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Accueil du site > Actualités > Société > L’étrange ressemblance de la fonction publique et du clergé

L’étrange ressemblance de la fonction publique et du clergé

La France a connu la révolution la plus radicale du continent européen. L’absolutisme monarchique et les ordres privilégiés ont été mis à bas, d’abord philosophiquement par le siècle des lumières, puis politiquement et économiquement par la révolution libérale de 89.

Francis et MarianneContrairement aux nombreuses autres nations qui ont progressivement vidé la monarchie de son pouvoir en conservant son apparat, les français ont choisi une république prônant la liberté et l’égalité entre tous. Pourtant, curieusement, plus de deux siècles après cet événement d’importance planétaire, il semble que notre pays, toujours aussi républicain en apparence, redevient l’hôte des privilèges, dans le vrai sens du terme, à savoir des droits particuliers qui sont accordés aux uns et pas aux autres. Les principes libéraux de 89 ont été oubliés au fur et à mesure d’une remontée du dirigisme. L’absolutisme monarchique a été remplacé par un absolutisme social qui peut se permettre tous les excès, fort de la caution morale que lui donne son combat pour la "justice sociale". Dans cette société déclinante qui produit quatorze mille pages de textes réglementaires par an et où les dépenses publiques atteignent 56% du PIB, les fonctionnaires jouent un rôle central qui n’est pas sans rappeler celui du clergé dans l’ancien régime.

Les fonctionnaires, comme les prêtres, ont un rôle moral, ils œuvrent pour le bien public et sont investis d’une responsabilité particulière. Leur mission fait appel à la vocation et à une certaine notion de sacrifice. Si le curé sauve les âmes en priant pour le salut de tous, le fonctionnaire agit pour la communauté et, depuis quelque temps, pour les "générations futures", forme d’au-delà et manière d’accéder à une rédemption républicaine.

Comme le clergé, les fonctionnaires sont chargés d’une "mission". Les syndicats ne se trompent d’ailleurs pas sur le choix des mots, lorsqu’ils réclament plus de moyens pour le service public, ce n’est pas pour obtenir de meilleures "conditions de travail" comme dans le privé, non, c’est pour pour pouvoir "exercer leur mission de service public dans de meilleures conditions". Car les fonctionnaires, comme les curés, ne travaillent pas : ils "exercent une mission", qui sans être divine est collective et publique.

Il est frappant de comparer le champ d’action de la fonction publique avec celui du clergé dans la société d’ancien régime. Dans chaque diocèse l’évêque avait une charge politique qui allait bien au delà de son rôle spirituel. Sous sa direction le clergé prodiguait l’enseignement, les soins aux malades incluant, la gestion des hôpitaux, l’assistance aux plus démunis et parfois la justice. Il s’occupait également des mariages et des actes d’état civil. Bien sûr l’Etat républicain a largement étendu ces prérogatives en y ajoutant les transports au sens large, les médias, la recherche, les jeux, la culture, et l’armée qui était autrefois réservée à la noblesse. Mais la grande masse des fonctionnaires accomplit bien les tâches anciennement dévolues au clergé.

Tout en étant un ordre privilégié, le clergé était un ordre ouvert qui servait d’ascenseur social. Un roturier de naissance pouvait accéder à un certain niveau de la hiérarchie cléricale. La fonction publique joue parfaitement ce rôle en ouvrant largement ses portes aux enfants d’immigrés et aux couches les plus basses de la société républicaine, attirés par la stabilité de l’emploi et par le statut social qu’elle confère. Comme le clergé les fonctionnaires ne constituent pas un ordre comparable à la noblesse puisque leurs privilèges ne sont pas transmis automatiquement par le sang.

Comme les prêtres, les fonctionnaires sont employés à vie c’est à dire payés par leur ordre. Ils ne prononcent pas de vœux mais leur vocation se manifeste clairement dans le choix d’une filière et le passage de concours administratifs. Cet emploi à vie, fait d’ailleurs partie des nombreux privilèges qui distinguent l’administration de la société civile.

