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Accueil du site > Actualités > Société > Le cerveau : trop de vacanciers oublient qu’ils en ont (...)

Le cerveau : trop de vacanciers oublient qu’ils en ont un

Régulièrement, nous sommes confrontés, personnellement ou par l’intermédiaire des médias, à des comportements aberrants de la part de promeneurs, de randonneurs ou de plaisanciers qui ont manifestement oublié qu’avant de s’engager sur un itinéraire ou de partir en mer, mieux vaut faire travailler son cerveau...

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Dessin aboneobio.com

 

Il y a quelques jours, un couple de promeneurs âgés s’est égaré et a été surpris par la nuit dans la modeste forêt de Mondeville (Calvados) qui leur était pourtant familière. Moyennant quoi, il a fallu, après qu’il ait été demandé du secours par téléphone, entreprendre des recherches, en envoyant notamment sur place un hélicoptère de la gendarmerie. Le couple a été repéré vers 22 heures, puis secouru, grâce à la lampe-torche dont disposaient par chance les imprudents promeneurs.

Cette histoire, d’une affligeante banalité, illustre un fait récurrent : trop souvent, des promeneurs, voire des randonneurs censés être plus expérimentés, prennent des décisions aberrantes : soit en s’engageant sur des itinéraires trop exigeants pour leurs capacités physiques ; soit en ne disposant pas des équipements nécessaires ; soit en décidant de partir trop tard pour atteindre le but de la balade avant la nuit. Et cela été comme hiver.

Une année, il y a près de deux décennies, c’est un couple d’enseignants irresponsables qui, après la sieste des enfants, était parti avec deux gamins sur un itinéraire de ski de fond du Vercors non surveillé par les pisteurs. Il était déjà plus de 16 heures au moment du départ, et ce qui était prévisible est arrivé : la nuit est tombée et a surpris le quatuor, incapable de progresser dans l’obscurité pour sortir de ce piège. Très vite, la température a chuté, pour s’afficher nettement sous le zéro. Par chance, l’alerte a été donnée assez rapidement et les secours ont pu localiser puis secourir ces naufragés de la neige. Tous étaient déjà en état d’hypothermie, mais sans conséquence dramatique.

 

Perdus dans Les Écrins

L’issue n’est pas toujours aussi heureuse, et l’on dénombre chaque année des morts par imprudence, aussi bien en montagne qu’en mer où trop de randonneurs et de plaisanciers présument de leurs capacités ou ne tiennent aucun compte des bulletins de la météo locale, pourtant détaillés et fiables. Personnellement, j’ai moi-même été confronté à de nombreuses reprises, en compagnie de mon épouse, à l’affligeant spectacle donné par des imprudents, pour ne pas dire des irresponsables, en vacances, à l’image du couple d’enseignants évoqué plus haut.

Cas le plus emblématique : un couple, là aussi accompagné d’un enfant, une fillette âgée d’environ 8 ans. Venant de Montgenèvre (Hautes-Alpes), via les forts parsemés sur le parcours, mon épouse et moi descendions vers Briançon au terme d’une longue randonnée en montagne lorsque nous avons croisé le trio. Nous étions au-dessus du fort des Trois-Têtes, environ à 1 500 m d’altitude. Il était approximativement 15 h 30. Pas très rassurée sur l’issue de la balade, la femme, faute de carte topographique, nous a questionnés sur le temps nécessaire pour un aller et retour jusqu’au fort de l’Infernet où son mari prétendait les entraîner, sa fille et elle, sur la base de vieux souvenirs d’armée. La réponse était relativement aisée : à raison d’une distance de 14 km aller et retour, et d’une dénivelée proche de 900 m à monter puis à redescendre – l’Infernet culmine à 2 380 m –, il fallait compter 3 heures d’un éprouvant crapahut pour la montée et quasiment autant pour la descente jusqu’au fort des Têtes, temps de repos non compris ! Autrement dit, le trio n’avait aucune chance d’être de retour à Briançon, où il était hébergé, avant... minuit ! Et probablement dans un état de grand épuisement pour la pauvre gamine embarquée dans cette délirante aventure ! Face à une telle inconscience, la femme a pris les choses en main et, sur notre suggestion, imposé à son mari, de s’arrêter un peu plus haut, au fort du Randouillet, avant de rebrousser chemin pour un retour à Briançon aux alentours de 18 heures.

