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Accueil du site > Actualités > Société > L’égalitarisme (3) – « Égalité des chances » : analyse (...)

L’égalitarisme (3) – « Égalité des chances » : analyse d’un slogan…

L’égalité des chances est une idée dangereuse. Si on cherchait vraiment à l’appliquer, on aboutirait à coup sûr à la société sans classes rêvée par les marxistes et les anarchistes. Dieu merci ! personne n’a vraiment cherché à comprendre les implications subversives de ce slogan. Les partisans de l’ordre établi peuvent dormir tranquilles.

À quoi sert « l’égalité des chances » ?
 
Tout slogan a une utilité. Celui-ci ne fait pas exception à la règle. L’égalité des chances est le miroir aux alouettes qui permet de rendre un peu moins inacceptables les inégalités réelles de fortune, de pouvoir et de prestige. L’égalité des chances, c’est un slogan « deux en un » : il donne bonne conscience aux dominants tout en faisant miroiter l’espoir d’une promotion sociale aux dominés.
 
Pendant longtemps, les libéraux se sont contentés de promouvoir l’égalité des droits. Mais cette dernière s’est avérée rapidement insuffisante. En droit, un salarié est aussi libre que son employeur. Contrairement à un esclave ou à un serf, aucune loi ne l’empêche de quitter son entreprise si ça lui chante. Mais la plupart du temps, la jouissance de ce droit est purement théorique, étant données les conditions économiques subies par les salariés (fort chômage, difficulté financière ou familiale à aller chercher du travail dans une autre région, etc.). Il en va de même pour l’égalité juridique entre hommes et femmes. En France, elle est presque entièrement acquise. Et pourtant, chacun sait qu’il existe encore de fortes inégalités de fait, et pas seulement en terme de salaires ou de revenus.
 
C’est pour pallier ce genre d’injustice que certains libéraux ont voulu adjoindre l’égalité des chances à l’égalité des droits. Le plus célèbre d’entre eux est sans doute le philosophe américain John Rawls, dont sa Théorie de la justice (traduite en français au éditions du Seuil) met en avant deux principes subordonnés l’un à l’autre :
 
1. Le principe d’égale liberté 
"Chaque personne doit avoir un droit égal au système le plus étendu de libertés de base égales pour tous, compatible avec le même système pour les autres"
2. Le principe de différence
"Les inégalités sociales et économiques doivent être organisées de façon à ce que, à la fois, on puisse raisonnablement s’attendre à ce qu’elles soient à l’avantage de chacun (2a), et à ce qu’elles soient attachées à des positions et des fonctions ouvertes à tous (2b)"
(source : Wikipedia )
 
Le premier principe inclut à la fois l’idée de liberté et celle d’égalité : dans une société juste, tous doivent bénéficier des mêmes droits fondamentaux, ceux-ci garantissant pour chacun la plus grande liberté possible. Le deuxième principe, qui m’intéresse davantage dans cet article, admet la possibilité d’inégalités sociales et économiques à condition :
 
(a) que chacun (même le plus défavorisé) bénéficie de ces inégalités ;
(b) que les positions privilégiées ne soient pas réservées aux personnes issues d’une catégorie sociale favorisée, mais ouvertes à tous.
 
C’est cette condition (b) qui définit l’égalité des chances (en anglais : « equal opportunity »). Comme on le voit, on n’est pas très éloigné du mythe de la méritocratie républicaine, selon laquelle la place que chacun occupe dans la société n’est pas déterminée par sa naissance mais par ses talents et ses vertus.
 
Pétainisme, sarkozysme et social-libéralisme…
 
Le principe d’égalité des chances est donc une sorte de compromis entre un libéralisme strict, qui ne reconnaît que l’égalité des droits, et un égalitarisme strict, favorable à une égalité réelle des conditions économiques, sociales et politiques. Ce compromis a permis à des hommes de droite de donner une petite touche « sociale » à leurs discours. C’est ainsi que Nicolas Sarkozy – que Dieu le maintienne longtemps encore sur le trône de France ! – affirmait en 2005 : « « Il est injuste de vouloir donner la même chose à chacun alors que précisément la République doit conduire à reconnaître les mérites et les handicaps de chaque personne. À l’égalité formelle, je préférerai toujours l’équité. Celui qui travaille plus doit gagner davantage. Celui qui cumule le plus de handicaps doit être davantage aidé » (Source : l’Observatoire des inégalités - http://www.inegalites.fr/spip.php?article504).
 
