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Accueil du site > Actualités > Société > Le logiciel libre, un enjeu de société

Le logiciel libre, un enjeu de société

ACTA, Hadopi, Dadvsi, Loppsi, ... Internet et le logiciel libre sont souvent au centre de ses enjeux. Mais de quels enjeux s’agit-il, au fait ? Et de quelles « libertés » est-il question ici ? Quelques clés pour comprendre.
Je voudrais ici susciter chez vous l’interrogation « Pourquoi le logiciel libre ? ». Est-ce mieux, si oui pourquoi ? Est-ce parce que c’est à la mode ? Ou que des gens en qui vous avez confiance vous ont prescrit que c’était bien ? Pour moi, le logiciel libre est un enjeu de société et j’avoue avoir envie de vous entraîner dans ma démarche.

Il me semble très important que chacun développe une réflexion sur la place du numérique dans notre société. Souvent, je vois passer des messages tels que celui-ci : « Je trouve ce logiciel pratique, c’est tout. » Je ne sais pas pour vous mais, personnellement, ça m’effraie. Pour moi, notre rapport au logiciel ne doit pas être seulement une question de « praticité », mais avant tout de liberté.

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Timbre GNU
Le Gnou, symbole du projet GNU, le système d’exploitation libre de la FSF. Mention : « Free as in freedom ».

Mais de quelle liberté discutons-nous ici ? La liberté est un sujet majeur de société et ce au moins depuis le début de la civilisation occidentale. Je ne pense pas que c’est aux lecteurs assidus d’AgoraVox que je vais apprendre que nous ne sommes jamais totalement libres. Nous ne choisissons pas, par exemple, de recevoir telle ou telle éducation ; ou de naître dans un pays « démocratique », etc. En revanche, il semble extrêmement important que vos ordinateurs n’amputent pas votre liberté d’action. Car de plus en plus les ordinateurs sont partie intégrante de notre société ; de plus en plus c’est à travers de l’outil informatique que nous exerçons nos libertés dans la vie de tous les jours. En tant que citoyens, nous devrions être tout particulièrement sensibilisés à l’effet libérateur que peut avoir l’informatique ; et donc à l’importance d’en maîtriser l’usage. En effet, lorsque l’on peut communiquer d’un bout à l’autre de la planète en brûlant un minimum d’énergie, lorsque chacun peut disposer sur chaque machine de l’équivalent de la bibliothèque d’Alexandrie, l’informatique revêt un caractère libérateur. Nos ordinateurs sont en fait des assistants mécaniques à notre service et il est essentiel qu’ils le restent à l’avenir. Pourtant, nous sommes un peu à la croisée des chemins où l’informatique peut devenir extrêmement libératrice tout comme extrêmement liberticide, voire totalitaire. Nous avons des exemples de la vie quotidienne pour le prouver ; la politique actuelle d’Apple par exemple montre un florilège de restrictions, à un niveau de perfection rarement atteint. Mais quoi qu’il en soit, il faut garder à l’esprit que l’informatique sera ce que nous en ferons. Notre architecture informatique est à l’image des gens qui la conçoivent ; parallèlement, notre société de demain reposera intégralement sur cette architecture. Elle en sera le reflet de l’image.

Dans cette perspective, la liberté informatique est donc ni plus ni moins la liberté de contrôler le travail effectué par nos machines. En effet, le logiciel contrôle nos machines : liberté et logiciel sont alors indissociables. Et dans une société complètement assistée par des machines, qui elles mêmes sont contrôlées par le logiciel, la question de la liberté logicielle devient alors aussi importante que n’importe quelle question législative.

Cette conception a été très vite et très tôt formulée par le brillant professeur Lawrence Lessig dans Code is law (remarquez la date ... 10 ans déjà !) : « Ce n’est pas entre régulation et absence de régulation que nous avons à choisir. Le code régule. Il implémente — ou non — un certain nombre de valeurs. Il garantit certaines libertés ou les empêche. Il protège la vie privée ou promeut la surveillance. Des gens décident comment le code va se comporter. Des gens l’écrivent. La question n’est donc pas de savoir qui décidera de la manière dont le cyberespace est régulé : ce seront les codeurs. La seule question est de savoir si nous aurons collectivement un rôle dans leur choix — et donc dans la manière dont ces valeurs sont garanties — ou si nous laisserons aux codeurs le soin de choisir nos valeurs à notre place. » Car dès à présent, c’est le code qui contrôle explicitement votre possibilité d’avoir accès, de lire ou partager n’importe quelle information numérique : actualité, musique, œuvres artistiques, etc. Des exemples très détaillés sont donnés dans les brillants ouvrages de Lawrence Lessig (Code and others laws of cyberspace) et Richard Stallman (Free software, Free society, ou « free » revendique la liberté, pas le prix !) ; en particulier dans le texte intitulé le droit de lire (paru en 1997 !).

