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Accueil du site > Actualités > Société > L’homme est-il un meurtrier, ou bien le devient-il ?

L’homme est-il un meurtrier, ou bien le devient-il ?

L’homme est bon par nature disait Rousseau mais l’homme est devenu un meurtrier, en acte ou à défaut en puissance. On voit poindre alors un questionnement sur le mal. Une réflexion sans fin. Pourquoi l’homme est-il l’auteur de tant de vilenies, de meurtres, de guerres, d’assassinats, de tueries, de coups bas, de coups violents ? D’où vient le mal ? Du péché originel ont dit les théologiens chrétiens pendant des siècles. Certains y croient encore, laissons-les à leur fable, si cela peut donner quelque paix à leur âme. L’homme par nature est bon a dit Rousseau mais Hobbes pensait le contraire, constatant le virage dangereux d’une société minée par la guerre de tous contre tous. L’essence du mal paraît bien insondable. Pourtant, si une question paraît accessible, c’est bien celle du temps qui accompagne le développement du bien et du mal. La conscience est de la partie, soyons-en certain. Hegel n’est pas très loin, je sens son fantôme. Le long calvaire de l’esprit signe la trace du temps efficient. Nietzsche pointe son nez, me rappelant ses audacieuses pensées flirtant vers un avenir au-delà du bien et du mal. Ces deux philosophes ont pensé comme des prophètes en quête du Dernier Testament. Le scientifique établi des hypothèses, il fait des expériences pour vérifier si elles se réalisent. Le poète, l’homme d’Histoire, le philosophe lance des prophéties. Sans savoir comment et quand elles se réalisent… ou pas. Alea jacta est, Inch allah. Lorsque approche le moment du Dernier Testament, le philosophe songe à peindre la nature de l’homme. Face au cours des choses, il ne se réfugie pas dans le temps, inventant des mythes, des gloses sur la création du monde, sur la nature originelle du monde, sur la naissance de l’homme ou de l’univers. A quoi bon se pencher sur les origines quand on n’est même pas capable de prévoir l’avenir proche ? Le philosophe du Dernier Testament porte son regard sur les fins. Il sait que l’évolution des espèces est un jeu, avec des coups infinis, au résultat imprévisible et indéterminé. Il pense aussi que les civilisations sont en perpétuelle transformation et résultent d’une invention ininterrompue de techniques et d’hommes. L’homme est la seule espèce qui a conscience de son évolution et qui peut forcer le sens du destin. Mais la force ne fait pas la loi ni la destination la plus radieuse. Pourquoi ce mot radieux ? Allusion sans doute aux Lumières. Un déjà vieux dessein entaché par la Shoah et toutes les atrocités commises depuis 1789. Les Lumières, une illusion ou un dessein pas encore accompli car les forces n’ont pas été appliquées correctement ou encore une impossibilité ontologique, l’aventure humaine étant condamnée à œuvrer avec le mal ? 

Si nous ne savons pas quelle sera l’issue de l’aventure des civilisations, nous pouvons toutefois chercher quelle est la nature humaine, saisir le mal, le situer, voire comment le contraindre ou le contourner. Les sociétés ont trouvé des solutions. A l’époque moderne, les deux piliers du vivre ensemble, c’est la morale et l’intérêt. Par époque moderne, on entendra ce que Foucault aurait pris pour une parenthèse anthropologique, de 1600 à 1960, en Occident. Une période transitoire marquée par le crépuscule de la morale chrétienne, suivie par une déjà crépusculaire morale républicaine, le tout juxtaposé avec l’intérêt pour les choses matérielles. Deux champs déterminent les actes humains, la sphère des échanges matériels et la volonté sous la gouverne du système des valeurs. On agit ou on s’abstient parce que c’est bien ou c’est mal. Tel est le principe de la morale. On interagit et on échange parce que les parties y trouvent un avantage. Tel est le principe de l’intérêt, principe central du libéralisme moderne développé par Adam Smith puis revisité par Hirschman. Quand les hommes sont motivés par les intérêts et qu’ils y trouvent leur compte, les tensions sont contenues. Les conflits sont apaisés.

