne parlais même pas de ça
              quand vous êtes allé au fond de votre fonctionnement vous savez que l’autre a le même ( fondamentalement les différences sont marginales )

              « mais un être relationnel multidimensionnel est par principe un être de doute, et il ne peut donc pas se connaitre lui-même. »
              vous confondez avec un être mental bloqué dans ses pensées ......quand on laisse le « sentiment » faire son travail il n’y a pas de doute, c’est quand la pensée s’occupe de ce qui ne la regarde pas que l’on se demande est ce que je ressent bien ceci ou cela


            • Alpo47 Alpo47 21 juin 09:57

              Je regrette de dire, comme les commentaires précédents, que l’auteur n’a rien compris au sens de la Vie. Il peut bien traiter tous ceux qui ne pensent pas comme lui d’ignorants ou d’imbéciles, il n’en demeure pas moins qu’il passe lui à coté et n’a pas compris l’essentiel, donc ...

              L’humanité n’a la moindre chance d’évoluer -et d’échapper à la dictature que le système en place veut imposer- qu’au travers d’une évolution individuelle, dont la finalité devrait être : « Je Suis... J ’existe » . A partir de là seulement pourra s’installer ... autre chose (?) qui rejaillira sur le collectif.

              D’ailleurs, que peut bien chercher l’auteur au travers de ce texte et de ceux -souvent provocateurs- qui l’ont précédé ? Je diras ... à EXISTER.
              Marrant, non ?


              • sparker808 (---.---.48.194) 21 juin 12:04

                « @Alpo47
                 »L’humanité n’a la moindre chance d’évoluer -et d’échapper à la dictature que le système en place veut imposer- qu’au travers d’une évolution individuelle, dont la finalité devrait être : « Je Suis... J ’existe »« 

                Vous êtes sur que même »l’être" peut se distinguer, exister et donc se savoir, en dehors du contexte ?
                Connais toi toi-même implique forcément seul ?


              • Alpo47 Alpo47 21 juin 15:05

                @sparker808
                Je pense qu’Etre est une démarche-recherche individuelle, une re-connexion, une certitude intérieure,
                un ressenti profond qui va nous inciter à exprimer : «  »Je Suis« .
                Etre nous relie à ce qu’il y a de plus profond en nous, quel que soit notre environnement, notre vie, nos difficultés ....

                Quelqu’un a dit un jour : »Nous ne sommes pas des êtres de chair qui cherchent la lumière, nous sommes des Etres de lumière, momentanément prisonniers d’un corps de chair".
                C’est cela que nous devons retrouver. A partir de là, nous changeons, notre vie change et le monde autour de nous change également.


              • Nicolas Ernandez Nicolas Ernandez 21 juin 18:57

                @Alpo47
                Etre n’est pas une manière d’être. Dire « je suis » c’est simplement se rendre compte que « je suis ». C’est un acte porté par le langage qui ne dit pas la réalité qui est « je suis », parce que « je suis » même quand je ne le dis pas, mon corps et mon âme sont là, et je n’ai pas à justifier mon existence par le langage ou par mon affirmation individuelle ou par ma lutte pour la survie. Je n’ai pas à affirmer mon existence personnelle et individuelle, parce que ma présence seule parle pour moi, et je ne dis pas ça seulement pour moi, mais je le dis pour tous les autres. C’est pour cela que le conflit, la guerre même, sont des moyens sociaux nécessaires, non pour régler des problèmes économiques ou d’accès à la matière, mais pour faire reconnaitre que « je suis » ou que « on est » quand une telle perception arrive à survenir par la grâce d’une cause commune. Le ressort psychologique d’un comportement conflictuel n’est pas important en soi, or il est souvent utilisé contre la personne en colère, alors même que cette personne en colère peut l’être non par défaut de connaissance d’elle-même par elle-même, mais par défaut de reconnaissance d’elle-même par les autres.


              • cevennevive cevennevive 21 juin 10:35

                Bonjour à tous,


                Il ne suffit pas de se connaître soi-même, il faut aussi « s’accepter soi-même », ne pas se rebeller contre ce que la nature nous a donné à la naissance.

                C’est le seul moyen de vivre en paix avec soi, avec sa nature profonde.

