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Accueil du site > Actualités > Société > La grammaire à l’école ? Un désastre !

La grammaire à l’école ? Un désastre !

Ils ont un culot monstre ! Ou alors le journal « Le Monde », attentif à se ménager un potentiel de clientèle susceptible de lire encore, les ménage. Le ministre de Robien veut redonner à la grammaire la place qui lui revient, estimant qu’elle a été maltraitée depuis des années. Comment lui donner tort ? Un rapport vient de lui être remis sur le sujet.

Or, le journal Le Monde du 18 décembre 2006 paraît n’avoir rencontré que des « enseignants et des syndicalistes » que la chose laisse « perplexes ». Ils prétendent en choeur que « la grammaire est déjà bien enseignée », qu’« on en fait tout le temps », qu’il y a déjà « beaucoup de grammaire à l’École », que conformément aux instructions, « on part des objets littéraires (sic) comme prétexte pour aller vers des éléments précis en grammaire ».

Un secret de polichinelle.

Plaît-il ? « Des objets littéraires » ? C’est quoi au juste ? Ah ! C’est le nouveau nom donné aux « textes » ! Voilà comme on parle au pays des « précieux ridicules ». Il prend envie de leur « souffleter le trône de la pudeur » ! En tout cas, ça ne laisse rien augurer de bon pour ce qui touche à la grammaire. Car cet aller simple des « objets littéraires », comme ils disent, « aux éléments précis en grammaire », ça ne suffit pas : ce sont des va-et-vient qu’il faut faire sans cesse, sous peine d’être là où nous en sommes. C’est, en effet, un secret de polichinelle qu’il est insensé de vouloir cacher ! Il suffit d’interroger les professeurs de latin ou d’allemand. L’enseignement de la grammaire est aujourd’hui un désastre au point de compromettre l’enseignement de ces langues !

Les rudiments grammaticaux ignorés

Comment voulez-vous enseigner une langue à flexions dont les mots changent de terminaison selon la fonction, sans connaître le B A BA grammatical. Les fonctions ? Les élèves les ignorent. C’est tout juste s’ils repèrent le sujet, à condition qu’il soit le premier mot d’une phrase simple : « Le soleil brille ». Mais il ne faut pas chinoiser avec une phrase comme « Il fait grand soleil ! ». Un attribut du sujet ? On n’a pas ça en rayon : « Je suis ... quoi ? fatigué » « Fatigué », complément d’objet direct ! « Les conjonctions de coordination ? Ce n’est pas la même chose que les conjonctions de subordination » ? « Parce que », ce n’est pas comme « car » ? Ah bon ! Mais on avait dit que c’étaient tous des « connecteurs » ! Faut pas « déconnecter » ! Et les pronoms ? À quoi ça sert ? Personnels, possessifs ? Ouh là ! On « né » perdu ! Quoi ? La fonction du pronom relatif « qui » ? Parce que ces conjonctions ont une fonction aussi ? Jamais entendu parler ! Quant à la conjugaison ? On « n’ait émotionné » ! Sorti du présent, on nage ! Le verbe « être » et « avoir » s’écrivent pareil, c’est le même son, non ? : « ai » ou « est », où « ait » la différence ? ». La belle affaire ! C’est comme avec le participe passé et l’infinitif : ça vaut vraiment la peine de se « cassé » la tête avec les « e-r » et les « é » ?