Autre exemple : ce couple de jeunes gens égarés dans le massif des Écrins en chaussures de tennis et porteur, en guise de document topographique, d’une carte routière Michelin !

 

Chaussée de ballerines

Et que dire de ces deux jeunes Asiatiques, en vacances dans le Valais  ? Montés en train de Zermatt (1 600 m) jusqu’au terminus du Gornergrat, à 3 135 m d’altitude, ils avaient pu bénéficier de la vue offerte par cet exceptionnel balcon sur le Mont Rose. Mais leur objectif ne se limitait pas à cela : ils avaient projeté de redescendre à pieds jusqu’à la prestigieuse station valaisanne en bénéficiant des superbes vues sur le Cervin qu’offre le parcours. Problème : si le garçon pouvait espérer parvenir en bas avec ses baskets de ville pourtant inadaptées, tel n’était pas le cas de la fille, chaussée de ballerines fantaisie incapables de résister bien longtemps à la progression en terrain rocailleux et à la traversée des quelques névés qui subsistaient dans la partie haute de l’itinéraire. Malgré notre avertissement mimé – ils ne pratiquaient qu’un anglais très rudimentaire –, ils se sont engagés dans cette descente, manifestement mal à l’aise dans la pierraille. Sans doute ont-ils été contraints de reprendre le train dans l’une des trois stations intermédiaires.

Autre cas aberrant, dans l’Oberland Bernois : celui de cette jeune mère, venant en train de Grindelwald, qui entendait poursuivre sa balade ferroviaire jusqu’au Jungfraujoch (3 454 m d’altitude !) avec son bébé, seulement âgé de quelques mois. À peine avait-elle pris place dans le train destiné à pénétrer dans les entrailles de l’Eiger que l’inconsciente, sur signalement des autres voyageurs, était débarquée par les employés de la station d’alpage de Kleine Scheidegg. À 2 060 m, nous étions déjà à une altitude trop élevée pour un bébé de cet âge, et l’on n’ose imaginer ce qui aurait pu survenir si cette femme avait été autorisée à poursuivre.

Des exemples comme ceux-là, nous en connaissons tous, et pas seulement dans le domaine de la balade pédestre : les victimes de baignades dangereuses, de même que celles de sorties en voilier ou en kayak de mer dans des conditions de forte houle sont également là, chaque été, pour nous rappeler que l’on ne joue pas avec la sécurité, particulièrement lorsque l’on a la responsabilité d’enfants. Et pourtant, rien ne semble y faire : les années passent, et les comportements irresponsables perdurent, malgré les nombreux avertissements donnés, tant au plan national qu’au plan local, par les autorités et les médias. Faut-il y voir une conséquence de la perte croissante de repères dans une société de plus en plus caractérisée par l’individualisme et la préoccupante montée de l’incivisme ? On peut malheureusement le craindre. 


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71 réactions à cet article    


  • L'enfoiré L’enfoiré 24 novembre 2014 09:31
    Bonjour Fergus,

    Quand on peut utiliser tous les moyens modernes de géolocalisation comme le GPS, ce sont vraiment des erreurs du passé.
    Il y a des options pour voitures, pour vélos, pour marcheurs
    Les tablettes elles-mêmes contiennent des outils du même type tellement plus efficaces.
    En plus, dans ce cas pas besoin de se munir d’encyclopédies.
    Mais il faut une connexion, bien entendu.
    Et celle-ci couvre presque tous les territoires.


