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Accueil du site > Actualités > Technologies > Bernard d’Espagnat, une pensée quantique complexe

Bernard d’Espagnat, une pensée quantique complexe

« Déjà la physique classique nous apprenait qu’alors que le caillou est pour nous le symbole du “plein”, il est, en fait, principalement constitué de vide (le vide entre les noyaux et les électrons). Mais la non-séparabilité nous laisse entendre qu’à rigoureusement parler il n’existe même pas en qualité d’être distinct. Que son “état quantique” est “enchevêtré” (c’est le mot technique) avec celui de tout le reste de l’univers » ("Traité de physique et de philosophie", 2 avril 2002).



Les mots sont venus de Roger Balian (82 ans), son ancien collègue, membre de l'Académie des sciences, chercheur au CEA et professeur à Paris XI-Orsay, lorsqu’il fut reçu à l’Académie des sciences morales et politiques : « une pensée complexe, exhaustive, extrêmement nuancée ». Bernard d’Espagnat, physicien et l’un des rares philosophes de la physique quantique, s’est éteint le 1er août 2015 à Paris à trois semaines de ses 94 ans.

Je n’ai jamais eu l’occasion de le rencontrer mais j’aurais été ravi de l’écouter en conférence. J’avais été passionné par les idées qu’il exprimait au début des années 1980, à l’époque où une expérience qu'il avait contribué à mettre en place allait prouver physiquement l’intrication quantique, remisant l’hypothèse des variables cachées locales imaginée par Albert Einstein (1879-1955) aux oubliettes de la science. Le triomphe par chaos (et pas par K.O. !) de Niels Bohr (1885-1962) !

Pour lui rendre hommage, il est extrêmement périlleux de parler de manière pertinente de la pensée très complexe de Bernard d’Espagnat. Heureusement, il a tenu de nombreuses conférences, a écrit de nombreux ouvrages très rigoureux, très soucieux d’être intelligible, pour pouvoir efficacement diffuser ses travaux.

Au départ, Bernard d’Espagnat, né le 22 août 1921 à Fourmagnac, amoureux de la poésie, être très sensible, fut passionné par la géométrie et les sciences en général. Parce qu’il ne savait pas quoi faire, il a poursuivi ses études à l’École Polytechnique en 1942. Dès le début de son existence, il a montré qu’il n’était attiré ni par l’argent ni par le pouvoir : « Les affaires politiques sont toujours des affaires à court terme, alors que moi, je pense à long terme. » (Reuters, 17 mars 2009). Son jugement sur la société actuelle était sévère, au point d’évoquer ainsi la crise financière du 15 septembre 2008 : « C’est un symptôme de gens qui se sont trop excités sur la façon de gagner de l’argent, encore et toujours. S’ils avaient su qu’il y a des problèmes plus importants, plus fondamentaux, peut-être que les choses se seraient passées différemment. » ("La Tribune" du 5 mai 2009).

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À l’X et à l’Institut Henri Poincaré, puis au CNRS où il fut chargé puis maître de recherches (de 1947 à 1957), Bernard d’Espagnat a rencontré deux professeurs. L’un, Louis de Broglie (1892-1987), qui lui enseigna les premiers rudiments de la physique quantique (très peu diffusée en France à l’époque) par son cours d’optique électronique. Hélas, ce chercheur exceptionnel n’était pas très bavard et aucune discussion ne s’est amorcée. L’autre, Louis Leprince-Ringuet (1901-2000), a compris que son élève était passionné par la physique quantique et par sa signification philosophique. Il l’a alors introduit, d’abord auprès d’Enrico Fermi (1901-1954) à Chicago (1951 à 1952), mais ce fut une déception, aucune discussion vraiment philosophique ne fut possible car l’esprit de Fermi était tout entier dans la conception d’un nouvel accélérateur de particules, ensuite après du maître lui-même, Niels Bohr, à Copenhague (1953 à 1954), mais Bernard d’Espagnat se sentait trop jeune pour initier une réelle discussion philosophique avec le concepteur de l’interprétation de Copenhague : « Bohr était à l’époque obsédé par la dissémination de l’arme nucléaire. Il accrochait par le revers du veston tous les diplomates qui passaient par là, et qui n’y connaissaient rien. » ("La Recherche" n°298 de mai 1997).

