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L’école est-elle devenue l’antithèse de la culture ?

A l’heure où les enseignants pensent déjà à leur reconversion un an après avoir été affectés.

A l’heure où les programmes scolaires changent au gré des différents ministres qui siègent .

L’école républicaine de Jules Ferry se meurt.

La véritable culture disparait au profit d’un divertissement déguisé en objet culturel. On leur apprend dès leur plus jeune âge à être des consommateurs ignares. Les résultats sont concluants. Très tôt la préoccupation principale de nos chères têtes blondes est l’image qu’il dégage. L’enveloppe corporelle prime sur l’esprit. L’objectif premier étant "de passer à la star ac et d’avoir une meuf*".

L’école a perdu son sens premier : l’instruction. Elle a changé d’objectif. Il faut que les élèves apprennent avant tout à devenir des citoyens. Et oui ce sont les électeurs de demain. Moins ils en savent et plus ils se soumettront. Alors pour cela, on a fait croire que la spécialisation primait sur la culture générale. Dès la 5ème le système scolaire propose aux machines à manger un échantillon d’orientation entre la 4ème technologique, la segpa, la découverte des métiers … L’élève en difficulté à le choix entre différentes voies de garage. Dans la plupart des cas, ceux qui sont orientés dans ces classes sont des perturbateurs ou des élèves qui ne comprennent pas l’intérêt que l’école peut leur apporter. Ces écoliers deviennent des apprentis.

Le système scolaire traditionnel à trouver le moyen de se débarrasser de ces troubles fêtes sans faire appel aux conseils de discipline. Dans ces classes les enseignements professionnels priment sur l’enseignement général. L’élève pourra donc difficilement réintégrer une filière générale car lire Balzac et la petite tailleuse chinoise ne remplace pas la lecture d’un roman de Balzac. Par ailleurs, les classes générales ne valent pas mieux , les élèves n’apprennent plus à penser mais à devenir "des bêtes à concours". Il faut donc ingurgiter le plus de connaissances possible puis le vomir quand on vous le demande. Face à eux, les enseignants qui ont eu et transmettent exactement la même pratique : Le gavage et la régurgitation.

Quel est l’intérêt de cette pratique ? Aucune.

Oui au savoir au service de la construction individuelle .Non au savoir qui abrutit.

 Les connaissances et le savoir sont deux éléments distincts. Les connaissances permettent d’enrichir un savoir. Elles ne sont pas le savoir en lui-même. Celle-ci est la matière abrupte qu’ il faut acquérir et malaxer à la fois. La substance assimilée lorsqu’elle aura été confrontée à différentes pensée servira à la construction d’un moi indépendant. C’est un travail long et douloureux. Lire , lire et relire tout en s’appropriant et en se distinguant des auteurs sur qui nous nous sommes bâtis.

Et un jour, comme par enchantement la pensée individuelle jaillit.

 On oublie souvent que seule la culture peut briser les chaines d’une tradition archaïque et d’un dogme religieux. Comment vont ils pouvoir s’en affranchir si l’école ne remplit plus son rôle ?

 « Le monde est aux mains d’une théorie de crapules qui veulent faire de nous des travailleurs, et des travailleurs spécialisés, encore : refusons... Sachons tout... Soyez un spécialiste de tout. L’avenir est à Pic de la Mirandole. » Boris VIAN

*les propos sont recueillis dans l’excellent film de Jean-Paul LILIENFELD « La journée de la jupe ». Isabelle Adjani joue le rôle de Sonia Bergerac, professeur de français dans un collège « difficile ».

par FOFANA samedi 21 août 2010 - 39 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par slipenfer (xxx.xxx.xxx.155) 21 août 2010 12:05

    l’école, la fabrique à illétrés ?
    J ’en suis pas revenu du changement en 30 ans.
    L ’introduction de la publicité dans les manuels scolaire ,faut le faire
    et les questionnaire sur les slogans publicitaire,pas mal non plus.
    et les parents ne déchirent pas c’est pages ?

  • Par anny paule (xxx.xxx.xxx.111) 21 août 2010 16:30

    "L’école est le moyen le plus efficace dont dispose une société pour former ses membres à son image". Maurice Halbwachs, Préface de Durkheim, L’évolution pédagogique en france, PUF, réédition de 1990.
    En ces temps très troublés et plus qu’incertains, où l’humain n’est considéré que dans ses dimensions de futur consommateur et de futur employable flexible, "taillable et corvéable à merci", où la vision que nos politiques ont de notre société est inexistante et fluctuante, il n’est pas surprenant que l’école soit devenue ce qu’elle est aujourd’hui, malgré la résistance d’une large part du corps enseignant.

    Nous sommes très loin de la vision humaniste d’un Condorcet qui entendait que l’école développe l’esprit critique ( "former des citoyens qui ne s’en laissent pas conter mais qui entendent qu’on leur rende des comptes"), qui concevait l’instruction comme première et indispensable, qui faisait aux "Lettres" et aux auteurs classiques une part essentielle.

    Consulter un manuel de quatrième ou de troisième aujourd’hui donne la nausée : c’est d’une indigence rare et cela ne sert qu’à formater nos enfants pour qu’ils soient en phase avec cette société délétère contre laquelle nous nous battons si nous avons deux sous de conscience. Indigence, et jargon jargonnant... ("reprise anaphorique", pour parler des substitutions possibles évitant certaines répétitions, par exemple ! Celui-ci me vient à l’esprit, il y en a bien d’autres !).
    Songer qu’à l’oral du bac, un candidat n’a aucune idée de l’époque dans laquelle on pourrait situer Voltaire, Chateaubriand ou Musset, et n’a jamais lu la moindre page de ces auteurs (ne parlons pas d’oeuvres complètes !) est très révélateur de l’esprit qui anime ceux qui valident les programmes.

    Alors, si les parents ont eu le bonheur de disposer de cette culture dont on prive aujourd’hui leurs enfants, il faut qu’ils cherchent par tous les moyens de la transmettre à leur progéniture... et qu’ils fassent en sorte que cette transmission, ce partage, se fasse avec plaisir. Le goût des lettres se transmet et s’apprend, et si l’école d’aujourd’hui (aussi bien publique que privée) ne remplit plus cette mission essentielle, c’est aux parents ou grands parents, quand ils en ont les moyens, de faire
    ce travail pédagogique... certes, ce sera une éducation de classe, mais elle aura le mérite d’être ! 

  • Par FOFANA (xxx.xxx.xxx.54) 21 août 2010 12:13

    Mes critiques sont peut etre générales mais elles ne sont en aucun théorique. Je parle de situations que j’ai connu en tant qu’élève et aussi en tant qu’enseignante. Le système scolaire se dégrade au fil du temps. Et je vois chaque jour autour de moi les conséquences de ce problème.

  • Par slipenfer (xxx.xxx.xxx.155) 21 août 2010 13:22

    @ vilistia bonjour

    je me demande s’il ne faut pas retirer ses enfants de l ’école
    avant qu’ils ne soient complètement conditionnés.

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