Des responsables donnant le mauvais exemple

C’est vrai ! Pourquoi les élèves se la casseraient-ils, puisqu’il est manifeste qu’il n’est nul besoin de connaître un minimum de grammaire pour réussir ? Des responsables eux-mêmes donnent l’exemple ! La connaissance de la langue française ne sert même pas à faire le tri parmi les candidats à un poste de chef d’établissement. Certains étalent leur inculture encyclopédique sans pudeur. On en a honte pour le service public d’éducation !
- Il faut lire ce qu’ils écrivent, leurs lettres (secrètes ou pas) ou leurs notes de service : « Il va s’en dire », écrit l’un d’eux par deux fois à un président local de parents d’élèves. Imagine-t-on la logique grammaticale qui structure une cervelle capable de cette graphie ? Ou encore, on le voit s’intéresser aux « élèves n’ayant pas débuté cette option en 5e... », ou bien « (il) remercie (ses « chers collègues ») de faire circuler la fiche jointe à l’équipe pédagogique et de la ramener complétée... ». Ça ne l’empêche pas, en attendant, à tout bout de champ, d’exiger de son personnel qu’il se montre « très professionnel » : c’est une préoccupation qui doit interpeller chacun « quelque part » ! La formule « quelque part » est à l’inculte jouant au contemplatif ce que l’expression « en quelque sorte » est au lettré maniéré.
- Tel autre proviseur, de son côté, plein d’ambition pour son lycée de banlieue, met entre les mains des lycéens un carnet de correspondance truffé de fautes d’orthographe et d’incorrections. L’aplomb de l’inculture, heureusement, est une réserve de perles savoureuses, comme Molière l’a montré dans son bourgeois gentilhomme qui faisait de la prose sans le savoir : « En aucun cas, prévient ainsi sans rire ce proviseur, un élève ne saurait utiliser l’infirmerie pour justifier, malhonnêtement, une infraction aux respect des horaires. » Sans doute, sans doute ! Mais y a-t-il des infractions - comme du reste des incorrections grammaticales - qu’on pourrait justifier honnêtement ! Voilà un joli « lapsus calami » calamiteux qui ne grandit pas le service public d’éducation !
- Pareillement, pour sa publicité, le conseil général de la Manche s’était permis de remettre, il y a deux ans, aux collégiens du département un agenda aussi bourré de fautes d’orthographe et de grammaire, accompagné en plus d’un « questionnaire de satisfaction » demandant à l’élève de cocher une des trois réponses : "Le look de ton agenda est-il : ouf - cool - grave ?" Le jeunisme, on le voit, est une variante de la démagogie qui ne grandit pas non plus une assemblée politique ! Même la secrétaire perpétuelle de l’Académie française s’en était "émotionnée" - pardon ! - émue dans Le Figaro du 3 décembre 2004 !

Des langues devenues impossibles à enseigner

Comment enseigner le latin ou l’allemand dans ces conditions : il faut d’abord apprendre les rudiments de la grammaire française qui devraient être sus depuis l’école primaire ! Sans compter le ravage qu’a pu faire, à la fin des années 1990, l’obligation de mettre sous les yeux des élèves des « textes dits authentiques » d’auteurs latins, qui ne s’adressaient aux temps des Romains qu’aux plus cultivés d’entre eux ! Et ils n’étaient pas nombreux !

Mais les Vadius et Trissotin de l’Éducation nationale sont contents, selon Le Monde ! Tout va pour le mieux ! La grammaire est bien enseignée. Un de ces profs « spécialistes » de quelque IUFM y va même de son oracle rassurant : « (Il n’est) pas sûr, dit-il en pontifiant, que cet enseignement soit si sinistré ». A-t-il jamais mis les pieds dans un collège ? Quelle idée a-t-il d’un sinistre ? Ou est-ce l’esprit de corps qui lui dicte ce camouflage ? Faut-il donc attendre que cet enseignement soit complètement en ruine pour venir à son secours quand on entend ce qu’on entend ? « On part, disait l’autre plus haut, des objets littéraires comme prétexte pour aller vers des éléments précis en grammaire ». Des objets aux éléments ? Mais...élémentaire, mon cher Watson ! Paul VILLACH


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150 réactions à cet article    


  • philippe16 (---.---.64.20) 20 décembre 2006 13:41

    Ouf !

    L’assourdissant silence qui règne sur la morne plaine est enfin rompu ! Merci Paul !

    Si la grammaire et son enseignement sont tombés si bas, c’est à cause de certains « pédagogues » ravageurs et de leurs amis (trop) bien placés au Ministère... Et nos élèves (donc nos enfants) entrent au collège, puis au lycée, sans maîtriser le système de la langue française. Eh bien, voici juste une info, en passant : on demande maintenant aux professeurs de langues étrangères de faire la même chose : plus de grammaire, de la découverte spontanée et de la compréhension instinctive du fait de langue. Ce système a mené nos gosses au désastre dans leur langue maternelle : appliquons donc le même système aux autres langues.

    Si le grand public avait une idée réelle de l’état catastrophique de la gestion ministérielle de l’EdNat, et ce depuis des années, les parents rejoindraient les enseignants dans la rue.

    Mais visiblement, tout le monde s’en contrefiche, à part les gens de terrain.


