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Accueil du site > Actualités > Société > Le spécisme ordinaire

Le spécisme ordinaire

Il tue le loup, frappe l’âne, caresse le chien et mange l’agneau. C’est l’homme. 

Le spécisme est une drogue dure

« Les animaux du monde existent pour leurs propres raisons. Ils n'étaient pas faits pour les humains pas plus que les noirs étaient faits pour les blancs, ou la femme pour l'homme.  » Alice Walker

Le spécisme est une drogue dure qui conduit au sexisme, à l’homophobie, au racisme, à l’apartheid. En prônant une attitude irrespectueuse sous le prétexte de différences, il est à l'espèce ce que le sexisme et le racisme sont au sexe et à la race. Ces idéologies, héritières de la mauvaise foi des religions monothéistes, obscurantistes et taxinomistes, justifient la ségrégation, la soumission, l’exploitation tant de l’animal, que de la femme et de l’homme d’une autre race, culture, croyance ou sexualité. La lutte contre le racisme ou le sexisme est inséparable de celle contre les méfaits de l’animalisation, ce mode injurieux utilisant certains travers prêtés aux animaux. Le regard évaluatif d’une hiérarchie au sein du Vivant est directement induit par l’erreur de croire que l’évolution va du plus simple au plus sophistiqué, de l’inférieur forcément stupide au supérieur doué d’une intelligence donnant prérogative à tous les pouvoirs. L’évolution se fait dans tous les sens et ne poursuit aucun objectif, certainement pas celui de conduire de l’irresponsable au conscient, de l’algue à l’homme, mâle et Blanc comme par hasard et de préférence. L’intelligence et la société de l’homme sont une intelligence et une société parmi toutes les autres de cette Terre. Voir l’espèce porcine comme inférieure (et non différente) parce qu’elle marche à quatre pattes et que nous en avons fait une machine à saucissons est un point de vue brutal, subjectif, zoophage et bien arrogant. Jugement qui nous arrange si nous aimons déguster en saucisses la viande morte et les tripes du cochon. Pour qu’au nom du rapport de force, l’esclavagiste ou le soldat colon puissent asservir des populations autochtones, il leur suffisait de les soumettre au rang d’animaux non-humains. Les sept femmes qui meurent en France chaque mois sous les coups de leur conjoint sont simultanément traitées de salopes, de chiennes en chaleur ou de truies lubriques. Tous les machistes sont spécistes et tous les spécistes sont sexistes. Il n’y a qu’un pas de la sale bête à la salope, et de la salope au pédé, puis au sale nègre, dans l’ordre !

Se référer aux animaux comme si nous n'en étions pas nous-mêmes autorise de détenir prisonniers dans des batteries d’élevage aux conditions infrahumaines quelque 100 milliards d’animaux dans le monde, de ne pas avoir le moindre état d’âme en sachant que trois animaux à la seconde périssent dans des laboratoires d’expérimentation, de tirer à l’année 250 millions d’autres sujets Terriens péjorativement étiquetées gibiers, d’abandonner annuellement 25 millions d’animaux de compagnie, de se vêtir de peau et de fourrure impliquant la souffrance annuelle de 70 millions de « mammi-frères » et d’emmener nos enfants à des spectacles dégradants exhibant des animaux rendus fous par la captivité, le dressage et les frustrations. Comme il faut toujours payer d’une façon ou d’une autre la facture, outre la destruction des écosystèmes par le surpâturage et le déboisement au profit de l’extension des surfaces pâturables, de plus en plus de maladies émergentes et liées à la consommation carnée sont peut-être là pour nous rappeler que nous agissons mal, que celui qui sème le vent récolte la tempête. Aux États-Unis 70 % des céréales sont destinés aux animaux d'élevage, contre seulement 2 % en Inde. Il faut 7 kilogrammes de céréales pour produire 1 seul kilogramme de bœuf, et si toutes les céréales utilisées pour le bétail états-unien étaient consommées directement, elles nourriraient 800 millions d'humains. Tiens, c’est juste le nombre des personnes qui souffrent de sous-nutrition ! Les mêmes États-Unis transforment chaque jour mille tonnes de viande de bœuf en viande hachée, et chaque citoyen nord-américain dévore durant sa vie 9 bœufs de 500 kilogrammes. Seule une vision erronée et manichéenne du statut de l’animal peut permettre ces chiffres de la honte.

Au sens le plus large, l’antispécisme désigne le refus systématique de baser une éthique sur la notion d'appartenance à une espèce donnée, et ce, sans définition de critères pertinents. Il est hélas inapplicable dans notre civilisation et ne relève que de l’attitude exemplaire affine au jaïnisme. Dans le concept du système non ascète – et donc forcément injuste - adopté par le plus grand nombre de Terriens, la déontologie antispéciste pratique peut être justifiée par le neurobiologiste, affirmant que tout animal doté d’un système nerveux est simultanément doté d’une sensibilité. Cette capacité lui permet de ressentir le bien-être jusqu’au plaisir et le mal-être jusqu’à l’affect de la souffrance et de la douleur. On n’exercera donc pas la moindre pitié à l’égard des plantes et on poursuivra l’asservissement des animaux (domestication, élevage) lorsqu’elle est estimée indispensable à notre survie et dans le plus grand respect de ceux-ci. C'est-à-dire que l’on établit une échelle de valeurs entre l’huître et le gorille. Dans les contraintes de la coexistence qu’implique une civilisation conduite par l’espèce humaine, l’animal que l'homme croit avoir l’obligation de détenir sous sa dépendance a droit aux mêmes soucis d’entretien et d’attentions que tous les êtres incapables de se défendre par eux-mêmes, comme le sont le bébé, les personnes âgées ou celles victimes d’un handicap cérébral ou physique limitant. Le mépris de ces droits naturels correspond à un crime de non-assistance. Au Moyen Âge, on se riait tout autant du fou que du singe, dans notre Moyen Âge actuel, certains se rient encore du singe. Le fait que nous ne sachions pas grand-chose de l’état d’être d’une tortue ou d’un chardonneret ne nous autorise pas au déni du libre-arbitre de leur liberté, ou de leur confort relatif si l’on commet l’impudent délit de les incarcérer. Tous les êtres vivants ayant une origine commune, les différenciations intervenues au cours des millénaires de l’évolution n’autorisent pas des destins iniques, a fortiori lorsque ceux-ci ne sont motivés que par des sentiments d’égocentrisme ou de frivolité d’une espèce endoctrinée s’autoproclamant maître et souveraine du monde. Avec leur propension à conférer tous pouvoirs à l’homme vu comme couronnement de la création, les trois monothéismes créationnistes portent une très lourde responsabilité dans la cruauté exercée contre la Nature, les animaux et par ricochet contre l’homme lui-même, sa compagne et ses frères. Aujourd’hui, les pays d’Europe où l’Église a encore son mot à dire sont quotidiennement en infraction avec les législations de protection de l’animal. Chardonnerets et sereins chanteurs dans leurs geôles minuscules, cailles pondeuses détenues à l’étroit, sont encore massivement présents dans les foyers espagnols. Animal ! est en Espagne une insulte courante et qui se traduit par imbécile !