En fait, les prédictions de la physique quantique fonctionnaient très bien et on se moquait un peu de savoir pourquoi. Ce n’était, pour la plupart des physiciens, que spéculations intellectuelles sans beaucoup d’intérêt. Ce n’était pas l’avis de Bernard d’Espagnat qui a réussi à trouver sa pleine mesure lorsqu’il a contribué à l’accélérateur du CERN (Centre d’étude et de recherche nucléaire) à Genève comme physicien théoricien (1954 à 1959). Très rapidement, il s’est investi dans la classification des particules élémentaires, et a même pressenti l’existence du quark.

Professeur à la Faculté des sciences de Paris (1959 à 1987) et chercheur à Orsay, où se trouve encore aujourd’hui l’excellence de la physique française, Bernard d’Espagnat est parvenu à faire financer une thèse pour départager de manière expérimentale Bohr et Einstein. Il était aidé de John S. Bell (1928-1990), qui avait posé son théorème et ses inégalités de la théorie des groupes en 1964 et qui avait lu avec intérêt le livre "Conceptions de la physique contemporaine" de Bernard d’Espagnat sorti en 1965. Avec de telles inégalités, il était possible de concevoir un dispositif expérimental pour savoir si les particules étaient séparables ou pas (intriquées). Bernard d’Espagnat, John Bell, Olivier Costa de Beauregard (1911-2007) et Abner Shimony (1928-2015) définirent cet essai (ce fut l’expérience d’Alain Aspect réalisée entre 1980 et 1982 à l’Institut d’optique à Orsay pour son doctorat d’État, j’y reviendrai peut-être plus tard). Or, contrairement à ce que John Bell croyait, l’expérience a donné raison à Bohr : la physique quantique ne pouvait pas décrire fidèlement la réalité, juste proposer des prédictions de phénomènes.

C’est fort de cet enseignement (à mon sens, l’un des plus grands progrès de la pensée humaine des cinquante dernières années) que Bernard d’Espagnat s’est forgé cette idée de "réalité voilée", qu’il existait bien une réalité mais qu’il était impossible de l’observer sans la bousculer.

Cette pensée donnait donc la trame d’un élément transcendant qui échapperait aux individus, qu’on pourrait appeler Dieu ou tout autre chose : « Je crois simplement à une réalité indépendante, à l’existence d’une réalité première par rapport à l’esprit humain, mais que celle-ci ne soit pas pleinement connaissable ne me chagrine pas outre mesure. Bell a été déçu, et Einstein l’aurait été. Je pense quant à moi que l’être humain a besoin d’un horizon, attirant mais inaccessible. Le réel voilé est un tel horizon, et j’admets mal que l’on me dise assoiffé de brumes et de mystères. » ("La Recherche" n°298 de mai 1997). Il l’a reformulé quelques années plus tard ainsi : « Dans mon travail, je prétends qu’on n’arrivera jamais à décrire exactement les choses telles qu’elles sont. La physique est limitée à ne décrire que ce que nous voyons. Cela laisse donc la place à de nombreuses conjectures sur ce que nous ne voyons pas. » ("La Tribune" du 5 mai 2009). Bernard d’Espagnat a donné l’exemple de l’arc-en-ciel qui existe indépendamment de tout observateur mais qui a pourtant des propriétés qui dépendent de l’observateur. Les atomes et les particules, ainsi que les galaxies et les étoiles, existeraient de la même façon.



Tout en dirigeant le Laboratoire de physique théorique et particules élémentaires de l’Université Paris XI-Orsay (1980 à 1987), Bernard d’Espagnat a enseigné la philosophie des sciences à la Sorbonne. Il a été un diffuseur des idées de Platon, de saint Augustin qui estimait que les sens nous trompent, et de Kant, idées mises à jour avec les dernières découvertes en physique quantique.

Il a été élu membre de l’Académie internationale de philosophie des sciences à Bruxelles en 1975 et membre de l’Académie des sciences morales et politiques à Paris le 25 mars 1996 dans la section Philosophie. Il a par ailleurs cofondé le Collège de Physique et de Philosophie et a également enseigné à Austin, au Texas (en 1977) et à Santa Barbara, en Californie (en 1984).

