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À la poursuite du boson de Higgs

Parmi les particules qui entrent dans la composition du modèle théorique de la matière, une seule n’a pas été observée, c’est le boson de Higgs. Proposée dès les années 1960 par le Britannique Peter Higgs, cette particule explique la masse de toutes les autres. Sa découverte expérimentale confirmerait la validité du modèle standard.

Connaître la composition de la matière à l’échelle de l’infiniment petit et les premiers instants de l’univers, tels sont les enjeux du LHC (Large Hadron Collider), l’accélérateur de particules le plus puissant du monde qui a été mis en service au CERN, près de Genève, en septembre 2008, après dix ans de travaux. Cette machine d’une grande complexité, qui a coûté 3 milliards d’euros, s’étend le long d’une boucle souterraine de 27 km de circonférence, dans laquelle des protons circulent à une vitesse proche de celle de la lumière. C’est en observant le choc frontal de ces particules, dégageant une énergie considérable, que des physiciens pourront répondre à de nombreuses questions telles que : d’où vient la masse des particules, pourquoi l’antimatière a-t-elle disparu, quelles étaient les particules présentes à l’instant du Big Bang ? La recherche du boson de Higgs est sans aucun doute le sujet le plus important du LHC.
 
Détails techniques
 
Les protons subissent une accélération progressive dans des boucles de plus en plus longues. La première augmente leur énergie jusqu’à 1,4 GeV (un GeV est un million d’électron volt). Ils sont ensuite injectés dans deux autres boucles, portant leur énergie à 25, puis à 450 GeV. Ils sont alors prêts pour subir l’accélération ultime dans la dernière boucle, celle du LHC proprement dite. Leur vitesse se rapproche alors de celle de la lumière, soit 300 000 km/sec, correspondant à une énergie de 3,5 TeV (un TeV vaut mille GeV). Lors de la collision frontale de deux protons, l’énergie dégagée atteindra 7 TeV, un record mondial. Pour fixer les idées, toute l’énergie d’un moustique en plein vol sera concentrée sur un seul proton.
 
Les faisceaux de protons destinés à entrer en collision circulent en sens opposé dans deux tubes distincts, sous un vide très poussé. Ils sont guidés par un puissant champ magnétique produit par des électroaimants refroidis à l’hélium liquide, de façon à atteindre à l’état supraconducteur pour lequel l’électricité circule sans perte d’énergie. 392 aimants quadripolaires, long de 5 à 7 m, concentrent les faisceaux de protons et 1234 aimants dipolaires, longs de 15 m, courbent leur trajectoire. Des détecteurs ultrasensibles enregistrent la trajectoire des particules produites par la collision, leur nature et leur masse. Dotés de systèmes électroniques mesurant le temps de passage d’un élément à quelques milliardièmes de seconde près, ce sont de gros instruments de mesure qui suivent les particules avec une précision de l’ordre du millionième de mètre. Ils enregistrent un million d’évènements par seconde.
 
Deux laboratoires en concurrence
 
Le démarrage du LHC, le 18 septembre 2008, avait été annoncé dans la presse mondiale comme un grand événement. AgoraVox a publié un article à ce sujet. Quelques jours plus tard, une panne a obligé le CERN à faire d’importantes modifications, en sorte que la machine n’a été remise en marche que le 23 octobre 2009, après un an de travaux.
 
Le laboratoire Fermilab près de Chicago avait construit en 1983 un puissant accélérateur de particules, le Tevatron. Constamment amélioré, il atteint maintenant un TeV, une énergie bien inférieure aux sept TeV du LHC. La panne du LHC a donné aux chercheurs du Fermilab l’espoir d’être les premiers à détecter le boson de Higgs. Pier Oddone, le directeur, déclarait en février 2009 : « Nous ne sommes pas en compétition avec le CERN. Nous savons cependant que le LHC est indisponible pour six mois et qu’il lui faudra encore une année de plus pour obtenir des données exploitables ; nous pensons donc que le Tevatron est bien placé pour remporter la course  ».
 
Mais en novembre 2009, le LHC a propulsé un faisceau de protons à 1,18 TeV. Voici ce que Michel Spiro, le président du Conseil du CERN, a déclaré à la mi-décembre au journal Libération :
 
« En 2010, je pense que nous allons faire tourner la machine le plus longtemps possible à 3,5 TeV, la moitié de son énergie nominale.Durant cette panne, aucune machine ni aucune idée de machine ne sont venues concurrencer le LHC pour son objectif : explorer la matière avec une précision supérieure aux machines existantes, dont la plus puissante, le Tevatron de Chicago, ne peut dépasser 1 TeV. Nous ne nous sommes pas trompés il y a 20 ans, lors de sa conception : le cadre physique, les questions posées sont toujours là, et seule l’exploration promise par le LHC permet de répondre à ces questions sur l’organisation la plus intime de la matière (…)
 
« A la fin de 2010, nous ferons un essai à 5 TeV pour voir comment réagit la machine, puis il y aura un long arrêt en 2011 pour entretenir l’accélérateur et les détecteurs, intervenir sur les soudures jugées insuffisantes. C’est long car le seul réchauffement à température ambiante de l’accélérateur qui fonctionne très près du zéro absolu, vers -271°C, prend 2 mois, et il en faut autant pour le refroidir. Donc, les 7 TeV prévus au départ ne seront pas là avant 2012… et le boson de Higgs aussi, sauf surprise ».
 