D’où vient le mal ? Vaste interrogation irrésolue mais qui suppose qu’on distingue bien le mal tel qu’il est ressenti, le mal tel qu’il règne dans l’âme, ces deux aspects étant subjectifs alors que dans le monde des hommes, le mal désigne des actes commis susceptibles d’occasionner des souffrances chez autrui. Pourquoi l’homme inflige-t-il des souffrances à ses congénères qu’il choisit comme cible ? Eh bien parce qu’il y trouve un intérêt. La souffrance est produite par une séparation, une perturbation d’un équilibre. Souffrance physique quand le corps se désuni ou bien subit un dommage. Souffrance morale quand l’âme est heurtée, bousculée hors de sa quiétude. L’intérêt peut pousser à commettre le mal, le crime. Parfois, l’acte même est une source de jouissance, lorsque le tyran fait souffrir son peuple. Ces considérations ne disent pas si le mal est dans l’essence de l’homme, s’actualisant au fil du temps, lorsque l’expérience humaine produit de l’intersubjectivité qui est constructive ou destructive. On se demandera si le mal est un résidu de la vie collective ou bien un élément essentiel de cette vie. Si l’existence précède l’essence, alors le mal arrive à la fin des temps. L’envie, la jalousie, la méchanceté, l’intérêt, ces déterminants ne sont pas préexistants. Ils peuvent se manifester assez tôt, ou du moins se dévoiler dans la petite enfance. Puis exploser dans des formes paroxystiques dans les tragédies historiques.

Comment maîtriser le mal ? Toujours les deux piliers, l’intérêt et la morale. Sans oublier la culture et la loi et pour finir la répression. Mais n’aurait-on pas intérêt à comprendre l’origine du mal. Les options sont connues. Le mal repose sur la matière disait Plotin, invoquant de plus un « effet miroir » qu’on transposera aisément dans la sphère du désir mimétique. Les hommes désirent et se disputent des choses. De cet antagonisme peut jaillir un mal conduisant les humains à infliger des souffrances à l’autre pour un désir porté sur une chose, une femme, un corps servant de force de travail. Ainsi se présente le premier pôle, le second étant du côté de la « victime » qui souffre en éprouvant une perte. Le premier sera dépossédé de son bien, le second souffrira en perdant son être cher ou en redoutant que sa femme le quitte, le dernier souffrira d’être séparé de son essence, aliéné par un travail dont il est privé de sens, produisant des objets sans savoir leur destination. Le lecteur devinera les trois formes juridiques édictées pour neutraliser ces maux. Auxquels s’ajoute la seconde catégorie, celle du mal lié à une autre forme de désir, celle de dominer. Allusion à la seconde libido décrite par Augustin. Lorsque ce type de mal passe à l’acte, il en résulte des privations fondamentales, celle de la liberté quand les peuples tyrannisés sont réduits à un instrument, celle de la vie lorsque ces mêmes tyrans et autres dictateurs orchestrent des meurtres perpétrés contre des personnes ou des communautés. La loi sert encore de frontière. Les guerres se sont produites lorsque la loi n’a pas permis de résoudre les tensions entre nations. Séparation que le mal ? Oui, une fois de plus. Les guerres sont connues pour séparer les peuples, découper les territoires, mettre des barrières. Enfin, un troisième type de mal se présent ; sans le qualifier d’absolu on le désigne comme ontologique, comme s’il s’était essentialisé, affectant non pas les désirs matériels ou l’appétit du pouvoir mais l’esprit (l’Intellect pour parler avec Plotin d’une des quatre hypostases)