    • L'enfoiré L’enfoiré 24 novembre 2014 09:33

      Tiens, cela me rappelle ce billetsmiley


    • Fergus Fergus 24 novembre 2014 09:51

      Bonjour, L’enfoiré.

      Le fait est que le GPS peut rendre désormais des services qui n’existaient pas naguère. Encore faut-il, d’une part, que la réception soit assurée, d’autre part, que ce soit l’orientation qui soit en cause, et elle seule. S’en remettre au seul GPS peut d’ailleurs se révéler dangereux si, pour une raison ou une autre, il tombe en panne.

      Personnellement, je ne dispose pas de GPS car je suis un amoureux inconditionnel des cartes topographiques, mais je ne décourage évidemment personne de s’équiper d’un tel accessoire.


    • Rincevent Rincevent 24 novembre 2014 19:39

      Bonsoir l’Enfoiré.

      La technologie c’est bien mais il ne faut pas s’y fier aveuglément. C’est un comportement typique de consommateur. Outre les problèmes de réseau que fait-on quand on n’a plus de batterie ou que ça bugue ? J’ai un fils qui randonne et malgré son GPS il n’oublie jamais la carte IGN du coin.


    • Fergus Fergus 24 novembre 2014 20:03

      Bonsoir, Rincevent.

      De plus, les cartes topographiques, lorsqu’elles atteignent le niveau de qualité de celles de l’IGN ou de ses homologues suisse ou britannique, sont un régal pour les yeux.


    • L'enfoiré L’enfoiré 25 novembre 2014 08:54

      Bonjour Rincevent,


      « La technologie c’est bien mais il ne faut pas s’y fier aveuglément. »
      Je pense que mon article va totalement dans ce sens.
      Comportement typique de consommateur ?
      Rien à cirer que je sois consommateur de technologie ou non.
      La technologie est un outil comme le reste. Un outil est une aide qui permet d’aller là où on veut en diminuant les risques décrits dans l’article de Fergus.
      Je sais très bien que la batterie est un point délicat.
      Ma tablette tient pendant un nombre d’heures bien suffisant et en plus comme je le disais elle m’informe de tellement d’autres choses que de dire où je suis.
      Il faudra vous y faire un jour au modernisme, que vous le vouliez ou non.
      Le réseau, je l’ai dit vont devoir s’étendre même dans les régions les moins fréquentées. Puis, il y a les satellites qui existent et qui peuvent aider même aux pôles. Ces systèmes n’ont pas attendu l’évolution des GPS.

      Votre fils n’oublie jamais la carte IGN du coin.
      Parfait.
      Il sait donc s’en servir. Il connait les repaires sur lesquels il pourra compter.
      Demander à beaucoup de personnes s’ils savent s’en servir et revenez m’en parler.
       smiley

    • L'enfoiré L’enfoiré 25 novembre 2014 08:59

      Cher Fergus, 


      « le niveau de qualité de celles de l’IGN ou de ses homologues suisse ou britannique, sont un régal pour les yeux. »

      Et ils vous en faut combien de cartes IGN qui, il faut bien l’avouer, ont une taille plus que respectables ?
      Prenez-vous une caisse contenant les cartes quand vous vous déplacez et que vous décidez de sortir de la voiture pour vous engager sur un chemin que vous n’avez jamais entrepris ?
      Je crois qu’il faut rester sérieux.
      J’aime les cartes, mais il faut se rendre compte que tous les moyens basés sur de l’électronique vous donnent des moyens inégalés de vous déplacer même quand vous ne pensiez pas le faire.
      Une tablette, c’est léger et ça peut rapporter gros en cas de défaut d’orientation.