Le 3 février 2010, le CERN a annoncé le nouveau calendrier du LHC. L’accélérateur va être exploité pendant une durée de 18 à 24 mois à une énergie de collision de 7 TeV. Ce sera la période d’exploitation la plus longue de l’histoire du CERN ; elle permettra le lancement du programme scientifique du LHC, un moment très attendu pour les physiciens travaillant auprès des détecteurs. Cette phase ira jusqu’à l’été ou l’automne 2011. Ensuite, une longue période d’arrêt permettra d’effectuer tous les travaux nécessaires afin de permettre au LHC d’atteindre l’énergie de collision nominale de 14 TeV. Steve Myers, Directeur des Accélérateurs et de la Technologie au CERN explique :
 
« Le LHC est une machine différente de tous ses prédécesseurs au CERN. Étant donné qu’il s’agit d’une installation cryogénique, chaque période d’exploitation s’accompagne de longues phases de refroidissement et de réchauffement. Pour cette raison, le modèle traditionnel consistant en une exploitation jusqu’à l’automne et un arrêt hivernal avait déjà été remis en question. Par ailleurs, nous savons depuis un certain temps que des travaux sont nécessaires pour préparer le LHC à une exploitation à des énergies bien supérieures à l’énergie de collision de 7 TeV que nous avons choisie pour la première exploitation pour la physique. Les dernières données montrent qu’une exploitation sans risque à des énergies plus élevées nécessite des travaux supplémentaires dans le tunnel. Deux options étaient donc possibles : soit exploiter maintenant le LHC pendant quelques mois et programmer de courtes périodes d’arrêt successives afin de monter en énergie, soit exploiter tout de suite le LHC pour une longue période et programmer un seul long arrêt avant de pouvoir passer à 14 TeV (7 TeV par faisceau). »
 
« Lancer tout de suite une longue exploitation est la bonne décision, tant pour le LHC que pour les expériences. En effet, cela laisse aux équipes de la machine le temps nécessaire pour préparer soigneusement les travaux requis en vue d’un passage à 14 TeV. Quant aux expériences, une exploitation sur une période allant de 18 à 24 mois leur permettra de disposer de suffisamment de données dans tous les domaines où des découvertes sont susceptibles d’être faites afin de confirmer la prééminence du LHC au plan mondial dans le domaine de la physique des hautes énergies. »
 
On peut se poser la question de l’utilité de ces expériences. La recherche fondamentale est un pari sur l’avenir ; elle ne conduit pas toujours à des progrès techniques ; mais de nombreux progrès techniques, parmi lesquels on peut citer le transistor, le laser… trouvent leur source dans la recherche fondamentale. 
 

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61 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 4 mars 2010 10:00

    1 GeV = 1 milliards d’electron-volts ;


    • Céphale Céphale 4 mars 2010 13:03

      Merci foufouille. Désolé pour cette faute d’étourderie.


    • L'enfoiré L’enfoiré 4 mars 2010 10:27

      Bonjour Céphale,
       Bel article que je vais m’accrocher au mien. Mais que j’avais légèrement détourné par un côté humoristique pour détendre l’atmosphère du lecteur.
       Sujet qui m’intéresse.
       Dommage qu’il a été en panne pendant un an. smiley 


      • Gasty Gasty 4 mars 2010 10:29

        « sous un vide très poussé » est surement la meilleur formulation car le vide absolu n’ a aucun sens.
        D’où l’expression « vide de sens »....Enfin je crois ! smiley

        Le vide ne peut se définir comme étant l’absence de matière. Qu’on se le dise.

        C’était une parenthèse. smiley


        • Luis Gonzalez-Mestres 4 mars 2010 12:24

          Deux remarques :

          - En Physique des Particules, le « vide » n’est pas vide. Même en supposant que les théories actuelles les plus « standard » soient les théories ultimes, des champs quantiques se condensent dans le vide (notamment, des bosons comme celui de Higgs). Le vide n’est donc pas l’absence de matière, mais l’état fondamental de cette dernière. Un peu comme l’état fondamental d’un supraconducteur.