Le zoomorphisme tend à attribuer aux personnes des caractéristiques animales, sans mauvaise intention particulière. Le processus inverse est l’anthropomorphisme. Les deux modes correspondent à des pastiches, abusent de l’hyperbole et ont toujours travesti la vérité, notamment au détriment de la connaissance zoologique et du respect envers les espèces. La mythologie religieuse, avec sa fréquente thériantropie, l’univers des légendes, des fables (pour l’éducation du jeune animal humain…) et de la bande dessinée en firent un large usage. Jean de La Fontaine et Walt Disney recoururent outrancièrement à ces procédés et selon des modes souvent grotesques. Notre incapacité à renverser la perspective anthropocentriste fait que nous sommes bel et bien menacés par le Nuremberg de l’écologie que certains avaient prédit.

Enfant, aux cours de catéchisme des curés parisiens que mes parents m’imposaient pour mon plus grand mal, on nous projetait souvent, sous le regard du Crucifié, des films du Far West où les Indiens étaient mal traités. J’ai subi des passages obligés aux cirques Bouglione, Pinder et Medrano, au zoo de Vincennes, au jardin des plantes où je restais pantois devant nos frères gorilles incarcérés (et encore aujourd’hui non défendus par Amnesty international…), aux projections de films lénifiants de Disney. On ne m’a pas, non plus, épargné le spectacle édifiant de la Venus Hottentote, nue et empaillée, dans sa vitrine du muséum. Déjà, je voyais les curés, les gens du cirque et Wald Disney comme des voyous. Au temps de Maurice Papon et du métro Charonne, j’entrais dans l’adolescence. J’étais formé, formaté. Entomologiste, il ne me restait plus qu’à tuer des papillons toute ma vie. Au nom de la science.

« Les juifs sont des singes et les chrétiens des cochons. » Dans une école islamique de l’ouest de Londres, la King Fahad academy, les enseignants utilisent des livres qui décrivent les juifs comme des singes et les chrétiens comme des cochons. L’info fut diffusée le 6 février 2007 sur BBC2, et la directrice de l’établissement a affirmé, sur le plateau du journal Newsnight, que la traduction était sortie du contexte, Les traducteurs consultés ont tous pourtant lié les mots juifs à singes, et chrétiens à cochons.

Le non-Blanc pour le Blanc, le non-Noir pour le Noir ou le non-Chinois pour le Chinois, sont à mépriser, à dégrader du rang humain, à abaisser au rang animal. Les cultures non-occidentales sont primitives. Même type de dénigrement pour l’adversaire politique, le contradicteur idéologique, voire le joueur de l’équipe sportive opposée ! Comme les animaux, les Iroquois de la conquête de l’Ouest étaient sauvages et à loger à la même enseigne. Un singe ne construit pas des cathédrales. La vision machiste et conservatrice de l’autre sexe, le sexe faible, dont on dénigre les qualités intellectuelles pour justifier du non-droit de vote, de chéquier, de liberté et de plaisir sexuels ou de visibilité au salon des hommes, participe de ce raisonnement abject.

C’était au nom de la science ou du spectacle qu’on exhiba longtemps les êtres humains hors normes ou les sauvages les plus exotiques, telle la Vénus hottentote. Elle était née l’année des droits de l’Homme, qui n’étaient ni ceux de la femme, ni ceux de l’indigène, et ne le sont toujours pas vraiment. Fille d'un père Khoisan et d'une mère Bochiman, elle était dotée de stéatopygie (fesses surdimensionnées) et de macronymphie (organes sexuels protubérants). Un médecin de la Royal Navy l’embarqua pour l’Europe et, à Paris, elle devient un objet d'exposition des music-halls et des salons de la haute bourgeoisie. Elle termina sa vie dans les bordels. Du statut de bête curieuse, Baartman Saartjie passa aussi à celui de cobaye humain. Elle était exposée nue sous les yeux avides de scientifiques et d’artistes peintres. En 1815, le célèbre naturaliste Geoffroy Saint-Hilaire comparait dans un rapport le visage de l'infortunée à celui d'un orang-outang, et ses fesses à celles de la femelle du singe mandrill. Georges Cuvier, père de l'anatomie comparée sous Napoléon Bonaparte, estime quant à lui qu’elle est la preuve indéniable de l'infériorité de certaines races. Peu après sa mort et… pour le plus grand bien des connaissances, Cuvier la disséqua et présenta les conclusions de ses recherches devant l'Académie de Médecine : « Les races à crâne déprimé et comprimé sont condamnées à une éternelle infériorité. » Ce n’est qu’en 1974 qu’un directeur du laboratoire d'anthropologie du Muséum national d’histoire naturelle fit retirer le corps de la vitrine où il était exposé, pour l’entreposer à l’obscurité des caves du musée. En 2002, après de très longues tergiversations diplomatiques et une évidente mauvaise volonté des collections nationales, sa dépouille fut restituée à l’Afrique du Sud. « La Vénus hottentote conquit donc sa renommée en tant qu'objet sexuel, et la combinaison de sa bestialité supposée et de la fascination lascive qu'elle exerçait sur les hommes retenait toute leur attention ; ils avaient du plaisir à regarder Saartjie mais ils pouvaient également se rassurer avec suffisance : ils étaient supérieurs » (Stephen Jay Gould, Le Sourire du flamant rose, 2000).

L’animalisation est un zoomorphisme à dessein malfaisant, toujours dépréciatif et dénigrant, d’autant plus affligeant qu’il correspond à une chosification, tant pour l’homme que pour l’animal concernés. Fort de son incurable méconnaissance de la zoologie, c’est pour dénigrer son prochain que l’homme utilise certains travers prêtés aux animaux. Les invectives, insultes, injures et calomnies du genre ont toujours été très présentes dans les mœurs politiques, rarement reluisantes. Dans l’objectif d’animaliser, de mettre à quatre pattes l’adversaire, la violence verbale née de luttes intestines et les diatribes contre l’opposition ne manquent jamais de noms d’oiseaux. Il convient d’haranguer l’électeur badaud en stigmatisant et en raillant prosaïquement le protagoniste. La méthode relevant du symbolisme et ne parlant qu’au psychisme, l’animalisation connut son heure de gloire durant le nazisme et le fascisme. C’est surtout pendant les guerres et pour construire l’altérité qu’on se regorge de formules zoomorphiques, particulièrement à base de l’espèce porcine. Lors de la Grande Guerre, la caricature s’en donna à cœur joie en instrumentalisant le cochon, ce dernier étant assimilé à la barbarie teutonne, et notamment à sa goinfrerie alimentaire pour la charcuterie, en opposition à la civilisation française. Le cochon allemand était alors l’animal de la fange. Dans l’histoire des colonisations, le colon, son soldat ou son curé stigmatisaient par l’animal l’indécrottable infériorité du sauvage. La presse soviétique stalinienne, professionnelle de la haine, invectivait les écrivains qu’elle n’aimait pas en les qualifiant de vipères lubriques. Lors du congrès de la Paix à Vienne en 1952, Jean-Paul Sartre fut traité d’hyène dactylographe ! Dans Les damnés de la Terre, Sartre avait rappelé que la métaphore zoologique traduit toujours la marque du fascisme, mais le même Sartre est l’auteur de la sentence fameuse : « Tout anticommuniste est un chien  ». Même l’ami Alain Badiou use sans retenue de métaphores zoologiques : « Tout antisarkozyste est-il un chien ? » écrit-il dans le Monde du 24 juillet 2008, répondant à Pierre Assouline et à Bernard-Henri Lévy.

