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Accueil du site > Actualités > Société > Guerre du carbone : la stratégie Hansen

Guerre du carbone : la stratégie Hansen

Le changement climatique n’est pas une conjoncture, c’est un état de guerre.

Depuis des décennies plus d’un l’avaient prédit, et maintenant nous y sommes. Parmi ceux qui se sont fait entendre, le discours de James Hansen, directeur de la Nasa est singulier. Le plaidoyer tient en 3 mots d’ordre à l’adresse des époux Obama : moratoire sur le charbon, taxe carbone, recherche nucléaire. Sa rhétorique a cela de saisissant que ces quelques lignes nous font comprendre la cruauté de la situation : ce n’est pas que l’heure tourne, c’est que l’on s’est déjà trompé de rendez-vous. Les seuils de dangers sont déjà franchis, et les pôles partent déjà en morceaux…
 
Les programmes mis au point par les politiques conçoivent les solutions comme si l’Humanité avait l’éternité pour s’y mettre. James Hansen, en bon scientifique, sait que la réalité est têtue et ne tient pas compte de toutes nos bonnes intentions. M. Hansen avait choqué en disant que les centrales à charbon sont des usines de mort. Bien que la formule déplaise, son principe s’impose, et les espèces tombent les unes après les autres.

Amis lecteurs, sortez du syndrome de l’ampoule ! Il ne s’agit plus seulement d’éteindre la lumière en partant, de visser des ampoules à basse conso, ou de faire du tri sélectif, il faut sortir l’épée et aller batailler sur le terrain des vrais débats. Il est question de débat autant que de combat, de manifestations sous les fenêtres de vos élus, que d’empoignades familiales autour de l’énergie et du climat.

Pourquoi la lettre du directeur de la NASA est-elle si révolutionnaire ?

Après Al gore, il se pourrait que cet homme, finalement inconnu du grand public s’avère être le ferment, le fer de lance, le pivot du remue-ménage climato-énergétique qui se dessine en filigrane aux USA, avec l’entrée en fonction d’Obama. Comparaison n’est pas raison, mais il très plausible que les 3 grands axes définis par Hansen, qui furent jusqu’à présent les outsiders du débat, puissent percer et s’imposer comme incontournables, à l’image de celui auquel ce plaidoyer est adressé : Barack Obama.

Car le nerf de la guerre est contenu dans cette lettre : trois gestes puissants, dans trois registres majeurs : le politique et industriel, l’économique, et le technologique.

1° L’effort politique et industriel : le moratoire sur le charbon classique

En centrant son discours sur le charbon, l’auteur nous rappelle implicitement que quand gaz et pétrole entreront en déplétion dans les très prochaines années1, le charbon sera la grosse voie de report de la production d’énergie, pour notre grand malheur climatique. Le charbon incarne dramatiquement l’explosion économique chinoise, qui sans lui n’aurait pas eu lieu. Et c’est là que surgit le caractère hautement politique de ce problème : il faudra convaincre tous ces interlocuteurs que sont l’Empire du Milieu, l’Allemagne, la Pologne, l’Australie et pléthore d’états à travers le monde que le charbon doit être le point de départ du grand freinage énergétique… Rappelons que 40% de l’électricité mondiale est produite à partir du charbon. Un moratoire sur celui-ci aurait cela de nouveau que si les Etats-Unis y consentent, ils ne manqueraient pas, mettant en avant les arguments sus-cités, de développer une « diplomatie du charbon » à l’adresse de la Chine et des autres états « charbonniers » dans le but d’agir au plus pressé.

2° L’effort économique : La taxe sur le carbone, tout de suite !