    • quent1 (---.---.34.5) 20 décembre 2006 22:13

      Erreur de sondage, les parents ne s’en contrefoutent pas ! Une majorité d’entre eux ne comprend pas ce qu’est devenue l’Intruction obligatoire ! Normal tout est fait en néo langage moderniste qui ne veut rien dire et quand les parents souhaitent aider leurs enfants avec ce qu’ils savent encore un peu, l’échange n’est plus possible et ne laisse place qu’à l’incomprhension. Les enseignants ont subi en quelques 20 ou 30 années des réformes et ministres multiples, chacune et chacun disant détenir sa recette miracle pour « éduquer » et peu importe la matière ! et il vaut mieux agir que subir et donc ne pas dire que les parents se foutent de l’Instruction. Cela reviendrait à se disculper facilement du manque de réaction de la profession. La pédagogie règne en force et plus de place pour l’essentiel : savoir lire, écrire, compter.

      Reprendre combien d’heures de Fr avait à donner un prof il y a 30 ans et combien maintenant et faire le même calcul pour le nombre de classes à tenir, parfois les chiffres parlent ? Trop d’intervenants extérieurs dans les écoles, y compris les parents. Etre et Avoir...

      S’il y a errement dans les appréciations vues de l’extérieur je laisse le soin à la profession de « correctionner ».


    • océan (---.---.110.47) 31 décembre 2006 12:49

      je ne trouve pas en tant que parent que l’échange sur les questions de grammaire ou de langage soit impossible avec les enfants, et je ne vois pas non plus pourquoi il devrait l’être ... à condition que les parents s’ntéressent au sujet, ce qui me semble ne dépendre que d’eux.

      A moins qu’on ne serve la bonne soupe culturaliste, qui est au coeur de ce débat : tout est culturel, comment voulez-vous que des parents « dégrammatisés » enseignent la grammaire à leurs enfants ?...

      Comment ? en le voulant, tout simplement.


    • jacques (---.---.4.36) 11 janvier 2007 17:23

      Directeur d’Ecole en retraite depuis 1993 , et ayant donc connu « l’avant mai 68 » et « l’après » , je ne suis pas étonné de cette lamentable évolution consistant à « casser » l’enseignement de la langue française :Tout cela découle d’une grande démagogie (le bien parler est réservé à une élite que l’on déteste car on est gauchiste...)doublée d’un abandon du sens pratique de par notre hiérarchie ;le tout encouragé par les I.U.F.M. (Instituts Universitaires de Formation des Maîtres),véritables responsables de cette dérive aussi fumeuse que dévastatrice ;commençons déjà par fermer ces usines à fabriquer des ânes !


    • Romain BOSSUT (---.---.76.99) 20 décembre 2006 14:50

      Bien que l’enseignement de la grammaire soit primordial, en faire une espèce de religion qui n’a pour finalité qu’exclure ceux qui ne la maîtrise pas correctement est à mon avis une tare bien française.

      La peur de l’erreur (notamment grammaticale où orthographique) dans laquelle sont entretenus les gamins à l’école primaire est effectivement très française, d’après ce que j’ai pu observer moi même.

      La culture des pays anglo-saxon encourage plutôt l’erreur, la mettant au centre de l’apprentissage : le seul moyen pour que les gosses apprennent al grammaire c’est qu’ils cessent d’avoir honte de leurs erreurs et qu’ils osent se faire aider pour les corriger, au lieu de développer des stratégies absolument dingues pour masquer leurs lacunes, ce qui fini par donné des illettrés qui arrivent au collège sans problèmes.

      Cela n’excuse pas évidemment (et je rejoins l’auteur de l’article sur ce sujet) l’incompétence notoire de certains enseignants ou proviseurs dans ce domaine, qui se doivent, contrairement à leur élèves, d’être irréprochables.


      • ZEN zen 20 décembre 2006 15:45

        Pour avoir assez longtemps enseigné, j’ai acquis la conviction que la maîtrise des structures grammaticales élémentaires est tout à fait primordiale, pour l’accès à une pensée structurée,à une expression claire,à un écrit maîtrisé,à un apprentissage des langues facilité. J’ai même rencontré des professeurs de math qui se lamentaient du fait que de plus en plus d’élèves ne comprennent plus des énoncés simples, le sens d’une subordonnée et/ou font des confusions graves sur les notions de base comme cause/conséquence, antériorité/postériorité..Le simple fait de ne plus distinguer le futur du conditionnel(de plus en plus courant) handicape le raisonnement hypothético-déductif, si fondamental dans le raisonnement scientifique...


