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Accueil du site > Actualités > Société > Le marché de la mort

Le marché de la mort

La mort est devenue une triste et vulgaire marchandise qui se vend et s’achète sur un marché fleurissant. Les croque-morts réalisent d’énormes profits en prenant en charge intégralement le défunt et sa famille tout en exploitant la douleur de leurs clients. Le développement récent de la crémation ne fait que renforcer cette marchandisation croissante de la mort. Le profit s’est ainsi installé entre les vivants et les morts rendant leurs liens de plus en plus inhumains.

Longtemps l’activité funéraire était le monopole des communes. Depuis la loi Sueur du 8 janvier 1993 , elle est désormais contrôlée par le marché. La mort fut ainsi privatisée !

Les sociétés de pompes funèbres se développent, entre autres, au rythme du vieillissement de la population et du nombre de décès. Les projections de l’INSEE concernant l’évolution de la population sont éloquentes : le nombre de personnes de plus de 60 ans doublera et celui des décès passera de 530 000 en 2005 à 770 000 en 2049 soit une augmentation de 45 %. Les entreprises funéraires exploitent bien évidemment un besoin auquel tout le monde est confronté !

La demande sur ce marché rentable ne peut que continuer à croître. Il s’agit donc d’un marché prometteur, dynamique et si l’on peut dire vivant. Mais c’est aussi un marché où la concurrence est, paradoxalement, absente. Or la loi de 8 janvier 1993 (2) avait pour objectif majeur l’abolition du monopole communal de l’activité funéraire pour lui substituer la concurrence des opérateurs privés. La loi Sueur voulait également protéger les familles, fragilisées par le deuil, contre d’éventuelles pratiques opaques et abusives des prix. Là encore l’échec est total. Ainsi selon UFC-Que Choisir, « ces pratiques expliquent la hausse considérable des prix des obsèques (34% en dix ans) et les différences de prix totalement injustifiées » (3). Les familles frappées par le deuil ne peuvent donc compter sur la protection des gouvernements (4). La complicité de l’État avec les croque-morts, comme d’ailleurs avec tous les détenteurs du capital, est un fait bien établi.

Le mort et ses proches sont intégralement pris en charge par les entreprises funéraires. La liste de leurs prestations est impressionnante. Aucun aspect lié de près ou de loin à la mort ne leur échappe. Cela va de l’organisation des funérailles proprement dites avec leur « cortège » interminable de produits et de services, aux formalités administratives en passant par les contrats de prévoyance. Chaque article, chaque prestation est chèrement facturé. Concernant les contrats de prévoyance, la guerre fait rage, de votre vivant déjà, entre les sociétés de pompes funèbres, les banquiers, les compagnies d’assurance, les mutuelles santé et autres organismes de prévoyance. Ces institutions savent que la mort est un marché très lucratif. Les entreprises funéraires exploitent non seulement la vulnérabilité des familles dans des moments singuliers, mais aussi leur volonté d’accompagner dignement leur proche à sa dernière demeure.

Il faut préciser que l’offre et la demande sur ce marché ont beaucoup évolué. La thanatopraxie (technique qui consiste à embaumer le mort pour lui donner les apparences de la vie) par exemple est de plus en plus pratiquée. Les familles utilisent également les chambres funéraires, structures commerciales, pour le recueillement et les visites. Aujourd’hui de plus en plus de personnes décèdent à l’hôpital ce qui nécessite le transport du corps dans des véhicules spécialisés. Ces pratiques et bien d’autres, qui ne sont pas toutes obligatoires, augmentent nettement le prix final perpétuant ainsi, dans la mort, les inégalités sociales.