Autre similitude frappante, le rapport à l’argent et à la réussite. Les deux ordres méprisent ouvertement les entrepreneurs, les "marchands" et surtout les financiers. Les bourgeois et les riches marchands sont pour le clergé comme pour les fonctionnaires un mal nécessaire qu’on ponctionne au moyen de l’impôt tout en critiquant sa faible moralité. Le monde n’est pas une marchandise ! s’exclament les porte-paroles de la fonction publique. Ils déclinent d’ailleurs cette phrase dans tous les domaines où leur influence est prépondérante : la culture n’est pas une marchandise, la santé n’est pas une marchandise ...

Si les religieux étaient amenés à prononcer des vœux de pauvreté, ils n’étaient pourtant pas les plus à plaindre dans la société d’ancien régime. A la veille de la révolution un curé avait un revenu comparable à celui d’un bourgeois moyen. Le clergé prélevait ses revenus par la dime, impôt sur le revenu qui lui était intégralement reversé. Les vicaires étaient logés et nourris par le curé et touchaient une petite pension. Aujourd’hui les fonctionnaires conservent l’image d’une catégorie mal payée. L’emploi à vie serait obtenu en échange de salaires inférieurs à ceux de la société civile. Si cette affirmation est vraie pour certains petits fonctionnaires ou pour certains enseignants, elle est globalement fausse dans l’ensemble puisque les salaires moyens de la fonction publique dépassent de près de 12% la moyenne des salaires du privé, salaires des PDG compris.

On retrouve également dans la société contemporaine la distinction qui existait à la veille de la révolution entre le bas clergé et le haut clergé, à savoir la masse des petits et moyens fonctionnaires, et les hauts fonctionnaires. Ces derniers ont leurs écoles et filières réservées, polytechnique et l’ENA, ils dirigent Bercy, occupent les ministères et font des séjours épisodiques dans les grandes sociétés du capitalisme d’État. ils sont logés par la république, se voient attribuer des voitures avec chauffeur, parfois du personnel de maison et des agents de sécurité. La perméabilité entre ces deux sous ordres est très faible comme l’était celle entre le haut clergé qui recrutait ses membres parmi la noblesse et le bas clergé dont le recrutement était largement ouvert.

L’une des similitudes les plus profondes et les plus étonnantes entre les deux ordres, réside dans le droit spécifique qui les régit et qui les distingue de la société civile. On aurait pu penser que l’égalité en droit entre tous les citoyens était acquise dans la société républicaine, pourtant les fonctionnaires ont leur droit du travail, leur droit administratif, leurs prestations sociales et leur retraite. Les célèbres "régimes spéciaux" des fonctionnaires, largement plus avantageux - et déficitaires - que ceux du privé ne semblent pas prêts de disparaître. Comme l’Église avec ses "officialités", l’administration possède ses propres tribunaux où elle juge ses fonctionnaires. Ainsi un mécanicien ou un enseignant du secteur public qui commet une faute professionnelle n’est pas jugé par les mêmes tribunaux que le mécanicien ou l’enseignant du privé qui commet la même faute.

Autrefois les missionnaires étaient chargés de convertir les peuples des territoires d’outre mer à la foi chrétienne. Il fallait donner une caution morale à l’invasion de leurs territoires, Aujourd’hui une administration pléthorique tente de convertir les DOM TOM à la providence républicaine. La méthode est à peu près la même et dans les deux cas, le succès n’est pas à la hauteur des efforts déployés.

A la veille de la révolution le clergé comptait environ 130 000 membres. De nos jours les fonctionnaires sont entre 5 et 6 millions suivant les sources. C’est là une différence importante qui rend certains pessimistes sur la possibilité de revenir à une société ouverte et égalitaire en droit. L’État providence aurait rendu trop de personnes dépendantes de ses faveurs.