Mais Sarkozy, pas plus que Villepin ou Chirac n’est évidemment pas le premier homme de droite à chanter les louanges de l’égalité des chances. En 1940, déjà, un regretté Maréchal parlait ainsi à ses sujets : « Le régime nouveau sera une hiérarchie sociale. Il ne reposera plus sur l’idée fausse de l’égalité naturelle des hommes mais sur l’idée nécessaire de l’égalité des "chances", données à tous les Français de prouver leur aptitude à servir... Ainsi renaîtront les élites véritables que le régime passé a mis des années à détruire et qui constitueront les cadres nécessaires au développement du bien-être et de la dignité de tous. » (Source : un excellent article d’Alain Bihr et Roland Pfefferkorn – Monde diplomatique de septembre 2000 )
 
L’idée d’égalité des chances, on le voit, a depuis longtemps été adoptée (au moins en théorie !) par une partie de la droite. Il n’en va pas de même pour la gauche. Qu’elle fût révolutionnaire ou réformiste, la gauche était jadis favorable à une redistribution massive des richesses et à une diminution des inégalités sociales. Les choses ont changé dans les années 70-80, avec le triomphe de l’idéologie néolibérale. Socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes se sont alors majoritairement convertis au social-libéralisme, abandonnant la lutte contre les inégalités pour de beaux discours sur l’égalité des chances. En témoigne, notamment, la métamorphose du vieux parti travailliste anglais en « New Labour » :
 
« « L’égalitarisme à tout prix (...) n’a désormais plus d’avenir devant lui. », « La gauche moderne doit développer une approche dynamique de l’égalité fondée sur l’égalité des chances. » écrivaient déjà en 2002 l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair et le sociologue alors très à la mode Anthony Giddens. » ( Source : un très bon article de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités )
 
L’égalité des chances est-elle plus qu’un slogan ?
 
J’ai dit plus haut que « l’égalité des chances » n’est qu’une formule destinée à rendre plus digeste la pilule des inégalités réelles. Ce point mérite une démonstration. Si je prétends que « l’égalité des chances » n’est qu’un slogan, c’est parce que personne ne la prend vraiment au sérieux. Qu’est-ce que l’égalité des chances, en effet, sinon l’absence de toutes discriminations liées au sexe, à la couleur de peau, à la naissance ou au milieu social d’origine ? Or, que se passerait-il si l’on faisait disparaître toutes ces discriminations ? On aboutirait à la fin de la reproduction sociale, donc à la société sans classes – cette société égalitaire qu’on veut pourtant éviter à tout prix lorsqu’on parle d’ « égalité des chances ».
 
Prenons un exemple concret. L’école républicaine, en France, est censée permettre à tous les individus de développer leurs talents, indépendamment de leur origine sociale. De cette manière, les plus doués et/ou les plus travailleurs obtiendraient à la fin de leurs études des positions sociales correspondant à leurs mérites personnels. La réalité, chacun le sait, est bien différente. Ainsi, d’après un article de l’Observatoire des inégalités, déjà cité plus haut : « Pour que l’on puisse parler de mérite individuel, il faudrait que l’effet du contexte social puisse être aboli. Ce n’est pas du tout le cas : dès les petites classes de maternelle, on constate des écarts de niveaux selon le milieu social des enfants. « Les premières “traces” des inégalités sociales sont observées au niveau de la moyenne section de maternelle, quand les enfants ont 4 ou 5 ans », analyse Marie Duru-Bellat, sociologue de l’éducation ».
 
Ainsi, si l’on voulait donner à chaque enfant la même chance d’être un jour dirigeant d’entreprise, cadre supérieur, membre d’une profession libérale ou député, il faudrait d’abord abolir les classes sociales. Les enfants des classes dominantes sont favorisés à maints égards, puisqu’ils reçoivent de leurs parents un capital financier, mais aussi culturel et social plus important que les autres – sans compter que leurs parents connaissent souvent très bien le système scolaire et les « filières d’excellence ».
 
Seule une société sans classes pourraient réellement donner à chacun l’opportunité d’occuper une responsabilité importante – que ce soit dans le travail ou dans la vie politique. Dans une telle société, en effet, les hiérarchies ne seraient pas figées : chacun serait tour à tour gouvernant et gouverné, comme dans la cité (polis) au sens où Aristote l’entendait. Rien à voir avec nos sociétés, où on retrouve toujours les mêmes personnes (et les mêmes familles) aux postes de commandement. Quand on a une importante responsabilité politique, c’est généralement pour la vie – ou alors, c’est pour finir par pantoufler dans le privé. Le même phénomène s’observe dans le monde de l’entreprise. En réalité, le pouvoir politique et le pouvoir économique sont étroitement imbriqués l’un dans l’autre. Au sommet, ce sont les mêmes gens, les mêmes familles, les mêmes classes sociales qui gouvernent. Ainsi, d’après un article de l’Observatoire des inégalités datant de 2008, « Employés et ouvriers représentent la moitié de la population active, mais à peine 6 % des députés. »
 
Égalité des chances et discrimination positive
 
L’égalité des chances est donc bien une idée hautement subversive – si on veut bien prendre la peine de l’analyser. Mais la plupart du temps, elle n’est qu’un slogan au service de l’ordre établi. Seulement, faut pas que la manipulation se voie trop ! C’est pourquoi, à défaut de promouvoir une réelle égalité des chances, on fait semblant de travailler dans ce sens. On prend des mesurettes qui vont parfois dans le bon sens mais ne règlent rien sur le fond. À cet égard, l’une des pratiques les plus discutables est la discrimination positive, qui consiste à contrebalancer la discrimination subie par certains groupes en leur donnant un accès privilégiés à des places enviées. C’est ainsi, par exemple, que Science Po Paris offre depuis 2001 des places à de bons lycéens de ZEP. (Source : scienceshumaines.com). On voit bien ce qu’une telle mesure a de critiquable. D’une part, elle n’aide qu’une toute petite minorité de jeunes gens – en fait, les plus favorisés des défavorisés. D’autre part, elle est à double tranchant, puisqu’elle peut susciter un sentiment d’injustice de la part de ceux qui n’en ont pas bénéficié et ont raté de peu le concours d’entrée. C’est ainsi que les bénéficiaires de la discrimination positive pourraient se retrouver encore plus stigmatisés qu’auparavant.
 