La première liberté pour un utilisateur de logiciel est la liberté d’exécution. Vous devez avoir le droit d’exécuter le logiciel comme vous le souhaitez, pour n’importe quel usage, à tout moment et sans condition. Ça semble bête dit comme ça, mais en fait, en dehors des logiciels libres, rares sont les logiciels qui respectent pour de vrai cette liberté. Mais comme la plupart des gens ne lisent pas les licences, elles-mêmes rédigées dans le vocabulaire de la scolastique moderne, ils ne sont pas au courant des restrictions abusives souvent imposées par les logiciels privateurs.

Ceci étant, avec ou sans cette liberté vous n’êtes pas libres de contrôler l’exécution du logiciel sur votre machine. D’une part, le logiciel peut vous montrer des choses et en réaliser d’autres (l’espionnage est monnaie courante) ; d’autre part, vous êtes nécessairement limité par les fonctionnalités que le programmeur a décidé pour vous : si par exemple votre navigateur Internet ne gère pas la correction orthographique et que vous en avez besoin, vous n’avez à ce stade aucune possibilité d’y changer quoi que ce soit... Sauf à convaincre son programmeur d’ajouter cette possibilité.

Cette liberté est donc nécessaire, mais évidemment pas suffisante : je ne sais pas si vous avez déjà essayé de contacter Microsoft pour leur demander d’améliorer IE, mais l’expérience montre que ça ne débouche pas toujours sur quelque chose qui vous convient. D’ailleurs, IE, comme la plupart des logiciels privateurs ne respecte même pas cette première liberté.

La deuxième liberté, conséquence logique, est donc la possibilité d’étudier ce que fait le logiciel et de modifier son fonctionnement. De cette façon, vous pouvez parfaitement corriger la situation dénoncée plus haut. Pour pouvoir exercer cette liberté, vous avez alors besoin de pouvoir accéder à la recette du logiciel : en effet, un logiciel est généralement présenté soit en langage de programmation (source), soit en langage machine (code). On passe généralement de l’un à l’autre par une opération de traduction irréversible, comme lorsqu’on passe au four une recette de gâteau : une fois cuit, il est impossible de le « décuire ». De la même façon, le code qu’on fournit à nos machines est globalement incompréhensible pour n’importe quel programmeur. Nous avons donc besoin du code source pour exercer cette liberté.

Une autre liberté qui est importante est la liberté de faire des copies et donc d’aider votre voisin. Ce droit d’échanger les logiciels est en effet essentiel pour la collaboration des utilisateurs. Supposons par exemple qu’un ami vous demande une copie de votre logiciel. Quelle serait votre réaction : rompre votre amitié en refusant la copie ou rompre avec un contrat de licence abusif ? Comme toutes les personnes qui ont du respect pour leurs amis, votre choix sera probablement de faire la copie, et de ce fait innocent, rompre toute licence qui vous l’interdira. Mais il n’est jamais bon de rompre une licence, même pour faire plaisir à vos amis : il vaut mieux refuser d’utiliser et de promouvoir les logiciels qui vous interdisent de faire des copies et de les partager. Il vaut mieux utiliser des logiciels libres qui, eux, encouragent la copie et l’entraide. La troisième liberté du logiciel libre est donc la liberté de redistribuer des copies (y compris de les vendre : le libre est indifférent à la copie « commerciale » ; voir plus bas).

Il subsiste dans tout ça un petit blocage. Je ne sais pas pour vous, mais moi je ne suis pas informaticien. Je ne suis généralement pas capable d’exercer ma seconde liberté et j’avoue que pour tous les jours, en dehors de la première et de la troisième liberté, je ne me sens pas plus impliqué que cela car, de toute façon, je ne sais pas modifier le logiciel. Mais de la même façon, je ne sais pas réparer ma plomberie : lorsque j’ai un problème de chaudière, je fais appel à un spécialiste.

C’est là que rentre en jeu la quatrième et dernière liberté : la liberté, pour chacun, de distribuer des versions modifiées du logiciel. Grâce à cette liberté, je peux faire appel à n’importe qui pour exercer les droits garanties par la deuxième liberté, à savoir étude et modification. Grâce à cette liberté, chaque programmeur peut mettre à disposition de tous des améliorations du code et participer à la création d’un « pot commun » de logiciels.

