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Du bonheur sur la planche

Faudra-t-il une cellule psychologique pour accompagner nos jeunes candidats au baccalauréat ? Aux informations de Télé-matin sur France 2 le 15 juin, le premier titre développé est le bac philo. Toute la France est mobilisée pour soutenir les jeunes en ce moment difficile. L'invitée de la rubrique des quatre vérités est une psychanalyste qui explique le traumatisme que cela représente pour des jeunes qui n'ont pas l'habitude de travailler, et comme cela se comprend ! Son livre, en vente dans toutes les librairies, se fait fort d'épauler les parents dans ces moments d'épreuve de stress insountenable

Une jeune lycéenne est interrogée brièvement. On lui pose les question habituelles cueillies en haut du marronnier. Ses thèmes favoris ? "Le bonheur" entre autres.

Mais le bonheur sans travailler ? Non, le bonheur, tout comme le reste, ne s'obtient pas sans efforts.

Ne demandez pas au bonheur ce qu'il peut faire pour vous ; demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre bonheur !

Le bonheur quantitatif n'est qu'un succédané. Le plein bonheur est dans le bon dimensionnement : il joue sur les dimensions du cosmos et du Vivant et sur les proportions.

La plénitude du bonheur demande d'en connaître toutes les dimensions et d'avoir les bons outils pour dimensionner notre bonheur selon les proportions qui nous conviennent le mieux. Dimensionner est plus important que d'accumuler.

Le bonheur est un élément simple. Il ne faut pas compliquer le bonheur. "Simplifiez ! Simplifiez " n'était-il pas le quatrième principe de l'homme des bois Thoreau, le philosophe qui avait fait le choix de vivre dans une cabane loin de la civilisation ? Pour ceux qui ne le connaissent pas, sachez qu'il a inspiré le héros de "Into the wild" de Sean Penn.

Le bonheur est un phénomène aussi fluide que l'eau

Il glisse sans accrocher. Il est le bain amniotique dans lequel flotte le foetus. Il est si fluide d'ailleurs qu'il nous glisse entre les doigts. Mais en passant, sa fluidité nous remplit de joie, et nous aimerions être aussi fluide que lui, le suivre dans son cours qui s'écoule.

La Vérité est dans le Vivant. La proximité avec le Vivant est source de vérité et de plénitude. Le bonheur s’accomplit dans la dimension de la vérité. Il s’accomplit aussi dans la dimension de la liberté. Dimensionner notre intelligence est la condition d’amélioration de notre bonheur
 
La société nous impose un bonheur normé qui exclut la pause, la lenteur et le silence. Elle favorise le déclin continuel de l’attention et la dispersion de la pensée. Le silence et la lenteur sont ses ennemis. La pensée aussi. Dans « L’homme unidimensionnel », (1964) Marcuse dénonçait déjà une société qui façonne les mentalités à ses exigences et contrôle, empêche, toute dissidence. Les gens se pensent heureux mais ils sont unidimensionnels. Le bonheur dimensionniste renverse la table et approfondit notre condition, nous conduit à tout repenser à la base. C’est une forme de résistance à l’uniformité imposée, à cette police de la pensée et des désirs.

Il n’y a pas de modèle de bonheur. Qui dit « modèle » dit « modélisation »

La plupart des modèles ne sont que des modélisations selon le diktat du bonheur-tel-qu’il-doit-être. Ce bonheur qu’on nous vend est un système imposé, artificiel. Le bon dimensionnement du bonheur passe par un retour aux choses primaires et simples. Il ne faut pas compliquer le bonheur ni compliquer son dimensionnement ; Il faut être conscient aussi que le bonheur n’est pas forcément ajusté à nos vues, à nos idées toutes faites, et il n’est pas toujours linéaire. Pour modéliser notre bonheur, il convient tout d’abord d’apprendre à le dimensionner comme il faut pour soi.

Le bonheur est une construction

L’optimisme est un moyen de viser le bonheur. Mais, d’où vient l’optimisme ? De la volonté dit le philosophe Alain. Mais, c’est encore une réponse insuffisante. Il nous faut remonter aux énergies, aux forces qui agissent dans la nature et l’univers ainsi qu’en nous-mêmes – avec ou sans notre volonté – pour trouver de l’optimisme, qui n’est autre qu’une énergie puisée dans nos profondeurs.

Contrairement au bonheur, l’optimisme ne se construit pas ; il se puise. Par conséquent, revers de la médaille, il s’épuise aussi. On peut le récolter par des efforts constants dans la gestion de nos forces internes, nos « passions ». La montée en force de l’optimisme va de pair avec la montée de la prise en charge des forces, négatives et positives, qui opèrent en nous des dualités et des déperditions d’énergie qui ne peuvent que nous conduire à la fatigue si on les laisse agir sans cadre et sans direction donnée.

Gestion des forces mais aussi consolidation des processus d’emploi utile de ces forces, sont les conditions indispensables à la réalisation d’un bien-être persistant et durable.

Le Nombre Pi révèle les secrets des proportions de la vie.

Pi, un monde de justes proportions

« Les choses qui sont dotées de proportions correctes réjouissent les sens » déclarait Saint Thomas d’Aquin. De nos jours, le brillant mathématicien Cédric Villani (médaille Fields 2010, équivalent du prix Nobel) croit aussi en des « harmonies préexistantes  » qui surgissent et guident les recherches du mathématicien. Il a découvert des ponts entre des champs mathématiques éloignés.

Mais qu’est-ce donc que Pi, au juste ? Un magma ? Une constellation ? L’œuvre de la main de Dieu ?

Je l'ignore, mais ce que j'ai pu mettre au jour c'est que le déroulement des 300 premières décimales de Pi dessinent des trajectoires, des lois et des symétries, qui correspondent étonnamment avec les grandes étapes du développement de l'enfant de l'être humain : la vie du foetus et du petit enfant, la transmission chromosomique...

L’univers du Vivant génère sa propre structure ; c’est un monde de cohérence.

Le règne du chaos, au contraire, est celui du non vivant, et de l'entropie, notion moderne qui décrit la tendance au chaos et à la désagrégation des choses sous l’effet du temps.

Le Vivant développe constamment des capacités pour résister à l’entropie : il se répare, s’entretient, s’adapte. Cela peut paraître surprenant, mais les règles qui se dessinent dans l’œuf de Pi font davantage penser au Vivant qu’au monde du chaos qui tire vers le néant. Pi montre des trajectoires, des lignes heureuses que nous allons détailler.

Le philosophe Jean-François Lyotard (1924-1998) disait que « la ligne contient quelque chose qui est totalement radical et, d’une certaine manière, ontologique. Tracer une ligne sur une surface, n’importe quelle ligne, c’est déjà produire un minimum de sens […]. On se reconnaît soi-même au sein des formes d’art les plus pauvres. »

Cette affirmation est encore plus ressentie comme vraie à l’examen de l’espace de vie primaire et condensée qu’est "l’œuf de Pi". Cet espace montre la genèse et le premier déploiement des lois des quantités primaires présentées "Le Bonheur dimensionniste" : loi du Un, du Deux - de la dualité -, et la voie du Trois, qui est la sortie de la dualité des forces interactives, cette sortie s’opérant, comme nous allons le voir, le plus souvent sous la forme de symétries et de cohérences bien régulées.

Le bonheur plein, c'est le redimensionnement personnel jusqu'à toucher l'horizon de soi-même.

C'est la thèse que je m'efforce de démontrer dans les deux ouvrages "Le bonheur dimensionnsite' et "Plein bonheur", parus en ligne respectivement le 31 mai et le 11 juin.

Pour terminer, voici une méthode philosophique toute simple pour faire soi-même un check up de son bonheur.

Sachez d'abord, que l’homme, c’est un tiers d’animal, un tiers d’humain et un tiers d’humanité. On retrouve ces trois composantes dans les trois groupes de catégories suivantes :

1 - bonheur, liberté, vérité : ce sont les trois directions d'une vie humaine.

2 - désir, peur, émotions : c'est notre part animale. C'est une part régentée par les lois de la chimie (désir notamment) et du physique (corps).

3 - foi droits, devoirs : c'est la part normative et donc de la culture, donc de l'humanité.

Faites 9 colonnes avec ces catégories. Faites 3 lignes avec les trois buts de la vie : bonheur, liberté, vérité.