Et pourtant, les fonctionnaires portent en leur sein des talents remarquables. Ceux, nombreux, qui sont compétents et dévoués à leur tâche, n’apprécient pas le système politique qui les sépare du reste de la société. D’ailleurs les auteurs libéraux sont souvent des enseignants du système public.

Alors rien n’est perdu, souvenons nous que ce sont les jésuites qui ont formé les révolutionnaires de 89 et œuvrons à une nouvelle nuit du 4 août, révolutionnaire et pacifique.

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74 réactions à cet article    


  • LeGus LeGus 19 juin 2010 08:28

    La seule aristocratie c’est celle que confère l’argent, et elle aussi est héréditaire.


    • alcodu 19 juin 2010 11:11

      Sans régime de concurrence et lorsque le pouvoir politique se mêle « d’administrer » l’économie, c’est assez vrai. D’ailleurs la France, pays socialiste, est également celui ou les dynasties industrielles se perpétuent le plus.


    • Gorg Gorg 19 juin 2010 08:45

       Du grand n’importe quoi.... Arrêtez le pétard..... Encore un ultra-libéral qui tente de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.... Insupportable ....


      • Julius Julius 19 juin 2010 09:36

        Votre observation confirme le fait connu : Les révolutions ne conduisent pas à un changement fondamental, ils changent la façade du régime, mais gardent les structures. En réalité, une révolution empêche l’amélioration évolutive par les réformes. Cela est vrai pour la France, qui maintient sa structure monarchique 200 ans après les révolutions. Cela est vrai pour la Russie, où le communisme gardé les pires aspects de « samoderzavie » tsarist et empêché les réformes démocratiques engagées avant 1917.


        • Le péripate Le péripate 19 juin 2010 09:51

          Oui. Les révolutions sont réactionnaires, le véritable progressisme est évolution. C’est tout à fait juste.


        • foufouille foufouille 19 juin 2010 18:35

          sauf ceux qui inviluent comme P


        • Nicolas 19 juin 2010 11:12

          Bizarrement, cet article qui n’est pas de mon bord politique est très intéressant. Sa comparaison entre les religieux et le secteur public est intéressante.

          Là où je ne suis pas d’accord, c’est dans sa comparaison des sécurités de l’emploi. Le statut du CDI dans le privé est extrêmement protecteur, il suffit de ne pas avoir de clauses de résultat et on est difficilement délogeable. La vraie fracture est plus à ce que j’ai pu voir entre les personnes en CDI « classique » et les autres : travaux pénibles, CDD et intérim, temps partiel, précarité. Mais c’est un problème transversal, le public est très concerné par ce phénomène, tout comme le privé.

          « revenir à une société ouverte et égalitaire en droit »

          Vu ce que j’ai vu du privé, ce n’est pas en démantelant la fonction publique que l’on fera de grandes avancées dans cette direction.

          • alcodu 19 juin 2010 12:18

            Nicolas, le CDI est effectivement protecteur pour ceux qui ont un emploi salarié mais très peu protecteur pour ceux qui cherchent du travail. Les entreprises hésitent à embaucher car le droit du travail favorise le salarié de façon souvent injuste. Nous sommes, de loin les plus protecteurs et nous avons les charges sociales les plus élevées du monde... et nous avons un taux de chômage largement supérieur aux pays qui ont le même niveau de développement.

            C’est amusant parce que là aussi il y a une comparaison à faire avec la position de l’Eglise sur le divorce. L’Eglise nous dit : « pour protéger le mariage interdisons le divorce ». Ce faisant elle encourage le divorce à l’italienne. Les manoeuvres de harcèlement moral, les « mises au placard » dans le but d’obtenir la démission d’un employé, même si elles sont inexcusables, s’expliquent largement par la pénalisation du licenciement.
            Dans les deux cas Il s’agit de « protéger », la femme chez les chrétiens, le salarié chez les constructivistes. L’intention est bonne, le résultat est mauvais.


