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Accueil du site > Actualités > Société > Le culte du travail

Le culte du travail

        Depuis la fin des Trente Glorieuses, un chômage structurel s'est implanté dans les pays développés. A l'heure où j'écris ces lignes, le taux de chômage avoisine les 10% en France, et est en constante progression ; d'ailleurs, la méthode de calcul étant biaisée, ce chiffre est en réalité plus élevé. Depuis des décennies, des gouvernements se succèdent, de droite comme de gauche, sans jamais parvenir à enrayer cette irrésistible ascension de ce qui est présenté comme le mal principal de nos sociétés. Les hommes politiques expliquent qu'il faut créer de l'emploi, et ce en favorisant l'innovation, la création d'entreprises, et l'embauche. Mais ne serait-il pas judicieux, après 40 ans d'échec, d'envisager la problématique sous un angle nouveau ? Ne faut-il pas ré-envisager les fondements mêmes de ce qu'on appelle "travail" ?

        La première chose à prendre en considération est la suivante : de toutes les années de la longue chronologie de l'histoire de l'humanité, les cent dernières sont celles où on travaille le plus. Des scientifiques ont pu démontrer que pendant la préhistoire, trois ou quatre heures "d'efforts physiques" par jour suffisaient à un individu et au groupe pour subsister (cueillette, chasse, confection d'outils, etc.). Pendant l'Antiquité, le travail était méprisé. Dans la cité de Sparte, par exemple, les citoyens ne travaillaient tout simplement pas. Les travaux agricoles étaient assurés par les hilotes, des sortes d'esclaves appartenant à la cité ; les citoyens, eux, consacraient leur vie à la guerre et à la politique. La sacralisation du travail a en réalité commencé au Moyen-Âge, avec l'idéologie chrétienne. Mais, pendant cette période très marquée par la religion, près de la moitié des jours de l'année étaient chômés ou partiellement chômés. A l'époque moderne, et avec la découverte de l'Amérique, les métaux précieux affluent en grandes quantités vers l'Espagne et le Portugal. Certains se sont alors largement enrichis, et le travail retrouva sa connotation négative dans la société : être obligé de travailler pour vivre signifiait avoir raté sa vie. Le grand changement de paradigme, paradigme qui est le même aujourd'hui, quoique ayant quelque peu muté, se situe au XVIIIe siècle, et surtout au XIXe, au moment de la révolution industrielle. La noblesse, toujours présente, a perdu ses privilèges de naissance, tandis que la bourgeoisie se hisse au sommet de la société. L'argent est devenu l'indicateur de la réussite sociale : plus on est riche, plus on a réussi. Le profit est devenu l'unique objectif des bourgeois ; l'essence même de leur condition veut qu'ils essaient d'être toujours plus fortunés. Et pour être plus fortuné, il faut vendre plus, et donc produire plus. Et pour produire plus, les bourgeois comptaient sur le labeur des ouvriers. Nous connaissons tous les conditions de travail au XIXe siècle : des journées de 12 heures, des enfants à l'usine ou dans les mines, pas de congé, pas de jour non-travaillé, et des salaires dérisoires. Pour parvenir à faire accepter cette pseudo-nécessité, le fait de devoir passer sa vie à travailler dans des conditions déplorables, les élites ont créé le culte du travail. Le travail est devenu libérateur, le moyen pour l'homme de s'accomplir, et d'un jour, s'il bosse assez dur, accéder à l'étroite caste de la bourgeoisie capitaliste (vous noterez au passage que les bourgeois, ce sont ceux qui vivent dans l'opulence sans avoir besoin de travailler). Ce culte, on le retrouvait tout particulièrement chez les nazis : à l'entrée des camps de concentration était inscrite la formule "Le travail rend libre".

           En réaction à ce nouveau paradigme, des voix dissonantes se sont fait entendre : Marx, Proudhon, et d'autres, proposèrent une critique de la société capitaliste, des critiques cristallisées dans des syndicats et dans des partis politiques. Les capitalistes ont évidemment tout fait pour étouffer ces alternatives, si bien qu'aucune d'entre elle n'a pu être menée à bien. En France, la Commune de Paris fut proche du succès, mais finalement violemment réprimée pendant la semaine sanglante, qui fit des milliers de morts. Malgré ces échecs systématiques dans les tentatives de changement de modèle économique et social, il y eut des conquêtes : la journée de huit heures, la semaine de six jours, l'interdiction du travail des enfants, ou encore les congés payés. La journée de huit heures, par exemple, était une revendication ancienne des travailleurs ("Huit heures de travail, huit heures de sommeil, huit heures de loisirs"), mais celle-ci fut longtemps considérée comme utopique par les bourgeois qui expliquaient qu'une baisse du temps de travail provoquerait l'effondrement de la production. Finalement, cette journée de huit heures fut bien mise en place en 1919, et ne posa pas de problème. La raison en est simple : plus les technologies sont performantes, moins le travail humain devient nécessaire. C'est exactement le même problème aujourd'hui.