S’agissant de la question du mal, la seule certitude dont on dispose, c’est que le mal est une fabrication de l’homme socialisé, qu’il est généré et s’accroît avec le temps et les expériences frictionnelles déterminées par des antagonismes, des oppositions, des disputes pour s’approprier les choses et les hommes. Le petit d’homme est un être inachevé. Contrairement à l’animal qui se réalise instinctivement dans la nature, l’homme doit se façonner socialement, avec les relations, le langage, les techniques, la spiritualité. De ce processus naît le (un) mal. Le bien aussi. Mais la question persiste et se formule ainsi. L’homme naît-il avec une disposition pour le mal (sous entendu et le bien aussi) ou bien naît-il telle un corps et une âme vierge de toute propension au mal ? La théologie chrétienne a cru donner une réponse définitive tenant en un mot, péché originel. Si cela a pu apaiser certains, c’est tant mieux. Les mythes sont fait pour cela. Répondre à une quête sans fin pour éviter que la question ne devienne une obsession envahissante. La théorie de Darwin et les données paléographiques nous renseignent un peu plus sur les origines de l’homme. Si la sélection naturelle est déterminante pour la suite, alors il est presque certain que l’évolution assure aux humains une postérité accentuée si ceux-ci ont développé des aptitudes et des caractères leur permettant d’avoir une descendance maximalisée. C’est par ce raisonnement que les anthropologues darwiniens expliquent l’apparition de comportements coopératifs dans les sociétés préhistoriques et après. Les hommes sachant mettre en communs leurs compétences assurent une meilleure dépendance. Hélas, cette vision semble aussi candide que celle de Rousseau. On peut tout aussi bien invoquer la sélection d’aptitudes guerrières et convenir que les tribus pratiquant le pillage et éliminant les tribus concurrentes peuvent sélectionner un avantage adaptatif, du moins à certaines époques de la préhistoire. Au bout du compte, on ne connaît pas la réponse. On ne sait pas si les modules génétiques de la disposition au mal sont inscrits dans le patrimoine de l’humanité. On sait juste que l’Histoire est parsemées de drames, atrocité, malheurs, tragédies, occasionnés par les hommes.

Le mal s’accroît et se révèle avec le temps. Il nous reste à comprendre le mal, s’il a une quelconque utilité, si on peut le prévenir, le contenir dans ses excès.


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23 réactions à cet article    


  • LADY75 LADY75 28 octobre 2010 11:52

    Lady Panam’, à la lecture du nartic, se souvient de feu Jacques Chancel et s’interroge :

    « Et Dieu, dans tout celà ? »


    • Diane-Annabelle 28 octobre 2010 12:25

      « ..se souvient de feu Jacques Chancel.. »

      Il appréciera sûrement le second degré !


      • Tall 28 octobre 2010 13:03

        La question du « bien/mal » ne pose aucune difficulté si on part d’un point de vue darwiniste ou éthologiste.


        • Tall 28 octobre 2010 13:16

          Pour être + clair, la notion de bien/mal n’a de sens que relativement à un but.

          Si des E-T à la recherche de nouvelles planètes pour assurer la pérennité de leur espèce estimaient nécessaire de nous éradiquer pour conquérir la terre, pour eux, notre élimination serait « bien ».
          L’humanité ne peut donc établir une définition du bien/mal que via un consensus préalable sur un ensemble d’objectifs communs à l’humanité.

        • Tall 28 octobre 2010 13:19

          On peut donc remplacer les notions de bien/mal par efficace/inefficace, le choix des objectifs étant en principe totalement libre.


        • Aafrit Aafrit 28 octobre 2010 14:02

          Bien comme article !

          Dugué aurait BIEN se passer de cette inutile « Prose » qui arrange MAL les choses :

          « Contrairement à l’animal qui se réalise instinctivement dans la nature »

          ah la philosophie, l’animal et ses instincts dépourvu de vie sociale..





          • rocla (haddock) rocla (haddock) 28 octobre 2010 14:33

            je pense que le mal vient de la mauvaiseté , surtout des mauvaisetés encore pire .