                C’est aussi un principe de bonne santé.

                Arriver à dire sans envie ni acrimonie : « certaines choses ne sont pas pour moi », « Cela ne me convient pas », « cela me fait mal, je n’y touche pas », est le summum du bien-être.

                Connaître sa nature est très bien, mais l’accepter et en faire une règle de vie est bien plus profitable.

                croyez-moi, cela ne se fait pas tout seul. Il faut quelques années de vie et de travail sur soi-même pour y arriver.

                Bien à vous tous.


                • Enabomber Enabomber 21 juin 10:56

                  @cevennevive
                  Il faudrait demander leur avis là-dessus aux gamins qui extraient des terres rares pour faire tourner nos portables.


                • cevennevive cevennevive 21 juin 11:50

                  @Enabomber, bonjour,


                  Hélas ! 

                  Là, nous ne parlons pas d’esclaves ou de peuples maltraités, et je vous l’accorde article et commentaires sont écrits par des gens libres dans leur corps et dans leur tête. Ces considérations philosophiques sont des préoccupations de nantis...

                  Mais si l’on me demandait mon avis, il n’y aurait plus de petits enfants travaillant dans les mines, ni de misère. Je ne peux qu’en souffrir en essayant de ne pas trop y penser. Car les salopards qui profitent de leur prochain pour faire de l’argent sont immondes. Et il y en a tant de par le monde !

                  Et, moi, minimaliste, je n’arrive pas à acheter un quelconque truc fait là-bas sans un arrière goût de repentir (mon ordinateur sur lequel je vous écris par exemple, et qui me permets de vous parler).

                  Bien à vous.


                • sparker808 (---.---.48.194) 21 juin 12:00

                  @cevennevive
                  Il est juste à espérer que dans l’ignominie de ces intentions, l’humain cupide (pour faire vite) construise son propre tombeau.


                • Enabomber Enabomber 21 juin 12:29

                  @cevennevive
                  En fait, le point sur lequel je voulais insister, c’est que finalement la nature est loin d’être la seule responsable de ce que nous sommes, et que de plus elle distribue aveuglément, ce qui réduit encore sa responsabilité. Pour tout le reste, c’est-à-dire en gros pour ce qui dépend de la société, se rebeller est au contraire un devoir, on doit le faire si ce n’est pour soi au moins pour les autres. Le « certaines choses ne sont pas pour moi » par exemple, j’y adhère entièrement, mais il faut toujours refuser le « on a décidé que certaines choses ne sont pas pour moi », c’est une nuance que l’éducation devrait nous enseigner si nous voulons conserver la liberté de nos choix et la justice. L’exemple des mines résume l’absence des deux.


                • cevennevive cevennevive 21 juin 12:50

                  @Enabomber


                  Oui ! cent pour cent d’accord.



                • Hermes Hermes 21 juin 11:27

                  Ami, pour te connaître toi-même, c’est simple : vois comment tu traites autrui, car c’est comme ça que tu parles de toi.


                  • sparker808 (---.---.48.194) 21 juin 11:56

                    Oui je suis d’accord aussi pour pointer le « spiritualisme égocentrico/narcissique » qui est véhiculé par une culture qui à trouvé son paroxysme dans le « new âge » par de bons mots, un peu dépassé il me semble de nos jours, quoique la posture dite « bo-bo » puisse s’y reconnaitre aujourd’hui.
                    Après il me semble que vous y allez à pleine large pelletée à partir d’une réaction qui vous est personnelle, un dégout, qui donne l’impression que vous donnez la primeur à l’impulsion.
                    Je connais, si je vous ai bien compris au travers de votre texte (! !!), des personnes qui sont dans cette forme d’expression d’être, tourné vers l’autre, presque exclusivement (sans introspection apparente). Cela me fascine car je ne le suis pas autant. Ce que je constate en définitive est que cela les renvoient tôt ou tard à eux-mêmes et cela qu’ils le veuillent ou non et les « contraints » à prendre connaissance objectivement d’eux-mêmes et parfois la « dépression » relationnelle n’est pas plus évidente par sa charge que celui qui la vit mesurément, question de point de vue ou de vie.
                    Je crains donc que vous ne soyez dans une mouvance qui se construit sur l’imposture des relations « libres et non faussées » qui se croient authentiques, qui pour ma part sont un nouveau leurre.
                    Votre sujet est intéressant mais votre texte trop.... impulsif/compulsif, il faudrait certainement élargir certaines approches.
                    Merci de l’avoir écrit quand même.