Hier et aujourd’hui, le langage xénophobe fait un large usage de l’animalisation. Les pires insultes à l’égard d’une personne d’origine arabe (et supposée comme tel parce que plus souvent Kabyle ou Berbère !) sont raton ou bicot. L’hymne à l’amour de Jacques Dutronc est une intelligente parodie du genre. Comme les chants nazis, les cris de singes poussés par les hooligans quand un footballeur Noir de l’équipe adverse touche le ballon sont désormais poursuivis par la loi. 

Bonnet d’âne et autres têtes de mules… 

Le bestiaire de ces insultes, injures, offenses, vexations et autres incontinences verbales est infini, en voici un florilège français non exhaustif.

Animal : se comporter comme un animal en dit long dans notre psychologie.

Bête : définit à la fois tout animal autre que l’homme et le manque d’intelligence, la stupidité, le fait d’être étourdi : « Être bête comme ses pieds  », « Que je suis bête !  », etc. Quant à l’expression « Nos amis les bêtes  », souvent utilisée par les amis des animaux (donc zoophiles dans la première acception du terme…), elle sous-entend bien une certaine commisération pour un monde inférieur, dont l’homme se positionne comme le protecteur, alors que Selon Théodore Monod : « Les animaux ne demandent pas qu'on les aime, ils exigent qu'on leur fiche la paix  ».

Bestial : qui ressemble à la bête, brutal, sauvage.

Bétail, bestiau : désigne péjorativement le cheptel, soit les animaux d’élevage autres que les oiseaux ; « Être traité comme du bétail  » signifie sans le moindre ménagement.

Singe, macaque, guenon : pour se gausser d’une personne estimée non évoluée, la plupart du temps avec connotation raciale.

Chien : comme attribut de discrédit systématique (« N’être qu’un chien  », « Une vie de chien  », « Ce n’est pas fait pour les chiens  »…).

Loup : pour qualifier une grande méchanceté (selon la sentence de Thomas Hobbes : « À l’état de nature, l’homme est un loup pour l’homme  »).

Chacal : homme profiteur, avide tel un charognard.

Rat : renvoie à un univers sordide, à un comportement de lâcheté (la métaphore des rats quittant le navire…), tant d’intérêts mesquins que de milieu minable.

Porc : c’est l’animal le plus caricaturé dans l’animalisation verbale, écrite ou iconographique, à l’endroit de tout individu que l’on entend disqualifier et calomnier sous un quelconque prétexte, notamment celui de la vulgarité. Le cochon est pourtant un mammifère très intelligent, surtout son ancêtre sauvage, non amoindri par des siècles d’élevage.

Cochon, cochonne : « 1. Sale, dégoûtant. 2. Malfaisant, déloyal. 3. Égrillard, obscène » selon Le Petit Larousse. (Suivent dans la ligne : cochonceté pour obscénité, cochonnerie pour malpropreté).

Caractère de cochon, tête de lard : pour qualifier un mauvais caractère.

Ours : pour une personne peu avenante, qui fuit la société.

Ours mal léché : pour un individu bourru (« Ainsi que l'ours, à force de lécher son petit, le met en perfection, ainsi vois-je, etc. » Rabelais).

Âne, kif-kif bourricot (pareil à l'âne) ou buse : pour stigmatiser l’insuffisance intellectuelle, l’ignorance, voire une personne bornée. Les expressions péjoratives sont nombreuses : avoir un bonnet d'âne, être franc comme un âne qui recule, faire l'âne pour avoir du son, être un âne bâté, brider un âne par la queue, chantez pour un âne, c’est des crottes qu’il vous donne, etc.

Tête de mule : pour une personne têtue, à l’attitude buttée.

Cheval, jument : pour une belle femme, mais de grande stature.

Gros bœuf : pour un homme lourd, sans distinction.

Vache (peau de) est synonyme de salaud (« Une jolie fleur dans une peau d'vache.  » Georges Brassens).

Veau : pour un abruti (« Les Français sont des veaux. » Charles de Gaulle).

Chameau : un « vrai chameau » est quelqu’un de méchant, désagréable.

Brebis galeuse : pour une personne rejetée, indésirable.

Bouc : pour un homme brutal et grossier.

Renard : pour une malignité peu honnête.

Blaireau : synonyme de ringard, de beauf.

Maquereau, maquerelle, morue : toutes invectives propres au monde de la prostitution.

Thon ou truie : à l’intention d’une fille laide ou grosse.

Grenouille de bénitier : pour qualifier une bigote.

Anguille : pour quelqu’un d’insaisissable.

Langue de vipère : pour une personne habituée à diffamer

Vipère, araignée ou autre animal lubrique : pour discréditer quiconque en lui attribuant un penchant excessif pour le vice et la luxure ; l’expression, très largement extrapolée dans les insultes politiques, est en outre inexacte car il n’y a aucune attribution scientifique de lubricité ni à la vipère, ni à l’araignée !

Scorpion : ennemi qui tue par derrière, malfaisant, hypocrite («  Comme le scorpion, mon frère, / Tu es comme le scorpion / Dans une nuit d’épouvante.  » Nazim Hikmet).

La bêtise au front de taureau : sert à brocarder l’énorme bêtise (« Contristé, servile bourreau / Le faible qu'à tort on méprise ; / Salué l'énorme Bêtise, / La Bêtise au front de taureau.  » Charles Baudelaire (L’examen de minuit, in Les fleurs du Mal). 

On notera que rares sont les animaux ayant droit à un noble statut, c’est néanmoins le cas du chat, du lion, de l’aigle, du coq, du paon, de l’abeille…

Bien que donner à quelqu'un un nom d'oiseau signifie le traiter de tous les noms, l’injure apparaît aussi au premier degré :

Bécasse : pour une personne sotte.

Dinde, bécassine ou oie (blanche) : pour une fille niaise.

Grue : pour une prostituée.

Poule mouillée : pour un homme couard.

Poulet : pour un policier.

Pie : pour une personne bavarde.

Perroquet : pour quelqu’un qui répète.

Perruche : pour une femme bavarde.

Faire l’autruche : pour quelqu’un qui refuse de voir le danger.

Vieille chouette : pour une femme revêche (et non chevêche !).

Vautour : pour une attitude de bas profit qu’inspire l’oiseau charognard.

Corbeau : comme oiseau de mauvais augure, auteur de lettres anonymes.

Buse : qualifie l’idiotie, et triple buse signifie alors trois fois idiot (acception péjorative attestée depuis le XVIe siècle, selon le Robert).

Butor : pour un malappris.

Canard boiteux : pour un sujet mal adapté à la société.

Pigeon : pour quelqu’un facile à duper, à « plumer ».

Faisan : pour l’auteur d’affaires louches.

Tête de linotte : pour une personne écervelée.

Drôle de moineau : pour quelqu’un de méprisable.

Etc. 

Si l’analogie à la Nature et aux animaux est le plus souvent négative et péjorative chez les monothéistes, elle est par contre gratifiante et positive chez les peuples natifs ou en Orient. En Chine, au Japon, on se prénomme « Premières neiges », « Hautes vagues », « Immense surface d'eau », « Fleur de Lotus », « Orchidée », « Perle précieuse », « Hirondelle », « Fleur de prunier », ad libitum..., autant de références homotéliques. Si vous avez rendez-vous avec un banquier chinois se nommant Jinsong, dont la secrétaire s'appelle Shao Lian, vous serez reçus par Monsieur « Pin droit » et Mademoiselle « Immense surface d'eau ». Tout le monde connaît les noms des Amérindiens, dont certaines traductions littérales donnent : Fleur éternel, Papillon, Faon, Oiseau bleu, Serpent à Fleurs, Castor, Soleil évident, Pluie tombante, Petit bison, Cerf commun, Coyote chassant des cerfs, Colombe sauvage, Une vigne sur un Chêne, etc.

Ainsi, les peuples premiers, et encore à ce jour les sociétés ayant échappé à l'anti-chemin des monothéismes révélés, vénèrent la Nature, la glorifient en étant fiers et dignes de se prénommer « Petit bison » ou « Serpent à fleurs », tandis que nous, les « porcs », les « truies », les « boucs », les « ânes », les « triples buses », les « vieilles chouettes », les « grues », les « poules mouillées », les « langues de vipères », les « hyènes dactylographes », les « têtes de mule », les « chiennes lubriques » et autres noms d'oiseau, c’est péjorativement que nous nous inspirons du Vivant pour avilir, calomnier, excommunier, etc. Quel Dupond-Durand, quel Schmidt, quel Smith, quel Gomez-Hernandez irait prénommer son fils « Petit bœuf » ? Même s'il n’est ni gavé par Mac-Do, ni obèse !

En détestant notre environnement naturel, en crachant sur le Vivant, nous avons fait notre propre malheur, et c'est pourquoi dans cet enfer crétin, pétri de haine, d'envies frustrées et de rancœur, nous nous voyons condamnés à perdre notre vie pour la gagner.

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Le spécisme ordinaire Le spécisme ordinaire

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79 réactions à cet article    


  • Michel Tarrier Michel Tarrier 14 novembre 2011 11:28

    Vous pouvez vous documenter et prendre conscience en consultant cette toute nouvelle page sur Facebook : SPÉCISTES NOTOIRES - Ennemis déclarés de la cause animale
    http://www.facebook.com/pages/SP%C3%89CISTES-NOTOIRES-Ennemis-d%C3%A9clar%C3%A9s-de-la-cause-animale/277211528984043?sk=photos
    UNE LEVÉE DE BOUCLIERS CONTRE LES PERSONNALITÉS, LES ENTITÉS ET LES IDÉOLOGIES OSTENSIBLEMENT SPÉCISTES !


    • Gens_d_Ormesson Gens_d_Ormesson 14 novembre 2011 11:47

      Bientôt l’heure du repas ?
      Bon appétit !

      Désolé...


      • Eléonore Eléonore 14 novembre 2011 14:28

        J’adore..Merci Michel

        En détestant notre environnement naturel, en crachant sur le Vivant, nous avons fait notre propre malheur, et c’est pourquoi dans cet enfer crétin, pétri de haine, d’envies frustrées et de rancœur, nous nous voyons condamnés à perdre notre vie pour la gagner.


        • Tristan Valmour 14 novembre 2011 14:32

          Je suis spéciste, et pourtant je suis contre le racisme, l’homophobie, l’apartheid, etc. Donc, votre vérité générale est particulièrement mal venue, et d’ailleurs vous énoncez toujours sans jamais rien prouver.

          Je suis spéciste, et pourtant je respecte les animaux, je ne leur souhaite pas de mal, et n’ai aucun animal domestique. Je suis aussi pour la diversité du vivant.

          Je suis spéciste, parce que l’Homme est l’animal qui dispose du cortex préfrontal le plus développé, ce qui le conduit à se poser des questions absentes chez les autres animaux.

          Je suis spéciste parce que les émotions humaines sont ambivalentes, ce qui n’est pas le cas chez les autres animaux (cf Temple Grandin) qui ont au contraire des émotions simples, et qu’il est donc faussement facile d’attribuer aux animaux des émotions qu’ils n’ont pas, et qui ne sont que le reflet des propres désirs ou peurs humains. Des émotions ambivalentes qui font toute la complexité de l’être humain et président à son comportement aussi étrange, à la fois positif et négatif. 

          Je suis spéciste parce que l’Homme dispose d’une capacité à construire et protéger supérieure aux autres animaux, et que ce faisant, malgré sa capacité à détruire (et que l’on retrouve également chez les autres animaux), il demeure riche d’un potentiel positif inconnu chez les autres espèces vivantes, et qui lui permettent potentiellement de toutes les protéger.

          Je suis spéciste parce que vraisemblablement toutes les espèces le sont. Elles modifient toutes leur environnement à leur image pour s’y adapter au mieux, suivant en cela les principes de la motilité, par conséquent étendre leur territoire (procréation, conquête…) et y régner sans partage, et ce, même lorsqu’elles développent des stratégies symbiotiques. Stratégies symbiotiques présentes également chez l’Homme qui domestique les animaux comme le pique-bœuf domestique les ongulés, Homme et pique-bœuf accomplissant leur motilité propre lié à leurs espèces respectives. Finalement, chaque espèce emploie ses capacités pour accomplir son dessein, à la différence que l’être humain est capable d’y porter une réflexion pour évaluer le ratio bien/mal de ses actes, et que cela donne un espoir lorsque ce dernier aura franchit une étape supplémentaire dans son évolution.

          Je suis spéciste parce que malgré ses innombrables défauts – et sur lesquels il peut exercer une réflexion pour se bonifier – l’Homme, à l’inverse des guêpes, ne pond pas d’œufs dans des pucerons vivants afin que ceux-ci deviennent une nourriture vivante pour ses larves qui les dévorent de l’intérieur. Finalement, les plantes et les animaux ne sont pas aussi purs que les spécistes tentent de le faire croire, et si l’Homme n’existait pas, le monde serait dominé par les insectes et les virus, et troquerait un maître contre un autre.

          Je suis spéciste parce que les antispécistes cachent mal leur haine de l’humanité derrière leur prétendu amour pour les autres espèces, doublé d’un curieux concept égalitaire absent à l’état naturel et que, par conséquent, leur intégrisme représente un danger pour l’Homme et les sociétés humaines.