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Il fut en outre le lauréat du prestigieux Prix Templeton le 13 mars 2009, pour son « exploration des implications philosophique de la physique quantique ». Ce prix, accompagné d’une somme d’argent très élevée (1,42 million de dollars), récompense "le progrès de la recherche dans le domaine des réalités spirituelles" (furent aussi lauréats notamment Mère Teresa en 1973, Frère Roger en 1974, Alexandre Soljenitsyne en 1983, Carl Friedrich von Weizsäcker, ancien Président de la République d’Allemagne, en 1989, le Dalaï-lama en 2012 et Mgr Desmond Tutu en 2013).

D’Espagnat a utilisé son prix en trois parts égales : une première pour promouvoir les études sur la théologie négative (décrire Dieu que par ce qu’il n’est pas), une deuxième pour aider les personnes sans domicile, enfin, une troisième pour adapter sa maison au handicap de son épouse qui voudrait tellement rester chez eux le plus longtemps possible. Quelques jours plus tard, il expliquait : « Le message [à faire passer à l’occasion du Prix Templeton] serait que le but dans la vie n’est pas de manger et boire, regarder la télévision, etc. Consommer n’est pas le but dans la vie. Gagner autant d’argent que possible n’est pas le vrai but dans la vie. Il y a une entité supérieure, une divinité, "le divin" comme on dit en français, qui mérite réflexion, comme le sont nos sentiments de plénitude, de respect et d’amour, si nous le pouvons. Une société sans laquelle ces sentiments son répandus serait plus raisonnable que la "société occidentale" actuelle. » (Reuters, 17 mars 2009).

Ses réflexions l’ont un peu éloigné de la communauté des physiciens qui séparaient ainsi le Bernard d’Espagnat physicien, à la rigueur scientifique incontestable, du Bernard d’Espagnat philosophe qui présentait des spéculations intellectuelles qui n’avaient rien de scientifique. Pourtant, sa rigueur intellectuelle n’a jamais pu être mise en défaut et il séparait bien les spéculations des choses prouvées : « L’un des inconvénients de la vulgarisation est de mettre sur le même pied ce qui est scientifiquement assuré et ce qui est conjectural. Pour l’heure, la matière noire est une énigme et les théories des cordes et des mondes parallèles de simples hypothèses. En revanche, le fait que la gravitation n’est qu’une déformation de l’espace-temps a été confirmé par nombre d’observations astronomiques et on peut dire que la totalité des physiciens et astrophysiciens le tiennent aujourd’hui pour assuré. » (Revue "Évangile et Liberté" n°201 d’août 2006).

Par pragmatisme, beaucoup de physiciens ignoraient les difficultés philosophiques suscitées par la physique quantique, en particulier l’immense théoricien Paul Dirac (1902-1984) qui pensait que la physique quantique ne serait qu’une étape et qu’une autre théorie la balayerait sans ce problème philosophique, mais des physiciens comme Erwin Schrödinger (1887-1961), célèbre pour avoir réalisé une expérience de la pensée avec un chat qui ne pourrait pas être à la fois mort et vivant, David Bohm (1917-1992) et Eugene Wigner (1902-1995) étaient intéressés par les conséquences philosophiques. Bernard d’Espagnat regretta d’ailleurs de ne jamais avoir rencontré Schrödinger.

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Hélas pour Bernard d’Espagnat, son concept de "réalité voilée" fut très rapidement récupéré par un grand nombre de fantaisistes pour justifier leurs propres délires : « Être récupéré par des spirites ou par des aspirants à un prix du concours Lépine : Dieu ! Éloignez-moi de ce sort ! » ("Un Atome de sagesse", 1er mars 1982).

Mais sa pensée originale lui a quand même donné un petit air décalé avec son temps, ne connaissant pas la folle ronde de la mode et des médias : « On aura toujours des questions et les réponses ne seront jamais assurées. La société moderne fait fausse route en allant vers un matérialisme excessif, qui est dépassé par la science elle-même. C’est une fausse route dans laquelle sont engagés la plupart des gens et la vaste majorité des médias, en pensant que le rationalisme peut tout expliquer, et qu’on ira ainsi vers l’essence même du réel. » ("La Tribune" du 5 mai 2009).