Certainement le marché évoluera vers de nouvelles prestations et donc de nouvelles tendances et pratiques, nécessaires ou non. Les marchands de la mort trouveront là une juteuse extension de leurs activités. Et avec leurs techniques marketing de plus en plus sophistiquées, ils imposeront leurs rites, leurs cérémonies et leurs lois à des familles déchirées et déstabilisées par la douleur. Déjà, les pompes funèbres tentent d’exploiter les préoccupations des citoyens pour leur environnement. Le Voeu, un opérateur funéraire important, estime que « la France accumule un retard par rapport à ses voisins européens et anglo-saxons. Dans ces pays, la démarche respectueuse de l’environnement intègre déjà tous les aspects de la filière » (5). Pompes Funèbres Général (PFG) ou Le Choix Funéraire proposent déjà des cercueils « écologiques ». Le cercueil de cette dernière entreprise par exemple « est conçu de façon écologique avec 80% de bois de chêne issu de forêts durablement gérées. Le tissu recouvrant l’intérieur est en matières naturelles et d’origine renouvelable. Enfin, la finition du bois est sans solvant et les poignées ont été choisies en bois pour faciliter leur biodégradabilité ! »(6). Les cercueils en carton, beaucoup moins chers, existent également. Mais les grandes sociétés de pompes funèbres, dont la vente des cercueils représente des marges substantielles, rechignent pour l’instant à les commercialiser. Cercueils en bois ou en carton, la logique reste invariablement la même : faire du profit. « L’écologie capitaliste » est une valeur porteuse, comme en politique d’ailleurs, et les pompes funèbres ne vont pas tarder à proposer à leurs clients des « obsèques vertes » ! Là encore la mort se révèle un marché fructueux.

La religion elle même n’échappe pas à cette logique marchande. Quelques soient vos croyances et votre religion, les entreprises funéraires sont toujours là pour vous prendre en charge moyennant un prix le plus souvent élevé. Les rites catholiques, musulmans, juifs, bouddhiste etc. ne sont sur ce marché que des produits qui se vendent et s’achètent comme n’importe quel autre article de commerce. André Comte-Sponville disait « Ce que la religion apporte, lorsqu’on a perdu un être cher, ce n’est pas seulement une consolation possible ; c’est aussi un rituel nécessaire, un cérémonial, même sans faste, comme une politesse ultime, face à la mort de l’autre, qui aiderait à l’affronter(...) » (7). On peut ajouter que ce cérémonial religieux non seulement se fait aujourd’hui avec un certain faste, mais surtout se transforme de plus en plus en rituel commercial !

D’autres pratiques plus ou moins marginales encore se manifestent ici ou là sur ce marché. Des sites proposent ainsi « l’insertion et la consultation d’avis de décès, de pages d’hommages et de faire-parts de mémoire(... ) pour laisser une trace éternelle des personnes qui nous sont chères ». D’autres exploitent la messagerie posthume : « Écrivez de votre vivant les messages d’amour ou d’amitié que vous désireriez transmettre à titre posthume aux personnes qui ont marqué votre vie »(8).

Mais la tendance de fond reste la crémation tout du moins en France, car elle est très développée dans des pays comme la Suède, le Danemark, la Grande Bretagne, la Suisse etc. où sa part dans l’ensemble des obsèques dépasse les 70 %. En France cette part ne représente, selon le CREDOC, que 28 % en 2007. Mais ce taux est en forte progression puisqu’il n’était que de 1 % en 1979. Le nombre de crémations a été multiplié, lui, par 27 entre 1980 et 2008 selon la Fédération Française de Crémation (FFC) (9). Les crématoriums sont eux aussi en augmentation constante passant de 7 en 1975 à 28 en 2008 (10). De belles perspectives de profit donc pour les pompes funèbres qui vendent toutes des obsèques avec crémation ! En effet les marchands de la mort organisent dans le moindre détail chacune des étapes de la cérémonie y compris la dispersion de vos cendres. Nonobstant une législation stricte sur ce dernier point, la loi du 19 décembre 2008 relative à la législation funéraire n’interdit nullement aux pompes funèbres d’accomplir ou plus précisément de vendre aux familles cette prestation (11). La loi stipule « Les restes des personnes décédées, y compris les cendres de celles dont le corps a donné lieu à crémation, doivent être traités avec respect, dignité et décence » ; elle a simplement oublié que ces « restes » humains dans cette société, sont une marchandise livrée aux opérateurs privés dont l’unique but est de faire du profit.

Une autre pratique apparaît et se développe notamment dans les pays nordiques ; il s’agit de la promession présentée comme plus écologique encore que la crémation. Cette fois ce n’est plus la chaleur qui va réduire votre corps en cendre, mais le froid. Le cadavre du défunt est transformé en poussière grâce à l’azote liquide. Ce procédé n’est pas encore autorisé en France. Il le sera probablement lorsqu’il deviendra rentable pour les pompes funèbres. L’écologie n’est qu’un prétexte que les entreprises funéraires n’hésiteront pas à exploiter comme elles le font déjà avec la crémation. Si cette technique peut-être bénéfique pour notre planète, il n’en demeure pas moins que ce n’est pas là leur but qui reste toujours le même : faire du chiffre.