                    • Nicolas Ernandez Nicolas Ernandez 21 juin 19:03

                      @sparker808
                      Cette approche compulsive et hyperbolique était voulue (et à vrai dire, je me fais plaisir comme ça, si j« écrivais de façon plus introspective, je finirais par mourir de lassitude). Je suis aussi fasciné que vous par les personnes qui sont absolument tournées vers l’autre sans introspection apparente. Je me demande comment elles font, il est vrai. Mais je ne crois pas non plus dans les relations »libres et non faussées", car une relation est forcément pour une part dépendance et contrainte. Il y a toujours contrat, même non écrit.
                      Je vous en prie.


                    • Zolko Zolko 21 juin 12:00

                      Ben, si c’est avec ce genre d’article que l’auteur veut prouver qu’il n’est pas un vaurien, c’est pas gagné. Dire que Socrate était un idiot alors qu’il n’a pas existé ailleurs que dans les écrits de Platon, faut le faire. Rarement lu autant d’ignorance et d’arrogance que dans cet article.


                      • Albert123 21 juin 12:40

                        on aimerait des articles rédigés par des intellectuels on aura droit le droit qu’a une purée vomie par des idéologues gauchistes incultes, persuadés qu’un diplôme bidon de fac fait d’eux des êtres dignes de publier leur « pensée ».


                        à ce rythme là, il faudra pas 5 ans pour que BHL et Hanouna deviennent les seuls maîtres à penser d’une France en totale perdition.

                        Les jeunes, a moins de se complaire dans la médiocrité, fuyez les facs qui sont devenus de véritables fabriques d’idiots.

                        • Hétérodoxe 21 juin 13:09

                          Soit l’auteur n’a rien compris à Platon, soit c’est moi. Mais Socrate un idiot (et manipulateur, ce qui paraît antinomique) et le chantre de l’individualisme ??!!
                          Son « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien » est un peu plus subtil, à mon sens, qu’une simple ode à l’ignorance et à l’individualisme.

                          Je l’interpréterais plutôt comme un « C’est grâce à la conscience de mon ignorance dans un domaine que je peux être poussé à combler mes lacunes et ainsi à progresser » contre ceux qui prétendent tout savoir et qui, in fine, ne savent bien souvent pas grand chose.

                          Maintenant, pour aller se payer Socrate, il faut être soit sacrément balèze, soit complètement inconscient .... Mon coeur ne balance pas.


                          • Neymare Neymare 21 juin 15:24

                            @Hétérodoxe
                            «  C’est grâce à la conscience de mon ignorance dans un domaine que je peux être poussé à combler mes lacunes et ainsi à progresser »

                            A mon sens c’est plus : « ce monde est une illusion totale, donc tout ce qu’il m’a appris est caduque, donc je ne connais rien », c’est le préalable indispensable à l’acquisition de la véritable connaissance.


                          • Enabomber Enabomber 21 juin 15:26

                            @Hétérodoxe
                            Ne rien savoir, c’est aussi se nier le droit de décider pour les autres sous prétexte qu’on sait. Quelques dizaines de siècles de religion ont montré ce que ceux qui savent pour nous sont capables d’en faire.


                          • Hétérodoxe 21 juin 20:01

                            @Enabomber
                            J’adhère à vos deux interprétations.
                            Et c’est bien pour ça que j’adore cette phrase de Socrate : elle est pleine de sens.


                          • soi même 21 juin 14:01

                            Merci l’auteur [ A tous ces tenants d’un individualisme qui bâtissent une Eglise fondée sur le même vent que la théorie économique de l’offre, j’ai juste envie de leur hurler dans la figure à chacun en leur foutant des baffes : « ne te connais pas toi-même, connais les autres ». ]

                            Je croie que nous avons une nouvelle école de philosophie, la philosophie coup de poing avec Bothul et crie d’Ofraie, nous avons maintenant le Maître philosophe dut « ne te connais pas toi-même, » Bref tu beau linge filochefique..... !