          - Les « modèles théoriques de la matière » prévoient bien d’autres particules qui à ce jour n’ont pas été observées. A commencer par le graviton. Et a fortiori, si on croit aux supersymétries. D’ailleurs, les quarks et les gluons ne sont même pas des particules libres et n’ont été « observés » qu’indirectement.

          Quant à ce qui peut se passer à l’échelle de Planck, la situation reste très ouverte. Les particules dites « élémentaires » le sont-elles vraiment ? Etc...

           

          Cordialement

          Luis Gonzalez-Mestres
          http://scientia.blog.lemonde.fr/
          http://notresiecle.blogs.courrierinternational.com/


        • Luis Gonzalez-Mestres 5 mars 2010 11:18

          A Razzara.

          Merci de votre commentaire. Vous trouverez mes travaux sur la limite de Plack et questions assimilées ici :

          http://arxiv.org/find/grp_physics/1/au :+Gonzalez_Mestres/0/1/0/all/0/1

          J’ai effectivement cité Laurent Notale récemment.

          Quant au livre de Smolin, il appelle de ma part des remarques que, vu la notoriété de cet ouvrage passé en édition de poche, j’ai décidé d’inclure dans ma fiche d’auteur ici :

          http://www.agoravox.fr/auteur/luis-gonzalez-mestres

          C’est à tort que, dans son ouvrage Rien ne va plus en Physique, Dunod 2007 et 2010 (traduction française de The Trouble with Physics, Houghton Mifflin 2006), Lee Smolin écrit à mon sujet :

           "Il est remarquable qu’il ait fallu attendre le milieu des années 1990 pour comprendre qu’on pouvait réellement sonder l’échelle de Planck. Comme c’est parfois le cas, quelques personnes l’avaient déjà compris, mais on leur a demandé de se taire lorsqu’ils ont essayé de publier leurs idées. Un d’eux était le physicien espagnol Luis Gonzalez-Mestres, du Centre national de la recherche scientifique à Paris. Or, une telle découverte peut être réalisée plusieurs fois, de façon indépendante, jusqu’à ce que quelqu’un réussisse enfin à attirer l’attention de la communauté des spécialistes."

          (fin de citation, page 341 de l’édition de poche de 2010)

           
          La réalité est très différente, même s’il est vrai qu’à l’époque ma situation n’était pas facile. Comme le rappelle mon communiqué du 19 février 2010 :

          A propos de “Rien ne va plus en Physique”, de Lee Smolin (I)

          j’avais très largement diffusé mes travaux sur cette question depuis le printemps 1997, y compris dans les plus importants ateliers de « spécialistes ». Leur « visibilité » était suffisante pour que le New York Times en fasse état dans cet article du 31 décembre 2002 :

          Interpreting the Cosmic Rays

           
          De même, c’est également à tort que Smolin attribue à Sidney Coleman et Sheldon Glashow (page 335 de la même édition de Rien ne va plus en Physique) des résultats que j’avais diffusés bien avant eux (en avril 1997, contre août 1998 pour les auteurs de Harvard) et qui, contrairement à ce que laisse entendre le New York Times, n’avaient pas été obtenus « indépendamment » à Harvard, à en juger par les références existantes.

          (fin de l’extrait de ma fiche d’auteur)

          Cordialement

          Luis Gonzalez-Mestres
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        • Luis Gonzalez-Mestres 5 mars 2010 11:57

          Toujours à propos de la limite de Planck et des rayons cosmiques d’ultra-haute énergie, Smolin écrit (page 335 de l’édition de poche) :

          L’espace fonctionnerait donc comme une espèce de filtre. Les protons qui composent les rayons cosmiques ne peuvent voyager qu’à condition qu’ils aient moins d’énergie que le seuil de production des pions. S’ils en ont plus, ils produisent des pions et se ralentissent, jusqu’au moment où leur énergie devient si basse qu’ils ne peuvent plus produire de pions. Tout se passe comme si l’univers avait imposé une limite de vitesse aux protons. Greisen, Zatsepine et Kouzmine ont prédit qu’aucun proton ne pouvait arriver sur la Terre avec plus d’énergie que celle nécessaire pour en faire des pions. L’énergie en question est égale à environ un milliardième de l’énergie de Planck (1019 GeV) et on l’appelle « coupure GZK ». C’est une énergie énorme, plus proche de l’énergie de Planck que tout autre énergie connue à ce jour. Elle est plus de 10 millions de fois plus grande que l’énergie obtenue dans les accélérateurs les plus sophistiqués. La prédiction GZK offre donc le test le plus rigoureux à ce jour de la théorie de la relativité restreinte d’Einstein, car elle sonde la théorie à une énergie plus élevée et à une vitesse plus proche de la vitesse de la lumière que tou-tes les expériences jamais réalisées, ou même réalisables, sur Terre. En 1966, lorsque la prédiction GZK fut énoncée, on ne pouvait observer que les rayons cosmiques dont les énergies étaient beaucoup plus basses que la coupure, mais, récemment, on a construit quelques instruments qui peuvent détecter les particules des rayons cosmiques au niveau de la coupure GZK et même au-delà. Une de ces expériences, appelée AGASA (pour Akeno Giant Air Shower Array), est menée au Japon et a permis de découvrir au moins une douzaine de ces événements extrêmes. L’énergie impliquée dans ces événements dépasse 3 x 1020 eV – en gros, toute l’énergie qu’un footballeur peut donner au ballon, portée par un seul proton.

          Ces phénomènes pourraient être un signe que la relativité restreinte ne s’applique pas aux énergies extrêmes. Les physiciens Sidney Coleman et Sheldon Glashow ont proposé, à la fin des années 1990, qu’une faille dans la relativité restreinte pourrait augmenter l’énergie nécessaire pour produire des pions, en augmentant ainsi l’énergie de coupure GZK, permettant aux protons dotés d’une énergie beaucoup plus élevée d’atteindre nos détecteurs terrestres 11.

          (fin de citation, la référence 11 étant : S. Coleman et S. L. Glashow, « Cosmic Ray and Neutrino Tests of Special Relativity », Phys. Lett. B, 405, 1997, p. 249-252 ; Coleman et Glashow, « Evading the GZK Cosmic-Ray Cutoff », hep-ph/9808446.)

          Une telle affirmation, attribuant à Coleman et Glashow la paternité de cette idée, est contraire à la réalité. La première des références fournies par Smolin est un article de Coleman et Glashow qui me cite explicitement, voir :

          http://arxiv.org/abs/hep-ph/9703240

          mais qui ne parle pas d’une possible suppression de la coupure de GZK. Or, la version révisée de cet article est du 30 avril 1997 et mon premier article envisageant une suppression de la coupure de GZK par la violation de la symétrie de Lorentz date du 14 avril 1997 :

          http://arxiv.org/abs/physics/9704017

          Mon article d’avril 1997 a été suivi, dès mai 1997, d’une contribution à la conférence ICRC 1997 à Durban :

          http://arxiv.org/abs/physics/9705031

          http://ccdb4fs.kek.jp/cgi-bin/img/allpdf?199706012

          La deuxième référence à Coleman et Glashow fournie par Smolin est très postérieure (août 1998), et c’est la première fois qu’ils ont abordé le sujet. En revanche, j’avais déjà évoqué une possibilité analogue en 1996 à propos d’éventuelles particules supraluminales cosmiques qui, notamment, pourraient émettre des rayons cosmiques « ordinaires » d’ultra-haute énergie dépassant la coupure de GZK :

          http://arxiv.org/abs/astro-ph/9606054

          http://arxiv.org/abs/astro-ph/9610089


          Luis Gonzalez-Mestres
          http://scientia.blog.lemonde.fr/
          http://notresiecle.blogs.courrierinternational.com/



        • Luis Gonzalez-Mestres 5 mars 2010 19:12

          A Razzara,

          Vous n’avez pas à vous excuser. Le livre de Smolin ouvre devant les citoyens un débat intéressant, pas seulement sur le modèle des cordes mais aussi sur l’actuel système académique et de recherche aux Etats-Unis.

          J’ai commencé à le lire récemment, lorsque j’ai été alerté par des collègues à propos de l’édition de poche et des paragraphes me concernant ou concernant mon sujet de recherche. Rendez-vous quand j’aurai tout lu, mais jusqu’à présent un certain nombre de critiques qu’il formule sont loin de me choquer. Encore faut-il prêcher avec l’exemple.

          Cordialement

          Luis Gonzalez-Mestres
          http://scientia.blog.lemonde.fr/
          http://notresiecle.blogs.courrierinternational.com/


        • krolik krolik 4 mars 2010 11:26

          Le boson de Higgs sort d’une équation non-linéaire de mécanique quantique.
          De cette même équation t’Hooft (Nobel hollandais) et Polyakov ont sorti un monopôle magnétique. Sauf que la masse de ce monopôle magnétique de l’ordre de 10^17 masse de proton en fait quelque chose qui n’est plus une particule !!
          Cette constatation aurait tendance à invalider l’existence du boson de Higgs... ????
          Et par delà à invalider les équations non-linéaires en mécanique quantique..
          Certains ont pris le pari que l’on ne trouvera jamais le boson de Higgs, et qu’il faudrait chercher .. ailleurs..
          @+ 


          • MCM 4 mars 2010 11:45

            "Le boson manquant" du cern.

            Chercher quelque chose présente en théorie mais manquante en pratique, ça peut prendre beaucoup de temps.


          • curieux curieux 4 mars 2010 13:10

            Et quand décidera-t-on que la particule de Dieu n’existe pas si on la trouvait pas ?


          • Patapom Patapom 4 mars 2010 13:11

            Je croyais que les monopôles magnétiques n’existaient pas ?
            ’fin on peut écrire ce qu’on veut en théorie après tout...


          • Thierry LEITZ 4 mars 2010 11:31

            Encore un compte rendu assez bien documenté...

            Sur environ 100 lignes, 97 parlent d’espoir lointains, de longs délais, de problèmes techniques et de coûts considérables.

            3 parlent de son utilité.

            Le rapport avec la réalité est respecté.

            ITER, ISS, LHC, LM, même combat. Il ne manque plus que la colonisation de Mars. smiley


            • Céphale Céphale 4 mars 2010 15:12

              Juger la qualité d’un article en comptant les lignes (3 lignes sur 100 etc.) c’est comme juger la qualité d’un dessin de Léonard de Vinci en comptant les coups de crayon. Mieux vaut en rire !


            • ZEN ZEN 4 mars 2010 12:18

              Bonjour Céphale
              Dur, dur !
              Comment peut-on chercher une réalité(?) simplement proposée par Higgs, une simple hypothèse ?
              Je sais que dans l’histoire des sciences, c’est assez classique de vérifier une hypothèse ; par exemple l’atome n’a eu de confirmation expérimentale qu’ au début du 20°s.
              Tu as raison de souligner l’importance de la recherche fondamentale, non liée directement aux applications industrielles. C’est elle qui peut apporter des « révolutions » théoriques et des applications inédites.
               Mais on n’en prend pas le chemin...L’utilitarisme visant le court terme est parfois aveugle


              • Céphale Céphale 4 mars 2010 13:16

                ZEN

                Higgs n’est pas un théoricien isolé. Le boson qui porte son nom fait partie de la théorie des particules généralement admise par toute la communauté scientifique. Sa mise en évidence validerait la théorie. Noter d’ailleurs que les bosons et les quarks ne sont que des vues de l’esprit qui permettent d’expliquer des phénomènes macroscopiques. 

              • zvalief 4 mars 2010 14:55

                @ cephale,
                en effet Higgs n’était pas tout seul, cette théorie a été enoncé à peu près simultanément par messieurs Englert et Brout.
                par contre je ne suis pas sûr que les quarks ne soient qu’une vu de l’esprit, il me semble avoir lu qu’ils ont déjà été observés au Tevatron.


              • Céphale Céphale 4 mars 2010 15:25

                Je ne connais pas suffisamment la question pour savoir si des quarks ont été observés directement, comme par exemple des mesons dans une chambre à bulles. Leur existence est prouvée, mais je crois qu’il ne faut pas les voir comme de petits grains de matière.


              • Thierry LEITZ 4 mars 2010 13:18

                Parkway,

                3 giga euros pour traquer l’infime particule... Y’a comme un Higgs.

                Au début du 20è siècle des artisans géniaux ont fait des découvertes majeures dans un labo de lycée.
                Aujourd’hui, c’est l’inverse... smiley

                Quand allons nous étudier le rapport coût/bénéfice AVANT de ses lancer dans ces méga-projets ?

                Les kilo-tonnes, les méga-ampères, les giga-Ev et autres téra-watts c’est mégalo !

                Cà frise le zéro absolu ! Le vide, le vrai, il est là ! smiley


                • zvalief 4 mars 2010 14:38

                  la france a bien dépensé à peu près la même somme pour un porte-avion qui ne fonctionne pas...
                  je ne trouve pas les budget alloués si abérrant que ça, compte-tenu des connaissances que ces expériences peuvent nous apporter, aujourd’hui plus de 90% de ce qui compose l’univers est encore inconnu. il ne faut pas oublier que la non-découverte de cette particule est tout aussi importante que la découverte.
                  et comme dit plus bas, si tout les grands scientifiques s’étaient préoccupés d’un rapport coûts / bénéfices avant de lancer leurs expériences, on en serait encore à l’âge de pierre.


                • pissefroid pissefroid 4 mars 2010 13:29

                  Les trois dernières lignes du papier ne sont pas nécessaires.

                  Chercher c’est essayer de comprendre.

                  Si l’utilité de la recherche fondamentale avait été une nécessité dès l’origine, nous en serions probablement encore à l’age des cavernes.


                  • Triodus Triodus 4 mars 2010 15:17

                    Oui ! Sans compter que parfois on tombe par pur hasard ou erreur sur tout autre chose qui peut se réveler intéressant scientifiquement, voir utile technologiquement.

                    Cdt,
                    T.


                  • zanvingttrois zanvingttrois 4 mars 2010 14:28

                    « ...Donc, les 7 TeV prévus au départ ne seront pas là avant 2012… et le boson de Higgs aussi, sauf surprise... »

                    Je remarque que dans l’article ou les commentaires, aucun lien n’ai fait entre cette situation de devoir repousser à 2012 ...et les tonnes de récits tantôt « apocalyptiques », tantôt annonçant une « nouvelle ère », etc... en rapport avec cette date (calendrier maya, film « 2012 », film « anges et démons » où l’on parle du LHC, nombreux documentaires, etc...)
                    Je sens bien que nous sommes entre gens sérieux ...mais il me plait de noter cette petite « coïncidence ».

                    • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 4 mars 2010 14:31

                      Les « scientifiques » sont en train d’échaffauder une « théorie » (invérifiable comme il se doit) qui accoucherait la « particule machin » qui boucherait le trou béant laissé par le tarissement de la recherche scientifique. Pourquoi ne pas le dire : Depuis l’avènement de la « Relativité » et de « l’incertitude quantique », il n’y a eu que des appplications technologiques. Le non rendement dans de la recherche scientifique fondamentale a été comblé par le foisonnements des gadgets. C’est vrai que les bipèdes peuvent se promenser lourdement sur la Lune, mais globalement c’est bénéfique pour qui ?

                      Amstrong, le premier a avoir sautillé sur la Lune ne parle pas avec enthousiasme en rappelant son aventure et l’humanité a déjà oublié ce qui a été une folie d’orgueil.
                      On peut objecter : Et l’Internet ? Oui, et l’Internet et tous les moyens de « communication » à la disposition de 6 milliards d’individus, c’est une planète qui jaquasse sans arrêt et sans effet et où tout le monde surveille tout le monde. La science, a défaut de libérer les humains a crée le Monde de la Tchachte ! 

                      Peut-être que la « Tour de Babel » est la finalité du Monde parce qu’avec un tel mélange « d’information » et de « désinformation », avec autant d’amalgames du vrai et du faux, on voit mal comment on pourrait y échapper.

                      Sans même dépenser l’équivalent de 300 Euros mais juste en cherchant la Vérité scientifique, j’ai donné la constitution de « L’Atome primitif »  que j’ai envoyé à la « Maison George Lemaitre » et expliqué toutes les lois fondamentales qui régissent la matière : Demandez à « Science et Vie », « Science et Avenir », « Pour le Science » , Cnrs, « Académie des Sciences »,..

                      Il n’y’a rien en dehors de ma synthèse : « RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET EPISTEMOLOGIE ».

                      Même dans plusieurs milliards d’années il n’y’aura pas meilleure compréhension de l’Univers. Vous avez des doutes ? Pas moi.

                      Le LHC est inutile, il faudrait penser à rentabiliser la grotte en l’aménageant pour émerveiller le « gros public » !

                      Mohammed MADJOUR.


                      • Affreujojo Affreujojo 4 mars 2010 16:15

                        Encore un grand savant incompris  ! C’est quand même fou que des milliers d’autres scientifiques puissent se tromper à ce point là ! Il est incompréhensible que vous n’ayez pas encore reçu le prix Nobel Mohammed !


                      • Surya Surya 4 mars 2010 16:47

                        Je ne suis pas d’accord avec vous Mohammed. Neil Armstrong répète le même récit depuis 40 ans, normal qu’il ait peut être un peu envie qu’on le laisse tranquille maintenant. De toute façon, il a le mérite d’être quelqu’un d’extrêmement modeste, en dépit des choses extraordinaires qu’il a accomplies, et il n’a jamais cherché à en mettre plein la vue aux autres, c’est peut être pour ça que son discours semble manquer d’enthousiasme. Mais regardez les photos de son retour de la lune, les déclarations de l’époque, et vous verrez alors ce que cela a représenté pour lui.

                        Je ne suis pas non plus aussi sûre que l’humanité ait oublié cette épopée extraordinaire des missions Apollo, qui nous a permis, entre autres, et s’il ne fallait retenir que cela, de prendre conscience de la fragilité de notre planète et de la nécessité de la protéger.


                      • L'enfoiré L’enfoiré 4 mars 2010 19:01

                        Surya,
                         Absolument. Bien répondu.
                         Il y a une foule de choses que l’espace a apporté en connaissance.
                         Non, le LHC n’est pas inutile. Il est d’ailleurs à la bonne dimension du développement : le CERN européen.
                         La Science, je l’aime parce qu’elle est toujours en doute, qu’elle cherche toujours par toutes les voies possibles. Tester, et tester encore, voilà ce que j’ai toujours appris. Ne jamais croire qu’on est certain d’avoir trouvé la meilleure méthode.
                         Emerveiller le gros public ?
                         Pourquoi pas ?
                         Il vaut mieux l’émerveiller avec cette vision que celle des gouffres financiers qui se perdent sur les champs de bataille.  


                      • El Nasl El Nasl 4 mars 2010 23:49

                        Madjour :"Le non rendement dans de la recherche scientifique fondamentale a été comblé par le foisonnements des gadgets. « 

                         il fut un temps où, pour opérer sur une artère proche du coeur ,il fallait ouvrir la poitrine , charcuter ,traficoter l’intérieur , puis refermer . Aujourd’hui avec l’aide d’un »gadget « ,sans endormir le patient , on entre par une veine au niveau du poignée , on remonte jusqu’à l’artère proche du coeur , on pose le petit ressort , ainsi se finit l’opération , le patient pouvant sortir le jour même ! pas belle la vie avec ces gadgets ? 

                        Madjour : » Même dans plusieurs milliards d’années il n’y’aura pas meilleure compréhension de l’Univers. Vous avez des doutes ? Pas moi."

                         vous devriez , c’est la base même de la science .


                      • Phd_graduated 5 mars 2010 09:35

                        Yannick Toutain je te vois ! Un petit diagramme de Feynman en distesse pour nous illustrer ces dires ? :]


                      • machin pas chouette 4 mars 2010 14:49

                        Bonjour
                        a l’auteur,

                        "Sur environ 100 lignes, 97 parlent d’espoir lointains, de longs délais, de problèmes techniques et de coûts considérables.

                        3 parlent de son utilité.

                        Le rapport avec la réalité est respecté. « 

                        puis je vous faire remarquer qu’ un resultat secondaire du LHC, produit par un chercheur du nom de Tim Berners-Lee en 1989 -1991 fut le World Wide Web ? ou le premier reseau d’échange par lien hypertext ?
                        les prémices d’un internet si courant aujourd’hui ?
                        Pensez y chaque fois que vous utiliserez Agoravox pour critiquer la recherche fondamentale.....

                        Quant à la »fumeuse" theorie quantique, elle ne sert (entr’autre) qu’ a faire fonctionner vos CD, DVD et autre blue rays à laser....


                        • appoline appoline 4 mars 2010 15:15

                          @ L’auteur,

                          Merci pour cet article. Le boson de Higgs n’a pas fini de faire couler l’encre. Mais pour les néophytes si un atome devait avoir la taille d’un petit poids l’électron se situerait à 170 mètres, ce qui laisse un sacré vide. Vide ? Nous n’en savons rien aujourd’hui. Les odeurs sont invisibles pourtant elles sont formées de molécules. Alors mettre la main sur un boson n’est pas tâche aisée. Mais voilà, comment expliquer tous les phénomènes étranges qualifiés de paranormaux constatés par une multitude de chercheurs et médecin, cela dénote q’il y a encore beaucoup de choses que l’être humain ignore. L’infiniment petit, si petit qu’on ne le détecte pas ou peu avec certaines technologies modernes et n’oublions pas la théorie des cordes, penser à plus de 3 dimensions pour est impossible et pourtant.... Quand on s’approche de certains milieux, on s’aperçoit qu’il nous reste encore tant à apprendre mais pour cela il faut un certain discernement et beaucoup d’ouverture d’esprit et du culot.

                          • franc 4 mars 2010 16:01

                            Il faut préciser que la thèse du boson de Higgs a été établie pour expliquer l’origine de la masse des particules .

                            Qu’est ce qui fait qu’après l’instant du Big Bang où la température atteint plusieurs milliards de degrés de sorte que la matière n’existe pas en tant que masse mais seulement en énergie pure il puisse arriver après un certain refroidissement l’existence de la masse et des particules massiques .Higgs propose l’idée qu’il existe un champ de force qu’on appellera de Higgs qui freine les forces énergétiques anarchiques pures exerçant une sorte de phénomène de colle et créer ainsi une matière massique .Plus le champ de Higgs est fort à un endroit et plus il ya de masse à cet endroit .

                            Et dans le paradigme de la théorie quantique tout champ de force est composé de particules particulières associé à ce champ par principe de quantification et en l’occurence appelées bosons de Higgs pour le champ de Higgs , comme le champ magnétique dans cette théorie quantique est composé de particules appelées magnétons .

                            Si le LHC permet de détecter le boson deHiggs en fait pas le boson lui-même mais sa trace ou ses effets ce serait une avancée considérable dans la recherche scientifique et effectivement une confirmation de la théorie quantique standard et du même coup du Big Bang.


                            • Thierry LEITZ 4 mars 2010 16:53

                              @ Céphale,

                              Je n’ai pas jugé la qualité de votre article à son nombre de lignes. Il est d’ailleurs bien votre article, je l’ai dis, un bon rapport, bien documenté. La question n’est pas là.

                              Simplement j’observe qu’il y a beaucoup à dire sur les problèmes techniques, espoirs lointains et coûts certains et bien peu sur l’utilité réelle. A ce prix, la demande d’utilité EST légitime. C’est notre argent (public). Il doit être bien utilisé. Qu’il ne le soit pas est un drame des démocratie et exaspère tout citoyen réfléchi.

                              Je suis POUR la recherche fondamentale, mais pas avec une débauche de moyens qui masque -difficilement- l’indigence de la créativité conceptuelle.

                              Là aussi, la modestie serait la bienvenue. Qu’on s’occupe d’abord de ce qui compte vraiment : la communauté humaine et son avenir.


                              • Céphale Céphale 4 mars 2010 17:24

                                Thierry,

                                La structure de la matière est un important sujet de recherche. Le LHC est un outil nécessaire, et cet investissement de 3 milliards d’euros financé sur 10 ans par 17 pays membres n’est pas déraisonnable. Trois milliards d’euros pour 300 millions de contribuables, cela fait 10 euros en moyenne par contribuable. On nous a pris beaucoup plus d’argent pour aider les banques.

                              • L'enfoiré L’enfoiré 4 mars 2010 19:06

                                Céphale,
                                 Exact. Merci de rappeler ce rapport smiley


                              • Surya Surya 4 mars 2010 17:07

                                Merci pour cet article vraiment intéressant, j’aimerais bien qu’il y en ait plus sur ces sujets sur Agoravox. Le seul truc que je regrette un peu c’est que vous n’expliquiez pas pourquoi le fait de faire entrer des protons en collision peut faire apparaître le boson de Higgs et expliquer l’origine de la masse des particules, car tout ça est très mystérieux pour moi.
                                Excusez moi aussi, Céphale, mais je n’ai pas compris ce que vous voulez dire en écrivant :
                                « Pour fixer les idées, toute l’énergie d’un moustique en plein vol sera concentrée sur un seul proton. »
                                Un truc qui m’énerve, c’est la compétition entre les chercheurs. Les Américains qui s’affolent de voir le LHC en fonctionnement, le CERN qui espèrent que les mois d’arrêt de la machine ne leur feront pas perdre trop de temps... A quoi ils jouent ??? Ils ont besoin de ça pour se motiver, c’est vraiment stimulant pour la recherche, ou c’est du pur narcissisme ? Si ça se trouve, le boson de Higgs, ils l’auraient découvert depuis longtemps s’ils bossaient tous ensemble et mettaient tous leurs moyens en commun, en oubliant les nationalités et la compétition, dans une sorte d’organisation mondiale de la science, si ça n’existe pas déjà, ou quelque chose dans le genre, au lieu de travailler chacun dans leur coin en espérant avoir un jour les projecteurs braqués sur soi.


                                • Surya Surya 4 mars 2010 17:37

                                  Je viens de lire le lien vers votre précédent article, ainsi que celui menant vers le CERN, et j’ai vu dans votre article : "Les physiciens espèrent pouvoir enfin observer un boson de Higgs, ce qui confirmerait la théorie du modèle standard de la physique des particules. Ils pensent qu’il ne peut apparaître qu’à des énergies supérieures ou égales à 115 GeV, ce qui est largement dans le champ du LHC.« 
                                  Le fait qu’il »apparaisse« , ça veut dire qu’il est là mais qu’on ne peut pas le »voir" si l’énergie n’est pas égale ou supérieure, ou ça veut dire qu’il n’existe plus et qu’il sera carrément recréé par la collision ?


                                • Céphale Céphale 4 mars 2010 18:09

                                  Surya,

                                  L’énergie d’un moustique - son énergie cinétique - est fonction de sa masse et de sa vitesse. Si sa masse est un dixième de gramme et sa vitesse un dixième de m/s, son énergie est de l’ordre d’un millionième de joule. Le TeV est égal à un dix-millionième de joule, donc l’énergie de mon moustique est 10 TeV. Il est impressionnant de voir qu’un proton, dont le diamètre est de l’ordre d’un cent-millionième d’angströms, lancé à toute vitesse, a la même énergie.

                                  Je suis d’accord avec vous : les chercheurs ont un esprit de compétition. Mais ils arrivent quand même un peu à coopérer.

                                • Céphale Céphale 4 mars 2010 18:17

                                  Surya

                                  Réponse à votre deuxième question : Une collision dans le LHC crée des particules qui disparaissent au bout d’un temps très court. On ne les voit pas (elles sont trop petites) mais on voit la trace de leur passage, un peu comme la trainée blanche dans le ciel derrière un avion à haute altitude.

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