            • ZenZoe ZenZoe 28 octobre 2010 15:45

              A l’origine de la violence et du mal, il y aurait une immense souffrance qui prend sa source dans la petite enfance, selon Alice Miller.
              Docteur en philosophie et en psychologuie, spécialiste de l’enfance, A Miller est connue pour ses travaux et ses nombreux livres sur la maltraitance de l’enfant, qu’elle soit physique ou morale. D’après elle, la maltraitance, alors que l’enfant est en plein développement, expliquerait la violence chez l’adulte. Un extrait pris de son site :

              « Les humiliations, les coups, les gifles, la tromperie, l’exploitation sexuelle, la moquerie, la négligence etc. sont des formes de maltraitances parce qu’ils blessent l’intégrité et la dignité de l’enfant, même si les effets ne sont pas visibles de suite. C’est à l’âge adulte que l’enfant maltraité jadis commencera à en souffrir et en faire souffrir les autres. »

              Ma foi, sa théorie tient la route. 


              • Hermes Hermes 28 octobre 2010 16:41

                Oui, c’est un fondamental : la maltraitance de l’enfance génère les monstres adultes.

                Et tout adulte qui n’est pas attentif à ne pas « s’endormir » devient maltraitant à divers degrés selon les cas.

                En fonction du degré cela génère les psychopathes sociaux que j’évoque plus bas. Et la boucle est bouclée.


              • ffi ffi 29 octobre 2010 02:09

                C’est pour cela que tout Père veut que son Fils ait un Esprit-Saint (en évitant de lui créer des perversités).

                Le christianisme n’a-t-il pas déjà tout dit à ce sujet ?

                Cela dit l’adulte a le libre-choix, donc le traitement dans l’enfance de détermine pas tout. Mais il faut un environnement social qui permette à ce choix d’exister.


              • Hermes Hermes 28 octobre 2010 16:32

                Bonjour,

                 Intéressant sujet. La question du mal se pose surtout quand il n’y a pas de nécessité apparente qui justifie le comportement destructeur.

                Pour commencer, il faut se rendre compte qu’il n’y a pas de violence destructrice qui ne soit précédée ou accompagnée de violence psychologique ou sociale (oppression, inégalités, pauvreté, misère, etc.).

                Les « grands » medias font un travail considérable pour éviter que cela ne soit visible et pour entretenir un état de sommeil généralisé (qui pré-existe ne leur donnons pas plus de pouvoir qu’ils n’en ont).

                Ce sommeil laisse prise à la manipulation par des assoiffés de pouvoir et de richesses. Ce sont en fait des psychopathes sociaux dans la mesure où la dimension humaine leur est inconnue. Ils exploitent et entretiennent ce sommeil dans leur ascencion au pouvoir tout en diffusant leur psychopathie imprégnée de peur et de haine de l’autre.

                Sur la psychopathie sociale et comprendre l’ampleur du phénomène, rechercher sur Internet « ponérologie politique ».

                Ceux qui ne peuvent aimer ni éprouver de l’empathie haissent ceux qui les aiment et essaient de les aider. Il n’y a pas aujourd’hi de « vaccin » dans nos sociétés contre l’influence des psychopathes sociaux, et ce serait plutot eux qui la structurent pour leur propre intérêt.... en attendant le prochain choc qui remettra un socle de valeurs humaines dans le corps social.

                D’aucuns souhaitent ce choc (voir les mouvements sociaux actuels) mais il ne peut pas être provoqué et anticipé, ce serait trop simple. La logique anti-humaine est encore loin de son paroxysme hélas ! De plus le système anti-humain est devenu expert dans l’exploitation des chocs pour son propre intérêt (lire Naomi Klein).

                Il n’ a pas de sortie de ce mécanisme global sans prise de conscience de sa propre reponsabilité individuelle dans la propagation des comportements « anti-humain ». Le mécanisme global n’est que l’amplification des mécanismes individuels et de leurs interactions.