      • gem gem 20 décembre 2006 16:52

        +1 pour Zen, et de ma part c’est tellement rare que ça mérite une mention spéciale !


      • retraité (---.---.252.167) 20 décembre 2006 17:59

        @zen

        BRAVO

        Même si la grammaire n’a pas d’impact direct sur une existence professionelle, elle est incontournable et fait partie du substrat de connaissances indispensables pour s’exprimer de façon structurée

        je sais bien que les exercices d’« analyse » que nous pratiquions dans les années 50 étaient plus que fastidieux, mais on ne peut pas apprendre simplement en s’amusant. C’est ce qu’il faudrait inculquer aux jeunes enseignants.

        J’ai enseigné en IUT et j’ai vu des bachelier « rédiger » des copies en langage SMS et incapables de lire a voix haute : trop d’hésitations et de reprises : heu...


      • Marsupilami Marsupilami 20 décembre 2006 18:23

        @ Zen

        Tu as à moitié raison... et à moitié tort. J’étais un nul en grammaire pendant ma période scolaire et je ne faisais quasi aucune faute dans ce Domaine Sacré de la langue. Je n’en fais toujours pas beaucoup. J’étais aussi un nul en philo tant les laïus scolastiques de mes profs m’emmerdaient au plus haut point. Depuis, je me suis rattrapé et tout seul. La liaison que tu fais entre logique grammaticale et logique philosophique me paraît donc assez peu crédible. Mais faut dire que je suis un vulgaire autodidacte en ce qui concerne la majeure partie de mes connaissances.

        Et je compte bien continuer à réfléchir en dehors de tout préformatage.


      • CAMBRONNE CAMBRONNE 20 décembre 2006 18:28

        ZEN

        Je m’associe aux commentaires élogieux concernant votre post . Vous avez dit l’essentiel .

        Cdt


      • (---.---.76.99) 20 décembre 2006 18:38

        Pas l’essentiel, des évidences. Il serait temps d’aller un peu plus loin que constat et de remettre en question l’enseignement, et pas seulement celui de la grammaire.


      • ZEN zen 21 décembre 2006 08:37

        Les réactions d’approbation inattendues et inédites à mon commentaire bien banal pourraient amener à penser que je me classe dans la catégorie des vieux profs nostalgiques et réac. Pas du tout. Voir ce que j’ajoute plus bas , en réponse à un commentaire :

        par zen (IP:xxx.x44.94.60) le 21 décembre 2006 à 07H50

        (IP:xxx.x5.121.162) le 20 décembre 2006 à 20H44


      • ZEN zen 21 décembre 2006 10:55

        « Des gens au cerveau structuré qui raisonnent bien sont plus difficile à manipuler »

        Complètement d’accord, et pour moi, in fine, c’est l’essentiel...


      • docdory docdory 21 décembre 2006 11:49

        @ Romain Bossut

        La façon dont vous massacrez la langue française est une preuve éclatante de la justesse de cet excellent article de Paul Villach .

        Vos enseignants ne vous ont sans doute pas suffisamment enseigné la peur de l’erreur !

        Je vous cite :

        « le seul moyen que les gosses apprennent al grammaire » ( s’agit-il d’un processus de créolisation franco-arabe de l’article défini ? )

        « ce qui fini par donné des illetrés » ( remplacement du passé simple finit par le participe passé fini , remplacement de l’infinitif donner par le participe passé donné )

        Lorsque j’étais à l’école , le principe de notation était : « cinq fautes = zéro »

        Vous avez donc 4/10 ....


      • PenKadour (---.---.88.45) 21 décembre 2006 13:10

        Hé, les « enfants » , relisez vos écrits avant de les balancer, vous vous exposeriez moins à auto-disqualification...surtout dans le cadre du sujet abordé ici.Celà dit,une langue répond à des règles qui l’aident à être pratiquée et comprise ;ce contexte ignoré rend l’idiome pauvre et fragile.Il en va ainsi de toute construction, même intellectuelle..


      • (---.---.207.131) 23 décembre 2006 15:18

        Mr PENKADOUR :

        Vous savez peut-être écrire, mais vous avez de graves lacunes en dactylographie...