Conclusion
 
Puisque l’égalité des chances est encore à la mode – pour combien de temps ? – profitons-en. Plutôt que de cracher sur ce slogan, qui n’est pas si mauvais en soi, tâchons de lui donner un sens cohérent. Alors, nous nous apercevrons peut-être que la rhétorique des dominants peut se retourner contre eux…

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42 réactions à cet article    


  • leypanou 26 août 2010 10:35

    « Si je prétends que « l’égalité des chances » n’est qu’un slogan, c’est parce que personne ne la prend vraiment au sérieux » : non, erreur, si justement, ne serait-ce que les ramollis de cerveau faisant partie des classes défavorisées et qui votent à droite ou pire à l’extrême droite. Il faut bien que l’enfumage de masse joue son rôle, le temps de cerveau disponible sert à cela. Regardez le nombre d’abrutis qui regardent TF1 ! C’est du même niveau que « tous ceux qui ont gagné ont joué » du PMU ou autre loto.


    • Jordi Grau J. GRAU 26 août 2010 12:07

      A leypanou :

      Je me suis sans doute mal exprimé. Quand j’ai écrit que personne ne prend le slogan « égalité des chances » au sérieux, je ne voulais pas dire que personne n’y croit. Je voulais dire que personne ou presque ne réfléchit sérieusement à toutes les implications logiques de ce slogan. C’est un peu comme les révolutionnaires de 89 : quand ils ont affirmé que « tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit », seule une minorité prenait vraiment ce slogan au sérieux, et incluait parmi les hommes dignes de ce nom les femmes, les noirs et les pauvres.


    • Cogno2 26 août 2010 13:59

      ne serait-ce que les ramollis de cerveau faisant partie des classes défavorisées et qui votent à droite ou pire à l’extrême droite.

      Youhou, Danielle, on parle de toi. smiley


    • danielle 27 août 2010 09:44

      à cogno2

      alors comme ça on se connait au point que tu saches pour qui je vote
      ce n ’est pas le cas et comme tu n’as pas non plus de pouvoirs de voyance force est de constater que la métode que tu emploies ne peut qu’engager à ne porter aucun crédit à tes propos quels qu’ils soient
      propos sortis de ton bulbe reichitique


    • jef88 jef88 26 août 2010 10:52

      "Les enfants des classes dominantes sont favorisés à maints égards, puisqu’ils reçoivent de leurs parents un capital financier, mais aussi culturel et social plus important que les autres – sans compter que leurs parents connaissent souvent très bien le système scolaire et les « filières d’excellence ».« 
      Je crois que tout est dit dans ce passage...
      Mais notre systàme actuel amplifie le phénomène avec la »diplomite«  qui mêne l’emploi : on confond SAVOIR et SAVOIR FAIRE : Le »petit« expérimenté et dynamiqueaura toujours tort face au »grand" fortement diplomé mais sans aucun sens pratique et bercé par la routine.


      • danielle 27 août 2010 10:46

        à jeff 88

        si ce qui est dit n’est pas faux il n en demeure pas moins qu il faut arrêter de penser que les filières dites d’excellence et notamment polytechniques forment l’élite intellectuelle du pays
        si ce fut vrai ce n’est plus le cas depuis fort longtemps
        les classes préparatoires reçoivent outre des gamins de milieux nantis mais aussi bon nombre de gamins d’enseignants qui sont les mieux placés pour formater leur progéniture dès le berceau
        l’enseignement dispensé dans les classes préparatoires n’est qu’un gavage un bachottage outrancier nécessitant des moyens matériels importants car il est nécessaire de payer des cours particuliers en grande quantité et les gamins n’ont pas la possibilité de travailler pour gagner quelque argent et les inscriptions aux différents concours sont très chères
        donc les grandes écoles ne recrutent pas les meilleurs mais une pseudo élite sociale
        que je sache et peut être à quelques exceptions près nos grands chercheurs sont généralement issus de l’université ce qui semble logique car si l’on est intelligent on ne peut se satisfaire de cette méthode ni s’épanouir car elle ne laisse aucune place à la liberté intellectuelle et à la création
        il serait évidemment nécessaire de supprimer cet enseignement dit d ’excellence qui coûte cher au contribuable qui va à l’encontre de l’égalité des chances et qui est archaïque
        malheureusement si l’envie existe chez bon nombre de politiciens de tout bord cela n’est pas possible car vous aurez une levée de boucliers surtout de la part du corps enseignant
        je pense donc que la réforme des universités engagée par allègre et continuée par pécresse va dans le bon sens dans la mesure où l’université est dotée de plus de moyens et offre donc des formations de grande qualité et accessible à tous et l’on voit déjà un recul du nombre d’inscrits dans les prépas qui peu à peu n’auront plus d’attrait


      • jakback jakback 26 août 2010 11:11

        L’égalité des chances est un mythe, pire, c’est nier la nature profonde de l’homme. La relation dominant/dominé est l’essence même de son évolution.
        Nous sommes tour a tour dominant/dominé, et c’est tant mieux.