    • L'enfoiré L’enfoiré 25 novembre 2014 09:05

      Entre nous, Fergus. ce qui m’a le plus amusé, ce sont les moinssages.Je me suis ajouté une couche pour le fun.
      Cela dénote très bien l’esprit rétro de beaucoup de gens.Comme disait Edouard Herriot « La tradition, c’est le progrès dans le passé ; le progrès, dans l’avenir, ce sera la tradition. » 


    • Fergus Fergus 25 novembre 2014 09:33

      Bonjour, L’enfoiré.

      Entendons-nous bien, je n’ai rien contre les GPS, mais je reste effectivement fidèle aux cartes topographiques. Chez moi, j’en ai largement plus d’une centaine de l’IGN, une trentaine de Suisse, une vingtaine d’Irlande, une dizaine du Royaume-Uni et quelques-unes d’Italie, sans oublier celles des îles des Cyclades où j’ai été crapahuter, ce qui fait encore rigoler les baigneurs de Super Paradise à Mykonos lorsqu’ils nous ont vu débarquer sur la plage avec nos pompes de rando après avoir parcouru l’intérieur de l’île quasiment seuls, mon épouse et moi, au milieu des brebis et des chèvres.

      Su le nombre des cartes, je ne vois pas le problème que vous soulevez. Quand je me pose dans un lieu de vacances, 3 ou 4 cartes au maximum sont nécessaires à mes balades pendant la durée du séjour, et jamais plus de 2 lors d’une journée. Et s’il y a une chose que ne montre pas clairement le GPS, c’est la configuration du terrain, si bien rendue sur les cartes topographiques, ce qui est une aide formidable à l’orientation. Jamais jusque là, je n’ai ressenti le besoin d’un GPS en rando - et pas même en voiture -, mais il ne me viendrait pas à l’idée de critiquer les usagers de cette technologie.


    • Fergus Fergus 25 novembre 2014 09:36

      @ L’enfoiré.

      Les « moinssages » et les « plussages » m’importent désormais fort peu pour la bonne raison qu’ils ne montent plus depuis belle lurette sur mon ordinateur, sans que je sache pourquoi. Mais cela n’a guère d’importance, ne croyez-vous pas ?

      Bonne journée.


    • L'enfoiré L’enfoiré 25 novembre 2014 09:59

      Là, d’accord.J’ai baigné toute ma vie active dans les nouvelles technologies.Le GPS n’en faisait pas partie, quoique les circuits électroniques n’en étaient pas très éloignés.Je les ai critiquées quand il le fallait.Rien n’est parfait, mais tout se perfectionne.Sur ma tablette, dont je suis récent possesseur, j’ai pu remarquer que les vues d’un endroit peuvent être vu en reliefs, en 3D et en 2D par le choix d’un clic. En plus vous pouvez zoomer sur un point ou vous en écarter pour avoir une vue plus générale.Donc avec vos cartes pour pratiquer de même, vous devez changer de carte et passer à une autre carte. En Belgique du 1:10000 au 1:20000 au 1:100000. Pourtant le pays est petit.Une centaine de cartes IGN, dites-vous et vous ne voyez pas le problème.Je suppose que pour aller à Mykonos, comme l’île n’est pas grande, cela pourra aller.Vous ne sortez pas des limites de la carte parce que vous êtes à pied, c’est à dire ni à vélo, ni en autres moyens de locomotion.
      Mais pour un pays que vous voulez visiter en bourlinguant, cela vous fera quel poids dans vos bagages à faire passer quand chaque kilo compte dans des vols lowcost ?Séjourner quelque part, comme votre caricature le montre, cela impose d’avoir une documentation importante.


    • L'enfoiré L’enfoiré 25 novembre 2014 10:10

      « pour la bonne raison qu’ils ne montent plus depuis belle lurette sur mon ordinateur, sans que je sache pourquoi »


      Là, vous m’intéressez.C’est toujours intéressant de savoir qui vous veut un bien fou ou un mal aigre-doux. Depuis longtemps, je collectionne tous les moinssages. 
      Cela m’amuse comme je le disais. Il suffit d’aller à contre-courant du flux migratoires des opinions.
      Sur mon blog, je peux tout voir mais pas sur Avox. 