                C’est en participant au sommeil général que nous véhiculons les graines de la violence à notre échelle individuelle. Ils s’en passe des choses dans ce sommeil éveillé de chacun : des réactions émotionnelles, une possession excessive, des peurs, des certitudes, des croyances, des obessions, des marottes... et surtout beaucoup de souffrance.

                Pour soi-même (charité bien ordonnée), par le réveil à soi même en sortant de ce sommeil, et la compréhension de son propre comportement il est possible de le modifier et de déplacer le curseur vers plus de bien être, plus d’empathie et de responsabilité. C’est une attitude au présent, vers le présent, vers le dépassement de la peur, vers la responsabilité et la tranquillité devant la mort.

                Si il y a contagion de la liberté intérieure acquise, tant mieux, mais cela ne peut pas être un but en soi sans devenir à terme un attracteur de la violence globale, à l’instar de ce qui s’est passé avec les religions et de ce qui risque de se passer à nouveau avec les nouvelles idéologies émergentes.

                Bonne soirée.


                • ffi ffi 29 octobre 2010 02:25

                  Hors du christianisme point de salut. C’est la foi qui aide à détermine les buts. Une religion de l’Amour est optimale à cette fin.

                  Bon, ne me faites pas le coup de compiler tous les évènements fâcheux des 15 siècles de chrétienté (car il y en eut - rien dans l’organisation de l’homme ne peut être parfait), car alors je vous compilerais tous ceux de ces 2 derniers siècles et vous prouverais que ceux-ci ont accouché d’horreurs à la fois plus abjectes et en nombre plus élevé, ceci en un temps 7 fois plus court...


                • Hermes Hermes 2 novembre 2010 10:37

                  Bonjour, je ne vous ferai pas le coup... Restons en aux attitudes du présent, le passé est le passé.

                  « Hors du .... isme point de salut » : ne voyez vous pas la violence inhérente à toutes ces affirmations ?

                  Sans doute la voyez vous si :

                  •  ...= commun
                  •  ...= islam
                  (remplacer ... par tout ce que vous voulez.)

                  Bonne journée.


                • sophie 28 octobre 2010 17:50

                  Bel article , vastes dicussions, la photo montre des ss fusillés par des gi ou est le mal ?
                  Le mal est dans le groupe pas dans l’individu et Rousseau a surement raison, seul le groupe te méne à de tels actes


                  • JJ il muratore JJ il muratore 9 novembre 2010 12:09

                    JJ. Rousseau est un niais aveugle et sourd devant la société réelle et surtout aveugle et sourd à ce qu’il était lui-même. Lui qui a tant glosé sur l’Education n’oublions tout de même pas qu’il a abandonné ses enfants !


                  • astus astus 28 octobre 2010 19:12
                    Bonsoir Bernard,

                    On ne parle pas de mal, ni de bien, au sujet des animaux dont l’existence principalement réglée par l’instinct, se limite aux fonctions de l’espèce pour vivre, se nourrir ou se reproduire sans le recours à des capacités de représentation mentale, et donc de conscience, aussi élaborées que chez l’être humain. Bien sûr il faudrait nuancer un peu tout ceci mais cela fonctionne en gros comme cela.

                    Pour l’humain rien n’est comparable, même si nous sommes aussi des animaux, en raison de la dépendance beaucoup plus importante du petit humain à son objet, au sens psychanalytique. Pour l’humain le lien et l’attachement à la mère ou à son substitut sont non seulement indispensables à sa survie, comme l’a bien montré Bowlby, mais fondent toute possiblité d’éducation et culture ultérieure, comme le prouvent a contrario les enfants sauvages.

                    Il découle de ceci que le travail d’émancipation du petit homme pour parvenir à « the capacity to be alone » , la capacité d’être seul psychiquement parlant, (merci Winnicott) va lui prendre énormément d’énergie et susciter en lui beaucoup de frustrations, surtout si un tiers ne parvient pas à s’interposer suffisamment entre l’enfant et son objet pour les aider à se séparer mutuellement, et à éviter la psychose. 

