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Accueil du site > Actualités > Technologies > Akinori Ito, fabricant d’essence « maison »

Akinori Ito, fabricant d’essence « maison »

 
Akinori Ito, le directeur général de la société s’est un jour posé une question : « Si le plastique est en majorité composé de pétrole, pourquoi ne pas le retransformer en ce qu’il était à l’origine ? »
 
Akinori Ito est un chimiste japonais qui travaille pour la société Blest et qui a inventé une drôle de machine capable de refaire du pétrole à partir des déchets plastiques. Révolutionnaire ! En fait la technologie a déjà quelques années. Le principe : le plastique est fondu jusqu’à émettre un gaz qui est distillé en huile pouvant servir de combustible pour des générateurs et qui peut être ensuite raffinée en essence pour faire fonctionner n’importe quel type de moteur de voiture, de bateau ou encore de moto. Un kilogramme de plastique peut ainsi produire près d’un litre d’huile. sitesquibuz
 
***
 
Généralement à partir de pétrole, on estime que 7% de la production annuelle mondiale de pétrole est utilisé pour produire du plastique. C’est plus que le pétrole consommé par l’ensemble du continent africain.
 
On en parle peu présentement sur la toile : Akinori Ito, PDG de Blest a créé une machine capable de transformer les déchets plastiques en pétrole brut.
La technologie de conversion Blest est très sécuritaire car elle utilise un contrôle de la température de chauffage électrique plutôt que celle de la flamme.
 
 
Les machines sont en mesure de traiter le polyéthylène, le polystyrène et le polypropylène. Le résultat est un gaz brut qui peut alimenter des machines comme des génératrices ou des poêles et, une fois raffiné, peut même être pompé dans une voiture, un bateau ou en moto.
 
Un kilogramme de plastique produit près d’un litre d’huile. Pour convertir cette masse, cela prend environ 1 kilowatt d’électricité, soit environ ¥ 20 ou une 20 cents.
 
L’entreprise fabrique des machines de différentes tailles et dispose de 60 en place dans les exploitations agricoles, la pêche et les petites usines au Japon et plusieurs à l’étranger.
 
Fabriquer une machine que n’importe qui peut utiliser, c’est mon rêve », dit Ito. « La maison est le champ de pétrole de l’avenir. »
 
Se débarrasser de tout ça…
 

Changer notre façon de penser
 

 
Mais c’est l’application en éducation de la petite maquette de la machine qui Ito est le plus passionné. Il a pris l’avion à plusieurs reprises dans le cadre d’un projet qui a commencé il ya quelques années dans les îles Marshall.
 
Là, il a travaillé avec les autorités locales et les écoles pour enseigner aux gens la culture du recyclage et la valeur du plastique mis au rebut, en diffusant le concept japonais de mottainai , l’idée que jeter est triste et regrettable.
 
« C’est un gaspillage n’est-ce pas ? » fait remarquer Ito . « Ce plastique est partout dans le monde, et tout le monde jette. »
 
« Dans ces lieux reculés, la machine est également une solution pratique au problème du plastique, en grande partie laissés par les touristes : l’huile produite est utilisée pour les bus de voyages ou de bateaux, dit Ito. » Ourworld ( Article de Carol Smith). ( traduction libre de l’auteur).
 
 
Une idée nouvelle ?
 
Agri-Plas, une compagnie américaine spécialisée dans le recyclage de plastique a elle aussi procédé à la transformation de plastique en mars 2009.
 
« Agri-Plas , en Orégon, a commencé la conversion de déchets de plastique en pétrole brut. Selon BusinessWire , « la société a récemment rendu son premier pétrolier complète (8,200 gallons) d’huile d’une raffinerie à Tacoma, Washington, qui se traduit par une livraison finale de 196 barils de pétrole. » La méthode a été développée par Plas2Fuel , un Kelso, société d’énergie alternative Washington. » Ourworld
 
Toutefois, la méthode japonaise semble avoir bien des avantages : des machines exportable et utilisables sur tous les continents et même dans de petites communautés.
 
Certains sont sceptiques. Mais les expériences faites au Japon paraissent concluantes.
 
Ce serait là un énorme progrès, car non seulement le plastique pourrait acquérir une certaine valeur, mais selon le PDG, 80 % de CO2 serait éliminé. En plus des tonnes de déchets dont on ne trouve plus place en certains endroits.
 
La vidéo
 
Il n’existe pas pour le moment de vidéo en français. Si un lecteur en trouve une, prière de nous la faire parvenir pour le profit des lecteurs.
 