Inlassable pédagogue et débateur, Bernard d’Espagnat avait tenu une conférence à l’Université Paris-Diderot le 22 mai 2012 (il avait alors 90 ans) sur : "Physique quantique et réalité, la réalité, c’est quoi ?" (qu’on peut retrouver en texte et vidéo ici). Inséparabilité et coïncidence, une semaine après la mort de Bernard d’Espagnat, le 8 août 2015, son collègue Abner Shimony l’a suivi dans le trépas : physicien américain spécialiste de la physique quantique et de la philosophie des sciences, il avait beaucoup travaillé sur les inégalités de Bell et sur l’intrication quantique.

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Laissons à Bernard d’Espagnat le mot de la fin.

« Le réel est lointain, cela est indéniable. Question suivante : est-il physique ou non-physique ? J'entends : est-il dans sa totalité descriptible, au moins en droit, par le moyen d'une science exacte (et, de préférence, unifiée) ? La science, en d’autres termes, peut-elle viser une réalité en soi ? Peut-elle espérer devenir un jour une ontologie ou, plus précisément, l'ontologie ?

Répondront oui sans réfléchir beaucoup d'hommes de science pour qui est impensable toute réponse plus nuancée. Répondront également par l’affirmative beaucoup d'esprits qui, avec Descartes, estiment assurément que la science construit ses concepts mais qui (toujours avec Descartes, même s'ils ne le suivent pas en ses raisons) considèrent qu’en définitive ces construits décrivent ce qui est.

Cette attitude est raisonnable et naturelle et je ne l'attaque pas a priori. Mais je me penche sur la physique fondamentale telle qu’elle existe aujourd’hui, celle des atomes et des particules. Entrant dans le détail du formalisme mathématique qui la sous-tend, je le vois tout entier fondé sur les notions de "préparation des systèmes" et de "mesure des observables". J'observe que ces bases sont anthropocentriques. Je cherche si quelqu'un a réussi à les remplacer par d'autres qui ne le seraient pas. Je constate qu'aucun essai fait dans ce sens n'est convaincant. Et je pense donc pouvoir conjecturer que la physique fondamentale ne saurait décrire fidèlement une quelconque réalité en soi. En d'autres termes, le réel en soi, qui a bien un sens, est voilé : du moins je le crois. » ("Un Atome de sagesse", 1er mars 1982).


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (16 septembre 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Documents et écrits de Bernard d’Espagnat (à télécharger).
Niels Bohr.
Paul Dirac.
Albert Einstein.
Evry Schatzman.
François Jacob.
Maurice Allais.
Luc Montagnier.

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16 réactions à cet article    


  • fred.foyn Le p’tit Charles 16 septembre 2015 10:04

    Des choses que vous utilisez tous les jours....

    Le Laser imaginé par Einstein en 1917...

    L’horloge de votre téléphone

    Le GPS...

    La couleur de la flamme d’une gazinière...

    Les feux-d’artifice...

    Les lumières LED...

    La phosphorescence...

    La cellule photovoltaïque...

    Le verre et la transparence...


    • fred.foyn Le p’tit Charles 16 septembre 2015 10:33

      @Le p’tit Charles...Toutes ces choses proviennent de la physique quantique...mais un couillon qui met des moins ne le sait pas... ?


    • fred.foyn Le p’tit Charles 16 septembre 2015 14:01

      @Le p’tit Charles............

      Instruisez vous bande d’ignares...

    • Gollum Gollum 16 septembre 2015 14:49

      Bonne idée que de faire l’éloge de ce grand bonhomme.


      Retenons ici quand même l’idée phare de la MQ, l’intrication quantique, c’est que l’idée d’objet séparé n’a aucun sens ce qui a des implications philosophiques de premier ordre.

      Seul le Tout a une existence réelle et authentique. Cela rejoint quelque peu les idées bouddhiques qui proclament que les choses n’ont pas d’existence intrinsèque. Ce qui d’une certaine façon revient au même. Cela implique que les identités personnelles sont des constructions mentales à la fois provisoires et mensongères et que la Vérité est ailleurs.