Il ne vous reste plus qu'à pointer les intersections entre ces différentes dimensions pour poser les bonnes questions sur la vie et le bonheur, de confronter les notions en les valorisant tantôt en positif tantôt en négatif. Un exemple ? "Peut-on être heureux sans devoirs ?"

Quelques petites citations de mon crû (et donc de moi-même :-))pour couronner le tout :

- Le bonheur est une mélodie, le malheur une maladie.

- Le bonheur n’est pas de tranquilliser.

- Même le bonheur a besoin de se reposer.

- Fais provision de bonheur, ce sera ton patrimoine !

- Le contraire du bonheur, la plupart du temps, n’est pas le malheur, c’est la tristesse.

- Il n’existe pas de bonheur sans contrepartie.

Ni sans effort, alors vous savez ce qu'il vous reste à faire.

Voilà, bon sujet de philo !

 


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9 réactions à cet article    


  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 15 juin 15:52

    Vous ne méritez que la moyenne, car vous ne faites aucune référence au vénérable Matthieu Ricard, le moine bouddhiste né en France et interprète du Dalai Lama. 


    Il a pourtant participé à une étude neuro-scientifique à l’Université du Wisconsin, pour essayer de comprendre comment les différents niveaux de bonheur sont inscrits et visibles dans le cerveau, ce qui a exigé 256 capteurs fixés au crâne pendant trois heures.

    Cette expérience évalue le niveau de bonheur du patient par une échelle entre « misérable » (+0,3) et « extatique » (-0,3). Ricard a enregistré un score de -0.45. 

    Les chercheurs n’avaient jamais vu ça. Aujourd’hui, Ricard conserve une copie du graphique enregistré sur son ordinateur portable, avec son nom affiché le présentant comme l’homme le plus heureux du monde.

    Je vous conseille de consacrer les mois de Juillet et Août à combler vos lacunes.

    • Taverne Taverne 15 juin 16:10

      @Jeussey de Sourcesûre

      Cette expérience du bonheur n’est pas partageable. Elle relève du seul vécu d’un homme. Il ne peut pas vous transmettre une once de son bonheur vécu. Quand il mourra, son bonheur s’en ira avec lui.

      Ma démarche est toute autre : elle est de comprendre le bonheur par l’extérieur de nous-même, au travers des éléments, des forces et des dimensions de l’univers. Cette démarche permet de tracer des pistes ouvrant sur des méthodes d’analyse et de redimensionnement du bonheur propre à chacun.

      Matthieu Ricard, au demeurant très sympathique, n’est donc pas mon « concurrent » : nos recherches prennent des chemins très différents. Personnellement, je ne pratique pas la méditation. La méditation profite surtout à celui qui la pratique. Moi, je cherche les voies universelles, trouvables par la méthode cartésienne notamment, et qui puisse se transmettre en vue d’un progrès général des générations. C’est ambitieux mais il faut bien que quelqu’un pose la première pierre.


    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 15 juin 16:20

      @Taverne

      Merci d’avoir répondu.

    • Taverne Taverne 15 juin 16:26

      @Jeussey de Sourcesûre

      Ceci est extrait du tome 1 (et montre au passage que je n’ignore pas l’approche de Matthieu Ricard, de sa dimension du bonheur) :

      "La présente thèse considère la question du dimensionnement du bonheur comme la condition prédominante dans la réalisation concrète d’un bien-être et d’une joie sur mesure pour chaque personne. Elle invite par conséquent à relativiser les témoignages d’expérience heureuse de personnages d’envergures exceptionnelles, comme celle de Mathieu Ricard, devenu moine bouddhiste dans l’entourage du Dalaï-Lama, ou le Dalaï-Lama lui-même, ou comme les personnes qui ont réchappé aux camps de la mort ou à d’autres horreurs et en sont ressorties confiantes en dépit de tout ce qu’elles ont vécu, par exemple Boris Cyrulnik, qui a largement contribué à développer le concept de résilience. D’autres personnes admirables, comme Mère Teresa, peuvent incarner la joie au sens plein et noble du terme. Mais ces témoignages de bonheur montrent leurs limites du fait même qu’elles révèlent un bonheur d’une dimension qui nous est inconnu, qui relève de l’exception et qui nous surpasse. Ces exemples exceptionnels ne sont pas transposables. Ils ne nous aident pas au quotidien, du moins pas autant qu’il serait nécessaire. Nous avons besoin, bien plus modestement, de dimensionner notre propre bonheur sur des bases à notre mesure, adaptés à nos capacités et à nos besoins."


    • Taverne Taverne 15 juin 16:34

      Avis aux lecteurs éventuellement intéressés par le tome 1 :

      Attendez quelques heures pour le télécharger, je viens de réduire le prix à 1 euro. smiley Donc, attendez que le nouveau tarif soit affiché. Le tome 2 reste fixé à la somme astronomique de 2 euros. Hé ho, ça m’a demandé beaucoup de boulot (1 an) !


      • Taverne Taverne 15 juin 17:49

        Et voilà : le tome 1 « le bonheur dimensionniste » est désormais à 1 euro ! smiley


      • alinea alinea 16 juin 15:25

        Bel humour en première partie, belles vérités dans la seconde ; merci Taverne.
        À chacun son bonheur n’est-ce pas ; le mien n’est jamais prévu, il survient comme un cadeau et laisse des traces d’énergie par la suite, mais ces cadeaux ne sont pas hasard, mais dispositions, au fond de la fatigue et de la dépression, peu de cadeaux, quelques-uns quand même, qui entretiennent la flammèche de vie.
        L’équilibre entre les trois cerveaux, l’abstrait, -rationnel, organisateur-, le sensible,- créatif, affectif-, et l’animal, est pour moi le chemin de toute ma vie ; j’y suis à peu près parvenue ; en revanche, la résistance aux attaques n’est pas au point !
        Le bonheur n’est pas un but, on ne peut se le figurer et c’est bien souvent dans l’étonnement de l’inconnu qu’il survient ! je suppose que certains le confondent avec la sécurité, ou la notoriété, ou la possession, comme ceci ne fait pas partie de ma vie, je le trouve ailleurs !
        Et puis, bien sûr, les bonheurs factices qu’on nous vend au cinéma, mais... les gens sont assez grands pour s’apercevoir qu’il n’est jamais plénitude et que sa poursuite est une succession d’attitudes aliénantes...


        • Taverne Taverne 16 juin 16:01

          @alinea

          « Ne prépare pas tes joies », disait Gide à Nathanaël (je cite de mémoire) dans les Nourritures terrestres.

          Le présent est synonyme de cadeau dans notre langue. C’est le bonheur que l’on tient (le « main tenant »), autrement dit aussi : « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ». Cela ne nous empêche pas d’avoir foi dans les lendemains et de souhaiter revoir nos amis pour les embrasser demain : de nos deux bras, de dire « à demain » !« en espérant conduire notre avenir »à deux mains !"


        • Neymare Neymare 17 juin 15:40

          @L’auteur « Cette expérience du bonheur n’est pas partageable. Elle relève du seul vécu d’un homme. Il ne peut pas vous transmettre une once de son bonheur vécu. Quand il mourra, son bonheur s’en ira avec lui. »

          Au contraire. Parlant du bonheur de M. Ricard ce n’est pas un bonheur personnel que M Ricard éprouve c’est la source du bonheur et comme il en est proche il l’éprouve fort.

          Ce bonheur est là constitutivement en nous, il est juste masqué par notre pensée et notre vision erronée de la vie. Il ne se construit pas car il est déjà là. Il est libéré lorsqu’on commence à comprendre l’ego et donc à le détruire. Ce bonheur est concentré dans le simple fait d’etre, il n’a besoin de rien pour s’exprimer et c’est là que l’homme fait erreur car il croit que pour avoir le bonheur il faut quelque chose qui va l’apporter et ce quelque chose on le place toujours dans le futur, et finalement on ne l’obtient jamais.

          Arretez de parler de « bonheurs exceptionnels qui ne sont pas transposables », c’est faux, chacun l’a en soi et chacun peut y accéder à des degrés divers. Si vous pensez que c’est inaccessible alors ça le sera, si vous etes persuadé que vous pouvez l’atteindre alors vous l’atteindrez.

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