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Accueil du site > Actualités > Société > Tous ensemble, hybridons-nous de nos différences

Tous ensemble, hybridons-nous de nos différences

Mon dernier article « Non, les Français ne sont pas propriétaires de la France » avait été écrit trop vite et sur un ton trop provocateur. Je reviens sur ce même thème, cette fois plus longuement et plus « à plat ». J’espère que le débat qui risque de s’en suivre sera lui-même plus posé et constructif...

POURQUOI NOUS ENTRONS DANS UN « NEUROMONDE »

Notre corps est maintenant « appareillé » pour agir à distance.

Commençons par laisser la parole à Michel Serres qui a écrit dans Hominescence :

« Nous construisons notre corps par l’intermédiaire des produits du corps, puisque les objets techniques appareillent de lui... Nous nous construisons nous-mêmes... De naturés, je veux dire plongés passifs dans une nature sans nous, nous devenons naturants, architectes et ouvriers actifs de cette nature... J’appelle exodarwinisme, ce mouvement original des organes vers des objets qui externalisent les moyens d’adaptation...

Quand les signaux se propagent dans l’instant, les communications se détachent de leurs conditions d’espace et de temps : les lieux d’habitation n’en dépendront plus... Ces contraintes disparues, nous n’habiterons plus, non seulement dans le local, mais dans ces singularités de l’espace et du temps... Qui est mon prochain ? Qui appeler voisin, désormais ? ...

Mais surtout, le travail ne s’attache plus désormais à la longueur des bras ou au rayon d’action de machines simples, mais à des renseignements issus de banques dispersées dans l’Univers, mais consultables à ma console domestique... L’écriture contribua, de manière décisive, à créer les premières villes, assouplit et accéléra les échanges commerciaux grâce à la frappe des monnaies, donna leur essor aux sciences abstraites et à la pédagogie... Dès qu’à la Renaissance apparaît l’imprimerie première production à la chaîne et en série, les banques italiennes transforment les échanges commerciaux en Méditerranée, où les lettres de change remplacent la monnaie... Il faut nous attendre à des bouleversements et même à des ruptures d’une ampleur au moins équivalente à ceux qui ébranlèrent ces deux évènements du passé. »

Ainsi, l’essor des technologies de l’information – c’est-à-dire l’ensemble des technologies qui regroupent le téléphone, la radio, la télévision, l’informatique, et dernièrement les réseaux de données avec internet – viennent modifier en profondeur à la fois l’individu – dans sa capacité à entrer en relation avec les autres, à stocker et traiter de l’information – et les systèmes collectifs – dont les technologies de l’information peuvent décupler la puissance et l’efficacité de leurs « espaces de travail  ».

Avec la généralisation du haut débit et la convergence en cours, nous sommes en train de franchir une étape décisive.

Les structures humaines, les relations interpersonnelles se trouvent aussi modifiées, la proximité mentale venant compléter et parfois remplacer la proximité géographique et familiale.

Les entreprises, et singulièrement les plus grandes, sont en train d’en profiter pour gagner en efficacité et en performance, asseoir leur domination par rapport à un réseau qui les entoure.

La globalisation et la mondialisation, dont on a longtemps parlé, deviennent une réalité économique qui vient prendre de travers les États qui sont eux restés essentiellement géographiques et locaux.

La crise actuelle en est une des expressions.

Beaucoup de repères semblent ainsi se déplacer.

Tous ces changements sont-ils des accélérations des mouvements précédents ou sont-ils l’amorce de l’émergence d’un nouveau paradigme ? Sommes-nous en train de sortir d’une nouvelle caverne pour entrer dans un « Neuromonde » ?

NOUS SOMMES DOTÉS D’UN « CERVEAU ÉTENDU »

Nous apprenons un nouveau langage

Le processus d’hominisation – pour reprendre la terminologie de Michel Serres –, tel qu’il a été étudié par la neurobiologie, s’appuie d’abord sur l’émergence du langage. C’est le langage qui a permis à l’esprit humain de s’écarter progressivement du monde animal par sa capacité à manipuler des concepts, des représentations et à construire des interprétations. Parler, c’est aussi dénommer et donc pouvoir développer une communication vers l’autre plus riche et plus complexe. Début d’une pensée collective.

L’arrivée de l’écriture a apporté une nouvelle dimension à notre capacité à manipuler des concepts. Nous pouvions stocker de l’information non plus seulement dans notre mémoire personnelle, mais aussi dans un support externe : début d’exodarwinisme mental. L’homme commence ainsi avoir accès à des informations issues d’événements qu’il n’a pas vécus ou qu’il aurait oubliés : en renforçant la capacité du système humain à manipuler les informations, l’écriture a démultiplié la puissance de notre espace de travail. Les échanges entre individus ont aussi été facilités, favorisant l’émergence et la solidité des systèmes.

A nouveau, revenons à ce qu’écrivait Michel Serres dans Hominescence : « De même que la roue appareilla le corps, des chevilles et des rotules en rotation dans la marche, de même le stockage de l’information appareilla de fonctions cognitives antiques... Montaigne les cite désormais en se souvenant seulement de leur place sur les étagères pour les consulter : quelle économie ! ... Libéré de la mémoire, un entendement bien fait se tournera vers les faits du monde et de la société pour les observer. En réalité, Montaigne loue, dans cette sentence, l’invention de l’imprimerie et en tire des leçons éducatives... Nous voici réduits à être intelligents. »

L’imprimerie est venue donner toute sa puissance à l’écriture. Elle n’en a pas changé la nature, mais elle a accru sa capacité de diffusion spatiale et temporelle : la multiplication des exemplaires a rendu plus certaine la conservation et a fait chuter drastiquement le coût de transmission. L’imprimerie a aussi permis l’émergence de la monnaie et du système bancaire.

Arrivent les technologies de l’information. Elles apportent une nouvelle dimension en facilitant le stockage – possible maintenant sur de multiples supports et sous des formats pouvant allier son, image et écrit –. Elles apportent aussi l’instantanéité de la diffusion soit en direct (téléphone, puis chat ...), soit en différé par transmission des informations stockées via les réseaux.

Ces technologies apportent aussi à l’individu une capacité à "vivre" intellectuellement des situations sans avoir à les expérimenter physiquement : nos avatars peuvent circuler librement dans le cyberespace et interagir avec d’autres excroissances virtuelles. Elles viennent ainsi nourrir son système conscient de nouvelles données qui vont pouvoir déboucher sur de nouvelles interprétations, et donc de nouvelles logiques de décision.

Enfin le développement des systèmes experts facilite l’élaboration de scénarios et la construction de représentations : il est possible de traiter une quantité de plus en plus grande d’informations, de structurer automatiquement des analyses et des synthèses à partir de ce traitement, d’élaborer des représentations de ces résultats plus facilement manipulables dans l’esprit humain. L’homme poursuit son exodarwinisme en se dotant d’une « intelligence artificielle »

La portée de cette triple transformation – croissance exponentielle de la capacité de stockage, accès virtuel et distant, intelligence artificielle – est-elle aussi importante que l’émergence du langage ? S’agit-il d’une deuxième sortie du monde animal ? Au vu de ce que nous apprend aujourd’hui la neurobiologie, j’aurais tendance à répondre oui.

NOUS SORTONS DE NOS CAVERNES

Nous avons une nouvelle roue

Le premier outil a été simplement un prolongement de la main dont il améliorait l’efficacité et la capacité à modeler son environnement. La mise en œuvre et l’utilisation de cet outil reposaient uniquement sur l’énergie humaine.

L’invention de la roue est venue apporter un double bénéfice :

  • Possibilité d’utiliser les énergies naturelles autres que l’énergie humaine : animal, eau, vent,
  • Facilitation des déplacements par diminution du besoin d’énergie pour mouvoir un objet

Avec la roue, l’artisanat a pu se constituer, l’agriculture se développer, les villes apparaître.

Comme l’imprimerie a accru la puissance de l’écriture, l’arrivée de la maîtrise des énergies – charbon, pétrole, nucléaire, solaire... – a décuplé la puissance de la roue : train, voiture, mécanisation des processus de production...

L’industrie "moderne" s’est mise en place, l’agriculture a eu de moins en moins besoin de bras humains, les campagnes se sont vidées – mouvement qui s’amorce maintenant en Chine –, les villes se sont développées, les structures familiales se sont distendues – amorce de l’éclatement géographique des familles –.

Arrivent les technologies de l’information :

  • Comme la maîtrise de l’énergie a vidé nos campagnes des agriculteurs, elles viennent "vider" les entreprises des hommes en développant des systèmes capables de gérer plus efficacement des pilotages de plus en plus complexes.
  • Comme la roue et l’énergie avaient transformé la relation à la géographie physique – Marseille à 3H de Paris -, elles se moquent des distances et du temps : Elles installent l’échange à distance à coût voisin de zéro et instantané. Tout ce qui peut être numérisé n’a plus de localisation.

Elles viennent aussi donner une puissance nouvelle aux systèmes d’information et à la capacité à synchroniser des travaux individuels. Ainsi elles rapprochent encore un peu plus l’entreprise d’un fonctionnement neuronal : tous les termes des analogies développées précédemment en ressortent renforcer.

Vers quel système d’organisation allons-nous ? La transformation sera-t-elle de la même ampleur que la sortie des cavernes et l’émergence de l’agriculture et des villages ? Sommes-nous en train de construire un neuromonde ?

EXPÉRIMENTER SANS NOTRE CORPS ?

Nous accédons à une réalité élargie

Le développement de notre cerveau, et donc de notre intelligence individuelle, se fait au travers de nos expériences et des informations acquises. Jusqu’à présent ces expériences pouvaient être soit :

- vécues physiquement : ce que je vis ou ai vécu,

- imaginées : ce que je pense ou ai pensé,

- racontées : ce que d’autres ont vécu ou pensé.

Avec l’essor d’Internet, apparaît un quatrième type d’expérience : vécue mais virtuelle.

Un univers comme « Second Life » en est un exemple typique : chacun peut y développer un ou plusieurs avatars et vivre ainsi un ensemble de vies virtuelles. Une fois choisies mon apparence et ma personnalité, je peux interagir avec les autres, c’est-à-dire avec d’autres projections virtuelles de personnes réelles mais physiquement inconnues. Ces interactions peuvent être professionnelles, amicales, sexuelles… Il ne s’agit pas d’imagination, car personne ne contrôle l’action des autres : chacun ne pilote et ne définit que son avatar, et est soumis aux actes et décisions des autres.

Si cette réalité est nouvelle et différente de celle qui provient de l’univers physique, elle n’en est pas moins vraie. Si cette interaction est virtuelle, pour la conscience, elle est réelle : le système conscient ne manipulant que des interprétations, celles-ci ont potentiellement la même valeur que les autres. Ceci dérange nos habitudes et trouble nos raisonnements : le virtuel n’est pas la négation de la réalité, c’est un autre type de réalité.

Ainsi nous avons la capacité à « vivre » intellectuellement des situations sans avoir à les expérimenter physiquement : notre système conscient, nourri de nouvelles données, pourra construire de nouvelles interprétations, et donc de nouvelles logiques de décision.

Dans cette situation, le corps physique n’est plus nécessaire pour expérimenter : il devient seulement le support qui nourrit - au sens premier du terme - le cerveau. Au début, nous sommes conscients d’être en train de piloter l’ordinateur, mais, rapidement, grâce à l’apprentissage, ce pilotage, comme pour une voiture, se fait automatiquement, c’est-à-dire inconsciemment : nous sommes alors directement connectée à notre avatar sans aucun intermédiaire perçu ; nous sommes cet avatar. J’ai personnellement vécu cette étrange sensation sur Second Life : au bout d’un moment, je me suis senti immergé dans cet univers virtuel. A l’instar de ce qui se passait dans le film d’anticipation Tron, je me suis « physiquement » retrouvé dans mon ordinateur… Et demain, il est probable que, cet ordinateur, nous pourrons le piloter réellement directement par le cerveau, sans passer par notre corps physique.

D’OÙ ÊTES-VOUS ? DE N’IMPORTE OÙ …

Nous expérimentons le monde.

Retour à Michel Serres dans Hominescence :

« D’où êtes-vous ? ... Sans ici, plus de moi, voilà de quoi les grognons prennent peur : de ne plus exister, les pauvres, pour ne plus savoir où ils mettent les pieds. Comme si le je devait plonger dans un espace, comme s’il appartenait à un sous-ensemble qu’il n’avait pas choisi... Le je sans référence, fixe et mobile à la fois, changeant, oui, ondoyant et divers, chatoyant selon ceux que je ne rencontre en l’Univers, ne dépend plus de que de moi, ne se définit que par la tautologie, plate et blanche, de l’identité, jamais par un quelconque lien d’appartenance... Tu n’es que là d’où tu viens. Non, je suis qui je suis, voilà tout... L’espace sans distance implique un je sans espace... Nous n’avons plus mal à l’espace ; D’où êtes-vous ? De n’importe où ? ... Je navigue. Qui êtes-vous ? Je fluctue, percole et ne suis pas. Comme tous, j’habite le monde et son temps.  »

Puis un extrait de mon livre Neuromanagement :

« Trois messages apparaissent simultanément sur mon écran : un virement vient d’arriver sur mon compte bancaire, les demi-finales de Roland Garros viennent de se terminer, mon avion est en retard. Pratique et efficace. Je n’ai pas eu besoin de mobiliser ma conscience pour aller chercher ces informations : elles sont venues d’elles-mêmes vers moi. Ou plutôt, en utilisant les sites internet de ma banque, de mon journal et de ma compagnie aérienne, j’ai défini quels types de messages je voulais recevoir, et tout ensuite est automatique.

On retrouve exactement le principe de fonctionnement de la relation conscient/inconscient : l’inconscient sait gérer des processus appris préalablement consciemment et alerter la conscience si nécessaire. Rappelez-vous la course le long de la Seine.

Ainsi Internet vient me doter d’un nouvel inconscient programmable : le réseau va travailler pour moi et alerter ma conscience si nécessaire. La technologie sophistiquée qui est derrière est transparente : je n’ai pas besoin de savoir comment fonctionne un lien RSS pour le mettre en œuvre.

Cet inconscient a une puissance quasi infinie, celle du réseau et de l’intelligence artificielle présente. Et, à la différence de mon inconscient physique, il pourra être modifié et reconfiguré : il sera donc maîtrisable…

Jusqu’à présent, l’individu se définissait fortement à partir de l’endroit où il était né, où il habitait, et des personnes qui s’y trouvaient physiquement : ce qui était proche de lui, c’était son voisin au sens géographique du terme. Cet ancrage au territoire se retrouve aussi fortement dans cette question souvent posée lors d’une première rencontre : « Tu es d’où ? ».

Avant, entrer en relation avec quelqu’un à distance était complexe : comment identifier la bonne personne sans la rencontrer ? Comment communiquer de façon interactive et riche sans se voir ? Le franchissement de toutes ces barrières n’était possible qu’au prix d’un surcoût extrêmement élevé en temps et en argent.

Avec la téléphonie mobile et Internet, tout change. La localisation se dilue : je peux joindre ou être joint sans savoir où est l’autre ou avoir à dire où je suis. Je peux aussi, grâce aux différents moteurs de recherche et à l’ensemble des sites structurés autour de la notion d’affinités, localiser une ou plusieurs personnes correspondant à ma recherche. Ensuite, via le réseau, je pourrai entrer en relation à coût quasiment nul, en échangeant des textes, des sons, des images ou de la vidéo.

Ainsi le lieu occupé par mon corps et les informations qui viennent de mes cinq sens (ouïe, vue, toucher…) ne sont plus qu’une donnée à côté de celles qui viennent du réseau : là où je suis et là d’où je viens ne sont plus mon seul facteur d’identité. Celui qui m’est proche n’est plus nécessairement ni mon voisin, ni mon parent. Celui qui m’est proche est celui que je choisis ou qui m’a choisi, celui avec qui je vais pouvoir entrer en résonance émotionnelle virtuellement. Celui qui m’est proche est celui que je rencontrerai physiquement peut-être un jour… ou peut-être pas… »

HYBRIDONS-NOUS DE NOS DIFFÉRENCES

Nous devons repenser notre identité individuelle et collective

Donnons une nouvelle fois la parole à Michel Serres, cette fois dans l’Incandescent :

« Ainsi confondons-nous toujours appartenance et identité. Qui êtes-vous ? En entendant cette question, vous déclinez nom et prénom, et vous y ajoutez, parfois lieu et date de naissance. Mieux encore, vous vous prétendez français, espagnol, japonais ; non, vous n’êtes pas, identiquement, tel ou tel, mais, derechef, vous appartenez à l’un ou l’autre de ces groupes, de ces nations, de ces langues, de ces cultures...

Non vous n’êtes pas musulmane, fille, protestante ou blonde, vous ne faites que partie de tel pays et de ses modes printanières, de cette religion et de ses rites ou d’un sexe et de ses rôles mouvants...

Puissions-nous, de temps en temps, oublier nos appartenances. Notre identité gagne. Avec, en prime, la paix. »

Ce texte écrit en 2003 résonne avec la crise actuelle et toutes les pertes de repère.

 

Que chacun de nous quitte un peu plus le monde animal, élargisse le champ de son intelligence consciente, et se construise un réseau étendu et divers,

Que chacun de nous prenne ses distances vis-à-vis du territoire où il se trouve sans le renier, et ne substitue pas identification tribale à identification géographique,

Que chacun de nous bâtisse son identité à partir des expériences multiples, et se serve de son histoire propre pour enrichir celle de l’autre et non plus pour lui expliquer ce qu’il devrait faire,

Que tous ensemble, nous nous hybridions de nos différences.


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67 réactions à cet article    


  • fouadraiden fouadraiden 27 avril 2009 11:20

    s’agissant du livre de Serre moi j’aurais plutôt écrit, pour le titre, le début d’une autre civilisation ?

     le mot humanité réfère bcp trop à l’humanisme et au classicisme européen alors que la notion de civilisation propose un tt autre projet pour l’homme... 

    si ns voulons qu’un jour cesse la domination du modèle de l’homme occidentale sur les hommes il faudra bien fonder une tt autre civilisation avec un autre modèle...la Chine ? sûrement pas...


    • fouadraiden fouadraiden 27 avril 2009 11:34

      correction : ...modèle de l’homme occidental...


    • Bois-Guisbert 27 avril 2009 11:33

      Puissions-nous, de temps en temps, oublier nos appartenances. Notre identité gagne. Avec, en prime, la paix. »

      Pffff... Toute société est divisée en NOUS et en EUX.

      Quoi qu’ils fassent, les EUX ne seront jamais des NOUS, et NOUS ne serons jamais - nom de Dieu, non ! - des EUX !


      • Robert Branche Robert Branche 27 avril 2009 11:37

        c’est bien le coeur du débat : allons rester dans les logiques d’affrontement actuelles, ou sommes-nous au début d’une mutation qui va voir émerger d’autres comportements...


      • Bois-Guisbert 27 avril 2009 11:56

        allons rester dans les logiques d’affrontement actuelles, ou sommes-nous au début d’une mutation qui va voir émerger d’autres comportements...

        C’est-à-dire que quand les autres verront que nous n’avons plus la force de nous battre, leur force à eux sera décuplée.

        C’est la nature humaine qui veut cela. Alors je sais qu’il y en a qui nie l’existence d’une nature humaine. Mais je sais aussi qu’ils ne la nient pas parce qu’elle n’existe pas, il la nient parce que la reconnaissance de son existence ruinerait toutes leurs utopies.


      • Robert Branche Robert Branche 27 avril 2009 12:10

        Je ne nie pas que la nature humaine a été comme cela et est aujourd’hui largement cela (ce que l’on appelle notre « cerveau reptilien »).
        Simplement, je pense - et je ne suis pas le seul - qu’elle n’est pas que cela et que nous sommes à la veille d’une transformation.
        Vous pouvez me trouver naïf - je ne le suis pas, je suis conscient des tensions actuelles et de tous les risques à court terme : parler du futur ne doit pas empêcher d’être lucide sur le présent -, rêveur - mais sans rêve on ne peut pas trouver les nouveaux chemins - ...
        Mais vraiment vous pensez que la solution est dans l’affrontement sans fin ? Dans ce cas, je suppose que vous êtes conscients que, compte-tenu de la croissance de l’espèce humaine sur la planète, nous allons droit à une autodestruction collective...


      • Rackham le rouge Rackham le rouge 27 avril 2009 12:43

        Et bien, malgré un passeport lie de vin, et une langue vernaculaire, communs, je ne suis et ne serai jamais un VOUS.


      • Bois-Guisbert 27 avril 2009 16:51

        « Simplement, je pense - et je ne suis pas le seul - qu’elle n’est pas que cela et que nous sommes à la veille d’une transformation. »

        Vous n’êtes pas le seul et vous n’êtes pas le premier. Depuis Platon, les constructeurs de la cité idéale ont été de toutes les époques, de même que les théories dégoulinantes de grands sentiments.

        « Vous pouvez me trouver naïf - je ne le suis pas, je suis conscient des tensions actuelles et de tous les risques à court terme : parler du futur ne doit pas empêcher d’être lucide sur le présent -, rêveur - mais sans rêve on ne peut pas trouver les nouveaux chemins... »

        Vos chemins ne sont pas nouveaux du tout, au point qu’ils sont labourés d’ornières à force d’avoir été parcourus par des centaines d’idéalistes de trente-six disciplines. On y croise Thomas More, Bacon, Kant, Rousseau, Fourier, des gens dont l’erreur fondamentale, a été de se croire représentatifs du genre humain et de ses aspirations. Ce qu’ils n’étaient pas, et que vous n’êtes pas non plus…

        « Mais vraiment vous pensez que la solution est dans l’affrontement sans fin ? Dans ce cas, je suppose que vous êtes conscients que, compte-tenu de la croissance de l’espèce humaine sur la planète, nous allons droit à une autodestruction collective... »

        C’est bel et bien là que nous allons ! On n’y échappera pas par des incantations et des poignées de main : ceux d’en face sont prêts à en découdre et la perspective de l’« autodestruction » ne leur fait pas peur. Pas plus peur que le réchauffement climatique, l’épuisement des ressources énergétiques, la fièvre porcine ou la traversée de la Méditerranée en barcasse pourrie.

        On les domine, les exploite, les méprise depuis cinq siècles, ce n’est pas au moment où ils perçoivent peut-être que notre avachissement psychologique rend leur revanche possible, qu’ils vont tomber dans le piège du compromis, de l’accord et du partage.

        Ceux qui n’ont encore rien eu et aspirent à tout avoir, de préférence sans efforts, ne nous feront aucun cadeau, s’ils ont l’impression que le tout est à portée de leurs mains*.

        P.S. – J’attire votre attention sur le fait que dans six mois, par l’intermédiaire d’un Pakistan tombé aux mains des talibans, le fondamentalisme islamique disposera peut-être de l’arme nucléaire. Ce qui vous obligera peut-être à repenser tout votre discours, soit dans le sens du courage, soit dans celui de la lâcheté.

        * « Parler de la paix dans le monde s’entend aujourd’hui seulement parmi les peuples blancs, et pas parmi les races de couleur, beaucoup plus nombreuses. C’est un état de fait inquiétant. Quand des penseurs individuels et des idéalistes parlent de paix, comme ils l’ont fait depuis des temps immémoriaux, l’effet est négligeable. Mais quand des peuples entiers deviennent pacifistes, c’est un symptôme de sénilité. Les races fortes et jeunes ne sont pas pacifistes. Adopter une telle position, c’est abandonner le futur, car l’idéal pacifiste est une condition terminale qui est contraire aux faits de base de l’existence. » (Oswald Spengler – 1880-1936).


      • Bois-Guisbert 27 avril 2009 17:01

        malgré un passeport lie de vin, et une langue vernaculaire, communs, je ne suis et ne serai jamais un VOUS.

        C’est beaucoup plus complexe que cela... Les NOUS et les EUX forment des catégories innombrables.

        Par exemple, si vous êtes propriétaire d’un chien, ou d’une chienne, vous faites partie des NOUS propriétaires d’un chien ou d’une chienne, par rapport aux EUX propriétaire d’un chat ou d’une chatte.

        Si vous avez la peau blanche, vous faites partie des NOUS blancs, par rapport aux EUX noirs, basanés ou bistres. Et en tant que francophones, vous faites partie des NOUS francophones par rapport aux EUX allophones.

        En fait, nous ne choisissons pas nos catégories, nous sommes enfermés dedans ipso facto. Il faut vous résigner, mon vieux.


      • Robert Branche Robert Branche 27 avril 2009 17:12

        Bien tout ceci rend votre propos clair et net.
        Je ne pense pas comme vous qu’il faille répondre à la violence par la violence, à la haine par la haine. Le pire n’est jamais certain. Tant qu’il ne s’est pas produit il faut se battre contre. A titre d’exemple, rien ne prouve que la détention de l’arme nucléaire par le Pakistan soit une menace réelle à terme.
        enfin, si par malheur un conflit réel arrive, il s’agira peut-être de se battre, mais surtout de voir comment s’en sortir « par le haut », cad sans détruire la planète.

        enfin sur vos 1ères remarques, je crois que, même si bon nombre d’idées que je pense bonnes et vous inutiles ou dangereuses ne sont pas nouvelles, les circonstances sont différentes : nous sommes aujourd’hui doublement connectés par notre nombre et par les technologies de l’information, ce qui change tout... et rend possible ce qui ne l’était pas


      • Robert Branche Robert Branche 27 avril 2009 17:14

        @Bois Guibert
        Je ne crois pas que l’on est prisonnier des catégories : d’abord parce que l’on appartient pas à elle, du moins pas dans le sens fort du terme.
        ensuite, car c’est la transgression, cad la capacité à dépasser les appartenances initiales et les règles en place, que les changements et l’innovation émergent.


      • Robert Branche Robert Branche 27 avril 2009 11:35

        je ne crois qu’il faille chercher un nouveau modèle au sein d’une seule des civilisations existantes. Il émergera du bouillonnement actuel.
        Et je suis d’accord avec vous la civilisation chinoise n’est pas plus un modèle que le nôtre n’en est un.
        Enfin pour ce qui est du titre du livre de Michel Serres, j’aime bien le mot « humanité » si on ne le prend pas dans le sens restreint d’humanisme


        • Rounga roungalashinga 27 avril 2009 11:46

          Ahlalalalaa ! Me voilà bien déçu. J’ai entamé cet article avec enthousiasme, prêt à recevoir cette injonction vibrante au métissage avec toute l’ouverture d’esprit que me confèrent les valeurs progressistes de notre époque et que j’ai fait miennes. Mais quelle ne fut pas ma déception ! En effet, j’étais prêt à me lancer à la rencontre de gens venant d’ailleurs, du plus loin possible, dans l’espoir de parvenir à brasser mes gènes avec des gens véritablement différents, ces gens aux couleurs variées que mon idéologie m’avait appris à identifier comme le Bien en soi. Mais halte-là, malheureux ! Qu’apprends-je dans cet article ? Ces phrases :

          Non vous n’êtes pas musulmane, fille, protestante ou blonde, vous ne faites que partie de tel pays et de ses modes printanières, de cette religion et de ses rites ou d’un sexe et de ses rôles mouvants...

          Puissions-nous, de temps en temps, oublier nos appartenances. Notre identité gagne. Avec, en prime, la paix. 

          Mon univers s’effondre. Je suis tout tourneboulé par cette révélation : ce n’est pas l’appartenance culturelle, et encore moins raciale, qui fonde la différence ! Ce qui distingue les hommes, c’est LEUR IDENTITE PROPRE !! Arrêtons-nous un instant et méditons sur cette lumière. Je me fourvoyait donc à rechercher de la diversité loin de l’endroit où je suis né, puisque le malien que je tenais en vénération n’avait en fait pas plus de différence avec moi que mon voisin qui a la même couleur que moi, le même langage, etc. et que j’avais appris à éviter car « pas assez différent ». Je pose les guillemets à présent car je me rends compte que le mépris de celui-ci comme la vénération de celui-là étaient tous deux infondés et que maintenant je n’ai plus de raison de refuser la main de ma chère Bringiliswingili, pour laquelle j’avais quelques réticences étant donné qu’elle ne faisait pas partie de cette fameuse « diversité » que je sais dorénavant illusoire. J’ai appris aujourd’hui que tous les hommes sont différents, et que par conséquent on peut faire du métissage même avec ses plus proches voisins. Voilà qui va m’économiser quelques billets d’avions. Merci Robert Branche !


          • Robert Branche Robert Branche 27 avril 2009 12:02

            Et oui cette phrase que vous reprenez a été écrite par Michel Serres, un des plus grands philosophes français vivants.
            Si vous ne l’avez jamais lu ou écouté (il est limpide à l’oral, un brin hermétique à l’écrit), faites-le : cela vous ouvrira des champs de réflexion


          • Robert Branche Robert Branche 27 avril 2009 12:05

            ET POURQUOI NE PAS AVOIR LE SYNDROME DU PRINCE CHARMANT ? ET POURQUOI NE PAS PENSER QUE LE FUTUR SERAIT MIEUX ? ET POURQUOI NE PENSER QU’A PARTIR DES HAINES ET DES TENSIONS ?
            POURQUOI S’INTERDIRE DE CHERCHER DES SOLUTIONS ????


            • Robert Branche Robert Branche 27 avril 2009 12:51

              je ne cherche pas à promouvoir les écrits de Michel Serres : il n’a pas besoin de cela pour moi. C’est un des plus grands philosophes français vivants et reconnu mondialement. Il est vrai que sa lecture n’est pas aisée, mais cela en vaut la peine (même si c’est pour ne pas être d’accord avec lui !). Par contre ses prestations orales sont limpides (il passe de temps en temps à la télévision).
              Si jamais vous voulez dépasser vos a-priori ou approfondir vos propres convictions, vous trouvez pas mal de video de lui sur YouTube.
              Quant à ma prose personnelle, elle est de peu d’importance ! smiley


            • frédéric lyon 27 avril 2009 12:37

              Nous ne confinons plus à la naiserie, nous l’atteignons enfin. C’est l’aboutissement. 

              Grace à Robert Branche.


              • Robert Branche Robert Branche 27 avril 2009 12:52

                Mr Frédéric de Lyon : si penser comme Michel Serres est pour vous le « confin de la niaiserie », je suis très content d’y être associé...


              • Internaute Internaute 27 avril 2009 12:48

                Robert Branche, le grand métisseur est aussi le grand censeur. Tout commentaire qui oppose quelques contre-vérités à sa folie du métissage est vite censuré.

                La photo que vous montrez est un leurre. Elle essaye de nous faire croire que le métissage est beau alors qu’elle montre trés distinctement trois races qui disparaîtront trés vite si le métissage se poursuit. Vous aurez remarqué que la photo est essentiellement d’inspiration raciste avec une belle aryenne, un asiate pure souche et un noir qu’on ne trouve plus que dans les zones les plus reculées du continent Africain.

                Le mensonge se pare de ses plus belles peaux pour paraître attrayant.

                Robert Branche nous propose l’uniformité désolante. Je comprends trés bien son passage à l’Oréal, une société qui donne à fond dans la propagande pour le métissage obligatoire. Il suffit de voir leurs pubs. Il est clair que ce genre de multinationale a tout à gagner d’une masse informe et sans racines de consommateurs et d’ouvriers. D’abord ils pourront n’employer qu’un seul artiste au lieu d’une dizaine pour faire leur pub. Le savon unique pour la race unique, c’est cela l’avenir.

                Métissez-vous, faites-vous rouler dans la farine et exploiter jusqu’au trognon. C’est le seul avenir que vous offre ceux qui sont soit-disant « anti-racistes » mais qui utilisent des images affreusement racistes pour étayer leur thèse.