        Trouvez un petit fascicule à peu de prix, ou bien faites-vous conseiller par une dactylo en retraite, de celles qui tapaient sur la vieille Olivetti à ruban... Elle vous apprendra -entre autres- la règle des « espaces » et de la présentation d’un texte.

        En effet, une secrétaire d’aujourd’hui, spécialiste du traitement de texte et de sa frappe « au kilomètre » ne saurait vous apprendre que ses propres ignorances.


      • mo (---.---.110.38) 27 décembre 2006 11:06

        Commentaire d’un etranger a votre commentaire : « au lieu de développer des stratégies absolument dingues pour masquer leurs lacunes, ce qui fini par donné des illettrés qui arrivent au collège sans problèmes. » Cela ne serait-il plutot : « au lieu de développer des stratégies absolument dingues pour masquer leurs lacunes, ce qui finiT par donnER des illettrés qui arrivent au collège sans problèmes. » ?? smiley


      • océan (---.---.110.47) 31 décembre 2006 13:00

        bravo bien sûr, marsupilami, d’avoir seul et à la force du poignet remonté le handicap, je vous le dis avec sincérité.

        Mais comment pouvez-vous imaginer de prendre appui sur une telle exception pour argumenter en général ?

        Voulez-vous montrer qu’il n’est point beoin d’enseigner parce qu’on trouve des autodidactes ?

        Même les juristes le disent : on ne légifère pas sur l’exception.

        ... non ?


      • (---.---.198.211) 20 décembre 2006 16:00

        Bel article et beau recueil de perles.

        En voici deux autres :

        Jack Lang, qui fut ministre de l’Education, à Culture et Dépendances (France 3, 21/9/05) : « Ce qui a tué la politique, c’est le non respect des engagements tenus. »

        Philippe Meirieu, ancien directeur de l’IUFM de Lyon : « Il est plus important aujourd’hui de connaître la différence entre le civil et le pénal que de savoir résoudre le théorème de Thalès » (Le Monde, 28 mars 2006).

        On résoud un problème, ou une équation, mais pas un théorème ...

        http://perso.orange.fr/Connaissance.ouverte/DESA.doc


        • Marie Pierre (---.---.130.40) 20 décembre 2006 16:17

          Il y a eu un rectificatif de Merrieu à cet article du Monde (pas relu par Merrieu) : « Enfin, je ne me suis pas du tout permis, contrairement à ce que dit le texte, de décréter qu’il fallait enlever l’enseignement du théorème de Thalès ou diminuer celui des langues vivantes. J’ai seulement appelé à une remise à plat des contenus disciplinaires de la scolarité obligatoire entre les disciplines et au sein de chacune d’entre elles. J’avais, alors, donné des exemples d’interrogation possibles, parmi bien d’autres... »


        • gem gem 20 décembre 2006 17:01

          arf ! excellent ! voilà le genre de rectificatif par lequel on s’enfonce encore plus profond ! Connaissant l’oiseau on n’est pas surpris ...


        • (---.---.26.27) 20 décembre 2006 18:03

          @ Marie Pierre :

          Le rectificatif que vous citez ne concerne pas la faute, qui est d’avoir confondu le théorème avec un problème ou une équation !!

          « résoudre le théorème de Thalès »

          Meirieu a donc aggravé son cas, car je suppose qu’il avait relu son rectificatif.

          http://perso.orange.fr/Connaissance.ouverte/DESA.doc


        • (---.---.26.27) 20 décembre 2006 18:05

          @ Gem

          Bravo de m’avoir devancé !


        • (---.---.26.27) 20 décembre 2006 18:07

          Meirieu et Dubet, c’est l’inculture qui prétend donner une leçon à la culture.


        • (---.---.149.144) 20 décembre 2006 16:01

          J’ai beaucoup « aimé » l’intervention de M. Bossut qui, pour donner une leçon(!), ne fait pas moins de cinq fautes !

          Au temps des dictées, cela lui aurait valu un 0 !!!


          • (---.---.174.244) 20 décembre 2006 16:21

            hahahahaha, mort de rire, cette remarque vient illustrer très justement ce que M. Bossu tentais de faire comprendre : a savoir en France l’erreur n’est pas toléré, et c’est cela qui empeche plein d’enfants de s’épanouir : Si tu fait des fautes alors tu fermes ta gueule.

            Oui je sais je fait plein de fautes et d’ailleurs du temps ou j’etais a l’école je n’avais que des 0ssss.

