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Le Capes et la grande régression de l’éducation nationale

Le Monde du 15 juillet est revenu sur les résultats dramatiques du Capes 2011. Un nouveau signe du désarroi général de l’éducation nationale en France, ainsi qu’une menace majeure pour le niveau de l’enseignement dans les décennies à venir.

La grande désaffection du Capes

Les chiffres rapportés par le Monde font froid dans le dos. En 1997, il y avait plus de quinze mille candidats aux Capes de mathématiques et lettres modernes pour plus de deux mille cinq cent postes, ce qui assurait une forte sélectivité pour ce concours et donc un niveau élevé pour les professeurs. En 2011, 2800 candidats se sont présentés (une baisse de plus de 80% en 14 ans), pour 1750 postes. Du coup, il n’y a eu qu’un peu plus de 1200 postes pourvus.

La crise des vocations est spectaculaire et extrêmement inquiétante. Une vision optimiste des choses consisterait à dire que seuls les plus motivés continuent à se présenter, garantissant un maintien du niveau. Mais il ne faut malheureusement pas être naïf : la baisse de plus de 80% des candidats au Capes depuis 14 ans est doublement inquiétante. Tout d’abord, cela révèle que les inconvénients du métier apparaissent plus importants que les avantages, pourtant non négligeables.

Ensuite, se pose clairement la question de la sélection des enseignants des prochaines décennies. Le niveau des professeurs est un paramètre fondamental pour le succès d’un système éducatif, comme le soulignent de nombreuses études internationales. C’est pourquoi il est particulièrement inquiétant de voir baisser aussi radicalement la sélectivité du Capes. Nous pourrions bien payer pendant quarante ans le fait de n’avoir pas su traiter cette crise aigüe des vocations.

Des professeurs abandonnés

Comme le souligne Jean-Paul Brighelli, il s’agit d’un « indice de la faillite de notre système éducatif » dont les racines remontent malheureusement à des décennies avec un refus de la sélection qui aboutit à un abaissement généralisé du niveau, comme l’illustre tristement la cuvée 2011 du baccalauréat qui a vu un nouveau record dans le taux d’admission, avec 86% et même plus de 89% pour la filière S marquée à jamais par la gestion calamiteuse d’une fuite par le gouvernement.

Plus globalement, il est urgent d’améliorer les conditions de travail des professeurs. Car ce beau métier, essentiel pour l’avenir de la nation, est aujourd’hui boudé par une génération pour qui les vacances, la stabilité de l’emploi et le prestige sont aujourd’hui plus que contrebalancés par la démission de l’école devant la dureté des élèves, le rythme de travail, plus éprouvant qu’on veut le croire, les problèmes de reconnaissance et le sentiment d’être abandonné par l’Etat.

A ce titre, le mandat de Nicolas Sarkozy aura encore aggravé la situation sans rien résoudre. La réduction des effectifs accroît encore la tension dans les établissements, d’autant plus que toutes les réformes du gouvernement semblent dictées par des purs objectifs comptables, quels que soient les conséquences pour les professeurs, accentuant encore la crise des vocations. C’est pourquoi il est urgent de remettre dans les priorités absolues la réforme de l’éducation nationale.

Ici aussi, le bilan du mandat de Nicolas Sarkozy est très mauvais, comme l’indique clairement l’effondrement du nombre de candidats au Capes. S’il n’est pas le seul responsable, loin de là, il n’a pas su redresser la situation. Pire, il l’a encore aggravée.




par Laurent Pinsolle (son site) mardi 19 juillet 2011 - 19 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Harfang (---.---.---.249) 19 juillet 2011 16:49
    Harfang

    La déliquescence de l’Education Nationale ne date pas d’hier. Je dirais que ça doit faire, au bas mot, une trentaine d’années que les choses vont en se dégradant, chaque réforme successive ayant tendance à empirer les effets de la précédente.
    S’il convient de reconnaître que le(s) gouvernement(s) Sarkozy ont sans doute accentué le phénomène, il était tout de même bien entamé avant cela. A cet égard, la suppression des IUFM représente une sorte de coup de grâce ! Déjà que ça n’était pas la panacée (je le sais pour être passé par là)...
    Mais les politiciens, de droite comme de gauche, ont ils vraiment à coeur de prendre ce problème à bras le corps ? Je me permet d’en douter sérieusement...

  • Par docdory (---.---.---.224) 19 juillet 2011 15:01
    docdory

    @ Laurent Pinsolle

    Excellente analyse.
    Ajoutons qu’avec la multiplication des programmes destinés à satisfaire tel ou tel lobby politiquement correct, certains profs vont se retrouver contraints d’enseigner des inepties.
    Ainsi les pauvres profs de SVT ( ci-devant sciences naturelles ) vont être dans l’obligation , à partir de septembre, d’enseigner non plus des sciences , mais de l’idéologie brutale, avec l’enseignement obligatoire de la tristement célèbre « théorie gender » aux élèves des lycées, ( théorie qui, n’en doutons pas , fera l’objet de questions au prochain baccalauréat ... ).
    Ils se retrouveront dans la triste situation des profs de la défunte URSS qui devaient donner à leurs élèves des cours de marxisme léninisme et de socialisme « scientifique » ...
    Je me demande comment les profs de SVT vont parvenir à digérer une telle humiliation. Ça vaudrait pour une fois le coup qu’ils se mettent en grève !
  • Par paconform (---.---.---.94) 20 juillet 2011 09:19
    paconform

    Bonjour,

    Je répète ma question :

    - Et si on se préoccupait des enfants ?

    Je répète aussi la réponse de BOBX  :

    - Notre « Chef Suprême » s’en fout royalement« .

    Mon observation de ce matin :

    - Et tout le monde (presque) avec lui.

    Quelques idées  :

    - Ne plus déglinguer les bébés et jeunes enfants sous prétexte de les »socialiser". Les faire vivre dans un milieu favorable (famille, voisinage, maisons vertes...)
    - leur proposer la lecture, l’écriture, les chiffres, en même temps que les autres jeux et apprentissages spontanés et dans les mêmes conditions,
    - commencer les apprentissages ennuyeux de la grammaire à partir de sept/huit ans,
    - acquérir les connaissances du primaire grâce aux échanges de savoir, par groupes de trois à six enfants, sans dépasser deux heures par jour le nez sur un cahier/livre (l’expérience prouve qu’une heure environ suffit)
    - commencer éventuellement l’école (enfermement, discipline des horaires, contraintes et pressions) à partir du secondaire, âge où les enfants gardés en bonne santé psychique grâce à l’absence de maltraitance pendant la première période seront aptes à supporter le milieu carcéral de l’école.

    Bien sûr, la société civile actuelle ignore à peu près les enfants et ne peut pas les respecter ni adopter le programme que j’ai ébauché (à peine) ci-dessus.
    Pour élever une génération en bonne santé (surtout psychiquement) il faut refaire une vie privée digne de ce nom où les enfants auraient leur place et où se situerait la vraie vie, le monde du travail étant rendu à sa véritable destination : produire les biens nécessaires à la vie, sans plus.

  • Par paconform (---.---.---.101) 19 juillet 2011 18:00
    paconform

    Bonjour,

    Et si on se préocupait des enfants ?

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