• mercredi 22 mai 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Société > Les psychopathes d’entreprise : un risque sérieux pour la (...)
3%
D'accord avec l'article ?
 
97%
(134 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Les psychopathes d’entreprise : un risque sérieux pour la santé

Les victimes d’un psychopathe d’entreprise peuvent souffrir l’insomnie, d’anxiété aiguë, d’isolement social, de déficience immunitaire, de perte ou de gain de poids, de conflit familial et de perte d’estime de soi.

Le Dr psychothérapeute australien John Clarke a également eu connaissance de plusieurs cas de suicide. Auteur de « working with monsters » et dernièrement, de « the pocket psycho », le Dr Clarke estime à 10% le pourcentage de population apte à devenir « psychopathe d’entreprise". 1% de la population est réellement psychopathe "diagnostiquable".

Qui sont-ils ? La définition d’un « P.E. » : c’est quelqu’un qui fera n’importe quoi pour son avancement dans l’entreprise. Il vous détruira avec bonheur si c’est nécessaire. Le P.E. est également un maître du déguisement qui apparaît souvent aux cadres supérieurs comme un adjoint performant, tout dévoué à l’entreprise.

Un P.E. va d’abord vous flatter pour gagner votre confiance et découvrir vos vulnérabilités, pour les employer contre vous plus tard. Il peut choisir a victime parmi ses collègues expérimentés, aussi bien que chez les jeunes diplômés d’université récemment intégrés dans l’entreprise.

"Il séduit les personnes, et il est difficile de voir clair en lui, car vous croyez qu’il ne souhaite que votre bonheur et votre réussite. Vous lui racontez vos pensées intimes, car vous commencez à croire à une entreprise de rêve, et à des collègues solidaires et sympathiques." ajoute le Dr Clarke.

Quand le moment sera venu, le P.E. commencera à vous abaisser, à vous humilier devant les autres, à démolir la crédibilité de votre travail et à répandre sur vous de fausses rumeurs. Mais au début, ces manœuvres seront très subtiles, pour vous laisser dans le flou, dans l’ignorance de ce qui se trame autour de vous.

Le P.E. manie à la perfection l’arme fatale que constitue la rétention d’informations : des renseignements essentiels à votre activité vous seront cachés, alors qu’ils seront transmis à tous vos collègues. Le P.E. parviendra peu à peu à vous isoler des autres, de sorte que par la suite, quand vous vous plaindrez, personne ne vous croira.

Le P.E. parviendra inéluctablement à son but : promotion et argent. Le cercle vicieux se mettra en mouvement, cette promotion lui conférant encore plus de puissance sur les autres, donc plus de capacité de nuisance.

Agir

Le Dr Clarke déconseille le combat frontal contre le P.E., car il maîtrise mieux que vous le mensonge, la tricherie, le vol ou l’intimidation.

En apprenant que la personne à qui vous aviez fait confiance est un personnage venimeux, vous passerez par cinq étapes :

Etape 1 : Le choc (pourquoi cela m’arrive à moi ?).

Etape 2 : Colère.

Etape 3 : Honte, embarras.

Etape 4 : Sentiment de devenir fou. Perte massive de confiance.

Etape 5 : Retrait social, problèmes de rapport avec les autres (au travail et à la maison). Obsession de la situation..

"Il faut agir quand vous êtes encore dans l’étape 1 ou 2 pour enrayer les conséquences les plus graves » affirme le Dr Clark.

"Quand vous serez encore dans les étapes du choc, et de la colère, il sera encore temps d’agir, mais quand vous entrerez dans l’étape de la honte et de l’embarras, il sera beaucoup plus difficile de contrer le P.E."

La contre-attaque :

1. "lisez tout que vous pourrez au sujet des psychopathes. Il est important de tout connaître de celui que vous combattez, de savoir tout ce dont il est capable. Sachez que, même après vous être renseigné et avoir pris conscience de la situation, vous resterez plongé dans le stress, il est important d’agir en plusieurs étapes, car le problème peut avoir un impact important sur votre santé." dit le Dr Clark

2. Ne vous isolez pas. Cherchez à savoir - discrètement - si des collègues ont le même problème..

3. Chassez tout sentiment de honte. "Si vous vous sentez affaibli, vous pouvez consulter un psychologue, mais le meilleur remède sera le dialogue avec famille et amis, ils vous connaissent et sont de votre côté" ajoute le Dr Clark.

4. Travaillez sur votre place dans l’entreprise. Assurez-vous que les autres connaissent votre vécu dans l’entreprise, et le travail que vous y avez effectué, avant que le P.E. ne commence à saper votre crédibilité.

5. Assurez-vous que vous gardez l’appui de votre direction. Listez tous les incidents, et informez vos supérieurs de la situation au fur et à mesure.

6. Si vous avez agi trop tard, ou que l’entreprise ne semble pas vous soutenir, envisagez calmement votre départ. Il peut paraître lâche de partir, mais si la situation vous échappe, il sera de plus en plus difficile de changer d’employeur dans de bonnes conditions. Faites jouer vos relations, vos amis, et consultez un conseiller en reclassement pour appréhender la meilleure solution. Vous pourrez toujours rebondir tant que vous serez en pleine possession de vos moyens.