            Allez hop je retourne sur les forum anglophones ou le fond est plus important que la forme.

            LOL smiley


          • Romain BOSSUT (---.---.37.93) 21 décembre 2006 21:29

            Tatatata , ça c’est méchant et petit smiley Bon ok c’est vrai mea culpa smiley

            Mais voyez vous même à quel point votre réaction est un peu troublante, vous remettez en cause la totalité de mon propos sous prétexte qu’il y à 3 fautes de frappe et deux erreurs d’ortographe sur un texte tapé en moins de 3 minutes, au lieu de me faire remarquer simplement quelles sont mes erreurs, histoire que celà me serve, pour le coup, de leçon.

            Merci monsieur d’illustrer si parfaitement mon propos smiley


          • Hakim I. (---.---.29.92) 20 décembre 2006 16:31

            Au risque de passer pour un vieux con de 27 ans ... smiley

            Vous voulez que les gamins s’en sortent avec des notes correctes en français ? Jetez votre télévsion (ainsi que celle qui s’occupe de les éduquer dans leur chambre à votre place), et habituez les à lire. Il n’y a pas de mystère. D’ailleurs, ce conseil vaut pour leur éducation en général.

            Je n’arrives pas à m’habituer au décervellement des gamins dont je m’occupe. Ce sont devenus des machines à consommer. Il est très rare de trouver un gosse qui s’intéresse à autre chose qu’au dernier nokia... (permettez cette caricature)

            J’ai halluciné en voyant dans une pub de céréales (je ne me rappelle plus de la marque) où un mug disait à un bol : « J’me casse ! ». Ca me fait froid dans le dos...

            Il y a certaines valeurs de nos anciens qu’il faut cesser de disqualifier en les traitant de rétrogrades... Montrer qui est le chef, corriger leurs devoirs, interdire ce qui les abrutira, savoir dire non etc... sont les bases d’une éducation saine.

            A mon avis, ces mesures doivent avant tout être appliquées aux 68ards, génération que je qualifierais d’éternels adolescents et qui nous ont obligés à être plus adultes qu’eux.

            PS : Pardonnez mes généralisations...


            • tibo (---.---.148.49) 20 décembre 2006 16:31

              Et voilà le résultat quelques années plus tard !!!!


              • fasbendair (---.---.231.240) 20 décembre 2006 16:41

                la pédagogie rigolote ne fonctionne pas... et elle ne fait plus rire personne.

                merci à l’Auteur !

                André Fasbendair


                • mel29 (---.---.147.191) 20 décembre 2006 16:48

                  Bravo ! Vous venez de rejoindre, je le vois, les nostalgiques des temps anciens où l’on réglait les problèmes de compréhension des élèves à coup de bâtons et d’humiliation. Peut-être le niveau de grammaire était-il plus élevé...pour les bons élèves. On se souvient comme tout le monde des élèves qui avaient toujours 0 à la dictée et pour lesquels on ne faisait pas grand chose (« il sera ouvrier, c’est déjà bien »). On n’en parlait pas et tout le monde pense maintenant que cette école était plus efficace. Aujourd’hui, on essaie de faire avancer tous les élèves et non de faire la classe à une petite élite en laissant les autres sur le carreau. De nombreux élèves arrivent jusqu’au bac, avec des compétences plus ou moins fragiles mais, au moins, ils sont là. Il y 30 ans, ces élèves auraient déjà intégré le monde du travail. De plus, l’accent est mis sur la compréhension et non sur l’application de règles obscures, accessibles à un petit nombre. Nous accordons également une place privilégiée à la réflexion, dans toutes les disciplines. Ils savent questionner les documents, les images et les informations dont ils sont entourés, bien plus que nous le étions. Tout ceci prend du temps mais semble indispensable. Bien entendu, il serait plus simple, surtout pour les gens de pouvoir, que nos élèves de maintenant soient meilleurs en orthographe mais ne questionnent pas trop leurs actes lorsqu’ils seront adultes. Enfin, la langue française, comme toutes les langues, y compris votre bien-aimé latin, que j’ai étudié pendant 10 ans, évolue avec l’usage qu’en font ses locuteurs. Si, à terme, les règles d’orthographe s’en trouvent simplifiées, ce ne sera là qu’une évolution bien naturelle. Réfléchissez : au moyen-âge, le français était la langue des ignorants, l’élite restant attachée au latin, qui, en ce temps, n’était plus qu’un parler bâtard mêlant latin de soldats de seconde classe et vernaculaires barbares germaniques. Le temps ne s’est pas arrêté et les faits se reproduisent encore et encore... C’est l’usage qui fait la grammaire et non la grammaire qui fait l’usage !


                  • tibo (---.---.148.49) 20 décembre 2006 17:05

                    Un exemple pour réfuter votre position : J’ai un ami, ouvrier, la cinquantaine, n’ayant que son certificat d’études, et qui vient de finir la lecture du roman « Les Bienveillantes », quand de nombreux bacheliers de 2006 ne seraient pas capables d’atteindre la page 10 ...

                    Je note aussi que vous maîtrisez parfaitement la grammaire et l’orthographe. Je suis toujours étonné de voir à quel point les nantis de toute sorte estiment que ce qui est bon pour eux ne l’est pas pour les autres. Cf le champion de ce nouveau sport,François Bégaudeau, professeur de Français, auteur d’« Entre les murs », qui ne voit pas « de quel droit on obligerait les jeunes de banlieue à apprendre la langue des bourgeois » (je cite de mémoire) ...


                  • mel29 (---.---.147.191) 20 décembre 2006 17:19

                    Vous avez tout dit : votre ami a « la cinquantaine », c’est-à-dire une maturité que les élèves de 17 ou 18 ans n’ont pas. Lorsque j’étais en terminale, j’ai été incapable de lire jusqu’au bout « Madame Bovary » et « Germinal », ce qui aurait indigné les « anciens ». Ces deux livres font maintenant partie de mes « classiques ». Je voudrais ajouter qu’être ouvrier ne prouve pas que l’on est ignorant, bien au contraire. J’ai simplement dit qu’aujourd’hui, les élèves « moyens » arrivent jusqu’au bac alors, qu’avant, ils n’apparaissaient pas dans les statistiques puisqu’ils n’étaient pas présentés. D’ailleurs, votre ami, lui, a eu la chance d’être présenté au certificat d’étude, ce qui n’était pas le cas des nuls en orthographe. En ce qui concerne mon orthographe, j’ai eu pareillement la chance de faire partie des bons élèves sur lesquels toute l’attention était concentrée. Ce n’était pas le cas pour d’autres, malheureusement.


                  • gem gem 20 décembre 2006 17:23

                    c’est sur que le monde du chômage d’aujourd’hui, c’est beaucoup mieux que le monde du travail d’hier...

                    Et puis arrivé à 18 ans à un bac qui vaut le http://fr.wikipedia.org/wiki/Certificat_d’études obtenu jadis à 14, c’est un si beau progrès, hein ...

                    Il ne s’agit certes pas de sacraliser la grammaire, mais comme le rappelle Zen, sans une écriture correcte il n’y a pas de compréhension possible, même et surtout en sciences (je me souviens d’ailleurs d’un conflit avec un prof, qui avait utiliser un énoncé imprécis, clair pour lui mais qui pouvait être compris de deux façons différentes et incompatibles) ! Certaines fautes ne sont pas graves, et il y a bien des anomalies gramaticales plus nuisibles qu’utiles, qu’on pourrait réformer. En attendant, on ne peut pas laisser croire que chacun peut s’inventer son propre langage et ses propres règles (ou absence de règles) sans que ça impact la communication entre nous et même tous le susbtrat légal qui fait tenir la société.

                    Ceci dit sans avoir honte des multiples fautes que je peux faire, ni contradiction entre cette conviction et ma pratique fortement tachée (et non tâchée !) ...


                  • ZEN zen 20 décembre 2006 17:38

                    @ Tibo

                    Félicitations à votre ami ! Je viens de terminer ce roman-fleuve, et il faut vraiment être avide de lecture pour absorber ces 800 pages denses, mais passionnantes...


                  • retraité (---.---.252.167) 20 décembre 2006 18:04

                    « De nombreux élèves arrivent jusqu’au bac, avec des compétences plus ou moins fragiles mais, au moins, ils sont là. Il y 30 ans, ces élèves auraient déjà intégré le monde du travail. »

                    Et ils seront chomeurs ou, pour le mieux auront un emploi en dessous de leur diplome...