    • Fergus Fergus 25 novembre 2014 10:42

      @ L’enfoiré.

      « un pays que vous voulez visiter en bourlinguant ».

      Il n’était pas question de cela dans l’article, mais de personnes qui font des balades ou des randonnées dans un espace réduit. Si l’on veut parcourir tout le Vietnam en quinze jours, rien de tel en effet qu’un GPS.

      Cela ne m’empêche pas de continuer à préférer les cartes, même lorsque je suis en mode itinérant dans des pays ou régions comme la Suisse, l’Irlande, le Pays de Galles ou la Cornouailles britannique où ma priorité est pédestre.

      A propos de GPS, pensez-vous qu’il soit possible de l’utiliser au cœur des Ecrins ou de la Vanoise, sauf à disposer d’une très coûteuse liaison par satellite ?


    • Fergus Fergus 25 novembre 2014 11:03

      @ L’enfoiré.

      Sans vouloir pinailler, je serais curieux de savoir si l’usage d’une tablette est recommandé (voir tout simplement possible) lorsqu’il fait -5 ou -10 degrés en rando à skis ?


    • L'enfoiré L’enfoiré 25 novembre 2014 14:37

      « A propos de GPS, pensez-vous qu’il soit possible de l’utiliser au cœur des Ecrins ou de la Vanoise, sauf à disposer d’une très coûteuse liaison par satellite ? »


      Désolé, mais je n’en ai aucune idée.
      Je n’y suis jamais allé.

    • L'enfoiré L’enfoiré 25 novembre 2014 14:42

      « une tablette recommandé lorsqu’il fait -5 ou -10 degrés »


      Encore une fois, sans pinaillage, quand il fait cette température, je reste chez moi ou à proximité.
      En janvier 2013, plus froid que d’habitude, j’avais écrit « L’hiver, chez moi, c’est quoi ? »


    • fred.foyn Le p’tit Charles 24 novembre 2014 09:48

      J’aime bien...c’est comme en politique bons nombres de gens s’égarent ayant emprunter un mauvais chemin pour être « Partis » avec les mauvaises notifications données par des margoulins.. !


      • Fergus Fergus 24 novembre 2014 09:54

        Bonjour, P’tit Charles.

        La différence entre la randonnée et la politique, c’est que la randonnée mène en des lieux très divers, alors que la politique nous ramène toujours dans le lit du cocu !


      • fred.foyn Le p’tit Charles 24 novembre 2014 10:01

        bonjour Fergus...

        d’un côté comme de l’autre..les chemins sont aussi tortueux.. !
        Les cocus on les trouvent partout..

      • Ruut Ruut 24 novembre 2014 10:00

        Indirectement avec le décalage horaire heure d’hivers, la nuit arrive tôt.


        • Fergus Fergus 24 novembre 2014 10:09

          Bonjour, Ruut.

          C’est vrai. Mais les gens qui font de la randonnée, ou ceux qui font des sorties en mer, savent cela et en tiennent compte, en prenant de surcroît des marges suffisantes pour faire face à un incident imprévu, soit d’ordre technique, soit d’ordre physique. On en revient donc à l’inconscience ou à l’irresponsabilité de ceux qui s’engagent sans maîtriser tous les paramètres de leur activité ou, pire encore, en les ignorant délibérément.


        • Gollum Gollum 24 novembre 2014 10:24

          Faut-il y voir une conséquence de la perte croissante de repères dans une société de plus en plus caractérisée par l’individualisme et la préoccupante montée de l’incivisme ? 


          Bonjour Fergus. Je rebondis sur votre conclusion. Je pense plutôt qu’il s’agit là d’un fruit du narcissisme ambiant, lié certes à l’individualisme, de type infantile.