                • Robert Branche Robert Branche 27 avril 2009 16:01

                  un seul commentaire : je n’ai jamais censuré qui que ce soit ! Je suis à la recherche de la contradiction, car c’est la seule façon d’approfondir un point de vue.
                  Quant au reste de votre commentaire, que répondre à une succession d’invectives, d’amalgame (renseignez vous un peu sur L’Oréal avant d’énoncer de telles affirmations sans relation avec la réalité - ceci écrit, je n’ai passé que 3 ans chez L’Oréal et suis parti il y a 20 ans, mais je déteste les erreurs manifestes comme les vôtres pour ne pas les relever )...
                  Si jamais vous avez envie d’argumenter - essayez, vous verrez, vous en êtes surement capables - je serais alors ravi de vous répondre


                • Makan 27 avril 2009 20:44

                  @L’internaute

                  Qu’est-ce qui vous faire croire qu’on ne trouve plus ce type de Noir que dans les zones les plus réculées du continent africain ? Je regarde par la fenêtre de mon bureau en plein centre ville (d’une capitale africaine) et j’en vois des milliers passer (sans dread locks bien sûr). Peut-être rêvez-vous sécrètement de ne plus en voir, mais je vais vous décévoir : il paraît qu’il en reste près de 700 millions, rien que dans l’Afrique subsaharienne.


                • abdelkader17 27 avril 2009 12:56

                  Mcm, Lyon et leurs affidés sont contre la tolérance et l’ouverture puisqu’ils défendent quotidiennement le projet ségrégationniste Israelien, leur modèle de la société c’est donc celui ci, un apartheid en règle.


                  • Stéphane Bouleaux 27 avril 2009 14:43

                    et chaque jour abdelkader nous raconte que les gentils du hamas sont innocents, que les bombes c’est pas eux et que c’est la faute des israeliens qui veulent proteger leur population des voisins integristes ... (salauds d’israeliens qui ont transformés un desert en pays prospere et qui ne veulent pas le rendre aux islamistes)

                    Merci abdel, mais on a deja vu le film.


                  • abdelkader17 27 avril 2009 15:56

                    @Bouleaux
                     je ne rabaisse pas aux dêchets ça leur donnerait de l’importance.


                  • Internaute Internaute 27 avril 2009 12:56

                    La diversité des races, des peuples et des cultures, ne suppose aucun affrontement. Ce n’est pas la première fois que les défenseur de l’uniformisation, par exemple l’entrée de la Turque dans l’Europe, brandissent l’épouvantail de l’affrontement si nous refusons le mélange.

                    Il y aura toujours des affrontements, même au sein d’une société branchesque où les individus clonés du même gène auront tous la même tête, la même taille, la même couleur, le même poids, la même force musculaire, parleront tous la même langue car ce serait une discrimination effroyable que certains parlent le javanais et pas les autres, la même carte d’identié et seulement un numéro différent. Nous aurons alors la guerre des numéros pairs contre les numéros impairs.

                    A ce jeu du métissage il y a énormément à perdre, pour tout le monde, et pratiquement rien à gagner à part assouvir des croyances politiques vides de sens comme l’égalité universelle.


                    • Robert Branche Robert Branche 27 avril 2009 13:03

                      @Internaute
                      Je poursuis à partir de votre 2ème commentaire : il y a un malentendu ou un contre-sens de lecture (peut-être dû à une maladresse d’expression).
                      Je ne prône pas du tout l’uniformité, mais l’hybridation. Toute l’évolution montre que la diversité s’accroît avec les mélanges, car elle augmente le degré d’incertitude et de variance du système.
                      Si vous voulez vous documenter sur ces sujets, je vous conseilles les lectures suivantes :
                      - Atlan : A tort et à raison
                      - Varella : L’inscription corporelle de l’esprit
                      - Stewart : Dieu joue-t-il l’avenir aux dés ? ou les mathématiques du chaos


                    • Cobalt-59 27 avril 2009 14:17

                      "Toute l’évolution montre que la diversité s’accroît avec les mélanges, car elle augmente le degré d’incertitude et de variance du système« 

                      Voilà le cœur du problème : votre attachement profond à l’idéologie du métissage grève totalement votre perception de l’évolution des espèces et de ses mécanismes. Jetez donc un œil sur l’Arbre des Espèces. Vous remarquerez que la création de diversité répond toujours au même schéma : la subdivision d’une espèce en plusieurs sous-espèces via un certain nombre de contraintes environnementales (adaptation aux prédateurs, aux proies, au cycle climatique, etc). Les branches issues de la division d’une espèce ne sont pas destinées à se rejoindre mais à évoluer dans des directions différentes, prospérer, se rediviser elles-même ou, plus simplement, s’éteindre.

                      Le métissage ne joue dans cette histoire qu’un rôle secondaire. Il créé un »pont", c’est à dire un continuum, dans les premiers temps de la création de ces deux sous-espèces. Puis, quand leur différenciation est suffisamment marquée, le métissage n’est plus possible (Homo Sapiens et Homo Neanderthalis) ou est simplement limité à une hybridation stérile (mules).


                    • Robert Branche Robert Branche 27 avril 2009 14:40

                      @Cobalt
                      C’est effectivement notre point de divergence !
                      J’avoue que j’ai du mal à suivre votre « raisonnement » sur « l’arbre des espèces ».
                      1. Est-ce à dire que vous considérez que les différentes composantes de l’espèce humaine ne font pas partie de la même espèce ? Voulez-vous dire que nous sommes en train de diverger ? Des sous-hommes et des sur-hommes ? J’espère que non !
                      2. Les nouvelles approches du développement de la vie n’ont pas une vision à partir d’un arbre, mais beaucoup plus dans des logiques de foisonnement et de hasard : ce qui est arrivé est seulement ce qui s’est produit, ni plus, ni moins. Il n’y avait pas de plan a priori (lire sur ce sujet « Ciel, je suis né par hasard et pour rien ». L’enrichissement de la vie vient d’une dynamique dialectique faite d’ordre et de désordre : le désordre s’accroît et il en sort une amélioration des systèmes vivants qui sont des facteurs d’ordre (lire « C’est beau la vie, mais quelle pagaille »)
                      3. Ainsi vouloir limiter les mélanges entre hommes et femmes en fonction de leur race actuelle, c’est d’abord nier le moteur historique qui a permis à l’espèce humaine d’émerger et à ces races de s’installer (ces races ne sont pas « pures », mais le fruit des mélanges anciens faits au hasard), ensuite compromettre la poursuite de « l’amélioration » de l’adaptation de l’homme à la vie (sauf si vous voulez exclure certaines races de cette évolution, mais je n’ose imaginer que ce soit votre propos...)
                      4. Tout ceci ne conduira pas à plus d’uniformité, mais à susciter de nouveaux mélanges qui généreront des nouvelles différences (selon les principes de la dynamique du chaos qui semble « gouverner » l"évolution)


                    • Papybom Papybom 27 avril 2009 15:39

                      Pour vous détendre !


                      « Etre né quelque part » de Maxime le Forestier.

                      J’aime bien cette chanson

                      http://www.dailymotion.com/relevance...que-part_music



                      On choisit pas ses parents,
                      on choisit pas sa famille
                      On choisit pas non plus
                      les trottoirs de Manille
                      De Paris ou d’Alger
                      Pour apprendre à marcher
                      Etre né quelque part
                      Etre né quelque part
                      Pour celui qui est né
                      C’est toujours un hasard
                      Nom’inqwando yes qxag iqwahasa 2x

                      Y a des oiseaux de basse cour et des oiseaux de passage
                      Ils savent où sont leur nids, quand ils rentrent de voyage
                      Ou qu’ils restent chez eux
                      Ils savent où sont leurs œufs

                      Etre né quelque part
                      Etre né quelque part
                      C’est partir quand on veut,
                      Revenir quand on part

                      Est-ce que les gens naissent
                      Egaux en droits
                      A l’endroit
                      Où ils naissent


                    • Robert Branche Robert Branche 27 avril 2009 15:49

                      Merci ! J’aime bien aussi cette chanson...


                    • Cobalt-59 27 avril 2009 17:31

                      1. Est-ce à dire que vous considérez que les différentes composantes de l’espèce humaine ne font pas partie de la même espèce ? Voulez-vous dire que nous sommes en train de diverger ? Des sous-hommes et des sur-hommes ? J’espère que non !

                      La réponse est dans la question ! Ce qu’on appelle génériquement « Homme » appartient par définition à la même espèce, l’Homo Sapiens.Pas de doute là-dessus.
                      Pour ce qui est de la divergence, la diversité actuelle de l’espèce humaine n’en est-elle pas la preuve ? Nos différences physiques sont le fruit d’une longue période de sélection naturelle ayant un lien direct avec l’emplacement géographique de nos groupes d’ascendance respectifs... il est par conséquent essentiel d’encourager ces divergences pour peu qu’on juge positive notre propre diversité. Et quoiqu’il en soit, je soutiens qu’il n’existe aucun lien logique entre la promotion de la diversité humaine et la volonté (souvent politique) d’y organiser un classement hiérarchique...

                      2. Les nouvelles approches du développement de la vie n’ont pas une vision à partir d’un arbre, mais beaucoup plus dans des logiques de foisonnement et de hasard : ce qui est arrivé est seulement ce qui s’est produit, ni plus, ni moins. Il n’y avait pas de plan a priori (lire sur ce sujet « Ciel, je suis né par hasard et pour rien ». L’enrichissement de la vie vient d’une dynamique dialectique faite d’ordre et de désordre : le désordre s’accroît et il en sort une amélioration des systèmes vivants qui sont des facteurs d’ordre (lire « C’est beau la vie, mais quelle pagaille »)

                      Le hasard joue pour beaucoup dans le développement des espèces, mais ça n’invalide pas pour autant le modèle de « l’arbre » utilisé comme outil de classification du vivant, quelles que soient ces nouvelles approches sur lesquels vous vous basez.
                      Pour le reste je suis globalement d’accord.

                      3. Ainsi vouloir limiter les mélanges entre hommes et femmes en fonction de leur race actuelle, c’est d’abord nier le moteur historique qui a permis à l’espèce humaine d’émerger et à ces races de s’installer (ces races ne sont pas « pures », mais le fruit des mélanges anciens faits au hasard), ensuite compromettre la poursuite de « l’amélioration » de l’adaptation de l’homme à la vie (sauf si vous voulez exclure certaines races de cette évolution, mais je n’ose imaginer que ce soit votre propos...)

                      Toujours pareil.

                      Votre vision des choses suppose que les écossais sont majoritairement roux grâce au métissage, alors qu’ils le sont en dépit du métissage, grâce à leur isolement. On estime à 40% les écossais porteurs du caractère génétique de « rousseur » et à 13% ceux chez qui ce gène s’exprime. Or aujourd’hui les vagues migratoires (même d’européens blancs) réduisent perceptiblement le pourcentage de personnes chez qui ce caractère génétique peut s’exprimer, étant récessif... Donc si globalement le nombre de porteurs du gène de rousseur reste stable, le nombre de personnes chez qui il s’exprime effectivement ne cesse de dégringoler. Pas franchement une victoire pour la diversité.

                      Ceci étant, je suis d’accord que la notion de « pureté » d’une race est une aporie sur le plan scientifique, une vue de l’esprit qui s’attache à représenter d’une manière à la fois subjective et restrictive une communauté humaine qui, par nature, est vouée à évoluer et donc à ne pas se laisser enfermer dans une quelconque « normalisation » des personnes. Bref.

                      4. Tout ceci ne conduira pas à plus d’uniformité, mais à susciter de nouveaux mélanges qui généreront des nouvelles différences (selon les principes de la dynamique du chaos qui semble « gouverner » l« évolution)

                      Les métis d’aujourd’hui ne sont pas grand chose d’autre que la »moyenne morphologique" de leurs parents... Je ne vois pas ce que davantage de métissage permettrait d’accomplir de plus.


                    • Internaute Internaute 28 avril 2009 08:43

                      @cobalt

                      « Et quoiqu’il en soit, je soutiens qu’il n’existe aucun lien logique entre la promotion de la diversité humaine et la volonté (souvent politique) d’y organiser un classement hiérarchique... »

                      Oh que oui. Dés qu’on parle de diversité humaine on se fait traiter de raciste par ceux qui sont incapables de voir les choses autrement que sur une échelle liénaire. Etre différent ne signifie pas que dans l’absolu l’un est supérieur à l’autre. La majorité d’entre nous souffre encore du syndrome de l’égalité universelle qui voudrait que le Bien soit l’uniformité totale.

                      Mais les choses évoluent lentement. Sans vouloir me vanter, j’ai été l’un des premiers il y a quelques années à pointer du doigt la propagande pour le métissage obligatoire que nous subissons tous azimuth. Au début, 99% de mes commentaires étaient censurés puis peu à peu le thème du métissage a été repris par de bons écrivains (dans le sens capable d’écrire trois pages sur le sujet) et s’étale maintenant au grand jour.


                    • Robert Branche Robert Branche 28 avril 2009 10:01

                      @Cobalt et Internaute
                      A nouveau, je ne suis pas d’accord avec votre approche et votre discours sur le métissage : la diversité - dont je suis aussi à la recherche et un défenseur - ne vient pas de la séparation des races ou des ethnies, mais de l’accroissement du mélange. C’est le facteur de désordre qui en augmentant le hasard et source de diversité.
                      Prenez par exemple le cas des békés en Martinique : voilà un ensemble de personnes qui s’est protégé et n’a voulu se « mélanger » avec personne. Souteneriez-vous que cela a produit de la diversité ?