        Toute la problématique du chômage structurel tient dans son nom : il est structurel, c'est à dire normal, logique. Il faut retourner la question : le problème n'est pas qu'il y a trop de chômeurs, mais bien qu'il n'y a pas assez d'emplois. C'est un fait : il n'y a pas assez d'emplois pour toute la population française (et c'est la même chose dans les autres pays). D'où vient cette pénurie de travail ? De la révolution industrielle, qui est d'abord une révolution technologique. Et nous sommes toujours dans cette phase de progrès techniques. Les capitalistes, dans leur souci de maximisation des profits, ont mis en place des machines, des robots, des outils plus performants que l'Homme pour diverses tâches. Par exemple, aujourd'hui, il existe des caisses automatiques dans les supermarchés, qui nécessitent un agent pour quatre caisses, alors qu'avant il fallait un caissier par caisse : le travail diminue, les machines nous remplacent pour des tâches de plus en plus nombreuses, et ce phénomène est exponentiel. La baisse constante et profonde des emplois en France depuis presque un demi-siècle devrait pourtant nous ouvrir les yeux : le travail se meurt, et le chômage n'est pas une anomalie, mais un symptôme de l'évolution naturelle apportée par la technologie. Nous sommes à l'aube de l'obsolescence du travail humain. Si le chômage augmente, c'est parce que les robots, l'informatique, etc., sont de plus en plus performants, et dépassent parfois les compétences humaines. Le patron qui constate qu'une machine produit à elle seule autant que 50 ouvriers n'hésitera pas une seconde : il installera cette machine et se débarrassera de ses ouvriers. Ce phénomène existe depuis le XIXe siècle : il était fréquent de voir les ouvriers détruire les machines qui les remplaçaient (luddisme), accusant la technologie de leur voler leur travail. Aujourd'hui, c'est toujours la même chose. 

           Le chômage a augmenté en même temps que la technologie s'est modernisée, mais cette réalité est masquée par ce qu'on peut appeler les "jobs à la con" : des jobs sans aucun intérêt qui n'ont pour finalité que de maintenir l'illusion d'une activité intense dans la société (http://www.liberation.fr/societe/2013/08/28/y-a-t-il-un-phenomene-des-jo...(link is external)). Déjà au XIXe siècle, face à la montée du chômage, le gouvernement avait créé les ateliers nationaux : en échange d'un salaire dérisoire, les ouvriers au chômage effectuaient des travaux inutiles. Ces ateliers existaient dans le seul but de maintenir les chômeurs actifs. C'est un peu ce qu'on fait aujourd'hui, dans le but de maintenir un chômage fort, mais stable. Car en réalité, le chômage est quelque chose de voulu, il est nécessaire au capitalisme. Le culte de la valeur travail (qui ne date, comme je le disais, que du XIXe siècle), fait qu'un chômeur est dans une situation anormale qu'il a vocation à résoudre par la recherche active d'un emploi. Les chômeurs sont culpabilisés pour deux raisons : d'un côté pour que les travailleurs chérissent leur emploi, et travaillent le mieux possible pour le conserver, de l'autre pour que les chômeurs, ayant besoin de travailler pour survivre, soient immédiatement disponibles quand le capital décide de les employer (et ce même si c'est pour un travail dur, précaire, et mal payé). Voilà l'utilité du chômage, voilà pourquoi on ne veut pas le résoudre : les politiques ne font rien pour le chômage, présentent seulement quelques fausses mesures qui ne l'influencent pas, mais qui donnent l'impression que le gouvernement le combat activement. Tout se joue sur de microscopiques variations : si le chômage baisse de 0,1%, le gouvernement sera triomphant ; s'il augmente de 0,1%, c'est un échec. Pourtant, regardons la réalité en face : le gouvernement n'y est pour rien, ce sont juste d'infimes variations du marché du travail tout à fait normales.

        La seule solution juste est le partage du travail restant. Au lieu de maintenir une frange de la population dans l'exclusion sociale, jalousant le labeur des autres, le tout pour la pérennité d'un système qui n'arrange qu'une poignée d'inactifs, des vrais, c'est à dire les possédants, il est urgent de rééquilibrer la balance pour assainir la société toute entière. Il faut tendre vers l'abolition du travail, évidement de manière progressive. Cette question de la diminution du temps de travail est presque absente des débats, même chez les partis les plus à gauche. Le plus souvent, on revendique une hausse de salaire, sans jamais évoquer la question centrale du temps. Pourtant, réduire le travail de quelques heures par semaines, à salaire égal, de manière à assurer un plein emploi, permettrait de sortir les chômeurs de l'exclusion, de rendre le travail plus humain, et de donner du temps aux gens pour s'occuper de leur vie, parce que le travail n'est pas la vie. Le travail permet de gagner sa vie, certes, mais ne doit pas en être la composante principale. Ce temps libéré favoriserait le milieu associatif, l'implication citoyenne dans les affaires publiques, et tout simplement, cela permettrait de prendre du temps pour soi, pour ce qu'on aime et pour ceux qu'on aime. Baisser, puis à long terme supprimer le travail favoriserait la démocratie, la vraie. Les élites disposent de diverses stratégies afin de détourner les peuples des affaires politiques, notamment par l’utilisation d’un jargon très technique. Mais la plus efficace de ces stratégies est sans doute le travail. Sept ou huit heures par jour, cinq jours sur sept, quarante-sept semaines par ans et ce pendant plus de quarante ans, l’individu sera en train de travailler. Il effectuera le plus souvent des tâches pénibles, répétitives, inintéressantes, qui lui demanderont néanmoins toute son attention. Dans ses rares moments de temps-libre, le travailleur veut profiter au maximum de sa prétendue liberté, et ne va donc que rarement s’intéresser au sujet, présenté comme rasoir, qu’est la politique – ou en tout cas, il l’abordera rarement en profondeur. Vous noterez que j’ai parlé de « temps-libre », mot utilisé pour désigner le temps entre deux journées de travail. Cela signifie que dans la vie, l’anomalie n’est pas le travail, mais bien la maigre liberté dont on peut occasionnellement jouir entre deux journées à l'usine ou ailleurs. Le vocabulaire de la société capitaliste est finalement très proche de celui de l’univers carcéral, et la raison en est très simple : le travail s'apparente à une prison, la seule différence étant qu'on a, en théorie, le droit de choisir son geôlier.

        L’abaissement du temps de travail n’est donc pas seulement une proposition économique : elle est éminemment sociale et politique, elle est un vœu de démocratie réelle. C’est un choix de civilisation qui conditionnera l’évolution de l’humanité toute entière, et qui est à mettre en relation avec une question bien plus large, qui est au fondement même du problème : ce millénaire sera-t-il celui de l’humain, ou de l'argent ?

Wilouf

 

Pour creuser un peu plus sur le sujet, je vous conseille les débats et conférences de Paul Ariès, facilement trouvables sur Internet. Vous pouvez aussi jeter un œil sur les deux vidéos de Mr Mondialisation, "Le travail, pourquoi ?", ainsi que sur le film "De la servitude moderne" (tout est sur Youtube).


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23 réactions à cet article    


  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 14 juin 2014 11:37

    Désolé, je n’ai aucun avis sur ce sujet que j’ignore totalement. Pourtant, ceux qui ne travaillent que sur commande sont ils pour le plein emploi, et aujourd’hui les politiques en sont au profit des lobbyistes...


    • claude-michel claude-michel 14 juin 2014 12:52

      (le taux de chômage avoisine les 10% en France).. ?
      heu ce chiffre est dépassé depuis longtemps avec 9 millions de chômeurs (toutes catégories confondues)...vous ne croyez pas.. ?


      • titi 14 juin 2014 15:06

        Tout les poncifs du genres sont présents dans l’article. Belle performance.

        « C’est un fait : il n’y a pas assez d’emplois pour toute la population française (et c’est la même chose dans les autres pays). D’où vient cette pénurie de travail ? De la révolution industrielle, qui est d’abord une révolution technologique. »
        Et non il n’y a pas de pénurie de travail. Le chômage est structurel parce que la population active croit plus vite que le nombre de poste offert.
        Un million d’emploi créés depuis 2000. Mais 2 millions d’augmentation de la population active. Le solde vient nécessairement grossir le bataillons des chômeurs.