Si vous ne comprenez pas l’anglais, les images sont là pour bien saisir le projet de M. Ito, et voir le fonctionnement de la machine…
 
 
Gaëtan Pelletier

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27 réactions à cet article    


  • Ronald Thatcher vraimentrienafoutiste 13 septembre 2010 10:27

    Une bonne nouvelle bourrée d’espoir... je vous donne un lien sur une autre technique de recyclage « à l’indienne » qui date un peu...


    • Gaëtan Pelletier Gaëtan Pelletier 13 septembre 2010 13:41

      Très intéressant votre vidéo.
      Merci.
      Au bout du compte, même si la transformation est un peu onéreuse - ou s’avérait, il reste qu’au point de vue environnement ce serait une révolution !


    • foufouille foufouille 13 septembre 2010 10:41

      ca va mettre du temps avant d’arriver chez nous


      • friedrich 13 septembre 2010 11:57

        Ca arrivera quand il y aura déjà plus de plastique, je suppose.


      • Polemikvictor Polemikvictor 13 septembre 2010 11:11

        Des essais ont été réalisés sur le PET depuis la moitié des années 1990 :
        http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=2807802
        Avec la réalisation d’une unité pilote en Ecosse
        A ma connaissance ils n’ont pas aboutis.

        Dans le recyclage/ récupération des matières plastiques il y a 2 professions qui s’afffrontent :
         les transformateurs de matieres plastiques : Tarkett, plastic omnium, ...qui sont les « petits »
        Les producteurs de matieres plastiques : Total, Dow qui sont les « gros ».

        Generalement le recyclage enleve du chiffre d’affaire aux gros au bénéfice des petits, cela peut expliquer pourquoi les efforts en la matière sont « modérés ».

        Dans le cas de la décomposition pour revenir a des matières premieres d’où on peu tirer de l’energie ou d’autres plastiques, le profit sera pour les gros.

        Donc si un tel projet fonctionne , je suis sur qu’il aboutira.


        • Gaëtan Pelletier Gaëtan Pelletier 13 septembre 2010 14:01

          Dans le monde industrialisé, comme ici, au Québec, le plastique ne coûte pratiquement rien. Et on en jette partout...
          La facilité est la mère de toutes les paresses...
          On recycle du papier et du verre. Mais à petite échelle, et sans marché.


        • jluc 13 septembre 2010 11:54

          Oui, mais, à part pour de petites communautés, je ne vois pas quel est l’avenir de ce procédé ? Car on récupère et recycle les matières plastiques pour en faire d’autres matériaux plastiques, dans quasiment tous les pays développés... 

          A l’avenir, il faudra trouver d’autres solutions pour palier le manque de pétrole : la ressource de déchets plastique ne suffira pas pour fabriquer d’autres matières plastique + du carburant.

          Peut-être pour fabriquer soi-même, ni vu ni connu, son propre carburant non taxé ? smiley


          • Gaëtan Pelletier Gaëtan Pelletier 13 septembre 2010 13:58

            @jluc,
            Le but n’est pas de produire du pétrole à grande échelle, mais de retourner les produits dérivés du pétrole, hautement toxiques, à leur ...origine.
            Si en Inde, les déchets restent sur le sol et sont visibles, ici, on les enfouit...
            Un petit tour de magie smiley Mais qui cause bien des soucis...


          • pingveno 13 septembre 2010 15:46

            retourner les produits dérivés du pétrole, hautement toxiques, à leur ...origine.

            Ah bon, parce qu’une fois redevenus pétrole, on les laisse tels quels ? Ou alors tu considères le gaz d’échappement de la voiture qui va consommer ce nouveau pétrole comme l’état d’origine ?


          • Gaëtan Pelletier Gaëtan Pelletier 13 septembre 2010 17:01

            Je ne sais si c’est mentionné dans l’article,mais le produit qui en sort est beaucoup moins polluant que le pétrole. Il est possible que j’ai vu cela dans une version anglaise et que j’ai omis de le mentionner.


          • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 13 septembre 2010 12:48

            Un cas d’exception qui mériterait peut-être d’être généralisé. Encore faut-il une certaine volonté politique. Je la cherche.


            Pierre R.

            • Gaëtan Pelletier Gaëtan Pelletier 13 septembre 2010 14:02

              @Pierre R.
              Peut-être que les petites communautés pourront justement « palier » à l’absence d’intérêt des gouvernements que trop liés à l’industrie...


              • alberto alberto 13 septembre 2010 15:02

                Bonjour, j’ai trouvé cela bien intéressant, mais :

                Au-delà de l’aspect « nettoyage » des champs de plastic, auriez vous une petite idée du bilan énergétique entre énergie consommée et énergie restituée dans ce chaudron magique ?

                Bien à vous.


                • pingveno 13 septembre 2010 15:47

                  Exactement, d’autant qu’il a quand même écrit que le processus consomme de l’électricité
                  électricité qui, bien évidemment, est d’origine renouvelable...


                • Gaëtan Pelletier Gaëtan Pelletier 13 septembre 2010 17:08

                  @Alberto,
                  Le bilan énergétique , à mon sens, en est un global : il faut évaluer les coûts de débarras du plastique, sans compter le reste. Les coûts d’enfouissement, les coûts de pollution. Je ne pense pas qu’il faille voir là un manière de produire du pétrole à grande échelle, mais une manière d’économiser grandement sur le « nettoyage ».
                  Quel est le coût de traitement de 200 kilos de plastique ? Et les coûts de « redressement » de son impact sur l’environnement ?
                  La rentabilité ne vient pas du produit lui-même. Du moins en grande partie, mais de la disparition des « dommages collatéraux ».
                  Le Mexique vient d’interdire les sacs de plastique si je ne me trompe. Ce qui n’enlève pas les contenants à usage domestique si répandus.


                • Traroth Traroth 13 septembre 2010 17:11

                  Vous allez un peu vite en besogne. L’enfouissement n’est pas le seul moyen de traiter des plastiques. Il y a d’autres filières de recyclage.


                • Castor 13 septembre 2010 16:01

                  Intéressant.

                  Notons que Macdo avait déjà lancé ce concept du retour à l’envoyeur en nous faisant ostensiblement bouffer de la merde.

                   smiley

                  • Gaëtan Pelletier Gaëtan Pelletier 13 septembre 2010 17:09

                     smiley
                    Pas de commentaire, Castor !... Merci pour la pointe d’humour !


                  • Traroth Traroth 13 septembre 2010 17:08

                    Je dois dire que je suis un peu sceptique. Le plastique est fondu ? Ça implique l’utilisation d’énergie pour chauffer le plastique pour le moins. Quel est le rendement énergétique de l’opération ?


                    • Castor 13 septembre 2010 17:10

                      Voir deux posts plus haut...


                    • Gaëtan Pelletier Gaëtan Pelletier 13 septembre 2010 17:17

                      @Traroth,
                      On dit qu’il en coûte 20 cents pour produire un litre. 20 cents d"électricité.
                      Pour le reste, il faudrait des études après opérations de la machine. Opérations à une échelle convenable permettant d’en évaluer le rendement énergétique.
                      La vidéo citée par un lecteur plus haute concernant l’Inde est à voir. Là où on n’enterre pas le plastique, il reste en surface, oeuf course ! 

                      http://www.dailymotion.com/video/x66ddp_recyclage-indien_travel

                      de vraimentrienafoutiste,


                    • Traroth Traroth 13 septembre 2010 23:02

                      Vous reconnaitrez qu’il n’est pas facile comparer des cents et des litres...


                    • Gaëtan Pelletier Gaëtan Pelletier 14 septembre 2010 01:24

                      Des cents et des litres...
                      Un litre d’essence, ici, au Québec, coûte environ 1$.


                    • Traroth Traroth 14 septembre 2010 22:37

                      Oui, enfin on n’est pas très avancé, avec ça. Plutôt que l’aspect purement économique, c’est l’aspect environnemental qui m’intéresse. Si faudrait tout passer en TEP pour commencer à comprendre...


                    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 13 septembre 2010 20:33

                      Bravo Gaetan pour une petite touche d’espoir. Mais il faudrait aussi montrer un côté sombre du pétrole que vous êtes l’un des seuls à souligner...



                       Pierre JC Allard

                      • Gaëtan Pelletier Gaëtan Pelletier 13 septembre 2010 21:35

                        Pierre JC,
                        Pour ce point il faudra inventer une machine à broyer la corruption... smiley
                        Jusqu’à maintenant, la corruption semble suivre les « progrès » des technologies.


                      • zotop 16 septembre 2012 14:41

                        Personnellement je ne sais si ce procédé a un avenir ou pas, c’est que ca va faire l’actualité buzz du moment mais le fait qu’on récupère et recycle les matières plastiques pour en faire d’autres matériaux plastiques

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