Cette « mal-aimée » des négociations climatiques revient en force aux Etats-Unis, souvent par des voies inattendues. Nombre de Démocrates,… et de Républicains y sont favorables sous conditions, à l’instar de l’universitaire Greg Mankiw, qui en 2006 créa le Pigou Club, au nom explicite pour les économistes2. Dans ce débat, l’activité déployée par le Carbon Tax Center3 est digne d’intérêt. Son fondateur rappelait le 30 décembre 2008, dans un article paru dans le Huffington Post que, tout comme les pronostics initiaux de la Présidentielle 2008 ont été désavoués, la « sagesse conventionnelle » (que nous nommons en France pensée unique) selon laquelle le système de Cap-and-Trade est la meilleure option, est en train de lâcher. Dans les colonnes du New York Times4, deux républicains (de plus !) soulignent le bien-fondé d’un signal de prix sur le carbone et les modalités selon lesquelles ils voient la chose. La taxe carbone, encore quelques efforts et ils la feront…
 
Il faut conclure à la grande vitalité du travail de réflexion outre-Atlantique qui devrait suggérer plus de courage politique du côté de notre débat français. Mais les politiques ne sont pas les seuls priés de faire leur brainstorming démocratique, les citoyens sont appelés à y mettre leur dose de courage. Et ceci consiste à comprendre pourquoi nous devons faire croître le prix de l’énergie avant qu’il ne soit trop tard.

3°) L’effort technologique : la recherche nucléaire.

Que l’on approuve l’option nucléaire ou pas, Hansen rappelle que l’on ne peut en faire l’économie, et si l’espoir fondé sur la 4e génération de l’énergie nucléaire n’est pas assuré de déboucher sur des succès, la situation impose un effort de recherche comparable au projet Manhattan, qui n’aurait peut-être pas prospéré sans la menace qui planait sur l’époque. Alors que le problème de la raréfaction des ressources (uranium) se pose pour les générations précédentes de réacteurs, la quatrième laisse entrevoir une solution y échappant pour un bout de temps. Peut-on faire l’impasse sur une nouvelle marge de manœuvre ? Le nucléaire n’est pas la panacée, mais l’urgence climatique rendant obsolète le dogmatisme anti-nucléaire obligera à des convergences, y compris politiques sur le dossier de l’énergie. Allons à l’essentiel.
 
Il serait vain de croire que nous aurons encore longtemps le choix, et dans ce contexte, toute prise de conscience est salutaire, mais toute prise de responsabilité l’est encore plus. Il est devenu un lieu commun de dire que l’histoire nous jugera durement si nous devenons ceux qui savaient mais ne firent rien. Mais si, sans se payer de mots, l’on mesure la gravité de notre situation, c’est demain que vous et moi irez frapper à la porte de nos concitoyens.
 
C’est maintenant qu’il faut convaincre rationnellement et affectivement, comme le font très personnellement Anniek et Jim à l’adresse de Barack et Michelle5. C’est la stratégie Hansen, sa sincérité. C’est maintenant qu’il faut trouver les armes nécessaires…

Le changement climatique n’est pas une conjoncture, c’est un état de guerre.

 

  • Les pétroliers commencent à s’accorder sur un pic de production du pétrole (Peak Oil) en 2015 plus ou moins 5 ans.
  • Arthur Cecil Pigou formula le principe des écotaxes : inclure dans les prix le coût des externalités négatives causées par une activité ou une production. Le Pigou Club « est un groupe d’élite d’économistes et experts ayant eu le bon sens de défendre publiquement des taxes pigouviennes plus élevées, telles que les taxes sur l’essence ou les taxe carbone. »
  • http://www.carbontax.org/
  • « An Emissions Plan Conservatives Could Warm To”, New York Times, 27 décembre 2008.
  • Lettre à lire en français sur le site de votre serviteur.

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13 réactions à cet article    


  • Eric Lombard Eric Lombard 31 janvier 2009 20:56

    Je ne sais pas qui a prononcé la phrase en italiques qui introduit et clot l’article :
    Le changement climatique n’est pas une conjoncture, c’est un état de guerre.
    mais son auteur mériterait d’être mentionné.

    Nous sommes bel et bien en état de guerre, une "drôle de guerre" même. La guerre est déclarée, mais il ne se passe quasiment rien.