Le poète abbasside Al Maari (973 - 1057) disait, en substance que « la tristesse à l’instant de la mort est autrement plus intense que la joie au moment de la naissance ». Les marchands de la mort ne reculent devant rien pour arriver à leur fin. Ils exploitent, en plus de la force de travail de leur salariés, un sentiment singulier et commun à tous les hommes : la tristesse et la douleur liées à la perte d’un être cher. Le marché de la mort, peut-être plus encore que celui de la naissance, a donc un bel avenir devant lui.

Le marché de la mort est le miroir d’une société marchande qui a perdu ses repères humains ; il ne lui reste comme guide et comme horizon ultime que le profit.

Mohamed Belaali.

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(1)http://www.ined.fr/fichier/t_telechargement/21187/telechargement_fichier_fr_publi_pdf1_pop.et.soc.francais.429.pdf

(2) http://www.jpsueur.com/archives/mediatheque/Texte_lgislatifs/LoiOperationsFuneraires.pdf)

(3)http://www.quechoisir.org/Ressources/Positions/Ressources_Positions_2A79A2626722E249C12574EF003C327B/etude-services-funeraires.pdf)

(4) A cet égard, voir le travail de l’Association Française d’Information Funéraire (AFIF) :

http://www.paca-communiques.com/communique.php?id=15741

(5) http://www.capgeris.com/services-funeraires-907/funeraire-les-francais-veulent-passer-au-vert-a13312.htm

(6) http://www.lecoinbio.com/20081030456/ecolo-au-quotidien/consommation/mourir-bio-avec-le-nouveau-cercueil-ecologique.html

(7) André Comte-Sponville, L’Esprit de l’athéisme. Introduction à une spiritualité sans Dieu, Paris, Albin Michel, « Le Livre de poche », 2006, p. 19-20.

(8) Voir notamment (www.net-obseques.com) et (www.messavista.com)

(9) http://www.cremation-france-ffc.com/WD110AWP/WD110Awp.exe/CTX_960-2-mWDKahGcZm/PAGE_Accueil2/SYNC_189435656?LIBHTM_LIBELLE8L1

(10) http://www.afif.asso.fr/francais/conseils/conseil33.html#STATISTIQUES%20POUR%20LA%20FRANCE%20

(11) http://questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-41028QE.htm


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22 réactions à cet article    


  • JL JL 8 février 2010 10:16

    Belle réflexion. Je ne connaissais pas cette méthode, la « promession ». Une pratique prometteuse ? 


    • Gabriel Gabriel 8 février 2010 10:27

      Tout est marchandisation, vous avez raison la mort est un business juteux tenu par un mafia de maquereaux se refilant le bébé de père en fils. La loi interdit à ce jour de récupérer les cendres de ses poches, il faut payer une concession aux ordures qui s’enrichissent sur le chagrin d’autrui. Je suis partisan de la méthode « Déproges » Je piège mon cadavre et le premier qui le touche ça lui pète à la gueule !


      • zelectron zelectron 8 février 2010 11:24

        @Gabriel
        Ça c’est une bonne idée

        Il y a aussi le don du corps à la science qui est gratuit dans certains départements et pas dans d’autres (quelques dizaines d’Euros de frais + TAXES COLLECTIVITES TERRITORIALES + TVA)
        pour cette dernière on ne peut plus morbide une taxe sur la valeur ajoutée d’un cadavre : on croit rêver !


      • charles-edouard charles-edouard 8 février 2010 10:51

        bonjour à l’auteur de belle article , hubert felix thiefaine artiste talentueux avait ecrit un tres beau

        texte sur les maquereaux de la mort , comme le dis si bien gabriel

        la texte en question < la maison borniol> chanson tres realiste ou il est question d’une célebre entreprise de pompe funébres de monsieur heni de borniol

        http://www.frmusique.ru/texts/t/thiefaine_hubert_felix/maisonborniol.htm


        • sleeping-zombie 8 février 2010 11:20

          D’accord avec le fond de l’article.
          Toutefois, je ne partage pas ton analyse sur l’évolution du marché :
          La demande sur ce marché rentable ne peut que continuer à croître. Il s’agit donc d’un marché prometteur, dynamique et si l’on peut dire vivant.
          Car a priori, chacun ne meurt qu’une fois, le nombre de décès n’est donc lié qu’a l’importance de la population, et non à son age moyen (sur le long terme). Sur le court terme, il va y avoir un pic de décès, quand la génération baby-boom nous quittera (mince ! mes parents sont la-dedans), mais une prévision a 2049 me parait Nostradamienne ^^


          • jakback jakback 8 février 2010 11:23

            La tendance est de se faire enterrer plus haut son cul, même chez les tenants les plus fervents de l’égalité ; Les mêmes nous exhortent a nous mélanger, échanger nous fluides, surtout les plus intimes. La logique voudrait que la fosse commune soit le dernier refuge de l’égalité entre les hommes, pas de race, pas de religions, pas de statut sociale, curieusement cette idée choque, répugne, même les plus révolutionnaires. Vivants brassés, a qui mieux ,mieux, salive, larmes, sueur, sang, sperme, mais une fois morts pas question de côtoyer la même vermine.
            Reprocher aux pompes funèbres de nous prendre l’argent de la poche, équivaut aux militaires d’accuser les marcahands d’armes.


            • Salsabil 8 février 2010 11:34

              Bonjour,


              @ Gabriel,

              « La loi interdit à ce jour de récupérer les cendres de ses poches, il faut payer une concession... »

              D’où tenez-vous cette information ? Pourriez-vous donner un lien ou une indication sur cette interdiction qui, honnêtement, me surprend ?



              @ L’auteur,

              Votre article pose une question importante autour d’un sujet qui reste tabou dans beaucoup de cultures.
              Si l’on peut effectivement être choqué, écoeuré par des pratiques de plus en plus commerciales, donc dans un but de profit maximum, de la part des entreprises de pompes funèbres, il faut bien malgré tout que quelqu’un se charge de cette tâche délicate.


              Vous faites une généralité absolue et en ce sens, vos propos ne sont pas impartiaux. S’il est pour certains inutile d’user d’un luxe superfétatoire pour la cérémonie, pour d’autres cela peut être important. Qui peut juger de cela ?

              Vous dites que l’Etat et les communes se sont totalement désengagés, je vous rappelle que pour les familles qui n’en ont pas les moyens, les communes prennent encore en charge les obsèques, certes, réduites à leur strict minimum, mais le service est rendu.

              Vous parlez des chambres mortuaires. C’est une possibilité proposée à la famille d’un défunt, mais ce n’est en aucun cas une obligation. D’autre part les hôpitaux disposent pour certains de ces chambres qu’ils facturent, eux aussi, à un coup assez élevé mais moindre qu’en faisant appel à une société extérieure. Si la personne décède chez elle, il y a un temps donné pendant lequel vous n’avez aucune obligation quant à la conservation du corps, durée allongée si vous faites pratiquer des soins de type tanathopraxie.

              A propos de cette dernière, de la même manière que je l’indiquais plus haut, si pour certains elle peut sembler inutile, pour d’autres elle représente bien des avantages.


              En conclusion, si tout comme vous je regrette et fustige des pratiques qui profitent de la détresse de ceux qui restent pour vendre tout et n’importe quoi sans le moindre scrupule, je trouve votre papier incomplet.
              Dénoncer d’accord (et vous avez raison de le faire), informer objectivement c’est pas mal aussi !


              PS : Je me fie à ce à quoi j’ai été confrontée il y a 3 ans, il est possible que les lois aient changé depuis, auquel cas mon commentaire serait évidemment infondé.
              C’est un sujet difficile à aborder mais auquel nous sommes malheureusement tous confrontés à un moment ou un autre, pour ma part l’acceptation naturelle de la situation est encore le meilleur rempart contre les abus.
              Je n’ai eu aucun problème d’exagération, de malhonnêteté, de roublardise avec les pompes funèbres auxquelles je m’étais adressée et dont vous parlez dans votre texte. Comme quoi.... Il y a encore des gens corrects même parmi eux.


              • Gabriel Gabriel 8 février 2010 14:06

                Bonjour Salsabil,

                Le fait est que le job des pompes funèbres est verrouillé par des dynasties familiales et pas touche ! Essayez dans acquérir ou dans monter une. Mais cela n’est qu’un aspect, celui du monopole. La naissance tout comme la mort devrait être, a mon humble avis, un service public et non enrichir une secte de vautours. Mes propos peuvent vous sembler quelque peu sévère j’en convient. Aussi lorsque j’utilise le terme de vautours (Que le rapace et ses congénères m’excusent) je parle des propriétaires, et non des employés, de ces rentes généalogiques protégées de la concurrence. Voyez comment Leclerc a du ferrailler pour entrer dans le clan.

                 Ci-joint le lien sur les cendres funéraires. Dernièrement une de mes connaissances c’est vue interdire, sous prétexte de loi récente, la récupération de l’urne afin dans répandre le contenu dans un lieu désiré par le défunt. Cela est très ambigu, je vous laisse juge.

                 http://www.resonance-mag.com/dossiers/dossiers.php?val=604_dispersion+des+cendres+sur+terrain+prive

                 Cordialement


              • oncle archibald 8 février 2010 16:07

                Je suis extremement surpris par la règlementation concernant la dispersion des cendres .. A la fin du seul « enterrement » avec crémation dont j’ai été proche témoin sinon acteur puisqu’il s’agissait du corps de mon frère, on a demandé à son épouse si elle souhaitait récupérer l’urne contenant les cendres, ou bien que cette urne soit incluse dans un « mur du souvenir » ou bien que les cendres soeint dispersées par le prestataire de services sur la « prairie du souvenir » aux abords du crématorium .. 


                J’ai entendu parler d’une veuve qui emmenanit « son mari » dans ses voyages d’agréments et parlait au sac qu’elle avait sur ses genoux dans l’avion, contenant les cendres du feu époux ...

                Plus récemment , deux ans environ, un ami intime a été incinéré, ses cendres rendues à sa famille qui, quelques jours après, a convié les proches à une espèce de « garden party » pour disperser ses cendres, suivant sa volonté, dans un très beau site face à la mer ou il aimait passer du temps ..

                ma belle mère a demandé qu’après sa crémation ses cendres soient dispersées dans le torrent de la petite ville des pyrénées qui l’a vu naitre et ou elle avait passé son enfance ..

                Et en bref, cette possibilité du choix du lieu ou l’on disperserait les cendres résultant de la crémation d’un corps me paraissait un des rares arguments plaidants en faveur de ce type d’obsèques .. parce que pour le reste .. j’ai encore dans les oreilles le bruit du fenwick qui emportait le cerceuil de mon frère vers l’entrée du four comme dans un magasin de matériaux celui qui vient vous livrer une palette de briques .. Un lieu aseptisé, faiencé en blanc du sol au plafond, des plinthes à gorge .. bref une ambiance d’abattoir bien propre plutot que le cérémonial d’une sépulture .. J’en ai encore froid dans le dos et très sincerement je regrette les « funérailles d’antan » chères à Brassens ou le mort s’offrait l’ultime plaisir enfantin de voir « les héritiers marrons marcher dans le crottin »..

                • Lucrezia 8 février 2010 16:09

                  Dans « marché », il y a une notion commerciale ou de négociation or quand la mort te frappe de près, tu n’as pas la tête à « compter »...C’est un tord parce que les marchands funéraires, eux comptent pour toi et surtout pour eux.

                  C’est ainsi que récemment confronté à un décès, j’ai pris contact avec la société qui avait construit le caveau. Je pensais que nous allions avoir un réel conseil et service : ERREUR !

                  Ils se sont présenté comme des conseillers : Conseil Commercial qu’ils ont même voulu nous faire payer ...Ils ne nous ont que poussé vers les produits et prestations onéreuses, alors même que nous avions évoqué nos moyens financiers limités, parfois même sans les exécuter. Enfin, toutes les tâches administratives comme porter un courrier à la mairie (500m) facturé par exemple 250€ pour 1/2H de temps passé. Ils nous a fallu batailler et menacer pour voir leur facture fortement révisé à la baisse.

                  Faites ATTENTION, ces gens sont des vautours de la pire espèce, et avant de signer quoique ce soit, vous avez le temps et rencontrer des concurrents. Sinon la note a vite fait de devenir salée !


                  • Salsabil 8 février 2010 16:21

                    @ Gabriel,
                    @ Oncle Archibald (fou comme ce pseudo a toute sa place dans ce fil ! smiley )

                    Les lois ont peut-être très récemment changé, je ne sais, le lien que vous donnez, Gabriel, n’est pas suffisamment explicite et je n’ai pas fouillé plus loin à vai dire.

                    Ce dont je me souviens, c’est qu’il y avait effectivement des dispositins spécifiques concernant le fait de répandre des cendres sur une propriété privée. Pour le faire dans un espace ouvert et naturel, vous étiez sensé informer la mairie du lieu en question et obtenir, me semble-t-il, son accord.

                    Il me paraît vraiment très surprenant que la famille d’un défunt ne puisse pas disposer de ses cendres comme elle le souhaite. On pense effectivement inmanquablement à l’urne tarabiscotée trônant sur la cheminée au milieu des photos de toute la descendance...

                    Je finis par me dire que j’ai eu une expérience moins pénible que d’autres car la cérémonie tout comme le crématorium étaient tout ce qu’il y a de plus digne. Je n’ai rien trouvé à y redire sauf cet affreux bruit, brutal, sec, définitif, du plancher qui se referme sur le cercueil descendu en sous-sol pour la crémation proprement dite.


                    • oncle archibald 8 février 2010 16:54

                      @ Salsabil : marrant mais je n’avais même pas fait ce « rapprochement » pourtant évident .. honte à moi, le Brassensophile ...


                      Comptez plus sur oncle Archibald
                      Pour payer les violons du bal
                      A vos fêtes

                      En l’occurence l’article inverse le problème .. Ce sont les proches de l’oncle défunt qui vont devoir chèrement payer les violons ... de la danse macabre ..

                    • Salsabil 8 février 2010 17:31

                      A tous les arracheurs de dents, tous les cafards, les charlatans, les prophè-è-è-è-tes...♫♪ smiley


                    • frugeky 8 février 2010 19:56

                      Moi je voulais qu’on me mette dans un simple trou avec une pelletée de chaux, à la Mozart quoi ! On m’a dit que c’était impossible, qu’il fallait un cercueil.

                      J’ai donc, en prévision mais sans être pressé, opté pour la crémation. J’ai proposé que mes cendres soient versées dans le caniveau, direction la mer...un long et beau voyage dans mon imaginaire. On m’a dit que dorénavant on ne pouvait plus faire ce qu’on voulait de ses cendres. J’ai pas très bien compris le pourquoi.

                      J’ai donc retenu qu’il fallait payer cher même pour faire disparaître son cadavre (enfin chez nous, les « civilisés »).

                      Mais j’abandonne pas l’idée de me faire disparaître le corps de manière la moins onéreuse possible : prosélitisme juif en Iran, islamique en Israel, catholique en Afghanistan, Athée presque partout...


                      • frugeky 8 février 2010 19:58

                        Finalement j’ai trouvé quoi faire de mes cendres : je les cède à Keith Richard !


                        • Voris 8 février 2010 20:12

                          Demandons-nous ce qui échappe encore au marché aujourd’hui.


                          • Kriss 9 février 2010 00:30

                            Je trouve que votre connaissance de ce métier est plus que limité, les commentaires étant eux, bourré d’affirmation totalement fausse voir fantasmé. Commençons par cela.

                            Non il n’y a pas d’oligarchie, les agences Roc-Eclerc, le Choix Funéraire ou autres sont des franchises, leurs gérants donnent un pourcentage du chiffre affaire pour avoir le droit d’utiliser ce nom et bien sûr profiter des pubs mensongères qui passe sur le petit écran. Mais tout un chacun peut ouvrir sa boite demain.

                            Le passage du témoin de père en fils est réel mais n’est pas seulement une question de gros sous. Un enfant grandissant dans ce « folklore » aura beaucoup moins de difficultés à s’y intégrer.
                            Si ce n’est déjà fait, je vous conseille de regarder la série « Six Feet under » qui explique ceci mieux que je ne saurais le faire.


                            Ayant ouvert mon propre magasin, il y a plus de 10 ans maintenant, je pense que le vrai problème est le même partout.
                            Trouver des personnes honnêtes et sur ce point je doute que l’état soit en position de force.

                            A l’époque du monopole, les pots de vin demandés par les municipalités aux fabricants de cercueils étaient légions.
                            Et comme la plupart des boites privées actuelles, le prix de revient était souvent multiplié par trois ou quatre.

                            Les mêmes municipalités qui décide de déléguer la gestion des cimetières, des crématoriums ou empêchent la famille de régler elle-même les démarches des obsèques prétextant que seul les pompes funèbres y sont habilités.( Ce qui est bien évidemment faux)

                            Pourquoi ? Parce qu’ils veulent que je m’achète un nouvel écran plat ou plutôt pour ne pas avoir à payer du personnel.
                            Bien sûr, il pourrait le faire, mais vos impôts augmenteraient d’autant.

                            Des arnaqueurs vous en trouverez de partout, renseignez-vous de votre vivant c’est le meilleur conseil que je peux vous donner.
                            Déjà il faut comprendre que chaque convoi est différent, décès à l’hôpital ou au domicile, chambre funéraire ? enterrement ou crémation, caveau ou fosse pleine terre ? simple ? double ? exhumations ? Monument funéraire ou non, Thanatopraxie ou toilette, célébration religieuse ou civile, avis de presse ou non.

                            Évidemment, vous pouvez prendre exemple sur les petits villages Corse, garder le défunt chez vous, faire vous-même la toilette mortuaire ou encore demander aux membres de la famille de porter le cercueil, mais qui a vraiment envie de s’en occuper à l’heure actuel.

                            La dispersion géographiques des familles amène une inflation des prestations funéraires, pour un logement exigu, la chambre funéraire sera un plus, votre famille se divise, vous décédez à Marseille et la concession familiale se trouve sur Paris qui va régler les détails administratifs, le coût du trajet doit-on en faire cadeau ?

                            Les pompes funèbres répondent à une demande, ils ne la créent pas.

                            Maintenant on peut discuter des entrepreneurs trop avide qui essayent de s’en mettre un maximum de côté en un minimum de temps, certains achetant leurs cercueils en Pologne à des prix défiant toutes concurrences pour essayer de casser le marché et d’autres qui vont plutôt jouer la carte du « chic » à 30 000 euros le convoi mais les deux font rarement de vieux os.
                            Sauf si les gens sont assez bêtes pour s’y précipiter.

                            J’ai l’impression que nous martyrisons le pauvre client dans cette histoire mais des anecdotes où les rôles s’inversent, j’en aurai un wagon entier.

                            Que penser de cet homme ayant perdu sa belle-mère mais voulant partir en vacances me demandant si je peux la garder au « frais » le temps de son voyage.
                            Ou encore cette famille désirant un enterrement le plus simple possible pour pouvoir se partager les 15 000 euros restant sur le compte de leur grand-mère, oubliant au passage les dernières volontés de la personne en question.

                            Et en parlant des urnes cinéraires pourquoi d’après vous les lois se sont-elles durcis ?
                            Car des génies ont pensé que les jeter à la poubelle en sortant du crématorium n’avait rien d’incongrus, ou encore qu’en déménageant ils l’ont oubliée sur la cheminée. Voir dans certains cas nous les gardons sur les bras, les gens ne se déplaçant même plus.

                            Si vous voulez changer la loi du marché, il faudra d’abord changer les mentalités.

                            Pour l’instant, la seule chose a faire est de prendre les devants, n’attendez pas que l’on décide pour vous, demandez des devis, posez des questions, la mort est un passage obligé, la plupart des gens la fuient, l’évitent et se demandent au final pourquoi ils n’y comprennent rien.


                            • vinvin 9 février 2010 01:29

                              Merci a l’ auteur, ( ainsi qu’ aux intervenants,) pour cet excellent article très instructif concernant le marché de la mort.


                              Je viens de passer une superbe soirée a lire tout ça ! ( Ce sera pour moi 2 LEXOMIL et 2 BIÈRES avant d’ aller dormir !....)

                              Ceci dit, j’ ai choisie la crémation dans mon contrat obsèques, donc j’ aimerais savoir ce qui a changé depuis concernant la disposition des cendres ?

                              Ma volonté a l’ origine était que mes cendres soient dispersées au pied d’ un arbre,...( en Bois ! ).

                              Que peut-on faire ou ne pas faire des cendres, et la famille peut-elle en disposé, vu que j’ ai lu des interventions contradictoires a ce sujet ?



                              Bien corbièrement !.... 



                              VINVIN. 

                              • Kriss 9 février 2010 02:21

                                Tu as toutes les informations sur ce lien :

                                http://www.afif.asso.fr/francais/conseils/conseil33.html#cendres

                                Pour ce qui concerne la dispersion des cendres en pleine nature, je copie colle le morceau du texte de loi :

                                Précision sur la notion de « pleine nature » :

                                Il n’existe pas de définition juridique de cette notion. Dès lors, seule l’interprétation souveraine des tribunaux permettrait d’en préciser le contenu.

                                Toutefois, il peut être utile de se référer à la notion d’espace naturel non aménagé, afin de déterminer si le lieu choisi pour la dispersion est conforme ou non à la législation. De ce fait, la notion de pleine nature apparaît peu compatible avec celle de propriété particulière interdisant la dispersion des cendres dans un jardin privé.

                                Ce principe peut néanmoins connaitre des exceptions, notamment lorsque la dispersion est envisagée dans de grandes étendues accessibles au public mais appartenant à une personne privée (un champ, une prairie, une forêt...), sous réserve de l’accord préalable du propriétaire du terrain.


                              • vinvin 10 février 2010 04:02

                                (@KRISS)


                                Merci infiniment pour vos renseignement et votre lien.

                                Cela me permet d’ en savoir un peu plus concernant le devenir des cendre et leurs dispositions, etc, etc......

                                Par-ce que déjà je paye tous les mois pour mon contrat-obsèques, donc je voulait savoir si des choses avaient changés depuis la signature de mon contrat, car a ce moment là mon contrat devrait être révisé.

                                Si j’ ai fait un contrat malgré que je n’ ai que 47 ans, c’ est par-ce que personne n’ est a l’ abri de rien, et la mort est très surnoise, et elle ne prévient pas la vie lorsqu’ elle l’ encule, donc j’ ai pensé qu’ il me fallait être prévoyant a ce sujet.

                                Mais bon, je paye en tout 1600 euros, donc les pompes funèbres ne feront pas fortune avec moi !......

                                Effectivement j’ ai choisi la « caisse » la plus ordinaire de leur catalogue, en plus je n’ aurais pas de cérémonie religieuse, ( vu que ma religion me l’ interdit,....hahaha....) aucun signe religieux sur mon cercueil, pas de fleur ni couronne.

                                Si mes amis viennent a mes obsèques avec des fleurs il y en aura, sinon il n’ y aura rien, mais je m’ en fout, vu que serais mort je le verrais pas !



                                Bien cordialement a vous.




                                VINVIN.

                              • Algunet 9 février 2010 04:32

                                J’ai lu récemment, mais je n’ai pas retrouvé l’article, que l’état ne connaissait pas la destination des cendres après la cérémonie dans plus de 90% des cas.

                                Il est surprenant qu’un article mettant en cause la privatisation et le profit fait par certaines entreprises sur le dos de nos morts... ne donne pas quelques prix courants de prestations pratiquées par ces profiteurs.

                                Pour info une crémation « entrée de gamme + une petite cérémonie religieuse dans la salle de recueillement : tout compris 2100 €. un épandage des cendres en mer en bateau (avec une quinzaine de passagers) au delà des 500 mètres des côtes ; 150 €. Prestations parfaites

                                Sans oublier l’obligation faite par la loi d’informer le lieu de dispersion des cendres à la mairie du lieu de naissance...

                                Quelques devis, un choix et je n’ai pas eu l’impression de m’être fait »arnaquer"...

                                La vraie question est de connaitre le pourcentage réel d’arnaque avant de jeter l’opprobre sur toute une profession.




                                • vinvin 14 février 2010 18:59

                                  Bonjour.


                                  Bien que l’ article soit très intéressant et instructif, cela reste quand-meme assez mortuaire, et lugubre !..... 

                                  Une petit blague pour aéré un peu l’ article ?.....

                                  ..............................................

                                  A environ 35 kilomètres de chez moi, il y a une petit commune du nom de « Morière » :

                                  Je dirais donc qu’ il est mort hier à Morière, et qu’ on l’ incinère demain !

                                  ..............................................


                                  Une pointe d’ humour en cette st Valentin !......



                                  Cordialement.





                                  VINVIN.


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Auteur de l'article

Mohamed Belaali


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