      Malheureusement ces implications philosophiques de premier ordre ne passent absolument pas dans le grand public qui en reste à une vision matérialiste et mécaniciste des choses..

      On peut dire d’ailleurs que ce matérialisme est une pathologie de l’esprit et qu’il est à la source même des maux modernes…

      Mais l’affirmation de d’Espagnat d’un réel voilé, à jamais inconnaissable, du moins par la raison, implique ipso facto la mort de la prétention de la vieille science à venir à bout des choses et à fournir une vision cohérente et totale.

      Reste à faire le saut gnostique, c’est-à-dire la découverte de la possibilité d’une connaissance globale et intuitive, non fournie par la raison… La Tradition parle ici d’une connaissance par le Cœur de nature illuminative, mais réservée de par sa nature hautement qualitative à une minorité..

      Cela n’est pas encore à l’ordre du jour. Bernard d’Espagnat a supputé le Temple mais n’est pas rentré à l’intérieur. En tous les cas il n’en a rien dit.

      • amiaplacidus amiaplacidus 16 septembre 2015 16:09

        @l’auteur,

        Déjà lorsque vous vous parlez d’autres sujets, vous pédalez dans le yaourt, mais là, vous vous surpassez. Il est vrai que la tarte à la crème quantique s’y prête particulièrement. À la mode, y compris chez ceux qui n’ont pas dépassé les rudiments de l’algèbre.

        Ingénieur de recherche, j’ai fait passablement de math et de physique, mais je dois avouer que je ne comprends pas vraiment la mécanique quantique, même si j’en ai souvent utilisé les résultats, par exemple l’effet tunnel. Sans aucun doute, faute de connaissances suffisantes en math.
        Je n’en fait pas vraiment un complexe, j’ai travaillé à faire de l’instrumentation dans un grand labo de physique des hautes énergies, j’avais des collègues, chercheurs-physiciens qui avouaient ne pas vraiment comprendre.
        Mais sans aucun doute, Rakotoarison, vous allez éclairer notre lanterne, mais allez y doucement, nous n’avons pas la même acuité intellectuelle que vous.
        .
        Personnellement, lorsque je ne connais pas un sujet, j’évite d’en parler.


        • JC_Lavau JC_Lavau 25 septembre 2015 09:15

          @amiaplacidus. Ne t’inquiète pas, il n’y a rien à comprendre au salmigondis qu’ils nous enseignent dans les amphis et dans les revues de vulgarisation. Si le formalisme est correct, quoiqu’inutilement abstrus, ce formalisme est strictement déterministe et strictement ondulatoire. En revanche la sémantique dont les Göttingen-Københavnists l’affublent est complètement délirante.

          En génie logiciel, nous avons appris à construire les programmes de façon à être faciles à corriger et remanier, nous savons poser l’indépendance d l’interface et de l’agorithme. C’est le contraire dans tous les manuels de MQ : tout est codé et entremêlé au fer à souder, il faut tout jeter et tout refaire. Ce sont des irresponsables mégalomanes.


        • JC_Lavau JC_Lavau 25 septembre 2015 20:29

          @amiaplacidus
          Ça fait longtemps qu’on utilise l’effet tunnel sans le savoir : dans chaque contact électrique.


        • Luniterre 16 septembre 2015 17:05

          Personnellement, je n’ai jamais  vu, dans les expériences d’Alain Aspect, ni dans les livres de Bernard d’Espagnat, écrits à la suite, d’incompatibilité avec le matérialisme DIALECTIQUE, c’est à dire celui qui tient compte de l’influence en retour de la pensée sur la matière, même dans ses aspects « inconscients », inconscient collectif, etc... et y compris de l’« irrationnel » humain.

          C’est l’interaction des éléments et des êtres qui fait évoluer leur destin et le fixe en partie, celle qui, précisément, reste observable.

          Les potentialités non observables n’en sont pas moins réelles, en termes de lois quantiques. Elles ne constituent certainement pas pour autant un domaine « divin », qui serait donc,paradoxalement, fondé sur l’incertitude, c’est à dire, en termes « humains », sur l’arbitraire !

          Ce « Dieu quantique » serait donc assez exactement le « Dieu jouant aux dés » que Einstein rejetait fermement... (Bonjour, la théologie !)