                    Comptez les caissières d’hypermarché en posession d’une licence... Et ce n’est qu’un exemple restreint


                  • Paul Villach Paul Villach 21 décembre 2006 10:24

                    « Ils savent questionner les documents, les images et les informations », écrivez-vous. Comme j’aimerais vous croire ! J’ai systématiquement demandé, en début d’année universitaire, cinq ans durant, à des amphis de première année de me donner par écrit la définition d’ « une information ». Presque personne n’était capable de la définir comme « la représentation d’un fait ». Or, cette définition entraîne de sérieuses conséquences pour une théorie expérimentale de l’information, rigoureusement opposées à celles que l’on peut tirer de la définition qui fait de « l’information » « un fait avéré » !

                    Peut-être réussissez-vous à faire ce travail dans vos classes, parce que vous avez réfléchi sur le problème et que vous avez construit une méthode.

                    Mais si je me réfère aux instructions officielles sur tout ce qui touche à l’information et à l’image, elles enseignent des erreurs que les professeurs en charge de les appliquer, ne peuvent que diffuser sciemment ou à leur insu, sauf si, comme vous, je suppose, ils estiment qu’un professeur doit se soumettre avant tout à « l’éthique de la connaissance » qu’appelait de ses voeux Jacques Monod dans « Le hasard et la nécessité » (Le Seuil, 1966)


                  • coco (---.---.161.148) 27 décembre 2006 05:51

                    Tout à fait d’accord avec votre commentaire. Cessons de culpabiliser les élèves parce qu’ils font des fautes d’orthographe (la langue française est extrêmement complexe pour des enfants de primaire), que le ministère cesse d’accuser les enseignants qui constatent les problèmes et essaient de trouver des solutions en changeant leurs partiques... La grammaire est toujours enseignée et pratiquée à l’école mais les programmes devraient simplifier et officialiser l’emploi de certains termes pour éviter des confusions (cf. manuels scolaires). La grammaire est utile à la compréhension d’un texte, certes, mais l’enseignant (de primaire) n’est pas là pour former des experts linguistes qui emploient des termes savants pour désigner une chose très simple à l’image des restaurants qui affichent une carte aux noms de plats ronflants pour ne désigner que de simples mets. Nous devons admettre, à mon sens, que « l’apprentissage » de la grammaire se fait tout au long de la vie car la maturité à quelque chose à voir dans la compréhension et l’assimilation de certaines « règles ».


                  • LE CHAT LE CHAT 20 décembre 2006 16:58

                    le triste résultat de l’expérience gauchiste menée dans les IUFM , nos gosses ne savent plus écrire trois lignes sans faire 10 fautes d’ortograf !

                    et nous , pauvres parents ne comprenons plus rien aux termes barbares employés par ces apprentis sorcier , par ex un ballon de basket est devenu un referenciel bondissant ???

                    faut pas le dégraisser le mammouth , faut carrément le rendre anoréxique !


                    • Bill Bill 20 décembre 2006 17:14

                      Ce croire 1 personaje ai fore com1 en FranS. On i fay l’ome d’1portanS, é l’on n’ai souvant qu’1 bourjoi : C’ai propreman le mal Fransois. La sote vanité nous ai particuliaire. Les Espagnols sont v1, mais d’1 otre manière. Leur orgueil me semble en un mot Beaucoup plus fou, mais pas si sot. Donnons quelque image du nôtre Qui sans doute en vaut bien un autre. Un Rat des plus petits voyait un Eléphant Des plus gros, et raillait le marcher un peu lent De la bête de haut parage, Qui marchait à gros équipage. Sur l’animal à triple étage Une Sultane de renom, Son Chien, son Chat et sa Guenon, Son Perroquet, sa vieille, et toute sa maison, S’en allait en pèlerinage. Le Rat s’étonnait que les gens Fussent touchés de voir cette pesante masse : Comme si d’occuper ou plus ou moins de place Nous rendait, disait-il, plus ou moins importants. Mais qu’admirez-vous tant en lui vous autres hommes ? Serait-ce ce grand corps qui fait peur aux enfants ? Nous ne nous prisons pas, tout petits que nous sommes, D’un grain moins que les Eléphants. Il en aurait dit davantage ; Mais le Chat sortant de sa cage, Lui fit voir en moins d’un instant Qu’un Rat n’est pas un Eléphant.

                      Pas le courage de mettre des fautes partout !

                      Mais bien à toi mon joli félin !

                      Bill

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