Sources :

Dr John Clark : "Working with monsters" et "The pocket psycho" Editions Random House Australia

Kate Southam (careerone.com.au)

 

 

 

 




par Fif mercredi 28 mars 2007 - 43 réactions
yahoo
3%
D'accord avec l'article ?
 
97%
(134 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par pingouin perplexe (---.---.---.18) 28 mars 2007 14:35

    Un article clair et efficace qui donne un aperçu pertinent d’un phénomène effectivement prégnant dans le monde de l’entreprise, mais non uniquement. Où l’on voit, au passage, que ce sont de bons articles de vulgarisation qui aident à apprécier la portée, parfois vitale, des sciences humaines. Dans le contexte de l’entreprise, cela éclaire beaucoup de choses par rapport à la violence managériale. Ce serait à mon avis une bonne chose si les jeunes diplômés qui « débarquent » pour des premiers stages et jobs, puissent accéder à des informations de ce type. Cela devrait même, éventuellement, faire partie du bagage de survie. Lorsque l’on « débarque » en n’ayant aucune notion de cela, le fait de se trouver exposé, notamment en situation de recrutement, à des rictus « plastifiés », inexpressifs au niveau émotionnel, à une multitude de sous-entendus foireux, et à des remarques radicalement cassantes imprévues, peut s’avérer lourdement traumatique si certaines notions de sciences humaines ne préexistent pas afin de donner les mots capables de décrire l’expérience. Ce qui est aussi regrettable, c’est que les manoeuvres du P.E se trouvent aisément relayées, que ce soit dans le cadre délibéré d’un management dit d’efficacité par la peur, ou bien par un supplément d’habileté, faisant tomber les gens dans la manoeuvre façon « ce n’est qu’un jeu ». Ce qui est inquiétant, à propos du management, c’est qu’il peut bien se trouvé équipé de notions de psychologie cognitive d’une efficacité redoutable, alors que les candidats et employés s’en trouveraient dépourvus. Dès lors, il y a lieu de s’interroger à propos d’outils intellectuels qui ont bien pu se trouver forgés afin d’éclairer les comportements, et qui se trouvent aisément utilisés dans le sens de la production de casse humaine. A titre exemple, de nombreux messages dépréciatifs, répétés à l’improviste par des personnes inconnues peuvent éventuellement engrammer quelque chose comme une programmatique d’auto-destruction, qu’il sera par ailleurs bien difficile de déconstruire. Cela ne se voit pas d’ailleurs que dans le contexte de l’entreprise. Les motions hyperconcurrentielles sont généralement comprises au quart de tour par les psychopathes, et ce serait malheureusement presque leur rendre service que de considérer que ce sont tous des imbéciles. Il en est en effet qui discernent avec finesse les potentialités du « manus », de la manipulation possible dans le management, et qui s’équipent en conséquence. Il est clair que les psychopathes connaissent un certain succès dans le cadre des logiques qui préconisent une absence totale d’états d’âme. Dès lors, il semble bien que toute prise de position en faveur d’un marché dérégulé ne peut qu’en accélérer l’essor, le niveau de casse humaine devenant alors indifférent, quitte à en convaincre que la « normalité » se tiendrait à leur niveau de cynisme, et que les autres, les « naïfs » devraient se résoudre à n’être que des pions utilisables et sacrifiables à volonté. Ces propos n’ont cependant pas pour objectif de faire oublier que les psychopathes sont aussi, malgré l’étendue effrayante de la violence qu’ils déploient dans la société, des êtres humains. Il serait peut être bon, alors, dans le sens de l’intérêt commun, de cesser de donner quitus aux conditions qui contribuent à fabriquer la psychopathie et la casse qui lui est attachée.

  • Par fif (---.---.---.1) 28 mars 2007 15:42
    Fif

     

    @ pingouin perplexe

    Bien vu. Le P.E n’est que l’avatar « professionnel » du pervers manipulateur ordinaire. Il prospère dans le terreau de l’hyper-concurrence, et est perçu par la direction de l’entreprise comme un auxiliaire efficace, apte à détecter les faiblesses de ses collègues.

    Il devient même un rouage essentiel du patron, capable d’exercer en ses lieu et place la sale besogne, la pression psychologique habituellement qualifiée dans le monde du travail, de « harcèlement moral ».

    La devise « diviser pour mieux régner » peut ainsi se vérifier pleinement, car le patron peut compter sur le dévouement sans limite du P.E., qui exercera son art au-delà de tous ses désirs.

  • Par LE CHAT (---.---.---.49) 28 mars 2007 13:57
    LE CHAT

    il n’y a pas de demandeurs d’emploi , y’a que des demandeurs de pognon ! smiley

  • Par jak (---.---.---.39) 28 mars 2007 12:13

    Malheureusement le syndrome du petit chef frappe partout

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don
Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération