• vendredi 24 mai 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Société > Vers l’infantilisation et l’américanisation de la société (...)
10%
D'accord avec l'article ?
 
90%
(60 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Vers l’infantilisation et l’américanisation de la société française

Labourage et pâturage ne sont plus depuis longtemps les deux mamelles de la France. Elles sont aujourd’hui devenues Psychologie et Judiciaire. A chaque semaine sa nouvelle loi ou son nouveau règlement en réponse à chaque dernier fait divers. A chaque nouvel incident, sa horde de psychologues s’abattant tel un vol de criquets pèlerins sur les « victimes » aux frais de l’Etat et des collectivités locales. Autour de nous, ce n’est que procès, plainte, récrimination et victimisation. Tout devient judiciaire, on ne sait plus se parler et répondre par le bon sens ou le courage aux petits inconvénients de la vie. La plainte est l’avenir de l’homme aurait dit Aragon en rimant sur notre triste époque. Et ce qui n’est pas judiciarisé est psychiatrisé dans le mauvais sens du terme.

Il n’est pas un jour où l’on lise dans la presse ou sur Internet, où l’on voit à la télévision ou que l’on entende à la radio que la désormais célèbre « cellule psychologique d’urgence » a sévi. Passager du car qui s’est renversé, familles et voisins du petit loubard heurté par un voiture de police, enfants, parents et personnel de la crèche où l’enseignante s’est pendue, de la piscine où le gérant a pris un coup de couteau, tous y on droit sans discrimination.
 
Jadis, ceux qui supportaient mal les vicissitudes de l’existence, les mauvais coups et les traumatismes soit faisaient avec tant bien que mal, soit s’engageaient dans la voie volontaire et payante de la psychanalyse ou de la psychothérapie.
 
Maintenant, il n’est même plus nécessaire de demander, le psychologue et sa cellule de crise arrive quasiment avant les flics et les pompiers sur les lieux du drame. Etre pris en charge psychologiquement devrait être une démarche individuelle et réfléchie. Or que voyons nous le plus souvent, des individus à qui certes il est arrivé quelque chose de fâcheux, mais le plus souvent de simples témoins qui s’en remettraient d’eux même la plupart du temps. Ils vont subir les poncifs et les lieux communs de soit disant professionnels du malheur pour les aider à supporter le choc. Et puis, comme les pouvoirs publics du plus haut de l’Etat au maire de la plus petite commune ne veulent pas passer pour des irresponsables et se montrer compatissants et ne pas être impliqués, on envoie l’équipe de psychologues qui le plus souvent ne fera qu’un séance collective tout près de la carcasse du bus, de la chapelle ardente ou de la cage d’escalier du HLM qui a pris feu. Résultat nul au niveau du soutien, car seul une écoute prolongée et structurée peut être efficace pour des personnes psychologiquement fragiles. Et puis, quand un autocar rempli de Slovènes se rendant Portugal s’écrase dans un fossé à trois heures du matin du côté de Sauveterre en Guyenne, on peut se demander où le maire va trouver à cette heure une équipe de soutien psychologique maîtrisant la langue des occupants du véhicule accidenté.
 
De plus, ce soutien est gratuit, même s’il coûte à l’Etat. Les « victimes » ne faisant pas de démarche volontaire et ne déboursant pas le moindre euro, l’impact psychologique est différent de celui créé par la relation avec un thérapeute que l’on a choisi et que l’on rémunère, quelque soit sa formation. Il y a fort à craindre que l’assistance tous azimuts, dispensée larga manu, peut avoir plus d’effets secondaires que prévu. D’abord la fixation de la scène traumatisante à force d’en avoir parlé. L’oubli est aussi utile à la reconstruction se soi après un traumatisme. Ensuite peut se greffer l’idée que « si l’on s’intéresse à moi, c’est qu’il y a eu faute ». Cela débouche rapidement sur la revendication et dans certains cas sur une pathologie revendicative appelée sinistrose, avec des effets encore pire que quelques possibles mauvais rêves post traumatiques.
 
A croire que les pouvoirs publics veulent venir en aide à la profession des psychologues qui pourtant est loin d’être sinistrée. Déjà les entreprises y ont recours tant au niveau du recrutement que de la gestion des ressources humaines. Mais là au moins, c’est le patronat qui paie, pas le contribuable. Et puis, le service rendu aux victimes, aux témoins de drames n’en est peut être pas véritablement un. Il y a aussi des risques de fixation du traumatisme subit indirectement quand on vient vous expliquez que vous venez d’en subir un et que vous risquez d’en souffrir toute votre vie si vous ne vous exprimez pas en vidant votre sac devant un professionnel.
 
Le recours au tout psychologique a pour corollaire l’inflation du tout judiciaire. En effet, lorsque l’on vous a fait comprendre que vous êtes quelqu’un digne d’intérêt parce que votre voisin a été tué à coups de hache, ou que votre car ne se serait pas retrouvé dans le fossé si la compagnie de transport avait suivi toutes les procédures de sécurité, que le maire du patelin aurait du faire établir des ronds-points à grand frais dans sa commune et qu’à cause de ces irresponsables vous allez souffrir psychologiquement pendant des années parce que votre voisin de siège s’est cassé la clavicule dans l’accident, alors il vous vient rapidement le désir revendicatif et l’espoir de toucher quelque chose au titre du préjudice moral.
Souvent, après avoir été requinqué par le psychologue, le témoin, le rescapé, bref celui ou celle qui n’a pas souffert grand-chose est mûr pour devenir plaignant. Un plaignant qui va au tribunal stimulé par une démarche bipolaire. D’abord, le désir vindicatif et punitif le motive, mais le versant mercantile de la plainte n’est pas à négliger, même s’il se drape dans les oripeaux de la juste revendication.
 
La société française entière a été gangrenée par un recours au légal, au pénal pour un oui ou pour un non. La victime expiatoire a été remplacée par le coupable expiatoire qui permet à la fois de toucher des indemnités sonnantes et trébuchantes, mais aussi de considérer la justice comme l’émonctoire de la peur. Il y a aussi de nos jours, du Millénarisme dans le recours au juridique ainsi que du sacré. Le citoyen a une peur irraisonnée de Fin du Monde, d’Apocalypse et de Jugement dernier. L’environnement, de potentiellement dangereux, devient ressenti comme obligatoirement hostile. Manger un fruit, un bonbon, une salade ou un kebab, c’est s’exposer aux pesticides, aux cancérigènes et aux germes et de ce fait rechercher un bouc émissaire à dénoncer avant même le premier incident. Aller dans un parking toute seule, c’est prendre le risque d’un viol. Envoyer ses enfants en car scolaire, c’est la très forte probabilité de l’accident « qui aurait pu être évité » ou alors de tomber sur un chauffeur pédophile. Les exemples se ressemblent tous dans leur essence. La peur règne en maître, elle est érigée en dogme et débitée ad libitum durant les journaux télévisés. Le citoyen pense qu’il peut, qu’il doit se protéger de l’adversité en portant plainte, espérant ainsi une juste compensation. Cette forme d’exorcisme place l’action judiciaire au niveau du sacré, si ce n’est du magique et du sacrifice propriatoire. Le recours au psychologue le renforce dans cette dérive.
 
Les inconvénients de la vie ordinaire n’ont cependant pas tous le tragique d’un drame atridien. Les prud’hommes, le civil et le pénal sont utiles, mais pas à tout bout de champ. Il existe des licenciements abusifs évidents, certains inconscients peuvent laisser déambuler une meute de bergers allemands sans surveillance devant une école maternelle. Le viol, l’attaque à main armée et le meurtre, fût il petit et entre amis doivent avoir une réponse pénale avec sanction et réparation matérielle, c’est évident.
 
Mais en plus de la démarche individuelle, il se développe une stratégie collective de la plainte. Les associations de consommateurs et de victimes se comportent de plus en plus en associations de malfaisants, si ce n’est de malfaiteurs. Ces groupes se portent partie civile, le plus souvent non pour faire éclater la vérité et faire châtier le coupable, mais pour faire condamner un responsable avant tout solvable. Il est remarquable de constater que les « lampistes » ne paient quasiment jamais, même quand ils sont véritablement impliqués dans une affaire pouvant déboucher sur des dommages et intérêts. Les associations savent que les subalternes ne sont pas solvables et sont souvent défendus bec et ongles par les syndicats. Il est nettement plus rentable de se retourner contre l’Etat, une compagnie aérienne, une grosse entreprise, un médecin, un maire ou un architecte si on espère une forte indemnisation. Ce comportement participe à l’inflation judiciaire et à la pénalisation, mais aussi à l’inflation tout court, car les coupables potentiels sont obligés de se couvrir en s’assurant et en créant des provisions pour frais de justice.
 
Par contre, le « Respect pour Farid ! » scandé aux alentours d’une cité après le décès d’un délinquant est beaucoup plus significatif d’un désir revendicatif incantatoire, d’une recherche de reconnaissance, voire d’une forme de victimisation. A l’inverse, il ne s’agit pas de l’influence de la télévision sur le citoyen, mais de l’imprégnation des médias et de la classe politique par un cri venu du peuple. Le mot respect étant ensuite récupéré avec démagogie à des fins électorales par les politiciens de tous bords.
 
De nos jours, le milieu judiciaire lui permet d’exprimer sa citoyenneté. Le Français rejoint le thème aphorique, « Je plaide donc je suis ! ». Plaider reviendrait à une démarche identitaire individuelle.
 
L’accent mis sur le lien ressenti par le plaideur entre la sanction et le dédommagement. Le « quelqu’un doit payer » est devenu le leitmotiv du plaignant. On a gloussé sur le fameux « responsable mais pas coupable ». Personnellement, je ne vois pas le mal dans cette réplique, peut-être du bon sens. En terme trivial, on pourrait dire : « Si je ne peux obtenir les cinq mois ferme minimum requis contre le coupable, je veux au moins un gros paquet de fric ! Les deux ensembles, ça ne serait pas plus mal ! » Cette dérive explique en parti pourquoi de nombreux maires de petites communes hésitent à se représenter, craignant de se retrouver au pilori et leur compte en banque vidé à la suite de la chute d’un arbre sur une poussette par jour de grand vent.
 
L’ « américanisation » des comportements de la société française est de plus en plus visible dans le domaine médical. Les plaintes sont de plus en plus fréquentes et le médecin n’est plus le notable respecté de jadis mais une volaille à plumer. Les vrais canailles médicales, cependant passent encore entre les gouttes car bien organisées. Mais les malchanceux, responsables de fautes professionnelles, condamnables mais compréhensibles sont de plus en plus attaqués. On n’a cependant pas atteint en France le niveau américain avec ses avocats véreux attendant les patients à la sortie de la clinique avec un formulaire pré rempli. La première conséquence de cette dérive procédurière se retrouve dans les tarifs des assurances des professionnels de santé et de ce fait dans le déficit de la sécurité sociale.
 
La solution passerait donc par une éducation juridique du citoyen. Beaucoup de français n’ont qu’une idée très vague de la différence entre une infraction, un délit et un crime. Peu savent ce qui relève du civil, du pénal ou des assises. Cet enseignement devrait être acquis à l’école, mais on lui préfère les activités d’éveil. On est mal parti quand on regarde la télévision ou bien quand on lit la presse populaire qui a érigé le fait divers en fait historique. La pire catégorie de ces nouveaux Fouquier-Tinville veut pénaliser tout ce qui est potentiellement agressif même au niveau subjectif. Tirer un colvert hors saison, stationner sur une place de handicapé, ne pas indiquer un colorant sur un emballage, ne sont que des infractions bénignes ne méritant qu’une simple amende quelquefois amnistiable. Mais, ces adulateurs dévoyés du droit voudraient les voir pénalisées et sanctionnées, regrettant le temps des galères et du bagne pour le vol d’un pain.
 
La France s’américanise au niveau de ses comportements : recours au religieux, au psychologique, au pénal, au règlement en permanence. De nombreuses plaintes qui finalement entravent l’application de la justice, la recherche de coupables et de responsables à tout prix paralyse les institutions. Les Français s’orientent vers cette dérive américaine qui les rend de plus en plus processifs et intolérants et de moins en moins résistants à l’adversité.
 
Peut-être en arriverons nous un jour à un pays de geignards et de procéduriers, totalement incapables de réagir aux moindres vicissitudes et inconvénients de la vie quotidienne.
 



par Georges Yang mercredi 12 août 2009 - 88 réactions
yahoo
10%
D'accord avec l'article ?
 
90%
(60 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Krokodilo (---.---.---.198) 12 août 2009 14:32
    Krokodilo
    Très intéressant, et tout à fait d’accord au sujet des cellules psychologiques – forcément d’urgence – envoyées systématiquement. Les politiques veulent montrer qu’ils font quelque chose, qu’ils ont les choses en main, selon la célèbre formule « Si les choses nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs », du moins pour l’après-accident. 
    A ma connaissance, il n’a jamais été prouvé que la prise en charge psy précoce et systématique (sauf refus individuel) des victimes de catastrophes, et maintenant des témoins, diminuait le nombre ou l’intensité des syndromes de stress post-traumatique, des complications ultérieures, ce qui est tout de même le but recherché... 
    Mais quel professionnel oserait aller contre ce qui apparaît comme une aide et une compassion immédiate et bienvenue de la part de l’Etat ? Il faudrait mener une véritable étude clinique, disposer de données sur tous ceux qui ont été pris en charge, à condition qu’on ait suivi leur dossier, etc. c’est un énorme travail qui n’enthousiaste pas forcément les psychiatres débutants ou confirmés, une telle étude pouvant être perçue comme une attaque contre les pratiques des confrères psycho et psychiatres... 

