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Accueil du site > Actualités > Société > Les fossoyeurs du Vivant

Les fossoyeurs du Vivant

En 1950, nous pensions pouvoir faire reverdir les déserts.
En 2050, nous aurons réussi à désertifier la Terre entière.

« L'homme est devenu trop puissant pour se permettre de jouer avec le mal.
L'excès de sa force le condamne à la vertu. » Jean Rostand

« Quel mauvais sort semble avoir été jeté sur l'espèce humaine ? Pour quelles raisons son impact sur la nature est-il si profondément dévastateur et si difficile à transformer en action positive ? » Hubert Reeves

Dès la fin de la seconde guerre mondiale, notre civilisation « avancée » franchit le pas fondateur d’une nouvelle attitude très agressive à l’égard de l’environnement et radicalement destructrice de la prodigieuse diversité naturelle reçue en legs, ou plus précisément en gérance puisque le souci éthique implique de la transmettre aux générations suivantes. La maîtrise de l’énergie et l’industrialisation, avec leur cortège de pollutions et de gaspillage des ressources naturelles, la surexploitation des forêts, une agriculture militarisée, chaque fois plus marchande, et l’accroissement exponentiel de la démographie mondiale, vinrent à poser le problème de la place envahissante de l’homme sur la Terre. Plus récemment, les menaces de l’épuisement de la Nature et de l’amenuisement des ressources induisent la naissance de la nouvelle discipline de l’écologie humaine, puis conduisent au temps de crise que nous vivons.

Le massacre de notre environnement naturel correspond à une logique de l’égarement, réelle philosophie sociétale de la néantisation. Cette autodestruction acharnée de notre actuelle civilisation, toutes figures confondues, ne peut qu’être attribuée à une véritable tare congénitale de notre espèce. Les écosystèmes terrestres et aquatiques sont malades de l’homme, subissent les effets multiples et synergiques de nos pressions intempestives qui se caractérisent par des dysfonctionnements qui vont jusqu’à la modification climatique. L’homme moderne est le fossoyeur des écosystèmes et ce travail de pompes funèbres de la Nature est notre œuvre collective. Tout compte fait, nous semblons en être assez fiers. Toutes ces formes de saccage et d’épuisement des ressources trouvent leur convergence dans la désertification, drame de la terre fatiguée, dénudée, saignée aux quatre veines.

La désertification n’est pas le désert ! La désertification n’est pas, non plus, une fatalité ! La désertification est une dégradation par les activités humaines de paysages initialement accueillants, selon un lent mais imparable processus qui résulte notamment d’abus d’usages. La désertification n’est pas exactement une dotation climatique, un état du milieu, mais un processus dont nous sommes les artisans, rarement coupables mais tous responsables. C’est le terme ultime de la détérioration des terres, caractérisé par un seuil d’irréversibilité. C’est pour toujours ! La désertification enveloppe une lente altération de la couverture végétale, l’exacerbation des mécanismes physiques de la superficie du sol, la régression des ressources en eau et un déclin des activités agropastorales résultant de la stérilité des terres suite à la disparition de la matière organique. Ces perturbations entraînent de terribles famines, des crises nationales et des afflux de réfugiés. Dès 1948, dans son ouvrage « Our plundered planet » (La Planète au pillage), Fairfield Osborn dénonçait la détérioration des ressources environnementales par la surexploitation et désignait sans la nommer, la désertification comme la menace planétaire majeure pour le futur de l’humanité. Alors à contre-courant de l'idéologie du progrès et du développement économique, ce naturaliste (évidemment) visionnaire lança l'un des premiers cris d'alarme du catastrophisme écologique. Encore aujourd’hui où nous en souffrons déjà cuisamment, certains n’y croient pas. La politique de l’autruche vaut peut-être mieux !

Cette désertification que nous façonnons « soigneusement » affectera en priorité les deux milliards de personnes vivant en zones semi-arides et arides, lesquelles représentent 41 % des terres émergées. La moitié des populations les plus démunies réside dans ces contrées de terres sèches. Quelque 250 millions de terriens sont déjà les victimes contemporaines de cette aridification galopante, notamment sur le continent Africain.

Nos forêts, nos montagnes, nos prairies, nos steppes ont pour destin à plus ou moins court terme celui de nouveaux Sahara, au mieux de futurs déserts de Gobi, où les ressources seront rares et où la sévère compétition pour la vie humaine n’autorisera que la subsistance de petits groupes nomades, comme le sont déjà les peuples Touaregs ou Mongols, à la recherche permanente de l’eau et de la nourriture. Une interface permettra aux privilégiés de survivre dans les conditions artificialisées des grandes métropoles, cultivant par exemple des légumes hors-sol et en milieux clos, absorbant des protéines en dragées. Cette compétition finale se fera évidemment au prix de guerres et de querelles effroyables, telles celles auxquelles nous assistons déjà pour le « remodelage » du Moyen-Orient, en quête des ultimes ressources de pétrole. Entre-temps, les éléments ne seront pas avares en cataclysmes, sécheresses engendrant des famines, inondations meurtrières résultant du lessivage des montagnes scalpées par le déboisement et du formidable bétonnage des milieux urbains, cyclones, typhons et un nombre incommensurable d’épiphénomènes ravageurs.

Une Nature polyspécifique sans homme est pourtant difficilement imaginable car la prodigieuse biodiversité que nous connaissons n’est pas une providence, elle est l’héritière du modelage des campagnes, des forêts et des montagnes d’une main agricole qui organisa la vie en respectueuse harmonie, éclaircissant les milieux végétaux trop fermés et envahissants. L’on sait qu’en Europe, la diversité génétique s’est considérablement enrichie au Moyen Âge, soit lors de l’avènement de l’agriculture sédentaire et vivrière. En ces temps, l’homme faisait œuvre de jardinier de la Terre, l’agriculture était sage, créatrice de biodiversité. Mais l’intensification des rendements résultant d’une démographie exponentielle associée aux méthodes agricoles modernes, lesquelles sont, pour la plupart, caractéristiques d’un fort anthropocentrisme et se réclament de notre suprématie sur la Nature, sont désormais parvenues à un seuil incompatible avec la garantie d’un futur universel. À l’horizon 2050, la majeure partie des espaces naturels sera défrichée et l’érosion des biodiversités végétale et animale sera extrême. Pourquoi ne sommes-nous pas capables de concilier notre production agricole avec des ambitions plus modestes, de soutenir plus efficacement l’agriculture raisonnée, l’élevage plus respectueux du milieu, avec le maintien d’un minimum de fertilité et d’habitats naturels, en combinant des couloirs écologiques, des biotopes en défens, des espaces agroforestiers ? Parce que nous ne voulons rien comprendre au fonctionnement des écosystèmes, que les désastres écologiques engendrés par nos piètres gestions forestières ou nos remembrements agraires du milieu du siècle passé ne nous ont rien appris.

L’enjeu se situe à quelques générations et concerne donc les enfants de nos enfants. Philosophes et scientifiques, plus rarement décideurs politiques, l’avaient pressenti et annoncé il y a déjà fort longtemps. La tendance était et demeure encore celle de la dérision, le politique arriviste préférant considérer l’alerte comme un canular. Il ne faut pourtant pas être devin pour constater que nos ressources terrestres ne sont pas illimitées. Le capitalisme sauvage et prédateur, faisant feu de tout bois pour un gain immédiat, préfère saigner aux quatre veines cette Terre nourricière. N’en déplaise aux plus gourmands et inconscients, l’espèce humaine, finalement très fragile, court à sa perte. Cette déclaration ressemble peut-être à l’annonce d’un quelconque groupe sectaire et opportuniste, marchand d’une formulation relookée du désespoir. Plus de 2000 ans après Abraham, fondateur postdiluvien du monothéisme des religions juive, chrétienne et musulmane qui nous mirent dans ce pétrin, ces paroles ont peut-être des réminiscences de visionnaire juif ou de faux prophète. Le constat n’est pourtant pas le fait de néophytes mais émane de la majorité des observateurs éclairés (mais point illuminés !), toutes confessions et origines confondues, la plupart incontestablement documentés.