        « Et nous sommes toujours dans cette phase de progrès techniques. Les capitalistes, dans leur souci de maximisation des profits, ont mis en place des machines, des robots, des outils plus performants que l’Homme pour diverses tâches. »
        C’est trop facile de mettre cela sur le dos du capitalisme.
        Il y a 40ans, il y a avait des jobs dans le BTP du genre « manœuvre ». En gros cela consistait à faire le Sherpa en portant sacs de ciment, outillage, etc... pour assister les maçons qualifiés. Qui aujourd’hui accepterait ce type de job ?

         
        « Par exemple, aujourd’hui, il existe des caisses automatiques dans les supermarchés, qui nécessitent un agent pour quatre caisses, alors qu’avant il fallait un caissier par caisse : le travail diminue »
        Et rendez vous compte ma bonne dame, il n’y a même plus de rémouleurs ! plus de cochers !! et des vanniers de moins en moins.
        Le travail diminue !!!


        • Maluco 14 juin 2014 15:36

          Moi ! étant au chômage depuis 3 ans, à 55 ans oui, même manœuvre, sans hésitation !


        • titi 14 juin 2014 20:10

          Un sac de ciment c’est 30kg ... vous pensez pouvoir tenir combien de temps ?


        • trevize trevize 14 juin 2014 21:11

          Les manoeuvres seront au chômage bientôt !

          http://citizenpost.fr/2014/05/construisez-maison-12000-e-grace-limpression-3d/#.U5ydCY89Dx8

          http://www.sciencesetavenir.fr/high-tech/20140121.OBS3149/l-impression-3d-s-attaque-aux-batiments.html

          Voilà tout ce qu’il nous restera à faire bientôt, quand les populos seront tous réveillés :

          -Recherche
          -soigner la planète
          -Bricolage, jardinage
          -art
          -lien social (éducation, soutien psychologique...)
          -surveiller le troupeau, veiller au grain (surveiller les machines qui bosseront pour nous)

          ça fait tellement longtemps qu’on en ch... que c’est un peu difficile de voir le monde autrement qu’un enfer de tortures et de violences...


        • foufouille foufouille 15 juin 2014 12:19

          « Un sac de ciment c’est 30kg ... vous pensez pouvoir tenir combien de temps ? »

          @titi
          on sent la feignasse.
          de nos jours, c’est 25 kg, avant c’était 50. 40 le sac de plâtre
          quand tu auras l’habitude, tu pourra le faire 20 ou 30 ans.
          après, tu auras le dos foutu dans la majorité des cas
           smiley


        • Maluco 16 juin 2014 04:23

          Je sais très bien combien fait un sac de ciment. Et avec 450 euros par mois à mon âge combien de temps vais-je tenir ?


        • titi 14 juin 2014 15:10

          J’ajoute :
          « La seule solution juste est le partage du travail restant »

          Le travail ne se partage pas.
          Si on gère une armée de manœuvre, alors, oui, il se partage.
          Dès qu’une once de qualification est demandée alors il ne se partage plus.


          • Claudec Claudec 14 juin 2014 18:14

            Pour compléter cette histoire du travail, aussi partiale que succincte, il serait intéressant de savoir quel était le temps de travail des ilotes lorsque les citoyens de Sparte ne travaillaient pas.


            Pour ce qui est de notre époque, voir tout de même la situation de l’emploi au Royaume Uni. En comparant à ce qu’elle est en France et en analysant les raisons de la différence, l’auteur aura quelques chances de voir où est l’erreur dans son raisonnement.

            Le travail crée et a toujours créé le travail, et celui-ci étant le seul viatique dont disposent ceux qui naissent pauvres, il est valeur d’échange dans une société industrialisée et sur un marché de l’emploi où chacun souhaite concéder le moins possible de ce dont il dispose, contre le maximum de ce qu’il convoite.

            Les problèmes que nous connaissons, et qui n’en sont qu’à leurs débuts, sont d’ordre mondial et avant tout démographique. 250 000 êtres humains supplémentaires déferlent chaque jour sur terre, dont les 3/4 iront grossir les rangs de travailleurs potentiels affamés, dont des consommateurs solvables mais gavés n’ont nul besoin.


            • soi même 14 juin 2014 19:46

              Il y a une donnée qui n’a jamais été prit en compte qui est la principale source du chômage.
               C’est l’introduction de la machisme outil dans la production de bien manufacturer.
              Cela c’est aggrave par la robotisation.
              Comme cela n’est jamais prit en compte, comme valeur productive et raréfaction du travail, et que c’est le choix de la bonification des actionnaires qui à été choisie !
              Il est évident que c’est la thésaurisation du capital qui est à la source de tous nos désagrément et maux de notre société.

              Car au vue des avancer technologie de notre société, le temps de travail devait être plus cours et en contre partie l’argent généré par l’autonomisation du travail devrait circuler dans le social !
              Et comme cela n’a jamais été pensé, il est logique de voir, d’un coté, un élitisme dans les compétences demander, de ceux qui ont un travail de faire des heures supplémentaires et part ailleurs se développer un égoïsme financier de pas aider ceux qui se trouve sur le carreaux du marché du travail !

              Tant que l’on a encore un reste de l’État providence, il y a encore une aide compensatoire qui est fournie, mais au vue de la métamorphose de notre société, il est a fort à parier d’ici quel année les pays européens ressembleront à l’Inde des castres , si nous avons pas le courage de nous prendre en mains sociétalement !

               


              • titi 14 juin 2014 20:18

                Toujours pas d’accord. Il n’ y a jamais eu autant d’emplois occupés en France.

                Le fait est que les emplois changent : presque plus de maréchal Ferrand, plus de cocher, mais des mécaniciens auto, des taxis.

                Il n’ y a plus de production de masse en France, mais des vendeurs, des installateurs, des techniciens SAV, du marketing.

                La valeur ajoutée s’est déplacée. Mais elle est toujours là.
                La structure des couts a changé. Mais les couts sont toujours là.


                 


              • soi même 14 juin 2014 20:32

                Regarder la courbe de productiviste sur un siècle, est un bon indicateur de l’impacte de la production par l’interlinéaire de la machine outil !
                Logiquement le temps de travail aurait due baissé , si l’on permet compte de l’impact de l’autonomisation du travail par les machines.


              • titi 14 juin 2014 22:28

                Le productivisme n’est pas la valeur ajoutée.

                Fabriquer une paire de chaussure tout le monde sait faire et ca se fait en 10 mn.
                Si vous ne lui collez aucun logo, elle vaut 5 euros.
                Si vous lui collez un logo Nike, elle vaut 100 euros.

                La valeur ajoutée elle est là. Et donc l’emploi il est là : pas dans la fabrication de la chaussure, mais dans ce qui fait qu’une paire de groles vaut 20 fois le prix d’une même par de groles : le design, le marketing, etc...

                Le productivisme a augmenté, mais en même temps le produit ne vaut plus rien.
                Faites la sommes de ce que valait à l’achat il y a 10 ans, un appareil photo numérique, un lecteur MP3, une console de jeux portable.
                Et maintenant combien avez vous payé votre téléphone portable ? Pourtant il regroupe toutes ces fonctions avec accessoirement la fonction téléphone.

                La valeur ajoutée n’est plus dans le produit. Et surtout pas dans sa fabrication.



              • soi même 15 juin 2014 14:37

                Il faut bien voir ce qui avoir, c’est la force, la puissance productive que les machines apportes, ont été un facteur multiplicateur de la production et des bénéfices au détriment des salariales qui ont été éjecter de la productions !

                 


              • titi 15 juin 2014 15:23

                Il n’y a pas de bénéfice à produire.

                C’est pas un hasard si aujourd’hui les fabricants de voitures gagnent plus d’argent sur le crédit qu’ils vendent avec la voiture que sur la voiture.

                Le produit ne vaut rien.


              • titi 15 juin 2014 15:25

                Et vous n’avez pas répondu à la question : combien avez vous acheté votre téléphone portable ?

                Pensez vous que cela n’a aucun impact sur les salaires et les emplois de ceux qui c’étaient spécialisés il y a 10 ans dans le téléphone numérique, le lecteur MP3, la console portable ?


              • eric 14 juin 2014 20:07

                Un point PISA
                « Non acquis » en histoire, en calcul, en économie...
                Dans la préhistoire, on bossait peut être 3 heures par jours, mais on commençait et on finissait tôt... ! « Travailleur » a 12 ans ( type d’age a l’initiation), on vivait jusqu’a 25 ans.. c’est a dire qu’en proportion de sa vie, on devait passer pas mal plus d’heures a travailler sur le total qu’aujourd’hui...
                La fascination dans ce genre de discours pour le monde greco romain est tout sauf un hasard...
                Chez les romains, une caste de « citoyens », dont la dernière se nommait d’ailleurs le prolétariat, qui était entretenu par l’État ; le droit au pain et aux intermittent du spectacle ( les jeux).
                Ces citoyens remplissaient du reste différents rôle auprès de cet état en une sorte de service public comme le rappelle l’article...Étant rappelle qu’a l’époque, le religieux en fait parti.
                Le « secteur productif » au sens le plus large, ce sont les esclaves et les affranchis, dont le travail finance le mode de vie des précédents.....
                De par le fait, ils on des idées assez précise sur le fait que leur boulot a eux pourrait être reparti autrement, leur laissant encore plus de loisirs....
                Quand a « travailler moins » pour les esclaves, il n’y a pas tellement besoin de texte genre 35 heure, parce que quand le fruit de ton travail t’es pique, en pratique, tu ne Bosse pas lourd. En tout cas le moins possible. Ou alors tu te barre en Belgique...., jusqu’à ce qu’on vienne t’y chercher...(voir Asterix)

                Et c’est la ou l’irresponsabilité de Hollande et des socialistes est la plus patente.

                L’équilibre du système Romain, c’est la guerre : elle fournit de l’or ( Thraces), de l’étain (bretons), des esclaves ( un peu partout).
                En réduisant le budget de la Défense, Hollande met potentiellement en péril une expérience socialiste qui tôt ou tard, aura besoin pour son financement de « ressources extérieures ». faute d’armée, ce sera la vente des bijoux de famille a des étrangers.
                On y est.
                Le principal problème, c’est que la vente aussi, c’est du boulot. Comme ils bossent peu, on vend lentement. Mais on vend surement....
                La solution passe par une augmentation des horaires de Travail de Montebourg, ou par le partage de sa tache. On devine que Ségolène serait toute prêtè a lui donner la main...

                Et nous ? Les Ilotes ? Ben il y a Massada, Alesia, Spartakus ouTeutobourg.....

                Il faudrait pouvoir les attirer en foret...


                • zygzornifle zygzornifle 15 juin 2014 09:29

                  Le travail rend malade c’est pourquoi il y a une médecine du travail disait à juste titre Coluche , d’ailleurs il n’y a pas une médecine du repos.......


                  • Yann Riché Yann Riché 15 juin 2014 11:19

                    Autant la mise en perspective de l’article est intéressante, autant l’introduction mérite d’être plus travaillée, justement. 

                    Il n’est pas possible de comparer la préhistoire, Rome et aujourd’hui. Le travail ne peut être envisagé sous le même angle selon les époques et selon le type de travail. 
                    Il me paraît par ailleurs prudent de laisser des côté le « Arbeit macht frei », tant il est empli de cruauté puisqu’il demandait aux juifs de travailler à la destruction des leurs
                    D’abord aujourd’hui il est peu probable que, vu le nombre d’habitant, nous puissions nous nourrir naturellement, ensuite l’esclavagisme est aboli, même si dans certains cas le doute est permis, enfin limiter la discussion au travail sans définir les « travails » et leurs sens limite de fait la discussion à quelques éléments et poncifs politiques dont il est nécessaire de sortir...

                    • lsga lsga 16 juin 2014 11:38

                      un excellent article.

                       
                      Ajoutez-y la baisse tendancielle du taux de profit, et vous comprendrez qu’il faut non seulement réduire le temps de travail, mais surtout abolir la propriété privée des moyens de production. 

                      • Wilouf 17 juin 2014 16:58

                        Pour ce qui est du taux de chômage, j’ai en effet fait une petite erreur de chiffre.


                        Pour les données historiques, le seul but était de montrer que l’homme se débrouille toujours pour ne pas travailler (travailler dans le sens de devoir exercer une activité rémunérée dont dépend la survie) : ceux qui dominent ne travaillent jamais (citoyens grecs ou autres, nobles au Moyen Âge ou après, et aujourd’hui les grandes fortunes mondiales. Ce qui tend à démontrer que quand on le peut, on évite de travailler. C’est tout.

                        « Le chômage est structurel parce que la population active croit plus vite que le nombre de poste offert. » > Oui, et donc justement, il n’y a pas assez d’emplois :) davantage de travailleurs, donc davantage de services et de biens à proposer aux gens, davantage de consommateurs, mais moins d’emplois. CQFD. Vous voyez le soucis ? Admettons qu’on est dans un village de 100 personnes qui représente la France. Il y a dans ce village une boulangerie avec une seule personne qui y travaille. Si la population passe à 400 personnes (donc X4) mais que le nombre de boulangers ne fait que doubler, ça montre bien qu’on a besoin de moins en moins d’emplois.

                        Toujours pour titi : les disparitions d’emplois dont je parle sont bien plus significatives qu’une simple mode, ou une simple technique. C’est global. Un expert comptable de 2014 met moins de temps qu’un expert comptable de 1914 pour une même tâche. Les gens sous-estiment les avancées technologiques, n’en voient que le côté « gadget », mais pas tout ce que ça implique. Par exemple, on peut évoquer l’impression 3D. Comment évoluera la société, dans 20 ou 30 ans, quand tout le monde pourra imprimer ses objets ou même sa nourriture ? Vous ne croyez pas pas que ça va porter un coup sérieux au petit commerce et à l’industrie ? Oui de nouveaux emplois seront créés pour la distribution des matières premières, mais ça sera toujours beaucoup moins qu’avant, puisque le processus productif sera individualisé. Il y aura juste des imprimantes à fabriquer et des matières à distribuer.. et d’ailleurs les imprimantes 3D pourront sûrement être fabriquées par des ... imprimantes 3D. Et tout ceci n’est qu’un exemple. L’intelligence artificielle, la robotique, sont en train de révolutionner le monde. 


                        Le taux d’emplois a baissé depuis des dizaines d’années, c’est un fait, c’est vérifiable. C’est à dire qu’il faut moins de travailleurs qu’avant pour faire vivre une population. Grâce aux technologies. Et ce n’est que le début. Essayez d’imaginer le monde dans 50 ans : quand toute l’industrie sera automatisée, ainsi qu’une partie des services, que le commerce aura changé de forme (notamment avec l’impression 3D), que des logiciels d’intelligence artificielle seront assez performants pour prendre des décisions importantes dans les entreprises ou ailleurs.. vous pensez vraiment qu’on devra continuer à bosser 35/39h par semaine ? 

                        Le poste créé pour concevoir un robot industriel ne compense pas les 50 emplois que le robot a détruit.

                        Claudec ; je ne suis pas d’accord. La gratuité existe, a existé, et a selon moi vocation à se développer. Je ne dis pas qu’elle doit devenir la règle, mais elle doit, je pense, prendre de l’importance. Après, ce que je propose, à terme, c’est un autre modèle de société, et c’est peut-être là l’erreur de mes contradicteurs : envisager l’abaissement du temps de travail dans le cadre exact de notre modèle actuel.

                        A propos de l’impossibilité du partage si cela concerne autre chose que des manœuvres. Les branches en pénuries de main d’oeuvre sont rares. Il y a 9 millions de chômeurs (chiffre de tête) à la recherche d’un emploi, contre 380.000 postes qui ne trouvent pas preneurs...Je ne pense pas que le chômage ne concerne que les emplois non-qualifiés (même s’ils sont sûrement majoritaires), c’est un peu simpliste comme vision. Baisser, doucement, par étapes, la durée du travail, c’est ré-équilibrer le tout. Mais je vous parle d’une évolution sur plusieurs décennies. Le travail manuel ayant vocation a disparaître, c’est déjà en cours, le système éducatif doit s’adapter en conséquence. La preuve en est l’évolution depuis 50 ans et plus ; le certificat d’étude était obtenu par une minorité ; aujourd’hui, la majorité des jeunes font des études supérieures. 

                        Mais je comprends votre (votre dans le sens « vous, mes contradicteurs ») point de vue, vous vous positionnez dans le très-court terme, c’est la mode en politique/économie/etc depuis pas mal de temps. Personnellement, je pense qu’il faut voir au-delà du quinquennat (façon de parler), et penser à la société sur le long terme, voire le très long terme. Les petites évolutions ne se remarquent pas vraiment, vous en êtes la preuve, mais pourtant, elles comptent, et conditionnent tout. 


                        • yodin yodin 15 juillet 2014 14:45

                          Bien que certaines nuances auraient pu être apportées (je doute fort que les esclaves de l’antiquité se satisfaisaient de leur sort), je partage en grande partie l’avis exprimé dans cet article. Le monde du travail (et le culte qui lui y est associé) est une mise en scène dont les origines remontent à si loin qu’une majorité ne penserait même pas à le remettre en cause : ce serait, pourtant, un véritable acte de créativité humaine, que d’ouvrir les yeux sur la place dévorante qu’il occupe dans nombre de vies. 