        1

        • Jordi Grau J. GRAU 26 août 2010 12:18

          Vos idées semblent intéressantes, jakback, mais elles sont aussi hautement discutables. Je crois qu’elles mériteraient un brin d’explication et de justification. Il faudrait notamment que vous définissiez la nature de l’homme (ce qui n’est pas une mince affaire) et également la nature de la domination (ce qui est peut-être un peu plus facile).

          En ce qui me concerne, je distinguerais domination et gouvernement. J’ai écrit dans mon article que les hommes, dans une société sans classe, seraient tour à tour gouvernants et gouvernés. Il me paraît en effet peu probable que les groupes humains parviennent un jour à s’organiser sans aucune hiérarchie. Même dans un débat démocratique, il est important d’attribuer un rôle d’animateur ou de modérateur à quelqu’un, ce qui revient à créer (provisoirement) une inégalité entre les membres du groupe. Mais ce pouvoir organisateur n’est pas nécessairement un pouvoir de domination.

          Pour qu’il y ait domination, il faut qu’il y ait une relation de pouvoir durable et à sens unique. Dans les démocraties actuelles, on peut bien parler de domination, parce que ce sont toujours les mêmes « élites » qui sont au pouvoir. L’alternance démocratique n’est en général qu’une façade. Dans un gouvernement vraiment démocratique, il en irait autrement, parce que les mandats ne seraient pas indéfiniment reconductible et parce que les gouvernants seraient choisis (voire tirés au sort) parmi l’ensemble des citoyens.


        • jakback jakback 26 août 2010 12:40

          @J.GRAU,
           La Révolution ne sert pas a changer le système, elle sert a changée des têtes.
          Pour ce qui est des hommes, il me semble que chacun porte en soi « l’esprit de compétition » a des degrés divers certes, ce qui amène tout a chacun a en faire plus. Mis a part le maillon faible qui n’a de cesse, d’essayer le plus possible, a empêcher de tirer tout le monde vers le haut.
          Il est vrai que l’on domine plus facilement en tirant tous vers le bas que son contraire.

          1

          • Le péripate Le péripate 26 août 2010 12:47

            Ce slogan présente la vie comme une compétition, ce qui est stupide car faisant fi des très nombreuses options incommensurables possibles : qu’y-a-t-il de commun entre réussir une vie de compositeur, de medecin, d’homme d’affaire ou d’amoureux ?

            Mais enfin, au moins une société s’est approché de cet « idéal ». Pour ce faire elle est allé jusqu’à retirer les enfants aux parents.
            C’était Sparte, le prototype de tous les régimes totalitaires.


            • Jordi Grau J. GRAU 26 août 2010 13:06

              Au péripate  :

              Je suis partiellement d’accord avec vous : il y a mille manières de réussir sa vie, et il n’y a pas besoin pour cela d’écraser les autres. Néanmoins, force est de reconnaître que la compétition est omniprésente dans les sociétés humaines, et pas uniquement depuis l’apparition du capitalisme. Cette compétition peut avoir des origines psychologiques (désir de briller, d’exister aux yeux des autres, de s’extraire de la masse), des origines matérielles (rareté d’une ressource comme l’eau ou le pétrole), des origines politques (rareté des places de commandement)... On peut déplorer cela, mais il faut d’abord le constater. Une fois qu’on observé lucidement la réalité, on peut essayer de trouver des solutions pour supprimer ou atténuer toutes ces compétitions, mais pas avant.

              Dans mon article, je prends l’exemple de l’école. Comment ne pas voir qu’il y règne une compétition très dure ? Les notes, censées permettre d’évaluer le niveau de l’élève, sont un moyen de classement et de sélection. Et comme toutes les filières ne sont pas valorisées au même degré, il est clair que les mauvais élèves reçoivent leurs notes comme une humiliation. A ce sujet, je trouve toujours amusant ces hommes politiques qui s’insurgent contre le mépris dont souffrent les filières professionnelles et les métiers manuels. Dans le fond, ils n’ont pas tort, mais il serait intéressant de voir les études « choisies » par leurs enfants.... 


            • Le péripate Le péripate 26 août 2010 13:19

              Vous voulez parler de l’Éducation Nationale ? L’immense majorité de ses fonctionnaires sont tout acquis aux thèses égalitaristes, et il est en effet paradoxal que ce soit le lieu d’une compétition acharnée. Remarquez que ceux qui s’en sortent le mieux sont les enfants d’enseignants (suivis par ceux des journalistes). Il se pourrait que cette compétition soit un moyen pratique et très efficace d’écarter des concurrents.
              Alors au final, l’égalitarisme serait le meilleur moyen de s’assurer des positions inexpugnables. Comme on disait avant, des privilèges.