                              smiley


                            • Rincevent Rincevent 21 juin 14:11

                              C’est dommage, ça commençait pas trop mal cette critique d’une « connaissance de soi » qui a viré vers une consommation de plus, avec ses gourous, ses prêt-à-penser, son nombrilisme bien dans l’air du temps. Sur ce sujet, l’auteur aurait eu tout bénéfice à lire Christopher Lasch (la culture du narcissisme) pour étayer un peu son sentiment : https://fr.wikipedia.org/wiki/Christopher_Lasch

                              Au lieu de ça, il raye Socrate d’un coup de clavier, tout simplement ! Au final, un article « coup de gueule » qui n’apporte pas grand chose à un sujet qui méritait mieux.


                              • Nicolas Ernandez Nicolas Ernandez 21 juin 19:14

                                @Rincevent
                                J’ai lu Christopher Lasch. Mais ce n’est pas lui l’inspiration pour ce texte (vous dire qui est l’inspiration de ce texte ne vous apporterait pas grand-chose).
                                Je ne raye pas Socrate d’un coup de clavier, bien au contraire, sinon il n’apparaitrait même pas dans le texte. Ce que je veux dire, c’est qu’une idée inscrite anonymement sur un temple est destinée à pourrir quand elle prend un nom, ici, celui de Socrate, qui est passé à la postérité, alors que l’homme a fait l’objet d’un procès avec les conséquences que l’on sait. Je déteste les arguments d’autorité. Être sur une croix ne fait pas de vous un Messie, boire la ciguë non plus. Et quand on pose un nom sur une idée, on mythifie le nom, on fait Histoire (avec un grand H, celle qu’on apprend aux enfants plus pour les impressionner que pour les éduquer), et on instrumentalise l’idée. Que l’idée vienne de Socrate ou de BHL, qu’importe. Ce que je veux simplement dire, c’est que le prestige de l’énonciateur n’est pas intéressant. Si cette idée a survécu, c’est qu’elle est digne de valeur. Si elle a été instrumentalisée, c’est qu’elle fait partie d’un héritage sur lequel chacun cherche à récupérer ses impôts.


                              • Etbendidon 21 juin 14:14

                                Et ben le petit Nicolas t’en prends plein les mirettes
                                 smiley
                                Tu as le meme prénom que SARKOZY et ce n’est pas étonnant

                                Quand quelqu’un lui a cité la phrase « connais toi toi meme et tu connaitras l’univers et ls dieux »
                                sarko répondit : jamais entendu quelque chose d’aussi CON !
                                 smiley


                                • Wakizashi Wakizashi 21 juin 14:47

                                  Je passe sur les commentaires précédents, auxquels je m’associe pour la plupart. Histoire d’éviter une redondance, je voulais aborder la question sous un regard légèrement différent.


                                  « Le développement personnel permet à des monades de se rencontrer sur le vaste marché de la spiritualité moderne. »


                                  Comme l’auteur est titulaire d’une maîtrise en sociologie, il a peut-être entendu parler des travaux d’un sociologue américain, Paul Ray. Avec une collègue psychologue (Sherry Anderson), ils ont mis en évidence l’apparition d’un nouveau sociotype, qu’ils ont nommé les « cultural creatives ». A l’époque de leur étude, dans les années 1990, les cultural creatives représentaient environ un quart de la population américaine ; ce taux est à présent de plus de 40%, ce qui représente une progression fulgurante à l’échelle sociologique. Des études ultérieures ont montrées qu’il existe la même proportion de cultural creatives dans l’ensemble des pays développés.

                                  Bref, une des caractéristiques fondamentales des cultural creatives, hormis qu’ils ne sont absolument pas organisés, c’est la quête de sens, et donc, un fort attrait pour la spiritualité. Comme le monde moderne est régi par l’économie de marché, il a réagit à sa façon, en transformant la spiritualité en un bien de consommation comme un autre. La spiritualité n’y est pour rien ; c’est le sacro-saint Marché qu’il faut pointer du doigt.

                                  Cela dit, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, et la quête de sens me paraît bien plus... sensée que le nihilisme matérialiste de la société moderne.


                                  "Imagine un monde où le débat se déplacerait des questions spirituelles et métaphysiques aux questions les plus concrètes et les plus pratiques."

                                  On ne doit pas vivre dans le même monde. Le monde dans lequel je vis est totalement profane ; dans le débat public, seules les questions pratiques ont droit de cité justement : politique, économie, écologie, santé, sport etc. Les questions spirituelles et métaphysiques sont totalement absentes. C’est bien le problème d’ailleurs : nous vivons dans une société blasée, où les gens ne se posent plus aucune question existentielle. Nous avons perdu le goût du Mystère, nous l’avons enterré avec notre âme d’enfant.

                                  • Habana Habana 21 juin 14:52

                                    N’oublions pas que, avant qu’Aristote apporte des preuves que la terre était ronde, la terre était plate !

                                    Et avant ça, celui qui osait soutenir l’inverse était juste un hérétique aux yeux de tous.
                                    Je suis entièrement d’accord : mieux vaut (d’abord) connaître les autres que soit même !
                                    C’est déjà une règle de bonne prudence qui vous permet de vous adapter.
                                    Et de plus, se connaître soit même revient à se soucier de ce que les autres pensent de vous !
                                    Et ça franchement on s’en moque avec le temps !
                                    On finit donc par se connaître soit même en connaissant (et donc en côtoyant) les autres de toute façon !
                                    La boucle est bouclée !

                                    • Nycolas 21 juin 15:28

                                      @Habana
                                      Désolé mais vous êtes dans un total contresens...

                                      On ne peut rien connaître, et surtout pas les autres, sans se connaître un minimum soi-même, car alors tout nous apparaitrait selon un filtre dont nous ignorerions les propriétés, et notamment les propriétés de déformation...

                                      A voir le mythe de la caverne, par exemple.

                                      Et tout cela n’a rien à voir avec le terre-platisme, non mais soyons sérieux............ On ne parle pas du scientisme, ni de l’obscurantisme, mais de la sagesse.

                                      Je reconnais à l’auteur le droit de critiquer aussi vertement que possible la pseudo-mystique new age mise en avant par des auteurs aussi populaires qu’insignifiants comme Coelho. Avec tout le développement personnel et la nouvelle forme de prosélytisme bien-pensant qui va avec, et qui n’est qu’une forme détournée de l’esprit publicitaire, commercial et entrepreunarial (ces approches étant parfaitement adaptées à l’entreprise prédatrice et inhumaine moderne). Bref, une mystique adaptée à la consommation. Certains diraient une mystique cadavérique.

                                      Mais ça s’arrête là... On ne peut pas mettre dos à dos Coelho et Socrate, et se plaindre d’être inscrit sur facebook et d’y être confronté à la médiocrité humaine, ce qui est le destin typique de celui qui n’a pas vu en soi les causes qui l’amènent à être confronté à cela. Sa critique sera alors forcément de courte-vue et frelatée, soit ce qu’on assiste avec cet article, pardonnez-moi ce manque de tact, mais tout de même... On ne peut pas dire que l’auteur en fasse usage lui-même, de toute façon.


                                    • Nicolas Ernandez Nicolas Ernandez 21 juin 19:23

                                      @Nycolas
                                      Votre commentaire est un parfait résumé de la plupart de ceux postés au-dessus du vôtre, il explicite bien le malentendu. Entre ce que vous avez lu et ce que j’ai voulu dire, il y a un fossé d’ironie qui est propre à la façon dont j’aime écrire, qui est on ne peut moins tournée vers les autres, justement. En même temps, comment me connaitriez-vous en vérité si je ne prenais pas le plaisir de rédiger avec violences et raccourcis ? Vous me connaitriez fade et inintéressant, et vous n’auriez peut-être pas réagi à cet article. Mais je connais ce biais chez moi, j’ai besoin d’exister, comme il est dit plus haut, mais je préfère exister en m’amusant à écrire des trucs virulents qui vous font sursauter plutôt qu’en m’ennuyant en vous donnant des écrits longs, insipides et dans lesquels je mourrais sous le poids de mes propres questions.

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