          Nous vivons dans des sociétés hyper-sécurisées et les gens ont perdu la notion de risque. Ils ont pris l’habitude que l’on s’occupe d’eux, qu’on les « informe », qu’on les assure contre tous les risques (assurance-auto, habitation, chômage) et confronté à la Nature ils n’ont pas les réflexes de faire fonctionner leurs neurones sur les conséquences de telle ou telle action.

          J’observe que l’inverse est tout aussi vrai où l’on voit des randonneurs du dimanche, manifestement débutants, partir pour des balades de deux heures avec sac à dos, chaussures et chaussettes, harnachés de la tête aux pieds de façon grotesque alors que de simples bonnes chaussures et éventuellement un vêtement chaud suffisent..

          Les amateurs de VTT sortent régulièrement avec leurs casques, portent tous le même uniforme. Et cela sur des chemins sans risque aucun, je suis le seul à me balader sans casque ce qui est beaucoup plus agréable, m’enfin les gens font ce qu’ils veulent… 

          Dans les deux cas une absence totale de réflexion sur les risques réels.

          • Fergus Fergus 24 novembre 2014 11:30

            Bonjour, Gollum.

            Beaucoup de vrai dans vos observations. Le phénomène de l’imprudence croissante est en outre aggravé par le fait que, contrairement aux générations précédentes issues du monde rural, beaucoup de personnes abordent désormais la nature sans connaissance suffisante du milieu et des pièges qu’il peut recéler.

            Sur les gens en balade super-équipés, cela peut faire sourire, mais au moins cette tendance ne met-elle personne en danger. Personnellement, ce qui m’amuse le plus, c’est la mode des bâtons de randonnée nordique : utilisés de plus en plus fréquemment, notamment dans les clubs de rando, ces bâtons ne présentent aucun utilité la plupart du temps (sauf en déclivité rocailleuse), et ces braves usagers oublient que leur finalité initiale était l’aide à la marche rapide de nature sportive (plus de 6 km/h).


          • Surya Surya 24 novembre 2014 11:47

            Sans oublier un égoïsme incroyable. Les secouristes risquent leurs vie eux aussi lorsqu’ils viennent chercher une personne ou un groupe de personnes qui n’ont délibéremment pas tenu compte des recommandations ou de la météo. Mais ils s’en fichent complètement, et comme dirait le commissaire Legoff, joué par le regretté Lino Ventura, dans Le Clan des Siciliens : « vous me direz, on est payé pour ça et c’est le moindre de vos soucis »...

            Merci Fergus pour cette piqûre de rappel.

          • Fergus Fergus 24 novembre 2014 11:54

            Bonjour, Surya.

            Trop de personnes s’en remettent en effet sans vergogne aux autres pour les tirer du mauvais pas dans lequel ils se sont mis tous seuls. Je persiste à penser que, face à la montée de cette forme d’incivisme (qui dans certains cas met en péril les secouristes eux-mêmes, comme vous le soulignez), il faudrait sans doute créer des barèmes de pénalités, au moins dans les cas de violation délibérée des consignes de sécurité.


          • Gasty Gasty 24 novembre 2014 10:57

            Bonjour Fergus,

            L’outil indispensable du randonneur, c’est la boussole ( et une carte bien sûr). Mais la boussole qui n’a besoin de rien, j’ai du mal à comprendre pourquoi il est vendu des boussoles qui fonctionnent avec des piles. Que ce type de boussole soit associé avec des systèmes électroniques comme l’altimètre, ce peut être un plus appréciable...mais une boussole seule qui marche à pile. ??!!?

            Pour les connaisseurs du briançonnais, le dénivelé vers l’infernet est de 964m depuis la communication « Y ». Et c’est inscrit sur l’extrémité d’un des bâtiments, je vous laisse le soin d’aller le découvrir. Le randouillet est actuellement en cours de restauration, il est classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Par contre l’infernet ne l’ai pas, il est trop abîmé par les conditions climatiques et un sol trop instable.