Et c’est très important que cette liberté existe, même si je ne l’utilise que rarement ; car en tant qu’utilisateur, de la même façon que je peux choisir le plombier que je souhaite pour venir réparer ma chaudière, je peux alors négocier qui et dans quelles conditions pourra résoudre mon problème. Ça peut être le fruit d’une action bénévole tout comme un contrat réalisé par une entreprise... peu importe. Ce qui importe, c’est ma liberté de choix et le fait que je ne sois pas obligé de demander à un unique acteur de bien vouloir étudier ou modifier le logiciel à ma place. Un très bon contre-exemple est donné par Apple avec son iPhone : si vous souhaitez qu’une application logicielle fonctionne sur l’iPhone, vous êtes obligés de passer par Apple. Parfois ils autorisent — même lorsqu’il s’agit de promouvoir les discours de Mussolini. Mais parfois ils ne vous y autorisent pas — même lorsque ça met en cause la liberté d’expression individuelle. Ils ont en fin de compte le contrôle total sur l’utilisation que vous faites de votre téléphone et ils l’exercent quotidiennement. Et cette caractéristique n’est pas propre à Apple : elle se retrouve chez tous les grands (et petits) noms de l’industrie des logiciels privateurs (Microsoft, Adobe, etc.).

Ces 4 libertés ont été décrites par Richard Stallman au sein de la Free Software Foundation (FSF) au cours des années 1980, comme principes fondateurs du logiciel libre. Là où je veux attirer votre attention est que ces propositions de liberté ne sont pas sorties du chapeau : elles ont leur raison d’être, pour répondre à des problèmes pratiques rencontrés tous les jours. Et si une seule de ces quatre libertés manque à la licence d’un logiciel, il n’est pas assimilable à un logiciel libre, et vous empêche d’exercer vos libertés.

Ces 4 libertés ne sont pas non plus des obligations. Elle sont seulement là pour tenter de préserver un équilibre entre les auteurs de logiciels et leurs utilisateurs. Un parallèle dans ce sens se trouve dans la vie politique : personne parmi vous n’aura peut-être envie de se présenter comme maire à l’élection de sa commune. Mais tout le monde devrait être convaincu qu’il est fondamental pour l’équilibre de la société que chacun dispose de ce droit. Et un maximum d’internautes doit en être conscient. Les « libertés numériques », à la défense et la promotion desquelles participent la neutralité du Net et le logiciel libre, doivent être prises au sérieux dans une société de plus en plus gouvernée par le numérique.

En guise d’invite à poursuivre :

PS : Un grand merci à Malicia pour ses conseils avisés et la relecture de ce texte.

Copyleft : cette oeuvre est libre, vous pouvez la copier, la diffuser et la modifier selon les termes de la Licence Art Libre artlibre.org


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65 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 29 juin 2010 11:56

    Non, mais .... 

    Celui qui veut encore dépenser 400€ (?) pour la suite Microsoft doit rester libre de le faire. Libre à lui de ne pas choisir OpenOffice, qui remplit, en mieux, les mêmes fonctions GRATUITEMENT ...

    Celui qui veut se trouver confronté à tous les virus et attaques diverses qui visent windows et IE, avec toutes leurs « back-doors », doit être libre de continuer, et de payer, cher, les suite anti-virus. Il est vrai que les systèmes libres, n’ont pas ces inconvénients, en plus d’être gratuits. Mais chacun doit être libre de choisir la confrontation et les soucis.

    Ceux qui voudront encore payer, fort cher, pour les logiciels de traitement de l’image, doivent également être libres de continuer, les autres, plus économes choisiront GIMP. Pour d’autres usages, ils trouveront Thunderbird, Burnaware, Firefox etc...etc..... Mais la même chose existe pour ceux qui préfèrent payer. C’est normal.
    C’est un libre choix.

    Non, mais ...


    • Unghmar Gunnarson Unghmar Gunnarson 29 juin 2010 14:49

      En effet, pourquoi choisir Ubuntu Studio qui comporte l’OS Ubuntu et 51 programmes gratuits pour faire de la 2D, de la musique et de la vidéo alors que l’on peut avoir séparément la suite complète Adobe ( 2D / video ) pour seulement 3099,00 euros HT, un logiciel 3D comme Maya pour 3900,00 euros HT et des suites professionnelles audio à des prix défiants toute concurrence ... Sans compter les mises à jour chaque année à un prix modique.

      ( je passe sur le prix de Microsoft Office, de Windows, etc ... )

      Oui, pourquoi ?


    • pingveno 29 juin 2010 16:52

      Sauf que... la réalité c’est que celui qui veut pirater la suite Microsoft à 400€ veut rester libre de le faire (et d’obliger les autres à le faire sous peine de couper le contact, c’est du vécu) avec la bienveillance de l’éditeur dominant, qui préfère ça que perdre des parts de marché vers la concurrence.