Notre gérance de l’environnement opportuniste et sans le moindre discernement, pensant que tout nous est dû, est à revoir. Un ressourcement éthique s’impose, un nouvel état d’esprit est de mise si nous voulons sauver les restes et nous sauver nous-mêmes, c'est-à-dire gagner du temps sur une issue fatale. Mais le voulons-nous vraiment ? Telle est la question car notre attitude est ambiguë, équivoque. La marge est grande entre ce que nous disons et promettons, et ce que nous faisons. Serions-nous des « enfants » dans le sens capricieux du terme, ou est-ce ainsi que les adultes vivent ? Le formidable décalage entre la pléthore de bonnes décisions et la proclamation de louables initiatives, et la triste réalité du paysage quotidien, devient quotidiennement ordinaire. À terme, le risque est de voir cette disparité entre le dire et le faire déboucher sur une schizophrénie globale, tentée d’une ivresse d’abstractions, rythmée de vaines gesticulations et de discours spécieux. En revisitant sommairement le panel de nos cultures, la finitude apparaît comme intrinsèque tant aux modèles de nos religions qu’à nos modes économiques. Nous procédons par des schémas bornés. Si tel est le cas, faut-il s’étonner du non avenir résultant d’une telle conduite suicidaire ?

Le droit à l’environnement est corollaire des droits de la personne et il est grand temps d’investir ce nouveau paradigme en vue de la transmission intergénérationnelle des espaces, des ressources et des biocénoses dans une nouvelle perspective de gouvernance environnementale. Le droit à l’environnement doit devenir constitutionnel et prééminent au droit à la propriété, dont la caducité de certains pans ne serait d’ailleurs pas inopportune. S’il fallait maintenir un droit d’héritage, c’est plutôt celui du legs d’un patrimoine naturel indemne, d’une biodiversité préservée, que celui d’un lopin de terre, d’une usine ou d’un duplex dans un beau quartier.

« Seul parmi les animaux, l'homme a façonné son propre environnement. Paradoxalement, il a également été le seul à créer ainsi les facteurs de sa propre destruction. » Ernesto Sabato

« Quand l’Homme ne tue pas l’Homme, il tue ce qu’il peut, c’est à dire ce qui l’entoure. Il sort de son cadre, veut prendre la place des forêts et des animaux, souille les rivières, pollue l’air, se multiplie sans raison, se bâtit un enfer et s’étonne ensuite naïvement de n’y pouvoir vivre. » René Fallet

C’est enfoncer une porte béante que de présager que notre taux exponentiel de natalité, conjugué à un progrès induisant simultanément longévité et croissance destructive de la biosphère, puisse immanquablement déboucher sur un déclin de l’espèce humaine. La mort ainsi annoncée d’Homo sapiens, pris à l’étroit dans une Maison du Quaternaire de plus en plus invivable, ne semble pourtant pas trop indisposer nos contemporains, apparemment immunisés tant par l’ivresse de consommer que par la tautologie de l’éco-message des ONG de bonne volonté et les arguments factices des discours politiques, œcuménisme écologique récupéré et devenu lui-même pur produit de marketing. Et pour ce qui est de l’art de la récupération des courants alternatifs ou réfractaires, nos dirigeants sont d’habiles artistes, passés maîtres dans l’exploitation des marchés de dupes et des cours du CO2. Cotés en bourse, les marchés de dupes sont les sources d’infinis enrichissements.

Le répétitif est excessif, et ce qui est excessif - dit-on - ne compte pas. Alors pourquoi revenir sur le sujet, pourquoi dresser un nouveau réquisitoire du comportement humain sur l’environnement, tenter de faire un historique de nos exactions et des systèmes religieux, philosophiques, politiques, économiques qui y président, évaluer une fois de plus l’état catastrophique de la Planète ? Sans doute pour le fait que mes préoccupations tant personnelles que professionnelles, nées d’un idéal d’enfance qui ne doivent rien à personne, me procurent peut-être un regard neutre et plus analytique sur le sujet, enrichi d’observations communes de ma vie au quotidien, dans une contrée vaguement insoucieuse de la moindre préservation. Naturaliste hétérodoxe, tout ce qui m'est arrivé de bien dans ma vie personnelle et dans ma vie professionnelle m'est venu de l’observation.

Il est hasardeux, en raison de l’actuel décervelage de nos sociétés, de pouvoir parier sur un ralentissement du processus, pour gagner du temps, pour jouer les prolongations par une gestion moins hâtive et sans gaspillage éhonté. Le sujet est si grave qu’il devrait faire l’objet de toutes les conversations dans les salons, les cafés et aux coins des rues, qu’il devrait faire la une de tous les journaux. Bien au contraire, nous redoublons dans la frivolité et la cruauté, diaboliquement insouciants du grand déclin qui guette nos descendants. Ces enfants que nous aurions faits par amour, alors que nombreux étaient déjà ceux de ma génération à estimer qu’ils passaient leur temps à transporter la merde héritée de leurs parents.

Tout compte fait, le saccage mondial de l’environnement et le drame de la terre dénudée qui en représente la phase finale, ne sont que les conséquences d’un manque de courage intellectuel, d’une certaine misère de l’esprit. C’est une vérité tant banale qu’elle ne mérite d’être énoncée que dans un siècle amateur de truismes. Que faire ? Si après tant de connaissances et de mises en garde les enfants d’obèses nantis se détournent de la beauté des bois et des collines, de la vie même ? Si le chant des oiseaux ou le parfum des fleurs sauvages ne leur apporte rien ? S’ils abhorrent les « sales bêtes » sans plumes, ni poils ? Si lutter pour conserver une planète vivable leur apparaît comme un combat d’arrière-garde, une préoccupation désuète et ringarde ? S’ils préfèrent se vautrer devant la télévision pour suivre les non-aventures d’une starlette décatie dans l’urinoir audimaté d’un reality show ? S’ils ne se laissent « attendrir » (comme on attendrit une viande…) que par les oracles médiatiques ?

Et pour ce qui concerne les pays émergents - tels qu’on les qualifie d’en haut, dans le langage ampoulé des corridors diplomatiques - naguère, au lieu de donner du poisson à ces gens démunis, il était question de leur apprendre à pêcher. Ne faudra-t-il pas désormais leur enseigner à récupérer l’eau des rivières que nous avons salopées ? Sont-elles récupérables ?

Finalement, l’homme serait-il la malédiction de la Planète ? L’homme aurait-il tout faux ?
 


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112 réactions à cet article    


  • Ariane Walter Ariane Walter 6 février 2012 11:02

    Pour qui votes-tu ? Hihihihihi !
    Et ne me réponds pas : « Pour Gaïa ».

    je te suggère quelqu’un qui est contre le productivisme.


    • Gasty Gasty 6 février 2012 11:37

      Éclairez ma lanterne, Ariane Walter ?


    • Michel Tarrier Michel Tarrier 6 février 2012 11:59

      Pour le meilleur insurgé en faveur de Pachamama sans frontière.


    • Aldous Aldous 6 février 2012 18:05

      Tiens ?


      Vous êtes capable d’ecrire un article entier sans éructations misanthropes ?

      Vous progressez mon cher, vous progressez !

    • Croa Croa 6 février 2012 19:43

      Je recommande Jean-Marc, pas parfait mais authentique et
       smiley libre de toute faveur au système politicien. smiley

      Espérons qu’il décroche ses parrainages ! ( Avec les influences que les chasseurs ont sur les maires ruraux et les engagements au système des autres, c’est assez mal parti )  smiley 


    • restezgroupir44 restezgroupir44 6 février 2012 11:07

      C’est ce qui s’appelle faire du bizness avec la défense de la nature ?


      • nenecologue nenecologue 6 février 2012 20:32

        Le seul problème est la surpopulation :


        entre 1970 et aujourd’hui la population a augmentée de 100%
        augmentation des émissions de CO2 par l’homme depuis 1970 : 60%
        si la population mondiale était restée stable la pollution par personne aurait diminuée ...

      • Rudolph 7 février 2012 14:58

        @ nene

        alors suicide toi gros débile et n’aie pas d’enfant !!!!
        Malthus a eu tort en son temps, les choses n’ont pas changé. L’homme trouve des solutions, le malthusien baisse son froc et appelle de ses voeux 2 milliards de blancs sur terre et les autres morts de guerre et de faim. Ca me dégoûte ces gens là...


      • SEPH 6 février 2012 11:20

        vous écrivez : "En 1950, nous pensions pouvoir faire reverdir les déserts.
        En 2050, nous aurons réussi à désertifier la Terre entière.
        "

        Non c’est le capitalisme qui aura réussi à désertifier la Terre entière. C’est lui le prédateur pas NOUS.
        En effet, le capitalisme fait la guerre ( Irak, libye,.......) pour s’emparer des richesses qu’il ne possède pas : belle civilisation celle qui repose le non respect de la vie et sur l’appropriation des richesses entre les mains d’une toute petite minorité !!, cette civilisation est sans aucun aucun doute la pire de l’histoire de l’humanité Mr Guéant.


        • Politeia 6 février 2012 11:35

          Effectivement mais in fine c’est vous qui en profitez des richesses que les vilains capitalistes sont aller piller. Arrêtons donc de se voiler la face. Pourquoi Sarko à été buter Kadhafi ? Ne serait ce pas parce que Monsieur Kadhafi préférait vendre son pétrole à d’autres plutôt qu’a nous ?

          Il va falloir faire un choix. Soit on accepte que notre niveau de vie baisse, soit on continue à aller piller les richesses des autres pays !


        • Croa Croa 6 février 2012 19:50

          « le capitalisme, c’est pas nous ??? »

          Effectivement, nous ne sommes que des pigeons : Le consumérisme, qui n’est qu’une partie du capitalisme nous a été vendu et toutes ces accumulations de biens périssables ne font nullement notre bonheur.

          Le capitalisme c’est une oligarchie de ploutocrates.


        • Aldous Aldous 7 février 2012 09:15

          Cet échange résume bien le bias intellectuel du nihilisme écologique qui n’est que le supplétif des élites oligarchiques.

          la culpabilisation des « nous », boucs émissaires des délires du système de la croissance industrielle sans frein.

          Les citoyens ne sont pas responsables de l’obsolescence programmée, des incitation à la surconsommation à coup d’effet de mode et de conditionnement par la pub.

          Quand l’heure des comptes arrive, ceux qui ont mis en place ce système à leur profit raflent tout ce qu’ils peuvent en dépeçant d’abord l’industrie puis les nations et nous matraquent de d’une idéologie culpabilisante véhiculée par des idéologues-gourous sectaires comme Tarrier.

          Une idéologie qui ne cache rien de moins que la volonté des élites d’érdiquer non pas la pauvreté mais les pauvres.

          La suite : les masses devenues inutiles, culpabilisées seront priée de trouver normal qu’elle meurent.

          Comment ?

          Ne vous inquiétez pas les moyens sont déjà là : Stérilisation généralisée par baisse de la fertilité (d’ici 2050), épidémies (virus, cancers), guerres, catastrophes...

          Dormez brave gens et rêvez à la vie de 120 ou 150 ans que vous vendent les bonimenteurs professionnels des magazines.

          Le réveil sera cruel.


        • kéké02360 7 février 2012 09:24

          << c’est le capitalisme qui aura réussi à désertifier la Terre entière. C’est lui le prédateur pas NOUS. >>

          c’est pas moi c’est l’autre , c’est pas moi c’est l’autre , c’est pas moi c’est l’autre smiley

          toujours pareil quoi !!!! responsables mais jamais coupables smiley


        • Karash 7 février 2012 09:28

          C’est trop facile d’accuser le capitalisme.
          Des petites gens qui souffrent mais continuent d’inonder leur progéniture de DS/Portable/conneries made in China avec le peu d’argent qu’ils ont, on en compte des millions.

          Le PS avec sa relance part la consommation ne fera qu’amplifier le phénomène.
          Il ne faut pas adapter le capitalisme pour le rendre supportable aux petites gens.
          Il faut que les petites gens le détruise en se réappropriant l’outil productif.

          Ou alors, vous niez qu’il existe une quelconque forme de liberté, et 99% des gens sont des zombies.


        • Luxum Luxum 7 février 2012 12:02

          Le capitalisme c’est nous. Sans nous il ne fonctionnerais pas. Et même ceux qui gueule contre le capitalisme sont généralement bien content de vivre dans un régime capitaliste, moi le premier.
          Mais rassurez vous, l’ère glorieuse du capitalisme du tous contre tous touche à sa fin.
          La mêlé est bientôt terminée et les vainqueur pourront se partager ce qu’il restera, à moins qu’il fasse passer d’abord leurs intérêt individuels.


        • Aldous Aldous 7 février 2012 13:13

          Le capitalisme, c’est comme les yogourts il y e a a tous les parfums.

          Capitalisme agraire
          Capitalisme marchand
          Capitalisme rentier
          Capitalisme impérialiste
          Capitalisme industriel
          Capitalisme financier...

          Vous parlez duquel ?


        • SEPH 8 février 2012 12:42

          Actuellement, le capitalisme est le système économique dominant. Son objectif faire le maximum de profit pour le bénéfice d’une minorité ( environ moins 20% des habitants possèdent plus de 80% des richesses de cette terre, voir d’autres statistiques (*)) .