          • ZenZoe ZenZoe 19 juin 2010 16:26

            Le CDI dans le privé est protecteur ???
            Mince alors ! Protecteur de quoi ?
            Vous n’avez peut-être jamais fait partie d’une charrette pour cause économique ou fusion, été licencié pour « incompatibilité d’humeur », été « reclassé » de force sur un poste inintéressant (« c’est ça ou la porte »), viré pour soi-disant « incompétence professionnelle » pour être remplacé par un jeune dîplomé, poussé à la démission à force de harcèlement etc.
            Quant à la protection des droits des salariés, à laquelle vous faites peut-être allusion, elle a de plus en plus de mal à être respectée (« si travailler ici ne vous plaît pas, il y a une centaine d’autres qui attendent derrière la porte »...).
            Je parle d’expérience.
            Par ailleurs, CDI peut aussi rimer avec travaux pénibles. Les caissières, les maçons, les ouvriers à la chaîne ne sont pas tous en CDD.
            Ceci dit, le sujet de l’article n’est pas dans la comparaison public/privé, mais public/clergé.
            Cordialement.


          • alcodu 19 juin 2010 11:16

            Et moi qui travaille à la révolution libérale.... vous me sapez le moral.


            • sonearlia sonearlia 19 juin 2010 11:46

              Contrairement au clergé et a la monarchie, l’état doit être le serviteur et le protecteur du peuple.
              Si ce n’est pas le cas c’est qu’il faut changer de gouvernement.


              • Radis Call 19 juin 2010 12:11

                Si les auteurs libéraux sont aussi des enseignants , il y a du souci à se faire !

                C’est bien agréable d’évoquer la Révolution Française mais ne perdons pas de vue qu’elle a surtout permis un passage de la monarchie absolue à la bourgeoisie absolue , avec étapes empereur Napoléon 1er et restauration , suivies d’un second Empire qui a aboutit à la guerre de 70 et la perte de l’Alsace Lorraine , laquelle a été un des facteurs déclenchant pour la guerre de 14...

                En fait , c’est en 1794 que tout se joue...

                http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Terreur


                • DTHEV 19 juin 2010 12:23

                  Comparaisons très intéressante et très vraie.
                  En d’autre temps les classes sociales défavorisées étaient celles qui défendaient le plus le clergé alors qu’elles en étaient les premières victimes.
                  Aujourd’hui la situation est similaire ce sont ces même classes qui défendent ardemment le service public sans ce rendre compte que c’est la source de tous leurs maux.
                  L’histoire est cyclique un jour les mentalité changerons...


                  • alcodu 19 juin 2010 12:37

                    Merci pour ce nouveau point de ressemblance que je n’avais pas identifié.


                  • zelectron zelectron 19 juin 2010 13:07

                    ...ces classes qui défendent ardemment le service public sans se rendre compte que c’est la source de tous (la presque totalité de) leurs maux : n’y aurait-il pas une sorte de masochisme socialiste ? (idem à l’UMP ?) (s’agit-il de s’agenouiller devant les racketteurs de gauche ainsi que de droite ?)


                  • lemouton lemouton 19 juin 2010 18:05

                    les classes sociales défavorisées étaient celles qui défendaient le plus le clergé —> FAUX !!, mais plutot —> étaient de celles qui défendaient le clergé —> idem l’élection de 2007... smiley

                    ces même classes qui défendent ardemment le service public —> Evidement ce n’est pas parceque l’on est défavorisés, que l’on en devient stupide !! smiley

                    le service public ..est la source de tous leurs maux. —> Cela vous arrangerait bien, et bien continuez à le croire.. re- smiley

                    Mais sur quelle planète vivez vous ??
                    ah oui j’ai compris —> L’Europe révée de Barosso