                    Or les frustrations, surtout celles de la toute puissance infantile fantasmée, sont une source extrême de violence. Ainsi les enfants ne naissent-ils pas doux comme des agneaux comme certains le pensent : ils ont besoin pour vivre d’ insister pour exister, et parfois même de mordre ceux qui les nourrissent. On voit par là que le vers est dans le fruit très tôt et que les pulsions sont la forme psychique du mal quand elles ne sont pas suffisamment maîtrisées. Normalement la socialisation et l’éducation sont là pour limiter les dégats, sauf que notre société mercantile fondée sur l’avidité et l’envie travaille à faire précisément le contraire. 

                    Je pense pour conclure, même si cela est bien sûr plus complexe, que des personnes qui ont représenté le mal absolu à certaines époques, par exemple Staline et ses purges, Hitler et la shoah, ou Pol Pot et ses Khmers rouges sont des pervers narcissiques. Le commun des mortels comme vous et moi se contente heureusement d’incarner un mal plus ordinaire en méprisant ses voisins ou en emmerdant sa femme, parfois même en essayant de faire le bien tout aussi modérément ...

                    Amicalement : C.

                    • fred 28 octobre 2010 19:24

                      Rousseau disait que l’homme était bon mais que la ville le rend mauvais.


                      On devient tous meurtrier quand on laisse tout faire.

                      Mais je suis super heureux de voir comme la France conteste. Vous avez un sacré caractère. Dans les 2 sens...

                      Croisons les doigts pour l’avenir. Restons unis et de bonne volonté.

                      • @politique @politique 28 octobre 2010 19:40

                        La seule façon de ne pas perdre son temps, c’est de ne pas être.


                        • Vipère Vipère 28 octobre 2010 20:12

                          Bonsoir Bernard DUGUE

                          « L’homme n’est pas cet être débonnaire, au coeur assoiffé d’amour, dont on dit qu’il se défend quand on l’attaque.

                          Mais un être, au contraire qui doit porter au compte de ses données instinctives, une bonne dose d’agressivité.

                          Pour lui, par conséquent, le prochain n’est pas seulement un auxiliaire et un objet sexuel possible, mais aussi un objet de tentation.
                          L’homme, en effet tente de satisfaire son besoin d’agressivité aux dépens de son prochain, d’exploiter son travail sans dédommagement, de l’utiliser sexuellement sans son consentement, de s’approprier ses biens, de l’humilier, de lui infliger des souffrances, de le martyriser et de le tuer ».

                          Sigmund FREUD, Malaise dans la civilisation, 1929


                          • herbe herbe 28 octobre 2010 21:43

                            Cher auteur avez vous lu cette ancienne recommandation de lecture que je vous réitère :

                            http://www.amazon.fr/Principe-Lucifer-Howard-Bloom/dp/2914569033

                            http://www.amazon.fr/Principe-Lucifer-Cerveau-global/dp/2914569157

                            des extraits ici :

                            http://www.lejardindeslivres.fr/05bloom1.htm

                            le titre de l’ouvrage est trompeur, c’est bien un livre de sciences et non de religion et vous aurez bien plus de pistes concernant votre questionnement sur le mal, la violence etc etc

                            Merci de votre attention ...


                            • hks 29 octobre 2010 00:34

                              à l’auteur

                               Vous parveniez parfois à vous élever au dessus du minimum requis en philosophie mais là je ne vous reconnais plus ... c’est très mauvais .
                              Vous le savez très bien que ce texte est insuffisant , mal construit , bâclé .
                              Vous le savez , mais le désir d’exister quelque part , encore une fois , l’emporte .


                              • ffi ffi 29 octobre 2010 02:10

                                L’homme est un meurtrier quand il tue.


                                • isiste 29 octobre 2010 12:38

                                  La génétique donne le terrain propice à certaines tendances mais elle n’est pas la conséquence directe des actions que nous entreprenons tout au long de notre vie.