            • Le péripate Le péripate 26 août 2010 13:40

              toute acquise. Excusez le mauvais élève, messieurs les professeurs. smiley


            • Jordi Grau J. GRAU 26 août 2010 14:16

              Au péripate :

              Il est tout de même un peu fort de rendre l’égalitarisme responsable des inégalités engendrées ou maintenues en place par l’éducation nationale. En admettant que la majorité des professeurs soient égalitaristes (ce qui reste tout de même à prouver... il ne faut pas confondre voter socialiste et être égalitariste), cela ne prouve rien, sauf qu’ils sont des hypocrites ou alors qu’ils essaient comme ils peuvent de compenser les inégalités produites par le système scolaire dans lequel ils travaillent. Les idées égalitaristes ne sont pas ici en cause.


            • Le péripate Le péripate 26 août 2010 14:53

              Sauf s’ils sont des hypocrites. Je vous en laisse la responsabilité, mais bravo, dans le mille. smiley


            • Le péripate Le péripate 26 août 2010 15:02

              Au fait, votre papier n’est pas mauvais. Sauf que c’est dommage de parler de Rawls sur ce sujet. En effet sa théorie de la justice est un effort pour déterminer si une assemblée d’individus placé sous un voile d’ignorance quand à leur propre situation (une figure rhétorique) trouverait un Droit qui fasse l’unanimité. On est assez loin de l’égalité des chances vulgaire.
              Pour aborder Rawls, il y a un livre du français Dupuy qui est assez intéressant parce qu’il met en rapport constant Rawls et Nozick, ce qui permet d’éclaircir un peu la question du droit dans la famille libérale.


            • anty 26 août 2010 13:10

              Cet article est un peu mal réfléchit

              ce n’est d’égalité de chances qu’il faut parler

              mais plutôt des possibilités qu’offrent un pays aux jeunes

              plus ces possibilités sont nombreuses plus les jeunes auront de chances de s’épanouir dans leur vie

              Ces possibilités sont bien sûr plus nombreuses dans les pays riches et démocratiques

              c’est pourquoi il soutenir l’enrichissement d’un pays et la démocratie


              • Jordi Grau J. GRAU 26 août 2010 13:55

                Excusez-moi, mais je ne vois pas en quoi cet article est mal réfléchi. Puisque l’expression « égalité des chances » est omniprésente, je pense qu’il n’est pas mal de l’analyser pour comprendre ce qu’elle veut dire.

                Maintenant, la notion que vous abordez, celle de « possibilités qu’offrent un pays aux jeunes » est évidemment intéressante. Rien ne vous empêche d’écrire un article à ce sujet.


              • ZEN ZEN 26 août 2010 13:24

                Lire et relire Bourdieu !...


                • anty 26 août 2010 13:30

                  Bourdieu est un âne

                  il soutenait Solidarité de Pologne qui est un syndicat de droite nationaliste avec des racines catholiques


                • Le péripate Le péripate 26 août 2010 13:38

                  J’en profite pour dire que j’envoie au pilon une cinquantaine de bouquins vaseux, dont quelques exemplaires de Bourdieu, Badiou et autres Ramonet. Si quelqu’un les veut, je donne tout. Avec ma carte du PS et celle d’Attac.


                • Jordi Grau J. GRAU 26 août 2010 14:01

                  A Anty

                  On ne peut juger Bourdieu sur une prise de position. Si on est un âne parce qu’on a fait une erreur dans sa vie, alors nous sommes tous des ânes !

                  De plus, je pense que vous vous méprenez sur Solidarnosc. Ce syndicat ne se réduit pas à Lech Walesa qui, sauf erreur de ma part, s’est effectivement avéré être un nationaliste catholique réactionnaire. Lisez La stratégie du choc de Naomi Klein, vous verrez que les positions du syndicat Solidarnosc ne méritent pas votre mépris.

                  Au péripate

                  Libre à vous de jeter à la poubelle tous les livres qu’il vous plaira, cela ne les réfutera pas pour autant.


                • ZEN ZEN 26 août 2010 14:01

                  Je parle des oeuvres théoriques de Bourdieu, , notamment des Héritiers et de la Reproduction, qui restent encore largement d’actualité, pas de ses prises de position, qu’on peut parfois discuter...âne.

                  Péripate liquide sa mémoire « gauchiste »...
                  Une rage destructrice de converti récent
                  Il peut toujours faire un audafé dans son jardin... smiley
                  J’y joindrais bien un bouquin de Friedman, que j’ai eu un jour la faiblesse d’acheter
                  Mais je garde Hayek...comme repoussoir génial


                • anty 26 août 2010 14:20

                  Je ne méprise pas le syndicat Solidarité

                  mais je rappelle une certaine inculture de ce personnage que j’exècre

                  Pour mémoire le syndicat solidarité soutenait toutes les réformes en faveur du renversement de la dictature communiste

                  il a été soutenu par toute la notion polonaise (plus de 10 millions d’adhérents )
                  ainsi que par l’église et l’intelligentsia polonaise qui en avait marre de la dictature communiste


                • Emile Red Emile Red 26 août 2010 13:34

                  L’égalité des chances est le slogan qui a détourné le regard du citoyen de l’égalité face au bonheur.

                  Entendez-vous un dirigeant parler de bonheur quand il n’a que le mot travail à la bouche, pourtant quel est le rôle premier de l’état si ce n’est l’atteinte du bonheur.
                  Les deux armes de cette trahison sont la compétition et l’héritage, les deux ferments du renouvellement interne des classes dirigeantes.

                  On ne peut plus à proprement parler de classe sociale, mais de deux mondes dissociés où l’un entretient l’illusion d’égalté et maintient ses privilèges et l’autre où l’équité prévaut à tous les niveaux, sans recherche autre que le bonheur réel auquel il ne sait plus donner de nom y associant ou lui substituant un bonheur artificiel initié par le monde des puissants.

                  C’est le jeu du « à tous les coups on gagne », puisque seuls le monde des élites choisit les règles et joue, le monde laborieux ne sert que de pions, de dés ou de monnaie parallèle dans ce casino ou la déviance sociale sert d’arbitre, de croupier et de videur.


                  • Jordi Grau J. GRAU 26 août 2010 14:09

                    Emile,
                     
                    je suis en grande partie d’accord avec vous, notamment en ce qui concerne la compétition et l’héritage. Je serais plus réservé en revanche, quand vous dites que le rôle premier de l’Etat est l’atteinte du bonheur. L’Etat dont vous parlez est un Etat idéal, dont l’avènement est peut-être souhaitable, mais ce n’est pas l’Etat réel.

                    L’Etat, au départ, s’est formé lorsque des seigneurs plus puissants que les autres ont conquis le monopole de la violence légale (je reprends ici la définition du sociologue Max Weber). A l’origine, l’Etat a surtout pour fonction de maintenir le pouvoir de la classe politique dominante et de ses alliés. Par la suite, avec la montée en puissance d’un mouvement ouvrier et de la menace révolutionnaire, les représentants de l’Etat ont mis en place des mesures sociales. C’est sur ce compromis que nous vivons encore aujourd’hui, même si l’Etat social est progressivement démantelé depuis environ trente ans. En somme, le rôle et l’action de l’Etat ne sont pas définis à l’avance : ils dépendent en grande partie des rapports de force présents dans la société.


                  • Emile Red Emile Red 26 août 2010 15:42

                    Il y a confusion de plus en plus courante, malheureusement entre état et gouvernement.

                    L’état, c’est la république au sens cité avec ses règles politiques et juridiques, il se détermine par son territoire, sa population (nation) et son gouvernement.

                    Là où Weber se plante, à mon humble avis d’historien, c’est dans la chronologie de l’apparition de l’état.
                    L’état est à l’origine de tout complexe tribal et par évolution social, un accord commun de la tribu (la nation) dans un espace déterminé avec une gouvernance quelle que soit sa nature.
                    Dès l’instant où la nation édicte des règles se dote d’une gouvernance, apréhendent le territoire, il y a état, rien ne définit sa forme que l’équilibre des composantes ou les pratiques adoptées.
                    De là on peut définir une démocratie avec un pouvoir autoritaire, une monarchie constitutionnelle ou un régime communiste et même une anarchie.

                    Parler de seigneur puissants, de pouvoir autocratique ou même d’état-nation ne sont que du confusionisme.
                     L’état n’a qu’une seule et unique forme universelle, peuvent varier uniquement le gouvernement et ses structures, la nation dans sa composition sociale et ethnique, le territoire suite à conflits, annexion ou allégeance.

                    On peu assimiler l’état à une sorte de maison, qu’elle soit de pierre, de terre ou de bois, que les fenêtres soient grandes, petites et nombreuses, que sa surface soit démesurée ou ridicule, qu’elle soit domotisée ou chauffée au bois, elle restera indéfectiblement une maison....


                  • Jordi Grau J. GRAU 26 août 2010 20:36

                    Emile Red,

                    Vous prenez le mot « Etat » dans un sens vraiment très large... Je ne pense pas que beaucoup de gens l’utilisent comme vous. Par exemple, vous mentionnez les communistes et les anarchistes. Or, ces gens ont toujours pensé que l’Etat devait finir par disparaître et laisser place à une société d’hommes libres, qui n’ont plus besoin d’un pouvoir contraignant pour vivre ensemble en paix.


                  • Emile Red Emile Red 27 août 2010 09:03

                    Encore une fois vous vous trompez ce n’est pas d’état que le communisme ou l’anarchisme veulent se passer mais de gouvernement.

                    Qui serait assez sot, à part les libéraux qui font cette confusion constante, pour ne pas comprendre que l’état est indissociable d’un système social, que la nation et son territoire sont l’état et que l’état est la nation et son territoire d’où émerge ou non les règles politiques et juridiques définies directement par la nation ou par ses « représentants » constitués en gouvernement.

                    Je ne définis pas l’état dans un sens large mais dans son sens véritable. Toute autre forme de définition n’est qu’un ersatz ou une manipulation du sens des mots, encore une fois ce qui est l’apanage des libéraux par exemple ou des totalitaristes.
                    Personne ne peut dire « l’état c’est moi » mais l’ensemble de la nation peut revendiquer cette phrase.
                    L’état n’a pas de pouvoir, ce sont la nation ou ses représentants qui en ont.

                    Je crois que la notion d’état n’est vraiment pas claire dans l’esprit général, est-ce ou non volontaire ? Je suppose que pour certaines forces politiques ça l’est et que pour d’autres ils s’en balancent autant qu’ils n’y comprennent pas grand chose.


                  • Jordi Grau J. GRAU 27 août 2010 09:56

                    Désolé de vous contredire une dernière fois, Emile Red, mais il n’y a pas que les libéraux qui critiquent l’Etat. Les anarchistes et les marxistes disent bien qu’il faut à terme la disparition de l’Etat, et c’est bien le mot « Etat » qu’ils utilisent, non celui de « gouvernement ».

                    Deux citations à l’appui de ce que je viens de dire. La première est de Bakounine, célèbre anarchiste russe mais qui écrivait en français (il n’y a donc pas d’erreur de traduction) :

                    « Il n’y a que deux moyens pour convaincre les masses de la bonté d’une institution sociale quelconque. Le premier, le seul réel, mais aussi le plus difficile, parce qu’il implique l’abolition de l’État - c’est-à-dire l’abolition de l’exploitation politiquement organisée de la majorité par une minorité quelconque -, ce serait la satisfaction directe et complète de tous les besoins, de toutes les aspirations humaines des masses ; ce qui équivaudrait à la liquidation complète de l’existence tant politique qu’économique de la classe bourgeoise, et, comme je viens de le dire, à l’abolition de l’État. » (extrait de Dieu et l’Etat, dont on peut trouver le texte intégral ici

                    Deuxième citation : elle est extraite de L’Etat et la révolution, de Lénine. « Marx souligne expressément - pour qu’on ne vienne pas dénaturer le sens véritable de sa lutte contre l’anarchisme - la »forme révolutionnaire et passagère« de l’Etat nécessaire au prolétariat. Le prolétariat n’a besoin de l’Etat que pour un temps. Nous ne sommes pas le moins du monde en désaccord avec les anarchistes quant à l’abolition de l’Etat en tant que but. Nous affirmons que, pour atteindre ce but, il est nécessaire d’utiliser provisoirement les instruments, les moyens et les procédés du pouvoir d’Etat contre les exploiteurs, de même que pour supprimer les classes, il est indispensable d’établir la dictature provisoire de la classe opprimée. » (L’Etat et la révolution, p. 94, éditions sociales - 1976)

                    Maintenant, rien ne vous oblige à être anarchiste ou marxiste ! Vous pouvez tout à fait défendre les vertus de l’Etat. Seulement, je pense qu’il serait préférable d’utiliser un autre mot, puisque ce que vous entendez par Etat semble en fait synonyme de communauté politique (au sens le plus large du terme).


                  • Emile Red Emile Red 27 août 2010 14:39

                    Soit, parlons alors d’état centralisé, centraliste, là nous serons d’accord.

                    Les pensées libertaires ne sont pas statiques et le langage ne l’est pas moins, depuis Bakounine, les mots et leurs sens ont évolué, là où on a encore une image d’un état asservissant les libertés individuelles.

                    Le piège est le double sens du mot état, réfuté par Bakounine (et accepté par Marx en tant que phase transitoire, dictature du prolétariat) comme système gouvernemental hiérarchique, et compréhensible comme l’association des autonomies individuelles dans leurs libertés où aucune hiérarchie n’a de place. Disons qu’il y a l’Etat centralisé, privatif, hiérarchique et l’état associatif, autogéré, auto-organisé en réseau fédératif.

                    Supprimons donc l’état, ce terme arbitraire ne veut plus rien dire...


                  • Jordi Grau J. GRAU 27 août 2010 22:39

                    Je pense que sur le fond nous avons pas mal de points d’accord. Notre échange a surtout porté sur une querelle de mots.


                  • asterix asterix 26 août 2010 14:08

                    L’égalité des chances, c’était avant la naissance. Après, on s’accorde à son environnement.


                    • Annie 26 août 2010 14:15

                      Globalement je suis d’accord avec l’article. Seulement voilà, en attendant la révolution, l’abolition des classes sociales etc. que fait-on ? La discrimination positive est peut-être un leurre, donnant l’impression que l’égalité sociale est possible en promouvant quelques individus à des postes de responsabilité, mais quand on observe la resistance à cette mesure, je me dis qu’elle doit avoir quelque chose de vraiment subversif. Peut-être parce qu’elle ne repose pas sur la méritocratie, mais sur la reconnaissance d’un déterminisme social. J’aime bien cet article de Sylvie Kauffman : http://lesogres.info/article.php3?id_article=994 dont je cite un passage :

                      C’est à peu près le constat que faisaient les responsables américains à la fin des années 1960. C’est le constat que peuvent faire tous les Français en 2004 s’ils se donnent la peine de regarder autour d’eux au sommet des administrations, des partis politiques, des universités, des grandes entreprises, de la presse écrite et des chaînes de télévision : les élites françaises sont essentiellement masculines, uniformément blanches, désespérément fermées. Faut-il donc préférer de facto une discrimination négative à une discrimination positive, mais contraire au « principe de l’égalité » ? Faut-il indéfiniment accepter qu’au nom de l’égalité se perpétuent les inégalités ?