                  • gimo 19 juin 2010 13:06

                     la classe politique avec sa cohorte de ht fontionnaires

                    est calquer sur les vicaires qui était  simplement des gouverneurs
                    le peuple n’a jamais sut que seule les lois immuables établis dés le début de toute 
                    institution  pour que les gens cupides soient contrés dans leur quête de vanityé
                    et tout marchera bien c’est si simple que personnes ne pense a à le faire 


                    • Bulgroz 19 juin 2010 13:07

                      « De nos jours les fonctionnaires sont entre 5 et 6 millions suivant les sources. »

                      La seule source est le "Rapport annuel sur l’état de la fonction publique Faits et chiffres 2008-2009" réalisée par la Direction générale de l’administration et de la fonction publique disponible là : 
                      http://www.fonction-publique.gouv.fr/article1488.html
                      http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/094000490/index.shtml

                      En 2007, dans une approche économique (agent payé par l’argent des contributions publiques indépendamment du statut), les « administrations publiques » (au sens de la comptabilité nationale, incluant des organismes privés à financement public) emploient 6,088 millions de personnes en métropole et dans les départements d’Outre-mer.

                      Dans une approche juridique (statut de la fonction publique), 5,268 millions d’agents travaillent dans la fonction publique stricto sensu en métropole, dans les Dom, les Com et l’étranger, auxquels s’ajoutent 131 100 bénéficiaires de contrats aidés

                      Pour 100 actifs occupés :

                      - 21,1 le sont dans la fonction publique (emplois aidés compris) ;
                      - 3,5 dans des organismes publics privés ou publics à financement public ;
                      - 2,7 dans des entreprises publiques ;
                      - 72,7 dans le secteur privé.

                      Dans l’approche juridique, l’Insee fournit des chiffres plus récents de la fonction publique.

                      En 1982, on comptait 4 025 110 fonctionnaires ; 4 980 656 en 2003 et 5 266 995 en 2010 (chiffre du Budget 2010)

                      On peut donc constater de 1982 à 2010, le nombre de fonctionnaires a augmenté de 1 241 185 ( +30,8%). C’est l’administration territoriale qui fait 70% de cette augmentation.

                      +30,8% d’augmentation des fonctionnaires, alors que la population française augmentait sur la même période de 15% !!!

                      Un actif du privé doit sponsoriser 0,4 fonctionnaire.

                      Qui dans le monde fait mieux ?


                      • alcodu 19 juin 2010 13:27

                        Merci Bulgroz pour ces précisions.


                      • lemouton lemouton 19 juin 2010 18:15

                        à Bulgroz..

                        j’ai lu votre post ci dessus... et... et... quoi ??  smiley Où voulez vous en venir ?? 

                        mais quelle vision avez vous, quelle compréhension avez vous, de l’action de la fonction publique dans la marche dans d’un état ?? 

                        il me semble bien aucune smiley

                        N’y a-t’il pas déjà eu un certain Poujade... ou plus prés un autre naze spécialisé avec ses raffarinades ??


                      • Bulgroz 19 juin 2010 18:27
                        @ Le Mouton présbyte, 

                        Où je voulais en venir ? 

                        +30,8% d’augmentation des fonctionnaires, alors que la population française augmentait sur la même période de 15% !!!

                        et entre temps, il y a eu Internet et les nombreuse nouvelles technologies mises en place dans l’industrie et l’ Agriculture.

                        Voilà où je voulais en venir. 

                      • sisyphe sisyphe 19 juin 2010 13:53

                        A quand un article sur « L’étrange ressemblance du secteur privé et des mafias » , qu’on s’instruise un peu ? 

                         smiley 


                        • alcodu 19 juin 2010 14:20

                          Pas si bête pour le faux secteur privé, c’est à dire le capitalisme d’Etat :

                          • La mafia prospère sur ce que l’Etat interdit.
                          • Les sociétés du CAC 40 prospèrent sur ce que l’Etat promeut (concessions, aides, marchés publics, dégrèvements, incitations).

                          Le vrai secteur privé (qui fond comme neige au soleil dans notre pays) est le seul secteur qui n’a rien à voir avec une mafia.
                          .
                          Gauche Libérale

                        • sisyphe sisyphe 19 juin 2010 15:19

                          Non, non ; je parle bien du VRAI secteur privé ; à savoir les Banques, les Fonds de pension, les organismes financiers, les spéculateurs, les conseils d’administration des grandes multinationales ; où tout se joue, exactement comme pour les mafias, sans lois, avec le seul profit comme but, où les mafieux se cooptent entre eux, sans élections, sans aucun contrôle d’aucune sorte, où les « initiés » s’avertissent juste à temps pour gruger tout le monde, où la seule variable d’ajustement aux gigantesques profits, est le corps salarial, où des fortunes, soustraites à l’impôt, transitent dans des paradis fiscaux, comme l’argent de la drogue, ou se font « blanchir » dans des comptes off shore, où l’on spécule sur la fin des démocraties, sur la nourriture, quitte à affamer des millions de gens, où des fortunes se jouent en des millièmes de secondes, où toute régulation est bannie, où les voyous et les gansters, cooptés entre eux, imposent leur loi, ; j’en passe, et des pires...

                          Vous n’êtes pas au courant ? 

                          Faut vous renseigner, mon vieux... smiley 


                        • alcodu 19 juin 2010 15:43

                          Le vrai secteur privé c’est la loi pacifique du mieux offrant.
                          L’étatisme c’est la loi violente du plus influent

                          L’imagerie marxiste naïve sur les « spéculateurs » (le diable dans la religion étatiste) oublie que celui qui vend a besoin d’un acheteur consentant. On ne spécule pas seul.

                          La monnaie fiduciaire gérée par les banques et soumise à une administration et à une réglementation pléthoriques est une pure invention étatique. Dans le vrai secteur privé on ne peut pas prêter ce que l’on ne possède pas.


                        • lemouton lemouton 19 juin 2010 18:24

                          à sisyphe...
                          « L’étrange ressemblance du secteur privé et des mafias » —> Bien dit !! smiley

                          mais Sisyphe par rapport à alcodu, —> ne perdez pas votre temps à répondre à n’importe qui, qui maintient n’importe quoi..
                           smiley


                        • JL JL 19 juin 2010 19:07

                          « Dans le vrai secteur privé on ne peut pas prêter ce que l’on ne possède pas. » (alcodu)

                          Ridicule !

                          Ils arrivent même à vendre ce qu’ils n’ont pas (encore) acheté !

                          D’ailleurs, l’expression « vrai secteur privé » est une formule bien connue qu’utilisent les libéraux : un libéral c’est quelqu’un qui, par définition est au dessus des magouilles ; par suite, le « vrai secteur privé » est celui qui est au dessus de tous soupçons !

                          L’immaculée conception en somme !

                           smiley


                        • Furax Furax 19 juin 2010 14:04

                          Article stupide et bien dans l’air du temps. Tout ce qui divise est bon ! L’infirmière ou l’instit voilà l’ennemi !
                          Je vais encore renforcer vos convictions : le père de Nicolas Anelka est ...instituteur !


                          • ZenZoe ZenZoe 19 juin 2010 16:03

                            Je n’ai pas lu que l’instit et l’infirmière devaient être considérés comme des ennemis.
                            J’ai juste lu que le statut des fonctionnaires était à part, comme l’était celui du clergé autrefois.


                          • ZenZoe ZenZoe 19 juin 2010 15:54

                            Article très convaincant, bien écrit et sur un thème inédit.
                            Oui, effectivement, les similarités sont frappantes.
                            Une autre : la fonction publique, comme le clergé autrefois, ne veut rien changer au système en réalité. Elle n’a qu’un objectif : sauvegarder son statut particulier et ses privilèges. Il ne faudra donc pas compter sur elle à mon avis pour faire évoluer les choses.
                            Autre chose : à tous ceux qui disent qu’il ne faut pas diviser, on leur répondra que les Français sont déja divisés. Il y en a qui sont égaux, et d’autres plus égaux. Et ce n’est pas normal.