            Par trois fois j’y suis allé, seul et pour le faire découvrir, et par trois fois j’en ai bien ch... !


            • Fergus Fergus 24 novembre 2014 11:48

              Bonjour, Gasty.

              Effectivement, la boussole à piles est un non-sens, d’autant plus que la bonne vieille boussole à aiguille magnétisée fonctionne parfaitement. Cela dit, si cet accessoire est indispensable lors de treks en régions sauvages et mal connues, on n’a que très rarement besoin d’une boussole dans nos contrées, sauf peut-être dans des forêts de plaine sans repères visuels ou indications de noms d’allées, ou en montagne dans le brouillard.

              Pour ce qui est des forts du Briançonnais, ravi d’apprendre que le Randouillet est en cours de restauration. Pour ce qui est de l’Infernet, cela grimpe effectivement très dur depuis le Pont d’Asfeld à Briançon, mais il est possible de l’atteindre en produisant beaucoup moins d’efforts en venant de Montgenèvre, mais cela occasionne pour gagner Briançon une descente très « casse pattes », ou très longue si l’on choisit les lacets des larges chemins forestiers. Reste qu’on peut également retourner de l’Infernet vers Montgenèvre en variant l’itinéraire aller, le cas échéant en passant par un autre fort très spectaculaire : le Janus ! Quant au panorama de l’Infernet, il est tout simplement fabuleux car à 360°, avec notamment des vues superbes sur le Pelvoux et la Barre des Ecrins. Dommage que l’Infernet soit en mauvais état, mais tel qu’il est, il montre bien malgré tout les conditions dans lesquels vivait la garnison qui y était en poste.


            • Alice Rupert 24 novembre 2014 19:18

              @Gasty

              « j’ai du mal à comprendre pourquoi il est vendu des boussoles qui fonctionnent avec des piles. »

              C’est pour vendre des piles après, comme beaucoup d’appareils qui marchent très bien sans piles (balance, pèse-personne, télémètre, jumelles...).


            • Gasty Gasty 25 novembre 2014 06:31

              @ Rupert

              Ma foi ! c’est vrai, j’aurais dû dire « pourquoi il est acheté des boussoles qui fonctionnent avec des piles ». smiley


            • Ruut Ruut 25 novembre 2014 07:59

              Peut être parce que les sans piles deviennent rares dans nos commerces.


            • ahtupic ahtupic 24 novembre 2014 11:55

              Dur dur de trouver un sujet où on pourrait trouver un responsable qui serait Flamby. Si c’est Sarko, d’accord mais pas Flamby. Si on va vers l’Est, c’est l’Ukraine et Flamby est pour les nazis. Au Moyen-Orient, sous prétexte de guerroyer contre les djihadistes, Flamby bombarde la Syrie. Pour que ca ne soit pas trop voyant, on va envoyer des mirages en Irak aussi. Je pourrais faire un article sur le dictateur Poutine mais je me dévoilerais un peu trop. Tiens, et si j’écrivais un article sur les prothèses en silicone ? C’est pas de la faute au Mou si elles sont pas bonnes. Oui, c’est pas mauvais, ca mange pas de pain. Merde, Gruni qui est un peu à cours sur le Nain et sur le FN, eh ben, il me l’a piqué, ce sujet. Tiens, parler des randonneurs sur le Web, devant leur écran. Avec Google Earth, on ne risque pas grand chose, à part un p’tit virus. Finalement, une bonne idée : faisons un article sur les randonneurs. smiley


              • Fergus Fergus 24 novembre 2014 12:14

                Bonjour, Ahtupic.

                Un tantinet caricatural, ce commentaire qui ramène le projecteur sur Hollande, non ? Cet homme a décidément le pouvoir de concentrer votre animosité en toutes circonstances : une véritable obsession !

                Et pour ce qui est des articles que j’écris, sachez que plus des 3/4 ne concernent pas la politique, ni de près ni de loin ! En fait, c’est comme dans ma vie : mes pôles d’intérêt sont suffisamment nombreux pour que la politique ne soit pas au centre de mes préoccupations.