    Dans les guerres classiques, l’ennemi est l’étranger ; dans les guerres civiles, l’ennemi peut être mon voisin ou mon frère, mais dans la guerre cabonique, l’ennemi c’est moi-même. Pour gagner cette guerre, il me faut en effet lutter contre mon goût du confort, de la vitesse, de l’exotisme, de la mode, contre mon ignorance, ma négligence, mon conformisme …

    Bien que j’en sois plus ou moins conscient, rien ne m’incite vraiment à sortir du mimétisme, car le son du canon ne me parvient pas encore. Je reçois bien quelques nouvelles du front, mais il est encore loin. A l’arrière, on continue à jouir des ressources naturelles sans pénurie ni restriction notable ni être le moins du monde inquiétés par nos gouvernants qui ne jurent que par la croissance. Pourquoi serait-ce à moi de faire le premier pas ?

    Renoncer à mes vacances à l’île Maurice ? Une molécule dans un nuage de CO2 ! Et puis l’avion partira quand même sans moi ! J’en ai vraiment besoin, je suis un peu déprimé !

    Aller faire mes courses à vélo ? Il fait encore un peu froid ! Et puis il risque de pleuvoir au retour. Et si j’ai un coup de coeur pour une plante verte, comment je fais pour la ramener ?

    En effet, si je suis seul à faire le premier pas, ce n’est pas la peine de livrer bataille. La guerre est perdue d’avance. Il faut une mobilisation générale ! Et la mobilisation doit être rapide et massive. Tout le monde, partout.

    Comment y parvenir ?

    Je n’ai évidemment pas la solution, mais voici quelques pistes :

    - constituer des petits groupes de volontaires avec pour objectif d’abord de mesurer leurs consommations (ou leur empreinte écologique), puis de les comparer à des standards et enfin de partager les meilleures pratiques pour les réduire. Cela se fait déjà dans certaines villes pour l’électricité ou les ordures ménagères.

    - s’inspirer des systèmes de vente pyramidale à domicile (les membres d’un groupe sont incités à se former et à constituer d’autres groupes) pour que ces groupes se multiplient à un rythme exponentiel

    - au niveau de l’état, accompagner cette mobilisation par des campagnes de presse. Faire travailler les meilleurs publicitaires et spécialistes du marketing pour que cela devienne “tendance” de réduire son empreinte écologique.

    - Toujours au niveau de l’état, encourager l’action par des incitations fiscales et une augmentation progressive et programmée des taxes sur le carbone, comme le préconise James Hansen. (voir aussi mon article du 28 janvier 2009 : l’idée de taxe carbone fiat son chemin)



    • jjwaDal marcoB12 31 janvier 2009 22:02

      J’ai pris connaissance de la lettre d’Hansen dès sa parution (au point de faire un article
      rebondissant sur elle).
      Je trouve Hansen naïf sur de nombreux points : on ne va pas cesser de construire des
      centrales à charbon ou les éliminer (surtout les récentes) en l’absence d’alternatives soit
      du côté des économies d’énergies ou de la génération (renouvelables par ex) plus
      sûrement d’une combinaison des deux (entreprise annoncée aux USA et en europe).
      Nous sommes au minimum à 10 ans de la 1ère centrale à charbon dotée d’un dispositif
      commercial de capture et stockage (combien de centrales à équiper, à quel coûts et
      surtout dans quels délais ?...).
      Le nucléaire nécessite un investissement majeur et n’est pas exportable au monde entier
      pour les raisons que l’on connait. Y consacrer des sommes conséquentes est freiner le
      développement des économies d’énergies (chez nous) et du développement des renouvelables qui
      peuvent eux s’installer sur toute la planète. Par ailleurs l’électrification du parc automobile
      est vue partout comme un incontournable pour se sevrer du pétrole.
      Quel est le meilleur investissement ?
      Une taxe-carbone finirait immanquablement par être corrolée (aussi) au nombre de kms
      parcourues par les marchandises ce qui prendrait à contre-pied le processus de mondialisation
      poussé par le tryptique FMI-Banque Mondiale- OMC et les élites dans leur ensemble.
      Cela équivaudrait à restaurer les taxes douanières concrètement quasi-inexistantes en 2009.
      Imaginer que tout ce joli monde va se faire "hara-kiri" pour nous sauver la mise est de
      l’angélisme.
      Les chinois se développent au charbon car nous n’avons pas (par myopie et aveuglement)
      développé les renouvelables à partir des années 70.
      Sinon les chinois en auraient largement disposés et n’étant pas fous les auraient massivement
      adoptés. Nous payons des décennies d’erreur. Bien pire est à venir si nous faisons de mauvais
      choix une fois de plus...


      • Eric Lombard Eric Lombard 1er février 2009 08:41

        @ Marco B12

        A propos du moratoire sur les centrales à charbon

        Autant je ne vois pas comment la Chine pourrait durablement freiner son rythme de mises en service de centrales à charbon, même si le ralentissement conjoncturel de la croissance va y contribuer, autant cela me parait faisable aux USA.

        Les Etats-Unis, contrairement à la Chine, ont une économie mature. La croissance des besoins est lente et peut être largement compensée par des économies d’énergie. Ce pays peut éviter la construction de nouvelles centrales électriques s’il se mobilise pour réduire sa consommation, et sans doute à moindre frais. C’est d’ailleurs ce qui a déjà été fait je crois par la Californie qui, en bannissant les ampoules à incandescence, a restauré la sécurité de fourniture sans nouvel investissement.

        Ma petite expérience personnelle me démontre qu’il y a des gisements inexploités d’économies d’électricité chez chacun de nous et beaucoup plus importants que nous ne le pensons.
        Dans la maison où nous vivons à deux, nous consommions entre 6000 et 7000 kWh/an (eau chaude électrique, sèche-linge, lave-linge, lave-vaisselle, four électrique, deux PC ...). Depuis deux ans, j’ai entrepris de réduire la note, en supprimant les veilles (copieur, minitel, fax, magnétoscope, satellite), en remplaçant un PC desktop par un laptop, en remplaçant notre frigo de 16 ans par un A+, en surisolant le cumulus et enfin en remplaçant les ampoules les plus souvent allumées.
        Le résultat est spectaculaire. La conso est tombée l’an dernier à 4400 kWh et je pense arriver à 3000 cette année quand toutes ces actions auront eu un effet sur une année entière.

        Plus de 50% d’économies avec un investissement somme toute assez minime. J’ai juste un peu anticipé le remplacement du frigo, acheté quelques ampoules fluocompactes et blocs de prise avec interrupteur et un peu de matériau isolant. Il y faut aussi de la volonté et un peu de temps.


      • jjwaDal marcoB12 1er février 2009 13:56

        @ eric Lombard
        Tout à fait d’accord pour les USA et bravo pour les économies.
        Si vous lisez l’anglais je viens de parcourir cette page sur le site "earthpolicy.org"
        où L Brown montre le potentiel énorme des économies d’énergies aux USA comme
        dans le monde si on choisit les bonnes formules déjà connues (pour résumer au lieu
        d’augmenter de 30% d’ici 2020 la consommation mondiale d’énergie pourrait baisser
        de 6% par rapport au niveau de 2006 (les USA étant ceux pour qui ces économies sont
        les plus substantielles).).
        Nous en sommes à 1200kwh/an mais l’eau chaude vient du gaz...


      • phil2nim phil2nim 1er février 2009 09:55

        Objections :

        * La Chine n’est pas du tout en mesure de réduire ses centrales charbon, elle représente l’acteur majeur de ce marché pour encore un bon demi siècle !

        * l’inertie du système : la construction d’une centrale type EPR demande 5 ans au moins, plus la mise en service avant d’atteindre la puissance nominale.
        Toute décision prise aujourd’hui n’aurait de résultats que dans 6 à 10 ans, et nous sommes loin de prises de décisions !

        * La taxe carbone n’a d’influence que sur les gaz à effet de serre, qui ne constituent qu’une part de la pollution qui peut éradiquer l’humanité (cf les dangers des ampoules basse consommation, très utilisatrices de vapeur de mercure). A supposer que sa part dans le réchauffement soit aussi importante qu’on veut le croire...ce qui est contesté dans le milieu scientifique.
        Il ne faut pas perdre de vue que cette taxe (donc le CO²) devient l’objet du libre marché : autant dire que les malins vont se faire un max d’argent avec ça !
        Tout au plus, cela maintiendra ou fera retomber les plus pauvres dans la disette énergétique.Je ne vois le système libéral permettre d’améliorer quoi que ce soit dans la survie de l’humanité... Que ce soit le cheval de bataille de AL GORE ne me semble pas un argument rassurant.

        * Silence radio sur la fusion nucléaire, l’anti-gravité, toutes technologies qui ruineraient derechef les pétroliers et autres profiteurs de la filière énergétique. Il est certain que les banques ne risquent pas de financer de tels projets...

        Pour ce qui concerne les économies individuelles, il est certain que c’est une filière prometteuse... A quand un délit de gaspillage pour les municipalités et industriels qui brûlent une énergie monstrueuse à éclairer le ciel nocturne ? (voir Google Earth de nuit...)

        A mon sens, on invente le freinage quand on éclaire le mur...



        • Eric Lombard Eric Lombard 1er février 2009 14:07

          @ Phildenim

          "cf les dangers des ampoules basse consommation, très utilisatrices de vapeur de mercure"

          Le mercure des ampoules basse conso ne va pas "éradiquer l’humanité" !
          Avez-vous fait le calcul ? Sûrement pas, sinon vous ne propageriez pas de pareilles contre-vérités !
          Selon l’article auquel vous devez vous référer (http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=50219) une ampoule contiendrait 0.05 mg de mercure et il s’en vendrait 25 millions par an en France. Cela fait 0.15 litres de mercure par an pour toute la France. Même si tout partait à l’atmosphère, c’est absolument négligeable. Et Thomas qui est dentiste pourrait nous dire combien les dentistes en utilisent chaque année pour faire des amalgames ... Sûrement beaucoup plus !

          Il ne faut pas perdre de vue que cette taxe (donc le CO²) devient l’objet du libre marché : autant dire que les malins vont se faire un max d’argent avec ça !

          Justement, la taxe carbone, c’est pour éviter les marchés de permis d’émission qui ont les inconvénients que vous soulignez.

          Silence radio sur la fusion nucléaire, l’anti-gravité, toutes technologies qui ruineraient derechef les pétroliers

          La fusion nucléaire est démontrée, mais en théorie seulement. Pour une utilisation commerciale, il faudra attendre encore plusieurs dizaines d’années, sans certitude de succès, malgré l’argent investi dans le réacteur ITER en construction à Cadarache.

          Quant à l’antigravité, ce n’est malheureusement qu’un concept de science-fiction. Rien en physique ne permet d’entrevoir la moindre piste de recherche.

          Bien à vous



        • Thomas de Toulouse Thomas de Toulouse 1er février 2009 11:10

          Bonjour à tous,

          m’étant promené sur les pages Agoravox abordant la taxe carbone de manière positive et le réchauffement climatique de manière sérieuse : deux remarques me viennent à l’esprit :


          - la première est que nombre d’intervenants sur les forums font table rase des données acquises de la science (mais ils ne sont certainement pas en mesure de les comprendre). Il n’est pas sérieux de remettre en cause les résultats du GIEC, et ceux qui pratiquent "allègrement" le scepticisme illégitime sont priés de s’exprimer sur d’autres forums plus appropriés.


          - la seconde est celle-ci : il est légitime de s’interroger sur le bien-fondé de la taxe carbone, et mon humble ambition est de vous apporter les éléments suffisants pour vous convaincre de son caractère indispensable. (notamment sur mon site)

          J’ajoute que le temps dont nous disposons est compté, et je lance un appel aux partisans raisonnés, résolus et motivés de la taxe carbone à prendre contact avec moi pour voir ce que nous pouvons faire ensemble pour avancer dans l’opinion. Il y a fort à faire et je serais par ailleurs heureux de répondre personnellement sur ce forum à ceux qui s’interrogent encore de manière sensée sur la mesure.

          Il va de soi que les messages peu pertinents resteront sans réponse.


          • Escaravage 1er février 2009 14:16

            Puisse notre pauvre petit hexagone posséder un "Hansen", alors que notre timide Jean Jouzel, craignant sans doute de paraître trop hardi aux yeux de Claude Allègre, s’est contenté de qualifier la tempête, qui vient de ravager notre sud-ouest, de "cohérente avec les conclusion du GIEC", pendant que sur les écrans, des antiwarmings du niveau d’un Laurent Cabrol se répandaient en propos climato-négationnistes et que nos verts s’époumonaient à hurler contre le nucléaire comme au bon temps de la guerre froide. Cependant, discrétement, se trame dans la Nièvre un projet d’ouverture d’une mine de charbon couplée à une centrale thermique.
            De grâce, Messieurs nos vrais climatologues condamnez l’exploition du charbon et Messieurs les Ecolos, venez manifester chez nous vous y serez accueillis à bras ouverts !
            Dr Escaravage Lucenay les Aix 58380.


            • JL JL 1er février 2009 21:22

              Au risque de paraître hors sujet, je voudrais souligner que cette phrase : ""Le plaidoyer tient en 3 mots d’ordre à l’adresse des époux Obama"" est d’un conformisme insoutenable. Les époux Obama, dites-vous ? Ils sont "présidents " ?

              De même que : ""C’est maintenant qu’il faut convaincre rationnellement et affectivement, comme le font très personnellement Anniek et Jim à l’adresse de Barack et Michelle5"". Qui sont Anniek et Jim ?

              Pour le reste, la mondialisation est la cause de ce gâchis. La solution ? produire local, consommer local. Le capitalisme c’est le gaspillage, les déchets, la ruine. Là où le capitalisme passe, où il y avait la pauvreté, ne reste que la misère.

              Il faut savoir que la misère c’est la pauvreté sans les moyens de subsistance.


              • Thomas de Toulouse Thomas de Toulouse 1er février 2009 21:53

                Réponse à JL.
                Bonsoir ! Les époux Obama ce sont donc Michelle et Barack. Je n’y peux rien si la lettre leur est adressée à tous deux. En tous les cas, cela n’a rien d’étonnant, car Michelle Obama, loin d’être seulement la conjointe de l’homme le plus puissant du monde, est certainement l’une de ses plus proches conseillers.
                Petite précision : Anniek est la la femme de James (ou Jim, diminutif anglais !) Hansen.
                Quant à la façon dont je formule les choses à ce sujet, je ne crois pas que cela ait beaucoup d’importance.

                Concernant le capitalisme, vos remarques sont dans beaucoup de domaines justifiées (le libre-échange et la libéralisation, la financiarisation à tout crin de l’économie sont des plaies), mais le capitalisme est un système par défaut, imparfait, mais qui est tout de même le seul que l’on connaisse de "viable" (pas durable en l’état). Si vous entendez par cela qu’il faut introduire de la régulation et de la justice dans les échanges, je suis totalement de votre avis. Vous dites qu’il faut produire local et consommer local, ce que je partage pour beaucoup de cas, mais ne pensez-vous pas que la taxe carbone permettra cela en rendant plus difficile de consommer à bas prix des denrées et produits venus du bout du monde ?

                N’oubliez pas par ailleurs que sous certaines modalités, la taxe a des effets redistributifs intéressants.
                A lire : http://www.arguments-ecotaxe.com/hourcade.html


                Pour qui veut bien s’y intéresser, il existe un tas de bonnes raisons de donner un prix au carbone via la fiscalité. smiley

                 


                • gdm gdm 2 février 2009 10:51
                   
                  @Thomas de Toulouse
                  Certains scientifiques contestent les thèses réchauffistes. Ils contestent aussi le rapport du GIEC. La plupart des hommes politiques semblent considerer que le débat scientifique serait clos. Certains meme affirment que les adversaires des réchauffistes se trompent, voire seraient des imbéciles ou des menteurs. La seule attitude scientifique serait d’admettre que le débat scientifique n’est pas clos.

                  • Thomas de Toulouse Thomas de Toulouse 2 février 2009 12:10

                    Reponse à gdm

                    Bonjour, merci de participer à la discussion.