                            • Furax Furax 19 juin 2010 16:39

                              « Autre chose : à tous ceux qui disent qu’il ne faut pas diviser, on leur répondra que les Français sont déja divisés. Il y en a qui sont égaux, et d’autres plus égaux. Et ce n’est pas normal »

                              Le « clergé » actuel nous impose sa loi, y compris contre le suffrage universel (référendum sur la constitution européenne). A droite, c’est normal, mais aussi à gauche. Il suffit de connaitre les « personnalités » de ce bord invités chez Bildenberg. Si il continue dans cette voie l’auteur de l’article y aura droit à un strapontin.
                              La loi est simple, c’est celle du profit immédiat et maximal.
                              Nous en sommes à un point où l’écart entre les plus fortunés et les autres ne cesse de s’accroitre, et à grande vitesse. La ligne de fracture, elle est là. Et ce sera la ligne d’affrontement. Le but sera simple : leur faire rendre jusqu’au dernier centime.
                               Dans l’immédiat la renationalisation du nucléaire, de la distribution d’énergie et de celle de l’eau sont des impératifs d’extrême urgence.
                              Du temps de ces incapables de fonctionnaires, la construction des centrales nucléaires et leur sécurité étaient du domaine de l’état. Qu’avez vous à leur reprocher ? Savez vous où vous en êtes maintenant que le but est de satisfaire des actionnaires ? Etes vous prêts à en accepter la responsabilité ?
                              Tous les « débats »actuels font le jeu du pouvoir, le jeu du profit. Français« de souche » contre émigrants, athées contre croyants, cathos contre athées (mea culpa, mea maxima culpa), juifs contre cathos et maintenant donc privé contre fonctionnaires. Une petite guerre civile ferait même les affaires des fonds de pension non ? Il y aurait du fric à faire là dessus.
                              Ne vous en faites pas, les « plus égaux », on va s’en occupper.


                            • alcodu 19 juin 2010 17:59

                              Effectivement la centrale nucléaire Lénine située à Tchernobyl est un bel exemple de gestion étatique du nucléaire. Vivement qu’on y retourne !


                            • Furax Furax 19 juin 2010 22:41

                              à l’auteur

                              Inutile de retourner à Tchernobyl. L’entretien de nos centrales est confié à des « temporaires ». Le bénéfice de l’actionnaire über alles !
                              Nous vous donnons rendez -vous, joyeux « libéral de gauche »
                              http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/quand-edf-joue-en-bourse-avec-l-56076


                            • Bulgroz 19 juin 2010 17:27

                              «   On aurait pu penser que l’égalité en droit entre tous les citoyens était acquise dans la société républicaine, pourtant les fonctionnaires ont leur droit du travail, leur droit administratif, leurs prestations sociales et leur retraite. »

                              Ils ont aussi le droit à l’emploi à vie : de l’embauche à la mise en bière, le fonctionnaire a la garantie d’être payé par l’argent des impôts. A VIE !!!

                              Mais, il y a aussi un autre droit, plus récent, le droit à la « désobéissance civile ».

                              Attention, il ne s’agit pas de refuser d’encaisser son traitement salaire, non, ça c’est sacré et pas assez révolutionnaire.

                              Non, il s’agit d’outrepasser les obligations liées à la fonction publique, de refuser de se conformer aux directives de la hiérarchie, du patron, quoi !!

                              Pour avoir une petit idée du régime dérogatoire, voir la Loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires. Loi dite loi Le Pors.


                              qui permet pratiquement de « désobéir » à la hiérarchie. SI, un fonctionnaire est suspendu suite à cette désobéissance, il lui suffit de former un recours qui est analysé par une commission paritaire qui prend son temps. Pendant le temps de ce recours, le traitement du fonctionnaire est garanti. 
                              Si dans les 5 mois, la commission n’a pas statué, le fonctionnaire est réintégré de plein droit et la désobéissance est effacée.

                              Merci qui ? Merci à Anicet Lepors, ministre communiste de la fonction publique sous Mauroy. Super non ?

                              Le mur de Berlin est tombé, la super loi Le Pors, elle, régissant les droits des fonctionnaires, est toujours en vigueur.

                              Les fonctionnaires sont régis par une loi communiste.

                              • lemouton lemouton 19 juin 2010 18:30

                                Les fonctionnaires sont régis par une loi communiste. --->>  smiley smiley

                                C’est fou comme la haine arrive à faire dire des conneries, et cela tout en maniant le copié collé à longueur de forum —> pitoyable smiley


                              • Bulgroz 19 juin 2010 19:33

                                le mouton,
                                Pourquoi, Le Pors n’était il un des 4 ministres communistes du gouvernement Mauroy ?
                                Sa loi (intitulée officiellement Loi Le Pors) n’est elle toujours pas en vigueur ?
                                et vous, vos arguments en dehors des procès d’intention, c’est quoi ?


                              • sonearlia sonearlia 20 juin 2010 00:00

                                Je vois pas ce qui vous gène avec cette loi, « qui prend son temps », pourquoi cette précision fausse, de plus la commission paritaire peut décider de renvoyer le fonctionnaire.
                                Lien


                              • astus astus 19 juin 2010 18:34

                                Il n’y a rien d’étrange à trouver une ressemblance entre le clergé et la fonction publique : c’est une notion très banale car la seconde est historiquement l’aboutissement laïcisé de la première. Mais c’est quand même un important changement car la fonction publique est plus à distance des croyances et concerne la totalité de la population et non seulement des catholiques de moins en moins nombreux dans notre pays.

                                On voit d’ailleurs que les tâches, qui se sont énormément complexifiées depuis la Révolution Française (d’où le nombre important de fonctionnaires) sont globalement les mêmes : éducation, santé, état civil, pratiques sociales diverses...etc. Les hautes fonctions administratives sont tout à fait l’équivalent du haut clergé, avec les mêmes prébendes et privilèges, comme vient de le montrer Mme Boutin...d’ailleurs proche du pape, si je ne m’abuse.

                                Mais il ne faut pas confondre cette aristocratie là avec la cohorte d’ enseignants courageux qu’un encadrement irresponsable s’efforce de décourager pour soutenir de fait l’enseignement privé religieux et bafouer la laïcité, ou avec des infirmières trop peu nombreuses dans les hôpitaux publics pour un plus grand profit des cliniques privées.


                                • alcodu 19 juin 2010 19:09


                                  Je ne vois pas pourquoi vous opposez l’enseignement libre et la laïcité.

                                  La révolution française avait proclamé la liberté d’enseigner. Cette liberté a tour à tour été perdue, puis reconquise, puis reperdue. Les libéraux de XIXe siècle ont fait un travail remarquable pour maintenir cette liberté d’enseigner avant de se faire déborder par les socialistes.
                                  Quels régimes ont supprimé la iberté d’enseigner ? l’empire napoléonien (avec l’université impériale), la restauration, et le socialo-gaullisme. Tous de grands modèles de démocratie et de tolérance !

                                  L’enseignement monopolistique de l’Etat n’a rien à voir avec la laïcité. Remplacer le culte catholique obligatoire par le culte de Marianne n’a rien de laïc.
                                  .
                                  Gauche Libérale


                                • astus astus 19 juin 2010 19:30

                                  Vous savez bien, tout en feignant de l’ignorer, que l’enseignement privé est en réalité très largement subventionné par des fonds publics. L’enseignement privé est légitime et libre, au même titre que la pratique des religions, mais je ne vois pas pourquoi les citoyens laïcs devraient payer pour les entretenir pendant qu’on enlève tous les jours des moyens aux autres.

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