    Pour le reste, certes la France est conue pour son grand nombre de lois, dont certaines n’ont même jamais eu leurs décrets d’application, mais c’est « compensé » par le fait que nos dirigeants donnent l’exemple en ne les appliquant pas ou peu ! 
    Marchés truqués, élections truquées, condamnation ridicule à une courte inéligibilité suivie d’une réélection par des citoyens admiratifs des comportements claniques, CV bidonné par une ministre, et aujourd’hui dans le Canard, comment les députés et sénateurs transgressent le décret de 1981 sur le retour des oeuvres d’art aux musées qui les avaient prêtées aux administrations. 
    En fait, tous les Français qui respectent relativement les lois mériteraient la légion d’honneur, tandis qu’une partie de ceux qui l’ont reçue mériteraient de la rendre ! Mais je ne cite aucun nom, le jounalisme citoyen n’a pas les moyens de me payer un avocat.
     Prière de se référer au Canard enchaîné, de l’acheter pour le soutenir, aujorud’hui par exemple la saga où l’on voit un haut fonctionnaire ayant organisé la privatisation de la bourse française, sa fusion avec les USA et son prochain transfert à Londres, le tout avec l’aval aveugle ou complice de politiques de tout bord... Je crois d’ailleurs qu’ils en avaient déjà parlé, à l’exception de cette récente décision du transfert de l’informatique à Londres. 
    Il n’est pas dit si ce milliardaire pantoufleur (haut fonctionaire passé dans le privé dans d’excellentes conditions) est titulaire de la légion d’honneur distinguant les Français méritants ayant bien servi leur pays, je gage que oui...

    Mais revenons à la judiciarisation : d’accord avec vous pour éviter à la société française l’américanisation dans ses aspects les plus absurdes, mais la sociét est complexe, et nous avons besoin de lois, et surtout qu’elle soient respectées : huile frelatées en provenance d’Ukraine (sans que l’UE lance d’enquête), complément alimentaires farcis de métaux lourds par une entreprise chinoise, distribués quand même par les grossistes de l’alimentaire, condamnations récentes très modestes 

    Le gouvernementr actuel est justement en train de démantibuler pas mal de services de contrôle des fraudes, et ce n’est pas forcément une bonne chose, car la nature humaine est malheureusement encline à se foutre du bien public, comme en témoignent diverses affaires d’usage vétérinaire d’antibiotiques interdits, parfois avec la complicité de vétérinaires, des réactions molles du Conseil de l’ordre, des condamnations douces et peu empressées, etc. 

    Quant la morale, l’éthique et l’appel à la bonne volonté ne suffisent pas – ce qui est pratiquement toujours le cas... – qu’a-t-on inventé d’autre que les lois ? Histoire de prendre un peu le contre-pied de votre plaidoyer, je dirais que notre problème n’est pas l’excès de lois, mais leur non-application !

    Et les accidents du travail ? Moins de contraintes, moins de lois et d’obligations, plus d’accidents...

    Par ailleurs, nos dirigeants ne sont pas sytématiquement idiots ou partisans des complications inutiles ! La médiation civile a été développée afin de réduire la judiciarisation et pallier l’encombrement des tribunaux. Elle existe par exemple pour les litiges médicaux, pour de petits conflits civils, etc. 

  • Par Ainsi parlait Roungalashinga (---.---.---.218) 12 août 2009 15:52
    Roungalashinga

    un parti-pris antiaméricaniste primaire qui s’efforce de fermer les yeux sur les véritables dangers que rencontre la culture française : sa disparition au profit des cultures importées par les immigrés qui vivent sur son sol, et qui ne sont manifestement pas américains en majorité, bien qu’ils en utilisent souvent la culture hip-hop pour s’exprimer.
    La France ne se dirige nullement vers une société à l’américaine, où tous ou presque sont fiers d’être de leur pays, mais vers une république musulmane où l’appartenance ethnique et religieuse prime sur le sentiment national.


    C’est drôle mais je fais exactement l’analyse inverse : le plus grand danger qui guette la France est l’américanisation de la culture. Toutes les saloperies de ce pays, parfois formidable, que sont les Etats-Unis, arrivent chez nous avec un temps de latence d’environ dix ans et pourrissent le paysage. Même si les dérives que vous identifiez, liées à l’islamisation d’une frange de la société d’une part et d’autre part à la repentance française (colonisation, esclavage, occupation...), sont réelles, je ne vois pas en quoi elles peuvent être jugées plus menaçantes que la ketchupisation de la France.
    Regardez donc : la mutation de la politique française ne se fait pas sur le modèle islamique. Le bipartisme, la politique spectacle, la transparence, le politiquement correct, le jogging présidentiel, ça ne vient pas du Coran !
    Regardez nos murs : les messages publicitaires en anglais ou utilisant des anglicismes se multiplient à un tel point qu’il y a plus d’anglais sur nos murs actuellement que d’allemand sous l’Occupation !
    Vers quel modèle de société nous dirigeons-nous après l’affaiblissement de l’assimilation républicaine, sinon vers un modèle communautariste à l’anglo-saxonne, dont est inspiré le modèle américain ?
    Les français se sont-ils mis à manger hallal ou bien ont-ils adopté la malbouffe MacDonald’s, Pizza Hut, etc ?
    Les racailles sont-elles abreuvées de hip hop et de films américains, ou bien des paroles de Mohamed ? Selon vous des deux, mais moi je pense que celui qui trouve la foi et pratique l’Islam adopte une pratique plus probe et abandonne la délinquance. Les délinquants qui se disent musulmans ne le sont que par la culture, et parmi leurs comparses se trouvent aussi des blancs non musulmans.
    Le libéralisme sauvage, la privatisation des services publics, de l’enseignement, le travail du dimanche, de quel pays tout cela est-il issu ?
    Pour un film de pays arabo-musulman, combien de films hollywoodiens sortent en France ? Et pour combien de films français ?

    L’américanisation de la France est donc déjà bien entamée.

    Ainsi parlait Roungalashinga.

  • Par Georges Yang (---.---.---.180) 12 août 2009 16:01

    Les séries américaines ne sortent pas du néant, même si elles déforment la réalité et sont à la limite du simplisme. Elles veulent montrer en grossissant le trait, ce qu’est le système judiciaire américain. La France n’a pas encore atteint ce niveau de procédure pour des raisons multiples. D’abord notre pays possède un vieux fond catholique culturel. Aux Etats-Unis, les gens qui font l’opinion viennent des milieux protestants évangélistes et juifs. Les évangélistes pensent que s’ils ont raison, Dieu doit être obligatoirement de leur côté. S’ils plaident sans malice, ils doivent gagner, être reconnus comme victimes et de ce fait, être indemnisés au juste prix du préjudice. Le versant juif de la société américaine désire ardemment trouver une réponse aux questions les plus improbables, celles que les autres ne se posent jamais. C’est avant tout pour eux un exercice de style tel que l’on pouvait le retrouver dans une école talmudique de Pologne orientale au temps du Yentl d’ Isaac Bashevis Singer. La France, pays majoritairement illettrée jusqu’à l’époque de Jules Ferry ne s’est posée que tardivement ce genre de problématique. Le recours au juridique est donc un phénomène relativement nouveau pour nous. Notre pays n’a pas encore totalement intégré le système américain, loin s’en faut, même s’il glisse sur cette pente. Le plaideur américain est aussi un « gambler », c’est-à-dire un joueur de casino ou un spéculateur en bourse. Porter plainte est une opportunité de gagner gros, il faut donc s’en donner les moyens. Il n’y a pas encore en France d’interaction, voir de complicité flagrante entre les « lawyers » et les lobbies.

  • Par Georges Yang (---.---.---.180) 12 août 2009 14:59

    Malgré vos excès, je suis d’accord sur un point, il n’y a pas que les USA pour tomber dans la dérive, loi et psy. Malgré une toute autre approche, La France n’a pas non plus atteint le degré procédurier de l’Egypte mais les raisons sont comparables bien qu’hypertrophiées. Du Caire à la plus petite ville, l’Egyptien est un plaideur farouche. Le tribunal est le seul et dernier lieu où il peut se faire entendre du fait du peu de crédibilité en l’Etat ; c’est même le seul lieu où l’échange est possible, l’administration ayant failli. La justice y est certes corrompue, mais surtout pour les grosses affaires. Pour le tout venant, le plaideur s’y retrouve et n’hésite pas à y avoir recours. Le but du procès y est bien sûr la compensation matérielle comme partout, mais aussi le désir de reconnaissance, d’avoir le sentiment d’exister. Le citoyen égyptien pense que le politique au sens grec du terme d’implication dans la cité a failli et qu’il ne peut se retrouver qu’au tribunal. Seul le milieu judiciaire lui permet d’exprimer sa citoyenneté. Le Français ainsi oscille entre une vision télévisuelle des séries américaines et les soap opéras égyptiens. Seule la partition de la musique juridique est différente, car française.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération