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Délit de blog

Un proviseur de l’Education nationale vient d’être révoqué pour diffusion pornographique sur son blog. Mais le caractère pornographique est-il justifié ? Qu’est-ce qui implique une telle sanction ? Quels sont ses fondements d’une telle décision ?

La nouvelle vient de tomber, un proviseur, inquiété pour son blog, vient d’être révoqué de la fonction publique, ne pouvant plus dès lors exercer au sein du corps des fonctionnaires. Mais avant d’analyser plus précisément ce qui lui est reproché, voyons dans un premier temps le traitement de l’information : Le nouvel Observateur dit d’emblée que ce proviseur est révoqué pour avoir affiché son homosexualité sur son blog. Cela devait donc être rudement choquant, Le nouvel obs n’en dit pas plus, mais en fait le laisse supposer dans son titre. C’est dans Le Figaro qu’on y voit un peu plus clair, puisque le quotidien expose ce qui a été incriminé pour qu’il y ait une telle révocation : des photographies non explicitement délictueuses (une d’un corps lascif allongé, dont le sexe n’est pas montré, ou encore une photographie où des hommes sont en sous-vêtement, comme le précise l’accusé, rien de plus que ce qu’on peut voir dans n’importe quel catalogue de VPC)

En ce qui concerne les textes, d’après Le Figaro, les écrits tiennent certes d’une certaine intimité, mais ne dérogeraient guère à la bienséance. Or, pour le ministère les « photos et écrits <étaient> à caractère pornographique ». « Ce comportement est incompatible avec l’exercice de la responsabilité d’un chef d’établissement », déclare Paul Desneuf, directeur de l’encadrement du ministère. Ce qui semble davantage en fait nourrir cette révocation viendrait de ce que sur ce blog, qui était anonyme, ce proviseur réfléchissait aussi à sa fonction, à son rôle, mettait en évidence certains de ces doutes au sujet de son travail. Et c’est bien le mélange des genres qui paraît fonder cette sanction administrative. Pourtant, le 21 avril, l’accusé Garfieldd, de son pseudo, se posait cette question sur son blog, à la suite d’un email anonyme : « Le fait que j’occupe des fonctions perçues au niveau local ou dans le microcosme professionnel comme importantes doit-il me conduire à me censurer, à me contraindre, à me restreindre, à m’étouffer sous le poids des convenances ? », et il disait pour lui-même que justement, il ne dit et ne dirait que de façons allusives ce qui le caractérise sexuellement : « Dès le départ, il a été clair que je resterais allusif sur des thèmes qui relèvent des pratiques sexuelles. Je ne juge aucun de ceux qui racontent tout... Je ne me sens pas agressé ou choqué quand je tombe sur des blogs explicites. Mais c’est pas moi. » (source : la copie du blog retiré, qui était garfield.com : BlogAPart).

Lorsqu’on lit son blog, il est évident que, pour tout contenu pornographique, on ne trouve que la référence faite à son homosexualité, qu’il ne cache point, mais sur laquelle il s’interroge. Nulle description oiseuse ou perverse, nulle référence sexuelle explicite. La pornographie tiendrait-elle alors à l’aveu d’une sexualité qui n’est aucunement répréhensible, et qui est même protégée par la loi de toute insulte ou discrimination ? Par contre, même s’il cache son académie de rattachement et le nom de son lycée (et même, visiblement, il se localise dans une autre académie, puisqu’il parle de l’académie de Rouen), il est évident qu’il décrit de l’intérieur, dans deux catégories distinctes, sa fonction, et avec humour il développe parfois (c’est le cas de la catégorie Marcel gentil intendant) une description de ses subordonnés. Or, ce n’est pas pour cette raison qu’il est révoqué, mais pour diffusion à caractère pornographique. Alors, pourquoi y a-t-il faute ? Est-ce à dire que la censure est rétablie, non pas de droit, selon un édit, mais dans les faits ? Tout d’abord, précisons que les blogs, de plus en plus, se donnent à lire comme des journaux intimes, qui allient à la fois le témoignage et la fiction, la pensée personnelle et la pensée générale. Ils ne sont pas de l’ordre de la pure objectivité, mais par leur logique interne d’écriture, ils impliquent une invention de soi.

Ce qui est dit est ensuite discuté par des lecteurs potentiels (ou bien non lu), ce qui permet un partage derrière une certaine forme d’anonymat. Alors que le journal intime appartenait géolocalement au monde proche de celui qui écrivait, grâce à la dimension spécifique du web, il n’y a plus de géolocalisation du partage, celui-ci se détermine par rassemblement selon des affinités partagées (ce que décrit d’ailleurs Garfieldd lorsqu’il analyse son rapport au blog). C’est pourquoi le blog est à la fois lieu secret et lieu ouvert à tous les regards, alors que le journal intime pouvait, par son caractère matériel, prétendre au secret absolu.

La censure, telle que la définissait Rousseau, dans Du contrat social, repose sur la possibilité de garantir l’intégrité de la morale des mœurs (chap. III, liv. IV), et comme on le sait, la république fondée par Rousseau se doit d’être l’incarnation politique d’une volonté générale, fondée sur un devoir de raison, et pour les sujets, un devoir-être moral. En ce sens, Rousseau, loin de penser la démocratie au niveau politique, la répudie comme impropre aux hommes, ceux-ci ne pouvant pas en effet, du fait de leurs passions et de leurs désirs, être laissés à eux-mêmes, ceux-ci devant accepter de plier leur intérêt propre et leur expression en faveur de l’intérêt de la volonté générale, avec ce qu’elle accepte au niveau de l’expression publique.

On voit alors toute l’ambiguïté du blog : il est à la fois une expression personnelle publiée d’un point de vue privé et l’acceptation plus ou moins consciente d’appartenir au plan général de la publicité : il est une publication. Cependant, en cette heure de spectacularisation mondiale aussi bien de la violence que de la sexualité, spectacularisation se donnant, comme l’exprimait Baudrillard, en tant que pornographie, n’est-il pas évident qu’il y aurait une aberration dans la décision prise par l’éducation nationale, s’il est vrai que les contenus ne sont pas plus sensationnels que ceux qu’on peut constater ? Est-ce que le développement exponentiel des blogs et la nature de leur expression n’impliquent pas de rompre avec une morale politique imposant de convenir à un devoir-être, mais plutôt demande une autre forme d’approche, peut-être même quant à leur nature ?

Je précisais que les blogs sont pour beaucoup de lieux d’expression de l’intimité croisant la fiction et l’objectivité, s’inscrivant selon leur effort biographique, selon une logique souvent ego-fictionnelle (celle-ci renforcée par les pseudos, la jonction image/texte). Ils permetttent une énonciation de soi, non médiatisée par le prisme d’un tiers objectif, comme c’est le cas avec le psychanalyste, mais par la lecture potentielle de l’autre anonyme, qu’on est d’abord et avant tout pour soi-même. Et il est évident que dans cette expression, il y a un travail de l’imagination. Ils sont donc projection de soi, qui permet une certaine forme de décharge aussi bien nerveuse que libidinale. Au lieu de les considérer selon le statut d’une publication publique, comme la diffusion d’un tract, ou bien encore selon des catégories qui ne conviennent pas, ne faudrait-il pas penser les blogs selon la forme de nécessité que leur ont donné leurs usagers : lieu semi-privé/semi-public, qui permet de créer des sortes de micro-tribus, où la psyché peut trouver une certaine forme d’équilibre  ? Ainsi, contre Rousseau et sa volonté de censure, et davantage en rapport avec Spinoza qui prônait la nécessité de la liberté de l’expression publique dans une démocratie (Traité théologico-politique, chap.XX), ne devrait-on pas garantir spécifiquement certaines formes d’expression comme le blog, comme on le fait pour les romans ou bien les poésies qui peuvent décrire l’abominable sans que l’écrivain en soit inquiété, même s’il appartient à l’éducation nationale (tel Pogrom, d’Eric Benier Burckel, qui a suscité de nombreux remous lors de sa sortie). Est-ce que le blog n’impose pas ainsi de réfléchir sur son mode d’expression et sur ses statuts juridiques, en tant qu’effectivement, il apparaît comme une nouvelle forme d’écriture et de participation à l’autre qui n’avait pas lieu avant lui, ou en tout cas n’était pas aussi démocratisée ? En tant qu’il tendrait par son usage à garantir de plus en plus une parole des multitudes, de telle sorte qu’il participerait à une certaine forme de démocratie médiatique ?


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28 réactions à cet article    


  • Philippe Boisnard Philippe Boisnard 18 janvier 2006 14:05

    Pour ceux qui voudraient voir la pétition de soutien à ce proviseur révoqué :

    http://new.petitiononline.com/Garf/petition.html


    • Sylvain Reboul (---.---.47.43) 18 janvier 2006 15:50

      La discrimination sexuelle est intolérable, surtout dans l’Education Nationale dont une des missions est d’éduquer à la tolérance en vue de réduire l’homophobie ; c’est à dire de rendre l’intolérance intolérable aux yeux de ceux que l’on a la charge d’éduquer.

      Cette révocation est donc non seulement contraire à la loi, mais contraire à la vocation éducative d’un établissement scolaire.


    • Scipion (---.---.50.68) 18 janvier 2006 18:03

      La discrimination sexuelle est peut-être intolérable - quid de la discrimination anti-pédophile et des interdits professionnels qui vont avec ? -, mais le néo-exhibitionnisme homosexuel l’est tout autant !

      Après tout, ni les onanistes ni les fétichistes - j’en passe et de plus tordus - n’éprouvent le moyen de se prider dans les rues ou de se répandre sur des blogs !


    • Scipion (---.---.50.68) 18 janvier 2006 19:53

      On peut admettre que les discriminations sexuelles sont inacceptables - ni plus ni moins, au demeurant, que la censure qui a supprimé la première version de la présente intervention -, mais quid des discriminations sexuelles imposées aux homosexuels avec les interdits professionnels qui vont avec ?

      En outre, les discriminations sexuelles ne sont pas plus acceptables que le néo-exhibitionnisme homosexuel. Après tout, les onanistes et les fétichistes - entre autres tordus - ne ressentent, eux, ni le besoin de se prider dans les rues ni celui de se répandre dans des blogs.


    • Scipion (---.---.50.68) 18 janvier 2006 19:54

      RECTIFICATION

      On peut admettre que les discriminations sexuelles sont inacceptables - ni plus ni moins, au demeurant, que la censure qui a supprimé la première version de la présente intervention -, mais quid des discriminations sexuelles imposées aux pédophiles avec les interdits professionnels qui vont avec ?

      En outre, les discriminations sexuelles ne sont pas plus acceptables que le néo-exhibitionnisme homosexuel. Après tout, les onanistes et les fétichistes - entre autres tordus - ne ressentent, eux, ni le besoin de se prider dans les rues ni celui de se répandre dans des blogs.


    • Sylvain Reboul (---.---.47.43) 18 janvier 2006 22:26

      Là je ne comprends pas où vous voulez en venir, car, que je sache, l’onaniste n’a besoin de personne et le fétichiste s’il a besoin d’un autre (ce qui n’est pas forcé), rien ne doit lui interdire d’exprimer son désir si cet autre est consentant...La non-discrimination vaut donc autant pour lui !

      C’est peut-être ce que vous avez voulu dire...Quant à la gay-pride elle n’est que la réponse à l’homophobie. Derrière la revendication homosexuelle il y a la question du droit, que j’estime justifié, à l’homoparentalité, laquelle existe déjà sans provoquer de catastrophe psycho-sociale particulière, en tout cas sans conséquences plus dramatiques que bien d’autres cas : mono-parentalité, divorce etc.. qui sont parfaitement autorisés (et même, selon des études récentes, beaucoup moins)


    • (---.---.188.218) 19 janvier 2006 10:24

      Votre position ne repose donc que sur la croyance que l’homosexualité est une perversion moralement et socialement nocive, ce qui rejoint tout à fait la position du pape Benoit. Nous sommes maintenant au clair sur le sens de vos propos : cette croyance sur la prétendue nocivité ou immoralité (perversion ) de l’homosexualité est subjective et donc impropre à fonder un droit valant pour tous.

      Vous ne faites que nous confirmer que l’homophobie est illégitime en droit et je vous remercie d’avoir vendu la mèche, car cela va tout à fait dans le sens de l’argumentation de ma position.

      Ethique pragmatique et moralité


    • Philippe Boisnard Philippe Boisnard 19 janvier 2006 10:32

      En effet les propos de Scipion indiquent, semble-t-il, qu’il poserait l’homosexualité dans la perversion et la dévience. Ce qui est inquiétant je dois l’avouer, notamment dans un tel forum.


    • Rocambole (---.---.239.15) 18 janvier 2006 14:30

      Excellente et très interessante analyse. Merci !


      • Dérapages synaptiques (---.---.175.102) 18 janvier 2006 15:13

        Il n’y a rien à dire de plus. Je souscris totalement, pas un mot à en retrancher. Merci, Kozlika, pour cette note. (et je plagie le titre) Note aux profs délateurs : vous n’avez pas honte, là, de votre obsession fasciste, maoïste, khmere rouge,&nbs...


        • Mercure (---.---.185.181) 18 janvier 2006 22:20

          laisser sous cet article une pub vantant les concours de la fonction publique dont vient d’être chassé l’intéressé relève de l’imbécillité ou d’un sens aigu du buziness ? Qu’on ne me dise pas qu’il s’agit d’une coincidence , je ne le croirais pas non plus ;


          • Adamantane (---.---.85.67) 19 janvier 2006 01:38

            Le conflit entre le droit à l’expression libre et le risque d’être professionnellement épinglé pour le contenu de cette expression est logiquement prévisible.

            Au fond de mon coeur, je suis solidaire de qui dit ce qu’il pense ou qui il est. La sanction prise a-t-elle pour seul fondement les informations bloguées ?

            Il y a plusieurs dizaines d’années, un évêque anglican (je crois qu’il se nomme Robinson) avait publié un livre, dont le titre est si ma mémoire est bonne, en français, « être honnête avec dieu », où il révélait son athéisme. Sa hiérarchie l’avait sanctionné.

            Rien de tel dans les faits qui nous préoccupent. L’homosexualité n’est en rien une entrave à l’exercice d’une fonction sociale, même éducative. J’allais dire « au contraire » mais il ne faut pas trop provoquer les tenants du « silence institutionnel » !


            • jerome_t_ (---.---.51.125) 19 janvier 2006 11:36

              Scipion,

              Votre argumentation est absolument effrayante et nauséeuse. Le fait que les musulmans auraient des difficultés à côtoyer des homosexuels est, pour la partie concernée des musulmans qui réagissent comme cela, un fait CULTUREL (idem pour les les chrétiens, d’ailleurs) donc susceptible d’évoluer dans le temps (ça a été le cas pour la religion chrétienne, même s’il reste un paquet d’intégristes dans les deux ; je connais pourtant des chrétiens, des musulmans qui ont des amis homosexuels.).

              On ne saurait en faire un « état de fait », voire un « droit » à respecter, sans remettre en cause l’essence même des valeurs de la République.

              Je vous rejoins cependant sur l’imbécillité d’interdire le sapin de Noel dans les écoles sous prétexte que cela pourrait heurter certaines sensibilités. Il faudrait alors aussi ouvrir les écoles les jours fériés d’origine chrétienne, pour suivre cette logique. C’est tout simplement stupide, et révélateur d’une vision anti-intégrative qui se trouve heureuse dans l’addition de communautés bien séparées et surtout pas dans la création d’une Communauté partagée. Pour ma part, je rêve plutôt que la Pâque juive et l’Aid musulman soient aussi des jours feriés dans les écoles.

              Dire que l’homophobie naît de la gay pride est une aberration historique - nan, en fait c’est une grosse imbécillité, pour rester poli. L’homophobie date de plusieurs millénaires, la gay pride d’une vingtaine d’années...

              Enfin, quand vous prenez le mot de « déviance », cela implique qu’il y une « norme » : vous mélangez la statistique (10-15% de la population est homosexuelle, tout comme 10% de la pop. est gauchère et 5% rousse) et la morale (« c’est MAL d’être homo », tout comme « c’est MAL d’être gaucher » - dogme en vigueur dans l’EducNat jusqu’aux années 50, ou « c’est MAL d’être roux » - cf les croyances populaires). Vos « normes » ne sont que le reflet de vos peurs de ce qui est différent. Pour ma part, je préfère découvrir l’autre qu’en avoir peur.

              On ne construit pas une société « éclairée » sur des peurs, mais sur le dépassement de ces peurs.


              • Zoltar (---.---.227.90) 19 janvier 2006 16:12

                Le titre « Délit de blog » me semble largement être à côté de la plaque puisque ce qui semble clairement reproché à ce fonctionnaire enseignant, ce n’est pas de tenir un blog, ni même d’être homosexuel, c’est uniquement d’associer sa fonction et son homosexualité puisqu’on connaît les deux faits en même temps... Dans la mesure où il est proviseur, il a sous sa responsabilité des adolescents mineurs et on peut supposer qu’il n’exclut pas une sorte de prosélytisme à la pédophilie puis aux pratiques homosexuelles. L’enseignant enseigne & transmet ce qu’il est bien entendu. Par ailleurs, certains parlent de déviance, de Gay Pride et autres attitudes carnavalesque, mais est-ce quelqu’un s’est posé réellement la question du statut biologique, neuro-hormonal de l’homosexualité ? Il n’y a sûrement pas que le gène Xp28 qui soit impliqué dans l’homosexualité. Il y en a probablement un pack indéterminé pour l’instant, de même qu’il y a des expériences déclenchantes qui activent ces gènes aux moments opportuns. Dire qu’une « anomalie génétique » est une déviance c’est franchir une frontière morale assez inadmissible. Mais d’autre part, faire du prosélytisme pour une anomalie de ce type c’est un peu comme si je faisais l’apologie du diabète, de la mucoviscidose, du daltonisme ou du nanisme. Pour ce qui est de MA SEXUALITÉ, désolé, c’est comme pour MA RELIGION, c’est du domaine privé et donc je n’étale pas ça, moi, sur la place publique. Un peu de décence et de retenue ne nuit pas ! Je respecte tout homme, toute femme avec ses spécificités mais qu’il ne m’impose pas ses turpitudes ou ses problèmes intimes et moi, je ne lui jetterai jamais la pierre. La discrétion est une vertu & la modestie en est une autre. Mais si on maltraite un homosexuel (comme c’est déjà arrivé tristement et sauvagement) ou une lesbienne je serai toujours là pour défendre son droit au respect, y compris bien sûr dans sa spécificité. Ai-je été assez clair pour exposer ma position actuelle sur ce sujet d’actualité, un peu trop je crois... Un peu de tolérance des deux côtés ne nuirait pas je pense. Je précise que si j’avais un fils ou une fille homosexuels, ça ne m’empêcherait pas de les aimer. N’en est-il pas de même pour vous ?


                • Béret moyen (---.---.0.12) 20 janvier 2006 16:45

                  Enfin un propos de bon sens ! Je voudrais y ajouter ceci.

                  Si l’homosexualité est un fait humain et historique, sa promotion n’en est pas pour autant socialement licite : Peut-on, dans une société quelconque, promouvoir l’homosexualité comme modèle ? A l’évidence non. Pourquoi ? Parce que l’homosexualité étant en elle-même une sexualité sans reproduction possible, une société qui la prendrait pour modèle serait condamnée à l’extinction.

                  Faut-il pour autant condamner l’homosexualité ? NON. Mais si les homosexuels veulent être respectés, ils doivent assumer les conséquences du choix de leur orientation sexuelle. Car il s’agit bien d’un choix et non d’une quelconque fatalité, chromosomique ou autre. Si chacun peut en droit choisir la sexualité qui lui convient - ce que personne hormis les imbéciles ne conteste - chacun doit assumer les conséquences de ses choix.

                  Et c’est là que ça dérape : la revendication d’homoparentalité que soutiennent aujourd’hui les lobbyes homosexuels est irrecevable. Elle est la marque que les homosexuels eux-mêmes n’assument pas pleinement le choix de leur homosexualité : ils veulent tout et son contraire : Le respect de la société ? Mais est-ce s’en montrer dignes que de ne pas assumer les conséquences de leur choix ? Ils veulent vivre une sexualité centrée sur eux-mêmes, dans laquelle la fécondité biologique, fondée sur la différence des sexes, est niée. Mais malgré cela, ils voudraient qu’on leur reconnaissent le droit à cette fécondité. Quelle inconséquence !

                  L’argument « ça existe déjà » n’est pas pertinent : l’inconséquence des comportements doit-elle fonder la loi ? Si oui, où va-t-on ? vers quelle décadence de la société ?


                • frère Jean (---.---.1.1) 19 janvier 2006 16:15

                  Scipion,

                  Ce que vous dites n’engage que vous, d’ailleurs je ne vois pas le rapport entre musulman et homophobie, vous n’êtes pas musulman et pourtant vous vous proclamez homophobes. Un musulman, un juif ou un chrétien ne sont pas forcément homophobes mais s’ils sont croyants leur religion leur en interdit la « pratique ». Par contre, si l’on est homo on s’exclut de fait de ces religions simplement pcq celles ci ne reconnaissent pas l’homosexualité et ne le feront jamais. Le sujet est très clairement abordé dans les livres saints et condamné dès lors on ne peut être homo et se prévaloir de ces religions.


                  • Scipion (---.---.192.130) 19 janvier 2006 16:21

                    Je ne crois pas, M Reboul, que l’homosexualité soit moralement et socialement nocive . En revanche, son spectacle peut être très perturbant pour des adolescents qui éprouvent des difficultés momentanées quant à la définition de leur identité sexuelle et, en elle-même, l’homosexualité est socialement inutile.

                    C’est en cela, M, Boisnard, qu’elle est une perversion. Lorsque je suis sexuellement excité par une femme adulte et normalement conformée, c’est que je suis mû par l’instinct de perpétuation de l’espèce ; quand un homosexuel est sexuellement excité par une personne du même sexe, c’est une erreur... Une erreur « d’aiguillage ». Ou de ce que vous voudrez...

                    L’homosexualité est, par conséquent, un fait privé ne concernant que ceux qui s’y adonnent, comme l’est par exemple, la relation d’un couple incestueux d’adultes consentants.

                    A ce titre, la revendication d’un statut officiel ne se justifie pas, à moins d’admettre que toutes les sexualités déviantes devraient bénéficier d’un statut particulier, sous prétexte d’attachement sentimental. C’est évidemment inacceptable.


                    • Scipion (---.---.192.130) 19 janvier 2006 16:51

                      « Le fait que les musulmans auraient des difficultés à côtoyer des homosexuels est, pour la partie concernée des musulmans qui réagissent comme cela, un fait CULTUREL (idem pour les les chrétiens, d’ailleurs) donc susceptible d’évoluer dans le temps... »

                      Alors, si vous le voulez bien, jérôme t, on en reparlera dans deux cent cinquante ou trois cents ans...

                      « Dire que l’homophobie naît de la gay pride est une aberration historique - nan, en fait c’est une grosse imbécillité, pour rester poli. L’homophobie date de plusieurs millénaires, la gay pride d’une vingtaine d’années... »

                      Je parlais pour moi ! Uniquement pour moi. Jusque-là, les homosexuels m’étaient indifférents. J’en connaissais quelques-uns, qui ne m’indignaient pas plus qu’ils ne m’amusaient. Alors, quand j’ai vu à quoi correpond vraiment l’homosexualité, et quand j’ai constaté que les homosexuels « normaux » - c’est-à-dire ni folles, ni Apollons de pissotières - ne réprouvaient pas ce pitoyable spectacle qu’est la Gay Pride, j’ai compris que nous vivions dans deux mondes différents, incompatibles.

                      « Enfin, quand vous prenez le mot de »déviance« , cela implique qu’il y une »norme« ... »

                      Bien entendu qu’il y a une norme. La norme d’est d’utiliser, entre adultes consentants et normalement conformés, ses organes génitaux dans le cadre que l’instinct de reproduction leur assigne. Si on nie cette norme-là, sous prétexte d’homosexualité, et bien il n’y a plus de normes du tout. Ce que certains souhaitent d’ailleurs... Même s’ils s’en cachent depuis l’affaire Dutroux. Pour ceux-là, la banalisation de l’homosexualité, puis son officialisation font office de cheval de Troie.

                      « ...10-15% de la population est homosexuelle... »

                      On est en pleine inflation, semble-t-il smiley)

                      Mais quand bien même seraient-ils 52 %, que leur comportement resterait tout aussi anormal.


                      • jerome_t (---.---.225.31) 19 janvier 2006 19:10

                        Scipion,

                        Réponse à vos réponses :)

                        Sur le premier point, je suis plus optimiste que vous. Je ne pense pas que cela mettra « deux cent cinquante ou trois cents ans ».

                        Sur le deuxième, mes excuses. J’avais effectivement mal compris. Sur votre dernière phrase en revanche, je présume que le lien entre « différents » et « incompatibles » est votre position personnelle. Soit. Ce n’est pas la mienne. Je pense que « différents » peut aller de pair avec « compatibles ».

                        Sur le troisième point. Votre vision qui réduit la sexualité à la reproduction met de côté deux pans immenses de la relation entre deux êtres : l’aspect culturel de la sexualité, et l’amour. Réduire la sexualité à la reproduction est un parti pris théorique et culturel. De nombreuses cultures (et je ne parle pas d’homosexualité, là) acceptent la sexualité SANS la lier à la reproduction. Votre insinuation suivante sur homosexualité et pédophilie est absolument dépourvue de tout fondement et assez nauséabonde. CE N’EST PAS LA MEME CHOSE.

                        L’homosexualité n’est pas un choix culturel pour la personne qui est homosexuelle : c’est son acceptation de son état qui appartient au contexte culturel. Pour cette personne, c’est un fait. Comme grand, petit, blanc, noir, blond, roux, gros, maigre. Hétéro, homo, c’est un état, pas un choix.

                        Sur le pourcentage, non, je pense que c’est de cet ordre-là. En admettant qu’il s’agit d’une composante intrinsèque de la constitution de l’homme-espèce, et en le rapportant aux taux observés dans d’autres espèces tels que trouvés dans certaines études. Cela repose, je le reconnais, sur le parti pris théorique que l’état d’homosexualité est un fait général indépendant des contextes culturels ou même d’espèces. En revanche, l’acceptation sociale de l’homosexualité est un fait culturel. Donc variable. Comme par hasard, il y a très peu d’homosexuels revendiqués dans les pays où cela est condamné à mort, et plus dans les pays où c’est socialement accepté... Est-ce l’acceptation qui fait l’état ? Je ne crois pas - ou alors, il n’y aurait plus de violeurs, puisqu’il n’y a plus AUCUNE acceptation sociale de ce fait.

                        Vous avez raison cependant dans votre dernière phrase. Dans VOTRE optique où la norme est la sexualité à visée reproductive, quel que soit le % d’homosexuels, ils sont hors norme. Mais votre norme n’est pas LA norme absolue et intangible. Elle n’est que la manifestation de vos convictions, comme ma « norme » (selon laquelle il y a plus dans la sexualité et l’amour que la simple manifestation d’une urgence reproductrice) est la manifestation de mes choix moraux personnels.

                        PS : je suis hétéro - au cas où vous me soupçonneriez de prêcher pour ma paroisse.


                      • nimbus (---.---.169.212) 20 janvier 2006 02:20

                        La demesure de la sanction devrait etre le point essentiel de la discussion.

                        Prenons un autre exemple. Imaginons un proviseur -heterosexuel- tenant un blog anonyme, exprimant son amour des femmes rousses, en des termes polis.

                        Serait il RADIE A VIE du fonctionnariat ? Le meriterait il ?

                        Si (comme Scipion) l’on considere que l’homosexualite est un facteur agravant, alors on doit se poser la question de la tolerance.

                        De toute facon, etant donne que le phenomene de blog est nouveau, on aurait pu envoyer a ce proviseur une mise en garde. Passer directement a la sanction ultime, c’est un peu gros.

                        Le plus grave, dans tout cela, c’est le qualificatif ’pornographique’. Devraient apprendre le grec, les gens.


                        • Scipion (---.---.40.249) 20 janvier 2006 10:49

                          Ce n’est pas l’homosexualité qui est un facteur aggravant, nimbus, c’est l’affichage public de l’homosexualité.


                        • Nimbus (---.---.169.212) 20 janvier 2006 16:29

                          Je vois que vous ne comprenez toujours pas.

                          Entre declarer « aimer les femmes rousses » et « aimer les hommes », il n’y a pas de difference, au moins devant la loi. C’est different de « aimer les enfants ». Ne confondez pas tout.

                          Votre opinion est la votre, mais attention, elle est border-line...

                          Encore une fois, sans doutes que ce monsieur a depasse une limite. Mais la radiation a vie est une sanction extreme.

                          Et la mention « pornographie » ne s’applique pas a son blog. Niet. Un slip c’est pornographique ? La pub « Bio » c’est quoi alors ?


                        • Scipion (---.---.40.249) 20 janvier 2006 10:48

                          Votre vision qui réduit la sexualité à la reproduction... (jérôme_t)

                          Je ne réduits pas la sexualité à la reproduction, je dis que la reproduction est la raison d’être de la sexualité. Qu’on la romantise, c’est cela l’aspect culturel, parce que le romantisme n’est pas une condition de l’accouplement.

                          « Votre insinuation suivante sur homosexualité et pédophilie est absolument dépourvue de tout fondement... »

                          Si on en juge par le nombre effarant de prêtres pédophiles, tous homosexuels, que compte l’Eglise catholique, l’absence de fondement est moins évidente que vous ne le dites.

                          « ...et assez nauséabonde. »

                          Pas plus, en tout cas, que ce que dit « Kramps », pédophile passif, témoignant à visage découvert lors de C’ dans l’air du 1 mars 2005 « Etre pédophile, c’est comme un hétéro, comme un homo... »

                          Grâce à la banalisation de l’homosexualité, la pédophilie a désormais sa place, dans une énumération d’orientations sexuelles différentes. C’en est une parmi d’autres... Alors, le lien me paraît aveuglant.


                          • florian (---.---.162.39) 20 janvier 2006 12:25

                            les prétes pédophiles sont homosexuels ? et donc les pédophiles sont homosexuels ? la pédophilie et l’homosexualité n’ont rien à voir. l’orientation sexuelle est acceptable tant qu’elle concerne deux ou plusieurs personnes concentantes. ce qui n’est pas le cas dans la pédophilie. c’est vos préjugés et votre connerie qui sont aveuglants !


                          • Scipion (---.---.40.249) 20 janvier 2006 13:31

                            Grâce à la banalisation de l’homosexualité, la pédophilie a désormais sa place, dans une énumération d’orientations sexuelles différentes. C’en est une parmi d’autres... (Rediffusion)


                          • florian (---.---.200.77) 20 janvier 2006 18:08

                            la pédophilie n’est pas une orientation sexuelle comme une autre. un enfant n’est pas consentant, c’est donc un viol aggravé par l’age de la victime. si vous n’arrivez pas à la différencier d’une relation voulue par deux partenaires (un homme et une femme ou 2 femmes ou 2 hommes), vous devriez prendre des cours de droits ou juste de logique.


                          • Scipion (---.---.104.189) 20 janvier 2006 21:45

                            Ce n’est pas à moi qu’il faut faire la leçon, mais bien à tous ces intellectuels « progressistes » qui, dès 1977, se faisaient les avocats de la pédophilie, dans un fameux manifeste publié par Le Monde(26 janvier).

                            Parmi lesquels un ancien ministre de Mitterrand qui en remettait une couche dans le numéro du 31 janvier 1991 du magazine Gay Pride :

                            « La sexualité puérile est encore un continent interdit, aux découvreurs du XXIe siècle d’en aborder les rivages. »

                            P.S. - Lorsqu’on veut s’offrir le luxe d’être efficacament agressif, il faut avoir la maîtrise totale des dossiers... ;o))


                          • Alexis Marise Bique (---.---.210.173) 20 janvier 2006 12:38

                            Un billet a été posté sur le blog Licenciés de l’Education Nationale

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