          Les matérialistes mécanistes et dogmatiques voient l’univers comme une grande horloge, et les dogmatiques religieux aussi, avec un "Grand Horloger« en prime...

           »Dieu « quantique » jouant aux dés«  ou  »Grand Horloger" sont deux béquilles dont la pensée humaine n’a pas besoin pour avancer...

          Libérons-nous en, tout en pratiquant une coexistence laïque avec ceux qui ont encore du mal à évoluer dans ce sens... qui semble tout de même être celui de la connaissance et du progrès !

          • gaijin gaijin 17 septembre 2015 08:02

            @Luniterre
             »Dieu « quantique » jouant aux dés« ou »Grand Horloger" sont deux béquilles dont la pensée humaine n’a pas besoin pour avancer..."

            certes mais peut être y a t’ il d’autres choses dans l’humain que la pensée et dont il faudrait s’occuper .........


          • JC_Lavau JC_Lavau 25 septembre 2015 09:03

            @Luniterre. Wow ! " potentialités non observables n’en sont pas moins réelles" !
            A moins que tu te sois mal exprimé.


          • JC_Lavau JC_Lavau 18 septembre 2015 21:12

            Jusqu’alors j’ignorais pourquoi Bernard d’Espagnat ratait tout ce à quoi il touchait, en physique. A l’exception près que je viens d’apprendre là : il a obtenu du financement pour l’expérience d’Alain Aspect & Al.
            Tout le reste est succès de librairie, et sanglants échecs de physicien, le coup du « réel voilé » et ses nombreuses ressucées.

            OK, j’ai compris le secret : c’était un mystique (catho ?) qui se cramponnait à son mysticisme, au lieu de trier le stérile du bon minerai, dans le fatras actuellement enseigné en MQ. Dommage.
            Quitter l’anthropocentrisme des Göttingen-Københavnists, nous l’avons fait, et sommes plusieurs à l’avoir découvert ou redécouvert indépendamment. La secte hégémonique Göttingen-København nous tombe donc dessus à bras raccourcis, et nous faisons l’objet d’une censure forcenée et d’une répression féroce. Communautarisme, communautarisme... Dont d’Espagnat ne s’était affranchi.

            http://deontologic.org/quantic/index.php?title=Interpr%C3%A9tation_transactionnelle


            • JC_Lavau JC_Lavau 19 septembre 2015 12:26

              @JC_Lavau.
              Article pas inutile, car l’outrance citée « Univers enchevêtré » a fait sauter le bouchon qui m’arrêtait. Lors de chaque pause stationnaire où un électron se thermalise avec le restant du cortège de l’atome, de la molécule, de la macromolécule ou du cristal, le bruit de fond broglien réalise le déchevêtrement au sens ordinaire, qui nous était intellectuellement difficile à concevoir. Idem pour les nucléons qui se thermalisent à vitesse foudroyante dans un noyau.


            • Shawford Naoh 15 janvier 11:06

              @JC_Lavau

              Ce qui est quelque peu rassurant, alors même que l’on peut lire en permanence votre prose infatuée, c’est que lorsque l’on consulte le lien que vous donnez, c’est bien votre courant qui est minoritaire.
              En quelque sorte, la secte, c’’est vous smiley


            • Zip_N Zip_N 20 septembre 2015 13:31

              « Dieu ne joue pas au dé »

              Quand vous voyez la précision des éléments dans l’espace, dire que dieu joue au dé pour les faire avancer au hasard est vraiment comique. Le seul qui joue au dé c’est l’homme. Energie du hasard ? l’avantage qu’Einstein nous apporte c ’est que si Dieu avait joué au dé Einstein l’aurait su. Après le dé il reste une multitude d’autre « jeu ». visiblement il ne perd pas au dé. Jouer au dé pour perdre ? perdre quoi ? je ne vois pas ! un dé 6 faces, c’est un gagnant et 5 perdants. La précision fait que si le dé d’Einstein est lancé toujours de la même façon il devrait retomber toujours de la même façon sur le même chiffre. Ce qui signifie que des micros changement doivent s’effectuer pour que le dé puisse se lire.


              • JC_Lavau JC_Lavau 20 septembre 2015 15:08

                @Zip_N
                Quand dans son immense politesse, Louis de Broglie écrivait « la pensée si complexe de M. Bohr », on peut comprendre « contradictoire et embrouillée », comme traduction valide.
                C’est ainsi qu’on pourrait traduire le « quantique complexe » d’Espagnat brossé à reluire par Rakoarison, et c’est aussi le résumé que l’on pourrait faire de tes réflexions si personnelles.

                Mon papa était moins charitable, et énonçait « C’est de la bouillie pour les chats ».


              • JC_Lavau JC_Lavau 15 janvier 10:43

                Dans les archives de Usenet, j’ai retrouvé cet exploit de Bernard d’Espagnat (la discussion était consacrée aux entourloupes de Jean Staune, financé par la même John Templeton Foundation) :
                20/12/2007

                http://www.canalacademie.com/Notre-existence-a-t-elle-un-sens.html
                et www.lesensdelexistence.fr
                Un naufrage hélas prévisible : Bernard d’Espagnat vante Staune...

                Le lien n’aboutit pas à un html, mais à un téléchargement de fichier
                .doc. Vous allez trouver ici donc une copie de cette commission de
                Bernard d’Espagnat envers Staune. Dire que nous soyons surpris d’un tel
                naufrage serait mentir. Depuis longtemps nous avions jeté le consternant
                « Réel voilé », déplorant la solitude du physicien paumé, indéfectiblement
                entubé dans son « dualisme onde-corpuscule », loin de toutes aides
                épistémologiques pertinentes. Déplorant aussi le sens commercial de son
                éditeur, qui lui faisait recommencer indéfiniment ses cris de détresse
                d’égaré, puisque cette nullité se vendait sous couleur de vulgarisation...