          Je suis enfin spéciste parce que les antispécistes pourraient avoir un problème au niveau de leur cortex cingulaire antérieur.

          Vous allez ajouter mon nom à la liste de ceux que vous souhaitez éliminer, Tarrier ?


          • foufouille foufouille 14 novembre 2011 16:01

            faut pas oublier la carotte et le radis
            faut manger des feuilles mortes et des fruits tombes


          • Pol des Loups Pol des Loups 14 novembre 2011 18:15

            Il me semble qu’il est grandement temps que nous prenions conscience que notre asservissement au dieu pognon a fait de l’espèce humaine l’animal le plus domestiqué de la planète et que nos sociétés civilisées peuvent être comparées à une prison qui n’a pas besoin de portes.

            Les milliers d’heures que j’ai passés avec des loups m’ont permis de comprendre que les animaux ont un langage qui va bien au-delà du langage verbal et de la gestuelle physique.

            Nous sommes nombreux à penser de la sorte. Pensée qui peut être résumée par la citation ci-dessous :

            Le jour où nous comprendrons que, chez les animaux, a pu se développer une pensée sans langage, alors nous mourrons de honte pour les avoir enfermés dans des zoos et pour les avoir humiliés.
            Boris Cyrulnik, Ethologue


            N’étant nullement misanthrope, le Respect de la Vie inclut, naturellement, l’espèce humaine dont le grand malheur est d’être passée du statut de prédateur à celui de destructeur, y compris d’elle-même.


          • Michel Tarrier Michel Tarrier 14 novembre 2011 18:32

            Merci Pol des Loups.
            Ça fait du bien dans la fange des commentaires imbéciles ou hargneux.
            Pardon : imbéciles ET hargneux.
            Les gens n’aiment pas recevoir leurs 4 vérités dans la tronche.
            C’est pour cela qu’ils se font mettre en long, en large, en travers et dans tous les sens par des politiques qui les caressent dans le sens du poil.
            Bien mérité, mais que de dégâts pour plus tard.


          • foufouille foufouille 14 novembre 2011 20:32

            @ pol des loups
            il te reste a ecouter la carotte
            ce qui sera plus difficile
            les legumes aiment la musique .............


          • ffi ffi 14 novembre 2011 14:39

            Cela dit vous ne citez que les expressions qui vont dans le sens de votre théorie.
            Ne dit-on pas
            - doux comme un agneau
            - avoir une vue d’aigle.
            - se battre comme un lion
            ...
            etc.

            A mon avis, vous vous trompez dans la manière de poser les termes du débat. Tout mot, si l’on y pense bien est une catégorie, une espèce. Il faut bien des mots pour désigner la réalité, et cette réalité, on la perçoit par catégorie. Discourir sur la réalité nécessite l’emploi de mots, et donc de catégorie.

            D’ailleurs, vous inventez vous-même un mot, le spécisme, qui n’est rien d’autre qu’une catégorie que vous employez pour désigner une certaine manière de penser.

            Vous attribuez ensuite à cette catégorie de manière de penser des propriétés fatalement « méchantes » et voulez y voir la source exclusive de tout le mal.

            Vous préconisez enfin d’abandonner toute classification par « espèces » pour y parer.

            Mais, puisque vous-même avez réalisé une catégorisation des manières de pensée par « espèce » de pensée, votre réflexion, selon votre propre raisonnement, est donc fatalement mauvaise.

            Le débat est donc mal posé. Il ne s’agit pas d’un problème de mots, qu’il faudrait interdire, car ayant aboli les mots pour désigner les animaux et les classifier en espèces, et ainsi les distinguer, le problème demeurerait identique.

            Le problème est dans le rapport à l’altérité.
            L’autre paraît étrange et cela est source de conflit.


            • ffi ffi 14 novembre 2011 14:57

              Bref, vous faîtes pile ce que vous dénoncez : vous désignez une espèce (de pensée) que vous stigmatisez comme nécessairement mauvaise.

              Mais soyez sérieux. Ce n’est pas parce que je sais distinguer une femme d’un homme ou un arabe d’un noir, que je vais nécessairement penser que toutes les femmes sont identiques et méchantes ou que tous les arabes sont identiques et méchants...

              Ainsi, ce n’est pas parce que je dénomme perroquet, un perroquet que je vais penser que tous les perroquet sont méchants.

              Vous pratiquez exactement l’amalgame que vous dénoncez, en fait.


              • Rounga Roungalashinga 14 novembre 2011 15:18

                L’article est en effet assez spécieux et la question est mal posée. Il s’agit de terrorisme intellectuel caractérisé (« si vous ne pensez pas comme ça, alors vous êtes raciste, sexiste, vous battez votre femme et vous êtes pour l’apartheid »). Pourtant, sur le plan des idées, il n’y a rien, aucun argument rationnel, seulement un amalgame grossier et maladroit, basé uniquement sur les haines personnelles de l’auteur, le monothéisme particulièrement. Tout ici procède de la technique du « rapprochement fulgurant ». Le rapprochement fulgurant, c’est de rapprocher deux faits dans un même contexte pour en déduire qu’il existe une corrélation entre eux (exemple (je dis n’importe quoi) : « le cours du pop-corn était en baisse avant la mort de Michaël Jackson, et il a remonté après, donc Michael Jackson a été tué par le lobby du pop-corn »). Ainsi, l’auteur nous apprend que c’est lors de ses cours de catéchisme qu’il a vu des western et la Vénus Hottentote, et il se permet d’en déduire que le monothéisme est la cause principale du spécisme, du racisme, et tout le tralala ! C’est encore plus grossier que mon exemple du pop-corn, mais l’auteur ose quand même. Parce que quand même il pourrait réfléchir deux minutes et se dire que le judaïsme et le christianisme ont supprimé à grande échelle les sacrifices animaliers, et que l’élevage intensif qui est effectivement atroce a pour racine le capitalisme et l’idéologie athée du libéralisme philosophico-économique (tout est marchandise + la recherche sans frein du profit fera le bonheur de l’humanité).

                Autrement je me considère comme spéciste car je considère qu’il existe plusieurs espèce et il y en a que je préfère à d’autres (je préfère les chats aux chiens, par exemple). D’ailleurs tous les animaux sont spécistes, puisqu’ils tuent éventuellement des individus d’autres espèces, mais pas de la leur. Et si les animaux sont spécistes, c’est être contre les animaux d’être anti-spéciste !


                • OMAR 14 novembre 2011 17:13

                  Omar 33

                  @Michel

                  Les colonialistes français (et non les pieds-noirs) désignaient ouvertement les algériens de ratons, terme repris par l’’OAS..

                  Et quand ils cassaient de l’Algérien, ils parlaient de ratonnades...

                  Vérifiez dans les anciens « Laroousse »..


                  • Michel Tarrier Michel Tarrier 14 novembre 2011 17:16

                    L’Hymne à l’amour (Moi, l’noeud !)
                    http://www.youtube.com/watch?v=1U97y67dIvQ


                    • cevennevive cevennevive 14 novembre 2011 17:35

                      Bonjour ffi,

                      vous avez oublié « sauter comme un cabri ». C’est bien joli et tendre, non ?