              • Gavroche Gavroche 24 novembre 2014 16:36

                Et oui sur Agoravox aussi il y a des « marronniers » ; -)

                Ah Sandro Ferretti tu nous manque ! smiley


              • Gavroche Gavroche 24 novembre 2014 16:43

                Tu nous manques !


              • Fergus Fergus 24 novembre 2014 16:53

                Bonjour, Gavroche.

                Un marronnier, c’est un sujet qui est abordé quand l’actualité est vide. J’ai écrit cet article en réaction à un fait divers qui m’a remis en mémoire des faits qui m’ont semblé mériter d’être évoqués.

                Cela dit, j’apprécie moi aussi beaucoup les textes de Sandro.


              • ahtupic ahtupic 24 novembre 2014 18:54

                Mais ne vous justifier pas Fergus. Il est vrai qu’il ne se passe absolument rien en France. Quelques petits accrochages en extérieur comme en Irak, en Ukraine, en Syrie. Mais on n’y est pour rien, c’est O’Bwana qui veut ça. Y’a bien Poutine qui empeche nos produits d’entrer en Russie. Quel vilain ! J’irai bien le bombarder si Obama demande. Non, tout ça, c’est pas grave.


              • Fergus Fergus 24 novembre 2014 19:06

                @ Ahtupic.

                J’imagine, à vous lire, que si un membre de votre famille est gravement malade, ou votre voisin en chômage de longue durée, votre compassion vous pousse à ne plus jamais évoquer le moindre sujet un peu léger avec vos amis et collègues. Votre existence doit être bien austère !

                Bonne soirée.


              • ahtupic ahtupic 24 novembre 2014 20:42

                Effectivement, le gros Hollande, ca n’est pas un sujet léger. smiley


              • Radix Radix 24 novembre 2014 11:58

                Bonjour Fergus

                Il y a quand même une différence entre les accidents de plaisanciers et les accidents de randonneurs en montagne, ces derniers sont beaucoup plus nombreux car les pratiquants inexpérimentés n’ont pas conscience de changer de milieux.

                En mer c’est ce qui retient la majorité des imprudents potentiels, le changement de milieux est évident, d’ailleurs, actuellement, la majorité des accidents arrivent dans une bande côtière de 1 à deux milles et sont surtout le fait d’engins de plage (assimilé à tort à de la navigation de plaisance), les planches à voile tenant le haut du pavé.

                Il m’est arrivé de récupérer un planchiste à dix milles de la côte, complètement transi : il avait passé la nuit sur sa planche en maillot de bain !

                Ceci dit il y a aussi de sombre crétins en mer comme ce monsieur, croisé sur un ponton, qui me demandait comment amarrer le voilier qu’il venait de louer. Je l’ai questionné sur son expérience sur ce type de bateau : aucune ! Je lui ai conseillé de faire des ronds dans la baie au moteur et de s’inscrire dans une école de voile pour au moins acquérir les bases.

                Radix


                • Fergus Fergus 24 novembre 2014 13:07

                  Bonjour, Radix.

                  Le point commun entre la randonnée et les activités maritimes, c’est l’imprudence. Et s’il est vrai qu’il y a moins d’accidents de plaisance, c’est parce que les gens sont passés par une formation minimale, ce qui n’est pas le cas de la randonnée, chacun pouvant partir à sa guise affronter les sentiers de haute montagne sans même connaître le milieu.

                  A noter toutefois en mer, comme vous l’avez souligné, les accidents de planche à voile (le plus souvent liés à la houle et à la fatigue physique), mais aussi ceux qui sont provoqués par les scooters ou affectent les baigneurs, notamment dans les zones rocheuses ou sur les plages à baïnes.

                  Dans de nombreux cas, parler de « sombres crétins » me semble malheureusement justifié.

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