                    • Cobalt-59 28 avril 2009 13:28

                      Si le statut social des békés n’avait pas créé cette relative « étanchéité » entre leur petite minorité (moins de 1%) et le reste de la population, il n’y aurait simplement plus aucun blanc en Martinique. Dissolus — si j’ose dire — comme une goutte de lait dans du café. Ça n’aurait pas fondamentalement changé le profil physique et génétique du martiniquais moyen, la population serait simplement plus homogène.

                      Ce système de « castes » est bien sûr déplorable et n’a pas sa place sur un territoire républicain. Mais curieusement il démontre qu’une séparation (ici sociale, mais le plus souvent géographique) entre plusieurs groupes ethniques est essentielle pour maintenir leurs différences réciproques (et donc la diversité) au fil des générations.

                      Pour ce qui est de produire de la diversité, ça me semble tout de même peu envisageable sur trois siècles. L’adaptation d’un groupe humain à son milieu a longtemps été favorisée par une forte mortalité (sélection naturelle). Aujourd’hui les progrès de la médecine assurent quoiqu’il arrive la survie des moins adaptés et bloque donc complètement ce mécanisme de sélection naturelle. C’est très cynique, mais la nature est ainsi faite...


                    • Robert Branche Robert Branche 27 avril 2009 12:57

                      un seul commentaire  : je n’ai jamais censuré qui que ce soit ! Je suis à la recherche de la contradiction, car c’est la seule façon d’approfondir un point de vue.
                      Quant au reste de votre commentaire, que répondre à une succession d’invectives, d’amalgame (renseignez vous un peu sur L’Oréal avant d’énoncer de telles affirmations sans relation avec la réalité - ceci écrit, je n’ai passé que 3 ans chez L’Oréal et suis parti il y a 20 ans, mais je déteste les erreurs manifestes comme les vôtres pour ne pas les relever )...
                      Si jamais vous avez envie d’argumenter - essayez, vous verrez, vous en êtes surement capables - je serais alors ravi de vous répondre


                      • Le péripate Le péripate 27 avril 2009 13:05

                        J’ai l’impression que l’auteur fait un curieux usage du plaidoyer libéral de Serres. Le terme « hybrider » fait, à mon avis, référence à des agrégats, des « collections », dont justement Serres montre l’inanité.
                        Soit tout est « hybridation », et le mot n’a alors aucune utilité, soit ce langage biologisant est une enième resucée du multiculturalisme et de la fameuse « diversité ». Bien loin de Serres, qui se voit ainsi trahi.

                        Sinon, un tableau assez juste de l’hominisation vu par Serres.


                        • Robert Branche Robert Branche 27 avril 2009 13:36

                          non je ne crois pas faire un « curieux usage » de la pensée de Michel Serres (mais pour en être sûr, il faudrait un débat direct avec lui) : j’ai pris le temps de lire bon nombre de ses livres et d’assister à plusieurs de ses interventions.
                          Il s’est notamment fait le défenseur du mélange des expériences et des cultures, et donc de l’hybridation et non pas de la juxtaposition.
                          Sur ce thème, lisez notamment son livre « le tiers-instruit » . Il finit ce livre en écrivant :
                          "Quoique né gaucher, j’écris de la main droite, et le bonheur de vivre un corps ainsi complété ne m’a jamais quitté de sorte que je supplie encore les instituteurs, non de contrarier, comme on le dit aujourd’hui, mes compagnons de bâbord, mais de leur donner un immense avantage et d’harmoniser leurs corps en les obligeant à tenir le crayon dans la main droite, complémentaire. Et, par symétrie, de compléter de même les droitiers.« 
                          Enfin que mettez-vous comme sens au mot »libéral« dans votre expression »playdoyer libéral" de Michel Serres ?


                        • Le péripate Le péripate 28 avril 2009 00:27

                          Oh, pas une injure, comme il est d’usage en novlangue, c’est pour moi très positif. Je fais particulièrement référence à la distinction que Serres introduit entre appartenance et identité. C’est une critique très directe de la mentalité collectiviste qui pratique la confusion de ces deux termes. L’appartenance est une structure pyramidale, l’identité un noeud dans un réseau dont les liens sont évanescents et en perpétuelle reconstruction, ou actualisation. Ce n’est donc pas équivalent. La complexité (est complexe un problème que on ne peut diviser en sous problèmes) rend la structure hiérarchique coûteuse, inefficace, voire destructrice quand le problème devient complexe. Pensez à une entreprise qui aurait à répartir entre les équipes A, B, C, D, etc.. la résolution d’un problème insécable. Qui fait quoi ? Et quoi de plus complexe que la société humaine ?


                          C’est pourquoi le réseau est supérieur, l’auto—régulation, l’anarchie, le marché, la main invisible, l’organisation spontanée, peu importe le terme, c’est la même idée.

                          Voilà pourquoi j’ai parlé de plaidoyer libéral.

                        • pasou 27 avril 2009 14:36

                          Oui effectivement le langage (et la main) est important et même fondamental dans le développement humain car il permet, avec l’écriture, de transmettre la culture et d’en confronter les différents contenus. Seulement c’est aussi le moyen de transmission des idéaux mortifères, comme le nazisme ou le communisme, et aujourd’hui de la fausse bonne idée du « métissage ». Mais quelle peut-être la valeur d’un langage, qu’il soit d’individu à individu ou de régurgitation comme la leughorrée télévisuelle, qui sert à développer des idéaux qui ne tiennent pas compte des réalités physiques, tangibles et si ... humaines.
                          Le baratin, le beau discours est le premier outiul de la manipulation, la mise en scene, l’esthétique, les phénomènes de groupe aussi jouent un rôle nocif en supplantant l’argumentation au profit d’artéfact falacieux.
                          Nous sommes en plein dedans dans ce type de discours branch...é. Ce type d’écriture sert à créer un simulacre d’idées réfléchies, il n’est que l’expression d’une machine à déraisonner et en pleine divagation. Crtl-Alt-Del me semble nécessaire à se stade.
                          Pasou


                          • Robert Branche Robert Branche 27 avril 2009 14:44

                            Je crois que votre expression « réalités physiques, tangibles et si ... humaines » montre bien notre vraie divergence : nous n’avons pas la même conception de l’humanité (désolé d’en revenir à nouveau à une idée et un concept !)
                            De mon côté, je ne fais pas « Crtl-Alt-Del » sur votre commentaire, car il est utile de garder en mémoire des propos comme les vôtres, ne serait-ce que pour les combattre. Une autre divergence, probablement...

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