          La stratégie du capitalisme actuel est la spéculation sur la vie, les ressources,...Il s’agit de faire le maximum de profit dans un minimum de temps sans aucun soucis des conséquences pour la vie des autres et l’environnement.

           En effet, tous les moyens sont bons notamment la guerre pour s’emparer des richesses : par exemple l’Irak qui a fait plus d’un million de victimes, la Libye entre 70000 et 100 000 morts parmi les civils victimes des bombardement de l’OTAN qui est le bras armé du système capitaliste,........(la liste serait longue, car depuis 50 ans ce sont des guerres successives qui ont été menées par les USA : Viet Nam, ......)

          Ainsi, le capitalisme est passé de la prédominance l’industrielle à celle de la finance qui est de plus en plus spéculative : le monde est devenu un grand casino pour la spéculation.


          Pour mettre en place la dictature de l’argent sur les peuples, le capitalisme a besoin de restreindre les libertés pour assurer sa domination. Sa seule crainte, c’est la réaction du peuple qui peut demander des comptes aux dirigeants qui servent le système financier. Alors, des lois liberticides sont mises en place progressivement en catimini, pour neutraliser toute contestation


          Ainsi, le capitalisme effréné et prédateur ne se satisfait cependant d’aucune victoire, et n’a de cesse d’abattre d’autres barrières gênant son expansion. Sa soif d’hégémonie oblige les États qui lui ont ouvert ses portes à faire de plus en plus de concessions ; au final, ils se retrouvent réduits à tenir davantage le rôle d’État policier que celui d’État protecteur, car leur marge d’action est de plus en plus restreinte. 

          Cette transformation progressive et déjà bien entamée trouve ses causes dans la réduction du budget des services sociaux qui est effectuée pour soulager une partie du poids de la dette et dans le fait que les financiers, qui s’avèrent de plus en plus capables de dicter leur loi, considèrent l’État comme un simple gardien de l’ordre social et de la sécurité des transactions financières sans qu’il n’ait à intervenir dans celles-ci. Le « rien pour l’État » est la caractéristique du fascisme financier. »


          Comme dirait le poète : LE CAPITALISME N’EST PAS L’AVENIR DE L’HOMME ET DE LA VIE EN GÉNÉRALE (Biodiversité, préservation des ressources,...)

          (*) Autres statistiques :

          En 2008, le revenu des 500 individus les plus riches de la planète dépassait les revenus cumulés des 416 millions de personnes les plus pauvres.

          Nombre de personnes vivant avec moins de 2$ par jour en 2005 : 2,6 milliards, soit 1 sur 2,5

          Nombre de personnes vivant avec moins de 1,25$ par jour en 2005 : 1,4 milliard, soit 1 sur 5

          Dans les régions où les adolescents sont les plus nombreux (Asie du Sud et Afrique subsaharienne) : environ 73 % de la population vit avec moins de 2 dollars par jour.


        • AniKoreh AniKoreh 6 février 2012 11:27


          Fulgurances ! Evidences ! Merci, cher Michel Tarrier !
           

          Quand Guéant, qui débarque de sa planète UMP, affirme, lui, avec aplomb : ’Nous devons protéger notre civilisation«  ! Estimant que  »Toutes les civilisations ne se valent pas"..
           
           smiley

          (@ Seph : la lecture de cet article nous renvoie immanquablement en effet aux propos de ce très triste personnage..)
           


          • Croa Croa 6 février 2012 19:54

            Gueant a raison :  smiley

            La notre ne vaut pas cher !

            (Il n’a évidemment pas raison d’y tenir autant.)


          • devphil30 devphil30 6 février 2012 11:53

            Personne ne voit ouvrir les yeux , on se voile tous la face en pensant que ce n’est pas possible que cela arrive , que ce n’est pas de notre faute , il s’agit de tous le monde alors c’est la fuite en avant direction le mur et ensuite il sera trop tard pour pleurer.


            Dire que des imbéciles ont pu voter non sur cet article sans parler de certains commentaires ...la plupart des gens ne veulent pas voir ou envisager la réalité de notre folie destructrice.

            Philippe

            • Abou Antoun Abou Antoun 6 février 2012 12:12

              Dire que des imbéciles ont pu voter non sur cet article sans parler de certains commentaires
              On finit par s’habituer à cet aveuglement. Le seul courant qui puisse améliorer les choses sur cette planète est le courant « dénataliste+décroissant » cela représente entre 1 et 2% de l’opinion, exactement comme en 1974 (1.34% pour René Dumont).
              40 ans de désastre écologique n’ont ouvert les yeux à personne (et surtout pas à nos ’verts’). Aujourd’hui l’obsession politique majeure est de savoir s’il faut remplacer Sarkoléon par Flanby, soit un apôtre de la croissance par un autre.


            • Politeia 6 février 2012 16:07

              A Abou Antoun,

              Et oui, on en regrette presque d’être en « démocratie » smiley


            • Croa Croa 6 février 2012 20:03

              « Aujourd’hui l’obsession politique majeure est de savoir s’il faut remplacer Sarkoléon par Flanby, soit un apôtre de la croissance par un autre. »

              Même que Les Verts ont choisi Flamby : Lamentable ! smiley

              Relativisons cependant, cette « obsession » est surtout médiatique et il existe l’Alliance écologiste qui suggère d’autres solutions et qui est aussi prêt à étudier les vôtres !


            • Aldous Aldous 7 février 2012 09:21

              Bravo devphil30, vous êtes parvenu tout seul à l’état d’esprit que l’ecofascisme recherche :

              Vous faire haïr la démocratie.

              Encore un peu d’endoctrinement et vous ferez un excellent exterminateur qui executera les ordres avec bonne conscience sûr d’agir pour le bien.

              http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/climat-la-democratie-menace-la-97052


            • appoline appoline 6 février 2012 12:02

              Quand il faudra réellement payer l’addition, nous risquons d’avoir certaines surprises. Beaucoup d’hommes sont des plaies pour l’humanité, les autres sont des victimes, entre les deux il y a quelques sages même sont ils assez nombreux pour contre balancer la bêtise humaine (qui, comme chacun le sait a de beaux jours devant elle), rien n’est moins sûr. Par contre, ce qui l’est, c’est que ça va nous péter au nez dans un avenir qui se rapproche au rythme de la dite bêtise.


              • JL JL1 6 février 2012 12:17

                « Beaucoup d’hommes sont des plaies pour l’humanité » (Apoline)

                « Nos plaies ouvertes saignent parce que les gens voient qu’un tas de connards à qui ils ne confieraient même pas un stand de hot-dogs dirigent leurs vies. » (Tim Willocks)


              • Abou Antoun Abou Antoun 6 février 2012 12:23

                Oui appoline, je ne sais pas si vous appartenez aux sages mais vous appartenez aux lucides.
                Effectivement un jour il faut payer la facture, on le voit aujourd’hui avec l’indigence financière des états, mais bientôt c’est une plus grosse facture qui va être présentée à l’humanité entière.
                Maintenant pour l’humanité je vois 100% de coupables et 100% de victimes.
                Les pays riches sont coupables par leur mode de vie, les pays pauvres par l’accroissement anarchique de la population.


              • Croa Croa 6 février 2012 20:13

                à Abou,

                « Maintenant pour l’humanité je vois 100% de coupables et 100% de victimes. »

                Au delà même de l’espèce dominante, disons pour tout le vivant c’est 100% de victimes en effet.

                Reste qu’il y en a tout de même de plus coupables que d’autres !  smiley


              • Aldous Aldous 7 février 2012 09:23

                Tous coupables surtout les victimes...

                Orwell était un petit joueur !


              • Abou Antoun Abou Antoun 7 février 2012 12:05

                Tous coupables surtout les victimes...
                Oui, on peut être victime de sa propre connerie. C’est ce qui est en train d’arriver collectivement aux humains.


              • Michel Tarrier Michel Tarrier 6 février 2012 12:24

                À propos de cette terrible inquiétude pour un devenir sans futur, tout est développé dans mon dernier ouvrage : Les Orphelins de Gaïa
                http://www.amazon.fr/orphelins-Ga%C3%AFa-Tarrier-Michel/dp/281270313X
                (Voilà de quoi faire plaisir aux imbéciles qui baignent dans le système mais qui estiment qu’écrire et communiquer sur un mode radical en faveur de la planète et du futur est un business, qui plus est loin de tout tapage médiatique et du moindre plateau !)


                • Aldous Aldous 6 février 2012 18:08

                  Combien d’arbres abattus pour publier cette bible de Gaïagaïa ? smiley



                • LE CHAT LE CHAT 6 février 2012 12:24

                  c’est après avoir lu un tel article qu’on se dit que le dérisoire combat contre le taux de CO2 est à des années lumière des urgences écologiques du moment .................


                  • Croa Croa 6 février 2012 20:15

                    ça en fait forcément partie et oublier un combat c’est perdre d’avance !


                  • sisyphe sisyphe 6 février 2012 12:40

                    Excellent article, qui rappelle à juste titre des évidences, que tous les esprits lucides connaissent, et qui devraient être, chaque jour, à la une des journaux et autres médias, pour qu’ENFIN de réelles mesures soient prises, pour éviter la poursuite de la destruction de notre planète, au détriment, comme toujours, des plus défavorisés. 


                    Mais.... effectivement, comme dit plus haut, notre magnifique« civilisation », tant vantée par les Guéant et autres prédateurs, après avoir industrialisé à outrance, colonisé, génocidé des peuples entiers, provoqué 2 GUERRES MONDIALES, plus toutes les guerres pour la maîtrise du pétrole, nucléarisé avec ses millions de tonnes de déchets radioactifs pour des milliers d’années, a, pour parachever son travail de destruction, imposé le capitalisme, sa loi du plus fort, et sa seule recherche du profit, au mépris de toute considération humaine, ou de simple respect de notre environnement. 

                    Ça, c’est du progrès civilisationnel ! 

                    • Montagnais Montagnais 6 février 2012 20:02

                      Très-belles 12 minutes, tristes topics..


                      Après-nous le déluge.. d’ordures. Terrible.

                    • Eléonore Eléonore 6 février 2012 12:55

                      Bravo à Michel...il est d’une lucidité remarquable. Suis aussi d’accord Abou Antou...Tous victimes, tous coupables et tous égoïstes et corrompus pour la plupart !


                      • jullien 6 février 2012 21:37

                        Les énarques a priori non (tout juste apparus ils n’avaient pas encore déployé toute leur capacité de nuisance) mais le CEA envisageant de faire reverdir le Sahara à coup de bombes atomiques oui.
                        Petit jeu : essayons de deviner quelle est l’illusion de notre époque qui fera le plus rire nos descendants.


                      • Michel Tarrier Michel Tarrier 6 février 2012 13:02

                        L’homme n’est pas l’avenir de la planète
                        « Le monde a commencé sans l’homme et il s’achèvera sans lui. » Claude Lévi-Strauss
                        La déclinologie ordinaire n’est pas qu’un état d’esprit, elle s’inspire de la lisibilité des désastres d’un système agissant tel un laminoir de la biodiversité et des ressources dont les effets érosifs ne peuvent qu’engendrer, et engendrent déjà, une décadence planétaire incontournable. Le Terrien occidental, en état d’euphorie temporaire puisque profiteur égoïste et écervelé du magot, n’a généralement aucune idée de la planche savonneuse sur laquelle glisse l’humanité.
                        Ombre, éclipse ou crépuscule, que prédire quand on s’approche du bord du gouffre ? Certains proposent des solutions, mais seront-elles, et pour combien de temps, à la hauteur de la population planétaire ? Serons-nous la première espèce à disparaître, comme le prédisent les scientifiques, ou au contraire la dernière à survivre comme l’entendent les économistes ? Pourrons-nous nous dispenser de toute forme de Nature autre que « la nôtre » ? Combien de temps l’agriculture hors-sol, si dangereuse en son état embryonnaire actuel, pourra-t-elle nourrir et pourrir la planète avant d’engendrer un coma dépassé ? Une Terre abiotique et peuplée d’OGM serait-elle vivable ? Pourra-t-on dessaler suffisamment d’eau de mer quand nos sols seront croûtés, et l’acheminer sans encombre au plus loin des littoraux ? Supporterons-nous des millions de centrales nucléaires ? Roulerons-nous à l’huile d’algues, puisque rouler est devenu aussi primordial que respirer ou manger ? Comment se fera le partage d’un désert planétaire et qu’en ferons-nous économiquement ?...
                        La désertification touche les vies de plus de 250 millions de personnes et menace 1,2 milliard d’individus dans 110 pays. On estime que 60 millions de ceux qui se trouvent confrontés à ce problème en Afrique subsaharienne émigreront vers l’Afrique du Nord et l’Europe, rien que d’ici 2020.

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