                                  C’est à nous d’évoluer en fonction de notre terrain génétique, et c’est pourquoi notre environnement est la clé de cette évolution.
                                  Pour ma part, je ne pense pas que l’homme qui soit un meurtrier de nature, c’est son environnement qui le conditionne depuis sa naissance.

                                  Si Hitler était né dans un temple Bouddhiste au Tibet, je ne pense pas qu’on lui aurait inculqué les mêmes valeurs. Au cours de sa vie, il aurait eu d’autres expériences qui lui auraient parlées autrement, qui l’auraient fait réfléchir à d’autres possibilités, à une autre vision des choses.
                                  Si tel avait été le cas, le sentiment de révolte qui l’a poussé aux réactions extrêmes qu’on lui connaît, ne serait certainement pas né chez lui.
                                  Je pense donc que, même si, génétiquement parlant, il avait au départ une certaine tendance à l’agressivité, il aurait eu certainement plus de chances de devenir moine plutôt que fuhrer.
                                  Et inversement si le Dalaï Lama avait été issu d’une famille de dirigeants nazis...

                                  Ensuite le bien, le mal... le jugement... 
                                  Il faudrait d’abord évaluer la personne qui juge pour que la réponse soit pertinente ! Et même, qui va évoluer cette personne qui va juger le juge ? l’idéologie d’une société criminelle ?

                                  Alors d’accord, le meurtre c’est « mal », mais quelle est l’origine de cet acte ? 
                                  N’est-ce pas à ça qu’il faut s’attaquer en premier ? 
                                  Faut-il s’attaquer aux causes ou aux conséquences ? 
                                  Faut-il agir avant le problème ou le juger après ?

                                  Si on mettait l’homme dans de bonnes conditions, où il se sentirait utile, respecté à sa juste valeur, sans cet esprit de concurrence qu’on nous impose depuis notre enfance, celui où l’on nous apprend implicitement qu’il faut écraser l’autre pour avoir une chance de s’es sortir. 
                                  Bref si on mettait l’homme dans des conditions tout simplement humaines, alors je pense que la criminalité diminuerait considérablement.
                                  Mais bon, le marché de la sécurité rapporte tellement chaque année qu’on est en droit de se demander si un changement réel dans cette direction est vraiment voulu...

                                  N’oublions pas que notre société dépend d’un système économique qui vit du problème.
                                  Un problème = une solution payante (faim, soif, soins, logement, etc...)

                                  Cela veut dire que si demain il n’y avait plus de problème, le système actuel croulerait.

                                  Pour qu’un réel changement se fasse, il faut que l’homme prenne la responsabilité de son destin.
                                  Pour reprendre les dires de Mr Jacque Fresco (fondateur du Projet Vénus) :
                                  « Si vous ne changez pas, les choses ne changeront jamais. Et si vous refusez d’assumer des responsabilités permettant de créer un autre futur, d’autres se chargeront de penser votre futur à votre place. »

                                  Sortons la tête de l’eau, n’ayons pas peur du GROS chantier. Chaque gros chantier est à l’origine des plus belles constructions. 
                                  Imaginez des architectes ayant de très bonne idées mais n’osant pas se lancer, se disant que finalement, le terrain vague n’est pas si mal comme il est actuellement...

                                  Laissons de côté cette société inégalitaire qui engraissera toujours les + riches sur le dos des laissés pour compte.
                                  Cette société qui augmente le nombre de privilège tout en diminuant le nombre de privilégiés.

                                  Pensez-y, ceux qui ont tout, ne veulent rien laisser, et c’est pourquoi ils ont intérêt à ce que rien ne change. Ne vous faites plus avoir avec leur mot fétiche « changement ».

                                  Transformons le terrain vague

                                  Ce n’est pas un gage de bonne santé que d’être bien intégré au sein d’une société profondément malade. « Jiddu Jrishnamurti »

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