                    Pour reprendre vos propos, le débat scientifique n’est jamais clos. Les scientifiques ont une méthodologie qui laisse place au principe de contradiction rigoureuse. On peut évidemment admettre la pertinence du doute sur certains aspects du tableau dressé par les scientifiques. Vous aurez toujours dans un corps constitué des voix divergentes, et cela est souhaitable. Ce qui l’est moins, c’est de remettre en cause le faisceau de présomption de la communauté scientifique (qui a la rigueur de s’exprimer en terme de probabilités, fussent-elles élevées, et non en certitudes absolues comme le ferait un corps dogmatique). Les autres cherheurs ne sont pas dupes de la mauvaise foi de certains, mais le manque de rigueur et le souhait d’entendre ce que l’on souhaite font que l’auditoire, tant les journalistes que les citoyens non informés, absorbent le doute plus facilement que les éléments étayés.

                    Cher monsieur, ou madame,

                    Personne ne peut je pense vous convaincre en peu de temps ou peu de lignes de la pertinence du IPCC.
                    Mais admettons que vous écartiez les conjectures "réchauffistes" comme non valides, le problème de la finitude des ressources n’en rend pas moins indispensable une inflexion des consommations d’energies fossiles. L’imminence du pic de production des pétrole et gaz imposent en tous les cas un freinage d’ensemble de notre train de vie énergétique.

                    Non ?


                    • gdm gdm 2 février 2009 14:17

                      @Thomas de Toulouse
                      Vous dites que le débat scientifique n’est pas clos. Mais le débat politique semble clos sur les thèses réchauffistes. Cette asymétrie, voire incohérence, des politiciens nécessite une analyse politique adéquate. Pourquoi, les Etats voient-ils une certitude dans un débat sans certitude ? Toute thèse justifiant l’intervention des Etats sera naturellement encouragée par les Etats. Les Etats ne sont pas impartiaux dans ce débat. Ainsi, Les Etats accordent des budgets de recherche aux chercheurs qui soutiennent les thèses réchauffistes. Les autres chercheurs anti-réchauffistes ne reçoivent plus de budget. Seuls les chercheurs indépendants des Etats reçoivent des budgets pour continuer à travailler sur des thèses contraires au réchauffisme.

                      Vous parlez de la "communauté scientifique". Elle ne forme aucune unanimité sur ce sujet. Bien au contraire. Vous allez même d’accuser certains scientifiques anti-réchauffistes d’être de "mauvaise foi". Je considère que celui qui invente un modèle mathématique de prévision du climat sur 100 ans, celui-la est de mauvaise foi. Lorsque ce modèle prétendument mathématique, projète au-delà de un an, c’est du charlatanisme. Au-delà de 100 ans, c’est une croyance superstitieuse.

                      Ensuite, en évoquant les "énergies fossiles", vous parlez d’un problème de ressources économiques. Un économiste vous expliquerait qu’une ressource provient toujours de l’homme et non pas de la nature. Il ne peut donc pas exister de pénurie de "ressources économiques". Et pour un économiste, il ne peut donc exister de ressources prétendues naturelles. Ce raisonnement économique conceptuel semble paradoxal au non-économiste. La science économique est l’étude de la rareté des ressources. Toute ressource, ou presque, est substituable par une autre ressource. Les prix sont la manière de réguler la disponibilité des ressources. La créativité humaine existe toujours pour répondre à une demande.

                      Vous donnez l’exemple du pétrole. Le pétrole ne manquera jamais, mais il sera plus cher. Au niveau de consommation actuel d’énergie, les réserves actuellement connues de charbon permettraient une consommation pendant 1000 ans.

                      Vous affirmez que la conséquence économique de la "finitude" des ressources serait un "freinage" de notre "train de vie". Vous êtes alors sur le terrain des sciences économiques. Et votre thèse est discutable. Mais, à mon avis, certains écologistes savent que la thèse du réchauffement est mal fondée. Mais ces écologistes la défendent néanmoins, pour défendre une thèse purement économique du freinage de la consommation qui leur semble nécessaire.

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