                      • anty 26 août 2010 14:29

                        Vous généralisez un peu

                        on a par exemple Tarik Ramadan un eminant spécialiste de la société occidental et oriental
                        et un érudit sur les questions concernant l’islam et autres religions

                        On a aussi un autre érudit sur les questions concernant l’antisémitisme Mr Dieudonné

                        Bon de quoi se plaint-on ?

                        L’égalité de chances existe bien en France


                      • Jordi Grau J. GRAU 26 août 2010 14:37


                        Vous posez une très bonne question Annie : « Seulement voilà, en attendant la révolution, l’abolition des classes sociales etc. que fait-on ? »

                        Question difficile, aussi, à laquelle je n’ai pas de réponses entièrement satisfaisantes. Voici quelques réflexions, en vrac :

                        - Certes, on n’est pas obligé d’attendre le Grand Soir pour mener des réformes. Mais l’expérience historique semble montrer que les réformes seront d’autant plus profondes que les élites se sentent menacées par une révolution. Pourquoi Bismark, dans les années 1880, a-t-il créé les bases de ce qu’on appelle aujourd’hui l’Etat providence ? Certainement pas à cause de ses idées, qui étaient conservatrices. C’était pour couper l’herbe sous le pied aux sociaux-démocrates, qui à l’époque étaient encore marxistes. Même remarque pour les gouvernements d’Europe occidentale à la fin de la seconde guerre mondiale.

                        - Pour diminuer l’écart entre les classes sociales, des réformes sont possibles, qui sont beaucoup plus efficaces que les mesures de discrimination positive (ou « action affirmative » pour reprendre le vocable américain). Exemple : une redistribution des richesses par l’impôt et les cotisations sociales. Les pays scandinaves sont nettement plus égalitaires que la France, et je ne sache pas qu’ils soient dirigés par des staliniens. Seulement, ils ont un taux de prélèvement obligatoire qui est supérieur. Ils ont également un écart moindre entre les salaires.

                        - Les discriminations que subissent les femmes, les noirs ou les arabes ne sont pas uniquement liées à des problèmes de classes sociales. A ce titre, elles doivent faire l’objet de luttes spécifiques. Mais ces luttes ne passent pas forcément par des mesures de discrimination positive. On peut, notamment, mettre en place des procédures de recrutement à l’aveugle - exemple : recruter des musiciens d’orchestre en les faisant jouer derrière un paravent.

                        - Les premières victimes des discriminations sexistes, raciales ou ethniques sont d’abord issues des classes populaires, pour des raisons historiques assez bien connues. Diminuer les inégalités de classe est donc, indirectement, rendre service aux femmes, aux noirs, aux arabes et à d’autres groupes défavorisés. 

                        - Je ne suis pas nécessairement contre les mesures de discrimination positive, à condition qu’elles durent peu de temps et aient un effet de catalyseur. Si elles perdurent, alors elles donnent l’impression que les défavorisés sont en réalité favorisés, ce qui est contreproductif.


                      • sonearlia sonearlia 26 août 2010 16:04

                        L’auteur n’a malheureusement pas compris que l’égalité des chances, c’est de donner a tous les élèves d’avoir un enseignement publique de qualité, quelque soit ses origines géographique ou sociale.
                        C’est a dire le contraire de ce que les libéraux tentent de nous imposer.


                        • Jordi Grau J. GRAU 26 août 2010 20:45

                          Je n’ai pas compris grand-chose, sonearlia, et je vous remercie d’éclairer ma lanterne.

                          Je ferai tout de même une petite objection à votre propos. Supposons que tous les élèves reçoivent un enseignement public de très grande qualité, quelles que soient leurs origines géographiques ou sociales. Il est clair qu’on aurait fait un grand pas vers l’égalité des chances, et même vers l’égalité tout court. Malheureusement, on ne serait encore qu’à la moitié du chemin. Car si la société continue à être organisée de manière très hiérarchique comme elle l’est actuellement, le système scolaire continuera à être une machine à sélectionner les futurs dominants. Et quels élèves vont être sélectionnés à votre avis ? Je parierais fort sur les élèves issus des milieux favorisés. Même si les élèves des milieux populaires sont très bien formés, ils auront tout de même une petite longueur de retard dans la compétition.

                          Par ailleurs, comme vous le savez, l’obtention d’une place sociale dominante n’est pas uniquement fonction des compétences scolaires et universitaires : le capital social (les relations) compte aussi beaucoup.


                        • sonearlia sonearlia 27 août 2010 00:29

                          Si on était on plein emplois les patrons aurait moins de choix, et serait forcée d’embaucher ceux qui viennent des milieux défavorisé.


                        • Jordi Grau J. GRAU 27 août 2010 08:00

                           

                          « Si on était on plein emplois les patrons aurait moins de choix, et serait forcée d’embaucher ceux qui viennent des milieux défavorisé. »

                          Je suis entièrement d’accord avec vous.

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Jordi Grau

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