                Citation de : Bernard d’Espagnat
                Je dépose sur le bureau de l’Académie un livre de Jean Staune intitulé
                Notre existence a-t-elle un sens ? Sous-titre : Une enquête scientifique
                et philosophique. (Presses de la Renaissance, Paris 2007, 533 pages).
                Notre science est fertile en découvertes, mais la plupart sont affaire
                de spécialistes. Ne serait-elle intéressante que pour les personnes à
                tournure d’esprit plus ou moins scientiste, ne rêvant que structures de
                molécules ou interactions entre quarks ? Sans trop se risquer à le dire
                beaucoup de non-scientifiques, aujourd’hui, le pensent, et pour eux ce
                livre sera, je le crois, une révélation. Car Jean Staune a compris qu’à
                l’heure actuelle les découvertes véritablement significatives ne sont
                pas celles qui intéressent le plus les scientistes. Bien au contraire il
                a su voir et faire voir que des découvertes scientifiques récentes
                remettent gravement en question tout le jeu d’idées pseudo évidentes qui
                durant des siècles a nourri une certaine illusion scientiste et qui, par
                voie d’osmose a, petit à petit, passablement rétréci l’horizon de pensée
                de Monsieur Tout-le-Monde. Et cela, manifestement, est philosophiquement
                et sociologiquement intéressant.
                Pour l’établir il fallait parcourir la science dans son ensemble. C’est
                pourquoi le livre se divise en quatre principaux chapitres, consacrés
                respectivement à la physique, l’astrophysique, la neurologie et la
                théorie de l’évolution. En physique, après avoir rappelé la dualité
                onde-corpuscule et les problèmes conceptuels - connus mais bien réels -
                qu’elle soulève (dont le célèbre indéterminisme quantique) il explique
                ce que sont le théorème de Bell et les expériences d’Aspect, lesquels,
                pris ensemble, nous obligent à renoncer à tout réalisme local, et en
                particulier - mais oui ! - à l’atomisme philosophique. Le tout,
                note-t-il, plaide en faveur de l’idée que la physique nous décrit non
                pas le réel ultime, le réel en soi, mais seulement les apparences
                valables pour tous. Ce qui n’empêche aucunement la théorie
                correspondante d’avoir des applications étonnantes telle la construction
                d’une cryptographie inviolable. En astrophysique de même, après avoir
                rappelé l’essentiel des données actuelles Staune analyse l’une des
                notions aujourd’hui les plus discutées, celle du principe anthropique,
                et conclut que l’existence d’un principe créateur - ou d’un programme,
                si l’on préfère - est vraisemblable à moins que n’existe une infinité
                d’univers. En ce qui concerne la théorie de l’évolution, après avoir
                rappelé que l’évolution est un fait et le darwinisme une pure et simple
                théorie (honte à qui confond l’un et l’autre !) il donne de la situation
                une analyse objective et approfondie, et conclut prudemment que sur la
                validité du néo-darwinisme il est, actuellement, encore difficile de se
                prononcer. En neurologie, enfin, il montre, sur la base de données
                récentes, que le dualisme matière-esprit « redevient une hypothèse
                acceptable ». Je tiens à souligner que dans chacun de ces quatre domaines
                l’auteur s’appuie sur une documentation très abondante et très à jour,
                qu’il analyse avec une grande pénétration. Naturellement, il ne lui
                incombait, en aucun d’eux, de se livrer à un exposé exhaustif des très
                nombreuses découvertes qui y furent récemment faites, la plupart étant
                neutres relativement au problème qui l’intéresse, celui, disons, du sens
                de l’existence. Mais de celles susceptibles d’y jouer un rôle il tient,
                dans le livre, objectivement compte, qu’elles soient ou non favorables à
                l’idée qu’il défend. Et, de fait le tri que son approche de la science
                le conduit ainsi à effectuer se trouve présenter un avantage, en quelque
                sorte additionnel. Celui d’offrir à « l’honnête homme » d’aujourd’hui,
                qu’il soit ou non soucieux de la « question du sens », une description
                claire et précise - débarrassée d’une foison de données adventices et
                centrée par là-même sur l’essentiel - de la manière dont s’organisent,
                dans les quatre domaines en question, nos connaissances fondamentales.
                Dans un chapitre de conclusion Jean Staune émet l’idée qu’en science un
                nouveau paradigme est en train de s’imposer, qui peu à peu, sous la
                pression des faits observés, remplacera le paradigme original, lequel
                remonte au mécanicisme cartésien et newtonien. Ce nouveau paradigme, il
                donne de bonnes raisons de le concevoir dans la ligne du platonisme, au
                sens du mythe de la caverne : il y a une réalité fondamentale, unitaire
                et harmonieuse (du moins au sens où les mathématiques le sont), dont les
                phénomènes que nous étudions ne sont que les « ombres ». Les philosophes
                trouveront là, je crois, matière à réflexion. En effet beaucoup,
                aujourd’hui semblent voir dans l’avènement de la notion « d’un monde de
                forces et de chocs » (Luc Ferry, Kant) - avènement suscité, notent-ils,
                par la science moderne en remplacement de l’idée antique de cosmos -
                quelque chose de définitif, que la philosophie devrait impérativement
                prendre en compte parmi les donnée sur lesquelles elle a à construire.
                Or justement, ce que montre clairement le livre de Staune c’est que, à
                cet égard, certaines découvertes récentes ont tout changé, et que
                maintenant considérer, par exemple, le monde comme étant
                fondamentalement une collection d’objets très simples soumis à des
                forces et s’entrechoquant - ou comme étant quoi que ce soit de similaire
                - est devenu anti- scientifique. Un changement de perspective qui,
                naturellement, légitime à nouveau des conjectures naguère tenue pour
                irrecevables mais n’implique de façon nécessaire ni, bien sûr, un retour
                au cosmos antique ni une conversion au religieux traditionnel. De fait,
                dans une section intitulée « Et Dieu dans tout ça » Jean Staune énumère
                avec beaucoup de lucidité sept postulats que l’on doit faire l’un après
                l’autre si l’on désire identifier l’ultime réalité dont il vient d’être
                question à un Dieu personnel sensible à nos prières.
                Il me faut enfin préciser que Jean Staune a magnifiquement réussi à
                faire connaître toutes ces données et à développer ses arguments en un
                langage simple, clair, direct, amusant même à l’occasion, qui rend la
                lecture de ce gros livre aussi aisée que captivante et contribue à sa
                manière à en faire un ouvrage, à mon avis, exceptionnel.

                Fin de citation.

                Et voilà à quoi on s’expose quand on n’est pas biologiste pour deux
                sous, et qu’on se croit épistémologiste sans l’être.
                Quel triste naufrage !

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