    • celuiquichaussedu48 celuiquichaussedu48 29 juin 2010 21:28

      Et encore, il y a des SDK (je ne me rappelle pas le nom, mais ils sortent toujours de très belle appli de benchmark) qui coutent des dizaines de milliers d’euros !!!

      Quand on voit une vidéo comme big buck bunny, faite uniquement avec des logiciels libres, on se dit que les autres s’en mettent plein les poches avec pas grand chose...


    • François Poulain François Poulain 30 juin 2010 10:16

      Bonjour Alpo47.

      Je suis parfaitement d’accord sur la nécessité du libre choix de chacun, mais j’invite a réfléchir aux problèmes posés par la perte des libertés que peut induire certaines utilisations de l’informatique.

      Concernant le libre choix, deux rapides remarques :

      • Tu remarqueras que des formats ouverts et interopérables seuls permettent l’établissement d’une concurrence saine qui permet le libre choix de chacun. Et pourtant, alors que les logiciel libres utilisent massivement des formats ouverts, la grande majorité des logiciels privateurs verrouillent leurs utilisateurs dans des formats qui les empêchent d’aller voir toute concurrence. Est-ce comme ça que les logiciels privateurs garantissent ta liberté de choix ?
      • As tu déjà essayé dans un magasin « grand public » (en dehors d’un assembleur) de payer pour autre chose que l’OS de Microsoft vendu de force avec les machines ? Par exemple, à l’époque de Vista, personne n’en voulait, et tout beaucoup de gens souhaitaient conserver Windows XP qu’il considéraient meilleur. Mais Windows Vista, puis Seven, ont été imposé de force par une vente liée, qui rappelons le est illégale. Et ça ne concerne d’ailleurs pas que le système d’exploitation, mais de nombreux logiciels pour lesquels tu paie à un moment ou un autre, sans savoir combien, et sans forcément que tu en ais l’utilité. Est-ce comme ça que les logiciels privateurs garantissent ta liberté de choix ?

      Les exemples sont nombreux à montrer que le logiciel libre respecte beaucoup plus ta liberté de choix que le logiciel privateur, en général.

    • Alpo47 Alpo47 4 juillet 2010 06:58

      @l’auteur,
      Je crois que vous êtes un des rare à ne pas avoir lu le second degré, sarcastique, de mon intervention. Bien entendu, que je défends le libre. Moi même je suis sur Mandriva, j’utilise Firefox, Open Office, Thunderbird, Gimp, Filezila, NVU ...


    • roquetbellesoreilles roquetbellesoreilles 29 juin 2010 12:06

      Le Logiciel Libre, un enjeu de société, certainement, car les emplois générés autour du logiciel Libre sont créés localement, ce qui n’est pas négligeable es ces temps de délocalisation massive.

      Mais au delà des emplois, le Logiciel Libre, tout comme l’Art Libre, c’est une autre vision des rapports humains.
      Dans cette « communauté » la passion a remplacé l’appât du gain, non pas que l’argent n’est pas important, mais ce n’est pas le but prioritaire.

      Le partage est prioritaire sur la possession, et ça change tout dans une société...


      • Kelson 29 juin 2010 14:03

        Tout à fait... C’est même d’ailleurs cela le plus important. Réduire le logiciel libre à son aspect économique est le plus beau cadeau que l’on puisse faire aux défenseurs du statu quo.


      • staybehind 29 juin 2010 12:21

        speechless !!
        je vous plussois tous... !!!!


        • celuiquichaussedu48 celuiquichaussedu48 29 juin 2010 14:31

          « Le Gnou, symbole du projet GNU, le système d’exploitation libre de la FSF. Mention : « Free as in freedom ». »


          Ce n’est pas Hurd le noyau GNU, avec les autres logiciels GNU autour ?

          Autrement, un gros plussoiement =)


          • François Poulain François Poulain 30 juin 2010 10:19

            Hurd est un vieux projet de noyau pour le système GNU, effectivement. Mais le système GNU est quelque chose de beaucoup plus volumineux qu’un simple noyau : il se compose aussi d’un grand nombre d’applications jusqu’au traitement de texte.


          • celuiquichaussedu48 celuiquichaussedu48 4 juillet 2010 11:42

            C’est ce que je disais, avec les logiciels autour du noyau (je ne tourne que sur GNU/Linux, mais aimerai m’essayer au BSD et peut être à HURD si j’ai le niveau pour aider)


          • Lucien Denfer Lucien Denfer 29 juin 2010 15:58

            Merci de ce rappel des quatre principes de base du logiciel libre sans lesquels Internet ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui.