                      Cela dit, je suis bien d’accord avec Rounga et Tristan que je salue.

                      Je suis sans doute moi aussi « spéciste » sur bien des points et en toute innocence... Je vais y réfléchir plus avant, mais, de prime abord, je ne me sens pas coupable de ce curieux défaut dénoncé par Michel Tarrier...

                      Bonjour Michel,
                       
                      Vous êtes toujours un peu trop péremptoire dans vos affirmations. Malgré la justesse de vos opinions, les affirmer sans tendresse ni précaution ne peut qu’en amener le rejet de ceux qui se sentent bousculés dans leurs habitudes. Personnellement, cela ne me gène pas. J’aime vous lire et je suis généralement d’accord avec vous.

                       Mais je vous ai déjà dit cela dans un autre fil...

                      Cordialement à tous, spécistes ou anti-spécistes !


                      • Michel Tarrier Michel Tarrier 14 novembre 2011 18:36

                        Note : mes billets sur Agoravox souffrent d’un paradoxe : les commentaires sont pour la plupart glaireux, nauséeux, vindicatifs, ennemis, mais le vote pour l’article demeure le plus souvent entre favorable et énormément favorable. Preuve que ceux qui la ramènent souffrent d’indigestions chroniques quant au souci écologique. Mais pourquoi me lire s’ils sont animés d’une telle exécration à l’idée de devoir respecter le Vivant ? Qu’ils continuent à tuer en silence.


                        • Traroth Traroth 15 novembre 2011 10:57

                          Ou alors que le vote ne veut pas dire grand-chose, ce qu’on a déjà pu constater très souvent par ailleurs !


                        • Karash 15 novembre 2011 14:36

                          Pourtant, en donnant corps à leurs critiques, vos contradicteurs vous donnent une chance de les convaincre. Ce qui devrait plutôt vous réjouir que l’inverse. 


                          Par exemple, on peut adhérer au discours dans sa globalité tout en ayant un certain recul vis à vis de certains procédés de rhétorique, et le dire. Où est le mal ?

                          Les gens qui critiquent ne sont pas à classer automatiquement dans la catégorie des trolls indécrotables.

                          Cordialement,

                        • Traroth Traroth 15 novembre 2011 14:39

                          Je crois que l’auteur a du mal à affronter ses contradicteurs, et préfère les insulter en disant que leurs commentaires sont « glaireux, nauséeux, vindicatifs, ennemis », ce qui lui permet de s’abstenir d’y répondre, ce dont il serait bien incapable !


                        • Karash 15 novembre 2011 14:55

                          Ca, c’est à voir. Je n’ai pas de préjugés la dessus, et je préfère donc laisser l’auteur répondre ^^




                        • Asp Explorer Asp Explorer 14 novembre 2011 19:28

                          De cet article qui n’est qu’un pamphlet d’excité, il n’émerge qu’un seul éclair de lucidité, à savoir que la religion chrétienne a toujours clairement marqué une dichotomie entre les deux mondes, l’humain et l’animal. Ce n’est pas un hasard. Il s’agissait de sanctifier la vie humaine pour, autant que faire se peut, la protéger. En ceci, elle est héritière d’une longue tradition occidentale qui marque cette dichotomie par toutes sortes de croyances, mythes et pratiques, dont la corrida est le plus visible exemple. Assumant cet héritage, je me révolte à l’idée qu’on puisse considérer les animaux à l’égal de l’homme car partant de là, il n’y aurait pas loin à considérer que l’homme ne vaut pas plus qu’une bête. Et il faut être d’une confondante naïveté pour ne pas voir les implications immédiates qu’aurait une telle croyance si elle se répandait.

                          Ces jérémiades contre un prétendu spécisme ne sont qu’une version adulte des fantasmes de fillettes sottes occupées à peigner leurs petits poneys de plastique. Une marotte de petits bourgeois blancs qui n’ont pas de réel problème et se croient donc obligés de s’en créer de toute pièce.

                          Pour ma part, comme tout un chacun, je n’aimerai pas avoir comme voisins des jeteurs de chiots ni des brûleurs de chats. Toutefois, je mange de la viande, non par haine des animaux, mais parce que j’aime la viande. Je me vêts de cuir, non par mépris des animaux, mais parce que c’est une matière noble ayant bien des qualités. J’estime qu’un fourreur est un honnête artisan, et non un émule de Klaus Barbie. Je considère que les animaux sont des objets, et non des individus, et en tant qu’objets, ils n’ont pas plus de droits que mon four micro-ondes. Je suis, en somme, un individu normal. Nous sommes nombreux dans ce cas, et nous tenons à nos entrecôtes. Tenez-vous le pour dit.


                          • foufouille foufouille 14 novembre 2011 20:34

                            et maintenant il porte des feuilles mortes


                          • Asp Explorer Asp Explorer 14 novembre 2011 22:31

                            Si on considère que la vie d’un homme ne vaut pas plus que celle d’une bête, alors on considère qu’elle ne vaut pas bien cher, vu que pour la plupart des gens, « les gens normaux », elle ne vaut pas bien cher.


                          • roro46 15 novembre 2011 11:15

                            " je me révolte à l’idée qu’on puisse considérer les animaux à l’égal de l’homme car partant de là, il n’y aurait pas loin à considérer que l’homme ne vaut pas plus qu’une bête. Et il faut être d’une confondante naïveté pour ne pas voir les implications immédiates qu’aurait une telle croyance si elle se répandait."

                            Aucune croyance là-dedans : je suis un animal, tout comme vous, ainsi que tout les humains.


                          • L’Ankou 15 novembre 2011 12:11

                            Je soutiens totalement ASP Explorer sur ce point.

                            Si la souffrance animale vous est si insupportable, allez donc courir la savane pour infliger à la tendre gazelle les analgésiques qui allègeront son agonie quand elle tombera sous les crocs de son prédateur naturel. Faites des couveuses à guèpes pour les empêcher de pondre leurs larves dans les corps vivants d’araignées qu’elles dévorent de l’intérieur. Que comptez-vous faire pour protéger la musaraigne contre les griffes cruelles du chat joueur ?

                            Si vous ne faites rien de cela, c’est que la souffrance animale n’est pas le problème. Dans le fond, elle vous indiffère, monstre que vous êtes ! Elle n’est qu’un prétexte.

                            Alors creusons ! Qu’est-ce qui vous choque dans la souffrance de la bête ? C’est uniquement qu’elle est infligée par l’homme, non ? Mais si, bien sûr ! Vous voilà révélé au grand jour : vous êtes spéciste ! Vous imposez à une espèce précise, l’homme, des responsabilités que d’autres n’ont pas ! Vous faites donc bien une distinction entre espèces ! Et non seulement vous êtes un sale spéciste, mais probablement parmi les plus ignobles : votre zoolâtrie ne sert qu’à masquer votre misanthropie !

                            Faites donc œuvre de charité et allez vous donner en pâture aux grands fauves !

                            Le vrai spécisme est un humanisme et je suis fier d’en être.


                          • Grasyop 15 novembre 2011 14:14

                            « C’est uniquement qu’elle est infligée par l’homme, non ? »

                            Non. Pas en ce qui me concerne, du moins.

                            Pour le reste, les paradoxes, tout ça, ma maxime est qu’il vaut mieux être incohérent et à moitié con, que cohérent et con à 100 %.


                          • Michel Tarrier Michel Tarrier 14 novembre 2011 20:30

                            « Les êtres humains en tant qu’espèce n’ont pas plus de valeur que les limaces. »

                            John Davis


                            • foufouille foufouille 14 novembre 2011 20:34

                              ni que les carottes


                            • Marc Viot Marc Viot 14 novembre 2011 21:02

                              Si tu le penses arrêtes de bouffer des carottes et fait donc plus ton lapin ^^


                            • Michel Tarrier Michel Tarrier 14 novembre 2011 20:51

                              Florilège de citations antispécistes

                              N’en déplaise à certains, elles ne sont pas signées par des idiots congénitaux.

                              « Ne serait-ce que pour enseigner la bienveillance à l’humanité, nous devrions avoir de la pitié pour d’autres créatures. » Plutarque

                              « Car aussi longtemps que les hommes massacrent les animaux, ils vont s’entretuer. En effet, celui qui sème la graine du meurtre et de la douleur ne peut pas récolter la joie et l’amour. » Pythagore

                              « Les naturels sanguinaires à l’endroit des bêtes témoignent d’une propension naturelle à la cruauté. » Michel de Montaigne

                              « La grandeur d’une nation peut être jugée par la manière dont ses animaux sont traités. » Mohandas Karamchand Gandhi

                              « Je ne prête pas beaucoup d’attention à une religion humaine pour laquelle les chiens et les chats ne sont pas ce qu’il y a de mieux. » Abraham Lincoln

                              « Plus nous allons au contact des animaux et observons leur comportement, plus nous les aimons.  » Emmanuel Kant

                              « L’amour pour tout être vivant est le plus noble attribut de l’homme. » Charles Darwin

                              « Les animaux, dont nous avons fait nos esclaves, nous n’aimons pas les considérer comme nos égaux. » Charles Darwin

                              « Je ne vais pas tuer ou faire du mal à toute créature vivante inutilement, ni détruire toute belle chose, mais je vais m’efforcer de sauver et de réconforter toute vie douce, et garder et protéger toute beauté naturelle sur cette Terre. » John Ruskin

                              « Aime les animaux : Dieu leur a donné les rudiments de la pensée et de la joie intactes. Ne trouble pas leur joie, ne les tourmente pas, ne les prive pas de leur bonheur, n’œuvre pas contre l’intention de Dieu.  » Fyodor Dostoievsky

                              « Vous ne serez jamais, et dans aucune circonstance, tout à fait malheureux si vous êtes bon envers les animaux. » Victor Hugo

                              « Si un homme aspire à une vie juste, il doit commencer par s’abstenir de faire du mal aux animaux. » Léon Tolstoï

                              « L’Homme meurt, l’Animal périt. » Martin Heidegger

                              « L’animal ne possède rien, sauf sa vie, que si souvent nous lui prenons. » Marguerite Yourcenar

                              « La question n’est pas : peuvent-ils raisonner ? Ni : peuvent-ils parler ? Mais : peuvent-ils souffrir ?  » Jeremy Bentham

                              « Apprendre à un enfant à ne pas marcher sur une chenille est aussi précieux pour l’enfant que pour la chenille. » Bradley Miller

                              « Vous mettez un bébé dans son lit avec une pomme et un lapin. S’il mange le lapin et joue avec la pomme, je vous achète une nouvelle voiture.  » Harvey Diamond

                              « L’homme est un animal qui a trahi, et l’histoire est sa sanction. » Emil Cioran


                              • Traroth Traroth 15 novembre 2011 10:55

                                C’est tout ce que vous avez trouvé ? L’argument d’autorité ? Mais c’est pathétique !


                              • Traroth Traroth 15 novembre 2011 11:03

                                Juste une remarque : j’approuve la plupart de ces remarques, et pourtant, je continue à penser que votre histoire de spécisme, c’est de la connerie. Aimer les animaux, ne pas vouloir leur faire du mal gratuitement d’une part, et d’autre part les considérer comme les égaux des êtres humains, ce sont deux choses bien différentes !


                              • Karash 15 novembre 2011 15:04
                                Si j’ai bien compris, le propos de l’auteur ce n’est pas de dire il faut traiter « bien » les animaux en les inscrivant à la sécu .... mais bien en reconnaissant simplement leur droit d’exister. Partant de ce principe, et du constat que l’homme est quasiment végétarien de par sa constitution physiologique, il est normal de penser que l’élevage industriel est une abomination.

                                Il ne s’agit pas non plus (j’imagine) de se laisser bouffer par les tigres, parce que ceux ci ont le droit d’exister, mais de ne pas exterminer toute une race à cause de l’imprudence de certains.

                                Après, il est aisé de dire « il ne faut pas exterminer » telle ou telle espèce, AILLEURS, quand on a décimé tout ce qui pouvait nous déranger ICI, et que l’on tient ce discours dans son fauteuil, derrière son ordi, bien dorloté par la société de consommation, j’en suis le premier conscient. 

                              • Michel Tarrier Michel Tarrier 14 novembre 2011 20:53

                                Florilège de citations antispécistes (suite)
                                N’en déplaise à certains, elles ne sont pas signées par des idiots congénitaux.

                                « Je ne suis pas un écologiste qui dit qu’une souris a autant de responsabilité que moi, je suis un écologiste qui dit que j’ai plus de conscience que la souris et que je suis donc responsable aussi de la souris. » Jean-Marie Pelt

                                « On me demande parfois : Pourquoi dépensez-vous autant de votre temps et d’argent à parler de la bonté des animaux quand il y a tant de cruauté faite aux hommes ? Je réponds : Je travaille à ses racines. » George T. Angell

                                « La bête sauvage et cruelle n’est pas derrière les barreaux de la cage, elle se tient devant elle.  » Alex Munthe

                                « Le fait d’enfermer dans une cage des animaux libres et fiers est l’un des procédés les plus abominables de la colonisation. » Aragon

                                « Le jour où l’on comprendra qu’une pensée sans langage existe chez les animaux, nous mourrons de honte de les avoir enfermés dans des zoos et de les avoir humiliés de nos rires.  » Boris Cyrulnik

                                « S’élever contre les corridas, c’est défendre notre part d’humanité, une part qui dans notre société est en grave danger. » Albert Jacquard

                                « Il m’a toujours semblé que lorsque le taureau était tué, une part même d’humanité périssait avec l’animal. » Angelo Rinaldi

                                « Je ressens de la tristesse pour ces femmes qui continuent d’acheter des manteaux avec de la vraie fourrure. Il leur manque les deux plus importantes choses nécessaires à une femme : du cœur et de la sensibilité. » Jayne Meadows

                                « Peu d’hommes pourraient supporter pendant cinq minutes l’observation d’un animal se débattant, avec un membre écrasé ou déchiqueté. » Charles Darwin

                                « Le raisonnement justifiant la vivisection, le sacrifice de créatures que nous considérons comme des êtres « inférieurs », diffère peu de celui qui justifie le camp de concentration ou le commerce des esclaves. » Sadruddin Aga Khan

                                « Demandez aux chercheurs pourquoi ils expérimentent sur les animaux et leur réponse est : parce que les animaux sont comme nous. Demandez aux chercheurs pourquoi c’est moralement acceptable d’expérimenter sur des animaux et leur réponse est : parce que les animaux ne sont pas comme nous. L’expérimentation animale repose sur une contradiction logique. » Charles R. Magel

                                « Les indicibles cruautés de l’homme à l’égard des animaux s’étaient limitées jusqu’ici à la surface de notre planète. Allons-nous les voir désormais envahir l’espace et peut-être se multiplier à travers ce dernier ? On peut le craindre en prenant connaissance du projet Bion, exposant des singes à bien des souffrances et qui, de plus, d’après le docteur Robert Hoffman, serait d’un intérêt scientifique plus que douteux. » Théodore Monod


                                • Michel Tarrier Michel Tarrier 14 novembre 2011 21:01

                                  Le coin des végés. Ils ont dit… (1)

                                  « La pire torture infligée à une poule de batterie est l’impossibilité de se retirer quelque part pour pondre. Pour la personne qui connaît un peu les animaux, il est réellement déchirant de voir comment une poule essaie et essaie encore de ramper sous ses voisines de cage pour y chercher en vain un endroit abrité. » Konrad Lorenz
                                  « Maintenant je peux te regarder en paix, désormais je ne te mange plus. » Franz Kafka (Remarque faite pendant qu’il admirait un poisson)
                                  « La consommation de viande éteint la graine de la grande compassion. » Bouddha
                                  « Mais pour une petite bouchée de viande, nous privons une âme du Soleil et de la lumière, et de cette portion de vie et de temps dont sa venue au monde la destinait à profiter. » Sénèque

                                  « J’ai renoncé très jeune à manger de la viande et le jour viendra où les hommes, comme moi, considéreront le fait de tuer des animaux comme ils considèrent aujourd’hui le fait de tuer des hommes. » Léonard de Vinci

                                  « En aucune façon, l’homme n’a la constitution d’un carnivore. Chasse et voracité ne lui sont pas naturelles. L’homme n’a ni les dents acérées ni les griffes pour tuer sa proie. Au contraire, ses mains sont faites pour cueillir des fruits, des baies et des légumes, et ses dents sont appropriées pour les mâcher. (…) En résumé, nos vergers offrent tous les délices imaginables, tandis que les abattoirs et les boucheries sont pleins de sang coagulé et d’une abominable puanteur. » John Ray

                                  « Se nourrir des animaux n’est pas loin de l’anthropophagie et du cannibalisme. La même quantité de terre utilisée pour paître et nourrir du bétail pourrait nourrir dix personnes ; si de plus nous la cultivions avec des lentilles, haricots en grains ou petits pois, cela pourrait nourrir une centaine de personnes... Le bassin d’Orinoco peut produire suffisamment de bananes pour nourrir l’humanité entière confortablement. » Alexander von Humboldt

                                  « Le classement des formes, des fonctions organiques et des régimes a montré d’une façon évidente que la nourriture normale de l’homme est végétale comme les anthropoïdes et les singes, que nos canines sont moins développées que les leurs et que nous ne sommes pas destinés à concourir avec les bêtes sauvages ou les animaux carnivores. » Charles Darwin


                                  • Michel Tarrier Michel Tarrier 14 novembre 2011 21:02

                                    Le coin des végés. Ils ont dit… (1)

                                    « Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille. » Léon Tolstoï

                                    « Je n’ai aucun doute que c’est la part du destin de la race humaine dans son développement graduel d’arrêter la consommation des animaux, comme certainement les tribus sauvages ont arrêté de se manger les unes les autres quand elles sont entrées en contact avec les plus civilisés. » Henry David Thoreau

                                    « Les animaux sont mes amis et je ne mange pas mes amis. » George Bernard Shaw

                                    « Je crois que l’évolution spirituelle exige, à un certain stade, que l’on cesse de tuer nos frères les animaux pour la satisfaction de nos désirs corporels. » Mohandas Karamchand Gandhi

                                    « Pensez de temps en temps à la souffrance que vous évitez de voir. » Albert Schweitzer

                                    « Rien ne peut être meilleur pour la santé de l’homme et augmenter ses chances de survie sur Terre que l’évolution vers une alimentation végétarienne. » Albert Einstein

                                    « Face à la souffrance humaine ou animale, le cœur et la compassion ne se divisent pas. » Théodore Monod

                                    « Auschwitz commence partout où quelqu’un regarde un abattoir et pense : ce sont seulement des animaux. » Théodore Adorno

                                    « Les gens disent souvent que les humains ont toujours mangé les animaux, comme si c’était une justification pour continuer la pratique. Selon cette logique, nous ne devrions pas essayer d’empêcher les gens d’assassiner d’autres personnes, puisque ceci existe aussi depuis les tous premiers temps. » Isaac Bashevis Singer « Je ne vois aucune raison à ce que les animaux soient abattus pour servir l’alimentation humaine quand il y a autant de substituts. Après tout, l’homme peut vivre sans viande.  » Tenzin Gyatso


                                    • Traroth Traroth 15 novembre 2011 10:09

                                      Je trouve les végétariens d’une violence effroyable avec les plantes, qui sont également des êtres vivants !


                                    • Alpaco 14 novembre 2011 21:44

                                      Cet article me semble intéressant.
                                      Une sorte de critique du comportement humain, face aux autres espèces (aux autres trucs vivant sur terre).

                                      Mais je me demande simplement : alors que doit-on manger pour ne pas se sentir coupable ?
                                      Sachant que sucer des cailloux ça marche pas trop, doit-on culpabiliser plus que la meute de lions/loups/hyènes de tuer un être vivant qui est notre ami, afin d’assouvir/réaliser notre instinct de survie ?


                                      • roro46 15 novembre 2011 11:21

                                        Depuis quand un repas végétarien dispense de tuer des êtres vivants ?


                                      • HerveM HerveM 15 novembre 2011 11:39

                                        Consommer fruits et légumes est propre à notre nature d’omnivore à tendance frugivore. Consommer de la viande est de la gloutonnerie, de la gourmandise mais en aucun cas vital pour nous. Les félins sont d’authentiques carnivores, ils ne sont donc pas à blâmer quand ils tuent pour manger, comme nous ne le sommes pas en cueillant en fruit ou une vache en arrachant de l’herbe.


                                      • Traroth Traroth 15 novembre 2011 11:45

                                        @HerveM : et qu’est ce qui vous permet d’affirmer ça ? Vos affirmations gratuites n’intéressent que vous !

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