                          J’ai eu l’occasion, pendant dix-huit ans, de travailler pour trois grosses boîtes, et dans tous les cas elles se sont révélées sectaires : règles internes s’apparentant à celles d’une bible entrepreneuriale, code de conduite et, bien évidemment, notation annuelle. Que l’on ne se méprenne pas sur mon discours : un minimum de cohérence est nécessaire, mais quand telle ou telle boîte insiste autant sur les « Ses valeurs », c’est qu’elle a quelque chose à préserver à tout prix - et au détriment de l’humain s’il le faut. En l’occurrence, ce quelque chose a ici à voir avec la notion de compétitivité tous azimut, compétitivité qui permet de brandir le spectre du chômage si l’entreprise concernée ne se bat pas pour survivre. 

                          On aura beau me répondre que l’humanité toute entière est depuis les origines soumise à cette lutte, il n’en reste pas moins vrai que l’homo sapiens n’est pas uniquement un organisme biologique mais également une entité consciente, et cet aspect de lui-même réclame une attention que le monde du travail (exemple non-exhaustif) parvient, de par les affinités plus ou moins douteuses qu’il a avec la politique, à faire passer au second plan, alors que dans une société saine et équilibrée tout irait en faveur de ce développement de soi. Carl G. Jung nommait cela le processus d’individuation et, qu’on le veuille ou non, l’humanité a besoin de se détacher de certaines vieilles habitudes qui lui causent du tort : cela passera peut-être par une phase de vertige, mais c’est un risque à prendre si l’on veut respecter ce pour quoi l’humain est fait ; se développer et se déployer. 

                          Si l’on excepte les rares personnes qui ont la possibilité d’évoluer dans le contexte socio-professionnel qui leur convient, une grande majorité subit les incohérences de la schizophrénie normalisée - et même encouragée par une grande méconnaissance de soi - propre au monde du travail, dont l’injonction favorite est la suivante : « Nous avons besoin de toutes les personnalités, pourvu qu’elles soient conformes à nos attentes ». Cherchez l’erreur... 

                          L’un des problèmes majeurs de notre époque (et peut-être même de notre pays, incroyablement attaché à la complexité de son verbe et à sa façon de le penser), c’est qu’il existe des spécialistes pour tout mais qui, en fin de compte, ne résolvent rien : en une seule émission on peut avoir l’avis de trois économistes différents, mais pour quel résultat ? La société actuelle produit elle-même les objets humains destinés à sa vitrine, et légifère à qui mieux mieux dans le seul et unique but de s’auto-légitimer - en psychologie ça revient à se fabriquer des masques, avec les conséquences que l’on connaît. À l’heure actuelle, ce sont les outils humains (travail, technologie, arts, politique et j’en passe...) qui se sont d’une certaine façon emparés de leurs créateurs. L’erreur de ces derniers est d’ailleurs de croire qu’ils en ont toujours le contrôle - à ce sujet la récente catastrophe de Fukushima aurait du servir de rappel à l’ordre. 

                          Le travail (du matin au soir), valeur ô combien encensée par un judéo-christianisme dont on se vante d’avoir coupé la tête en même temps que celle du roi, est toujours, en 2014, une façon de mesurer le taux de réussite d’un humain. Assez flippant de considérer notre espèce sous un prisme aussi mécaniste... J’ai rencontré trop de personnes revendiquant leur avis et leurs principes sans l’avoir passé au tamis de la réalité pour croire, encore, que les conseilleurs (politiques, spécialistes et autres bonimenteurs) connaissent leur sujet. Pire encore, ils n’en ont rien à foutre : ce qui compte c’est d’être vu dans un monde où l’image (de soi avec le travail, de soi face au regard des autres) est la grande gagnante. 

                          J’aurai toujours en tête l’incroyable maxime de ce triste sire qu’est Nicolas Sarkozy : « Travailler plus pour gagner plus ». Travailler plus pour engraisser le veau d’or, travailler plus pour exister moins... Cette seule phrase, cette seule décision, a eu pour effet de me faire perdre le mien, d’emploi, mon ancien patron en ayant profité pour saturer mes semaines d’heures supplémentaires, au détriment de ma vie personnelle et de mes aspirations. Voilà ce que cette course au travail va réussir à générer... plus de tension, plus de difficultés, plus de concessions débridées. Avec le risque, in fine, d’emprisonner l’humain dans un schéma de fonctionnement standardisé et nivelé, où la loi du gagnant sera plus que jamais la seule valable... soit le total contraire de l’idéal Républicain, dont on peut légitimement se demander s’il n’est finalement pas une bonne intention de plus sur le chemin de l’enfer. 

                          J’ignore, Wilouf, si mon avis sonnera plus ou moins juste à tes oreilles, mais je te remercie pour ton article : il est une excellente rampe de lancement pour l’expression smiley 

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Wilouf


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