            Une petite précision concernant la deuxième liberté qui ne concerne pas exclusivement les informaticiens. Posséder le code source d’une application permet de compiler cette dernière avec des paramètres spécifiques relatifs aux fonctionnalités que l’on souhaite intégrer dans un logiciel. Les logiciels fournis avec un système d’exploitation sont en effet compilés avec des paramètres standards qui ne satisfont pas tous les cas d’utilisation, notamment dans la prise en charge des formats de fichiers.

            En plus de la liberté d’exécution, de la possibilité de disposer des codes sources, de procéder à des copies numériques et de distribuer des versions modifiées, il existe un autre aspect inhérent à l’utilisation même de tout logiciel c’est la création et l’utilisation de formats de fichiers libres de droits. Pour assurer l’interopérabilité informatique, dont les enjeux sont cruciaux chacun saisira l’évidente nécessité de se défaire des pseudo-standards de fait que sont devenus les formats de fichiers propriétaires.

            Pour illustrer l’importance de cette notion on pourra toujours rappeller que la commission européenne trouvait en 2004 que Microsoft avait abusé de sa position dominante en restreignant délibérément l’interopérabilité entre les micro-ordinateurs Windows et les serveurs de groupe de travail non-Microsoft, ce qui lui a permit d’acquérir une position dominante sur le marché des systèmes d’exploitation de serveurs de groupe de travail.

            Pour vulgariser à outrance, quel intérêt d’acheter un appareil ou un logiciel si ce dernier n’offre pas la possibilité de l’utiliser avec d’autres produits existants ou à venir ? Celà revient à subordonner l’usage d’un produit à l’achat d’un autre produit, ce qui est interdit par l’article L122-1 du code de la consommation (vente liée).


            • Kalki Kalki 29 juin 2010 15:58

              Définir le logiciel libre comme alternative a la société est voué à l’échec : vous devez changer de message , avant l’effondrement de votre système qui ne tient pas la route seul.

              C’est du « monde du libre » qu’il faut parler, ou il y a des production matériel, et immatériel, libre,

              ou il y a de l’industrie libre.


              • Kalki Kalki 29 juin 2010 16:37

                Vous ne pouvez pas pensez phagociter le capitalisme, sans savoir ou vous allez : que vous l’aurait bouffer et après ?

                C’est plutot avant qu’il faut se dire créeons un système libre, sinon le logiciel libre, et les libristes coulent avec le titanic, car ils n’ont pas sur construire leur bateaux.

                La technologie, c’est la politique, l’économie, c’est de la politique.

                N’oubliez pas la politique ! le système, en théorie un informaticien a plus de chance d’appréhender les système n’est ce pas ... c’est déjà un point de départ ...

                C’est par là qu’il faut regarder : allez du courrage, messieurs les informaticiens, du courrage politique, des couilles : vous voulez qu’on arrette de vous exploiter ? Reveillez vous !


              • Kalki Kalki 29 juin 2010 16:43

                Vous êtes la main d’oeuvre avec de la valeur ajoutée, vous faites un travail très intellectuels qui demandait d’habitude plus de carrote pour faire avancer l’ane dans le système capitaliste, et on ne vous donne pas votre ration de carrote ?

                Vous êtes la main d’œuvre intellectuel du système : et vous ne le savez plus, vous être employé, ingénieur, technicien supérieur ou « cadre » : vous n’êtes plus ces « imbéciles d’ouvriers » qui se faisait maltraité , n’est ce pas ?

                Plus les choses changent plus elles restent les mêmes : bientot on aura plus besoin de vous , comme ce fut le cas pour les ouvrier, et bien d’autres secteurs ... faites ce que vous voulez, coulez avec le titanic

                Mais si vous êtes libristes ... faites PLUS que du « logiciel libre » pour survivre !


              • pingveno 29 juin 2010 16:56

                Encore un qui entretient (je doute que ça soit par ignorance ça ressemble plus à du fait exprès) l’idée que le contraire de « logiciel libre » est « logiciel commercial ».
                Le modèle du libre, c’est la commercialisation du travail plutôt que de son résultat. Tout comme il est normal qu’un artiste soit payé quand il donne des concerts plutôt que sous forme d’une rente liée à la vente de vieux albums (hélas ça existe mais ça tombe dans les poches des producteurs...)


              • slide 1er juillet 2010 11:06

                Le logiciel libre c’est précisément une réaction dans ce sens : avec la garantie du droit à modification, il n’est pas nécessaire de dépenser des fortunes pour obtenir le droit de faire notre taf, et de facto il devient possible de faire son propre business dedans.


              • Yvance77 29 juin 2010 17:21

                Salut,

                Excellent post tout simplement.

                Perso ce qui m’a toujours dérangé chez micro-chiotte outre les « crashs sytem » recurrents après deux années d’utilisation, c’est surtout le fait que l’on n’achète pas XP ou autre, mais que l’on acquiert seulement une licence d’utilisation.

                C’est pourquoi après win98 j’ai toujours piraté l’OS de Billou.

                Jusqu’à ce que je découvre la philosophie (car c’est de cela dont il s’agit avant tout) dont sont issus les Torvalds, Stallman et consorts.

                Stallman qui a refusé des millions et des millions de dollars pour ne suivre que son principe directeur - la liberté - ... ça c’est plus fort que tout.

                A peluche


                • Gemini Gemini 30 juin 2010 14:33

                  Exactement. Ce qui est réellement important dans le logiciel libre, ce n’est pas la gratuité qui est annexe, mais bien toute la philosophie qu’il y a derrière ce mouvement.

                  Attention cependant à ne pas confondre Stallman et Torvalds qui ont des philosophies sommes toutes très différentes.

                  Stallman est un des véritables initiateurs de la philosophie du logiciel libre, tandis que Torvalds se situerait plutôt des logiciels open source.

                  Et à mon sens, ce qui importe véritablement, c’est la composante libre ; la composante open source étant insuffisante.


                • le naif le naif 29 juin 2010 18:30

                  @ L’auteur

                  Merci pour cet article

                  Cependant logiciel libre ou non, tant que le pouvoir, les fournisseurs d’accès ou les hébergeurs pourront fermer ou gérer les « tuyaux » comme bon leur semble, cette liberté sera tout de même très relative.

                  Slts


                  • François Poulain François Poulain 30 juin 2010 10:23

                    Le problème de la liberté d’expression sur le réseau est effectivement un enjeu majeur, de premier ordre, y compris pour les auteurs de logiciels libres. Car on a déjà vu des lois passer en assemblée nationale, qui bafouaient le droit pour un auteur de divulguer la recette d’un logiciel (DADVSI, par exemple).

                    J’invite tout le monde à s’intéresser et à soutenir la Quadrature du net dans son combat. http://www.laquadrature.net/


                  • Christoff_M Christoff_M 29 juin 2010 20:48

                    Libres ou pas il y a toujours des interets économiques, des captations de marchés et de budgets pus...

                    Et les bureaux des grandes marques se ressemblent...

                    Rappelez vous du début d’Apple et ce qu’il est devenu...

                    Rappelez vous dans les années 80, il existait des radios libres en France, toutes englobées depuis ou disparues...
                    Difficile de résister aux offres des payants à l’image du PDG de Priceminister qui vient de céder son groupe à un groupe asiatique contre millions trébuchants... pour le sort des employés, on verra après et on entend peu Estrosi et la soeur du PDG, qui en tant que secrétaire d’état lui a surement assuré de bons contacts pour vendre sa société au meilleur moment !!


                    • Kelson 30 juin 2010 10:25

                      C’est une argumentation généraliste qui est valable pour toute entreprise privée qui possède la propriété exclusive de ce qu’elle vend ou des moyens de production. Dans le cas du logiciel libre, ce n’est pas le cas, donc cela ne peut se passer ainsi (à moins de bloquer le processus créatif en empêchant les développeurs de s’exprimer). D’ailleurs les logiciels libres existent depuis 25 ans et cela ne s’est pas passé (et pourtant il y a beaucoup d’argent en jeu).


                    • François Poulain François Poulain 30 juin 2010 10:29

                      > Libres ou pas il y a toujours des interets économiques, des captations de marchés et de budgets pus...

                      Et il y aura toujours des mécanismes pour lutter contre ces captations. Par exemple, la communauté du libre a su utiliser le droit d’auteur et les licences de façon à se prémunir (au moins partiellement) de dangers comme les brevets logiciels ou l’informatique déloyale. Donc il ne faut pas être nécessairement sceptique sur l’avenir. smiley

                      En revanche, la comparaison du logiciel libre au radios libres n’est pas amha pertinente.


                    • philoxera philoxera 29 juin 2010 21:27

                      Très bon article, c’est clair et accessible au grand public


                      • mokhtar h 29 juin 2010 21:45

                        @ à l’auteur
                        Excellent papier qui explique très bien l’enjeu. L’Internet n’a pas de grand avenir sans les logiciels libres ou acquis pour pas cher (comme les copies piratées de Microsoft, lequel ferme les yeux sur le piratage en se consolant sur d’autres produits).
                        Les logiciels libres favorisent la réduction de la fracture numérique entre pays du rtiers monde et pays développés et leur acquisition par simple téléchargement déjoue toutes les interventions d’autorités dictatoriales, de même qu’ils favorisent un langage mondial de plus en plus universel.
                        De par leur simple existence, ils relativisent la dictature des marques commerciales ainsi que de leur monopole et, partant, la domination impérialiste qui en découle.

                        Vous ne pouvez pas savoir les immenses services que çà rend, dans les pays du tiers monde, dans beaucoup d’entre eux, ou de gens vivent avec moins de 3 ou même 1 dollar (s) par jour et par personne. Faire payer un logiciel à 400 euros est une insulte à l’universalité. Une offense à la misère humaine.


                        • celuiquichaussedu48 celuiquichaussedu48 29 juin 2010 21:58

                          « Les logiciels libres favorisent la réduction de la fracture numérique entre pays du rtiers monde et pays développés et leur acquisition par simple téléchargement déjoue toutes les interventions d’autorités dictatoriales, de même qu’ils favorisent un langage mondial de plus en plus universel. »


                          Voir notamment des initiatives comme OLPC (One Laptop Per Child) qui utilise des logiciels libres (du matériel aussi ?) pour faire des ordinateurs portables à moins de 100€ qui seront vendus pour des fins pédagogiques, mais malheureusement, le lobby micro$oft arrive à imposer son OS dans un nombre non négligeable de pays :/


                        • François Poulain François Poulain 30 juin 2010 10:31

                          Merci pour cette précision. Effectivement, les enjeux liés aux logiciels libres sont énormes ; beaucoup trop pour tenir en un seul article. smiley Si je m’en donne la peine, je préparerai peut être un cycle d’articles sur les différents sujets : économique, stratégique, écologique, etc.


                        • jmcn 29 juin 2010 22:54

                          Ca fait depuis 1997 que je n’utilise que des logiciels libres (sauf le plugin flash j’avoue, mais il va bientôt voler grace à HTML5 et un format ouvert de diffusion des vidéos).

                          Et depuis 1997, j’explique aux gens ce qui est écrit dans cet article. Et ma conclusion c’est que les gens sont plus rassurés à faire les moutons qu’à prendre conscience de leur liberté et de l’exercer.

                          Pour certains la liberté, c’est terrifiant.


                          • Lucien Denfer Lucien Denfer 30 juin 2010 11:30

                            J’utilise des logiciels libres depuis 1995 (j’ai commencé avec la slackware de Volkerding) mais aussi des logiciels propriétaires car je n’ai pas toujours le choix au boulot, mais aussi parce que parfois les applications équivalentes sur Linux n’offrent pas une fonctionnalité clé ou que les clients imposent de travailler avec un format propriétaire.

                            Heureusement les choses ont bien changées depuis et il est tout à fait concevable de fournir un document word (.doc) ou acrobat (.pdf) en n’utilisant que des logiciels libres.

                            Pour certains la liberté, c’est terrifiant.

                            Je crois que la plupart des gens ne sont pas conscients ou informés des implications légales relatives au droit d’utilisation des logiciels propriétaires, et préfèrent s’orienter vers la simplicité d’utilisation et les standards de fait (on entend souvent l’expression faites moi un powerpoint au lieu de faites moi une présentation).

                            Toujours est-il que pour les scientifiques la situation est quelque peu différente. Le site top500.org recense les 500 plus gros supercalculateurs du monde et on peut constater que Linux y règne en maitre incontesté avec 455 machines soit 91% du parc. Dès que l’on s’éloigne d’une utilisation de type clickodrome la qualité et les performances reprennent leurs droits...


                          • slide 1er juillet 2010 11:27

                            Élément déjà mentionné, la vente liée fait et continue de faire des ravages.

                            Les moyens colossaux de Microsoft lui permettent en outre un lobbying effrayant. Il a par exemple été possible d’obtenir un changement de position de l’AFNOR (de défavorable à neutre) sur la normalisation des formats bureautique.

                            L’attitude des grands du logiciel suit malheureusement ce chemin : Apple, mainteneur de CUPS, fait des ravages avec son esclavagisante Ifaune, mais Google se laisse aussi séduire par la facilité du fork : les patches Android sont régulièrement poussés hors kernel pour des raisons de qualité et de maintenance de code trop faibles.

                            C’est comme en politique où nous restons frileux à virer les gens que l’on pointe pourtant du doigt, l’humain est trop timide quand il s’agit d’exprimer son droit de libre choix.

                            Je suis un professionnel du logiciel libre, plus qu’à assumer mes convictions libriste politique et à me lancer de mon côté... smiley


                          • duane 29 juin 2010 23:06

                            Quelqu’un ici pourrait-il me dire comment on fait une courbe lissée avevec OOo ?


                            • Kelson 30 juin 2010 10:17

                              Le mieux est de poser ce genre de question sur le forum d’OO :
                              http://user.services.openoffice.org/fr/forum/


                            • jamesdu75 jamesdu75 29 juin 2010 23:28

                              L’article est intéressant (un peu chiant certes), mais les commentaires sont afligeants de banalité et autres bêtises.

                              Je vais critiquer les commentaires plutot que l’article, déjà aucun d’entre vous ne marque la différence notable entre un logiciel libre et un gratuit.

                              Avast est gratuit, mais pas libre, idem pour des millions de soft dans le monde et grandement utilisé par le publique.

                              Ensuite faire le parallele : Linux = libre = gratuit = genial, c’est du gros n’importe quoi. Linux est théoriquement l’OS le plus utilisé dans le monde, non pas sur PC, on sait qu’il moins de 5 % de part de marché. Mais par la plupart des objet s« intelligent » standard. Un lecteur DVD, des jouets, une machine a laver, des radios reveille. Je parle même pas d’Android qui ecrase la concurence (qui est semi libre et ouvert).

                              De plus les gens choisissent Windows ou MAC OS pour la simplicité d’utilisation par apport a Linux, c’est connus et seuls les pro linux se voile la face.

                              De plus Windows a ecrasé Apple surtout grâce aux jeuxvidéo, et Apple en fait de même avec le Iphone toujours grâce aux jeux vidéos.

                              les trois quarts des utilisateurs s’en foutent qu’un navigateur soit libre ou pas. L’important c’est qu’il soit rapide, affiche bien les pages et surtout gratuit.

                              Pourquoi Firefox ecrase tout face a Internet Explorer et Opera, qui pourtant en avance sur pas mal de technologie ?

                              Tout simplement que firefox est epuré face a Opera et mieux foutus que IE. Et c’est ce qui fait que Chrome commence a s’imposer dans la monde, c’est tout simplement qu’il est SIMPLE.

                              Pour rependre je sais plus qui : La chose plus difficile a comprendre sera toujours celle qu’on explique le plus simplement.


                              • Kelson 30 juin 2010 10:13

                                "De plus les gens choisissent Windows ou MAC OS pour la simplicité d’utilisation par apport a Linux, c’est connus et seuls les pro linux se voile la face.« 

                                C’est toi qui te voile la face : depuis quand les gens (le commun des mortels) ont le choix concret d’acheter un ordinateur neuf avec Linux dessus (or les gens choisissent leur OS en achetant un ordinateur neuf) ?

                                Pour la simplicité d’utilisation... à mon avis tu n’a pas installé une distribution depuis 5 ans. Il y a mille exemples ou l’utilisation de Ubuntu par des néophytes de tout âge se passe très bien.

                                 »Pourquoi Firefox ecrase tout face a Internet Explorer"

                                Firefox n’écrase pas (en nombre d’utilisateurs, mais c’est de cela dont tu parles) IE, IE a plus de 50% de part de marché dans le monde. Et pourtant il est bien meilleur que IE... cela prouve bien que en analysant la situation en partant uniquement des parts de marché, tu te plantes.


                              • François Poulain François Poulain 30 juin 2010 10:33

                                > L’article est intéressant (un peu chiant certes)

                                C’est pas très grave : dans la mesure ou il est sous licence libre, tu es libre de le modifier à ta guise, sous réserve (grosso modo) de ne pas te faire passer par moi, et conserver l’usage de cette même licence.


                              • emmanuel muller emmanuel muller 8 juillet 2011 11:38

                                Ca c’est de la démonstration par le fait de mettre le texte sous licence libre (il manque une case a cocher qui le permettre directement à la rédaction !)

                                Le même pas chiche de faire mieux au lieu de critiquer ça ferrait le ménage de certaines interventions bêtes.

                                A quant des article a évolution comme les logiciel : 1.0 par machin, 1.1 par le même auteur qui revoie sa copie, 2.0 par une autre, et ainsi de suite.

                                Mettre ça en place une évolution des textes ça serrait une révolution pas moins importante dans le monde du journalisme et de l’expression publique confondue, que celle du wiki l’a été dans le monde de l’encyclopédie et le le représentation collective confondue.

                                A vot’ bon cœur manitous de l’agora, licence a cocher+icône « reprendre l’article » pour en faire une nouvelle version (accessible par le premier et/ou réciproquement)


                              • NEPNI NEPNI 30 juin 2010 08:25

                                Pour un novice comme moi c’est pas évident, j’achète une machine avec logiciel en quoi c’est pénalisant ?

                                Concretement comment je fais pour passer au logiciel libre ?

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